INTRODUCTION
i:<Uv&> uwumI on s'eo tient à la vraie sigmfica- Ûmu uuv t«s mots ont dans la langue arabe '. Si Iv^ kwoM'lyte est Persan, on reproche aoi h?i«Mia leur basse soumission et leur avilisseuwut; on leur fait envisager les Arabes comme Wwa ennemis, leurs oppresseurs, sous U t)[vattnie desquels ils gémissent. Si le prosélyte vaX Arabe , on lui dit que les Persans se sont Approprié les droits au pontificat et à la someraiueté qui appartenaient aux Arabes; que les Arabes ne conservent de leur souveraineté qu'un vain nom , tandis que tous les biens du monde auxquels les Arabes ont bien plus de droit, sont entre les mains des Persans. Suivant que le daî est plus ou moins instruit, plus ou moins exercé dans son ministère , il ajoute à tout cela d'autres choses qu'il serait trop long de détailler. On donne ensuite au prosélyte quelques principes de géométrie pour la connaissance des ligures, et on lui fait comprendre que les ' (ilialités naturelles des nombres, qualités qu'on aporçoil dans l'ordre [de l'univers), sont ime Hiiiirce de laquelle on peut déduire les sciences
' Je |Hiue ici une Ugne ou deux où le teilc de iNowaïri est idkiniiill rurrnnijiu qu'on ne Murail en tirer «ucim sens.
INTRODUCTION. «m
particulières aux imams, et un moyen qui conduit aux connaissances qui appartiennent & la bmille prophétique '. On lui enseigne par exemple que chaque imam est accompagné de koddjas' répandus sur la terre, dont le nombre est toujours fixé à dou2e, comme celui des imams est fixé k sept; et, pour prouver cela, on lui rappelle que Dieu ne crée rien au hasard ', et sans avoir en vue certaines idées dictées par une raison pleine de sagesse. Pourquoi, ajoutet-on, s'il en était autrement. Dieu a-t~il fixé k sept le nombre des planètes, par lesquelles ce monde est gouverné.^ Pourquoi a-t-il créé sept cieux, sept terres, et autres choses semblables*? De même les douze hoddjasrépondent aux douze signes du zodiaque dont la vertu
■ ï^tj tJ'l i— e ti' (jH->^'j — Tm Mppoïé qu'il ftnt lire 'y*^' J' (^ ti'' '>*■'* j' **''* ''^■^ ^* garantir la bonté de cette
> Uodija Ji e*t un mot arabe qui signifie argamtid , tiltt aalknbqac. pttate. Ici c'est le tilre do certains ministres de la religion. (.CM linù ((a'oii a donn£ au eéUbra docteur musulman Mobam- Dtd Gauali , le surnom de HadJijid aiitiam y»^^^ \ iJt , Vargvt-
' iJjl^ — Dana Makriii on lit ^-c.
' Od Toil bien <|)ic ce sont autant d'emblimet de* acpt imama.
ai INTRODUCTION,
de lui, et de ceux auxquels nos rivaux ne sauraient opposer aucun autre personnage qui soit digne de rivaliser avec nous en cela, en qui se trouve ce haut degré de science ou qui se vante de la posséder. Gela prouve que celui que nom reconnaissons pour notre chef était plus digne de l'imamat que tous les autres enfants de Djafar. Outre cela, ils débitent des histoires mensongères sur les enfants de I^'a&T, disant contre l'un ceci, contre l'autre cela; accusations qui sont toutes fausses, indignes de ces grands hommes, et fondées seulement sur des bruits populaires. Aucun d'eux , disent-ils, si ce n'est celui que nous reconnaissons pour notre chef, n'est parfaitement exempt de ces reproches ; il faut donc nécessairement que ce soit à lui qu'aient passé les droits ' à l'exclusion de tout autre.
