GCL VIE DU KHALIFE
cela par leurs signatures sons le règne de Kader.
en 4o2. &his toutes ces attestations n^étaient fondées que sur des ouï-dires et des anecdotes répandues dans Bagdad, ville dont les habitants* tous partisans d» Abbasides, calomniaient 1 origine des Fatimis, redontaient comme un mauvais augure les eniants dTAli, fik d'Abou-Taleb, et n avaient cessé, depuis rorigine de la puissance des descendants d'Abbas, de faire éprooTer aux Alides toute sorte de traitements indignes. Les historiens et les auteurs de chroniques ont ensuite adopté cela, comme ils lavaient entendu raconter, sans aucune réflexion; et pourtant rien n'est plus loin de la vérité. « Il ne faudrait d autre preuve de ce que noos avançons ici que la lettre écrite par Motadhed, Fun des khalifes Abbasides, relativement à Obeid-allah , le Schiî. au prince Aglabi , à Kaîrov^-au « et au fils de Modrar, à Ségclmesse, pour les inviter à faire arrêter Obeid-allah. Réfléchissez un peu, en effet, à ce qui résulte de cette preuve : si Motadhed avait cru qu Obeîd-ailah ne tài point de la race d'Ali , il n aurait point écrit aux deux personnages que je viens de nommer, pour le faire arrêter; car, dans ce temps-là, les hommes ne s^attachaient point au parti d'un imposteur, ils ne lui prêtaient <arune assistance, et ils ne suivaient que des personnages vraiment descendants dWli. Or Motadhed conçut de craintes à régardd*OI>oïd-allah;et certes, s'il l'eût regardé (X>mme un imposteur, il n\ aurait fait aucune attentioo. et il n'aurait pas appréhendé (|U*il lui enlevât un seulba meau de ses domaines. L<^ de>ccndants d'Ali, fils d'Abois
HAKEM.BIAMRALLAH. ccm
Taleb, étaient toujours sur leurs gardes et dans les alarmes, de la part des Abbasides, parce qu'ils étaient en tout temps Tobjet de leurs poursuites, et que les Abbasides ne cessaient de chercher les occasions de les toormenter et de les exposer à toute sorte de supplices. Aussi les uns étaient-ils exilés et expatriés, les autres tremblaient et s'attendaient à quelque malheur, ce qui n*empéchait pas que leurs partisans, qui étaient en trèsgrand nombre et répandus partout, n eussent pour eux an attachement et un empressement à les servir, qui sui^ passent tout ce qu on peut imaginer. Bien des fois on vit quelqu'un d'entre eux s'insurger, mais toujours ils étaient poursuivis. Ils n'eurent donc dautro ressource que de se cacher, et à peine les connaissait-on, au point que Mohammed, fils d'Ismaîl, l'imani aïeul d'01)cîdallah, fut nommé mectoum, c est-à-dire caché. Ce nom lui fut donné par les Schiis, iorstiu'ils convinrent en semble de le tenir caché, pour le garantir de la puis sance de leurs ennemis. •
A ces raisonnements de Makrizi on peut ajouter que, si Obeîd-allah eût été un imposteur, étranger à la pos térilé d'Ali, les vrais descendants d'Ali, qui ne drscs péraient jamais qu un jour viendrait où ils pourraient faire valoir leurs droits, auraient eu le plus grand in térét à le démasquer.
Quoi qu'il en soit, je ne remonterai pas plus haut ^n Obeîd-allah , fondateur de la puissance des Fatimis f^n Afrique. Ohêid-allah n'était pas primitivement le nom de ce prinre; il im* parait iiKhil>ital)lo qu'il sup-
ccLii VIE DU KHALIFE
pelait Saîd. Il était fils de Hoseîn, fik d'Aluned, ou propre fils d'Ahmed. Suivant les livres des Dnizes, qui sont ici d'ane grande autorité, Saîd, qui prit plus tard le nom dObeïd-allah et fut reconnu en Afirique povr le M ehdi , était fils d*Àhmed. Ahmed portait aussi le nom d'Abd-allah; du moins un écrivain dnue, contemporain de Hakem , le dit positivement dans un écrit qoi fait partie du recueil des Druzes ^. Peut-être ces hommes, obligés de se cacher, prenaient-ils tantôt un nom, tantôt un autre pour se soustraire aux poursuites de leurs ennemis^.
Saîd était né à Salamia où son père Ahmed avait cherché un asile, comme on Ta déjà vu dans le rédt de Nowaîri '.
' Voyez la pièce intitulée : ^jJLiJt fi^^mAj, que j*u déjà àlk ci-devant, p. lxyii, note i.
' Le même écrivain druzc , qui assure qu*Alimed , père de Siii, portait aussi le nom d^Jhd'aUak, nomme encore Saîd, jUt de 5cU> laglag. Eln comparant ce que les divers historiens disent de SâJ, voici ce qui me parait le plus vraisemblable. Abmed avait laine deux (ils, Hoseîn et Mohanuned : ce dernier était samominé ÀUrnl' tckèlaglag «IjJuJt^t (ou ÂbouUchelalaa mitJLmJ] y»]). HosÔB eut Saîd |)our ûls; mais Saîd ayant perdu son père, lorsqull nêtaîl encore qu'un enfant, fut élevé par son oncle Mohammed, qm lai donna sa fille en mariage. Saîd a donc pu être appelé jSIs dÂimd dont il était rceilement le petit-fils, et jUs JCÀboulschèhi^lag, pane qu il avait été élevé par lui. On a pu dire aussi qu'il était jUs dàhdaUah. parce que son grand-père Ahmed ëtait fils d'Abd-allah, lia* tenr du système d'initiation. Enfin, on a pu dire Schèlagkg pir une sorte de contraction , au lieu d'AhouUchèlaglag : ces sortes ^ confusions ne sont point rares chez les écrivains orientaui.
* Voyei ci-de\ant, p. CLXVi
r^smfm
HAKEH-BIAMR. ALLAH. ccliii
Hunza , chef de la secte des Druzes , pariant du Mehdi qu'il nomme Saîd» fiU d'Ahmed, dit qu*il y avait une chose déposée en lui et que Hakem a reprise; et une glose interiinéaire du manuscrit nous instruit que cette chose c'est la dignité d!imam^.
Moktana, autre écrivain druze, contemporain de Hamza, dit aussi que la septième des religions extérieures est celle du Mehdi, Said, fils d'Ahmed^.
Au reste, que le vrai nom d'Obeîd-allah fût Saîd, cest ce qui est prouvé par Tacte même qui fut dressé en ào2 à Bagdad contre les Fatimis, tandis que Hakem régnait en Egypte, et dont tel était en abrégé le contenu :
• Les témoins soussignés déclarent et attestent ce qui suit, savoir^ : que Maadd, fils dlsmaîl, fils d'Abdalrahman , fils de Saîd ^, tire son origine de Daîsan , fils de Saïd, duquel la secte des Daîsanis a pris son nom ; que cet honmie qui s'arroge aujourd'hui la souveraine autorité en Egypte, c'est-à-dire Mansour, fils de Nézar, sur- Qonuné Hakem ( que Dieu le condamne à la perdition
^ Voyex récrit de Hamia intitulé : (Vo^yJI .4>j . \/
* Yojex la pièce intitulée : f t^t iJu-Jt qj» JjY t jjJlï
* Anm. MosL t. III , p. i S.
^ Maadd est le nom propre du khalife Moêzz, hmaîi celui de *<^ père Mansour, Abd-alrahmam celui de Kaîm, et Saîd celui ^'Obfîd-allah. Il faut observer que Kaîm était né à Salamia, avant ^«lon père Obeîd-allah passât dans le Magrcb; qu'il portait k Salamii le nom d'Abd-alrahman . mais qu il prit dans le Magrcb celui
ccLiv VIE DU KHALIFE
et à une ruine entière!) est fils (petit tils) de Maidd.Us dlsmaïl, fils d'Abd-alrahman , fils de Saîd (que Dien ne lui accorde aucun bonheur!); que Saîd étant veoa dans le Magreb y a pris le nom âLObeid-allah et le sur nom de Mehdi; que tous ses ancêtres qui Font précédé, hommes impurs et abominables ( qu ils soient maadils de Dieu et des anges qui prononcent les malédictions!), sont des imposteurs, des hérétiques rebelles qui n appartiennent en aucune manière à la famille des descendants d'Ali, fils d'Abou-Taieb , et que la généalogie qu ib ont inventée n'est qu un mensonge et une impostorei que ce despote de TEgypte, ainsi que ceux qui TobI précédé, sont des impies, des infidèles, des matérialistes ( zendites, mages) , des incrédules, des athées qui renient Tislamisme , qui ont permis les commerces char nels illégitimes, déclaré licite Tusage du vin, versé le sang, anathématisé les prophètes et qui se sont arrogé la divinité ^ »
' Dans les états mcmc des Fatimis, tout le monde n*était p0 persuadé de Tauthenticité de leur généalogie, ce qui est prouvé pir des vers rapportés par dificrents auteurs dans la vie de Haiem. Ce prinre répétait souvent, dans la chaire de la grande moequéedi Caire, que sa famille descendait d'Ali, cousin et gendre de Mahomet, et de Fatime, lille du prophète; que cette origine lesniHtat au-dessus des khalifes de Bagdad , qui descendaient d*un ondf ée Mahomet. Un jour il se trouva, parmi les placets qu*on lui ^rhf^ tait, un papier qui contenait ces vers :
Nnnt vvnoD» dVntendrc lire ilan<i r^He mo.tqiirf uii« fanM« gvn^logî»;
Si rc qqf lu du rat \i«i , £it»-nuus connaître ta ^néalogie comma Tai ( k khiKCi^» Bjgdad } 4
Si toutes tes prétentions sont conformes û In vrriié, nomme- non» les aocétiM»* (IvL de ton septième aienl.
IIAKEM.BIAMh-ALLAH. cclv
Ahmed, père de Saîd, avait été puissamment aidé, dans les efforts qu'il faisait pour répandre sa doctrine , par un de ses dais, connu sous le nom diEhn-Hauscheb ^ Ebn-Hauscheb accompagnait Ahmed dans la visite des meschheds, c est-à-dire des lieux consacrés par la mort ou la sépulture des enfants d'Ali. Il y avait à cette même époque, dans le Yémen, un homme très-riche et chef d'une famille nombreuse, lequel faisait profession de la doctrine des Schiis. Il se nommait Mohammed, fils de Fadhl. Cet homme, faisant un pèlerinage au meschhed consacré par la mémoire de Hoseïn, (ils d'Ali, Ahmed, qui le vit fondre en larmes, l'aborda et lui proposa d*embrasser la secte dont il était le chef, ce que cet homme accepta. Cela engagea Ahmed à envoyer dans le Yémen Ëbn-Hauschcb. Il le ht partir pour ce pa^s, lui recommanda d'y pratiquer assidûment une vie dévote et religieuse, d'annoncer au peuple que le Mehdi allait bientôt paraître dans le Yémen , et de les exhorter à se soumettre à lui. Ebn-Hauscheb se rendit donc dans le Yémen, et vint demeurer à Aden, pcès d'une JLribu de Schiia qu'on nommait Bénou-Mousa. Ces eens lui ayant demandé quel motif l'attirait en ce lieu, il leur répondit que c'était le commerce. Mais ils lui dirent alors:
• Vous n'êtes pas un marchand, vous êtes un apôtre du
* Mehdi ; nous avons déjà entendu parler de vous. Pour
' Makrizi \c nomme Aboalkasem Ilasan ou Hoseïn Coufi, fils de r^roach ou Fanidj, Ç\\i de Ilauscheb. Aboulfcda et Bibars Mansourl ' appflirnt l\ou,%tam, fils de Hoseïn» fils de Hauscheh, fils de Zadam, ^^vnommc Naddjar { ie cliarpcnlipr), et Coufi.
