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ux&ui VL£ DU KHALIFE
|uou ctt uiu-at tuutn les issues, en sorte que lontci iil«a..|ui ^'v irou«èrent y périrent. Le motif on lepri- KXM à» ^.vittf onlunDance fut le libertinage des femmes 'll^^iMuiM». Haiem avait employé toutes sortes de itM^ru»^ (KHir ronuaître leurs secrets. Il se servait de > uttUe» leuuues qui s'insinuaient dans les maisons, dé- .uuttWut les secrets des femmes et lui rapportaient pidi' qu«lB artifices elles sortaient de leur logis, et comlucut elles panenaient à se trouver anx rendet-Tooi de leurs galants; alors Hakem envoyait un eunuqoe avec des soldats dam la maison sur laquelle il avait re^ de» informations, et cela chet les grands comme cbei les simples particuliers. Ces gens demandaient que l'oa rtt venir devant eui une telle femme, sœur ou fille da ■naitre de la maison, et ils la conduisaient devant Hikem. Quand ce prince en avait ainsi rassemblé daq ou dix, il les faisait jeter dans le Nil. Hakem ayant rendu l'ordonnance dont nous avons parié, il airin que beaucoup de femmes veuves, qui n'avaient ni fr^. ni fils, ni autre parent qui prit soin d'elles, périrent de (àini et de nudité dans leurs maisons, parce qn'dies ne pouvaient ni acheter ce dont elles avaient besoin, ni vendre leur fil ou autres ouvrages. Pour obvier k attr conséquence , Hakem , qui en fut informé , ordonna que 1rs marchands qui vendaient les choses à l'usage An femmes ou achetaient leurs ouvrages, rôdassent dans les rues à l'entour des maisons, afin que les femmes. Quvrani leur porte, pussent acheter et vendre sut néanmoins montrer lenr visage ni leurs mains. On
■aeni
HÀKEM-BIÀMR. ALLAH. gggluiii
mettait pour cet effet la marchandise sur une pelle, et on passait l'argent de la même manière. On devait joindre à la marchandise une note du prix, sans doute pour que le marché pût se conclure sans parier.
En cette année ioli, Alep reconnut Hakem pour souverain , et la dynastie des Bénou-Hamdan prit fin dans cette ville. Mansour, fils et successeur de Loulou, avait imploré le secours de Hakem contre Abou'lheîdja , petitfils de Seîf-eddaula, promettant au khalife de ne posséder dorénavant Alep que comme son lieutenant. Au mois de ramadhan, Hakem fit dresser, en faveur de Mansour, un diplôme qui fut lu dans le palais au Caire, par lequel il lui accordait la possession d'Alep et de toutes ses dépendances. Dans ce diplôme Mansour fut surnommé Moriadha-eddaula,
Je ne dois pas passer sous silence un fait important consigné dans un écrit compris dans le recueil des Dmzes, fait dont la date, il est vrai, n'est pas indiquée, mais qui ne peut guère être postérieur à Tan io4 : je veux parier de la conférence des Juifs et des Chrétiens avec Hakem. Une troupe d'hommes de ces deux religions se présenta devant Hakem, un jour qu'il se promenait à Karafa, au cimetière nonmié Kibah attaîr, et, après avoir obtenu de lui la liberté de lui exposer leurs griefs sans pouvoir être inquiétés pour rien de ce qu'ils diraient, ils lui représentèrent que la conduite qu'il tenait contre eux était directement opposée à celle qu'avaient tenue le prophète et tous ses successeurs. > Ils ne nous ont , lui dirent-ils , contraints à au-
ceci,»,. - ^HAUPE
qu'un vu Ml. - '-"'* exigez de nuus. ooDuueik
celles lit.: . .-> d uo» couvents', de déchirer ni»
tpsi,. ,i, , , -rtelé» de Uieu à nos apôtres....
/,„^,,i,, ,., •■■-. tuusavez profané et livré au pil
„],. , , . .^>u« et l'Evangile; on s'en sert aujoar-
^i .^lu^tper des onguents et du savon, et nu
.^f t» marchés au même prii que des pi-
. ^>. Vpivs plusieurs antres discours, ils le
.«.-ui dire comment il pouvait justiËpr
.^e au»si opposée aux conventions faites entn:
^'.m %'t leurs aucètrcs, et exactement obsert'ër'
... ^l*v tous les princes musulmans, promet-
\.vuu;i' uitMlestemcnt sa réponse, ou de se rc-
. i I (.'t'usait de leur répondre. Hakem, sans (<■
,..1 .le mécontentement de leur démarche, leur
.. .. vuilr^-vuus à la nuit suivante, ce qui proutr
. iki >v passait dans une promenade nocturne ilr
ja)^.u. l't leur dit d'amener les personnes les plu>
. ...■.).> de li'ur religion, alin que ce fût à ces p'r
,.,.'.. i|Uf s'adressât sa réponse. La nuit suivante, il»
...t.ii oiuti'ts au rcodez-vous, et se présentèrent au
,.u.>iv de imze. au lieu que la nuit précédente ils
. uuciil qut' sept. Après quelques questions prélimi-
^.iKi^, llakei» leur dit qu'il les prenait sous sa sanve-
U..M et qu'il ne leur serait (ait aucun mal, pourta
^„ lit. tv(>oiidissent conformétncnt à la vérité et à leun
..'.lUrfisMiitces: mais qu'au contraire, s'ils se pcnnrl
HAKEM-BIAMRALLAH cgclxxv
taient le moindre nicusonge, ils seraient livrés an sup* plier, ils acceptèrent ces conditions. Alors Hakem leur raconta toute Tentrevue et la conférence de Mahomet avec les chefs des Juifs et des Chrétiens de son temps, les preuves quMl leur avait données de sa mission, leurs objections, la promesse que Mahomet leur fit de ne point les forcer à embrasser sa religion, mais â*exiger seulement une capitation de ceux qui ne voudraient pas lembrasser et qui se trouveraient dans les lieux conquis par ses armes. Hakem leur demandait de temps en temps si ce qu il leur racontait était conforme à la vérité. Ces gens reconnurent la vérité de tout ce que disait Hakem , après quoi il continua ainsi : « Mahomet leur dit donc : Cela étant ainsi convenu entre vous et moi , comme vous m'avez opposé certaines objections et que vous \ous êtes refusés à reconnaître le rang éminent auquel Dieu m*a appelé, en disant que celui dont vous attendez lavénement prédit par vos livres saints doit porter un nom différent du mien, et agir autrement que je ne fais, et que sa mission ne doit avoir lieu que dans 4oo ans ù partir du temps où nous sommes, dressons entre nous un écrit par lequel vous contracterez rengagement de me payer un tribut pendant tout le temps qui s'écoulera jusqua l'époque de Tavénemcnt de cet autre dont vous attendez la venue. Si je suis un menteur et un imposteur, vous serez alors vengés de mon oppression , et ia souveraineté passera entre vos mains, à lavénement de relui que vous attendez. Si, au contraire* il ne
