LE DU KHALIFE
1 la requête de celui qui annit lègi-
àe lexiger. Foi doit être ajoutée à oed,
T, sll plait à Dieu , sur une parfaite
^ ^ ^jm ctwtenu aux présentes. Ecrit au mois
second en Tan Sgô. Louange à Dien.
.••\»pice à Mahomet, ie prince des envoyés;
.Htt^t*\cellent des délégués; aux imams issu
. postérité de la famille prophétique, et
a ^vorde ie salut^ »
.ui acraud nombre de personnes qui furent vievYite année de la cruauté de Hakem, fut le ^j« UL^itiat lloseîn , fils de Noman , qu il fit brûlervif
.>.«t 'c texte de cette pièce curieuse :
.^. ^-^î ^j <l^jj Jyy}] ^^ è»\ J^ LÎLI ^ofll ,. .. i jUt j ^oJlj JUl^ ,j.Jull Jx c>y-^t^l oU.-
^so* j»' 'Li o' ^4^ Jj*^j ^^ c^*^ ^^^j^ ôJiîr'
^luKriAi, chapitre intitulé ^^Ll») ii^liut «^LL^^^ioJ ..^ U Mmeraphe qui a pour titre LoÂ^.>b4I i «L».
HAKEMBIAMR-ALLAH. gogjlvi
Hakem fit marcher cette même année les armées contre la tribu arabe des Bénou-Korra qui habitaient la province db Bohaifèh. Cette affaire eut des suites graves, comme «s le verra dans le récit de la révolte d*Abou-Racwa.
An commencement de Tannée Sgô , à la fête nommée «■dkosrs, c'est-à-dire dans les dix premiers jours du mois dm mohamm, pendant lesquels les Schiis célèbrent la némoire du martyre d*Ali et de ses enfants, il y eut comme d*ordinaire un grand concours de peuple, et OB y anathématisa publiquement les compagnons de Malioinet ennemis d*Ali. On arrêta un honune qu*on exposa en public en criant. Voilà la récompense de quiemu/ue maudit Ayéscha et son époux ; il était entouré d'une fimle innombrable de peuple qui anathématisait les ennemis d*Âli. Après que cette proclamation fut achevée, on loi coupa la tète ^ Le mois de redjeb commençant oatte année par un mercredi, il parut une ordonnance de Hakem pour que ce jour fût compté pour un mardi.
Ce fut en cette année qu'éclata la révolte d'Abou- Racwm, laquelle mit la dynastie des Fatimis à deux do^ts de sa perte. Walid, fils de Héscham, Othmani, Andalousi, qui fut surnommé Ahou-Racwa à cause qu'il portait dans ses voyages, à la manière des religieux, une petite outre appelée en arabe racwa, descendait de Héscham, fils d'Abd-almélic, fils de Merwan, et
> D y aYait là ane sorte de contradiction : car Ayéscha , Timplaalile ennemi d*Ali, devait, ainsi qu*on la vn précédemment, parti^ les injures prodiguées par les Schiis au! ennemb de ce khalife, caaipris sous le nom de ^^^^JLnJI.