■ Ce n'est pas que le but des partisans de cette doctrine artificieuse soit de rabaisser Mousa,
tdoDc lui qui M( de toute nécesuté te naitrt dit la choit. t CbUc exprewioi), koA ijue plniieiin autre* comme «.Jl jL im (ctbi dtmt U ed ifiuttion)^ dàigua Itmun. Cette manière obscure de ■'«tprimer tieut au mjitère qui régnait dani la correspandasce de* daii avec leur» collègues ou iean cheb.
INTRODUCTION. cm
fils de DjaiSur, pour accorder la préférence sur lui à Ismail, fils de Djafar, ou à Mohammed, fils d^Ismaîl ; tout cela n'est entre leurs mains que ce qu'est entre les mains de Tartisan Toutil dont il né peut se passer pour faire Touvrage qu'il a entrepris. Quand celui qu'ils veulent séduire s'est abandonné i eux et a prêté ime oreille docile à tous* leurs discours, ils sont assurés alors d'être maîtres de son esprit, et ils le conduisent après cela par telle voie que bon leur semble.
QUATRIÈME DEGRÉ DE l'iNITIATION.
« Ce quatrième degré consiste à enseigner au prosélyte que les prophètes chargés d'abroger les religions qui les ont précédés et d'y en substituer d'autres, les chefs des différentes périodes et des révolutions successives, ceux par lesqueb ont été promulguées les lois religieuses \ sont au nombre de sept comme les imams; que chacun d'eux a dû nécessairement
* jy^i (J^ (jJuoXjJ] , OQ comme on lit dans Makrizi, jy»JfLj , à b lettre les choses. Voyez la note i , p. c. Il faat remarquer ici le moi i^I^U ^tUik, c'est-à-dire paiont: c'est ainsi que les Ismaclis nomment rantenr de toute nouvelle religion.
cmn INTRODUCTION,
celle que tous les Musulmans leur donneat. Par lÀ ils disposent leurs sectateurs à abandonner totalement la pratique de ces devoirs. Ds allégoriseot les préceptes de la prière, de la dîme, du pèlerinage, des conditions exigées dans l'état de pèlerin, de la pureté légale, et des autres observances religieuses, et les appliquent à des choses toutes différentes, dont nous parlerons dans l'exposition du huitième degré de rinitiation. Cette explication se fait suivant certaines rè^es, et on y procède avec des précautions de prudence, et non au hasard et avec précipitation^. D'abord, on inculque au prosélyte que ces pratiques ont été étabhes comme des figures emblématiques de ces choses que nous dirons par la suite , et que nous aurons soin de faire remarquer. Quand on le croit assez fort pour se dépouiller tout à fait de ropinion ordinaire des Musulmans par rapport à Tobservation de ces pratiques, et qu'on l'a insensiblement disposé à les abandonner, le daï ne fait plus de diUicuUé de lui enseigner
INTRODUCTION. cxvii
que tout cela n^a été établi que comme des énigmes, par des philosophes d^entre les prophètes et les imams ^ : qu'ils n ont vu dans ces pratiques qu'un moyen de tenir le commun des hommes dans la dépendance, de les exciter aux actions qui peuvent être utiles à la société ^ de les empêcher, en les distrayant ainsi, de se faire tort les uns aux autres et de commettre des brigandages sur la terre. En même temps néanmoins on témoigne beaucoup de vénération pour les auteurs de ces institutions , et on vante la profonde sagesse qui leur a inspiré ces lois.
« A-t-on réussi à convaincre le prosélyte de tout cela , on va plus loin. On lui apprend à faire une distinction entre les prophètes, et les philosophes tels que Platon , Aristote et autres '.
' D*ibord on donne un sens allégorique aux préceptes sans détruire leur sens littéral , et sans qu^une obligation nuise à Tautre ; ensuite on va plus loin , et en ne présente plus ie tout que comme dlieureux artifices imaginés pour tromper le commun des hommes.
* (/u3 j féixA (Jt LiÀM — Cela ne donne aucun sens; je lis
* Makrizi est ici plus satisfaisant. iLe daî, dit-il, met sous les • yeux du prosélyte la doctrine des philosophes, il Texcite à consi- «dérer les opinions philosophiques de Platon, Aristote, Pythagore
cxvui INTRODUCTION.