ccLvi . VIE DU KHALIFE
• nom. nous sommes les Bénou-Mousa doat te nom
• vous esl peut-tJlre pa» ioconnu. Ag:issez avec nous li'
■ bremeot et sans aucune réserve, car nous somoietTgs
■ frères. • Alors Ebn-Hauscheb se ût conoaitre à em, 3 les confirma dans leurs espérances , leur anaonça le prochain avènement du Mehdi, et leur recommanda dt se munir d'un grand nombre de chevaux et d'aimn, les assurant que ce temps était cdui de l'appaiitiao do Mebdi, et qu'il paraîtrait au milieu d'eux. Les Sdiîii qui habitaient rirai, ayant entendu parier de lui.narent le joindre ; par là ils se trouvèrent insensiblement en grand nombre, et en état de faire quelque entrepiw. Ib attaquèrent leurs voisins, firent des prisonnienet amassèrent de grandes richesses, dont Ebn-Hauschrb fit part aux enfants d'Abd-aliah Kaddah qui demearaient à Coula. Ceux-ci, ou, comme semble le dire Hakrizi, Ebn-Hauscbcb lui-même, avaient envoyé dan* le Magreb deux dais ou missionnaires dont l'un se nommait Hoiwani et l'autre A hou-Sofyan, en leur disant : i It
• Magrcb est une terre en friche, allez-y donc et laboa-
• rez-la, jusqu'à l'avènement du maître de la semence. > Ces deux hommes allèrent dans le Magreb ; l'un s'établit dans le pays de Kétania ' en une ville nommjc Modmadjîuna, et l'autre à Souk-hamar. Les habiUnti de cette contrée conçurent de l'inclination pour eux; ik leur apportèrent même de l'ai^cnt et des présents. C» dais, après une résidence de plusieurs années dans te
I VoY» Ahoirin-cla, ^nn. UoiJ. t. tl , tiotp 170, p. ^li.
HAKEMBIAMR-ALLAH. ccrvii
/Mys, y moururent à peu de distance Tun de Tautre^ Cmj^nA^l un léié Sr^îî ^^ ^n^^ , «^"^«n^ MjourMd' âUmk Haseîn\ fils d^Ahmed, fils de Mohanomed. fUs de Zacariya , et surnommé Abchii, était venu trouver Ebn- HauscKeE S Aden ' et s\ était fixé près de lui. C'était an homme distingué entre tous ceux de son parti, par sa science, son intelligence, sa finesse et son habileté. Qaand Ebn-Hauscheb eut appris la mort des deux dais, Hdhwini et Abou-Sofyan , il dit à Abou-Abd-ailah Alsdbii : • Le pays de Kétama, dans le Magreb, a été labouré
• par Holwani et Abou-Sofyan , mais ils sont morts , et il
• n*y a que vous qui puissiez les remplacer dans ce pays.
• Cest une terre déjà préparée et façonnée ; hâtez-vous ■ donc d*y aller. • Abou-Abd-alIah ayant reçu d'Ebn-Hauscheb de l'argent et un compagnon de voyage nommé Ahd'ottah, fib étAhoa-Mélahif, se rgpdit.d'â^^.^^^^
Mecque. Arrivé^djins cette ville, son premier soin fqt )^ y de s'informer où demeuraient les pèlerins de Kétama. Lorsqu'on les lui eut fait connaître» il lia société avec eux sans leur faire part de ses intentions, et s'assit près d'eux. Ayant entendu qu'ils conversaient ensemble sur les prérogatives excellentes des descendants du prophète, il leur témoigna combien il était satisfait de ce qn*ila disaient, et les entretint en leur racontant beau-
' C« qui précède est tiré de Bibars Mansouri et ne se Ht point dans Makrin.
' Biiian Mansouri le nomme Hasan. Dans Aboulféda il est nommé Ahtm-Abd'allah » fils de Hoseîn: Annal. Mosl. t. Il, p. 3i3.
' Reiske, sans doute sur Tautorité de Nowaïri, dit qu^il s*agit ici d'Aden Laa; ihid. t. Il , not. 369, p- 7^ 1 •
ccLviii VIE DU KHALIFE
coap de choses qu'ils igDoraîcnt, Quand il voulu! » lever pour s'en aller, iU lui deaiaDdèrcDt la permiuîon de l'eller voir et d'agir familièrcmeiit avec lui, ce t\n'i lenr accorda. Ensuite ils ■'informèrent où il allait B leur répondit qu'il allait en Egypte. Ces gen» appiirait avec grand plaisir qu'il ferait la même route qu'eux et qu'ils voyageraient ensemble. Ils partirent dimc, sut qu'Abou-Abd-allah leur fit coonaitre ses intralions. La vie rdiigiense qu'il pratiquait devant eux angmentalev inclination pour lui. De son cAié, il prit d'eux des infarmations sur le pays qu'ils habitaient, sur leurs tribu, leur manière de vivre et leurs relations avec le sultan de l'Afrique'. Ils lui apprirent qu'ils ne le rrrrinnaîniicnl point pour leur maître, et que leur pays était éloigné de dix journées de marche de ses étals. Il s'infinia pareillement s'ils portaient les armes, li quoi ib répondirent que c'était leur profession. Arrivés en Egypte . ils lui proposèrent de les accompagner et de venir avtc eux dans leur pays, ce qu'il accepta. En approdiut de leur pays, ils rencontrèrent d'autres Schiis et lev firent part de tout ce qui concernait AboD-Abd-dlah. Ceux-ci leur disputèrent l'honneur de le posséder dm eux, et ils tirèrent au sort à qni annit cet avantage. EnGn ils arrivèrent dans le pays de Kétanu , vert k milieu de rebi premier 380'. Quelqnes-uns d'entre n>
' Lompie j'nnpioie le rru>tÀfn<iBe, c'nt qa'Ll j ■ dam l'ongiML Afrikijiya, ce «pii aigniGc )■ proYÎQce d'Afrique proprcmeol dite
* C'est aiiui qu'on lit dîna Bibars Minsoiui. Mikriii porte iW - Abonlnklt pUce cet ifënement «■ 180, Ann. Mod. L U, p. 3i3.
HAKEH.BIAM.R ALLAH ceux
voulut c|ii*il vint demeurer parmi eui , i\% en vinrent praeqae Mix mains à son sojeL Alors il leur demanda oo était la Vallée des Gens de bien. Cette demande les surpritextrèmement, car ils ne lui avaient jamais nommé ce lien-lL Ds lui dirent qu'elle se trouvait dans le 1erriioire des Bénou-Soleîman. C'est là, leur dit-il, que je dois me rendre; j'irai ensuite vous voir, chacun dans votre pays. Ils consentirent tous à ce qu'il voulait, et en conséquence s'étant rendu près d'une montagne nommée Amkidjan, dans laqndle se trouve renfermée la vallée des Gens de bien , il leur dit : « C'est ici la vallée
• des Gens de bien , et ce n'est qu'à cause de vous que ce
• nom lui a été donné, car une ancienne tradition porte
• que le Mehdi doit avoir une fuite ^ (une hégire, comme
• Mahomet) , lors de laquelle des gens de bien de ce temps-
• là s'éloigneront de leur domicile pour venir à son se-
• coars, et que ces gens'là seront un peuple dont le nom
• est dérivé du mot kitman {secret) . Or vous vous nommez
• Kéîama^^ et c'est parce que vous êtes originaires de cette
• vallée ' qu'elle a été nonmiée la Vallée des Gens de bien. >
' fiihurs raconte ailleurs que Uoseïn, en dcclaraui Obeîd-allah ion toccessenr, lui dit : Apr^s moi vous serez obligé île fuir irh-loin, ^>ow èpetwMTtt de grandes irihulaiions.
* KMema, eon»Aéré comme tm mot arabe, appartient eflfecti\r- *kCBtà la fadne àotsma cacher, dont le nom d action est hitman.
'AU leUre, à cauu de votre sortie; ce qui no détermine pa5 s'il ^ ^t da pafsé ou du futur, et s'il faut traduire à ctase que voas êtes *^9iis, on çae rcMU devez sortir. Dans Makrizi on lit : à cause de votre tif donj cette vallée » re qni pourrait signifier : à cause ijoc vous tow imMurgerdans cette vallée; mais je crois que ccst nne faute.
.xLi VIE DU KHALIFE
Toute» t«M kabilfbs { tribus ) loi prêtaient robéusaoriet il l«s &sctuait par toute sorte tTarlJGres et de ur Ul^pM. L« Berbtts accouraient de tous côtés aupnjs de lui. tu plus d'une rencontre, les hatûtuita de Kétan en viorcnt au mains à ton sujet avec les kabilèhi ia Berbers. et . dans ces querelles, il échappa plus d'une im .1 la mort. Néanmoins il ne leur pariait point dn Hebdi. IV» docteurs sVtanl rassetublès pour disputer avec lui. et «vaut formé le complot de le tuer, les Rélamis ne M>uffirireut point qu'il entrât en dispute avec eus. Il était connu parmi eux sous le nom à'Ahou-Abi-titÊi Mttciiriki, c'est-à dire ÏOrienttd.
Ibrahim, fils d'Ahmed, Aglabi. qui régnait alon en Afrique , ayant entendu parler de lui , dépécha vers telni qui commandait pour lui dans la ville de UeïU, pour obtenir des renseignements sur Abou-.Abd^llah. Le gaateineui- de Heila paria de lui avec beaucoup de méprii . et se t-uolenU de dire pour toute réponse que c'était uu buinnie veto grossièrement, qui prêchait la dévoliou et les bonnes œuvres. Abou- Abd-dlah , vei* ce tempf- M, , tit aui Kétamis une confidence qui augmenta beii' t'oup la haute idée qu'ils avaient de lui et l'affèctioD qu'ils lui portaient. D leur dit qu'il était U mattn it la Mm«nc«, duquel leur avaient parlé Hoiwani et Abos- Stil'>au- L.a division se mit à son sujet entre les Beriwn «•I les kétamis; quelques-uns voulaient le tuer, il le «4i'h«- Alors l<<s deux partis en Ainreut aux mains : le voHtt>at fut Irès-vif. l'n des principaux de Kétama. tkMi>> tilNileHaroun, ajant pris avec lui Abou-Abd-allib.
HAKËM-BIAMR-ALLAH. <xlxt
marcha contre les Berbers ses ennemis , et les défit. Après dttven avantages remportés sous la conduite de Hasan , Klsde Haroun, Abou-Abd-f Uah demeura maître de la ville ie Taarout ; les kabilèhs des Berbers et tout le Rétama loi forent assujettis. De Tasrout il s'avança vers Meîla. Les habitants firent d*abord une vigoureuse résistance, Buis ayant été trahis par un de leurs concitoyens, Hasan, fila d'Ahmed, qui indiqua à Abou-Abd-allah les endroits EdMes de leur ville, et se voyant près d'être forcés, ils capitulèrent et reçurent le vainqueur dans leurs murs. Ibrahim Aglabi, informé de ces événements, eûvoya une armée à la tête de laquelle il mit son fils Ahwal , pour s'opposer aux progrès d'Abou-Abd^dlah. Celui-ci liit défait, perdit beaucoup de monde et prit la fuite. Akwal se mit à sa poursuite, mais il survint une neige tbondante qui sépara les deux partis, et Abou-Abd-allah ae retira dans la montagne d'Ankidjan. Le vainqueur, après avoir mis le feu à Tasrout et à Meîla , retourna en Afrique. Abou-Abd-allah bâtit à Ankidjan (une ville qu'il nomma) la tnaison de lafaUe (de l'hégire), et ses partisans vinrent l'y joindre. Quand il apprit le départ dTAhwal, il sortit de sa retraite et pilla tout ce que les vainqueurs avaient laissé derrière eux. Il reçut bientôt des nouvelles qui lui furent très-agréables« Ibrahim^ Ag^i était mort, son fils Aboulabbas avait été tué, et Ziadet-allah , qui avait succédé à Ibrahim, passait tout son temps dans le jeu et les plaisirs. Pendant le temps quAbou'labbas avait été sur le trône, Ah wal, son frère, avait marché une seconde fois contre Abou Abd-allah.
