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HAKEH-BIAMR-ALLAH. cccuii
cette disette le fiiit suivant, raoonté par Ibrahim, fils de Waiiifitrhah. Le peuple ayant porté ses plaintes à Hakem de la rareté et de la cherté des vivres, ce prince leur répondit : « Demain je monterai à cheval , et
• toute maison où je ne trouverai point de blé , j*en ferai
• pendre ou décapiter le propriétaire. » Le lendemain matin il monta à cheval et se rendit à la djami de Raschida, à Blisr; il ne trouva sur sa route aucune maison oà il n'y eût du blé« Cela calma les esprits et la cherté cessa. Le khalife défendit que qui que ce fût enmiagasinât chez soi plus de subsistances qu'il ne lui en Cdlait pour sa provision , et il taxa le prix des denrées. Ce fait n'a rien d'invraisemblable, car, comme l'observe Hakrizi dans l'endnût où il parie des Mikias ou Nilomètrès . la seule apparence d'une mauvaise crue du Nil oocanonnait souvent une disette £aictice, chacun cherchant à s'approvisionner, et ceux qui avaient du blé le gardant dans l'espérance de le vendre avec plus d'avanlage*'Je suis d'autant plus autorisé à rapporter ce £aiit à Tan SgS, que Makrixi nous apprend que, dans le mois de ramadhan 3g8, Hakem fit la prière du vendredi et la khotba dans la djami de Raschida. En cette même année, ^i, fils de Fellah, fut nommé gouverneur de Damas. Le 16 de redjeb, la place de kadhilkodhat fut ôtée à Abd-alariz, fils de Mohammed , fils de Noman , et donnée à Malec, fils de Saîd , Faréki. On voit qu'il était en même temps daîldoat, car Makrizi ajoute qu'on lui remit les livres de la secte, qui se lisaient dans le palais anx initiés. Le 7 de schaban, le kaîd-alkow\vad Hosein ,
cccxzui VIE DU KHALIFE
Gis de Djaubar, fut dépouillé de la place de ] ministre qn'it possédait, et elle fut donnée à Salïli, Bit d'Ali, Bondbari. Une autre place qu'il occapût dam le diwan de& ailàires de la Syrie fut donnée au atik Abou-Abd-allah Monséli. Ces deux hommes diip*cîés, l(! premier ministre Hoseïn et le kadhilkodhal Abd-tdaÙE , eurent ordre de se tenir dans leurs maisoH, et il leur fut défendu, ainsi qu'à kurs enbnts, de te trouver aux marches publiques, parmi le cortège de Hakem; mais, peu de jours après, Hakem leva cette défense et leur rendit ses bonnes grâces.
Le canal, comme je l'ai dit, avait été ouvert le 4 dt tôt, à la un de l'an SgS. An commencement de fannie suivante 399, le 9 de moharram, qui répondait lu milieu de tôt, l'eau du Nil commença à diminuer, die n'avait point atteint la hauteur de seiie coudées. Hikem , qui , au milieu de ses bizarreries , conservait qndquefois des idées religieuses, regarda sans doute w fléau comme une punition des désordres des Égyptieiit et de l'infraction des lois de la religion musulmane : en conséquence, il défendit tous les divertissements publics qui ont lien à l'époque de l'iaondalion , coouw de chanter, de faire des parties de plaisir et de m promener sur les eaux du fleuve ou des cauaux. D fit de sévères défenses de sortir ou de paraître dans la lieux publics avant le lever ou aprè)> le coucher d« noleil. Au mois de rébi second, on publia une ordonnaoce portant inhibition d'apporter ai d'exposer en public ni vin . ni aucune espèce de bière, soit de c^
HAKEMBIAMRALLAH cccxxxiii
qu'on appelle mézer, soit de celle qu'on nomme /oMa ^ oi des coquillages nommés tellines, ni aucun poisson sans écailles, ni lupins en étal de fermentation ^ ' ' LVffiroi que causait la conduite de Hakem, joint à la disette, produisit une consternation générale, les maladies devinrent très<x>mmunes et beaucoup de personnes en moururent. Ce mal allant toujours croissant, les médicaments eux-mêmes devinrent rares et phers. La cherté cependant diminua au mois de redjeb. Au mois de ramadhan , on publia et on lut dans les mosquées une ordonnance qiii accordait aux Musulmans des difiéventes sectes une pleine liberté de conscience. Cette ordonnance portait que chacun pouvait commencer ou finir le jeûne du ramadhan suivant qu'il le jugeait à propos, en se conformant aux calculs astronomiques pour le commencement du nouveau mois lunaire, ou au témoignage des yeux et à lapparition de la nouvelle lune; que ceux qui suivaient cette dernière pratique ne devaient être aucunement inquiétés à ce sujet; qu'on
^ Je pense que par mézer jja ii faut entendre la bière faite avec iId firoment, et pàifohka c.C.b' j celle qui est faite avec de Forge. Voyex, à ce sujet, ma Chrestomathie arabe, 3* édition, tome 1, page 149 et sniv.; et ma traduction de la Relation de l*Egyptc par Abd-allmtif, page 57 a.