CGCLUVi VIE DU KHALIFE
■ parait pas alors le prince qui à cette époque
< occupera ma place vous iavilera de uoaveaa à on- '
■ brasser ma religion. Si vous y acquiesce! votn
•I soumission vous sauvera ; mais si vous voua y refii-
• sez , il vous fera mourir sans recevoir de vint
■ aucune excuse; il détruira votre religion, tenvenen
■ votre toi, détruira vos temples et livrera vos Uviei
■ aa mépris : il vous subjuguera et vous eiter-
< mioera. vous et tous les incrédules, jusqu'à U radne. •
• Od sait, ajouta ensuite Hakem, en qael temps est
• né Mahomet : aucun de ses successeurs n'a pu jnsqn'i
■ présent enfreindre les eng^ements qu'il avait prit;
■ mais aujourd'hui que l'autorité est entre mes maioSi le
• délai que vous avait accordé Mahomet étant e&piré, j'ai
■ le droit de mettre à exécution les conventions arrêtées
■ entre lui et vos ancêtres. Aves-vous quelque choie t > opposer à cela?> Alors, convaincus par ces paroles, ils se retirèrent couverts de confusion et sans pouvoir répondre un seul mot.
Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de décider si le silence des Jui& et des Chrétiens vint, en cette circonstance , de leur conviction , et si les discours de Hikem étaient effectivement conformes à ose tradition reçue parmi les Musulmans, on si ils n'osèrent pat donner un démenti à un prince aussi cmd et d'an aractère aussi emporté. Cette aventure, comme on voit, est nécessairement postérieure à l'an 4oo, et je necroB pas que l'on puisse la reculer plus loin que l'an joi. Hakem ayant permis en cette année que tous les Jnîb
HAKEMBIÀMR-ALLAH. gcclxxvii
et les Chrétiens qui ne voudraient ni se soumettre à ses lois, ni embrasser la religion musulmane, se retirassent dans le territoire des Grecs, ce qui leur donnait un moyen de se soustraire à ses vexations.
Au mois de rébi second 4o5, Hakem fit mourir le kadhilkodhat Maiec , fils de Saïd , Faréki : il avait exercé cette place six ans neuf mois et dix jours. Le revenu de ses apanages montait à 1 5,ooo pièces d'or par an. A cette même époque, ce prince multiplia ses prome* nades; il en Caiisait plusieurs chaque jour. Il acheta des ânes et s*en servit au lieu de chevaux ^. Au mois de djoumadi second » Hoseïn , fils de Taher, Wazzan , fut mis à mort, après avoir exercé la place de premier ministre et secrétaire d'état deux ans deux mois et vingt jours. Les employés des bureaux eurent ordre de demeurer chacun dans leurs bureaux, c est-à-dire, à ce que je pense, de ne point faire partie du cortège de Hakem dans ses promenades. Ce prince sortait, monté
^ Ce fut sans doute à la même époque que Hakem adopta le costume décrit par Sévère d'Oschmouneîn, et qu'il conserva, ainsi que je Tai dit ci^evant d*après les livres des Dnues, durant sept ans, c*esiàdîre jusqu'à sa mort. Il quitta les habits qui convenaient à son rang, prit une robe de laine noire, et laissa croître ses cheveui, en sorte qu'ils lui tombaient jusque sur les épaules. Sévère ajoute qu'il se réduisit pour monture à un âne noir, mais ceci est contraire au témoignage de plusieurs historiens qui remarquent que Tàne qu'il montait le jour de sa mort était gris. Ce fut aussi à cette époque qu'il commença à ne prendre avec lui, quand il sortait, que deux ou trois palefreniers. De plus, pendant ces sept années, il s'abstint absolument de prendre des bains.
cccLixTHi VIE DU KHALIFE
sur son âne, ayant sur la tète on simple bonnet' law tarban par-dessns qui le recouvrit. Les places de premier ministre et secrétaire d'état fm^ut données à devi frères, lîls d'Abou-Saîd, le catcb Abd-alrafaim , et iob frère Hoseïn Abou-Abd-allah. Us n'occupèrent cet jdac» que soixanteKleux jours, et, ayant été mis à mort, ik forent remplacés par FadhI , fils de Djafar, fils de Fént, qui eut le même sort cinq jours après sa nominitioa. Ali, bis de Djafar, fils de Fellah, surnommé DAm'Iriatateïn Kotb-eddanla, occupa ensuite ce poste important. Makrizi ne nous apprend plus par qui cette fiatt fut exercée jusqu'à la mort de Hakem. U n'y m pas d*^ parence cependant qu'Ali l'ait conservée tout le reste de la vie de Hakem, et Aboulmabasîn dit que le vinr, c'est44ire le premier ministre de Hakem, lors de la mort de ce prince en Âi i, se nommait Khatir^moMle. La place de kadhi'lkodhat fut donnée, après la mort de Malec, fils de Saîd, à Ahmed, lils de Mohammed, Gk d'Awwam , dont il est souvent fait meotion dans la livres des Dmzes. Hakem passa toutes bornes dans sa laif^esses, il alla jusqu'à donner des apanages aux patrons des barques, aux porteurs de falots, et aux Arafat* de Bénou-Korra. Au nombre des lieux qu'il dcmoa aÎMÏ en apanage, étaient Alexandrie. Bohaïrèb et les lien en dépendant. Les Bénou-Korra s'emparèrent d'Alexaadrie et de son territoire.