(Xikii VIE DU KHALIFE
Akwa) avait été battu, mais il était demeuré dwu k voisinage de l'enuemi , le harcelant et l'empêchant SA- 1er en avant. Abou-McMlIiar Ziadet-allah ne fut puplv Ukniaîtredela couronne, qu'il rappela son onde Ahwd et te fit mourir. Alors les armées d'Aboo-AbiMlah, m trouvant plus d'obstacle, se répan^rent daos tout le pays , et Aiwit-Abd-allah se mit à pnUîer haateniest h» oonœ de l'avènement dn Uehdi , en dismt : ■ La tto^ ■ est venu où le Mehdi va paraître et subjogoer loote k
• terre : heureux quiconque se rendra auprès de mol at
• m'sbéira! > H mettait tout en œuvre pour rendreodiaa Ziadet-allah et sonlever ses sujets contre lui. Les priafipau» officier» de Ziadet-allah, qui étaient Schiii. n'^ taien t point fichés de ragiandàssemeot d' Abou'^AbdalkL Ce qui faisait sur eux le plus d'impression , c'était IW nonce des prodiges que devait opérer le lieMi ; at Abou-Abd-allah annonçait qu'il ressusciterait les nerts, qu'il ferait lever le soleil du càté dn coocbant , et qal soumettrait toute la terre. Abon-Abd-allah eatielHnl des intelligences secrètes avec etu et le* gagnût pv des promesses.
Cependant Obeîd-allah avait considéiablement mi%naenté le nombre de ses partisans. Il s'était attaché œ grande multitude d'hommes par d'abondantes li se conduisant en cela d'une nunièrc toute i de ceux qui l'avaient précédé. Abou-Abd«lUi. apés »voir dis[)oeé les esprits romme nous l'avons vu, fit partir du Magrcb quelques Kélamis et les envova à Oheiddiah pour lui faire paît de ses sucrés et de ses conqaélei, el
HAKEM-BIAMR-ALLAH. ccuiii
iÏDviter à se rendre dans le Ihgreb où il était attendu. Ce meuage vint fort à propos pour Obeid-allah, qne les redierches da khalife Mostacfi obligeaient de prendre la fbite avec son fils Abou'lkasem Nézar qni régna après loi sous le nom de Kaim, mais ipii n'était alors qn'nn enfiuit. Obeid-allah quitta donc Salamia pour se rendre CB Egypte. Arrivé en Egypte avec toute sa suite, il s'y leoait déguisé sous Tapparence d'un marchand. Mais Isa Nanacbéri, qui était alors gouverneur d'Egypte, ayant reçD du khalife des lettres qui contenaient son signaiement et la désignation de son costume, avec un ordre de l'arrêter lui et tous ceux dont la figure répondrait à ce signalement, Obeld^dlah en fut averti par un des gens du gouverneur qui était schii , et qui lui conseilla de quitter l'Egypte. Il partit aussitôt avec tous ses gens, emportant de grands trésors dont il se servait pour faire des largesses à tous ceux qui l'accompagnaient. Cependant Isa le fit chercher de tous côtés et se mit lui-même à sa poursuite. Il ne fut pas longtemps sans le joindre, et dès qu'il l'aperçut il ne douta point que ce ne fût l'homme qu'il cherchait. En conséquence il l'arrêta , puis il alla camper dans un jardin , lui donna des gardes, et quand l'heure du repas fut arrivée il l'engagea à prendre de la nourriture. Obeld-allah le refusa , sous prétexte qu'il jeûnait. Le gouverneur employa ensuite les plus vives sollicitations pour savoir de lui qui il était, lui promettant même de le laisser aller. Ne pouvant rien obtenir de lui , il céda aux prières d'Obeid-allah , qui le menaçait de la colère de Dieu , et le
ccLMv VIE DU KHALIFE
laissa aller. Quelques gens assurent qtt*Obeîd«Uah nobtint sa liberté qu en donnant de Targentau gonvernev. Celui<i lui offrit une escorte pour le reconduire, joiqii ce qu il eût rejoint ses compagnons de voyage. Obéiallah lassura qu'il n*en avait aucun besoin, et était parti il s'éloigna en grande hâte. Le gouverneur, voyant que sa conduite déplaisait à une partie de ses gens, se repentit d'avoir rendu la liberté à son prisonnier, et fit courir après lui; mais on ne put l'atteindre, et il arriva avec son fils à Tripoli. Là, les marchands avec lesqiidi il avait fait la route se séparèrent et s^en allèrent dhicun de leur côté.
Obeid-allah , qui avait en sa compagnie Abou'labfaai, frère d'Âbou-Âbd-allah Âlschii, l'envoya à Kaîroivanavec une partie de ses effets, lui enjoignant de se joindre aux Kétamis. Mais quand Âbou'labbas arriva à Kairowan, Ziadet-allah, qui était déjà instruit de sesdémarcùes, le fit arrêter, et on lui fit soufirir divers tourments pour tirer de lui la vérité. Cependant il nk constamment qu'il fût compagnon d'Obeid-allah, et il persista à soutenir qu'il n'était qu'un marchand, et qaH était venu en la compagnie d'un des gens qui coanfosaient la caravane, Obeid-allah, instruit du sort d'Abou labbas, se hâta de quitter Tripoli et de gagner Kair tilia. A peine avait-il quitté Tripoli , que le gouverneur de la ville re^fut un ordre de Ziadet-allah pour Tarréter. ilomuie ce gouverneur protégeait Obeïdallah qui l'avait ^attii^- par des présents « il répondit à Ziadet-allah quO Uiii ttilah avait quitte Tripoli avant que Tordre de le
HAKEM-BIAMR-ALLAH. cclxv
prendre lui (ùt parvenu, et quil n avait pu le joindre. Qbeid«llah, arrivé à Kastilia, renonça pour le moment au projet d'aller trouver Abou-Abd-allah Alschii : il jugea que, s'il faisait cette démarche, les soupçons quon avait conçus contre Abou labbas acquerraient plus de force, et qu'on le ferait mourir. Ces considérations l'engagèrent à se retirer, pour le moment présent, à Ségelmeiae. U venait de quitter Kastilia, quand des gens, envoyés pour le prendre, arrivèrent dans cette ville. Ségelmesse était alors gouvernée par. un prince nommé Elùm, fis de Modrar. Obeîd-allah le gagna par des présents et par ses assiduités, et Elisa conçut de l'affection pour lui. Mais une lettre de Ziadet^dlah lui ayant appris qu'Obeidailah était celui même dont Abou-Abd-allah Alschii voulait £EÛre reconnaître la souveraineté par les peuples de l'Afrique, il changea de sentiments envers lui et le fit mettre en prison avec son fils. Us y demeurèrent jusqu'à ce que, la ville de Ségelmesse étant tombée entre les mains d'Abou-Abd-allah , il leur rendit la liberté, comme on le verra par la suite.
Cependant Abou-Abd-allah avait conquis Meîla, Satif et plusieurs autres villes, et ces progrès alarmant Ziadet-allah, il assembla une armée de 4o,ooo honmies dont il donna le commandement à Ibrahim, fils de Hausckeb, un de ses proches parents, qui ne connaissait pas le métier des armes. Ibrahim, dont larmée s'était encore doublée dans la route, vint prendre ses quartiers a Kostantinalliawa, ville ancieniio et très-forle, rt ha inan^hc jeta Irpouvanle dans le rœiir dAbou-
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4 Âostutiiu, et Aboo-Akt!
M» b nwDlBgnc d'AnLitlju .Ami . mhanli psr la oonduiic . ^. quilU KiMtBQtîiu cl *'i^ ..^KK Kerma. poui- l'alUqurt.
^ Jtr *on aiauvemeul. enwi uL-ri« pour rerouaaîlrc raniW* ■;tui[itredélari)vmciil, mardia ^(irv que »es truupeiy fuMenta ait luéiuequ'oneûtdéchar^l»
K- Teul paiplus tôtappris,q«.
!<.■ Jvsordre . il tomba »ar Toh i>l>r«. Ibrahim ayant i-U- lilcnf . 'Lt tui,, toute Min amice veièxtiMivnl au pouvoir d'Abosi,ii ja»qua Kaïrowan. et iclK .
. . jeta )« troublv dans touleCI jMOJUp la réputation do :ii^)Yen d'înatniirp ObArd-al ^itt parvenir uat> lotlrv paru •' l'ii marcliand de viande, i Et uà il étail détenu k S«^bi M cwiiqutMc». lln'einpaïa.pa' TUtua . vt prît d'auatil Hacamia itml poBM» âu Dl dv IV-pte. Ztadpl-tUafc.
,^pni,i{t^ df IVnnmii, awrinbla oot ,^4 tl loolîa |p romraandruiciit à Ha- ^ui ri mmineni? p«i allaqaer D»r
HAKEM-BIAMR ALLAH. gguvii
jiiiiitlouc, place qui s*était soumise à Abou-Abd-aUak : il b prit, en extermina les habitants et détruisit la citadelle. Mais ensuite, il fut rencontré par un détachement de Tarniée ennemie, et ses troupes, épouvantées, prirent la fuite; les gens d*Abou*Abd-allah »e mirent à leur poursuite et en firent un grand carnage. Haroun lai-même y perdit la vie. Abou-Abd-allah se présenta après cela devant Bandjas, et cette ville capitula. Ces nouveaux revers augmentèrent les inquiétudes de Ziadetailah, qui, ayant levé à grands frais une nouvelle armée, se mit lui-même à la tête de ses troupes en rannée 396, et s'avança jusqu'à Elans. Cependant les grands de sa cour lui ayant représenté que, s'il éprouvait une défaite en commandant par lui-même, il ne Itti resterait plus aucun% ressource, il se rendit à leur conseil et confia le commandement de son armée à un de ses cousins nommé Ibrahim, fh dAhoalaglab, qui était homme de cTœur. Vers ce même temps, Abou- Abd«Uah s'avança vers fiagaya, où il était appelé par les habitants, y entra et y mit une garnison. Il s'empara soooessivement, soit d'assaut, soit par capitulation , des villes de Madjana, Sasch, Maskanaya, Merida ^ et Alkasreîn, et reçut les soumissions des chefs d'un grand ■ombre de kabilèhs. Cependant Ziadet-allah, retiré dans
■ Biban Maosouri dit qup les liabiUnts de KasrHîlâfriki , de yannadjinoA cl Madjana, ci de beaucoup d*anuisa lieux, 8*éuîeat féfugi^ daus llérula , parce que c'était une place tr^apfiavle. Aboa- %bd-aJiab commeo^a Tattaque; luais comme il se Irovvaîi inoonnr mode de la pierre, les babitant», taudis quil était occiipé à se faire
«xLwiii VIE DU KHALIFE
Kakkaik , >e Uvnil à b débauche , et oubliait avec le «\uu|M([iH>u» de ses plaisirs les malheun qui le meai- (^aÀeiàt. AbiHhAbd^lah avait formé le projet de Talkr 4tlai|uer dans cette ville, et Ibrahim , fils fAboala^ab, pour arn^ler sa marche, partit d'Elans et vint camper A Derdemin. Abou-Abd-allah envoya au même lieu on détachement qui fut battu. Etonné de ce que ses geft taillaient à revenir, il se mit lui-même en marche, et ki i-^ucontra qui fuyaient; quand ils le virent, ils reprirent courage et retournèrent à Fennemi; ils lui tuèrent beaacoup de monde, et la nuit mit Qn à Taction. Aprèi u'tle bataille, Abou-Abd-aUah soumit les villes deKaslilia et de Kafsa, revint à Bagaya où il laissa onc garnison , et se retira à Ankidjan. Il avait trouvé k kaslilia de grands trésors et une giynde abondance de vivra et de munitions que Ziadet-allah y avait déposés. Dmhiui profita de sa retraite pour s approcher de Bagaya, el ealraprit le siège de cette place. Abou-Abd-allah fil marcher 112,000 honmies au secours de Baga]^ et la huivit avec toute son armée; mais Ibrahim, étoonéds la vigoureuse résistance des assiégés et instruit de It luai-che des troupes d*Abou-Abd-allah , ne jugea point À pi*opos de Tattendre : il leva le siège et retourna i Elaris. Au printemps de Tannée suivante 296, lesdeox armées se mirent en campagne. Abou-Abd-allah se voyait
iiaiitT, tleiuandèrent à capituler. Ceux qui comiuandaienl en Tab- .tuii« irAkoH-Abrl-alIali v consentirent, ol 1rs porte» rie la place Ictf i\4Ui l'tr ouverte», ils y enlrt^rent; mai» Tarmée pilla la «ille H |i.iai4 li'M li«liîiaiii& au til rie I epée.
