NEUVIEME DEGRÉ DE L INITIATION
« Quand le prosélyte a acquïs toutes les connaissances dont nous avons parlé jusqu'ici, on l'applique alors k examiner les choses qui existent, et à rechercher leur nature et leurs définitions, suivant la méthode des philosophes, et d'après leurs livres. Tout ce qui a précédé n'a été mis en usage que comme des moyens pour conduire le prosélyte à la connaissance des opinions des philosophes, et à la découverte des choses qui leur sont restées inconnues (en se conformant h la méthode par eux ! suivie), méthode fondée sur les quatre élé-
■ t'.e» ilfrni^rs niob sonl fmiiniDl^ ) Makriii.
INTRODUCTION. cxixi
mente qui sont, suivant eux, les sources et les principes constituants de toutes les subs* tances, et sur Tétude de ce qui concerne le ciel, les astres, Tâme et l'intelligence, et autres sujeto semblables dont, comme tout le monde le sait, ib ont traité dans leurs écrite.
« Ceux qui parviennent à ce degré d'instruction adoptent quelqu'un des système reçus par les infidèles qui croient à l'éternité des principes V élémenteires des substences. La doctrine que nous avons exposée jusqu'ici, qui consiste à n'envisager les faite conservés par la tradition, et les dogmes fondamentaux de la foi, que comme des énigmes, dont le vrai sens est la doctrine des principes élémentaires, de la conversion des substences, de la formation des êtres produite par la combinaison, repose sur (la difierence de) certains étate, sur certeins principes, enfin, sur (un système qui est pour eux comme) une sorte de grande révélation dont ils sont les auteurs ^ (Ils considèrent), par exemple,
^jijS^ — J^ai été obligé de paraphraser ce texte qui est très-
<wcar, mais dont je crois cependant avoir bien saisi le sens. Peut- ♦■ir* y i-t-il quelques mots omis ou alt^r^s.
cwwi INTRODUCTION,
ce qu'est l'intelligence, par rapport à l'Âme'; le ciel, par rapport à l'intelligence; ce que sont les qualités élémentaires et les accidents, pu rapport à l'âme et k l'intelligence ; ils conùdèrent l'état des choses susceptibles de formatioii et de destruction , les effets qu'éprouve la m»tière, par le changement successif de divers accidents et la disposition des principes élémentaires; ils mettent en question si la cause eit différente de l'effet qu'elle prodwt. Quelquesuns reconnaissent un créateur étemel, et loi adjoignent les éléments et les principes primitifs; ou bien admettent l'opinion contraire. On examine ce que c'est que ces éléments, quelles sont leurs définitions, ce qu'on sait précisément de leurs véritables propriétés, et par quels moyens on les connaît.
« Souvent l'adepte qui est parvenu à la connaissance de tout cela embrasse les opinions de / Manés ou du fils de Daîsan (Bardesane); tantdt il adopte le système des mages, tantôt celui d'Aristote ou de Platon ; le plus souvent il em-
— Le copitlc , qui «"• ccrUinnnpnt rÎMi comprû d* ce ijn'ïl écritiit . • tchljWI jli.
INTRODUCTION. cwxiii
pnmte de chacun de ces systèmes quelques idées quUl mêle ensemble , comme il arrive ordinairement à ces hommes qui ( en abandonnant la vérité) tombent dans une sorte d'étourdissement.
« Tout ce que nous avons exposé précédemment des moyens que Ton emploie dans les premiers degrés de Tinstruction n'a pour e£Fet que de &ire abandonner au prosélyte les reli- j gions fondées sur la révélation et sur une mis- ' sion prophétique; ce moyen est également bon i regard de toutes les religions, comme une sorte de préparation énigmatique; par Tusage de rinterprétation allégorique , on détourne le sens des paroles de cliaque religion pour l'accommoder à cette nouvelle doctrine, ayant soin de se conformer à ce qui plait au prosélyte, quelle que soit la religion à laquelle il appartienne, comme nous le ferons voir plus en détail par la suite.