• ^jiuJl ^r^î>J^ ou ,jÂ*tl- — Voyei Ckrutom. ar. 2* édition, tome I, page 7s.
Ptei-étre fut^e aussi à cette même époque que Hakem fit tuer tmia les porcs en Egypte, ce qui causa une grande perte, surtout jQt habitants du Baschmour, on il y m avait une très-grande quantité Sèter*' J'Oschmonnnn
ctxxxxti VIE DU KHAI
fils de Djauhar, fut dépouilla o '('miikt. dai)sii> ministre qu'il possédait, et c-llf "■-. <in\ a&açrs qnu d'Ali, Roudbarî. Une aatif jil . riidilious par eui i*diwao des affaires de la Sv ilr lrl>rrtédprecilerli Abou-Abd-allah Mousôli. ' - Ile qu'oo Domme Imciés. II' premier luinisUv - tnnéiaïlles, chacunaaraii Abd-alaziz, eurent orda-i.' '"•} fo» la formule nommer et il leur fut défendu. ' raoïation des heures de li trouver aux marclivs )i> loumient employer la bw- Hakem ; mais , peu di ' > plut excellente , sans quD fense et leur rendît ùi ' *u <P» l'omettraient; que l'on Le canal , comun: ■ ^atioo contre reux des premien tôt, à la fin de l'an •» «t odieux aux partisans d'Ali; suivante ^99, Ir- ., . '•• parlant d'eux, ajouter 1 leur lieu de tôt. Yen . —'1 voudrait, ou jurer par eux, rt n'avait point al miiMii pourrait suî\Te, dans ses rier l>.em,qui,nu u .^*«» ses pratiques de religion, Topi-
(|uefois dos i . •Mtl attaché : . car ils doivent toui,
(léau coniMi. .jéé* a Dieu; leurs aclious sontécritn
et de riiir< ■' --i :"» qu'il apparlïent de leur en fairf
(■onséqii.i ^ - ■ Hakem, comme nous l'aiom vu.
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. ., «c* ccci>> note i.
* '' ' '■' ^,-Mïrfr lui irnilr iiiiiiii du nmadlian « tu
de h< MMiiWjA^I iul lUca m gnnil.
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^1 ^^^ *i* Irt éd«ircisMnieii(9 «ju'on peirl déMirr
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!\MR. ALLAH cccxuv
.iii|i6ts, inai» ils furent rétablis
■ On détruisit plusieurs églises
'"^*~ ' Il (If Mais. Une église, située au
^~" ' (les Grecs, fut détruite, et tonl
*^- iil (liHé. Salth, (ilstfAli, Roudbari,
nrut de Hakem le surnom honori-
ilailasteif-malkaUm ', c'est4-dire le con-
,. iiis de Tipée et de la ptame. Le kadbil-
ilaziz, fils de Noman, fut rétabli datu m
>>'i' de l'oflice des requêtes en redressemenl
<|u'il avait déjà exercé autrefois avec celui de
'dhat. Eo cette même année, un grand nom-
iiiu((ue8. d'ofliciers de plume et d'Esdavons fu-
Miis à mort, après avoir eu les mains coupées avec
I r"iipcrel, sur un billot, vers le milieu du bras. Le
mid FadhI, fils de Salifa, devint aussi victime de la
Tuauté de Hakem, au mois de dboulluada.