HAKEM-BIAMRALLAH. rcLxu
à la tAte de aoo,ooo hommes, et Ibrahim commandait des troupes innombrables. On en vint à une aSbire géoénde, dans laquelle les gens d*Abou-Abd-allah eurent le dessus. Ge général détacha alors 600 hommes de sa canlerie, auxquds il ordonna de tourner Tarmée dlfanliim et de la prendre par derrière. Ibrahim avait donné un ordre pareil, en sorte que les deux détachements se rencontrèrent et en vinrent aux mains dans on défilé. Le détachement dlbrahim fut battu, et la nouvelle de cet échec» répandue dans son armée, y jeta une telle épouvante quelle se dispersa aussitôt, diaqne corps prenant la route de son pays. Ibrahim , soivi d*un petit nombre de ses gens, s'enfuit à Kaïrowan. Les troupes victorieuses poursuivirent les fuyards; on grand nombre furent tués ou faits prisonniers, et les vainqoeurs s'emparèrent d'une jnmiense quantité dargent, de chevaux et de vivres ; ils entrèrent ensuite dans Haris et y firent un grand carnage. Plus de 3ooo des Uhhants furent massacrés dans la djami où ils s'étaient retirés , et la ville fut abandonnée au pillage. Cette affaire est lieu dans les derniers jours de djoumada second, et Abon-Abd-allah, après cette victoire, se retira à Gomonda*
A la nouvelle de cette dé&ite, Ziadet-allah prit la fuite et se sauva en Egypte ; il y resta peu de temps et en partit pour se rendre à Bagdad. Arrivé à Rakka, il écrivit au vizir du khalife Moktader fpour obtenir la permission d'entrer dans Bagdad. Sur l'ordre qu'il reçut d'attendre, il demeura à Rakka, où il passa un an, se
GCLxx VIE DU KHALIFE
plongeant dans le vin et les fdaîsiiB. Le khalife loi ordonna alors de relonrncr dans le liagreb, et enjoi|^ au gouverneur d^Egypte de lui fournir des homoMi et tous les secours nécessaires pour recouvrer «es états. Le gouverneur lui ordonna datiendre à Dhat-alhammui les secours qu'il devait lui fournir. Après les avoir attendus longtemps, mais en vain, ennuyé de ces longueurs et accablé de maladies qui s'étaient succédé, il revint à Misr, prit la route de Jérusalem, et mourut à Ramla ou il fut enterré. Revenons à ce qui se ftmtm da» le liagreb, après la fuite de Ziadet-^llah.
Ce prince n eut pas plus tôt quitté Rakkada q«e ki habitants s'enfuirent aussi durant la nuit et se retirèrent à Kasr-elkadim, Kaïrowan et Sousa.Les halùtanta^Katrowan entrèrent dans Rakkada et pillèrent, cinq jowi durant, la ville et le {lalais des Aglabis. CepeDdantHmhim, fils d'Aboulaglab, ayant assemblé les habitants de Kaîro>^an, fit proclamer une amnistie générale, ifjett tous les malheurs passés sur la mauvaise conduite de Ziadet-allah, et leur promit de combattre pour leur dé^ fense, s'ils voulaient le reconnaître pour Aet et Taider de leurs biens. Mais cette proposition (ut trè^-nud accueillie, et on le força à sortir à la hâte de la ville.
Abou-Abd-allah était dans le canton de Sébiba quind il apprit la fuite de Ziadet-allah. Il s'avança aussitôt jaiqu'à la vallée des Fourmis {Waii alnamel ) et envoya d^ vant lui à Rakkada 1,000 hommes commandés parArO' naba^ fils de Yousouf et Hasan, fils de Djérir. Ils trouvé-
* Li lecture rie et nom est inrcrtiine.
HAKEM-BIAMR-ALLAH. ccliii
reot, €a y arrivant, que ceux qui y étaient demeurés afaient pillé tout ce qui y était resté de vivres et de mobilier. Ik n'inquiétèrent néanmoins personne pour raôton de oe pillage, et laissèrent à chacun ce qu'il avait pris. Ces gens allant porter cette nouvelle à Kaîrowan, où die. causa une grande joie. Les gens de loi et les principaux habitants de la ville sortirent audevant d'Abou-Abdrallah, le saluèrent et le complimentèrent sur sa victoire; il leur répondit d'une manière gradeose, et leur promit toute sûreté. Alors ils corn- ■Mnoèrent, pour lui Cèdre leur cour, à mal parler de Ziadeiallah; mais il leur dit : « Ziadet-allah était un prince
• très-puissant, ses forces étaient très-grandes, et il pos- «aédait de vastes états. Ce n'est pas lui qui, par sa né-
• gUgencc, a été cause de sa perte; mais on ne peut pas « rénster à Dieu ni s'opposer à ses volontés. » Ces paroles leur fermèrent la bouche et ils retournèrent à Kaîrowan. IVrar AbourAbdallah, il entra dans Rakkada le samedi 1* deradjeb 296, se logea dans un des palais de la ville et en distribua les grandes maisons aux gens de Kélaiiia : car il n'était resté dans Rakkada aucun habitant. Ensuite il fit publier une amnistie, et chacun rentra dans sa demeure. Il envoya des gouverneurs dans les provinces, et il fit rechercher et punir les maliaiteurs. Comme on rassemblait par son ordre tout ce qui avait appartenu à Ziadet-allah, il se trouva plusieurs esclaves tvèa4>dles. Abou-Abd-allah, sans même avoir jeté un regard sur aucune d'elles, les confia à une vieille fenmie qui était au service de Ziadet-allah , et la chargea de pour-
ccuiii VIE DU KHALIFE
voir à tous leurs besoins. Le vendredi suivuit, le* kkitîbs de Kaîrowan et de Ralikadi eurent ordre de bire b Uiotba, sans y fure mention d'aucun souverain. AbtM- Abd-albh défendit de mettre aucun nom sor la moioaie : on substitua, à la place où devait itre le non du prince, ces mots : J'ai accompli U témoignmgt ù Dieu, et de l'autre côté cuux-cî : Qae Im «iuwbui ib Dim toient dupenit. U fit graver sur les armes ceaiDoti: Armet pour combattre pour îa cauu ie Diem. et fit onprimer sur la cuisse des chevaux ; A Dtea affartii^ U royaume. U continua à porter comme «upanvant des vêtements communs et grossiers, et à prendre une noor nture grossière et en petite quantité.
Quand Abou-Abd-allah fut solidement étal^ dau b possession de R^kada et de toute l'Afrique , iod ùin Abou'labbas Mohammed vint le trouver, ce qui Inî caïaa une grande joie. Ensuite Abou-Abd-allah songea sérieusement à tirer Obeîd-allah de la prison oà il languinaïL Il quitta l'Afrique dont il laissa le gouvernement à m* frères Abou'labbas et Abou-Zaki , et se mît en cuii|Mpe avec une armée nombreuse. Sa marche jela TalinM dans tout le Magreb. Zénata fut dans l'époavute : ks habilèbs se retirènnt de sa route , et lui envoyèrent dn députés pour l'assurer de leur soumiasion. Comme 3 fat prés de Ségelmesse, Elîsa, fils de Modnr, émir de cette ville , qui tenait Obeïd-allah prisonnier, Ini £1 demander qui il était, quelle était son origine, et h c'était lui qui était la cause des démarches hostiles d'Abou-Abd-allah. Obeïd-allah protesta avec serment qu'il
HAKEM-BIAMRALLAH. gclxxui
n'avait jamais vu Abou-Abd-allah , qu^il ne le connaissait point et que, pour lui, il n*était qu*un simple marchand. Alors on Tenferma seul dans une maison, et son fils Abon'lkasem dans une autre, et on leur donna des gardes. On interrogea le fils pour tirer de lui la vérité, mais il ne s*écarta en rien des réponses de son père. On en fit autant aux gens qui étaient avec lui ; on employa même les coups, mais ce fut inutilement. Abou- Abd-allah, cpii savait tout cela, en était fort affligé; il cherchait à gagner Elisa par de bonnes manières, et il loi écrivit même pour Tassurer cpi'il ne voulait pas lui fidre la guerre, mais qu'il désirait conférer avec lui dTnne affiiire importante. Élisa jeta la lettre par terre, et fit mourir les envoyés d'Abou-Abd-allah. Une seconde députation eut le même sort. Alors Abou-Abdallah hâta sa marche et campa en présence de la ville. Elisa en sortit et les deux armées en vinrent aux mains. La noit qui suivit cette action , Elisa sortit de la ville avec tous ses parents et toute sa maison. Abou-Abdallah avait passé la nuit dans les plus vives incpiiétudes sur le sort d'Obeïd-allah et de son fils; mais, le lendemain matin, les habitants de Ségelmesse vinrent lui apprendre la fuite d*Elisa. Aussitôt il entra dans la ville et marcha droit à la prison dObeïd-allah qu'il délivra ainsi qne son fib. Il les fit monter à cheval, et marchant devant eux, avec les chefs des kabilèhs, il disait au peuple, en versant des larmes de joie : Voici voire maître. On se mit à la recherche d'Elisa, qui fut pris et mis à mort.
ccLxxn VIE DU KHALIFE
Obeîd«llah ue demeura que quarante jours à Ségelmcsse; ensuite il marcha vers l'Afrique, fit apporter In trésors qui étaient reetés à Ankidjan et vint habiter qb des palais de Hakkada, où il arriva dans la dernière décade de rébi second de l'année 397. Il réunit eu sa persoune les états des Bénou'laglab, ceux des Bénoa-Hodar qui avaient régné à Ségelmesse cent trente ans et dont le dernier prince fut Ëlisa, et ceux des Bénou-Roatam qui avaient occupé cent soixante ans le trône de TaboH Le vendredi qui suivit son arrivée à Baldiada , il ordonni qu'oQ le nommât dans la khotba, et il prit le titre Je Mekdi, prince det croyantt. Ce même jour un hocuae, que l'on nommait le Schérif, accompagné des dais, liol une séance publique ' ; ils fîreut assembler de force la habitants et les invitèrent à embrasser leur secte. C«u qui consentirent à cette proposition furent combJéi de bienfaits, mais leur nombre fut très-petit; ceux quîs'j refusèrent furent mis en prison : un grand nmnln même furent punis de mort. Abou-Abd-allah ayant prtsenté à Mehdi ^ les femmes de Ziadet-allah . il en prit oa grand nombre pour lui et pour son fils, et distribu
' On ïoil ici l'orii^np de» MrijKt An Btlénit, M di émî\iM. c'esl-i^dire Au in doit, oa chrf dei miMonnairea; ntù Hbtn «iDpl(ne-t4l iâ 1rs mots «nLe* <fjfb> )J?-j u*^ j>jj iT^J ïLsjJl *»'• u*^:^-^^' *^ HfJpû. comme on le vnra plas Uid, iUivnt des réuiiiou <]ui atiicnl lieu à ccrtaios Jours, el on le ^' tnprf nir lisait >ui initias des rcrits oo srrmoiis qui araient i'itaii revu l'approbation d« l'imum, cl dans IcMiutls les dorlrioes pttltfiili^rrs de la leclr liaient enseignées « développées.