■ Pour ce qui est de faire renoncer le prosélyte à ce qu'on lui a d'abord enseigné concernant l'imamat et la mission prophétique, on commence par lui faire envisager tous les autres imams et prophètes comme étant fort infé-
cixxiv INTRODUCTION.
rieurs à Mohammed, fils dismail, le chef et le docteur de la dernière période. On lui ensei-
'J gne qu'aucun d'eux na ni fait aucun miracle, ni reçu de Dieu aucune révélation pour h communiquer aux hommes, comme le pré* tendent ceux qui tiennent à la doctrine littérale et extérieure ^ ; que le prophète est un
^ homme distingué par la pureté (et la perfection de son intelligence), et que cette pureté de Yiit telligence est précisément ce qu on appelle prophétie^; que Dieu jette dans Tesprit du prophète ce qu'il veut; que c'est là ce qu'on entend par parole; que le prophète ensuite la revêt d'un corps et la communique aux créatures; qu'il établit par ce moyen le système d'institutions religieuses qui lui parait le plus avantageux pour le gouvernement des honunes; qu'il est ordonné aux hommes d'observer ces institutions pendant un certain temps, après quoi cela est laissé de côté. [On n'est donc point obligé de se conformer à ces lois , si ce
^ Il y a dans le texte les Dhahéris «j^lklt . Cest loppoaé des Baténis, et les Dhahéris sont les mêmes qui sont nommés Tenzilis âJL^Jlï par opposition aux TawiUs aJujU' oo Allégoristes.
* Je réunis ici les paroles de MakriEÎ et celles de Nowatri.
I\TIU)I)( CTION (xxw
Il esl autant que cela est nécessaire pour maintenir l'ordre et pour la conservation des intérêts mondains. Quant à Thomme qui connaît ( la vérité) , il n'est nullement obligé de prati* quer ces lois : la connaissance dont il est en possession lui suffit, car c'est là la vérité certaine à laquelle on doit tendre. En dehors de cette connaissance, toutes les ordonnances légales ne sont que comme des ballots et des frrdeaux, imposés aux infidèles, aux gens qui ignorent les causes et le but de ces ordonnances^]. Cette doctrine s'étend également à toutes les lois qui interdisent l'usage de certaines choses.
« Après cela on enseigne qu'Abraham, Moïse, Jésus, et tous les autres prophètes, ne sont que des prophètes instituteurs de politique et f d'observances légales, qui ont reçu les leçons des prophètes de la philosophie , tels que Platon et autres philosophes du même genre , et qu'ils n'ont institué leurs religions que pour
' Tout ce que j*ai renfermé entre des [ ] est pris de Makriii. Le ^^Ue de Nowairi est corrompu et ne présente point un sens satis- '^ot. Toutefois, il est évident que Tautcur a dû vouloir dire la *^e chose qu'on lit dans Makriti.
cixxvi INTRODUCTION,
conduire les hommes à la doctrine des prophètes /de la philosophie. Jugez vous-même, ditroa au prosélyte, lequel a été le plus sage d'un tel prophète ou d'un tel (c'est-ànlire, d'un prophète ou d'un philosophe qu'on met en parallèle). On lui montre qu'il y a des vices et des choses essentiellement mauvaises dans plusieurs des ordonnances des prophètes ; on lui enseigne à s'en éloigner, on lui lait voir que leur conduite a été mauvaise , et qu'ib ont tué les Ames, et on lui dit d'autres choses semblables.
• Par rapport à Mohammed, dis d'ismaïl, fils de Djafàr, on enseigne d'abord au prosélyte qu'il doit reparaître dans le monde ; mais après cela on lui dit qu'il paraîtra effectivement dans le monde spirituel, quand nous irons au-devant de lui en méditant sur les doctrines mystiques, et que, quant à sa manifestation actuelle, elle consiste dans la prédication de sa doctrine, qui est communiquée aux hommes par la langue de ses fidèles serviteurs.
■ On lui enseigne encore que Dieu a en hor reur les Arabes à cause qu'ils ont tué Hoseîn, fils d'Ali, et qu'il leur a ôté la succession des imams au khalifat, comme il a ôté du milieu
INTRODUCTION. cxxxvii
des enfants d'Israël la succession prophéti<|ue , lorsqu'ils eurent tué les prophètes; que les sujets et les successeurs des Cosroés ont seuls f pris parti pour les droits des imams au khalifat.
« Voilà le sommaire de tout ce que les daîs présentent au prosélyte , dans le cas cependant où celui-ci se prête à leurs discours. Si, au contraire , le daî ne réussit pas dans son ministère envers le prosélyte , il le laisse dans tel degré de Finitiation où il se trouve, dès qu'il est rebelle à quelqu'un de ces dogmes.
