‹ Exposé de la religion des druzesChapitre 19 sur 97 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

a uni, et divisé ce quil a divisé? Gomment pouvez-vous croire qu il vous soit permis de détourner votre attention de toutes ces choses, tandis que vous entendez ces paroles de Dieu (dans TAlcoran) : Ne ferez-vous point JCattention sur vous-mêmes ^ ? et ces autres paroles : // y a des signes sur la terre , des signes pour ceux qui croient d^ une ferme foi ^; et ceilesKîi : Dieu propose aux hommes des paraboles pour voir s'ib y feront réflexion^; et encore : Nous leur mojh irons nos signes, dans les régions de la terre et dans leurs propres personnes, pour leur faire voir clairement que cela (nos paroles) est la vérité^. Quelle chose les incrédides ont-ils donc vue, ou dans leurs propres personnes ou dans 1 univers , et ont-ils reconnue pour être la vérité? et quelle vérité peut connaître celui qui méconnaît et renie la vraie piété? Ces paroles ne vous indiquent-elles pas que l'intention de Dieu a été de vous conduire aux lieux où sont déposées les choses cachées \ et dans

' Aie, sur. 5i, V. 31.

* Rid, V. ao.

* Ihid. sur. liii V. 3o.

'' Ibid. sur. 4i» v. 54-

* Ces licu\ ; ce sont les imam^ Hcposilaircs des mystères.

INTRODUCTION. lxxxix

lesquels sont renfermés des mystères? Si vous y donniez votre attention et si vous les connaissiez, vous seriez délivrés de Tétourdissement et débarrassés de toute erreur, et les connaissances les plus sublimes vous seraient manifestées ^ Ne voyez-vous pas que vous vous ignorez vous-mêmes, ignorance de laquelle résulte Tignorance de toutes les autres cl;ioses? Dieu ne dit-il pas : Celui qui est aveugle par rapport aux choses de ce monde est aussi aveugle par rapport à celles de Vautre vie, et suit un sentier égaré ^? 1^ • Ce sont là des exemples des choses sur lesquelles portent les questions que les dais proposent, et auxquelles ils appliquent l'explication allégorique de TAlcoran, des paroles de la Sunna et des lois; car les réponses à ces questions sont des allégories, que Ton donne

^ Le texte de cet endroit est fort altéré dans le manoscrit de Nowaîri. A Taide de celai de Makrizi , je le rétablis ainsi :

• Aie. sur. 17, V. 74.

Lxxx INTRODUCTION.

Dieu a éprouvé le cœur pour s'assurer de sa foi, qui puisse porter le fardeau de cette science sublime, ou en soutenir le poids. Ils disent beaucoup d'autres choses du même genre. Tout cela en impose aux ignorants : ils se persuadent que ces gens-lâ sont en possession de connaissances du plus grand prix, et très-avantageuses à ceux qui les écoutent; ils regardent le dai avec admiration, et tous les autres hommes au milieu desquels ils vivent ue leur paraissent plus que des impies. Mais ces discours du daï ne sont que comme un prélude : ib n'ont point d'autre but que d'apprivoiser en quelque sorte ceux qu'il veut séduire, pour les disposer k ne point s'effaroucher de ce qu'on doit leur enseigner par la suite. C'est là le premier pas qu'on leur fait faire , pour les amener peu à peu k abandonner leur religion; c'est la base de toute la doctrine de ces sectaires, et l'aiguillon qui excite la curiosité et fait naître le désir de connfdtre leurs dogmes. Souvent les daîs ajoutent à cela certaines questions sur des choses auxquelles ils assurent qu'on doit donner un sens spirituel, parce qu'elles ne sont qu'une espèce de représentation mimique de la vraie

INTRODUCTION. lxxxi

pîété ^ Voici quelques-unes des questions qu ils proposent :

« Que signifie le jet des cailloux, et la course «entre Safa et MerwaP

« Pourquoi une femme qui a omis le jeûne

«et la prière, à cause de ses règles, est-elle

«tenue à reparer l'omission du jeûne, tandis

« qu'elle ne doit pas réparer celle de la prière^?

