CQCL VIE DU KHALIFE
tous lies uoUires et tous les commisauFes, quii cvaît été ondonné par Hakem que le jeùoe àa ramadhan eut menoerait le vendredi « et que la fin du jeûae se célébrerait le luodi. Cette même année plosieurs fttsonnes furent battues et exposées en publk» poorawir vendu de la méloukhia et du poisson sans écaittes. <i avoir bu des liqueurs enivrantes. On rechercha el oa punit grand nombre d'ivrognes. En cette même anaée aussi, divers impôts furent supprimés. En Syrie* le goavemement de Damas fut donné à Loulou, fiferfAhdalfah. Schirau, qui reçut le titre honorifique de MomnîmUmk eddmda, c'est-à-dire rkomme délite de tempirm^ 11 mA de Rakka à Damas au mob de djoumadi second : le jour de la fête des sacrifices, et par conséquent le lo de dboa'lhiddja, Hakem lui ôta ce gouveroement d le donna à Abon'lmot&a Bhou'lkaraoui, fils 4le Hundan. Cette fête ton^MLit un vendredi. Louhm fit à h tête du peuple la prière de la fête, et Aboulmotâa odfe du vendredi. Loulou fut ensuite conduit à BaaLbec, et f fut misa mort par ordte de Hakem.
Lbn nouvel 'Orage se formait dans la Syrie contae Hakem. Hassan, fils de Mofarridj, fils de Dagfàl, fib de Djerrah, Taï, dont on a parlé sous Tan 887, se révolta contre Hakem. Voîd ce qui donna lieu à œtte révolte. Parmi les personnes attachées à la coor et au service de Hakem qui avaient été victimes de la fureur insensée de ce prince, se trouvaient 'deux fils et deux frères de Hoseîn Magrébi, et c était à la sollicitation du premier ministre, Mansour, fils d*Abdoun, ennemi dé-
tÊmm
HAKEM-BIAMH-ALLAH. cgcli
claré de Hoseïn Magrébi , que Hakeni les avait fait périr en Tan iloo. Hoseïn s'élant enfai vint se réfugier auprès de Hassan. 11 en fut bien accueilli, et ce fat lui qui persuada à Hassan de secouer Tobéissance de Hakem , et qui fiuê tard rengagea à reconnaître pour khalife le sultan de la Mecque ^ Unj pièce du recueil des Druzes nous apprend que les révoltés formaient un parti puissant à la tête duquel étaient Mofiairridj , ses frères et ses enfcnU; qu ils avaient attiré sous leurs drapeaux Bedr, fils de Rebia, et tous les Arabes, et que le Hedjai avait ii pris part à cette révolte, sous la conduite du suide la Mecque, Hoseïn, fils de Ejafisir, Hoseîni. Hakem envoya à Alep Yarakhtékin^, et mit sous ses ordres une armée considérable ^. Celui-ci s'étant renda dans
* J'ai donné en abrégé dans ma Chrestomatliie arabe 2* édition, t. f, p. i83, lliistoire de Hoseîn Magrébi, d après les Vies des iliustres d*Ebn-Khallican. Je dois ajouter ici que, suivant rîai, dans sa Descript. hist et géogr. de TEgypte etdn Caire, an Lire intitolé^j Jl ^j^ ^l-.'i la famille de Magrébi était de Elle se transporta à Bagdad, où Abou'iboteÎD Ali, ûls de Mobammed , et père d'AbouMkasem Hoseîn, occupa Temploi de Mma-chef dans le bureau des aflaîres du Magrcb, ce qui lui fit Aonnerle snmom de Magrébi : ^tjkiUJ cj^^àlt (j^jîi^ c>^ O^ (,>ydl <^t ^ o>»t<>. À. -5 . Son fils Hoseîn naquit h Bagdad.
Malmi fait un grand éloge des talents et des connaissances variées Ae HiMiein Magrébi, man il dit que c^était un homnie d un caractère morose, envieux, brouillon, incapable de respectir les droits dt'antmi, indépendant et d'an orgueil sans bornes.
' La prononciation de ce nom est incertaine, les manuscrits ne
it pas les points diacritiques.
