a>«ui- de Hakem, qui lui avait promis de lui accorder
•litqutf jour une grâce à son choix. Un Chrétien, ami
i« Madhi, et receveur d'un certain district, avait été
lus en prison avec le patriarche, parce quîl se trooviit
'Ui' !«& comptes un déficit de trois mille pièces d'or
|u'il ne pouvait remplir. Madhi vint le voir, et, ayanl
.i|ipi-is de lui la cause de sa détention, il lui pranil dr
.lAuunder ce jour-là sa liberté à Haliem. Le Chrétien lui
.Ut alors ; < Je ne saurais me résoudre à sortir dld. et
. \ t laisMT le patriarche , ce vieillard que voici. • MadU
>t»ulut savoir la cause de la détention du patnaidw;
' a.taut apprise, il crut qu'il ne serait pas prudent de
luilttt' nominativement de lui à Hakem; mais il prit
M bui», et demanda au khalife la liberté de tous ceu
iiti lîtaient détenus dans cette prison. Hakem y coo-
^uUt . Iv patriarche sortit ainsi de prison . et vînt à Misr.
V <4Ut iMUsa une grande joie aux Chrétiens. Commr
•41 4^vhendaît que Hakem ne lui eàt accordé la liberté
«■PtV
HAKEM-BIAMRALLAH. coculi
par surprise on par oubli, on lui conseilla de se retirer dans la vallée de Habib \ ce qu il fit. Il y demeura neuf ans. Les églises de ce canton avaient échappé à la destnictîoa. Hakem avait bien envoyé un émir et des ouvriers pour détruire toutes les églises du désert ; mais lorsqu'ik fiuent arrivés à Tamoub, ils eurent peur des Arabes, qni étaient en. grand nombre dans ce désert. On dit aaad qu'ils furent efirayés par une apparition de saint Georges. En conséquence, ils abandonnèrent leur entreprise, et les églises échappèrent à la destruction K Plarmi les églises ou monastères qui furent détruits, on frit spécialement mention d'un monastère nonmié Deir âikoMr ou Deîr alkosaïra : la populace pilla tout ce qui s*y tronvait. Hakem défendit aussi aux Chrétiens de faire la cérémonie du jour de TEpiphanie à Misr sur le bord du Nil , et il abolit lesjeux et les divertissements qui avaient lieu ce jour- là; il leur fit pareillement défense de oâébrer la solennité d'hosanna, c est-à-dire du dimanche des Rameaux, et la fête de la Croix. 11 n'est pas inutile de remarquer quà cette époque, et en général sous les Fatimis, les jours de fête des Chrétiens étaient des (êtes publiques, auxquelles les Musulmans et les kha- Ufies eux-mêmes prenaient part. C'est ce que Makrizi
* Voyes sor la Vallée de Habib, M. QuaU^mère, Mémoires fèoffmfkifuet et hisloriques sur l'E^jrpte, t I, p. 463.
* Ce fait est confirmé par une note écrite dans le temps même
de cette persécution , et qui se trouve dans un des manuscrits
ooptei de la Bibliothèque du Vatican. On peut voir cette note dans
Tonvrage de M. Quatremère, intitulé : Hecherckes crit. et kist, jsr
<t kaffue et la littérature df l'Egypte, p. 347 et suiv.
uxxL VIE DI1 KHAUPE
« pour recouvrer ta liberté et jouir ( « te promet? — Toute ma coofianr
■ patriarche , est en Dieu qui est tou
■ qui m'assisten. • Comme il disait entra, et lui donna sur la boudie d'armes. Le patriarche se coûtent • avez tout pouvoir sur mon cor
■ mais mon âme est dans la maii dant il recouvra sa liberté de la i raconter. Un Arabe des plus r Korra , nommé Madh i, Ëls de l la faveur de Hakem, qui lui a« chaque jour nne grâce à sor de Hadhi, et receveur d'ut mis en prison avec le patria sur ses comptes un défirqu'il ne pouvait remplir, appris de lui la cbum de demander ce jont^là sa 1i dit alors : # Je ne saura-
■ à y laisser le patriarcli voulut savoir la cause l'ayant apprise, il cru .