« Pourquoi Thomme souillé par l'émission de

• la semence doit-il se purifier par le lavement

• de tout le corps, et cela pour une petite quan- « tité d'une liqueur, pure de sa nature , qui est

• sortie de lui , tandis que l'émission de l'urine ,

• qui est sale et abondante, ne l'assujettit point < à cette sorte de purification?

« Pourquoi Dieu a-t-il employé sept' jours à

' AjLjjt j (xJuijij^ W^l « — Cela pourrait signifier aussi que ces praiûfius ne sont iftu comme un signe extériear et une sorte de brevet ttêdmissioR dans la religion. Le mot (> - i q » signifie investiture, àipUiHe Jinvestitart : il signifie aussi comédie, représentation mimifu; mais je crois que cette acception est moderne. L*auteur du livre des Définitions dit que ce qu'on entend par qlJLaj, c*est adopter ■ar opimion sur t autorité d autrui, sans en examiner les motifs, ni en porter un jugement personnel,

* Vojez Moradja, Tableau de V empire othoman, t. I, p. i54; Chardin, Voyage de Perse, t. VII, p. 173.

* Oo lit dans Makriti six jours.

uuii INTRODUCTION.

■ créer le inonde? Est-ce qu'il ne pouvait pas

■ le créer en une heure?

I Quel est le sens de cette voie nommée tirai. « dont il est paiié d'une manière symbolique « dans l'Alcoran'P

■ Que signifient les deux anges écrivains et

■ observatears7 Pourquoi ne les apercevons-nous

■ pas? Dieu a-t-41 craint que nous ne nous élé-

■ vassions un jour contre lui avec fierté, et que « nous ne lui donnassions un démenti? Cette

« crainte l'a-t-elle engagé i établir, pour nous ' « surveiller, des yeux clairvoyants, à appeler

■ des notaires pour avoir un titre contre nous,

■ et i faire consigner le tout par écrit sur du « papier *?

■ Que signifie le changement de la terre en • une chose qui ne sera pas la terre'?

■ Qu'est-K:e, au vrai, que les tourments de

' «^ oiyJI j Vj>*i' itlj-o-l! t.^*» L* — Il »'«gi» i«. je crois, ie ce [Muage de l'Alcoran: j^'-aJ. I (^ I « m^Ja I >W>jJj yj>a*!! [ili Uj^\ IjiuA-li— ilfc. sur. 36, ». 66.

■ VoynPococke.AFol.iiJ Port. Moi., p. 378;Chanlia, Voyage Jt Pme,i-\U,p.ifi;Bir^hituRUalih,p. i Ag; Mtrrvxi. Refêl. Àlc. p. 589, noie sur le 1" Ten. de la 37* «iir., et p. 781.

' Vove» Pococt«, Soi. ad PoH Moi., p, 174-, Sale. Pirlimituj Diicoant lolhr Alcor. p. 1 13

INTRODUCTION. lxxxui

• VenferP Gomment peut-il être vrai que la peau

« des damnés sera changée en une autre peau ,

t pour que cette nouvelle peau , qui n aura pris

« aucune part à leurs péchés, soit soumise aux

• tourments de Ténfer ^ ?

« Quel est le sens dé ces mots : En ce jour-là

• i7 y en aura huit qui porteront le trône de ton

• Seigneur ^^

« Qu est-ce qu'Iblis, les démons dont il est

• £ût mention dans TAlcoran , et les qualités

• qui leur sont données? Où est leur demeure «

• et quelle est Tétendue de leur pouvoir?

« Qu'est-ce que Gog et Magog ^, Harout et

• Marout * ?

« Qu'est-ce que les sept portes du feu et les

• huit portes du paradis * ?

«Qu'est-ce que l'arbre Zakkoum qui croît

• dans le fond de l'enfer *^?

' Aie. fur. 4» V- 54; BiryhUu Risalhh, p. i63. ' Aie. sur. 69, V. 17; Birgh. His., p. i^y. ^ AUor, sur. 18, v. gS, et sur. si, v. 96.

* HmmU et Manmt sont les nom» de deoz anges qui ont enleîgné aux hommes la magie. Aie, sur. a , vers 96.

^ Aie. sur. 39, vers. 71 et 78; ibid, sur. i5, vers. 43; Birgh. Htsaiih. p. 157 et 163; Anihoi gramm. ar. p. 73.