* Cette année n était pas expédiée d*£gypte; elle était formée de
it UL KHALIFE
^ . -MUi. et sa marche donna de rin(]UK-
T-r- .-i .1 Mofarridj , père de HassaD. Ils tni
^. .w ■••> ?iiibu»cade, el, l'ayant attaqné entn
T n-"' . >ls batlirent ses troupes avec giank
. a.^» ..«u ixités, le prirent et le firent mourir',
..suk. [jtouile mettre le siège devant Ramli, el
.t»u. iMi le pays Tobin; puis, leurs troupes »
..J.1U MU» les jours, ils prirent Ramla et s'em-
.>Kiwi ^M tous les environs. Hakeni, outré de cette
„,"■»• ivur envoya faire de vifs reproches, mais ik
tu«Mit Jucuu égard; au contraire, ils enToyémI
^ ...«IHtuitiou à Abou'irotouh , émir de la Mecque : Us
u jtiiKivtvut le titre de prince des cn^anU, et Tenga-
uiMk -t tenir les joindre pour qu'ils le fissent r«coD-
vitv puur khalife. Il vint en effet les trouver, ayaul
u»m; uu lieutenant à la Mecque , et il fut proclamé Um-
lie. 'Fei'sonne, disent les livres des Druzes, dans le
«tu^ où l'éuiir de la Mecque était venu à Ramla d
vvuit joint avec le fïls de Djerrah et ses enfants , po-
^■utic.ilisvnt-ils, ne doutait que Von ne vit au premier
uvHiH'iit arriver Hoseïn, fils de Djafar, Hoseîoi, avec
>|ktliuTidj, (ils de Dagfal, et ses enfants, et qa'ils or
■.uafT* «itM'*'*""" ''° gflmi^o à DaiDu ou diDi d'iulres [4tcei d< * ^ityv ^'ol l'i* qu'indiquent l'ordre des événemcDU el la taêmbt .^^K vMUciine Kbn-alatbir.
V>*«tn dit que Mlle rencontre eut Uen enb^ AafEJk J, et Dt- „^a, a*)! J. RâGh apptriieni à la contrée nommée DjifarXX^ A. i<hmM U limite de l'Égyple du cAté de U Syrie; Duonm rtat' ,^- ,-t^'^ IhHe «iluée entre fini» et l'Enypte
HÂKEM-BIAMH ALLAH. cccuii
« se rendissent maîtres du Caire. Mais notre Seigneur « (Hakeni) montait à cheval tous les jours et toutes les m nuits; il sortait du Caire sur le soir et se rendait dans « Sàhra-aldjubb, du côté de la montagne, vers le lieu m même par lequel on disait que devait arriver Mofarridj, « 6b de Djerrah. » Cependant Hakem écrivit à Hassan et à Mo&rridj ; il leur promit des terres et autres dons, ce qui les détermina à abandonner Abou'lfotouh. Ils le renvoyèrent donc à la Mecque et rentrèrent sous Tobéisaanœ de Hakem. « Hoseîn, disent encore les livres des « Druses, retourna à la Mecque, après que la discorde « se fut mise entre lui et le (ils de Djerrah, et que celui- • ci eut voulu le tuer. »
Cette réconciliation de Hakem avec Hassan et son père Mo&rridj ne fut ni bien sincère ni de longue durée. Ce prince envoya quelque temps après Ali , fils de Djafrr, fils de Fellah, en Syrie, à la tète d'une armée. Ali étant arrivé à Ramla chassa de ce pays Hassan et tous ses partisans; il se rendit maître de toutes les places que celui-ci possédait dans la montagne de Schérat, et s*empara de ses biens et de ses trésors^. Hassan demenra errant et vagabond durant deux ans entiers. Son père Mofarridj ayant sollicité la faveur de Hakem , il lui accorda Toubli du passé et lui donna des terres
' Ebn-alathir ajoute : «Ali vint ensuite prendre le gouveme- « ment de Damas et y arriva au mois de schawal 390. » Cette date est certainement une erreur; il est vrai qu Ali fut gouverneur de Dmnaten 390, mais cela est ant<frieur de onie ou douze ans aui faits rapportés ici.