parler nomiaativemci. ,'t !■ JSÂÎb^' ^ «jnjgngi— As un biais, et demandii^, ^om tort On oU^ea trtwri^w qui étaioit détennt^^^r SfiH* ^ ^^ô& et les ChritHOs ï sentit ; le patiiarch>^^^aMft| teàn muqae» dûlioctimce qui caosa nne ^,^^, ^^ Itett«lrt. flttr on appréhendail >^ '
■véaet
lii leur
■unes en
' enargentola^rti
n'es, dans r^Ibe*
Moallakt. Lm fomm-
utre de prêter aaito^wit
N(K' les ^Îmm et lei ttM»
l'an 4o3 q^bllci iaraBt#
teurdigMde M, Q yen «M,
.InsdeMMem
' ^.AH CGCXLIII
-iiiiiistratioD
lises à mort
lit encore Irès-
(lors. Certaines
(iu la bière, de la
jtiiis, furent battues»
(If* safar. l)ne*ordon-
N('hawal, supprima le
"^ rauiadhan , et les coutri-
> nedjwa, qui étaient parti-
• iiis ou Ismaclis'. Hosein, iils
ils, ainsi qu Abd-alaziz , fils de
in Hoseïn, fils de Magrébi, pri-
■iikhre infini de gens de toutes les
ii'tires de sauvegarde. La lecture des
lisait dans le palais, fut interrompue.
dos liqueurs enivrantes fut exécutée à
lin grand nombre d eunuques, de calebs
<if' chambre' furent mis à mort. Au mois
•i . Ilakem fit mourir Salih , fils d'Ali, Roud-
At: même année, Ilakem, abjurant les usages
Il lis, ordonna que Ton rétablit dans Tappel à la
'■ l'usage du telhwih, qui consiste à répéter deux
i- la fonnule de lappel *. On annonça publiquement
' Voyti ce que j*ai dit sur la conlrihuUon nommée nedjwa jl^fÂil dans ma Cbrestomatliic arabe, 2* édition, tome I, p. i3i. ' Ou Conlèrencct de la Sayeste, Vny. ci-devaiil, p. cCLXXiv, note 1
' crt>
* liT mot irthvih ,^j^ *->^ ii^nifif nitrr autres choses, suivant
GGCXLiv VIE DU KHALIFE
la prière nommée Salât edâhoiha}^ et celle qii*oii KoHQui \ li fut ordonné à tous les mouèddhins de iûêtenir, dans Fappel, de la formule, Accùorez k tŒÊsm lu plus excellente, et ils eurent ordre de dire dans oehi du matin : La prière vaxd mieax que le ionmuU. Cette même année, Hakem fit présent de lampes et d^ (^raud lianoBr d*argent , espèce de lustre pesant plnsiens milliers « à la djami de Raschida. Cette ocmdtiite ne lit de la part de Hakem qu^nne politique adroite, et void, si nous en croyons Aboulmahasin , ce qui y donna liet. Hakem avait envoyé quelques gens à Médine, pour ouvrir la maison qui avait appartenu autrefois à rimamDjafiur Sadik, et enlever ce qui s'y trouverait. Il y avait dan cette maison un Alcoran, un lit et quelques- meuMes. Ce fut le daî Khatkin' qui l'ouvrit; il emporta avec loi toat
ranteor du Kamous, '«JUil Jl ^UjJt *^'* Je pcioe qiwcdi veut dire répéter deux fois chacune des formules doot te ciipow VIdhan. Voyex Muradjea, Tableau de lempire OUomam» t. I,p. iT^- ^ Voyez ci-devant, page cccii, note i.
* On peut voir ce que c'est que la prière nommée ICoiioal, das Aboulféda, Ànml. MosL t. III, p. i5i; et Muradjea, TehUmit l'empire Ottoman, 1. 1, p. 199.
* Il est parlé plusieurs fois de ce daî dans le recueil des Dfevsi^ notamment dans une pièce datée de la a* année de Hamia (409
\ de rhégire) et intitulée : ^ 0uça.yj| j iûilfJlj ^^t jJL;
où il est dit que Khathin est le phu grand des dtùs. ÂiUears on TtÊmmile À Àbou-Becr. Aboulmahasin le surnomme Àdkèdi» ce qm ii* dîque qu'il avait été au service du sultan Adhad-eddaida. D c» uuniuif dans un manuscrit d'Abou'lmahasin, l/aiftw, et dans u •«uirt^ Kkastfkin.