« Ce système d'instruction et ce plan de séduction furent arrêtés d'abord d'un commun accord entre les daîs, avant qu'ils se séparassent pour exercer leur mission; ensuite, ils se séparèrent et se répandirent en divers pays où îb propagèrent leur doctrine , et obtinrent plus ou moins de succès, à proportion de leurs talents et de leurs efforts. Ce (îit surtout du temps d'Âbou-Saïd Djannabi ^ qu'ils réussirent i étendre le plus leur secte.
■Cette doctrine primitive éprouva dans ia suite diverses altérations, et la secte se divisa
' Voyei d-devant p. x\i , note i .
cxxxviii INTRODUCTION,
en ^différentes branches, depuis sa propaga- V tion dans le Magreb, l'Egypte et la Syrie. On changea particulièrement ce qui regardait Mohammed , fils dlsmaîl , que Ton faisait d^abwd reconnaître pour Timam, et on lui substitua un homme descendu de cet Abd-allah^, fils de Maîmoun Kaddah , dont la postérité a r^é dans le Magreb , l'Egypte et la Syrie.
« Il est à propos de joindre ici la formule d'engagement que les dais exigeaient des prosélytes y avant de leur révéler leur doctrine. >
ENGAGEMENT QUE l'oN FAIT CONTBAGTER AU PRO- SELYTE AU COMMENCEMENT DE l'iNITIATIOH.
« Le daï, s'adressant à celui dont il prend l'engagement et le serment , lui dit :
« Vous promettez et vous vous engagez devant Dieu et envers lui , vous vous engagez pareillement envers son apôtre , ses prophètes, ses anges et ses envoyés, conformément aux promesses, aux pactes et aux engagements qu^il a toujours exigés des prophètes, de tenir secre't.
' Le manuscrit de Nowaîri porte Obetd-AUah «mI O^aax» mai^ cVst une fnute.
INTRODUCTION. cxxxix
tout ce que vous avez entendu ou que vous entendrez f tout ce que vous avez su ou que VOUA saurez par la suite , tout ce que vous avez déjà connu ou que vous connaîtrez à l'avenir de relatif à moi ou à celui qui demeure en ce pays^ comme le ministre et le délégué du maître de la vérité, de Timam, de celui que vous savez que je reconnais pour tel, et dont j'aime sincèrement tous les partisans liés avec lui par des engagements, ou, enfin, de relatif & ses frères, à ses amis, à ses enfants, aux gens de sa maison , qui lui obéissent en suivant cette religion, et en lui portant un attachement pur et sincère , hommes ou femmes, grands ou petits. Vous promettez que vous ne révélerez rien de tout [ cela, ni peu ni beaucoup; que vous ne direz Plument rien de ce qui poiu*rait le faire découvrir, & moins que ce ne soient des choses j dont il vous ait été permis de parler, soit par I moHnême, soit par le chef qui demeure en ce ! piy»; que vous vous conformerez en cela à mes
' Let dâû de chique Ue oo proyincc relevaient d*un chef ou ">ttiiooiiaire d*un ordre supérieur, duquel ils tenaient leurs pou- ^^, et auquel ils devaient rendre compte de tout ce qui intéres- '^il la lecte. H en fut de même chei les Druses.
cm INTRODUCTION,
ces choses ceux qui professent la croyance de l'unité de Dieu. Tout cela, suivant eux, ne signifie autre chose que les révolutions des astres et de l'univers, qui se succèdent périodiquement les unes aux autres; la production et la destruction de toutes choses, suivant la disposition et la combinaison des éléments, conformément à la doctrine exposée dans les livres des philosophes '.
NEUVIÈME DEGRÉ DE l'iNITIATION.
« Quand le prosélyte a acquis toutes les connaissances dont nous avons parlé jusqu'ici , on l'applique alors à examiner les choses qui existent, et à rechercher leur nature et leurs définitions, suivant la métliode des philosophes, et d'après leurs livres. Tout ce qui a précédé n'a été mis en usage que comme des moyens pour conduire le prosélyte à la connaissance des opinions des philosophes, et à la découverte des choses qui leur sont restées inconnues (en se conformant k la méthode par eux / suivie), méthode fondée sur les quatre élé-
' Ces dernier} mois ïoni empruDl^ i Makriii.