* Aie. sur. 37 , ver». 63.

LXHiv INTRODUCTION.

• Qu'est-<e que la bête de la terre ', les

■ têtes des démons \ l'arbre dont il est dit

* l'arbre maadit dans FAlcoran ^ le figmer et

■ l'olivier*?

• Quel est le sens de ces mots, ceux tjai ont « ane marche rétrograde et ceax qai se cachent^)

■ Que signifient ces sigles, Elif-lam-mim cl * Elif-lam-mim-sad? et ceux-ci, Caf-hé-ya-ainrsai,

■ Ha-mim-aïn-sin-kaf et autres semblables '?

• Pourquoi les cieux ont-ils été créés au

* nombre de sept, et les terres pareillement? et

* pourquoi le premier chapitre de rAIcoran est-

■ il aussi composé de sept versets?

■ Pourquoi douze sources ont-elles été ou- « vertes'? Pourquoi le nombre des mois a4-il i été fixé à douze *? •

> Sale, Prrlim. Disc. p. loS; Mamcci, Btjat. àtcvr. p. St3: IKrgh. Rilal^h. |i. ijS.

• Ak. «or. 37, Ycn. 66.

' ftii/. sur, 95. vw». I.

' ^jÛÊaJt ^JZÂ — À^c. ïur, 8..Ï. 16.

* Il a'*(Cil ici un moDOgmnni<4 qui se troDicnl ta uMuiucucrmrnl de ]iluMPura snraln df VAIcnran . rt dont on ignore le tiens Vnypt mon Autkei. Gnmm. or. |>. Iq.

' ilfc. (Dr. 1, yttt. 5g.

' ftW. SOT. 9, vfr». 37.

INTRODUCTION. ixxxv

• Us accumulent beaucoup de questions de ce genre, afin de persuader que toutes ces cho3es renferment un sens profond et des mystères inexplicables; ensuite ils parlent ainsi à ceux qu'ils instruisent :

« Que fait, à votre égard, le maître qui enseigne FAlcoran, la Sunna et les sens mystiques des devoirs indispensables de la religion musulmane^? Réfléchissez d'abord (sur ces questions) : où sont vos âmes? quelle est leur figure? où est leur domicile? quel est leur premier commencement? qu est-ce que Thommc, et qu'est-il dans la réalité? quelle diflerence y a-t-il entre sa vie et la vie des quadrupèdes, entre la vie des quadrupèdes et celle des reptiles, entre la vie des reptiles et celle des végétaux? Que signifient ces paroles de Tapôtre de Dieu : Eve a été créée d'une côte d'Adam? Que veut dire cet axiome des philosophes, que Thomme est un monde en

' Le texte de cet endroit varie beaucoup dans les mannscrits; eo coraparant et combinant les diverses leçons, j ai cm pouvoir le

restituer ainsi : ^vsc^ j JLJlj oLxiail Itu» >*i^ J^WM ^

KAjjUl ^joJijSui, et j'ai conformé ma traduction à rctlc restitution.

xcvi INTRODUCTION,

lage; il l'abandonae pour toujours au trouble dans lequel il l'a jeté, et aux doutes qu'il a fait naître dans sou âme.

SECOND DEGBÉ DE l'iKITIATION.

■ Lorsque le prosélyte a adopté ce qui lui a été enseigné dans le premier degré, qu'il est demeuré bien convaincu que les hommes se sont laissé entraîner dans l'erreur, en recevant et suivant la doctrine des docteurs musulmans des siècles précédents, et qu'où le voit suffisamment aQcrmi dans cette fausse croyance, on commence à lui persuader que l'accomplissement môme des devoirs de l'homme envers Dieu et des lois que lui-même a imposées & ses serviteurs ne saurait lui être agréable, si l'on ne reçoit la connaissance de sa doctrine par le canal des imams auxquels il a donné l'autorité sur les hommes, et a conGé le soin de veiller k ce que SCS lois se conservent et soient observées d'une manière conforme k sa volonté. Dans la démonstration de cette partie de leur système et tlans le choix des preuves sur lesquelles il» s'appuient, ils suivent la même méthode que h>K Imamîs; ils tirent comme eux leurs aigu—

INTRODUCTION. xcvii

oients de l'autorité et de la raisoa, jusqu'à ce que le prosélyte demeure pleinement convaincu. Ce n'est qu'après s'être assurés que sa conviction est complète, qu'ils le font passer au troisième degré.