ccGiviii VIE DU KHALIFE
était proche parent de Mouayyad Héscham^, fils de Hakem, Omiade^, et souverain de l'Espagne. Lonqiie le célèbre vizir Mansour, Gk d'Abou-Amir, cal pris le gouvernement des états de Mouayyad et se lil emparé de toute Tautorité, ne laissant que le nom de khalife au prince qu il tenait enfermé dans son fûm et que personne n'approchait, il poursuivit toute h famille du khalife , et surtout ceux d'entre ses procki qui paraissaient propres à occuper le trône; les an périrent, d'autres mirent leurs jours en sArelé par k fuit^. De ceux-ci fut Abou-Racwa. Il passa d'abord m Egypte, où il composa des recueils de traditions. De là i alla à la Mecque, dans le Yémen et en Syrie. Il cberdiiit à former un parti en faveur de Raîm, descendant de Héscham, fils d'Abd-almélic N'ayant pu réussir il revîat en Egypte, et y suivit les mêmes intrigues. Les Anba de la tribu des Bénou-Korra embrassèrent son parti. Bi furent déterminés à cette démarche par la oondoile m lente et tyrannique de Hakem , qui faisait arrêter solvant ses caprices et mettre à mort sans aucune retenae les chefs de ses troupes, et confisquait leurs biens. Ses
* Hétcham, fils de Hikem, lits d*Abd-alrafaman, synioinmé M» ajy^» mourut en 399, ayant occupe le trône trente^neuf ans, d y étant monté à Tàge de neuf ans. Le Tarikk Djafan dit one ffli donna à Abou-Racwa les noma de Tkaîr-bianu^oUak Jttl vtl^ jjU et MoHaniir-minHuula-aUah m\ rlj^t i^jn-n- "^
* Je dis Omiade pour ne pas trop m oloi^er de l'usage. Ce mb venant de Onu^ja et non, comme on la cru, d^OmmÎA, on awiil i\(i dire Omarriên. En arnho re»t (ji*Jv*' •
HAKBMBIAMR ALLAH. cccxu
vexations arbitraires s étendaient sur toutes les tribus, et il exigeait d^elles des contributions pour marque de leur assojettissement. A Tépoque où Abou-Racwa vint solliciter les Benou-Korra, Hakem venait de leur faire éprouver toute sorte de mauvais traitements, il avait bit prisonniers les principaux chefs de leur tribu, et en avait iait mourir plusieurs; Abou-Racwa les trouva donc disposés à embrasser son parti. Cette tribu était en guerre avec celle de Zénata, il y avait eu du sang répanda; mais, oubliant leurs querelles, elles s'étaient léooocîliées, et avaient formé une ligue conunune pour se 'défendre contre les entreprises de Hakem. Abou- Bacwa t*étant rendu parmi les Bénou-Konra, comdiença par montrer à lire à leurs enfuits : il afiectait tout TexlMear de la piété et de la dévotion, présidait aux prières» et frisait les fonctions d'imam. Ensuite, il leur q—muniqna ses projets dans lesquels ik entrèrent volontiers; ils le reconnurent pour leur souverain, et te réunirent sous son obéissance. Alors il leur découvrit qui il était, et leur dit qu'il ne dépendait que dTeu qn'il se rendit maître de TÉgypte et de plusieurs antro provinces ; il les flatta par de magnifiques promesses et par de belles espérances. U fut donc reconnu ponr imam par les tribus de Bénou-Korra et de Zénata. Q)mme ces mouvements avaient pris naissance dans la province de Barka, le gouverneur de Barka en écrivit à Hakem, et lui demanda son autorisation pour s aboucher avec les rebelles et tenter des moyens de conciliation; mais Hakem lui répondit de demeurer trinquiHe
U.GXVIII VIE [>(; k*t«ALIFE
était proche [uiival Hn .WipK Abo»-R>cwa ceptaduL
Hakem, Oniiade", i'
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iMWura un riche butin et de
famille du khaliJ -. .» <iux siena. Abou-Racwa fit «pu--
qui paraififaîdi I , .^ Jaikaetempéchalepillage; san»-
périrent, à'at... .:.,tMit«fiiemeDt sage et équitable. La
faite. De rc: . .^ iMn-A faite par Abou-Racwa, s'élut
Egypte, on '' ^Jaiwiii.il commença à sentir la cou-