INTRODUCTION. cxxxi
mente qui sont, suivant eux, les sources et les principes constituante de toutes les substances, et sur Tétude de ce qui concerne le ciel, les astres , Fâme et Tintelligence, et autres sujete semblables dont, comme tout le monde le sait, ils ont traité dans leurs écrite.
« Ceux qui parviennent à ce degré d'instruction adoptent quelqu'un des système reçus par les infidèles qui croient à l'éternité des principes V élémenteîres des substances. La doctrine que nous avons exposée jusqu'ici, qui consiste à n'en* visager les faite conservés par la tradition, et les dogmes fondamentaux de la foi, que comme des énigmes, dont le vrai sens est la doctrine des principes élémentaires ^ de la conversion des substences, de la formation des êtres produite par la combinaison, repose sur (la différence de) certains étete, sur certeins principes, enfin, sur (un système qui est pour eux comme) une sorte de grande révélation dont ils sont les auteurs \ (Us considèrent), par exemple,
JU^^^AA» — -Xai été obligé de paraphraser ce texte qui est trèsobscur, mais dont je crois crpendant avoir bien saisi le sens. Peut- Hrr j a-t-il quelques mots omis ou altéras.
czLii INTRODUCTION,
de gré , ni dans l'espoir d'aucun bien , ni dans la crainte d'aucun mal, ni dans l'affliction, ni dans la prospérité, ni dans la vue d'aucun intérêt, ni pour éviter aucun dommage, et que vous paraissiez devant Dieu emportant avec vous ce secret, et la fidélité à garder ce dépAt, conformément aux conditions exprimées dans le présent engagement.
• Vous promettez aussi, vous vous obligez et vous vous engagez envers Dieu, et pareillement envers son apôtre (que Dieu lui soit propice et lui accorde le salut, ainsi qu'à sa famille 1), de me défendre, moi et tous ceux que je vous nommerai et que je vous désignerai, contre tous les dangers dont vous vous garantiries vous-même; d'avoir un attachement sincère, tant extérieurement qu'intérieurement, pour nous et pour votre chef, qui est l'ami de Dieu. Gardez-vous d'user de perfidie envers Dieu et son fidèle ami, ni envers nous, nî envers aacun de nos frères, de nos amis, et de ceux que vous saurez nous appartenir, et de leur faire aucun tort pour quelque cause que ce puisse être, ni dans leur famille, ni dans leurs biens, ni par aucuns conseils, ni en recourant.
INTRODUCTION. «lui
par rapport à vos engagements et k vos pro^ messes, & des interprétations qui en annuleraient l'effet.
• Si vous faites quelqu'une des choses qui vous sont interdites ici, sciemment, avec la con- Diiasance que vous manquez en cela & votre engagement, et ayant présente à votre esprit la pro> messe que vous faites aujourd'hui , en ce cas vous n'aurez plus rien de commun avec Dieu, le créateur du ciel et de la terre, qui vous a fonné, qui a composé et uni les parties de votre être, qui vous a comblé des biens de la religion et de ceux de cette vie, et de la vie future. Vous n'aurez plus lien de commun avec ses envoyés , tant ceux des siècles anciens que ceux du dernier âge , avec ses anges favoris, avec les chérubins spiritueb, les paroles parfaites*, les sept versets*, i'Alcoran vénérable, le Pcntateuque, l'Evangile, le Psautier, l'Avis sage ', avec toute religion qui a été agréée de Dieu dans les temps qui ont précédé la dernière demeure*,
' Je peaae que m kmiI les dii précopies du Décaloguc
* C'est le [mnier chainlrc de l'Alconn qu'on nomme •■«■. ' Ce*t an de* nonu de rAlcorau.