■ Je diiii hire remarquer que, quand le moi Mrluli est tiufliw
HAKEM-BIAMR-ALLAH. cclxxv
les autres aux principaux de Kétama ; ensuite il donna tous ses soins à ré^er tout ce qui avait rapport au gouvernement, et les diverses parties de ladministration. Le zèle qu Abou-Àbd-allah avait montré pour les intiéréts de Mehdi fit bientôt place à la jalousie. Son frère Aboulabbas lui inspira le premier ces sentiments, et diercha à les communiquer aux principaux officiers de Mehdi. Il alla jusqu a dire que cet homme n'était point le Mehdi, puisque le Mehdi devait faire des miracles étonnants. Il inspira les mêmes doutes à un grand nombre de personnes, jusque-là qu'un homme de Kétama, qu'on nommait le scheikh des scheîkhs, osa dire à Mehdi : Si ta es le Mehdi, fais-nous voir an miracle, car naas doutons que ta sois ce que ta dis; son audace fut punie de mort. Cet événement inspira une grande terreur à Abou-Àbd-allah , ainsi qu a ses frères et à leurs partisans. Ils formèrent donc le projet de tuer Mefadi, et ils tenaient des conférences nocturnes, pour Texécution de ce projet, dans la maison d'Abou-Zaki. Un jour AbouAbd-allah, sortant de ce rendez-vous noctnme, mit son habit à lenvers et parut ainsi à la cour; Mefadi ne fit pas semblant de s'en apercevoir. Trois jours se passèrent sans qu Abou-Abd-allah s aperçut de sa merise et rajustât ses vêtements. Le troisième jour Mehdi le lui fit apercevoir, lui en demanda la cause, et voulut savoir pourquoi il avait été trois jours sans se déshabiller. Je ne me suis point aperçu de cela, répondit
oomme le nom propre ou le titre honorifique du prince Obeîdallah, je supprime rarticlc; je dis, dans le rus contraire, U Mehii
ccuuTi VIE DU KHALIFE
Aboa-Abd-allah. Mehdi lui demanda s'il n'avait point passé cette nuit-là chez Abou-Zaki, et, sur son aven, 3 lui demanda encore pourquoi il avait quitté sa maimi. Abou-Abd-allah ayant répondu que c'était par ciainte, Mehdi lui répliqua : On ne craint ijae ton eraumi Abou-Abd-^lah reconnut par là que Mehdi était inttnil de tout; il en fit part à tous les conjurés, qui se tinrent sur leurs gardes. Mehdi , qui avait tout appris par nn dn conjurés lequel trahissait le secret de leurs coafïreiMXi, les dispersa en diverses provinces. Il donna à Aboa- Zaki le gouvernement de Tripoli ; mais le gouvenwnr de cette ville, qni avait ordre de le faire mourir auantAt qu'il y serait arrivé, exécuta cet ordre et envoya h tétc d'Abou-Zald à Mehdi. Le jour même de b mort d'Abou-Zald , ses frères , Aboulabbas et Abou-AixI-alhli. furent tués par des gens apostés par Mehdi. Abon-Alidallah, criant à celui qui voulait le frapper : Arrilt, monjili, celui-ci lui répondit : Cthi à foi la neum enjoint £ohéir nova a ordonné de te taer. Mehdi fit lui-même la prière sur le corps d'Abou-Abd-allali. Ccd se passait en l'année 298. Le meurtre d'AboQ-Abd-^hb ayant occasionné une émeute, Mehdi monta à chevd. proclama une amnistie, et tout rentra dans Tordn. B défendit aux dais d'employer la violence pour la propagation de leur secte. Ce prince eut encore plnsieon insurrections à apaiser, mais il réussit à calmer ton ces mouvements et à s'aSermîr sur le Irène, dont 3 assura la possession après loi à son fils Aboa'lkaieu Néiar.
HAKEMBIAMR- ALLAH. gglxzvii
Jai cru devoir tracer le tableau de la révolution qui avait placé sur le trône le premier prince de la dynastie à laquelle appartenait Hakem. Je n'entrerai point dans les détails historiques qui concernent la suite des princes de cette dynastie, depuis Mehdi jusqu à Hakem ; je me contenterai d'indiquer les noms de ces princes, et les époques de leur avènement au trône et de leur mort.
Obeîd-allah mourut un mardi, au milieu du mois de rébi premier 3^2. Il eut pour successeur son fils, Kaîm-biamr-allah Aboulkasem Mohammed, né à Salamia en 280, et qui avait porté dans TOrient le nom JtAbdralrahman. Celui-ci mourut le lii de schawal 334 . et son fils, Mansour-binasr-allah Aboultaherlsmaîl, lui succéda. Mansour étant mort à la fin de schawal 341, le trône passa après lui à son fils, Moêzz-lidin-allah Aboo-Témim Maadd. Ce fut lui qui conquit TEgypte et fit bâtir la ville du Caire où il établit sa résidence. H mourût le i5 de rébi second 365. Son fils, Azizbniah Abou-Mansour Nézar, lui succéda. Sa mort, arrivée le 28 ramadhan 386, fit passer le trône à Halemlûamr-allah Abou-Ali Mansour, son fils, dont je vais connaître Thistoire dans le plus grand détail.
a; DE MAkEM
.. -iilaii . «i^icna- khalife de ladviiastiediT
■ iMi'iio lU'S prîiicos de cpllp maison qui ^\ :iii: . X' iiiiriiniait Mansoar; il ùtiit tiU ..'.ui Mansniir Nézar, e1 [jt-tit-fiU J^
■ 1111,1 !n' ici les hiilnricni d'apr** Icnfuel» ji' r Ujki'iii. (Vliii (|ui m'a )>viiirï|Krlpnienl ntni i<
1. Mjb'in, .I.11IS9.1II uiivriigi- inlitiili' wL,^ =.-• J jlyX^\j lie Ijil ; Cl J.-» clmpilm .]ui qui' tous lo faits duiit j'ni fail iiwac, sont cdu.
.•iMiri.T ./rj Fyv/idVimti/fjiiiffj iftti uni iÎohin .1 [mur liiro ^i)l£ ^^aji JaI o-^'j-» jÎj> "■
.<liji-t les iljumii fin iiiiistiiirci (lu [irciiiier iiiilii
iiiitiili- jjJiXi fU.
L* I* nom it ïa-
II i-%l mal 11 |>ni|H>s îniliqur si ,111' lU- lu l>ililîiitlii\pii> ro\al<', cttitii a en autre - \\ Kt'hiaui) d»nx su IHhlioiinipliie ,lfi CrniW"
.iiiiiiir.a„kw.i,i-^jLJl jl.ir
. I.- 1I..IK d'khn-iilMir: '
. IMliiarrlirscrAlcamiric, Scï;t.mI'0«:Iiui.hi
. IMlrLin-iic /.'iiarin :
.'il, fils ik' ^ti,li.-imiiir'<n. ntil.'ur >lr t..u-
. .1' ..-IjUtj ^LUtj ^yl>Jî ^' ^Ui=
H AKtM-BlAMK-ALLMl cclxxix
Mriez/lidin-allali Abou-Tériiiin Maadd. Son surnom liait Ahon-AU, mais il ne put recevoir ce surnom que quand il eut un fils nommé Ali; et quant au titre de Uakcm-hiami^allah , ccst-à-dire celui qui juge par le corninaniement de Dieu, il ne le reçut que lors de son avë- Bement au trône.
i* Aboalmahasin Ejémal-eddin , ùh de Tagri-wirdî , dass aon •■wige qui a pour litre : ijj^Uffj j^^j» jLôkl j ôj^f^l ^^^^1 ;
S* Le Tarikk Iskaki, ayant pour titre : ^ JjVt jLâJ ^UJ
6* Le Saccardan çj\2^jSZj\ cjU^ qui a pour auteur Ahmed, fi>*de Yàbya, fils d'Abou-Hadjila, Telmésanî; 7' Lliifttoire d Alep, ou o!U ^jU j oii^ ëX^j, de Kémal-
•^ Abou-Hafs Omar, fils d'Ahmed , fils de Hihatrallah ; ^ Les Vies des hommes illustres d'Ebn-Rhallican, intitidées :
9* L ouvrage très-abrégé d'Ahou Imahasin , qui a pour titre :
10* Meraî (Ebn-Yousouf) , dans son histoire des rois d'Egypte,
ûitîtuJée : ^XJ(j .[sôM ^j^ Jj o^ j 0^>^' *^> 5
11* Ibrahim, fils de Wasifschah, ou plutôt un extrait de This-
^oire d'Ebn- Wasifschah , fait par un auteur anonyme, et intitulé :
CM-îla.ûHj «ftW oL'J'f \y^ ^M^j ii^^\J^.i>i\
1 3* MirLhond , dans le Uuoil £^j j ; i3* K.hondémir, dans le wwmjI c>aa^ ; i4* AhouMféda, i4nfialej Mosirmici; 1 5" Abou'lfaradj , Hiitoria (irnasliarum
F. 2Z KR^Lin
u:^?•ul>" ■" itt'i au chàt«a^ et ■..^:^^. un jeudi
■'1 iftuier de l'an de riif^in ;-ô, au mo-
i!iar--wplîeme decn- ûi. tZi2i:w- montait
l'.iM-ii. t :'ut lt? (ireniîer det fi.-^:»* de cette
.-^>^r ;iii lairiit en Esii'pte. Cf fi~. iz. mois de
....Ut ?-: lue wa pt-re Aziil'i.lû: m â-i^oLan son
-,«,.11 ui khali&t'. Azii. en ia:L:>t- :>■ ;i . établit
jiiK liie coutume qui avait i-te ^««TÎq-.Ktf dans
•• Il- Jdr -«s predecesst'urs. et qui tiVù: eu lieu,
i|>ui? lue Moe^z avait lran>porte le sitiçt -â^ «•'^n em- ■I.' ■ Il t;^pte. que dans la villt di-Misr -uFojtal.Au niff.ie •■-bi prenii'.T de rette ann^e. le kAdîulLodhal ^tiiuainiii>;ii . I)!s de V^inan . qui était mds d -ute nnta •à .'iiéiiie ituup» de ta charge dv dai'tdi^il. s'aî^ii »ur ud ■me >>ii estrade dan* le palais du Ijîre. pn\iT lire des > 1 its apparteuani à la d'Xtrino partiiulii-ne que profe» 4i<.'iil les Fatimis. rVif-a-iUre d ta li^n irine de* Bitenii. 'n>que'ld i> tte leitiire pie sV-tait faite par re kadhi et
-v (ois j(ou:i;r,(ii*jt nt lUC stiii paj lonlfntr d( foOKiIttf t«ot v7 ..iiijiu» i-i Jt- .vni[urTr leur» recilt. j'ai induil ra «mier ImI . (u.. jjiij. .ii.io.i:i .l'ein. e»t rélaiif ■ l'IiiMotre df UiLrm.
'X '.Li>. ;vikUui .{iir ^-cttc |>orliiin de tar-a i.iitn;:« eUit <m> ..V.. u a .1 :ii^ ,ttt|y.Mlipii un nunusrril »rib* Je U bibln- K.i... ;. ' L 'inifiMii' ilf I.ojJf. Ii<qurl fait p^nii' Ae i'nuinçr di \ t.. . '|ui i.viitii'iil rhisli'irr Je» Lhaliff« Fatïra».