alla à In V i*^— - et à eu appréhender les suites,
h forriii" . « . c vtMKÏiier rafliection de ses sujets par
Hésrii.t' ^ ...» aBodérée et par des bienfaits. D
en l'u ..^i* awvirou cinq mille hommes, dont
de I.> mil "-'— "-"* à un officier turc Domme
fin ..M>>ir«iee se rendît d'abord à Dhat-aihan
'■" .A -= M«i <^t Barka est un désert dans leqnH
\ ^^ ,!•* Jeux endroits où l'on puisse s'arréter:
' , ..-,i jcinl d'eau , si ce n'est dans des puib
,, ^-toii l'on ne peut en tirer qu'avec beaD-
^^rf*. \bt>u-Rac^va , informé de la raarcbe
.,^« * M rrneonlre un officier suivi de mille
^^ -1^ .inii^nna des'a^ancG^prumptcment,aiiD
■M :im1 avant qu'il eût atteint les deux tta-
^^^^ .af^i. avttns parlé, de lui donner la cliasseet
l'armée en comblant, à son retour,
v*M ordres ayant Mé exécutés, et les rhis-
Il AKEM-BIAMR. ALLAH. cccxii
Tiacwa rtant de retour auprès de lui, il se lif a la tétc de ses troupes. Inal sortait du son armée épuisée de fatigue et de soif, \il paraître Abou-Racwa. L'action s'engagea iiaiiip, Inal ayant attaqué tout d*un coup Tarniée M i(> sans qu'Abou-Racwa fit aucun mouvement, ce ■>ii |»rocura d'abord quelque succès aux troupes d*Ér;\ptf'; mais, après ce premier choc, un grand nombre des Ki'*tamis qui étaient dans l'armée dînai, et qui n'avaient pas oublié les vexations et les cruautés que Hakem avait exercées contre eux, passèrent du côté d'Abou-Racwa. Us négocièrent avec lui pour ceux de leur tribu qui étaient restés avec Inal , et ceux-ci , ayant obtenu la garantie d* Abou-Racwa , désertèrent pareillement. Abou-Racwa, fortifié par la défection de tous les Kétamis, tomba sur l'armée de Hakem : elle fut mise en déroute, un grand nombre de soldats furent tués oa faits prisonniers, et Inal lui-même, étant tombé au pouvoir de l'ennemi, fut misa mort. Un historien raconte qu Abou-Racwa ayant voulu exiger de son prilonnier qu^il maudit Hakem, Inal, pour toute réponse, loi cracha au visage. Abou-Racwa revint à Barka, triomphent et chargé de butin. Il faisait sa résidence à Barka , et set troupes faisaient de là des incursions dans la haute et la basse Egypte. Autant les succès d' Abou-Racwa alarmaient Hakem, autant ils causaient de joie aux troupeset aux Egyptiens, excédés de sa tyrannie. Plusieurs même, parmi lesquels fut le kaïd-alkowwad Hoseîn, fils de Djauhar, écrivirent à Abou-Racwa pour l'exciter
ccciiii VIE ]}V KHALIFE
à entrer en É|(ypte. Celui-ci quitta en effet Barka et eoUa dans le Saïd , ce qui augmenta lea aUinus ik Haltem. 11 fit venir de Syrie les troupes qui aerviicat la maison de Hamdan ainsi que les tribus anbes, Inr distribua de l'argent , des armes et des chevaux . en fonni un corps de six mille hommes, tant cavaletie qu'iafanterie, sans compter les Arabes, et les fit partir soa* le commandement de Fadbl, fils dAbd-allafa '. Cette année ne fut pas plus tôt près de celle d'Abou-RacMi. que oelui-d s'avança , cherchant une occasion d'en Yenir aux mains. FadhI, au contraire , évitait soigaeusemnt d'engager une action, et travaillait, par toute sorti d'intrigues et de promesses, à séduire quelques-nos des partisans d'Abou-Racwa. U parvintà gagner un de»du& des Bénou-Korra, nommé Mehdi. Celui-ci instruisait de tontes les résolutions et de tous les monvemeats d'Abuo- Racna, le général égyptien, qui réglait ses démvdits sur les avis qu'il recevait. Cependant Fadhl, à qniln vivres commençaient à manquer, fut obligé d'en venir à une action auprès de Coum-Scbérik ^; l'aflâïre fiit tritsanglante , et Fadhl, plus convaincu que jamais rnmhira les troupes d'Abou-Racwa étaient redoutables, rentn dans son camp et fut encore plus attentif à ae tenir iw
■ Htkriii le nomme FulU. fit if Sakh. Now«Iri le aMW ÂUatYiOoiJi. JiU et S<aih.