' HAKEM-BIAMR-ALLAH. ocgxlv
œ qu'il avait trouvé dans x;ette maison « et les taxes que payaient les schérifr. D se mit en route pour retourner en Egypte, suivi d'une troupe de scheîkhs de la maison d*Alî. Mais lorsqu'ils se furent rendus près de Hakem, œ prince ne disposa en leur faveur que d'une très-petite partie des sommes que KhatUn avait apportées, et il gaitla le reste, disant qu'il en était plus d^e qu'eux. Les scheîkhs se retirèrent, en fidsant des imprécations contre lui. Mirkhond, qui dte pour garant un ouvrage dn kadhi Ahmed Damégani, intitulé Istidhkar, donne à œ fSdt une tournure qui le rend plus odieux, si pourtant il ne s'agit pas d'un ùÀi tout différent Suivant loi, Hakem voulait enlever les corps d'Abou-Becr et dX>niar du lieu où ils reposent, à Médine, auprès de cdui de Mahomet. D chargea pour cela quelques personnes de se rendre à Médine, de séduire un descendant d'Ali qui demeurait dans cette ville et dont la maison était mitoyenne du lieu de la sépulture de ces khalifes, et d'entrer dans ce lieu par un trou qu'ils pratiqueraient dans le mur de sa maison. Leur dessein allait s'exécuter, lorsqu'un ouragan violent jeta l'épouvante parmi les habitants. Ils cherchèrent un asile dans le lieu saint où repose le prophète; mais l'ouragan ne s'apaisant point, l'homme que les émissaires de Hakem avaient séduit reconnut sa faute, et découvrit le complot au gouverneur, qui les fit arrêter et châtier : aussitôt l'atmosphère rentra dans son état naturel. Quoi qui! en soit de l'identité des faits contenus dans ces deui nVits, Abou'Imahasin ajoute que Hakem, ins-
GccsLTi VIE DU KHALIFB
tmit que sa conduite irréligieuse le rendait odiem, et que bien des gens, dans leurs prières, fidaaient des inh précations contre lui, chercha à calmer ces bmtsdè e&cer ces fâcheuses impressions, en pratiquant poUi* quement des exercices de piété , et bvcrisant les op nions des Sunnis, opinions auiqueBes les Ègjpûm étaient toujours inténey rgment attachjfa. Ainsi, ontrski changements qu*il fit dans ïléUum et les prières, poar se conformer, je pense, à la doctrine de Timam Ihke, il fit bâtir un collège, le meubla et y mit des livres it prix. Il y plaça deux docteurs sunnis, dimt Ton se ao» mait Ahou^Becr Antaki, pour y enseigner la doctriae du même imam. Il leur donna des pelisses, les admit dans sa fiiveur, et leur permit de lui faire leur eoar. Il rassembla dans ce collège des jurisconsultes et dei docteurs dans la science des traditions. D ordonna qu^oa enseignât dans ce collège le livre intitulé Faihmll «behahat^, Hakem ne pouvait que flatter beaucoup lei Egyptiens, cpii avaient toujours été attachés à hi jjeptrine de Malec, par la liberté qu*il leur aooordait de suivre à cet égard leur penchants cela devait leur être d'autant plus agréable, que les khalifes fatimis les avaient souvent privés de cette liberté. En Tannée 38i, un homme avait été fouetté et donné en spectade aa peuple, parce qu'on avait trouvé chei lui le Moiialfa^
* Hadji Kbalfa indique pluiicun ouvragct auzcpiels est mun le titre de JiiUsuî JjLô^ . J'ignore duquel de ces ouvrages il s agit lei.
* Sorte Mtmaita, voy. ma Chre^lomalhie arabe, 3' éd. I. I, p. ioi
HAKEM'BIAMRALLAH. cccxlyii
onvmge de nmam Malec. Comme Abou^lmahasin, de qui j*einpmiite œ récit et qui le fdace sous Tan 4oo, rapporte à cette même époque une multitude de ùiiB qui appartiennent incontestablement aux année» ilo3 et io4. je ne sais si odui-ci ne devrait pas aussi être rapporté à Tune de ces années. Cet auteur ajoute que-Hakem continua ainsi pendant trois ans à orner et décorer let flBOsquées, mais qu'ensuite il changea de façon d'agir, et détruisit tout ce qu'il avait fait en fieiveur des moa^ quées et des collèges. Une pièce authentique, conservée dans le recueil des Druzes, nous apprend qu'au mois de dhoulkaada de cette année iloo, Hakem rendit une ordonnance portant expresses inhibitions de faire, préparer, vendre, acheter ou boire aucune liqueur eniimnte. Comme j'ai fait imprimer ailleurs cette pièce, je me contente d'y renvoyer^. Ce fut aussi en cette année et le premier jour de moharram , ou même dans les derniers jours de dhou'lhiddja de l'année précédente 399 , que mourut à Alep Loulou , surnommé Alkébir. D fat enterré dans cette ville, dans la mosquée qui porte son nom, entre les portes nommées Balndyékoud et Bàb-aldjinan \ La souveraineté d'Alep passa après lui à son fils Abou-Nasr Mansour. Celui-ci avait envoyé, un an avant la mort de Loulou , ses deux fils Abou'lganaîm et Aboulbérécat à Hakem , pour lui faire leur cour : Hakem leur avait donné de grandes sommes d'argent, leur
*■ Ckrtitom. ar. a' édition, i. II, p. 203, et suiv. * Bah-alyéhoud , c est-à-dire la porte des Juifs, et Bah-aldjinan , c'est-à-dire la porte des Jardins.