GCCLiv VIE DU kHALIFE
en apanage dans l'Egypte. Hassaa vînt doBC troavet Hakem et en iht très-bien reçu. Dans la anite, iàiArridj , son père, fat empoisonné par des gens qne Bakcm avait apostés pour cela. Quoique je ne sache pas k qwUe date appartiennent ces derniers événements, je prtsame qne l'entrée d'Ali en Syrie suivit immédiatemeat la soumission de Hassan. Ë^le est certaioemeot antérieure à i'au 4o5, où Ali, fils de Fellah, fbtâevéila dignité de premier minisire.
Hakem eut en l'année joi noe salislactïon qui a* fat que de courte durée. Karwasch, fils de Hokaikd. fib de Mosayyeb, chef de tous les Arabes d'OkaS, fit &ire la khotba dans tous ses états, c'est-à-dire à HosqI, Anbar, Madaïn, Coufa et autres villea, au oonde Hakem. La kbotba commença à Mosul par ces mota : ■ Lonange à Dieu par la lumière duquel ont été dit-
• sipées les ténèbres de la tyrannie, par la grande* •I duquel ont été détruits les fondements de rhéiéiic
• des ennemis d'Ali, par la puissance duquel le txAà
• de la vérité s'est levé du cdté du couchant (c'est-A-
• dire de l'Afrique)! > Béha-eddaula envoya à Emir aldjoyousch l'ordre de marcher contre Karwasch. Ce général s'étant mis en marche. Karwasch envoya biit des excases à Béha-eddaula et fit cesser la mentiM Hps khalifes descentlants d'Ali , dans la khotba.
En l'année 4o3, Hakem renouvela la plupart des loît de police qu'il avait précédemment rendues, et y a ajouta de nouvelles. Au mois de schaban , on procUnu une ordonnance portant de nouvelles défenses jAnt n-
HAKEM-BIÂMRÂLLAH. gcclv
goureoBeB de vendre de la méloukhia , de la bière et du poisson sans écaiUes. Hakem défendit aux femmes de se trouver aux assemblées funèbres, de suivre les convois et de visiter les tombeaux, en sorte quaux jours de fiHe on ne vit plus aucune femme dans les cimetières. n fit aussi brûler les jeux d'échecs; il assembla les pécheurs et leur fit promettre, avec les serments les plus forts, qu'ils ne prendraient point de poissons sans écailles, sous peine, pour les contrevenants, d*avoir la tète coupée. Il défendit de vendre des raisins secs, et il fbt ordonné par écrit d'en empêcher l'importation. Tous im raisins secs qui se trouvaient dans les magasins des marchands furent brûlés. En quinze jours on en brûla 3840' caisses, dont la valeur montait à 5oo pièces d'or. D fut défendu de vendre plus de quatre livres de raisin firais à la fois, d'en exprimer et d'en boire le jus ou vin doux, et on ne permit pas d'exposer du raisin dans les marchés. Une grande quantité de raisin fut jetée dans les rues, pour y être foulée aux pieds, et l'on jeta à l'eau tous les raisins qui se trouvaient en chargement sur le Nil. On arracha toutes les vignes à Djizèh ; on cueillit le raisin qui était sur les ceps, et il fut jeté sous les pieds des bœufs. La même chose eut lieu dans les provinces, en conséquence des ordres de Hakem. Il fit mettre le scellé sur les magasins de miel à Djizèh. On apporta toutes les jarres de miel sur le bord du Nil, on les brisa, et le miel fut renversé dans le fleuve. On en brisa ainsi
* Sévère dit que la quantité des raiains secs qui furent brûlés en Kgypte et en Syrie monta à sii cent mille saUra (statfr).