Dans le rtài dci «Tentures d'Aboii-Rarwn j'ai tuiivi prinripitrnicnt Ebn-Hlalhîr. et Aboiilmaha^in.
* Makriii met rclte aelinn on Ha mninl le diTpitrl île Pailhl aa mN 4c r4« prpmter.
HAKEMBI AMR. ALLAH. ggcxxih
la défensive. Les Bénou-Korra oependanl négocièrent secrètement avec les che& des Arabes qui servaient dans Farinée de Hakem, et, leur rappelant combien ils avaient lieu de se {^ndre de ce prince, ils les déterminèrent à se joindre à eux contre lui : il fut convenu que la Syrie resterait aux Arabes, et l'Egypte à Abou-Racwa. U fut arrêté de plus qu en une certaine nuit Abou-Bacwa attaquerait Fadhl, et que les Arabes prendraient la fuite. On sattradait que rien n empêcherait alors Abou-Racwa de s'emparer de la capitale de l'Egypte, mais Fadhl fut instmit de tout par Mehdi. La nuit donc où le projet devait avoir son exécution, le général égyptien invita à dîner les chefs des Arabes : pour lui , il ne mangea point, sons prétexte qu'il jeûnait ce jour-là. Après le repas, il conversa longtemps avec eux, puis, les ayant laissés dans sa tente, il ordonna à ses gens de se tenir sur leurs gardes. Les Arabes cependant voulaient se retirer dans leurs tentes, mais Fadhl les retint sous quelque prétexte, et traina le temps en longueur; ensuite il fit servir à sonper, les fit manger avec lui et prolongea la conversation. L'armée d' Abou-Bacwa qui s'avançait , sur ces entre£utes, rencontra un détachement que Fadhl avait placé sur sa route. Il y eut entre ce détachement et l'ennemi un engagement, dont la nouvelle apportée au camp des Egyptiens y donna l'alarme. Les chefs des Arabes voulaient monter à cheval, Fadhl les retint, et fit donner ordre aux Arabes de partir et de charger l'ennemi. Ceux-ci, qui n'étaient pas au fait du complot, obéirent, et combattirent tout de bon. Les Bénou-
..t:<.x\iv VIK DC KHALIFE
Kurra ti-ouvèrent ainsi une résistance à laquelle ils w s'attendaient pas, et le combat devint très^éiieox. Alon Kadbl monta à cheval avec les chefs des Arabes, qai. voyant leur projet manqué. Turent contraints de h battre. Abou-Bacwa s'avança pour soutenir ses tronpei, et Fadbl , fidèle à son système , fit iâire retraite è son armée , et recommença à se tenir sur la défeuiw. Hakem cependant Tit partir un nouveau corps de tnmpts de quatre mille hommes de cavalerie. Abou-Rscwa, iaformé que ce corps avait passé le Nil et était i EtjiiA, partît en grande diligence pour le surprendre avant qu'il eût pu avancer plus loin , et il eut soin d'intercepter tous les passages pour que Fadbl ne pût avoir aucun avis de sa marche. Ce ne fut que dans la route qae Mehdi put dépécher un exprès à Fadbl, pour Fini- Iniirp de la marche d'Abou-Racwa ; mais l'extrême diligence d' Abou-Bacwa , qui Gt en deux nuits uae traite de cinq jours de marche, rendit rel avis inutile. Il surpHl l'armée de Hakem à Djizèh. et en tua environ miUr cavaliers. Cette défaite jeta ré[>ouvante dans l'^-ptr. Hakem n'osa plus sortir de son palais, et se oontam d'envoyer k Djizèh re qui lui restait de troupes. Aboa- Racwa, après cet avantage, vint camper près des (numides, et reprit la route de son pays. Hakem infonni FadhI de rel «îcbec; mais en même temps il lai écrivît une lettre, destinée à être lue aui officiers et »> troupes, dans laquelle il disait que son armée avait mii en fuite AbouRarwa. Fadhr en li) nsa;^ pour IranquîllÎNer ses li-oiipes. et stiivil .Mtoit-Karwa: il l'atteî-
HAKEM-BIAMR-ALLAH. cccxiT