TROISIÈME DEGui DE l'iNITUTIOM.

■ Ce troisième degré a pour objet d'instruire le prosélyte de ce qu'il doit croire par rapport aux imams. On lui apprend que les imams sont -^ au nombre de sept, aussi respectables par leur mérite personnel que par leur nombre, et ({u'ils ont été fixés au nombre septénaire, comme toutes les créatures les plus importantes et qui jouent le plus grand rôle dans la nature, telles que les planètes, les cîeux et les ~7 terres'. On lui fait passer en revue toutes les choses qui observent le nombre septénaire, et ^nt nous parierons dans l'exposition du quatnème degré. Après avoir démontré au prosélyte ce qui concerne le nombre des imams , le

' Uthomet, duu l'AlcoraD, admet lept terrei comme lept cimx. j4^ ij*j^' ij'j caLor sM> ijjJ^ ^^- «nrale 65, verset is. ''■Jaib ont U mjm« opinion. Voyei Ramage, Hai. Att Siùft,

u;ViM INTRODUCTION,

(laî lui dit que ces imams, sont AU, fils d'Abou- Talcb; après lui, ses deux fils, Hasan et Hoseîo; puis Ali, fils de Hoseïn, et surnommé Zeûtalûbidin; Mohammed, son fils, surnommé Aldji- Hl alradhi (l'illustre, l'agréable k IMeu); Abou- Alxl-allah Djafar, surnommé Alsadik (le véiidî- {juo),lils de Mohammed, et, enfin, le septième qu'ils nomment Alkaîm [le chef), le maître de In fin du tunqw. Il y en a parmi eux qui reconunisMinl pour Alkaîm. la personne de Mohamnitid , IÎIh f l'isuiaïl , fils de Djafar, sans admettn nvniU lui laïuaïl, fils de Djafar. D'autres admetloiU d'abonl Isinaïl, et ensuite Album Mohammed, lîls (l'Isniul, fils de Djafiu-. Ceux qui anivPUt cotto dontiérc opinion excèdent le nombre Uo Rt'pt V 1.0 prosélyte ne peut admettre cette »pini«ut qtii Ihwc à sept le nombre des iiiwnw> MUS rn'jotcr |>ar U luéme du nombre des imun» stv dti (vu\ qui sont ordinairement recoonns (mur lois. Mnùr : Mous* . fils deD^abr; Ali. fil» dt^ MuuMt Mohamnted. iVk d'Ali: Ali, fils d^

INTRODUCTION. xcix

Mohammed; Hasan, fils d'Ali, et Mohammed, celui dont le retour est attendu. Quand le prosélyte adhère à ce que le daï lui enseigne à cet ^ard , celui-ci , prenant plus d'assurance , conrmience à le détourner de la doctrine de rimamat^ Il décrie dans son esprit Âhou'lhasan Mousa, fils de Djafar, en lui imputant des choses qui ne sont pas vraies, et assure que les Imamis, en reconnaissant douze imams, s'écartent nécessairement de la vérité. L'intention du daî en cela est d'amener insensiblement le prosélyte à rejeter la doctrine des partisan» de l'imamat , comme il l'a d'abord amené peu à peu à concevoir des doutes contre les dogmes qu'enseignent les autres Musulmans; ainsi que nous l'avons vu dans le premier d^é. Voici de quelle manière ils s'y prennent pour justifier le refiis qu'ils font de la succession à l'imamat, à Âbou'lhasan, ou, comme d'autres le nomment, Âbou-Ibrahim Mousa, fils de Djafar. Nous avons trouvé, disent-ils, dans celui que nous reconnaissons pour notre dief, Mohammed, fils d'Ismaîl, fils de Djafar,

^ Cest-à-dîre, de Topinion det Imaniis et en génënd de ceux qui adraeltent la socceation des douze hnams.