Les promenades de Hakeui devenaient de plus cfk
' j^^Lâ. Voj»>urce mot l«niirMtoinathio anbe, i*MilN« . < I. p. '99-
MAKEM-BIAMRALLAH. cgclzzix
' <•; il un faisait jusqu'à six en un seul I clioval, tantôt sur un âne, tantôt dans 't« li [Miiioe par des hommes sur les épaules» :> io Nil, dans une barque et sans turban. Il -iïni.til à donner des apanages aux militaires et à î it- r»Hi\ qui le servaient.
Makrizi, que j*ai suivi principalement pour guide jusqu'ici , ne dit plus qu un mot des six dernières années de la vie de Hakem , et les autres auteurs que j*ai consultés me fournissent si peu de dates, que je dois près* que me borner à des conjectures pour déterminer les éi^énements qui appartiennent à ces dernières années.
Ed Tannée 4o6, Hakem donna le gouvernement de Dunas à Saktékin ou Schatkin Schems-eddaula, et il le loi ôta en Tannée 4o8. Cétait un homme violent et cruel. Ce fut lui qui fit construire le pont nommé le Poni neuf, au-dessous de la citadelle de Damas. Le jour même que le pont fut achevé, il ne passa personne dessus. Le lendemain matin le gouverneur se tenait snr sa porte, les r^rds fixés sur le pont; son intention était de monter à cheval et d'y passer le premier. Au même moment un cavalier y passa; il en témoigna du niéoontentement et demanda au cavalier d'où il venait; iEgypte, lui répondit le cavalier; et il lui remit en même temps des dépêches qui contenaient sa destitution; ce cpii fit dire à un habitant de Damas : «Il a
• b&ti le pont, il a déboutonné ses habits de sa propre
• main , il ne savait pas que sur ce pont passerait Tordre
• de sa destitution. ■
cccLxxx VIE DU KHALIFE
Dans le cours de cette même année 4o6, Hakem devint tout à fait maître de la ville d'AIep. MortadhMddaula, qui avait, comme nous Tavons dit» reconnu ea 4o4 Hakem pour son souverain, s^était suscité on grand nombre d'ennemis, dès les premières années de m» règne, par ses perfidies et sa mauvaise conduite. Les Arabes Bénou-Kélab ayant pris les armes pour tirer vengeance de ses mauvais procédés à leur égard, en Tan 4o2 , il feignit de vouloir leur donner satis&ction; il ki appela près de lui et les invita à un festin. Mais (joind ils furent entrés dans Alep , il en fit fermer les portei, fit arrêter leurs principaux chefs, Salih, fils de Merdas, Abou-Hamid, Djami, fils de Zaïda, et autres, et en fit massacrer plus de mille. Salih cependant parvint à rompre ses fers au moyen dune lime, et recouvra la liberté au commencement de 4o5. Alors il se mita la tête des Bénou-Kélab; et comme il ravageait les domaines de Mortadha-eddaula, celui-ci rassembla ce qull put de troupes, et marcha à sa rencontre. U fut battn et tomba lui-même au pouvoir de Salih. Salih, qui désirait la paix, consentit à un accommodement dont les conditions furent que Mortadha-eddaula recouvrerait la liberté en payant a Salih cinquante mille pièces d*or, cent vingt mille livres d'argent au poids d'Alep , et cinq cents pièces d'étoffes; que tous les Bénou-Kélab et leon femmes qui étaient en prison seraient mis en liberté; que la ville et tous les faubourgs et le territoire d*Alep seraient divisés entre Salih et Mortadha-eddaula , et que rhacun deux percevrait les revenus de sa moitié; en-
HAKEMBIAMH. ALLAH. coglxxxi
fin, qae Mortadha-eddaula donnerait sa fille en mariage à Salih. Mortadha-eddaula fut mis en liberté à ces conditions; mais, comme il ne se pressait pas d exécuter les dauses relatives au partage d'Alep et au mariage de sa fille avec Salih, celui-ci bloqua ia ville et l'afiama, œ qoi indisposa les habitants contre Mortadha-eddaula. Ce prince se brouilla en même temps, en Tannée do6, avec un de ses gens , nommé Fatah Kalaî, qui commandait dans la citadelle ; il lui imputait Tévasion de Salih et tons les malheurs qui en avaient été la suite. Fatah, mécontent, se révolta, et envoya dire à Mortadha-eddaula : «Sors d'Alep, sinon je livrerai la citadelle à • Salih. » Dans cet état de choses , le samedi 2 d de redjeb io6, Mortadha-eddaula étant dans son palais près la pcHie nommée Balnildjinan, on entendit battre des tambours et sonner des trompettes dans la citadelle, et des gens crier : « Hakem, 6 Mansour! Salih! 6 Mansour! • Mortadha-eddaula crut que Salih était maître de la citadelle; il s'enfuit avec toute sa famille et ce qu il put emporter de ses effets à Antioche, et eut recours à la générosité de lempereur grec, qui lui donna un asile et des terres en Syrie. Abou-Nasr Fatah Kalaî, informé de la fuite de Mortadha-eddaula , fit aussitôt proclamer Hakem souverain dans Alep; il s'accommoda aussi avec Salih en lui accordant la moitié des revenus fiscaux de la ville et de ses faubourgs, et lui livrant les femmes de Mortadhaeddaula , de son frère et de ses enfants. Salih les renvoya, à Antioche, à Mortadha-eddaula, et ne retint que sa fille, quil lui avait promise en mariage. Fatah fit