gnit dans un lieu nonuiié Sebkha où il y avait beaucoup d*arbre5^ Abou-Racwa embusqua quelques soldats dans les arbres, ensuite il donna la chasse aux troupes de Fadbl* puis il fit lâcher pied à ses gens pour attirer Fennemi dans 1 embuscade. Par malheur pour lui, les gens qu il avait embusqués prirent sa feinte pour une faite réelle et tournèrent le dos. Fadhl , profitant de leur déroute, les poursuivit et en tua plusieurs milliers'. Abou-Bacwa se déroba par la fuite avec les Bénou-Korra; DEiaia quand ils furent de retour dans leur pays, Mehdi les lui débaucha; ils déclarèrent donc à Abou-Racwa qa*ib ne pouvaient plus combattre pour lui , et rengagèrent à pourvoir à sa sûreté. Abou-Racwa chercha un asfle dans laNubie. Arrivé à une place forte nommée UisntJ^ébel, il se fit passer pour un ambassadeur envoyé par Hakem au roi de Nubie. Le gouverneur de la place loi dit que le roi était malade et quil fallait qu'il prit, k son sujet, les ordres de ce prince avant de le laisser aller plus loin. Fadhl, informé de sa retraite, instruisit de la vérité le commandant de la plare, qui fit gvder exactement Abou-Racwa et donna avis de tout au roi. Le roi de Nubie venait de mourir, et son fils , qui lui avait succédé, oixlonna de livrer Alx^u-Racwa à
* Ceci eut lieu dans la province du Fay^foiim, et au niois de dboolhiddja 896 ■
* Il envoya au flaire six mill(> tctef» rt rcnt priM>uiiirr5. Dhébébi, cité par AbouMmahaftin , |M)rte le nombre âe% gens d' Abou- Racwa qui furent lues à soixante et dix mille , re qui n*est pas vraisrnblable; peut-être faut-il lire sept mille.
occun VIE DU KHALIFE
l'envoyé de Kadhl. Celui-ci le reçut avec distinctiin tl le fit voir à se» troupes. Abou-Racwa écrivit en ca termes à Hakem : • Seigneur, mes fkutes sont gnnda,
■ mais votre Hémenre est encore plus grande; il est dr- « fendu de verser le sang , quand votre colère oe Ta poial < ordonné. J'ai fait du bien et du mal, mais je n'aî péckè
■ que contre moi-même, et ma mauvaise oondoile l'a
■ perdu que moi. • Quant à Fadhl. il fMrtit, casmenant avec lui son prisonnier cpi'il traitait ftvec bcHcoup d'yards, parce qu'il craignait qu'il ne ae fit ntonk, et qu'il désirait te présenter vivant au khalife. QnaBd AboQ-Racwa eut passé Djizèh, Hakem ordonna qu'ai le fil monter sur un chameau à deux boeses. qu'on 1m mît sur la tète le bonnet d'Abzari, et qu'on fit mookr derrière lui Aburi et son singe. Abiari était an achcilà qui avait fait un bonnet composé de haillons de toole sorte de couleurs, qu'il avait coutume de mettre sir la tête des criminels condamnés au supplice pou crime de rébellion; il avait aussi dressé un linge ■ tenir un fouet, et à en donner des coups sur le «ônp do criminel, en se tenant derrière lui. On donniit pour cela k Abzari cent pièces d'or et dix pièces d'étofc. Ce fut en cet équipage qu'Abon-Racwt entra au Gain: il était entouré de l'armée, et quinze éléphants magnifiquement enharnachés marchaient devant lui. La vfflt fut oniée comme pour un jour de fête. Hakem levitpaiser d'un kiosk élevé au^lessus de ta porte nommée BtimUUi^heh. 11 donna ordre qu'on le conduisit bon do Caire, rt qu'on lui tranrhilt la tête sur une hauteur, es
HAKEM.filAMR-ALLAH. ccdmi
foce de la mosquée de Reîdan. Arrivé en ce lieu, quand on voulut le fiiire descendre, on le trouva mort; on lui coupa la tète qu*on porta à Hakem. Ce prince fit mettre ton cadavre à une potence. Ceci arriva en Tannée 397. Si Fon en croit les livres des Druses, Hakem ne montra aucune crainte dAis le temps même qn'Abou-Racwa menaçait le Caire de plus près ^; mais les historiens diaent qu*il fat si effrayé qu'il forma le projet de se retirer en Syrie, qu*il vint même avec ses troupes et ses trésors jusqu'à Bilbeis, mais qu'ensuite on lui conseilla de retourner au Caire, ce qu'il fit.