■.[. iii inii^v. j'KVi* Jti ivcufil lie* liire* rrii^tm iïe> Dtuk-
-. . i-....., le» J.L.ils i.miïu\ .mr jr no ile«is |«int n.glijff
:>.. V)jjlrvdi> Jit 11 m^nir th^w |ik M.tLHii
HAKEM-BIAMR-ALLAH. cclxxxi
par son frère que dans la ville de Misr, comme leur père avant eux la faisait dans le Magreb. Il y eut à cette leclore une si grande foule qu*il y périt onze personnes. Axia Gt les frais de leurs funéniilles. Comme je ferai conoailre ailleurs en détail en quoi consistaient ces lectures, je me contenterai de dire ici que ces assemblées étaient ce qu^on appelait Medjalis alhikmat (les Conftrences de la sagesse), et c*est le nom sous lequel je les désignerai dorénavant.
Aziz étant mort à Bilbeïs, le 28 de ramadhan 386, qui était un mardi, son fils fut proclamé khalife le même jour avant midi. Aziz se trouvait alors dans cette ville, parce quil s'était mis en marche avec son vinée pour faire une irruption sur les terres des Grecs ^ Dès le lendemain, mercredi, le nouveau khalife se rendit <u Caire , accompagné de toute sa cour. On portait déduit lui, sur un chameau, le corps de son père, renfermé ^8 une litière couverte. L'habillement du prince était une robe d'une couleur unie , son turban était orné de pierreries; il avait une lance à la main, et portait son ^P^ suspendue à son cou : toute Tannée, sans aucune ^eeption, le suivit. Etant arrivé au palais avant la prière du coucher du soleil , il s'occupa aussitôt des funé- "^es de son père et le fit inhumer. Le lendemain
J^odi, toute la cour se rendit de grand matin au palais. % avait dressé pour Hakem un trône d'or, sur lequel ^Wt un coussin relevé de dorure, dans le grand porti- 1*^e nommé Iwan-alkébir. Le nouveau khalife sortît de
Voyez AboaU'eda, Annal. Motlem. , t. Il, p. 09 1.
CGLixxii VIE DU KHALIFE
son padais monté sur un cheval orné de pierreries. Le peuple en foule était debout dans la cour du portiqoe: on baisa la terre devant lui , et tout le cortège , marchaDt à pied devant le prince, le conduisit de la sorte jusqiA son trône sur lequel il s'assit. Alors tous ceux qui composaient le cortège prirent leurs places, et se tinrent debout ou s'assirent, conformément au cérémonial ordinaire , et suivant les prérogatives attachées au rang de chacun. On salua le nouveau khalife, en lui donnant il qualification d'Imam et le titre de Hakem-hiamr'allàk, titre qui avait été choisi pour lui. Hakem avait, lors de son installation , onze ans cinq mois et six jours. Tovs les historiens ne s'accordent pas sur son âge, quelquesuns le faisant plus jeune d'un an environ ^.
Ce fut sans doute immédiatement après son installation que Hakem fit les nominations et les promotions que rapporte en cet endroit Makrizi. La place la plus importante était celle de premier ministre, aucpiel on donnait alors la dénomination de wasHa\ c'est-à-dire^ médiaiewr ou intermédiaire, et la place elle-même por* tait le nom de wisdta ^, c'est-à-dire médiation. Makriii explique lui-même le sens de cette expression eo disant ailleurs, d'un homme promu par Hakem à cette place :
* Le recueil des Druzes adopte pour sa naissance, sa de'iignation comme successeur futur au khalifat, et son installation, les mêmes dates que Makrizi.
* in m] m — Dan5 ce mot le • final est augmentatif on amplificatif.
* «J9L1». — Voyez Chrstntn. or. dcuiièmc édition, t. I, p. is6.
wsa»^
HAREM-BIAMR-ALLAH. gcluxiii
i7 lui donna la fonction de médiateur entre lai et ses sujets» A cet oflicc en était joint un autre nommé sifâra^^ c*estdtdire fonction dinterprète, ou tewkian alhadhra^^ secrétariat de la majesté souveraine, ce que Ton peut rendre en français par secrétariats état : celui qui exerçait cet o£Gice, rédigeait et authentiquait par sa signature les ordres émanés du souverain. Ces deux places réunies répondaient, suivant l'observation de Makrizi, à ce quon a appelé dans d au très temps la charge de grand-visir, et il Y a lieu de croire que le premier ministre a porté le titre de wasita, tant qu'a duré la dynastie des Fatimis; car le même écrivain nous apprend que, sous le règne d'Adhedlidin-allah , le dernier des khalifes Fatiiiiis, Asad-cddiu Schirkouh, usant de lautorité quil devait aux succès de ses armes, donna la place de wasita ou premier ministre auprès du khalife, à un certain Djélis qui était antérieurement kadhi'lkodhàt et dafidoit. Le pouvoir de ce ministre était ti'ès-grand, puisque, sui- .vant ce quon lit au même endroit, îi tenait le khalife dans une entière dépendance et dans une sorte d'interdiction , mettant même des bornes à son imprudente prodigalité. Hakem, trop jeune pour gouverner en personne, donna cette place importante à Abou-Mohammed Hasan, fils d'Ammar, kétami , (|u\)n nomme ordinairement £6n- Amrnar. Son surnom ou titre honorifique était Emin-
' ùj\JLm* — Voyez Chresiom, or., dcniièmc t'dition, 1. 1, p. 136. ' 'éj^^Ji ^ ^r* — ^'^^ explique ailleurs le sens des mots ei»5^. /M. |). 71.
ccLxxxiv VIE DU KHALIFE
eddaxia ^. Cet homme était très-puissant, ayant à sa disposition toutes les forces de Kétama, nation considérable de r Afrique , à laquelle la dynastie des Fatimis de^ vait ses premiers succès : un grand nombre de Kétamii avaient accompagné Moêzz en Egypte. Cette dispositîoi était vraisemblablement contraire aux intentions d'Ails, qui avait laissé la tutelle du jeune prince à Bardjéwan, eunuque blanc, lequel avait Tin tendance de sa maisao. et devait, conformément aux dernières volontés d'Axis, administrer Tempire pendant la minorité de Hakeml Bardjéwan commença son ministère par &ire prodamer Hakem comme khalife , et lui fit prêter le serment de fidélité; mais Ebn-Ammar s'empara de Tautorité, et sans doute Hakem fut forcé de lui accorder une piaoe qu'il eût été dangereux de lui refuser. Ce fut pour lui que Ton employa pour la première fois le mot <{aala, dans Tempire des khalifes d'Egypte de la maison d'Ali. L'auteur duquel je tire cette circonstance, en apparence assez futile , n'en a peut-être senti luimême ni l'importance , ni le motif. Mais il me parut certain que ce qui a donné lieu de faire cette obier vation, c'est que jusque-là ces princes, qui considéraient l'imamat et leurs droits plutôt conmie un poa-
' iiy>i\ ^^\ — Uo historien écrit Emir-tddaaia, Je crois qK c'est une fante. Ebn-Ânimar se nommait, à ce qu'il paraît, Àhm- Mohammed, fils JAhott'lhasan.
' Suivant ie Tarikh Djafari , c'était Aziz qui avait voulu qn^Eba- Ammar administrât l'empire. Aboutfêda flit que ce fut Bardjéwaa, qu'il nomme Ardjiwan, qui administra sous Ir nom de HakcD Annal. Masl., t. II, p. 694.
HAKEM-BIAMR-ALLAH. gclxxxv
tificat que comme une souveraineté temporelle, n'em- I^oyaient en en parlant que le mot dawa ^ qui tient plus à la religion , et qui équivaut à peu près au mot de secte ou Séglùe. Quoi qu*il en soit, Ebn-Ammar, élevé à ce poste important, ne manqua pas de conseillers perfides qui l'engageaient à se défaire de Hakem, disant qu'ils n'avaient aucun besoin d'un &ntome de souverain qui dépendait de leurs volontés comme un esdave. Ebn-Ammar, soit par un sentiment de pitié, soit parce qn-il méprisait la jeunesse du prince, ne suivit pas leor conseil; mais il n'eut pas assez de prudence ou dTantorité pour s'opposer aux violences et aux brigandages de tout genre que les troupes de Kétama exercèrent à l'ombre de son nom, et qui sans doute contribuèrent à sa perle , comme nous le dirons par la suite. Pendant qu'Ebn-Ammar jouissait ainsi de la souveraineté sous le nom de Hakem, Bardjéwan se tenait avec ton pupille renfermé dans l'intérieur du palais.
Hakem supprima en cette même année des impôts qni se percevaient au fort du Caire. Il rendit à Hoseîn , fils du kaid Djaubar, qui avait conquis l'Egypte pour MoèzK, l'intendance des postes et la chancellerie , office dans lequel Hoseîn avait pour lieutenant Ebn-Sourin , et il confirma Isa, fils de Ncstouros, dans la surintendance du diwan ou bureau des domaines particuliers ^, qu'il avait déjà eue sous le kbalifat d'Aziz.
' ««fi^ — Ce mot a la même origine que le titre de dai ^13. * ««Ul ol^*^ — ^oy- C^^^i^^^' «v- deoxième édit. 1. 1, p. 137.
Gcuxxvi VIE DU KHALIFE
Ed cette même année 386 ou en 387 *, Hakem ayant donné le gouvernement de la Syrie à Soleimta, fils de I^afar, ûls de Fellah, Mandjoutâda, qui était précédemment gouverneur de Damu, nurcha contre SoleirnSD, fut vaincu, pris et envoyé en Egypte, on il reçut un accueil favorable. Mais ces mouvements avaient leur cause dans une intrigue de cour dont un autre historien nous donne la clef. Bardjéwan qui souffrait avec peine de se voir privé par Ebn-Ammar du pouvoir idquel les dernières volontés d'Azîz l'appeUieat, et qui craignait ou feignait de craindre que ce ministre n atteatàt aux jours de Hakem , se ligua d'abord avec no certain Schakar, eunuque d'Adbad-eddaula, prince Booide; cet eunuque avait été pris par Scbéref-eddaula , et avait trouvé le moyen de s'enfuir et de passer en Egypte. Fortifié et enhardi par cette union, Bardjéwan écrivit àMudjoutékin, gouverneur de Syrie, l'instruisit de rélatJ» sujettissement dans lequel Ebn-Ammar le tenait airoi que te jenne prince, et l'engagea à venger sa querdle. Mandjoutékin se bâta de rassembler les troupes orientales et partit de Damas , s'avançant vers l'Egypte. Ebn- Ainmar, instruit de sa marche, feignit que Mandjoutékin s'était révolté contre son souverain; il rassembla le troupes pour le soumettre , el fit marcher contre lui not armée nombreuse dont le commandement fut donné à Solcîman , fils de Djafar, fils de Fellah , Kétami , que Tfm nommait aussi Aboa-Témim. Los deux armées se ren-
■ Ebn-almlhir place le rdcit Ar. ces iiM-ii«iienl« sous l'ionie 3S6. Ce»t de son ouvrage qnp j'ai lirf ces d/litiU.