c INTRODUCTION,

la connaissance de toutes les choses cachées ot du sens intérieur de toutes les choses connues , et nous ne trouvons rien de tout cela A>»*i> aucun autre que lui. Ils ajoutent quelquefois i co raisonnement certaines anecdotes dé&vorablcs à l'honneur d'Abou'lhasan Monsa , fils de I^afar, et lui imputent de grands péchés, d'où ils concluent qu'il n'a pu être imam. Les Sdiiis, disent-ils, dont l'accord et le consentement unanime sont la plus forte démonstration de li vérité, conviennent tous que, depuis Hoseïn (qui a succédé à son frère Hasan), l'imamat ne puut étru transmis qu'en ligne directe , panni les enfants de Timam précédent. Nous sommes d'Ht'cortl avfc les Scbiis et nous reconnai»nnnn rouimo eux pour légitime imam, £^a&r, liln tli> Mohammed; mais il y a partage entn IMIH iM n(ui!( sur la question de savoir qnd roi , t<ntii> iM^H enfants, celui qui mérite ie mieux In HUtH'owion & l'imamat. Nous trouvons daO> i-i<lui qno mut» rt'comiaissoDs pour notre che£ lu iii'it>ti(-u dt< rinl(>rpn<lstion all^rique, l'expl** l'Klion df IVxloriour dos choses ', le secret d"

INTRODUCTION. ci

Dieu très-haut dans toute sa conduite cachée, et un constant accord dans les indications qu'il nous donne relativement à toutes les choses qui peuvent faire naître des questions et à toutes celles qui n'existent point , l'explication de toutes les choses obscures , le sens intérieur de toutes les choses extérieures, les allégories, et le sens allégorique des allégories elles-mê* mes^ Entre toutes les sectes des Schiis, nous seuls avons hérité de sa science et pouvons la communiquer : nous la tenons par tradition

gënènl , dans le style de cette secte , pour les lois ou les instituûons religieuses.

te sens de cela est que, quelques questions qu on puisse faire à Toccasion des choses qui tombent sous les sens, soit par rapport

\f: au qualités qu*eUes poss^ent, soit par rapport à celles qu*clles

Jl n'ont point, on en trouve la raison et la solution dans Texplication

I ^légoriqoe. De même qu on peut demander pourquoi les choses

^'t Knt de telle ou telle manière, pourquoi, par exemple, il y a sept

r^ pl>B^tes, sept deux, etc., de même on peut demander pourquoi certaioes choses n'existent point, par exemple, une huitième pla- ^. etc. L'allégorie rend raison de tout cela , car les sept planètes, ^ 9^t cieox, représentant les sept imams, on conçoit pourquoi

^ • >Ktu a cré^ sept planètes et n'a pas dû dépasser ce nombre.

cil INTRODUCTION.

de lui, et de ceux auxqueb nos rivaux ne sauraient opposer aucun autre personnage qui soit digne de rivaliser avec nous en cela, en qui se trouve ce haut degré de science ou qui se vante de la posséder. Cela prouve que celui que nous reconnaissons pour notre chef était plus digne de rimamat que tous les autres enfanta de Djafar. Outre cela, ils déhitent des histoires mensongères siu* les enfants de Ejafisar, disant contre Tun ceci, contre l'autre cela; accusations qui sont toutes fausses, indignes de ces grands hommes, et fondées seulement sur des bruits populaires. Aucun d'eux , disent-ils, si ce n'est celui que nous reconnaissons pour notre chef, n'est parfaitement exempt de ces. reproches : il faut donc nécessairement que ce soit à lui qu'aient passé les droits ^ à l'exclusion de tout autre.

t Ce n'est pas que le but des partisans de cette doctrine artificieuse soit de rabaisser Mousa,

t donc lui qui est de toute nécessité le maiin de la chose, > Cette expression, ainsi que plotienrs autres comme ^am jl -{] (cebû dont il est question)^ désigne Timam. Cette manière obscure de s'exprimer tient au mystère qui rëgnut dans la correspondance des dais avec leurs collègues ou leurs chefs.