Oo lui vante l'excellence des principes de ces derniers, et on commence & parier trèa-lestement de l'instituteur de ces observances légales, et pareillement & traiter avec mépris les imams , et à censurer leur conduite. Tout cela s'insinue facilement dans des cœurs que l'on a disposés à recevoir ces mauvaises impressions, en les vidant de leurs croyances précédentes; et, par une suite naturelle des premières instructions par lesquelles on les a insensiblement apprivoisés fivec cette doctrine perverse, ils ne rejettent point ces dogmes avec horreur.
SEPTIÈME DEGRÉ DE l'iMITUTION.
( Pour conduire le prosélyte au delà du sixième degré, après qu'il s'est familiarisé avec Tensemble ou du moins avec une grande partie des idées que nous avons exposées, et lorsque le daï le juge en état de passer à un plus haut
*«1 ■atrMi|Di ont Buivi lambine mélhode; il l'aliorte k ne pu reM-
• voir aTeaglémeot de* traditions hiitoriqiiei, et à dc point prendre
• pour des argument! et des démonstrations solides, des prenraqal «oe consbtent que d*ns des rapports et des ouï-dires; il Ini («il ■ wnlir combien i) est préféraUe de ne se décider que d'^irb le TUMDnemeniellesargnmeiits que fournit la raison, et de ne t'en •rappMler qa*l de* preutes de celte sorte, •
INTRODUCTION. cxix
enseignement, il faut que le daî soit lui-même un homme adroit, bien instruit de toute la doctrine de la secte , et capable de conduire le prosélyte, de la manière que nous le dirons, à ces doctrines plus relevées. Si le dal n est luimême quun homme séduit, et qu'on ne met en œuvre que comme un instrument dont on se sert pour gagner des sujets et aplanir la voie, s'il ne connaît de la doctrine de sa secte que les degrés inférieurs à celui-ci, ce n'est alors qu'un homme sans discernement, qui ne sait au vrai ni quelle est la secte à laquelle il est attaché , ni à quel ministère on le fait servir. Il s'imagine que les dogmes qu'il connaît, et quelques autres de la même trempe, sont le terme de l'instruction et de l'enseignement de cette secte ^
« Mais si le daî veut initier le prosélyte aux mystères ultérieurs de sa doctrine , il lui parle ainsi : Vous reconnaissez pour vrai que l'auteur de la loi figurative, l'instituteur de la religion, n'a point assez de lui-même; qu'il ne peut se passer d'avoir avec lui un second qui parle en
' Le telle de Nowaîri est très-corrompu ici , je croi» pourtant s^oir bien rendu la pensée de Tauteur.
cïx INTRODUCTION,
son nom, afin qu'ils soient deux réunis ensemble, dont l'un est le principe, et Tautre dérive du premier. Si cela est ainsi dans le monde inférieur, ce n'est que parce que U même chose a Keu dans le monde supérieur. Depuis l'origine du monde, il y a deux êtres qui sont le principe commun de l'économie de l'univers et en maintiennent Tharmonie; l'un d'eux est plus élevé et enseigne, l'autre reçoit et est enseigné ^.
■ Pour familiariser le prosélyte avec cette nouvelle doctrine, on lui dit : C'est là ce que Keu a voulu dire par ces paroles : Lorsqu'il veut ane chose, il n'a qu'à lui direVowa [sois), et elle est*. Koun (sois) c'est le premier et le plus grand de ces deux êtres; le second c'est le kader (destin, mesure déterminée), dont il est parié dans cet autre passage : Toutes les choses que nou avons créées, nous les avons créées avec un kader [ane certaine mesure) '. Quelquefois aussi
' L« mou du texte mofd Owi&.> cl ntottifii ti-riii.,.^, qae je traduit p«r aœigiuuil et tnieigaé, signifient en général cebî fu pmcuit de lutiliti et celai ^ ui en profite. On peut donc les reguder coDitne *]rDonynic9 de ctUii ftu donne et telm qui ref oit. Ce loni donc deux principes, l'un /ïcOFuf ont, l'autru ficondi.