cccLUXii VIE DU KHALIFE
venir à Alep le gouverneur d'Apamée, Abou'llmui Ali. Ois d'Ahmed, Adjémi, connu sous le nom d'AdAa^^: pour lui il demeura dans la citadelle, et écrivît à Hifcem pour riostruire de tout ce qu'il avait iaîL Le khalife lui fit une réponse par laquelle il lui ténu»gu n satîsbction, et lui donna le titre de Mobarec-edéaait wéiaîdha^. 11 écrivit aussi à Addhaîfet à Salili pour le engager à vivre en bonne intelligence avec Falah, et donna à Addhuf le titre de Sédid-eddaaia, et à Stlik celui de Asadeddaala^. Enfin il adressa aux habïtuli d'Alep un resent portant abolition des impôts et da exactions injustes, et remise du titaradj, ou cmtribulion foDcière; ce rescrit était de l'an 407 V Hakem envoya ensuite à Alep pour y commander en son Don, MoUitar^daula , iilsde Nézal, Kétami, gouvemeorde Tripoli, et Morhif-eddaula Bahkem Turki , gouverneur deSeïde. Il écrivit aussi à Hassan, fils de Mofairidj, Gb de iC^errah, Taî, ainsi qu'à Sénan, fils d'Olayyan, Ulébi, pour leur recommander de veiller à la conaeration d'Alep. Ensuite il négocia si bien auprès de Fatah. que celui-ci remit la citadelle, au mois de lamadhui 407, à l'émir Aziz-eddaula Abou-Scbodja Fatek, qnr Hakem avait envoyé pour cela à Alep. Fatah e tout le mobilier, l'or et l'aient monnayés, et les a
' La o-f^o^j «JjjJt (^jLm*
* kénial-eddin, de qui ceci est tîr^, l'tvail enire len nuiu
HAKEM-BIAME-ALLAH. gcglxxxiii
qai avaient appartenu à Mortadha-eddaula , et qui se trouvaient dans la citadelle, et se rendit à Tyr, dont il fut nonuné gouverneur. Aziz-eddaula était un esclave arménien qui avait appartenu à Mandjoutékin , aiTranchi du khalife Axiz-biilah. Ses bonnes qualités lui avaient mérité Taffection de Mandjoutékin. Hakem le revêtit d'une pelisse, lui fit présent de plusieurs chevaux avec leurs housses ornées de plaques d'or, et d'une épée avec son baudrier, lui donna le gouvernement d'AIep et le titre honorifique diÉmir-alomara, Aziz-eddaula wétadjeltmlla ^. Dans la suite il se révolta contre Hakem.
Suivant Fauteur du Tarikh Dja^ari, ce fut en ^07 qu^arriva à Misr l'aventure de Mobanmied, fils dlsmaël 'V Darari ^ qui débita de Hakem des choses exorbitantes, et autorisa les mariages illicites. Elmacin place ceci sous lan do8; mais, en combinant tous les passages relatifs à cet événement, que nous offrent les livres des Druzes, je ne doute point que l'aventure de Darazi ne soit effectivement de la fin de 4o7. Car cette aventure X est sûrement ce qui a donné lieu à Tinterruption des Medjlis, à la confusion et par suite à l'apostasie des partisans de la divinité de Hakem, du temps qu'Ahmed, fils d'Awwam, était kadhi'lkodhat, vers la fin de l'an &07. Je ne fais donc aucune difficulté de rapporter à lan 407, et vraisemblablement à la fin de l'année, le ^t dont je vais rendre compte. Darazi , suivant Eima-
■ ail çbj JjaJf>!> >l>.J't>y.f
J* prononce et j'écris Darazi, quoique j'aie toujours écrit ju»- •• « ** *
?*»iri Dnrri, parce que dans les livres des Druzes on lit t5jij3.
ccciXKiv VIE DU KHALIFE
cin, était un daî, c'est-à-dire un missionoaire de h Kcte des Baténis, et il était Persan. Je crois plntôt qnll toh Tuiy, car dans les livres des Druses il porte le nom de Neichiékin, qui est incontestablement turc D se nommait Mohammed, fiU d'hmail, et était surnommé Dami. ■ans qu'aucun écrivain nous donne la raison de oe nirnom. Il était, suivant le témoignage de pliuienn historiens , de la secte des Baténis qui croyaient à la métemmycose; il vint en Egypte, et s'attacha an aemcede HaEem, qui le combla de bienfaits et de grâces. Duan l'aida à faire valoir ses prétentions à la divinité, et se nùt à enseigner publiquement que Hakem était le dien ctéttear de l'univers, etàinviterlepeupleàembraaaa-cetk doctrine. Il composa un livre dans lequel il disait que Tàme d'Adam avait passé dans Ali , fils d'Abou-Tdeb, que l'âme d'Ali avait passé dans les ancêtres de Hakem, et s'était enfin arrêtée dans ce prince. Il s'empara ainn de l'esprit de Hakem, qui l'admit près de lui , lui abanduiM la conduite des aJTaires, et l'éleva au rang le pins éminent, en sorte que les vizirs, les commandants des troopa et les serviteurs du prince étaient obligés de loi bire la conr, et n'obtenaient aucune décision dn soavenn que par son entremise. Le but de Hakem en ceb était de les accoutumer à une soumission aveugle etvers ce Daraci. Celui-ci fit paraître le livre qu'il mit composé, et le tut dans la djami du Caire. Le peupk, l'ayant entendu, en fut très-choqué et se jeta sur loi pour le tuer, mais il s'enfuit. Suivant le récit dïlmacin, un Turc fondit sur Darazi lonqn'i) était flan* le
HAKEMBIAMBALLÂH. ggclxxxv
char même de Hakem, et le tua. Sa maison fut pillée, il y eut un soulèvement général, et les portes du Caire forent fermées : le tumulte dura trois jours, et il y périt un grandjoœnbre d^jse^ Après cela
le Turc qui avait toéDaïa^l^ ,