INTRODUCTION. cm

fik de Djafar, pour accorder la préférence sur lui à Ismaiii, fils de Djafar, ou à Mohammed, fils d^Ismail ; tout cela n'est entre leurs mains que ce qu'est entre les mains de l'artisan Toutil dont il ne peut se passer pour faire Touvrage qu'il a entrepris. Quand celui qu'ils veulent séduire s'est abandonné & eux et a prêté une oreille docile à touiï leurs discours, ils sont assurés alors d'être maîtres de son esprit, et ils le conduisent après cela par telle voie que bon leur semble.

QUATIuiME DEGRÉ DE l'iNITIATION.

« Ce quatrième degré consiste à enseigner au prosélyte que les prophètes chargés d'abroger les religions qui les ont précédés et d'y en substituer d'autres, les chefs des difiPérentes périodes et des révolutions successives, ceux par lesquels ont été promulguées les lois religieuses \ sont au nombre de sept comme les imams; que chacun d'eux a dû nécessairement

' ly^ I (J^ fjJusijj I , ou comme on lit dans Makrizi * j*^*^ Lj , à la lettre Ui choses. Voyez la note i , p. c. Il faut remarquer ici le mot ^yp'si saUk, c'est-à-dire pariant; c'est ainsi que les Ismaêlis nomment Tautear de toute nouvelle religion.

. ,tvrsoiinage tlesliiiùà rf-

.iiif, à la conserver parmi

-ii\ir (l'aide i-t <le conipa-

. . ol à lui suoLvdcr après m

. .ii'iait pareillement tran»-

...inpier celte iloeinne à un

^.'11 éf^ard ce que lui-mOmi'

,1 ihi prophète de qui il avail

», titio, de celte sorle, cliacuii

.»'if st'ivi de successeur à celui

.-, laisse de niêiiic un autre pour

UMpi'à ce que sept persnunes se

. .liusi, par une succcssiou non

dans la inèuie religion; que cc5

im's portent lo nom tle silciicicaj

n- qu'ils s'en tiennent à une reli

.l.nile-, dans laquelle ils ne foiil

> Irares d'un même liomme qui

I d'entre eux. Le (•ouq)agnon du

.■1.1 |.r.i].li.>U-. (|iii niirliiil If iinni ilr \iilit.

U si-rlr .!.'< Kli.ittal.i't itr'ii liant <'liiii|up religion

I) .Vili

,j\ l^O ljSL^\ uuji: Jf AjU

INTRODUCTION. cv

prophète, le premier des silencieux, est nommé par eux son Sous y mais ils lui donnent souvent un autre nom^ Ils ajoutent que, quand la succession de ces sept personnages est finie et leur période arrivée à son terme, une nouvelle période lui succède, dans laquelle paraît un prophète qui abroge la loi de celui qui Ta précédé, en en établissant une nouvelle, et qui a après lui des successeurs lesquels se suivent en tout de la même manière que ceux du prophète précédent; qu'après cela vient un nouveau prophète abrogateur, auquel succèdent sept silencieux; et ainsi de suite jusqu'à ce que

' Le mot Sous .wy^ qui signifie carcLCÙrt naturel, source, origine, rmcine, était pris vraisemblablement dans ce dernier sens par les Baténis, et ils nommaient ainsi le premier Samit, parce que c'était de loi que les autres Samiis et le reste des hommes recevaient la doctrine du Satik. Dans les livres des Druzes, tontes les fois qa*i) est question de la doctrine des Batënis, le compagnon, Taide, le premier disciple du Nadk est nommé Asas (J»v*m|, ce qui signifie fondewœni, et qui exprime, par une autre métaphore, la même idée que Sotu. Ce nom , Asas, est spécialement donné à Ali , 1 ude et le compagnon du Natik Mahomet C'est peut-être du mot Asas que parle ici le schérif Abom'lhasan , quand il dit 9a on donne souvent om Sous OA aaitre nom. On peut voir le mot Jou , et ce qne j'en ai dit dans les Notices et Extraits des Manuscrits, i. IV, p. i33.

Dans mon manuscrit de Makriii, au lieu de ^j»*^, on lit toufoors ifY^ sans aucun point diacritique; mais je n'hésite p<»nt * penser que c'est une faute.