CGCLVi VIE UL KHALIFE
cinq mille cïoquaute et une jarres. On jeta de mène dans le Nil cinquantf^ et une cruches de miel de dalla. Une pareille ordouoauce prohiba les dalles frAichet, ri on en amassa une grande quantité qui forent bràlèa. Les divertissements sur les bords du Nil fnroit défcadus. Sévère d'Oscbinounem rapporte, aa sujet de* prohibitions dont on vient de parler, an bit singulier qn est propre à faire connaître la bisarrerie dn caractérede Halcem. Parmi les négociants qui éprouvèrent à cettt occasion de grandes pertes, il s'en trouva un qni y perdit toat son avoir, parce qu'il avait mis tous ses fonds a achats de raisins secs et de miel. Il assigna donc Bakea devant le kadhi'lkodhati, disant qu'étant venu en Egypte avec tous ses fonds , qu'il avait placés en miel et en msins destinés à ètie mangés ou à faire de la pâtisierie sucrée ou des confitures , on lui avait brûlé ou jeté daa* le Nil toute sa marchandise. Le Icadhi , sans aucun égaid pour la différence des rangs, donna audience ans. dea parties devant son tribunal. Le marchand dcDUiidi ■ Hakem la restitution de sa fortune , et évalua le prix de ses marchandises à mille pièces d'or. < Tu as apporté
• ces marchandises, lui répondit Hakem, pour en biie
• one boisson défendue- S'il en est autrement, affirae ■ par serment que ton intention était qu'elles foswil
• employées à être mangées ou que l'on en fit des coB-
• (îtures, et en ce cas tu en recevras le prix. > Le mf
' Sévira nomme ce \aàh\ Ebn-ataoman , mais ce doit Hit Wi mëpriie. AM-a1iiii, Tili de Noniin. avait perdu )a place i» kiAi en 398.
HAKEM-BIAMR-ALLAH. ccclvii
cfaand exigea que la somme fût réalisée en présence du kadhi , avant de fiadre rai&rmation requise. Hakem fit apporter l'argent, et le marchand, ayant fait Taffirmation, reçut la somme qu'il avait demandée, et en donna une quittance et une pleine décharge. Il demanda ensuite des lettres de sauvegarde à Hakem, qui les lui accorda. Le jugement de cette afiaire étant terminé, le kadhi se leva devant Hakem, et le salua suivant l'étiquette usitée à r^ard du khalife. Cette aventure augmenta la faveur dont le kadhi jouissait auprès de Hakem, et lui valut de riches présents.
Hakem reçut, en cette année, de la part de la cour de Bagdad , rivale de celle du Caire , un outrage qui ne pouvait manquer de lui être bien sensible. Au mois de rébi second, le khalife Radir-billah fit dresser cet acte dont j*ai parlé ailleurs^, qui contenait une critique sanglante des prétentions des khalifes fatimis et de leur généalogie. Je ne répéterai point le contenu de cet acte ni le jugement qu'en porte Makrizi, et qu'on peut voir dans l'endroit cité ; je me contenterai d ajouter que , cette pièce étant parvenue à Hakem , il entra en fureur et se moqua publiquement des docteurs qui lavaient souscrite.
En l'année âo3, et vraisemblablement au commencement de cette année, il y eut une grande cherté et on se foulait pour avoir du pain. Le 2 do rébi premier, Zara, fils dlsa, fils de Nestouros, premier ministre de Hakem , fut mis à mort , et le 29 du même mois la place do pre-
* Voyci ri-devant , page ccxi.viii.
VIE DC KHALIFE nier ministiv clde secrétaire Jrtat tnt donaéei Bani. GbdeTaber. sarDooiméltcrm'. à qui BakeatacsaA lelïtreb<MioriGqiif<r/nur«/i>iur>'. C«mi que les Ubcnlités de Baiem étaient es* nimt îabîiliblemeDt par épuiser Km tiw dit le payemeoL D écrint à Haken. le 7 premier, Buiiiat EbiMlalbir qui npperte ced tamXu iok, une letlte pour rinTaniier do grand nomlwd'H» giutîoas, d'aumônes et de peunous dool le tràorttal chargé eu fa\eurdes fàlîrs,desiDdigent5.dcsv«aTCi(t des orphelins. Hakem lui ftt une réponse aîna conçu:
• An nom du Dieu clément et misériconlienx. Lonup
• à Dieu, telle qu'ellelni est due! Je n'ai d'antreobjctè
• moo espérance et de ou rnûnte, que mon Dieu, i ■ qui appartient b bonté par excellence. Mou prophrk
• est mon aïeul, et mon imam est mon pte«; nutdi-
• gion est la sincérité et la justice^ Les ridiesie* Mat
• les richesses de Dieu, et les hommes sont les aenî-
• leurs de Dieu ; pour non», nous sommes ses écononB
• sur la terre. Payez donc a chacun ce qui Inï est aUiMé,
• et gardez-vous bien d'en rien reliancher. Saint. • ht ministre ayant lu cette réponse par laquelle le Ualife lui enjoignait de continuer les payements comat a l'ordinaire, s'y conforma, mais il dressa un tet
' Cetl-i-dire/ufcncaal oa marriuuul Jepaidt ri it Imtmtn.