MM
HAKEM-BIAMR-ALLAH. gclxxxvii
oontrèrent proche d'Ascalon ou de Ramia. MandjoQtékin, quoique sou armée fût grossie des Arabes que commandait Ebn-aldjerrah Taï ^ qui s'était réuni à lui , fut battu et son armée dispersée. Deux mille hommes de ses troupes y perdirent la vie ; lui-même fut &it prisonnier et envoyé en Egypte. Arrivé au Caire, il fat assez bien reçu par Ebn-Ammar qui lui conserva la vie, chopchant par là à se concilier les Orientaux. AboQ-Témim Kétami, qui est le même que Soleîman, fils de Djafar, fut investi du gouvernement général de la Syrie. Il se rendit à Tibériade et nomma , pour le remplacer à Damas, son frère Ali. Les habitants de Damas refusèrent d abord de le reconnaître , mais Abou-Témim leur ayant écrit une lettre menaçante, ils en furent effrayés, et prirent le parti de se soumettre, et de demander pardon de leur résistance; ils sortirent même de leur ville pour aller audevant d'Ali. Leur soumission néanmoins ne put apaiser le ressi'utiment d'Ali qui monta à cheval et entra dans la ville, où il mit tout à feu et à sang. Apres cette cruelle expédition , Ali retourna à son camp. Abou-Témim vint ensuite lui-même k Damas, il pardonna aux habitants, et fit même rendre la liberté à ceux qui avaient été mis en prison. Ensuite il s'occupa de pourvoir au gouvernement des parties maritimes de la Syrie;
» Son nom est Mofarnàj. fil» de Dagfal, fil» de Djcrrah, Tiî. Voyez dans le recueil des Druze» la pièce intitulée JL^^fl^nal 'ijKmj\' Au lieo de Dagfal Jl'o h y, on lit souvent dans les manuscrits r*r ^ , mais je suis convaincu qne c'est une faute.
c«.xxi\iii VIE DU KHALIFE
eta>aatûtéà Djeîscli , tils deSamsuBa, Kétaini.legon' vernementde Tripoli, il le donna à son propre frère Ali. Djeïscli, étant retourné en Egypte, se ligua avec Bardjéwan contre Ebn-Ammar. Bardjéwao voulait tenircioignces d'Egypte les troupes de Kétanuavec Abou-Témim, et profiter de leur absence pour laire Tnannirrrr le* kt tamis restés en Egypte , et Ebn-Amoiar avec eux '. Cdô ci ne s'endormait point, et il tramait de son côté la perte de Bardjétvan et de Scbakar Adhédi. Leurs esinoD), qai observaient toutes les démarches d'Ebn-Ammar, déooa- | vrirent le complot et leur en donnèrent avis; ea coa- | séquence ils se tinrent sur leurs gardes, et vinrent a l pleurant trouver Hakem. Les deux partis en vïnient i une rixe ouverte el ii des hostilités. Les troupes des provinces orientales se rassemblèrent, llakem leur distribua de l'aient , et elles attaquèrent Ebn-Ammar H son parti. Ebn-Amniar vaincu fut contraint à te cacher. Il fut dépouillé de la place de premier mïaistre qui avait occupée onze mois moins cinq jours, et Bardjéwao lui succéda le a8 de ramadhan 387 ^ Il pcil pour sccnitaire un chrétien . nommé Fahd, fis ttthnkim, auquel il donna le titj'e de reït. Bardjéwao , par venu à ses tins, lit paraître Ilakem aux yeux du puUk,
' Nowilri rcmirque que DJcîsch clail luî-m<me de la trika il KtUiM. mai» qu'il y avait une inimitié déclur^ entre lui et Akv- Témim SoleïmaD, el que c'était Ik le moltf (]ui le portail 1 ealiv iboi IcK prajel* de Bardjéwan contre Ebn-Ammar.
' Ebn-Ammar pirit danilaïuitf.iwildans In trouUr* qnieontl n du meurtre dr Bardjrwan, Miil un peu plui t*[d.
vfm
HAKEM-BIAMR ALLAH. cclxxz»
coir sar le trône, et reconnaître de nouveau Dent pour khalife. Il éoxivit en même temps Max officiers et aux habitants de Damas d*at- »a-Témim. Abou-Témim se vit donc assailli ton il s*y attendait le moins. Ses trésors furent I les Kétamis furent tués, et Abou-Téniim urenx d*échapper par la fuite. Cette nouvelle replongea Damas dans toutes les horreurs re, et les milices demeurèrent en possession Bardjéwan cependant permit à Ebn-Axnmar e sa retraite ; mais il eut ordre de se retirer lAtel et d'y vivre sans en sortir, et on lui contraiteuient. Les provinces de la Syrie furent tées par diverses révolutions en cette même ; Tyriens s'étant révoltés mirent à leur tête !ur nommé Olaka. Mofarridj, fils de Dagfal, rrah , se révolta aussi , vint à Ramla et fit des dans le pays. Dans le même temps , le châimée était assiégé par les Grecs, sous la con- Nicas. Bardjéwan cependant avait ôté le gout de la Syrie à Abou-Témim Soleïman, fils , et lui avait substitué Djeîsch , fils de Sam- 1 envoya en Syrie avec une nombreuse armée. Dt d'abord à Ramla, dont le gouverneur se 18 résistance. Il y trouva Abou-Témim , dont i maitre et qu'il envoya en Egypte, après quoi I, pour soumettrr les Tyriens, Hoseîn, fils 1 ^ fils de Nasir-eddaula, fils de Hamdan.
ih, père de cet Hospîn, serait-il le même qu*Aljou-
Ct^lui^L ayant
ft par luer, Olalia lit demander dn secours à ri*n)perour grec, qui lui rnvoya plusieun vaisfwniix rhaifét i\t troupes de d(>barquemcnl. Celle escadre reiimnlii près de Tyr les vaisseaux des MutnlniaDs: on en viil aux mains, li's Musulmans eurent l'avantage, et In Grecs furent mis en fuite avec ane grande pfrte. L) I (léniule des Grecs ôta tout espoir aux Tyrirna, ilspfrdirenl le courage, et la ville Lnmba an ptmvoîr da Hi de Hamdan. Klle fut pillée, et une ^nde partie dn babilaiits qui portaient les armes furent pass^ an fil de l'épéc. Cette conquête fut la première qui se fit «as l'admiobtration de Bardjénan. Olaka ayant été prit fbl envoyé en Egypte, où il fui écorcbé et mis en ma. Hoseîn, fils d'Abd-allah, demeura à Tyr. Pour t^m^. il luarrlia contre Mofarridj, iîls de DagfaI, qai prit h faite de\'anl lui , et ensuite il se rendit à Damas dont les habitants sortirent à sa rencontre et rassniirent dt leur soumission. Il leur témoigna beaucoup de hoatf et particulièrement aux cbeb des milices, accoida Vimmunité aux villes, et permit aux habitants de tMr It premier Magrébi qui tenterait de les \exer, en «wk que, sr reposant entièrement sur ses pamies, ils enrent n'avoir rien à craindre de sa part. De Damas 3 vint h Apamée. 06 il rencontra l'aimée desGrecat ai
Tagleb, fils de NatiMdilaula, mon. iuiv«Dt AbiM'irécU, ta U9. el dont il a éti question précédcoinient dam lliiiloir* de* KhiratM? (Voyo ci-dr*anl. p. rxw ) Jrn doiilr, \i»ret qu'il panll i|ue If nom d'Abon-Ta|>l«l> i^^il '-atUnn/ùr jÀÀ^I .
HAKKM-BI AMR ALLAH. ccxci
premier choc Djeisch eut le dessous , et il n\v t'ui de lovie son armée que Buchara Ikhscbidi qui tint ferme avec cinq eenU cavaliers. Les Grecs, profitant de leur victoire, vinrent piller le bagage des Musulmans. Ducas, entouré d*un giand nombre de jeunes gens parmi lesqads se trouvait son propre Gis, se tenait auprès de mm drapeau, lorsqu'un jeune Curde nommé Ahmed, JUsiAbdridhakk, de la troupe dr Baschara , s avança vers lai • tenant à la main un javelot. Ehicas, s^imaginant que ce jeune homme venait pour lui dcmar.der la vie, n'y êi pas grande attention; mais le jeune Curde, sapprocbanl de loi, lui porta un coup de javelot et le renversa mort par terre. Aussitôt les Musulmans se mirent à crier que lennemi de Dieu était tué, ils rc\inrent au combat, chargèrent les Grecs et les mirent complètement en déroute, après leur avoir tué beaucoup de monde. l>îeÎ9ch, profitant de ses succès, porta Tépmi.ante josquaux portes d'Antiochc, fit beaucoup de butin et an grand nombre de prisonniers, et revint à Damas. Il demeura campé hors de la ville. On était alors en hiver; lei habitants l'engagèrent à cntrei* dans la \ille, il s'y refusa et demeura dans une maison hors de de Damas. U admit dans sa faniiliarité les chefii des milices, et en prit même plusieurs pour cliambdlans. Tous les jours il leur donnait des festins, auxqoeb il admetlait ceux de leurs camarades qui venaient les voir. Apres le repas, il les fkisait entrer dans une antre salle pour laver leurs mains. Les choses s'étant passées pendant quelque temps sur ce pied-là, il donna
ccxcii VIE DU KHALIFE
ordre un jour à ses gens de fermer U porte de h alk quand les chefs des milices y seraient entrés poor km leurs mains, et de les passer au fil de Fépée. Cette ofkdition eut lieu le lendemain de la manière qu^il fanit ordonné , et mille environ de ces gen»-là forent sacrés; ensuite il entra dans Damas et s*y proi Les habitants effiayés eurent recours aux prières et U demandèrent grâce. 11 leur accorda rasauranoe de b vie; mais, ayant fait venir les principaux d^entre eoi,l fit massacrer sous leurs yeux les chefs des milices, civoya les autres en Egypte , et confisqua leurs tréion cl tout ce qu ils possédaient. Bardjéwan envoya aussi mt armée pour soumettre Barka et Tripoli de Barbarie. Ces villes furent conquises, et Bardjéwan donna le gODvemement de Barka à leunuque Yanès, et oelni et Tripoli à Teunuque Maîsour. 11 nomma au gouwenrment de Tyr Fahl, fils d*Ismaîl , et donna celui de Gaa et d^Ascalon à leunuque Yémen. Il envoya une amkif' sade à 1 empereur grec , et conclut avec lui une rcMitinn dliostilités pour dix ans. Après ces événements. Butdjéwan administra paisiblement toutes les aflbires et lempire. Le kadhflkodhat Mohanmied, fils de Nomia, étant mort, Bardjéwan lui substitua, an mois de tabt 389. AbouAbd-allah Hoseîn, fils d Ali, fils de Nmm. Cependant Bardjéwan cherchait à rendre Haken ■■ objet de mépris et n ob8er\-ait envers lui aucun méi gement, quoiqull lui fît tnès-a&sidùment la cour : cette conduite le rendit à diarge à ce prince, qui d'affleois avait conservé une st^nie rancune de ce que, dans son
tw^rm^!^
HAKEM-BIAMR-ALLAH. cczciii
cnfknoe, Bardjéwan le nommait le lézard. Hakem, ayant donc résdn de le fidre périr, lui fit dire un jour : « Le
• petit léiard est devenu grand dragon , et il tous de-
• mande. » Bardjéwan , tout tremblant, vint trouver Hafcem qui lui fit couper la tète ^. Cet événement arriva le a6 de rebi second 389. Bardjéwan était aimé des Égyptiens, et sa mort suscita un soulèvement parmi le peuple, qui s'assembla en foule à la porte du palais. Hakem épouvanté monta dans une chambre haute , et, le tenant au-dessus d'une des portes du palais, il salua le peaple, et lui dit : « Jai été instruit d'une intrigue
• que Bardjéwan tramait contre moi, et c'est pour cela
• que je l'ai &it mourir. Je vous prie de m'aider de ■ votre secours, et de ne pas m'opprimer, car je suis
• encore un enfant. » En disant cela il pleura, ce qui émut les assistants, et ils se retirèrent
Suivant Nowaïri, d'accord en cela avec Grégoire Bar- Hebrsus, ce qui indisposa Hakem contre Bardjéwan, c*eftt que celui-ci, craignant pour les jours de Hakem, fempèchait de sortir à cheval; de plus, il s'opposait à
' Cette ezécation fut faite par Reidan, autre esdave qui était porte-panaol du khalife. Bardjéwan laissa ud mobilier d'une richesse torprenante dans lequel on remarquait mille hauts-de^hausses de hrocÉrd, mille ceintures de culottes en soie, et dans chacune desqwllet il y avait une petite bourse d ambre et une Tessie de musc; mille vestes, des pierres précieuses et des vases pour la valeur de ônq cent mUle pèces d'or; quatre mille chevaux et autant de mulets, et un million de pièces d*or. Reidan fut tué dans la huite par ordre de Hakem. L auteur du Tarikh Djafari remarque que les EsclâTons sont une nation dont on tire des eunuques.