et on le fit mourir, sous prétexte d*un crime qu*on supposa pour le faire périr. U y a vraisemblablement erreur dans ce récit , et il est certain, par les livres des Druzes, que Darazi ne périt pointjbyas cette occasion. Le récit le plus vraisemblable est celui d'Abou*lmahasin et de quelques autres historiens, dont voici la substance. Hakem n'osa pas prendre ouvertement le parti de Darazi , mais il lui fit passer secrètement de l'argent et lui fit dire de se retirer eu Syrie, et de répandre sa doctrine dans les montagnes, où il trouverait un peuple grossier et disposé à adopter les nouveautés. Darazi vint donc en Syrie, dans la vallée de Teïm-allah, au couchant de Damas et sur le territoire de Panéas. Il lut son livre aux habitants de cette contrée, les invita à reconnaître Hakem pour dieu, leur distribua de Fargent, leur insinua le dogme de la métempsycose, leur permit Tusagedu vin et la fornication, et leur abandonna les biens et la vie
de ceux qui refuseraient d'embrasser leur croyance ^ Je dois joindre à Taventure de Darazi un autre fait
rapporté par Aboulmahasin , et sans date, et qu'on
^ Suivant le Tarikh Djafari, Darazi combattil contre les Turcs en ^11* Les gloses du recueil des Druzes disent qu'il fut tué en ^lo *vec plusieurs de ses partisans : peut-être pcrit-il dans un combat ^tn Jeu Turcs en 4 1 o ou 4 1 1 •
cccLxxxiv VIK I : kd.^LIFE
cin, éuit un daï, c'csl ^u.iu^ircoiiime an récit impen des Baténis, ot il étaH l'uï^Kiit'. H prit faDtaisïe à Hi- Tprc, cardans leslùiua ne se taire regarder comni'* Netchtikin, qui ckI iiit,-*u r]t^rsonDe un homme nonioif ïùmtMohammeâ.fiU n'iï» oe projet. Celui-ci se forma un uns qu'aucun écri\ dm j permettait des actions condamnom. Il était, sui\d...:juur,AkbramvtantsortîduCuTf riens, de la secii u-juiWUlean. tous montés à cbevil. psyoose; il vint lus * cheval dans la djaniî: ceux qui HâVem.qui K' vu> .u àrent autant. En ce moment If l'aida à faire mA ^ a Awwain , tenait son audience dans iensei^orpi. <mX occupé à juger des procès. C» teurdcriiiii,.(,t ^uple qui était présent et se mi doctrine. li s y, ,^ les assistants; posuite ils préseoté- Tâmed'V '-^,,^ jjtm requête qui contenait une décision l'âme 'V\,.^..^ M droit, et qui commençait par m setnïl . .,tM Uakem.leclémenteilemiiéricordietti- Yei'iy'. ;«4iti lue, éleva la voix en témoignant son iola • ,. t ..1 répéta. Aussitôt le peuple se jeta sur "' ' .M. "^ "^ compagnons furent tui's. mais poor '" ^ 4(.Mpar la fuite.
,^«c Vwaîri qu« jr donnn'ai il )a snit«de U Vif de Ht- .H -•,«<* -KM!!! dcDi raili difiïreats.
^^ .4 H.^/VnJn. lant qu'U loit ctfriuiaiA ïnli^rmmt tt^' . «. Jï .v(h; ^ui » tonHU pmie : ^^ J^^ ^^I J^j
., ^^•*«! b •-*'' '-*■>'' j' *^' '-KJ «»**** ti>>^'j*J ^ ^^wi' Wii' *»â>J(lj. Suivanl Golius r* mat sipifit»!*'
'iTv^
HAKEH-BIAMR-ALLAH. cccxxxxwi
ou et Darazi ne furent pi'is les seuls qui se
Ml de faire reconnaître la divinité de Hakem.
imposteur entreprit de faire valoir ses pré-
!-ns. lit le lit, à ce qu'il parait, avec plus de suc-
Osi relui que les Druzes regardent encore au-
* ii'Vhui comme Tauteur de leur système relieieux,
T1nin/a^Qls d*AUi^.^, d'Ahmed, surnommé Hadi on
I*' ilii-ectcur^ Il n était point Égyptien , mais étranger,
' C'est en effet à Hamia et non à Uakcm qu'il faut faire remonter tout Ir système religieux des Druzes, en reconnaissant toutefois qu'il n*a construit rédifice de ce système que sur des idées et des allégories qui avaient cours depuis longtemps parmi beaucoup de ■>ectps musulmanes, surtout parmi celles qui professaient un dévouement tout spécial aux descendants d'Ali. Hamza, en proposant Hakem h Tadoration des hommes, ne s oubliait pas lui-même. Il se constituait le ministre du Dieu qu'il servait, le canal |>ar où devaient paaaer ses ordres et se manifester ses volontés, le distributeur de ses grâces, rexécuteur de ses vengeances. Il dit de lui-même : «Je
• suis le maître du jour de la résurrection , et c'est par moi que sont
• donnés les bienfaits qui se succèdent sans intervalle; je suis celui
• qui abroge les lois précédentes, et qui extermine les disciples du « polythéisme et du mensonge; c'est moi qui détruis les deux kibla,
• qui anéantis les deux lois, qui abolis 1rs deux professions de foi
■ (c'est-à-dire le tenzil ou mahométisme littéral fondé par Mahomet,
• et le tavil ou mahométisme allégorique dont Torigine est rapportée
■ à Ali et aux imams de sa race) ; je suis le Messie des nattons, c'est
• de moi que découlent les grâces, et c'est |>ar ma main que la
• vengeance tombera sur les polythéistes. ... Je suis celui qui com-
• manique l'enseignement aux ministres, qui montre la voie de la
« doctrine unitaire , qui détruis les disciples du polythéisme et de
■ Virrélîgion. C'est moi qui tire do fourreau le glaive de la religion
'unitaire, et qui nttermine tout rebrllc fier v\ innolent. Je suis 1^