' C'<>«t-iHlire rnir Jrt imiit.
* Les MoUuden et divenca Mct«» qoi, ainu qD« je l'ai dit éi )cun. difcndaient U cauM r(n librr irbilrr, ippelurat Im entrine Jt>jJl Ujatticr.
HAKEM-BIAMR-ALLAII. cccux
pendant tout le mois de ramadhan, de ce qui était payé chaque année, à toutes les parties prenantes, aux offidert et aux employés de la cour, ainsi qu aux personnes qui y résidaient, ou qui y venaient passagèremoit , à quoi il joignit ce qui était assigné pour la réception et Tentretien des étrangers. U ajouta au bas de cet état que, tant que ces dépenses subsisteraient, il ne cesserait d*y avoir un concours de gens de tous les pays, et qo*il en viendrait une si grande aflluence qu'ils absorberaient les fonds du trésor et les richesses du royaume. Hakem écrivit au dos de son mémoire sa réponse , en ces termes : « La qualité d'étranger est humiliante et la pauvreté est amère ; les richesses sont à Dieu , c est lui qui les distribue ; les hommes sont la famille de Dieu , et il est leur créateur. Continues donc à donner à chacun œ qui lui est assigné et quil a coutume de recevoir, et payez-le aux échéances ordinaires : car il ne conviendrait pas qu'on écrivit de nous dans l'histoire que n<ms avons retranché ce que d'autres avaient donné. Suivre les bons usages, c'est une partie de la vertu. Ce qu'on possède périt par lusage, mais ce que Dieu possède demeure éternellement. Salut. » En consécfuenoe, le ministre ne fit plus aucune difficulté de fournir les fonds pour l'acquit de toutes ces assignations.
La persécution contre les Juifs et les Chrétiens devint beaucoup plus violente et plus générale en l'année 4o3. n fut ordonné aux Chrétiens de porter des habits et des turbans noirs, de suspendre à leur cou des croix de bois d'une coudée de long sur autant de large.
cccLx VIE pu KHALIFE
et du poids de cinq livres, et de les porter ostensible ment, en sorte que tout le monde les aperçût ^ : ils eorent ordre de porter des ceintures; il leur fut défendu de le servir de chevaux pour montures; et enjoint de neidie usage que de mulets et d ânes avec des selles de bon, des courroies noires, et des étriers de bois de syoomoit sans aucun ornement; il leur fut fait défenses d^avoir aucun Musulman à leur service, et d acheter aucun esclave de Tun ou de l'autre sexe. Il fut pareillemoit défendu aux loueurs de montures qui étaient musulmans, d^en louer à aucun Juif ou Chrétien, et aux matelots o« patrons de barque de les recevoir dans leurs barquei Les Juifs fuhent aussi astreints à porter à leur cou des morceaux de bois en forme de pelotes, du poids de cinq livres, d'une manière apparente et sur leurs habits. Les uns et les autres eurent de plus défense de porter leurs bagues à la main droite. Ces ordonnances furent proclamées au son d une clochette à Misr et au Caire. On épia avec grand soin les Juifs et les Chrétiens pour voir s*ils s'y conformaient exactement, et elles furent cause qu'un grand nombre d'entre eux embrassèrent la religion musulmane. La destruction des églises, tant en Egypte qu'en Syrie, fut suivie, comme nous Tavons déjà dit, plus rigoureusement cette année que les pré* cédentes. C'était sans doute par un zèle religieux que
' Suivant Sévère, les croix de bois des Chrétiens et les bîUoudcs Juifs devaient ^tre marqués d*un cachet de plomb portant le nom du khalife, et ils devaient les porter suspendus à leur coa afcc des cordes faites de bourre de palmier.