* »j^y\ jl<|jl fùJi* j — Dan* le manuicrit de Nowaîri on
ciLiT INTRODUCTION.
ni avec tout serviteur qui a mérité de lui plaire. Vous cesserez de faire partie de la troupe de Dieu, et d'être du nombre de ses amis, et vous serez agrégé & ta troupe de Satan, et mis au nombre de ses amis; Dieu vous livrera à un abandon absolu, vous fera éprouver proniptement la vengeance et les châtiments, et vous précipitera dans le feu de Tenfer, où il n'yi point de miséricorde. Vous n'aurez plus aucun droit à prétendre au secours de la force et de la puissance de Dieu, mais vous serei abandonné à votre propre force et à votre jtopre puissance. La malédiction que Dieu a prononcée sur Iblis tombera sur vous, la malédiction par laquelle îl Ta exclu du paradis et confiné pour toujours dans le feu. Si vous contrevenez à quelque chose de tout cela, vous trouverez Dieu irrité contre vous au jour de la résurrection, en ce jour où vous comparaîtrez devant lui. Vous serez soumis envers
lit ^(>JL*, el j'ai traduit coDronnJmCDt i cette leçon; nui* j* pense qn'il faat lire ^ixLt , et que le lens e»t aa momnit Jt Fani^ et la dtrniirt maitOH. Ce mot «igniGe dan) le langage ordinaire de* Moanlmana laviejatart, Ta^rt monde ^ mail, dan* ce jat^on nja- Ikpie, c'eal, je croia, le triomphe de la doctrine des In^Hilb bb Batints qui est déùgnée sous le nom de àemitr* muûtou.
INTRODUCTION. avr
Dieu , comme par un vœu obligatoire , à faire trente fois, à pied, tête et pieds nuds, le pèlerinage à la maison sainte, sans que vous puissiez vous acquitter de cette obligation envers Dieu, par aucune compensation ou d'aucune autre manière que par l'accomplissement littéral. Tout ce que vous posséderex au moment de votre contravention appartiendra, i titre d'aumône, aux pauvres et aux indigents avec lesquels vous n'aurez aucune liaison de sang et de parenté, sans que Dieu vous doive, pour ces aumônes, aucune récompense , ni qu'il en résulte aucun mérite en votre faveur. Tout esclave qui sera en votre possession, ou que vous pourrez acquérir jusqu'au jour de votre mort, mftle ou femelle, deviendra libredevantDieu;toutesles femmes que vous aurez épousées ou que vous épouserez, jusqu'au jour de votre mort, seront, par une suite de votre contravention , séparées de vous par un divorce absolu et déGnitif, par un divorce légal et irrévocable', sans espoir d'aucun retour ni d'aucune réconciliation '; la
' «JuJtj fTj^ •j'^" — On pcDt codiuImt mr cette eipre»- * Le leita ligoiGe : dUt mtorI dàorciti comme ù dUt tmùtnt
cxLvi INTRODUCTION,
jouissance de tout ce qui vous appartiendra, personnes ou biens, vous sera interdite, et tout divorce absolu sera pour .vous d'une obligttion rigoureuse '. Moi, je prends de vous ce sennent, au nom de votre imam et de votre hoddja, et vous, vous le leur prêtez k l'un et à l'autre. S'il arrive que vous ayez dans l'inteotion, dans la volonté ou dans la pensée, quelque chose de contraire i ce que j'exige dévoua et dont je vous fais jurer l'observation, ce ser ment, depuis le commencement jusqu'à la fin, conserve néanmoins toute sa force contre vous,
ili ripuJiéft troit Joit, ce qui iDlerdil à un mari la bcnlté de reprendre sa femniG, i moins qu'elle n'ail tpputeDU 1 on auUt dans l'intervalle. Ce divorce est oppoaé dans le texte àqnttn •■tret sortes de divorce qui ns 'on( pas absolus : 'Ay^ ' j -^ — *»^t et I ■ î' Le premier mot doit, je pense, signifier nn drronx qui , pour être absolu , a besoin d'rlre lépHi ; mais ja n'ai tnmxi li-dessus aucun reaseiguemenl : jUâ est no divorce qni m fiit par ces paroles du mari à sa femme; Choisu. agi* i Ion ckiût, M par cdies-ci de ta part de la Cemiat- J'ai choui.f ta fait mon clmt. [Hédaya, t. J, p. i6i.) i*^j signifie U faculté d'annuler Ur^^ diallon en revenant i vivre avec la femme qu'on avait répudiée, mais non irrËvocablemenl. [Hèiiaja. 1. 1, p. 189.) JCm.* signifie nn divorce fait par en paroles du mari à sa femme : Ta a lArt Jt fw aiUrifaandlavoadnu. {Hidaj'a, 1. 1, p. i55.).