GcxGiv VI£ DU KHALIFE
ses libéraliléb mal placées, et, dans le fidt, c était lui qui régnait sous le nom du khalife. Reidan, de ion côté, excitait la jalousie de Hakcm, et clierchait à inî persuader que Bardjéwan voulait imiter la oondailei|ae Cafour, esclave de la maison dlkhsdiid, avait tOMK envers les enfants de son maître dont il avait eaviU lliéritagc. Hakem, résolu à se défiûre de Bardjéfran, communiqua son dessein à Hoseïn , Qls de Dfauhar, et obtint son assentiment, en lui promettant qoll soeoiderait au pouvoir de Bardjéwan. Celui-ci étant an jow sorti avec Hakem pour se rendre , suivant son oa^e, au jardin nommé le jardin de Louloua, R^dan se jeti sur lui et le perça d*un coup de lance dans le dos; ki serviteurs de Hakem aussitôt lui coupèrent la tète. Le tumuUe que cette mort causa parmi le peu[de, qui prit les armes, obligea Hakem à se réfugier dans le chiteaa, et les troupes s'étant rassemblées entourèrent le château , croyant que cétait Ebn-Animar qui avait attenté à la vie de Hakem. Hakem s étant montré, le tumulte s'apaisa, et, par son oitlre, Hoseïn, fils de D)aiiliar,£t retirer toul le monde *.
*■ Ebn-Amniar fut tué dans ocUf bagarre, si Toa en croit Noinih, qui place cet événement en Tannée 3 90.
Makrizi, qui place le meurtre de Bardjéwan en 389, ne lie point, commr ic fait Nowaîri, la mort Tiniente d'Ebn-Ainmsr avec le lamulte occasionné |)ar celle de Ikirdjéwan.
Il n'est pas inutile de faire voir de quelle mani^ la condaiif de llakem , a Têtard de Bardjcwan , dTibn-rVmmar et dee IwnMnr* puissants de kélama, est présonléo par Itaniza, dans la pièce dn re cucii dcà Diuxcs inlilnir.-, <LfiiUÉÉ>tf oj^yJ! :
HAKEM*B1AMR-ALLAU. ccicv
Baitljéwaa avait exercé la place de preiuier ministre •I secrétaire d*état, deux ans et huit mois moins un jour. C'était, comme nous l'avons dit, un eunuque blanc: il avait pour secrétaire un Chrétien nommé Fahd,fib dlbrmhm. A Bardjéwan succéda Hoseïn, fils de Ujauhar, qui reçut le titre de kaid-alkowwad ^, et qui eut pHir lieutenant le Chrétien Fahd, que Ton nommait le RUs (ledief), et auquel Hakem avait donné la surintendance sur tous les catebs et les employés des bureaux de fadministration K fin cette même année 389, Hakem coaimença à tenir pendant la nuit des assemblées aux-
« La première chose que je rappellerai en abrégé dans cel écrit , c*est la conduite qu*a tenue notre Seigneur à Tégard de Bardjéwan et d^Elm-Ammar. Tout le inonde sait aojourdliui comment on ncoote cette action, suivant la capacité des esprits du vulgaire. On dit : Uakcm était encore jeune d^≥ Bardjéwan commandait à tous les Orientaux, tandis qu*£bn-Aminar avait sous ses ordres Ions les Occidentaux. Notre Seigneur ordonua de les faire mourir, et ils furent tués comme des chiens. Il n'appréhenda point le murnrare ni le soulèvement des troupes. Parmi les rois de la terre, il n*en est aucun qui osât faire rien de semblable. Il ordonna aussi et tuer les rois de Kétama et les hommes puissants, sans redouter ni leofi enfants, ni leurs compagnons; bien plus, il marchait au milieu de la nuit, sans épée ni |H>ignard, entre leurs enfants et leurs familles. • ^ Cett4-dire hiûà des kaJUlt» ou générai en chef. * Hakem , voulant adoucir et calmer les esprits que la mort de Berdjéwan avait aigris, fit venir Fahd qui, comme Chre'tien, avait bcaaconp de crédit parmi les Egyptiens; il le revêtit d'hahits magnifiques, et lui dit que ce qui s'était passé ne lui devait causer aucnnr alarme, et qu'il devait continuer k tx^vctt ses fonctions comme auparavant
GcxGvi VIE DU KHALIFE
quelles se trouvaient les principaux seigneurs de sa oour, mais ensuite il supprima ces assemldées. Makrin. de qui j*emprunte ce (iadt, ne dit point quel était robîetde ces assemblées qu'il nomme Meiflis, mais qui sont sAre* ment difiTérentes des Medjlis des Baiénis que tenait le kadhiUodhat K
En Tannée Sgo, au mois de rebi second, momt Djeîsch, fils de Samsama, gouverneur de Syrie ^. Htkem lui donna pour successeur, Fahl, de la fiuniUede Témim, qui n'occupa cette place que quelques moii, et fut remplacé par Ali, fils de Dja&r, fils de Fellah , qui prit possession de ce gouvernement au moè de schawal 3go. Djeïsch, en mourant, avait institué Hakem pour son héritier. Son fils se rendit an Caiit avec toute sa succession , apportant avec lui un papier écrit de la main de Djeîsch, et qui était son testament : ce papier contenait en détail Tétat de tout ce qnH laissait, avec une déclaration que tout cela appartenait au khalife Hakem , et qu aucun des enfants de
* On sait que les medjUs de ia secte des Fatimis, auzqncb n\ admis que les initiés, étaient destinés à cooimuniqaer à ceu-cî d» écrits où Ton développait la doctrine des lamaèlîs.
* Suivant un historien , la maladie dont il mourut fiiC 4e fiolentes hémorrhoîdes; il avait occupé la place de ^nvemeur de k Syrie neuf mois, et il eut pour successeur son fils Mahmcod.
Ceci ne peut s'accorder avec le récit plus précis de Makm, mais peut-être* faut-il lire dans lliistoricn que j'ai cité, dmx wu H neuf mots, et Ton peut supposer que Mahmoud ne remplaça mb père Djeïach que provisoirement , et iteulement jnsqu a ce (|ae Hakem lui eût nomme un successeur.
HAKEM-BIAMRALLAH. ccxcvii
n avait droil d*6n prendre une seule pièce d^argent. La sacx:ession« tant en mobilier et bétes de service qu'en aifient comptant, montait à une valeur de deux cent mille pièces d*or. Le fils de Djeîsch déposa le tout au pied des mun du palais. Quand Hakem eut pris et lu le testament, il le rendit aux enfiuits de Djeîsch, leur fit distribuer des pelisses, et leur dit en présence des seigneurs de sa cour : « Xai lu le testament de votre père « et la diqKMition qu'il a faite de ses deniers et de son • mohflier; prenes le tout, et que cela vous porte bon- « heur. • Ils s'en retournèrent donc, remportant toute la succession.
Hakem confia en cette même année l'office des requêtes en redressement de griefs à Abd-alaziz, fils de Mohammed, fils de Noman.
Il défendit que personne lui donnât, soit en lui par> lant, soit en lui écrivant, les titres de Seyjidna et Maa- Imma (notre seigneur et notre maître), ordonna qu'on ne fit usage d'aucun autre titre que de celui d'émir almoamémin (prince des croyants), et porta la peine de mort contre les contrevenants.
Au mois de schawal il fit mourir Ebn-Ammar.
L'année suivante Sgi, Hakem prit Thabitude de monter à che\ al toutes les nuits , et de se promener dans les grandes rues et dans les rues de traverse. Chacun chercha, à cette occasion, à surpasser les auti-es en illuminations et en décorations. On dépensait des sommes immenses en festins, en musique et en divertissements. Connue on ne gardait auciine mesure dans ces amuse-
ccxcviii VIE DU KHALIFE
menls , Hakem défeDdit aux femmes de sortir durant la nuit, el aux hommes de se tenir dans les boutiqim. Eu cette même aunée , il donna un exemple de sévérité contre les ennemis d'Ali. On avait arrêté « au mois de djoumadi premier* un honmie de la Syrie, pour avoir dit quil ne connaissait . point Ali, fila d*Aboa-Taleb, et prince des croyants. Le kadhrikodhat Hoaein, fils de Mohammed, fils de Noman, dont la juridicrtion s'étendait sur le Caire, l'Egypte entière, les deux viilei saintes, la Syrie et le Magreb, le fit mettre en prison, et lui envoya dans sa prison quatre notaires qui Tinlcrrogèreut. Il reconnut bien Mahomet pour prophète et envoyé de Dieu, mais, quand il fut question d*AU, il assura qu'il ne le connaissait poinL Le kaid-alkownid Hoseîn, fils de Djauhar, l'ayant fait venir et pris en parti culier, lui paria avec beaucoup de douceur sans pouvoir vaincre son obstination. On le fit enfin comparubc devant Hakem qui le condamna à perdre la tête. 11 fat décapité, et son cadavre attaché à une potenoe.
Depuis que Saad-eddoula, prince d'Alep, était mort en l'année 38 1, laissant pour successeur son filn Abonlfadhaîl Saïd, auquel on donna le surnom de Sa£Mdaala, Aziz, khalife d'Egypte, et son fils Uakena, profitant de cette circonstance, avaient cherché toatct les occasions de s'immiscer dans les aiSiires d'Aiep, ville qni tentait leur cupidité. Saîd-eddaula était, pour aiiiai diie. sous la tutelle de l'émir Abou-Mohammed Loulou, surnommé Kébir, c est-à-dire grand, f^\ Seiji, parce quil avait été esclave de Seïf-eddaula. Loulou gouvernait sous le
HAKEMBI AMR ALLAH. ccicix
noui de Sftid e JdauU» auquel il avait iait épouser sa Pille , el la sageaae de ion administration lui avait gagné les GOMirs des sujets de Said-eddaula. En 38a, Aziz avait ordonné àlfandjoutékin, gouverneur de Damas, de s*avanœr contre Alep et d*en former le siège. Abou'lfadhail Sdih, fib d'Ali, Roudbari, qui commandait Tannée d^Égjrptet «'avança contre Alep et s'empara, chemin faisant, deHama et d'Émesse. Le siège étant formé, Said-eddaula offrit an général des troupes d'Egypte de grandes sommes d'argent pour qu'il se retirât; il s'engagea en outre k reconnaître Azia pour son souverain, à embrasser aa secte, et à (aire mettre son nom sur la monnaie et mur les drapeaux , dans toute l'étendue de ses domaines. Le général égyptien refusa ses offres, et, après avoir tenu la ville assiégée inutilement jusqua la fin de l'année 38a, il retourna à Damas. En 38d« le khalife Aiiz fit encore assiéger une seconde fois Alep par Mandjoutékin et Abou'lhasan Ali, fils de Hosein, Magrébi, avec une armée de trente mille hommes. Après un siège de onae mois, l'approche de l'empereur Basile dont Saîdeddaula et Loulou avaient réclamé le secours, obligea llandjoutékin à lever prèdpitamment le siège , après avoir mis le ieu à ses travaux et abandonné ses bagages. Basile, après avoir reçu les remerdments de i>aïd-eddauki. le renvoya à Alep et lui remit le tribut qu il lui devait pour cette année. Constantin, fi*ère de Basile, lui conseilla alors de s'emparer d'Alep et de tenter la conc|iH>te de la Syrie; mais Basile lui répondit : • Je ue • veux pas que l'on puisse diie de moi que, m'élant mis