HAKEMBIAMR- ALLAH. ccclxi
Hakem penécatait ainsi à outrance ceux qu'il regardait comme les ennemis de Tislamisme, car il fit cette même année beaucoup d'autres actions qui témoignaient son dévouement pour la religion et son humilité. Plusieurs personnes furent battues pour avoir joué aux échecs. Hakem défendit par une ordonnance du 3 de redjeb que Ton baisât la terre devant lui, quon baisât sa nuiin ou son étrier quand on le saluait dans ses marches solennelles, disant que s'incliner en terre devant une créature était une invention des Grecs; il voulut qu'on se servit, en le saluant, de la simple formule, m Salut au prince des croyants : que la miséricorde « et les bénédictions de Dieu soient sur luil » sans rien «jouter autre chose; que jamais, soit en lui parlant, soit en lui écrivant, on n'employât la formule, «Que
• Dieu lui soit propice! » que dans les écrits qu'on lui adresserait, on se bornât à ces mots, « Que la paix
• de Dieu , ses faveurs et ses bénédictions abondantes « reposent sur le prince des croyants! » qu'en priant pour lui, on ne fit usage que de formules analogues à celles-là, et non d'aucune autre; que les khatibs, dans la prière du vendredi, se contentassent de dire :
• O Dieu, sois propice à Mohammed ton élu : accorde « la paix au prince des croyants, Ali, que tu as honoré
• de ta bienveillance : ô Dieu, accorde la paix aux « princes des croyants, pères du prince des croyants : « ô Dieu , que ta paix la plus excellente repose sur
• ton serviteur et ton vicaire! > Il défendit que l'on battit des timbales et que l'on sonnât des trompettes
cccLii VIE DU KHALIFE
cette ville, «n sortit, et sa marche donna de TiitqaKtude à Hassan et à Mo&rridj , père de Hassan. lU Isi dressèrent une embuscade, et, l'ayant attacjné entre Gaza et Ascalon , ils battirent ses troupes avec gnnde perte des deux côtés, le prirent et le firent moniir'- Ils vinrent ensuite mettre le siège devant Randa, 4 pillèrent tout le pays voisin; pois, leurs tnmpe* le grossissant tous les jours, ils prirent Bamla et s'enparèrent de tous les environs. Hakem , ootré de cette conduite, leur envoya faire de vift reproches, mais ib n'y eorent aucun égard; au contraire, ils envoyènnl une dépntation à Aboulfotouh , émir de la Mecque : Bs lui déférèrent le titre de prince det crvyanii, et Ten^ gèreot à venir les joindre pour qu'ils le fissent icooonaitre pour khalife. U vint en effet les trouver, ajaat laissé un lieutenant à la Mecque, et il fut proclamé U» life. «Personne, disent les livres des Dnues, dans le < temps où l'émir de la Mecque était venu à Ramla et > s'était joint avec le fils de Djerrah et ses enfanta, po^
• sonne, disent-ils, ne doutait que l'on nevitanpremin ■ moment arriver Hoseïn, fils de Djafar, Hoselaï, avec
• Mofàrridj, fils de Dagfâl, et seR enfants, et qu'ils ne
tnmpei égyptiennes en gamiton i Damw on d«u d'aatrM piaeci dt la Sj^rie. Ct»\ ce qo'indiqaent l'ordre de* événenieiiu et la maniln dont l'eiprime Ebn-aUlliir.