»rROiniCTiON,

. ^^ .: ^(Nâtttte |»rophète abrc^ateur, qui

'.'«Mb*- i**» religions qui l'ont précédé,

j^. .« -.iwi Ju dernier siècle, le demi«

.Mvt^cv'la ils indiquent les noms et les

„a^uv>u» de tous ces personnages.

,' giiouiior' de ces prophètes parleurs est

..^»>, '^u coin^Mignon, son Sous et son fiU,

., X*»" ■ Ou nomme de suite le reste des

, , ^u-ui(i-'U\ qui ont fait profession de suivre

1.1' tUu(\ièine prophète parleur est Noé, car \«-«' t i'usci|;uiS une nouvelle loi et a abrogé

, ,ii: tl'Aitum : il a eu pour compagnon et pour V..' •«'.'" lil» Scni, qui a été suivi des autres ..u iuK'U\ IvsijUL'ls ont professé la religion de V'^-, |UM|u'au nombre de sept.

Vliialtiiai, l'ami de Dieu, est le troisième

iiii\- It'-i pnipliiHcs parleurs ; il a enseigne .,ii.' iii'UNclli' loi, par laquelle il a abrogé celles

1 \Anw t'I de Noé. Pendant sa vie, son fds

li^, \\n it«|Hi(iiion (le la MiccMsiou de» sept NaliLi.Je ■nîi

.,1 .l'ili iKviil !•■ IPtlc (II* MaLriii qui nt plui druillc , en j inté ... ,ii»iii><ii> <|iii'li))ii>« plirucs ein(truDlcci de Nowûri. ti(i lii >Uii< \<>«aii'i i|ii*n liru itt ■* ■■■■ - '•"• Soo), d'aulm

^ \t ,v iiHil vit Miii |winl»)liacrilK|urs; je supjiosc qar

.. Li ii.iit iMit 4aJU «nn lirNltiKinf.

INTRODUCTION. cvii

bmaél a été son compagnon et son Soat; après sa mort, il la remplacé et a achevé T'établisse* ment de sa loi. Après Ismaël, d'autres silencieux se sont succédé dans la profession de la religion d'Abraham , jusqu'à l'entier accomplissement de la période des sept silencieux.

« Le quatrième entre les prophètes parleurs est Moïse, fils d'Amram. Il a abrogé, par la loi qu'il a instituée, celles d'Adam, de Noé et d'Abraham. Aaron, frère de Moïse, a été, durant la vie de ce prophète, son compagnon et son Sous. Aaron étant mort du vivant de Moïse, Josué, fUs de Noun, s'est élevé après la mort de ce prophète , et lui a servi de successeur; il a professé sa rehgion en gardant le silence , et en a achevé l'établissement. D'autres l'ont reçue de lui successivement jusqu'à Jean, fils de Zacharie, qui a été le dernier des silencieux de la religion de Moïse.

« Le cinquième prophète parleur est le Messie, Jésus, fils de Marie : car il a enseigné ^ une loi par laquelle il a abrogé les lois de tous ceux

' Duis Nowairi on lit que le Messie a reço sa doctrine de Jean , le dernier des sept de U période précédente, et qn*ii a été établi et institué per Jean.

cvi lNTItU[>ii*.J-n>N.

paraisse le septiènii: \: . i <.-u pour Soas Simon abn^e toutes les rti;;^..-,tle, jusqu'au nombre et qui est le chef ùii u.«ux qui ont professé la Natik. Après cela i.

dénominations \it^.^ ^>ubsisté jusqu'au sixième

■ Le prcmiui unoinet (Monammed), fils

Adam; son C['i)t,.bui<ta enseigné une nouvelle

est Setli '. (\ ,-»v*le il a abrogé toutes celles

sept silonci . utûiies par les prophètes pré-

sa loi. , ^ur compagnon et pour Soas

« Lr i! . ^x^^-i'aleb, auquel ont succédé six

Noé a ■ -^■!!t qui ont professé en silence

celli? ■'* ,j*.v»uel, et se sont transmis, comme

Suii' , tin mystères de sa religion. Ce

si! ^^^^ ,1» d'Ali, et son second fds Ho-

^ ' ^ il» de Hoseïn; Mohammed, fils

^^^, liU de Mohammed, et Isniall,

,„,ja. Siilii : c'est celui-ci qui , entre les

.^.K-s. ^'^t '« dernier des silencieux.