> ilc. sur. 3,v. il.
■ md. sur. SI, V. ia.
INTRODUCTION. cxxi
on emploie pour preuve cette autre sentence , que la première chose que Dieu créa, ce furent les tablettes et la plume , qu'il dit à la plume : Écris, et qu'elle écrivit tout ce qui est. La table et la plume, disent-ils, ce sont ces deux êtres dont nous vous parlons. Enfin, ils appuient aussi leur doctrine sur cet autre passage de TAlcoran : Cest lui qui est Dieu dans le ciel, et Dieu sur la terre ^
« Par ce moyen on détourne le prosélyte du dogme de Funité de Dieu, et on lui persuade que le titre de créateur, et Tœuvre de la créalion appartiennent à deux êtres. Au surplus, dans leur système, la production des subs- ^ tances corporelles nest point une véritable /^ création, ce n'est que conformation et disposition. Nous verrons le développement de cette idée : ceci est seulement jeté en avant pour servir d'introduction à ce dogme.
HUITIÈME DEGRÉ DE l'iNITIATION.
« Dans ce huitième degré, on enseigne au pro-
' Alcor. sar. ^3, vers 84. «Tout cela, dit Makrizi, est fondé sur 'cet txiome des philosophes, qne d'un être unique il ne peut éma- 'nfrqiMin ^Vre unique. »
cuii INTRODUCTION.
sélyte que , des deux êtres qui gouvementruoivers, l'un est préexistant â l'autre, et élevé audessus de lui; que le second est créé par le premier, existe par lui, et n'existerait pas sans lui; qu'il l'a formé de sa propre substance; que le préexistant a produit les êtres primitiSi, et que le second ^ leur a donné la forme. et en a fait des êtres composés. Passant ensuite i expliquer la nature du préexistant^ ils disent an prosélyte que le préexistant a lui-même reçu Texistence de celui de qui il l'a reçue, de la même manière que. le second a reçu l'être du préexistant, si ce n*est que celui de qui le préexistant a reçu l'être n*a ni nom ni attribut, que personne ne doit ni pailer de lui, ni lui rendre aucun culte.
■ Ici les partisans de cette doctrine ne sont d'accord entre eux, ni sur les moyens par lesquels le préexistant a reçu l'être de celui de
' Partout où j'ai Induil le tteond, on Lt eQectiTCmeDt dani le leile J,UJI; mais je suis fort porté i croire qu'il faut lire fjjUI!, le uàvant, cur c'eet le vrai nom de ce second f tre cbei tea Baténii, et u'fit préciscnient l'opposé de labik, le préexistant. Makrîii, an lieu de ^UJI> emploie le mol ^^^[ qui ligaiGe la même choie.
* J^LJI le S«hik. Ce mot signifie i la letlie k pticidrmt . cabi fHi drrancr an aalrr.
INTRODUCTION. axin
qui il Ta reçu, de cet être qui na ni nom, ni attribut ; ni sur la nature de la production du préexistant, savoir, si elle a été volontaire ou involontaire, de la part de cet être sans nom ; ni, enfin, sur la manière dont le second a été formé du préexistant. Les uns disent que le préexistant a été produit par une pensée survenue à cet être de qui il a reçu Texistence , et que le second a été de même le produit d'une pensée survenue au préexistant. Cette opinion est conforme à celle de quelques-uns des Mages, qui expliquant de quelle manière Ahriman, qui est Satan , a été produit par Tancien , disent que cela arriva par une mauvaise pensée qui lui ^ survint et qui engendra Ahriman. Suivant quelques-uns de ces sectaires, celui qui n'a point dattribut pensa en lui-même : Paarrais-je ou ne pourrais'je pas former un être semblable à moi? et de cette pensée fut formé le (préexistant : d une semblable pensée survenue au préexistant fut formé ^ le) second. »
Makrizi semble différer beaucoup de Nowairi, car ce que Nowaïri attribue à l'être sans nom ,
* Je supplée ce qui est entre des parenthèses et que le sens exige ; ^ni doute c*est une omission du copiste
cxïiv INTRODUCTION.