' Nowaïri dit qae cette rencontre eat lien entre Bmfk jj et brMUi ^j,| J . Rtfib af^iartieat à la contrée nommée Djt^jLi^ qai (orme la limite de L'Egypte du cAté de I* S;r^*: Dutnwi Ml ■ne [Jsce forte lituée entre Gaia et l'ÉftTiile
HÂKEM-BIAMK ALLAH. cccuu
se rendissent maîtres du Caire. Mais notre Seigneur (Hakeni) montait à cheval tous les jours et toutes les noits; il sortait du Caire sur le soir et se rendait dans Sahra-^djubb, du côté de la montagne, vers le lieu même par lequel on disait quedevait arriver Mofarridj, fils de Djerrah. » Cependant Hakem écrivit à Hassan et à Moiarridj ; il leur promit des terres et autres dons, ce qui les détermina à abandonner Abou'lfotouh. Ils le renvoyèrent donc à la Mecque et rentrèrent sousTobéissance de Hakem. « Hoseîn, disent encore les livres des • Dmzes, retourna à la Mecque, après que la discorde c se fut mise entre lui et le fils de Djerrah , et que celui- « ci eut voulu le tuer. »
Cette réconciliation de Hakem avec Hassan et son père Mofarridj ne fut ni bien sincère ni de longue durée. Ce prince envoya quelque temps après Ali , fils de Djafar, fils de Fellah , en Syrie , à la tête d*une armée. Ali étant arrivé à Ramla chassa de ce pays Hassan et tous ses partisans; il se rendit maître de toutes les places que celui-ci possédait dans la montagne de Schérat, et s*empara de ses biens et de ses trésors ^ Hassan demeura errant et vagabond durant deux ans entiers. Son père Mofarridj ayant sollicité la faveur de Hakem , il lui accorda Toubli du passé et lui donna des terres
' Ebn-alathir ajoute : «Ali vint ensuite prendre le gouveme- • ment de Damas et y arriva au mois de schawal 390. » Cet le date est certainement une erreur; il est vrai qu'Ali fut gouverneur de Damas en 390, mais cela est ante'rieur de onxr ou douze ans aui ffiit^ rapportés ici
cccLxiv VIE DU KHALIFE
fendait de parler de cette matière; et plaùeiirs pffsonnes, y ayant contrevenu, furent punies. Hakemie promenant un jour aperçut sur un de ces bfctiineBti que Ton nonmie kaîçarièh, et qui sont des espèces de bazars plus connus aujourd'hui sous le nom de Uof ou A'okaïs, un tableau qui contenait des anatbèmei contre les compagnons de Mahomet, rivaux ou enaemis d'Ali; cela lui déplut, et il s'arrêta pour le frire effacer. Ensuite on sonna des clochettes dans toutes Ici rues de Misr et du Caire, et on lut une ordonnanoe par laquelle il était enjoint de rechercher tous les tableaux contenant de semblables anathèmes qui avaient été attachés sur les portes des kaiçarièhs, des boutiques, des hôtels, des khans et des maisons, de les Ater, de les briser, d'en détruire les traces, et d'ei&cer toutei les inscriptions de ce genre qui étaient sur les murs. Cet ordre fut exécuté avec grand soin. En la même année 4o3, Hakem assigna des terres, un local et des revenus pour les pauvres et les indigents , et pour les docteurs et les Mouèddhins des djamis, des mosquées et des couvents.
En cette année , i'émir de la Mecque étant retourné dans cette ville, reconnut Hakem pour khalife, fit mettre son nom sur la monnaie et le fit nommer dans la khotba. Il envoya un député à Hakem pour lui fiûre part de sa soumission, et ce député fut présenté au prince le 1 4 de djoumadi second ^ Hakem écrivit aussi
' Ce fait est rapporlé par quelques historiens à Tan iok-
HAKEM-BIAMR-ALLAH. ggglxv
en 4o3 aa sultan Mahmoud, fils de Sébectékin, souverain de Gfazna, pour rengager à le reconnaître pour khalife ; mais Mahmoud envoya sa lettre au khalife Kadir, après l'avoir déchirée et couverte de crachats.