Le gouvernement de la Syrie, qui avait été donné en 598 à Alii fds de FcIIah, fut confié en l'année 399 ■a laid Abou'Idjeïscb Ali, fils de Melbem, qui le con- KTva on an et quatre mois. Hakem fut malade dans le coon de cette année, et ayant été traité par Ebn-HokMBchar, il lui donna dix mille pièces d'or. Ce fut en Sg9 qne mourut le cél&re astronome £bn-Younis^, ivtrar des tables astronomiques, que l'on nomme de ■on nom on de oelni de Hakem; ces tables forment
' nn nomi mdi AU, Jilt J AM-nlnihmaM , fili tA)tmf4, fb i'
cccwxvi VIE Dl' KHALIFE
quatre volumes. Quelques persoDoes diient qu'ella
furent dressées par l'ordre d'Azis, père de Hakem.
Le 1 1 de safar de l'an Àoo , Salih , fds d'Ali , Roodbari, perdît la place de premier ministre, et Hakeei lui substitua Ebn-Abdoun , cateb chrétien , qui exer^ les fonctions de premier ministre et de secrétaire d'état Gr^oire Bar-Hebrsus le nomme Mantoar, fiU iAbdoan, et il donne à la place qu'il occupait le titre de grand Pnximat, Ce ministre , suivant lai , {tait détalé des grands, qui le calomnièrent auprès de Halem. Cela donna Heu à une violente persécution contra hs Chrétiens. Un grand nombre de catebs furent fboettèi jusqu'à la mort et leurs corps jetés aux chiens. Manioiir lui-même fut frappé jusqu'à ce qu'on le tint pour mort, et ensuite jeté aux chiens. Comme on s'aperçut qu'y nmuait encore un peu , on le prit et on le porta chea l«i où il recouvra la santé. Halcem le rétablit dans aon emploi et lui donna le surnom honorifique de Cafi, c'està-dire suffiiaitt.
Hakem donna cette année l'ordre de détruire Féglise de la Résurrection à Jérusalem. Ce cjui donn lieu à cet ordre, ce fut la malice d'un homme qui huisait les Chrétiens. Cet homme rapporta à Hakem qu'an moment où les Chrétiens étaient assemblés pour célébrer la fête de Pâques à Jérusalem, les chapelains d« l'élise usaient d'artifice , qu'ils oignaient de baumt la cJiaîne de fer à laquelle était suspendue la lampr du sépulcre, et que, quand le gouverneur musulman avait scellé la porte de l'église du sépulcre, les clUi|M-
HAKEM-BIÂMRALLAH. cccxxxvu laius metlaîent le feu par-dessus le toit à Textrémité de la chaîne de fer, que le feu descendait ainsi jusqu'à la mèche et Fallumait, qu'alors ils chantaient kyrie eleitam, et pleuraient comme si cette lumière fût descendue dn-del* et que par cet artifice ils confirmaient les Chrétiens dans leur croyance. Sévère nous donne, SOT Forigine et les motife de cette persécution , des détaik qu'il est fiidle de concilier avec le récit de Grégoire Bar-Hehr»us. D en attribue la cause à un moine nommé Jean, qui ambitionnait l'honneur de l'épiscopat Cet homme ayant éprouvé , de la part du patriarche Zacharie, un refus constant de le consacrer évèque, vint à Misr et dressa une requét^ remplie de calonmies contre le patriarche. Il se rendit ensuite à la montagne (de Mokattam), se présenta devant Hakem, sans doute en profitant de quelqu'une de ses promenades, et lui dit : « Vous êtes le vicaire de Dieu sur la « terre; pour l'amour de Dieu , venez à mon secours. • En même temps il lui présenta sa requête. Hakem la prit de ses mains et la lut. Dans cette requête ce moine disait : « Vous êtes le roi de ce pays, mais les Chrétiens « ont un roi bien plus puissant que vous par les im- « menses richesses qu'il a amassées; il vend les évêchés € pour de l'argent, et ne se conduit pas d'une manière « agréable à Dieu. • Hakem ayant lu cette requête donna ordre qu'on fermât les portes de toutes les églises, et qu'on lui amenât le patriarche. Zacharîe était un vieillard fort avancé en âge. On l'amena à Hakem, qui le fit mettre en prison. Sévère rapporte plusieurs efiets extra-