Padhl éprouva d'abord la reconnaissance de Hakem. Etant tombé malade, il reçut deux ou trois fois là visite du khalife qui lui donna aussi de grands apanages; mais à peine sa santé était-elle rétablie, que
' Void conimeiit s^exprime à ce sujet Hamza, dans récrit inti-
« Vous avex vu ootre Seigneur à i*époque de la guerre d'Abou- Racwa, Wélid, fils de Héscham, le maudit Cet homme ayant anmné Tincendie de la rébellion , et les cœurs de tous étant saisis de crainte sur leurs couches, à cause de la défaite des années et des manacret dont ils avaient été témoins, notre Seigneur ( dont ■oil gloriiîée la puissance !) sortait et se rendait au milieu de la nuit
daaa la Plamt dm Puiis v^>4! lyiÊ : y rencontrant Hasan, fils dXHayyai Kéki, accompagné de cinq cents cavaliers, il s arrêta, qiioiqu*il fût sans armes et sans défense^ , pour demander à chacun d'eux ce qu'il voulait. Il entrait seul, ou du moins il paraissait entrer dans la plaine du Puits, n*ayant avec lui que les gens attachés è rétrier ifJ^y\ , et les crieurs qui proclament les heorse de la prière. •
rxGxxvui VIE DU KHALIFE
Hakem le fit mourir de la manière la plus cruelle. Ccst sans doute de lui que Sévère d*Oschmouneîn parie sons le nom à^Alkaid, car il porte ce titre dans les autres histo* riens. Suivant le récit de Sévère, cet émir étant entré» jour dans le palais comme de coutume, vit Hakem aiai ayant près de lui un enfant très-joK qu^ll avait acbeté cent pièces d'or. Hakem, qui tenait à la main un oouteaii, ^rgea cet enfant, prit son foie et ses entrailles, et ki coupa par morceaux. L'émir, saisi d'effiroi , rentra cbei lui, instruisit sa famille de ce qu'il venait de voirel fit son testament. Environ une heure après, des gens envoyés par Hakem vinrent lui couper la tète. On dit qu'en partant pour combattre Âbou-Racwa, cet émir avait eniporté vingt -cinq quintaux d'argent monnayé. Sa mort appartient à l'année 3gg.