auteur du préexistant, Makrizi l'attribue au
préexistant lui-même. ■ Suivant eux, dit-il, le
■ préexistant n'a ni principe, ni attribut : on
■ ne peut ni expliquer sa nature de vive voix, ( ni la définir par écrit; on ne peut dire de lui
^ « ni qu'il existe , ni qu'il n'existe pas , ni qu'il « est savant ou ignorant, puissant ou impuis-
■ sant. Il en est de même de tous les attributs,
■ car ils soutiennent qu'on ne peut lui assigna
■ aucun attribut sans reconn^tre une sorte « d'union entre lui et les accidents ', et qu'on
■ ne peut nier de lui les attributs sans tomber < dans l'erreur du tatil^ (athéisme). Ils disent
• aussi de lui : 11 n'est ni ancien, ni produit
■ dans le temps ; l'ancien , c'est son comman- X ■ dcment et son verbe , et ce qui est produit
• dans le temps, ce sont ses créatures et les
• êtres auxquels il a donné l'existence. ■
La dilTcrcnce que l'on remarque ici entre Makrizi et Nowaîri ne vient point d'une erreur
' Cette UDion en Dieu d'une substance distiocte des attrilHil*, et d'attributs disiincls de la lubstancc est regwdée par les U«sulmans, ou du moins par un grand nauibre de aectea miuidmancs, comoie un véritable po()1)trûaM- l^jji, iocompatible avec le dogme de Vuuilë de Dieu.
INTRODUCTION. cxxv
échappée à Tun ou à Tautre de ces deux écrivains; elle est due à la variété d'opinions qui régnait à cet égard entre les Ismaêlis. Cest ce que prouve évidemment le passage suivant d'un des traités qui composent le recueil des Druzes, traité dans lequel Hamza expose les opinions des anciens docteurs des Baténis, par rapport au préexistant et à Têtre dont le préexistant a reçu Texistence , et qui , dans le nouveau système de Hamza, est appelé le Verbe ou la Parole. «Parmi les docteurs précédents; dit-il, les
• uns ont dit que le préexistant est le terme le T
• plus excellent et le plus éminent de toutes «choses, et que le culte et Tadoration lui ap- « partiennent, exclusivement à tout autre, en «tout temps et dans tous les âges, ce qui est « rirréligion même. D'autres ont dit que le pré-
« existant est la lumière du Créateur, mais que / < c'est une lumière qui ne peut être saisie par «l'esprit et la pensée. C'est là un vrai poly- « théisme, de prétendre que le Créateur est • incompréhensible, et que son serviteur aussi «est incompréhensible. Où serait donc la « différence entre le maître et le serviteur? C'est « une absurdité , un vrai polythéisme , une opi-
uvi INTRODUCTION.
DÎon erronée. Quelques autres ont dit que U Parole est au-dessus du préexistant, et que cependant elle est une même chose avec lui, et lui une même chose avec elle, sans qu'il y ait entre eux aucune différence. Mais c'est une chose qui répugne au bon sens, que le mâle soit la femdle, et la femelle le mile; que l'émir soit le chambellan, et le chambellan l'émir; que le soleil soit la lune, et la lune le soleil; que la nuit soit le jour^ et le jour la nuit; que ie ciel soit la terre , et la terre le ciel : c'est là une chose absurde et impossible. Du reste, ils se réunissent tous pour soutenir que le préexistant est la cause du repos et du froid, et que le suivant est la source de la chaleur et du mouvement. Ainsi, ils font du préexistant le monde du néant invisible, et du suivant le monde de l'existence. Cela est directement contraire à leur assertion, que le préexistant est Dieu. Comment en effet pourrait-il l'être , puisqu'ils font du suivant le monde le plus excellent? Car il faut, dès-Ut qu'ils adoptent et soutiennent ce sentiment, qu'ils conviennent que le suivant est plus excellent que le préexistant.