cccic VIE D(J KHALIFE ™
cette en-eur est bien pardonoable, car cette doctriot. qui était admise par les Kannates et par difEfatntfs sectes de Baténu, fut bientAt introduite d«m k wv >\ tème de Hamu par quelques-uni de ae» daâ. Non n'avons nen Se oieô certain sur l'époque à Uqncilk Hamza vint en Egypte et conunen^ k prêcher n dsctrine. Il paraît, par ses propres écrits, que oe fat postérieurement à la nomination d'Ahmed, Bis JAwwam, t la place de kadhi'lkodbat, et par conséquent on {Jotôi vers la tîn de l'an àoà, Makrizi plaçant U nominatioB d'Ahmed vers le mois de djoumadi second de cette année. Hanua ne manifesta sa doctrine (m'en 4o6, ctb est hors de doute; mais il est plus que vraisemblablf qu'il y avait déjà quelque temps qu'il l'enseignait icoitement et faisait des prosélytes. Du nombre de cwjs» ,., t^ sélytes était Neschtélun Dara^, qui avait été connrli
^ [' ' par undainommé/lfi.^fi d Ahmed, Httbbal.et qui dut
la suite voulut s'élever au-dessus de Hamu. Snîvut une glose du recueil des Druies, c'était au commence ment de l'an ào& que Danui était entré, 4»°» laieclt de Hamia; mais je suis porté à croire que c'était dà l'année ^07. Quoi qu'il en soit, il est certain qoeb prédication de Hamza est antérieure à l'éclat lait psr Daraii, carTIamza dit de lui qu'il a voulu s'empim insolemment du ministère de la manifestation ; qu'il était d'abord du nombre des fidèles, mais qu'étant d^ venu oi^ueîUeus, il est sorti de dessous U robe Ht l'imam, c'esl-à-dirc qu'il a violé le secret qui lui a^iil été recommandé par llamza ; qu'il s'est arrogé
HAKEM-BIAMR- ALLAH. ccciuxix
de prosélytes. Hakem preoait un vif intérêt à Haii, et lai demandait des nouvelles de ses sectateurs et de leur nombre. Il cessa même de faire, comme il avait coutume, la prière et la khotba dans les djamis, les vendredis pendant le ramadhan , et aux deux fêtes de la fin du jeûne et des sacrifices; il supprima durant plusieurs années le pèlerinage de la Mecque, prétextant les incursions des Arabes, dont les forces étaient devenues redoutables. Il cessa aussi d'envoyer, comme de coutume, TétofTe pour couvrir la Caaba. Tout cela faisait horreur aux Musulmans, qui voyaient que ce prince semblait renoncer à la religion de Mahomet. Aîn^î^ fn^p;^ ^a ^tfif^fi ^^^ft n^rayj>, qui devint
célèbre parmi les hommes. Les lieux où ils sont en plus grand nombre sont Wadiltin, Tyr, Seïde, la montagne de Beryte, et les lieux voisins dans la Syrie. » Sévère en parle aussi en ces termes : « Hakem avait auprès de lui un homme nommé Hadi, auquel étaient attachés douze autres hommes qui le suivaient comme ses disciples, lui conciliaient des sectateurs et écoutaient sa doctrine. Hadi disait à ceux qui se rassemblaient auprès de lui que Hakem était le Messie, et leur tenait d'autres discours qu'il ne convient pas de rapporter. > Le récit de Sévère a cela de remarquable, qae nous voyons par les écrits de Hamza qu'il cherchait effectivement à persuader aux Chrétiens que Hakem ^tait le Messie dont ils attendaient 1 avènement. Il y a ïiansie récit d'Ëlmacin quelques erreurs, et c'est à tort 7'i fi attribue à Hamza une doctrine licencieuse; mais
LJLJ-I*i^ f^*^ ^ *' ' ' ~ ^ ■««^'^^ '^ m- ^ -.^-a***"
VIE DU KHALIFE tous leurs secrets. Le même moyen et l'espioitti^ qu'il
exerçait lui-même en écoutant aux portes des i dans ses rondes nocturnes, lui servaient à connaître oe que chacun faisait dausle secret de sa maison ; et quand 3 l'avait appris par le rapport des femmes qu'U emidojvt à ce service dans l'intérieur des harems, on par odm des espions qui rôdaient jour et nuit dans la ville et aux environs, et lui rendaient compte de tout ce qni se passait, il disait le lendemain : • L'n tel a fait tdle on
• telle chose dans sa maison ; il est arrivé à cdvî-cï et *
■ ccJui-là telle ou telle aventure. • Chacun demeomt ftopéiàit, et le peuple se persuadait qu'il connaissait eftctivement les choses les plus cachées; mais il n'en imposait pas à tout le monde. Un homme, plus fin que la autres, lui présenta uu placcl dans lequel se trouvaient ces vers: ■ Nous avons bien voulu souffrir l'iDJnstioeet
• la tyrannie , mais nous ne pouvons supporter fimpiété
■ et la folie : si tu connais les choses cachées, di»nou
■ le nom de celui qui a écrit ce billet. > Ce sarcasoK produisit son effet, et Hakuni ne parla plus de sa pitentiou. Il se vantait aussi de converser avec Dîea de la mûmc manière que Moïse l'avait fait sur la montagne de Sinaï. Il ordonna que lorsque le khatib pronoocetait son nom dans la khotba, Ions les assistants en files le levassent par respect pour lui , ce qui se pratiqua dam Ions ses étals et jusque dans les deux villes saînla- Les habitants de Misr poussaient encore la choac plu loin, car ils se pnislernaieut quand le khatib moiinail le khalife, el j ce niouvcuient la canaille qui se
HAKEM-BIAMR-ALLAH. (xcxcift