cGcxLViii VIE DU KHALIFE
avait concédé en Gef sept villages dans la Fal^atinie, et avait accordé à leur père, ainsi qne je l'ai dilpiéoèdemment, le titre honorifique de MoHadJuteddÊaULMO' hammed, fils de Nézai, succéda en cette même année à Abou'ldjeîsch Hamid, fils de Meshem, dans le gmivemement de Damas et de la Syrie.
Le à de moharram de Tannée 4oi, le premier ministre Mansour, fils d'Âbdoun, et surnommé Co^, fioitdépbuillé de sa place et remplacé par Ahmed, fils de Mohammed, Kaschouri; Mansour fut mis à mort dans le cours de cette même année et ses biens furent. confisqués. Pour Kaschouri « il ne demeura que dix jours en place, et ayant eu la tête coupée au bout de ce tenqis, on lui substitua le cateb Zara, fils d*Isa, fils de Nesloaros, qui reçut le titre honorifique de Schafi, c*eit-i> dire c^Iai f aï guérit ou rétablit la santé. Hoseîn, fils de Djauhar, et Abd-alaziz , fik de Noman , qui avaient pris la fuite, furent rappelés au Caire et y furent reçus avec honneur; mais, le i2 de djoumadi second, ils furent mis à mort et leurs biens confisqués. Au commence^ ment de cette année on détruisit la djami de Baschida, et on commença à la reconstruire au mois de safSur. Hakem , ne voulant point permettre les divertissements que les Égyptiens avaient coutume de prendre sur le canal lors de Tinondation, fit défenses de se promener sur le canal, et fit boucher les portes et les fenêtres qui donnaient dessus. Il défendit aussi la musique, les jeux et les rassemblements dans le Sahra ^ les parties
* Sur leiSaAni, voyez Chredom. ar. 2' édition, 1. 1, p. 338.
HAKEM'BIAMR-ALLAH. cggxlix
e délMiache et ia vente des chanteiues. En cette même miée, le kadhTlkodbat Malec, Bis de Sud, joignit à sa boe celle de chef du bureau des requêtes en redresnnent de griefii. La lecture des medjlis dans le palis fnt rétablie. On trouve dans le recueil des Dmzes^ [Delqaes fragments des medjlis lus par Malec dans m assemblées de la secte. Les contributions que les oitiés payaient, et dont la perception avait été suprimée, furent rétablies. Ces changements eurent lieu a 1 a de rébi second ^ en sorte qu*il n'y eut qu un Dtervalle de cinq mois entre la suppression et le rétaiisiement des medjlis. Ce même jour il fut ordonné le rétaMir dans lldhan la formule , Accourez à Tauvre a pbu excellente, de supprimer le Teihwib, de ne plus lire, La prière vaut mieux que le sommeil; et défenses surent lieu de faire la prière Salât eddhoha et la prière Térawih^, Le peuple s*étant rassemblé malgré cette léfimse dans la vieille mosquée, et un imam y ayant 'ait cette prière pendant tout le ramadhan, Hakem le il prendre et mettre à mort. Le mardi 2 il ^ de schaitn, le kadhilkodhat Malec, fils de Saîd, instruisit
^ Duu une pièce du recueil des Dnizes intitulée : iJL»^l
Jâ^yJ'j ^J^'j S^^'j ^H^^ *^y^j^^^ ^° ^^® ^^ ^'^*6' ■eat an si)* des medjIiM, lus par Malec, fils de Saîd.
* D fiint sans doute lire ribi premier, car ils avaient été supmiét le 19 schawai Aoo; ou bien cinq mois est ici comme un iomple rond , pour cinq mois vingt-trois jours.
* Cette prière avait déjà été supprimée par ordre d*Aiii en *année 37 3 , comme nous rapprenons de Makrfii.
* Dans un manuscrit on lit S7.