INTRODUCTION. cxxvii
puisque le suivant possède la chaleur et le mouvement, ce qui est le caractère naturel de la vie et de Texistence , et qu'au préexistant appartiennent le froid et le repos, ce qui est le caractère naturel de la mort et du néant: certainement, la vie et l'existence sont préférables à la mort et au néant. Or, il est contraire au bon sens que celui qui est de* vancé soit meilleur que celui qui devance; celui qui reçoit, meilleur que celui qui donne; celui qui est ouvert, meilleur que celui qui ouvre ^ ■
Ce passage fait voir que les Ismaélis confondaient souvent le préexistant avec celui de qui il tenait l'être. Revenons au texte de Nowaïri.
« En admettant ces dogmes , on renonce nécessairement à toute religion fondée sur l'autorité d'une mission prophétique, quelle qu'elle soit, et ceux qui les adoptent ne peuvent plus être comptés que parmi les Matérialistes et les Dualistes ^.
■ Ces gens-ci enseignent en outre que le sui-
* Voyez U pièce intitolée '^UJt ^^J^i^màn. ar. de la Bibl. do Roi , n* 1 58o.
cxxnii INTRODUCTION,
vant, par ses œuvres et ses efforts , parvient n degré du préexistant; que, sur la terre, le (prophète) parleur parvient, par sa bonne conduite, au degré du suivant et le remplace ; que le Sois, par ses efforts , parvient au degré du parleur et lui dodent égal; que le daî, par ses œuvres et ses efforts, parvient au degré du Sous et lai devient pareillement égal; qu'enfin, tel est le cours du monde dans ses différents ftges et ses périodes successives.
« Le daî enseigne ensuite au prosélyte que ce qui caractérise un prophète véridique, un parleiu*, ce ne sont point, comme on le dit communément, des prodiges, des signes mirtculeux, des effets extraordinaires; que les prodiges, preuves de sa mission, sont rétablissen ment de certaines institutions politiques qui ' forment un gouvernement bien constitué; de principes sages, dont se compose un système de philosophie; de doctrines spirituelles, au moyen desquelles tout ce qui concerne la formation primitive du ciel et de la terre, et toutes les substances et les accidents que renferme Funivers, est appliqué à la réalité des choses \
INTRODUCTION. cxxix
tantôt sous des emblèmes qui ne peuvent être compris que des savants, tantôt sous des expressions claires et susceptibles d'être comprises de tout le monde; enfin la formation driin système de religion que les honunes adoptent sur l'autorité de ce prophète.
■ Après cela, le daï explique au prosélyte ce que c'est que FAlcoran, et ce que signifie le nom de parole de Dieu, d'une manière tout autre que ne l'entendent les peuples qui admettent la révélation. Il donne de même à la résurrection, à la fin du monde, au jugement dernier, à la distribution des récompenses et des châtiments, un sens tout particulier, qui n'a rien de commun avec ce qu'entendent par
^L^vj ^U Jt^Ji — Nowaîri. Dans Makrixi on lit : JL^OmL-j • ,^LJur *Jui5 ^[xA ^yC lX^ ^ Kj^Jij l^X^ iSUCJt
vVJ^i J/i <Jyj9LA éfX^\^ — Le texte de Makrizi est plus clair,
et c est diaprés ce texte que j'ai traduit L auteur veut parler d'un
■yvtènie allégorique qui applique aux choses invisibles et intellec-
^les, seules réelles, tout ce qu^on raconte de la création de
^«ûvers, mais qui n'est, dans la vérité, que la Ggure ou Temblènie
des choies spirituelles.
cxu INTRODUCTION,
ces choses ceux qui professent la croyance de TuDÎté de Dieu. Tout cela, suivant eux, ne signiGe autre chose que les révolutions des astres et de l'univers, qui se succèdent péiiodiquement les unes aux autres; la producûon et la destruction de toutes choses, suivant U disposition et la combinaison des éléments, conformément à la doctrine exposée dans les livres des philosophes '.