trouvait en dehors dans les places publiques , les imitait et se prosternait aussi. Quand il passait dans les mes* il y avait des imbéciles qui se prosternaient et criaient : « O le seuil Tunique 1 6 toi qui donnes la vie « et la mort! » On prétend même que plusieurs personnes, pour ne Tavoir pas fait, eurent la tète coupée. Comme Hakem avait des émissaires qui invitaient les idiots et les gens d*un esprit faible à embrasser cette doctrine absurde, il se trouva des personnes qui y souscrivirent par ambition ou par cupidité, pour faire fortune ou gagner ses bonnes grâces. Quelquefois un Juif ou un Chrétien le rencontrant, lui disait : « Mon Dieu,
• j*ai envie de retourner à mon ancienne religion. > Hakeni lui répondait, « Fais comme bon te semble; • et ainsi il abjurait Tislamisme, au grand scandale des Musulmans. Grégoire Bar-Hebraeus le compare, à cause de cette impiété, à Pharaon. « Il disait, ajoute-t-il, suivant
• Fexpression du prophète : Le Nil est à moi, c'est moi « qui V ai fait. • Certaines gens, en entrant chez lui, le saluaient en disant, « Salut à toi, le seul et Tunique;
• salut à toi qui donnes la vie et la mort, qui distri-
• bues les richesses et la pauvreté; • et il avait cela pour agréable. La chose alla si loin , qu un de ses adulateurs étant entré à la Mecque dans le lieu de prière des Musulmans , frappa d'une lance la pierre noire et Tendommagea, en disant: «Pourquoi adorez-vous et baisez-vous,
• ô insensés, ce qui ne peut ni vous être utile, ni vous
• nuire, tandis que vous négligez celui qui est en Egypte,
• qui donne la vie et la mort ? •
wxxciv VJE DU KHALIFE
L'aventure d'un docteur nommé Ebn-almotchaiéiv doit trouver ici sa place ^. Hakem étant eotoaré, anjou, des seigneurs de sa cour, un de ceux qui étaient préienU lu l oc passage de l' Alcorao : ■ Non , par Dieu , non . ik m
■ seroutpas véritablement cro^'ants. jusqu'à ce qu'ils tt 0 choisissent pour juge des dififérends qui s'élèvent entit
• eux, et qu'ils se soumettent à ta décision avec hoe
• parfaite résignation, sans conserver en eux-mêmes u- -con mécoQ lentement contre le jugement que taaum
■ porté^. • Celui qui lisait cela montrait en même lempi llakcm; maïs quand il eut Gnide lire, Ebn--ilmoscluddjar, homme connu pour sa piété sincère , lut cet aulre passage : • 0 hommes , on vous a proposé une parabole.
• soye2-y dociles, car ceux que vous invoquez à la plare
• de Dieu ue sauraient créer une mouche, quand même
• ils se réuniraient tous ensemble pour cela; et si uoe
• mouche leur ravissait quelque chose, Ua ne pour-
• raient le lui arracher. Celui qui adresse des vonii.
• el celui à qui ils sont adressés, sont également fâiUesi > ils n'ont pas de Dieu une idée digne de lui, car Dien
• est fort et puissant ^. • Ebn-almoschaddjar ayant la cela , tiakem changea tout d'un coup de ^'isage, pub il fit donner cent pièces d'or à Ebn-almoschaddjar, et ne
' Ccst dans Ehn-ILballican, et dans Abou'lmahuiii qui lidlf. qur CF irait se trome coDSÎgno. Eba-kLallioD dit l'avoir In dm un uutngr conipoiù |iar le faarcdh VboullalKT Atmicd, Gb de Mubamnici], S^lcfi.
' .llioni«. «.ur. i.ïrr*. i>.'*
■ ll-iJ Mir ïa.ïiTï, 73
HA&EM-BIAMR-ALLAH. cccxcv
fit rien donner à rautre; Un ami d*Ebn-almo8chaddjar lui dit alors : « Vous connaissez le caractère de Hakem, « et' Yons savez combien il y a d'inconstance dans sa con- « duite; vousavez quelque raison de craindreqn'il ne vous
• frsse arrêter, et ne vous traite comme coupable par « la suite. Le meilleur parti que vous puissiez prendre
• est de vous soustraire à sa présence. • Ebn-almoschaddjar suivit ce parti et s'embarqua pour aller à la Mecque; mais en y allant il périt sur mer. Son ami le vit en songe qui lui disait : « Je n'ai pas à me plaindre ■ de la lenteur de mon pilote, car il m'a conduit au
• port du paradis K »
Hakem, livré ainsi à une extravagance impie, ne devait plus se déclarer le protecteur de l'islamisme
*■ Je De dois pas omettre de rapporter ici deax traits de la vie de Moéu, grand-père de Hakem, qui prouvent que les extravagances de Hakem n'étaient point totalement étrangères aux princes qui l'avaient précédé sur le trône. Peu de temps après la conquête de TÉgypte, Ifoëas se renferma dans son palais, et y demeura pendant asseï longtemps, ne se laissant voir à personne et n'usant que des nourriloret les plus délicates, afin de se donner un embonpoint extraordinaire. En même temps il entretenait dans la capitale des espions qui lui rendaient compte de tout ce qui s y passait. Quand il eut lait ce manège pendant quelque temps, il parut en public couvert des pieireries les plus éclatantes, et fit accroire an peuple qu'il avait été enlevé au ciel. Il ne manqua , pas pour donner plus de poids à cette assertion, de rendre compte de tout ce qui s'était passé dans la capitale pendant son absence. Cette scène ridicule fit un grand effet sur l'esprit du peuple.