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ordinaires de la protection de Dieu sur le patriarche, prodiges que je crois ne deyoir pas omettre, qudqK opinion d'ailleurs que Ton doive en avoir» Le pttriaitk ayant été exposé , par ordre de Hakem , à U furew in bétes féroces, Dieu changea tellement leur Batmclei sa faveur, qu elles ne lui firent point de voêï. Hakcs s'imagina que celui qui avait soin des bétes a^étiitkfaié corrompre par les présents des ChrétieoB, et qu^uiiea d'affiimer les bétes il avait eu soin de leur donner abo» damment à manger. Il commanda donc qu^on les aftmât de nouveau, qu ensuite on tuât un moaton, et qu'après avoir dépouillé le patriarche de ses habits oa le frottât avec le sang de ce mouton , et on làdiâi ki bétes sur lui. Ces ordres furent exécutés, mais aucun succès. Cependant le moine Jean venait trouver le patriarche dans sa prison, pour riaaoltar. Le lendemain même du jour où Zacharie avait élé arrêté, Hakem ordonùa qu'on adressât au gouvenDeorde Jérusalem une ordonnance pour détruire Té^iae de h Résurrection. Le cateb chargé de notifier cet ordre était un Chiiétien nommé Ebu'Schakrin. Il écrivit au graver neur en ces termes : « L'imam vous ordonne de détnùre ■ le temple d'Alkomama ^ ; que son cîel devienne tem, et « que sa longueur devienne largeur^. • Peu de
* Âlkomâma Ju»Uu| veut dire Us ordam. Les Muiulmaoi tituaient, par mépris, ce mol à Alkiama «^LjJI, la Résmtuim»
* AbouMmahasin dit que Hakem , sur les remontrances que Iv fit Ebn-Badis, révoqua cet ordre. Au contraire, si Ton en awl Ibthim, fils de Wasifschah, Téglise de la Résorrectioii fut déirutict
HAKEM-BIAMR-ALLAH. cgcx»u
a|irès, Uakem envoya de« ordres dans toutes les pn>vinoesde son empine» pour quon détruisit les églises et ^*on tnasporUt dans son palais tous les vases d'or et dWfent; il ordonna aussi que Ton poursuivit parlOBt les évéques, et qu'en aucun lien il ne fût permis 4e lien adMter des Chrétiens, ni de leur rien vendre. Ua grand nombre renoncèrent, à cause de cela, à leur iciigion; la plupart quittèrent toutes les marques extérieures qui les distinguaient des Musulmans ^ et les Mnsnlnuni ena-mémes se donnaient bien de garde de les tiaiùr K Zacharie demeura trois mois en pri- •ODf et ^diaque jour on le menaçait de le brûler on 4e Texposer aux bètes s'il n'embrassait pas la religion ■MUMlmanet lui promettant au contraire que, s'il oontenlait à ce ipi'on demandait de lui, Hakem lo cnaïUerait d'honneurs et le ferait kadhi'lLodhat; mais «s discours ne faisaient aucune impression sur lui. il avait pour icompagnon de prison un Musulman, homnae Hiéohant, qui lui dit un jour : « Vieillard in- • «enté, n'emhrasseras-tu point la religion musulmane
Hakem fit construire à sa place une mosquée. Nowaîri place Tordre doooé pour détruire l'église de la Résurrection, sons Tannée 398.
^ Sévère dit leurt etxÀa, lemrs -oeiréurei , Uan Hrien de hwt: cela me |Mffsu«de que ce qui est dit ici Appartieoi à Tan 4o3. U lyoute que, peu de temps apr^s la réyocalion de cet ordre, il fut permis aui Chrétiens d'émigrer, ce qui est de 4o4.
* Pins tard il fut permis aux Chrétiens de sortir des états de Hakem, à Toccasion dnn diacre nommé BekiraHaschidis dont on peut voir reventare dans THistoire des Patriarches d'Alexandrie par iU« , p. 39s.
:i£ OU KHALIFE
ta liberté et jouir des bieoft que Foo
iiin-- — Foate ma conliaDre, lui répondit k
.^•«*i.iM. »t va Dieu qui est tout-pnissiat; c'atloi
«. -kOBMfttera- • Comme il disait ces mots, an Toit
«. l 'v tioana sur la bouche nu coup de si aiuee
;iuM». U patriarciie se contenta de lui dire : > Vou
•M uwt pouvoir sur mon corps pour l«> faire périr.
^iia.;uiHi .ûue cst dans la main du Seigneur. > Ccpen-
.lÉiL il iw.'wuvrasalibertéde la manière que noasalloiK
M.uuu;i-. Ln Anbe des plus considérables des fiénoa-
w'iK. uouuue Madhi, Qls de Mokrab, jouissait de tonte