' iSJ >*j-^ *4* jW'lKj' — ^'^ entend par j\tSi le divoRe qui se fait en disant i une fonme : Ta et poar moi camint tr dM Jt ■M mirt. Vo}«i H^TO. I. I, p. 317.
INTRODUCTION. cxlvii
est obligatoire pour vous, et Dieu ne recevra de vous aucune autre satisfaction que Taccomplissemant exact de tout ce qu'il contient, et des conventions fiaiites entre vous et moi. Dites : oui.
• Le prosélyte répond : oui.
• Tel est, dit Nowaîri qui copie toujours les paroles du schérif Aboulhasan, la formule du serment par lequel on apprivoise ceux que Ton veut séduire, en y rappelant les devoirs de la prière, de la dime, du jeûne, du pèlerinage, et les autres obligations prescrites par Tisla* misme, en sorte qu'ils ne trouvent rien de choquant ou de répréhensible dans tout ce qu ils entendent. Mais tout cela n'est que pour fami* liariser le prosélyte avec ces doctrines impies, et ramener peu à peu à recevoir tous les dogmes dont nous avons parié. >
Tout ce que j'ai rapporté jusqu'ici sur la doctrine des Ismaêlis et leur système d'initiation est, à peu de chose près, commun à Makrizi el à Nowaîri. Mais ce dernier y ajoute un extrait d'un ouvrage destiné à servir d'instruction aux dais, sur la manière d'exercer leur ministère, morceau qui est intéressant sous plus
cunii INTRODUCTION,
d'un rapport, et qui peut donner lieu à des rapprochements cuiieux. Nowaïri n'est encore ici que le copiste du schérif Aboulhaisan, qui assure avoir lu ce qui suit dans un ouvrage intitulé Kitab akiyasei^, ce que Ton peut traduire par Traité de poUtiqae. Voici les instmctions données dans ce livre à un daî.
■ Si vous avez à faire à un homme qui professe la doctrine des Schiis, vous vous feras connaître de lui comme étant vous-même lélé partisan de cette doctrine. Pour vous insinuer dans son esprit, vous entrerez en matière en parlant de l'injustice que les Musulmans ont commise envers Ali et ses enfants, du meurtre de Hosem qu'ils ont tué, et de la captivité à laquelle ils" ont réduit ses filles. Vous direi k ces gens-li que vous- ne voulez rien avoir de commun avec Teïm et Adi ', ni avec les enfants d'Omayya ou d'Abbas. Vous tiendrez d'autres discours semblables qui leur feront grand
* Teïm ttl le non) du chef d« 1* tribu anbe de Uqnalle dtscendait le premier kbtiife, Abou-Becr. Teûn était fili de Uom. 6b de Cub, £)■ de Lowai. Adi, autre fila de Caab, fili de Lowaï, est l« lige de lac|aelle deacendait Omar, succeucur A' \baa-BecT. Voyei Eirhboni, iVanam. ttliul. fctit. Ar. p. 78.
INTRODUCTION. cxlix
plaisir, et s'insinueront facilement dans leur esprit. En suivant cette marche, les hommes de cette secte seront bientôt et facilement conduits où vous voulez les mener.
« Si vous vous adressez & un Sabéen, insinuezvous dans son esprit en dissertant sur le nombre septénaire, et les choses qui observent ce nombre.
m Si VOUS avez à faire k un sectateur du Magisme, ses opinions au fond sont conformes aux vôtres. Commencez avec lui par le quatrième degré de l'initiation ; insistez sur l'excellence du feu, de la lumière et du soleil; enseignez-lui ce qui concerne le préexistant, car c'est lui que ces gens-là connaissent sous le nom d*Ahriman^. Son suivant, caché, est selon leur opinion le Bon (principe) et les Ténèbres cachées sont dans leur système le Mauvais ( principe ) ^. Entre tous les peuples , les Mages
^ On lit dans le manuscrit de Nowaîri ^j*j*j^ t mais il est évident qoHl fant lire ^j^j^\ •
11 est singulier que cet auteur subordonne le bon principe à Ahriman , et qu*U distingue les ténèbres , c*cst-à-dire le mauvais principe, do même Abriman. Je ne sais si c*est ignorance de sa part, ou si le texte a été altéré par les copistes.