^ji»tc»iK' des prophètes parleurs est le

>^itiv du si('(7c ^ nom par lequel ces

^ «' — .W/ii Mt le nom (Upluu. mais les Imai- H.^itui i>i»i»i-uii mol arabe qui signifie U partU.

.,^,,,»iul, ili IVjHiqiii' Ji-lui'llc.

INTRODUCTION. cix

:i> cnicndent Mohammed, fils d'Ismaîl.

;i lui ([ue se terminent toutes les con- ^^uices nommées les sciences des premiers ^ l lui qui a institué la science du sens intélitMir et mystique des choses, et qui Ta dévoilée; c'est de lui, à l'exclusion de tout autre, qu'on doit en recevoir Texplication. Tout le monde est ohligé de le suivre, de se soumettre à lui , de lui obéir, et de s'abandonner i sa conduite, parce qu'en le suivant et se conformant à sa doctrine , on est dans le droit chemin , et qu'au contraire on est dans l'égarement et Tétourdissement quand on se détourne de lui.

« C'est ici ^ un nouveau degré par lequel le daî fait faire un grand pas au prosélyte , en lui faisant admettre une mission prophétique après celle de Mahomet. Par là il aplanit la voie pour le conduire ensuite à renoncer à la religion, et il lui fait renier une vérité reçue de tous ceux qui ont embrassé la religion de Ma-

* MS-[r^^ y*J^ — Ce mot, employé souvent dans les ouvrages des Droies et dans le style des Baténis, est opposé à la science des éervurs, ceqai signifie la doctrine allégorique et mystique, le Taw'd.

^ Je reprends ici le icite de Nowaïri.

Jy-.fJUi^'^ &*-*K

ex INTRODUCTION.

bomet En effet, c'est ud dogme qui fait putie de cette religion et qui est connu et généralement avoué de tous ceux qui en font profession , que Mahomet est le sceau des envoyés célestes; qu'après lui il ne doit plus y noir d'autre prophète ; que l'empire de sa religion doit durer et sa loi être d'une observation indispensable, jusqu'à ce que Dieu rentre en possession de la terre et de tout ce qui est sur la terre. Ce dogme vient de Mahomet lui^nëme, son peuple l'a reçu de lui et l'a bien compris : il n'est contesté de personne, et c'est un des articles de la foi de tous les Musulmans, qu'on ne doit reconnaître aucune mission prophétique après celle de Mahomet, soit du vivant de ce prophète , soit après sa mort. Ainsi ce dc^ré de l'initiation est le premier où le dti fait tomber le prosélyte dans l'apostasie en le faisant renoncer k la loi du prophète, et loi fait prendre place parmi les infidèles sans qu'il s'aperçoive d'où il sort ni où il entre.

CINQUIÈME DEGRÉ DE l'iNITIATION.

■■ Le prosélyte ayant passé par renseignement de tous les degrés précédents , et étant familia-

INTRODUCTION. cxi

risé avec cette doctrine, le chemin se trouve suffisamment frayé et aplani pour lui donner une grande idée de la vertu des nombres. On fortifie cette doctrine de l'importance des nombres, en lui enseignant ce qui concerne les éléments qui ont concouru à la formation de Tonivers, et bien d'autres dc^^es dont nous parlerons dans l'exposition du huitième degré ; dogmes pervers, impies et empruntés de diverses sectes de philosophes. Avec ces dogmes on lui enseigne aussi à rejeter les traditions que les imams ^ ont conservées et transmises, k parler avec mépris de l'état de la religion, à embrasser des opinions perverses ^, à attendre la destruction de toutes les pratiques établies par ordre du prophète; à substituer à l'enseignement ordinaire concernant les préceptes extérieurs, d'autres préceptes intérieurs; à tenir très-peu de compte du sens que présente naturellement la lettre de l' Alcoran , ou les textes sur lesquels sont fondées les obligations lé-

MI y a dans le texte IaS] oIaj L* ^Ijl»! ^; je conjecture 4u*il faut lire à^^I, Us imams, et j'ai traduit conformément k cette correction.

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