Je joindrai aux événements rapportés par Makrizi sons la date de ^oi , plusieurs faits qu'Aboulmahasin place sons Tan ^oo, et .Fauteur du Tarikh Djafari sous fan 4o4« mais qui me paraissent appartenir à l'an 4o3, parce qu'ils se trouvent entremêlés d'autres faits que Ifakrizi rapporte à cette année, tels que la destruction des églises, le pillage, la confiscation et la concession de lenrs biens meubles et immeubles. Le i4 de djoumadi second, Hakem ordonna que l'on construisit un observatoire à Karafa. Le kadhilkodhat Malec, fils de Saîd, se rendit pour cet effet à Karafa et y établit trois inspecteurs pour surveiller les travaux. On conunença à construire l'observatoire, conformément aux ordres de Hakem, mais cet ouvrage ne fut point achevé. Ce prince fit aussi faire un état estimatif des ornements tels que chaînes, lampes, suspensoires, nattés, etc., qui étaient nécessaires pour la djami de Hakem, située proche la porte du Caire nonmiée Bah-alfoionh. Cela se trouva monter à 5ooo pièces d'or, et la quantité des nattes montait à 36,ooo coudées. Le 5 de ramadhan, il fit porter à la djami d'Amrou , en la ville de Misr, une grande lampe ou lustre d'argent, iannour, du poids de cent mille drachmes, dans laquelle brûlaient 1200 mè(!hes/et deux autres lampes. Elles furent portées au son des tambours et des trompettes, et aux cris du TeUU
GGCLxvi VIE DU KHALIFE
et du Tecbir ^ et placées dans U djami , dans la nuit da milieu de scbaban. Le kadhilkodhat accompagna h marche de ces dons. On fut obligé de démolir les omitabèh et de bire creuser le sol des rues, pour que œtle grande lampe pût y passer^. Il fallut aussi démdir la partie supérieure de la porte de cette vieille djami, pow y faire entrer cette lampe. Hakem fit de plus porter daas cette djami mille deux cent quatre-vingtdix exem^aiies de TAlcoran , dont plusieurs étaient écrits entièremenl en lettres d*or. Le 27 de ramadhan, Hakeni se rendil lui-même à cheval à la djami d'Amrou; il y fit la kbotba et la prière du vendredi, ce qu'aucun prince de sa maison n y avait fait avant lui. Le prenciier jov de ramadhan , il se rendit à la grande djami dn Caire, et y fit porter beaucoup de tapis et de lampes d'or et d'argent, ce qui lui attira bien des bénédictioiis. Le vendredi 10 du même mois il se revêtit d'un habit de laine', il prit un âne pour monture et donna loas
^ Le tehlil J- ^ ^ »\ consiste dans cette formule, ^ ^ ut^ ^
amIj Vl ùj i , U n'y a de puissance et de force qu'en Dieu, et le tcrèo*
j/jfjZj , c'est dire j^^-* t m I Dieu est gfund,
' Les £A..B>a.^ mastahhh sont des estrades ou bancs de pierre, oonttniits au-devant des boutiques. G>nsultez , pour fintelligeim de oe qui est dit ici, ma traduction de la Relation de TEgypte par Abdallatif, page 386.
* Ceci pourrait bien être de do4; en effet, il parait, par plusieurs passages des livres des Druzes , que Hakem n*a porté des habits de laine que pendant sept ans, et n*a pris un âne pour monture que pendant le même temps. Peut-être même ces sept ans ne oommcBcent-ils qn*en 4oS, car c'est sous Tannée àob que, suivant Makriii,
HÀKEM-BIAMR-ALLAH. gcclxix
rent ce dernier parti. Les astrologues ne furent pas mienx traités, quoique Hakem pratiquât lui-même leur art. Une ordonnance rendue en Tannée àoà défendit d'observer les astres et de parier en aucune manière d*astrologie, et condamna tous les astrologues à être bannis du pays. Ils vinrent tous trouver le kadhilkodhat Malec, fils de Saîd, qui reçut rengagement qu'ils prirent de renoncer à leur profession , et leva la sentence de bannissement prononcée contre eux. Les musiciens eurent aussi le même sort. Hakem se distingua encore cette année par de grandes aumônes et des largesses abondantes ; il donna aussi la liberté à un grand nombre d'esclaves. A ces largesses inconsidérées Hakem joignit un acte de justice, en rendant à leurs propriétaires les terres et les biens dont il s'était emparé. Il désigna pour son successeur, le deuxième jour du mois de rébi premier ioà^, Abd-alrahim, fils d'Élyas, son cousin, dont nous avons déjà parié, et il ordonna qu'en le saluant on se servit de cette formule : • Salut «an cousin paternel du prince des croyants, au suc- • cesseur désigné du souverain des Musulmans. » Abdalrahim demeurait dans le palais. Le nom d' Abd-alrahim fut mis sur la monnaie, et on fit mention de lui dans la khotba, en qualité de successeur désigné. n avait réellement toute l'administration des affaires, durant que Hakem, vêtu d'une robe de laine blanche, ayant un simple linge pour turban , et à ses pieds des
^ Cest Nowaîri qui me fournil celte claie précise.