La crainte qu'avait inspirée à Hakem la révolte d'Abou-Racwa , et les preuves qu'il avait eues à oetle occasion de la haine de ses sujets pour lui, furent peutêtre cause d'un acte de modération qu'il fit en Tannée 3g 7. Le 9 de rebi second il ordonna d'efiboer les aaathèmes qu'il avait fait écrire sur tous les édifices pu* blics et particuliers contre les ennemis d'Ali. Le prévM de la garde impériale fit une ronde à cet effet, et oUipi chacun d'effacer ce qu'il avait écrit. Les autres onlonnances de Hakem continuèrent à être observées; un grand nombre de marchands de poisson , de cuisiniers et de fabricants de hiète furent arrêtés pour contravention à ces ordonnances; on surprit inopinément les bains publics, et beaucoup de personnes, ayant été
HAKEM-BIAMR-ALLAH. cccu»
troavées tans caleçons, furent arrêtées. Toutes ces personnes furent battues et exposées en public. Cette même année Hakem fit de grandes largesses aux deux villes saintes, et couvrit la Caaba de TétofTe blanche nommée kahaiL La crue du Nil ayant été mauvaise et les eaux n'étaint montées qu'à seize coudées seize doigts, et ayant décru aussitôt, il y eut une cherté en cette mëmeannée 3g7.
La disette de vivres occasionnée par la mauvaise crue du Nil devint encore plus grande dans le cours de Tannée suivante 398. Hakem ordonna, en cette même année, que les portes du Caire demeurassent ouvertes durant la nuit, et que les boutiques fussent pareillement ouvertes, afin que chacun pût vendre et acheter. On allumait des flambeaux aux portes des maisons et à Feutrée des bazars. Toutes les nuits, le peuple se promenait dans les marchés et dans les rues , jusqu'au point du jour. Hakem lui-même, suivi de ses plus intimes officiers, se promenait durant la nuit au milieu de la foule, et tout le monde pouvait Taborder et lui parler ^ Hakem cependant ajouta de nouvelles vexations à celles qu^il avait déjà fait éprouver aux Chrétiens; il s empara des biens qui appartenaient aux églises, et les
* Ceci est tiré de Mirkhond et de Khondemir. Dans le texte de MirÉLhond orf lit Tannée 378, mais cest nne faute, et il faut lire 398. Le tate de Khondemir porte 398.
Je ne sais si Ton doit distinguer ce fait de celui qui est rapporté pu Makrizi sous Tan 39 1 . Cela me semble d autant plus douteux qa'après Tavoir rapporté, Mirkhond raconte immédiatement on autre fait de Tan 393.
Gcciiz VIE DU KHALIFE
réunit au Gk. 11 fit brûler un grand nombre de croit à la porte de la djami de Misr, et envoya da ofdm dans les provinces pour que la même choae y tàt t*èculée. Plusieurs écrivains, au nombre deMjndt e*t Giégoire Bar-Hebrsus, placent sous cette année ïosln donné par Hakem de détruire l'église de U RéMinection k Jérusalem, et les lois rigoureosea cpi'il nadh contre les Juî& et les Chrétiens. Mais je craa devoir suivre le récit de MaLrizi qui &xe ces événements à tu 4oo. Je rapporterai néanmoins volontîera à l'an SjS. ou même à une époque antérieure, ce que diaenl fèMsieurs historiens, que Hakem fit construire cor le loil des ^lises des Chrétiens de petites mosquées oà l'on làisait VidhaR , c'est-à-dire la prodamation accoDtnirfe pour annoncer les henres de la prière des Mnaalmaos: car cet ordre doit être antérieur à celui de démolir les églises '. Sur la fin de l'année, la crue du Nil HrdMt plus que de coutume, on fit deux fois des prîèiv publiques pour demander de l'eau. Hakem snppiîin à cette occasion quelques impAts. Le pain était cxliémement rare et cher. Le k de tôt, qui répoodùt aux derniers jours de l'aD 3g8 , le canal fut ouvert, l'eau étant montée à quinze coudées , et la disette llU toujours eo augmentant. Je crois pouvoir rapporte î
' Ji rapporte (UAii i la même ^poqae ce que racaille Sér^rv, ^ Hakem défendit de sonaer les clocbes dsn> toute l'Egypte, ^ peu d« tempi aprfa il ordonna d'6ter les croix qui éUienl nv )■ dAmM des égliies, et (ligei qae le» CluMeas efhfMwnl cdln qu'ib porliirnt emprcintei inr les muni et sor les bni.