Dans une antre circonstance un astrologue lui ayant assuré qu'il rnurrait de grands dangers pendant un certain temps qu'il lui indi-
ccciGVi VIE DU KHALIFE
contre les Juife et les Chrétiens, oi zélé partiuD des Scbiis. Les livres des Druzes nous apprenoeot effectivement qu'il .renona^ aux pratiq^ef j-; fiil»misme, qu'il cessa de faire la prière pendant plosieun années, et rendit un édit pour supprimer la dime et les autres prestations légales; qu'il enfreignît et fit enfreindre la loi du jeûne; qu'il suspendit le pUerinage de ta Mecque durant plusieurs années. Son irrâigion dut le rendre tolérant, et ce fut sans doute par une suite de cette tolérance qu'il permit, en Ao8, de iaire U prière Témwih, qui était interdite depuis Tan 4oi, et qu'il rendit aux Juifs et aux Chrétiens une pleine liberté de conscience. La date de cet événement est fixée par Sévère à l'an 736 de l'ère des martyis, et cette même année est, suivant lui, celle de la mort de Hakem. Si cela est, l'arrestation du patriarche Zacbaiie. l'ordre donné pour la destruction de l'église de la Ré-
qui, et )ui ayant conseillé de se tenir caché dam an toutomin juqu'à ce que ce temps Titai fût passé, il soitil »ot> ootueit; il méwi bla les grands de sa cour avanl de disparaître, et leur dit : «Xd m
• rendei-vouB avec Dieu. Je vais le trouver, et je vont laiaw en mt
• i^ace mon fiU Néiar : ubéissei-lui comme à moi. > Ensuite il k relira dans an souterrain et y demeura un an. PeadantaaaabMBcc, certains Africaios se prosternaient cbaqae fois qu'ils voyaient ftraitre an nnage dans l'air, persuadés que leur princo étaïl cacU dans ce nuage.
Dès le temps d'Obdd-allab Mehdi. si nous en croyons Elmacia,
un poète pariant de son entrée dans la ville de Rakkada, avait dit
• Le Messie est descendu dans Rakkada, ainsi qu'Adam et Mor.
• Dico même y est dracendu dans toute s* gnindear, ri loal tt
• qoi PB lui n'est pas Dieu est l'Ëspril-HinL ■
HAKEMBIAMR ALLAH. cccxcvii
sarrertion, en un mot le commencement de la persécution fixé par le même auteur à Tan 727, serait de Tan io2 comme le dit Abou Imahasin , et non de Tan iloo comme je Tai dit d'après Makrizi. Il est question, en deux endroits des livres des Druzes, de la cessation de cette persécution ; dans Tun de ces textes on lit que Hakem a permis de rebâtir les églises, et a dispensé les Chrétiens de porter leurs croix ^ ; mais cet écrit est sans date, et d'ailleurs il est vraisemblablement postérieur à Hakem, en sorte que l'on n'en peut rien conclure pour l'époque de cet événement. L autre semble plus propre à jeter du jour sur cette question, car il est tiré d'un écrit daté du mois de safar ^08 , et on y lit les mots suivants : • Pour ce qui est du précepte de \ « fidre la guerre aux infidèles, notre Seigneur a aboli ce • précepte, en ce qui concerne les Juifs et les Chrétiens^. » (/ Ce passage cependant n'est pas absolument décisif, car on pourrait Tinterpréter de lordonnance rendue en 4o4 qui permettait aux Juifs et aux Chrétiens de se soustraire à la persécution, en se retirant hors des domaines de Hakem. Au reste, sans déterminer précisément Tépoque de ce changement, je vais en reprendre le récit à Tendroit où je lai laissé après la sortie de prison du
' Voyei la pièce <{ui a poar titre : ^^.^l^l (jL'j'l ^U ç*^^ ^
< Voyei la pièce intitulée : ^^^JlJI joajJI; <-^Jt/^' M^^' ; cet écrit est daté du mois de jo/or ée X année 4o8 , f\m est la première it Capparition de Hamza,
VIE DU KHALIFE ainsi qu'il nous l'apprend lui-inéme, el vrusemUaUc ment Persan, comme il parait par les allusions «pi'ii fait au mot persan barkhoda, et comme l'assure EIjmciji. Voici comment cet auteur en parle : «Après o
• ^"^'^ parut un autre daî persan , nommé Hamza, fit
• iAhmed, et surnommé Hadi; il fixa son séjour bon
■ dn Caire au lieu nommé la monfoée de Bir^, et il in-
■ vita le peuple à^embrasser la doctrine de Daraii; il
• établit DD certain nomËre cte dais qu'il envoya eo
■ mission dans l'Egypte et ses dépendances, et dans ii > Syrie. Ils enseignaient une doctrine licencieuse, po-
• mettaient les alliances incestueuses avec les sœurs, le»
■ filles et les mères, et supprimaient toutes les piati-
• ques extérieures de la religion, telles que le jeûne.
■ la prière et le pèlerinage. Ils firent uo grand nombn
«cfaefdu liède, le poueiseur delà démontlralion , el c'est moi qaî
• condub les bonuneï i l'obéisMacâ au Dieu mitériconlieui. •
Voyei la piice uxiii du recueil des Dnues.
' jyj\ o-^i^ — Makriti non» apprend que cette motqoée q«i parlait de aon temps le nom de moi^ait dt TibrjAj o-^>^ • et que Ir peuple appelait par erreur monnaie dt la PaiUi (jçJ[ o-^^-. i*^^ située bon du Caire, près du lieu nommé la Malarit ù— nlt. Qlt avait t\i pnmitiveaieat construite pour servir de sépulture à an Anceodanl d'Ali, mis i mort par le khalife Abbaside Maïuour, ta Tbb lis. On la nommait dans l'origine Hadj\d aib'tr [monfuii dm Pwti), et Madjid aidjommiUa 'ij-t^^ lyjft^ (moi^ait dttfytâertjreomait]. Le nom de wmi^»ie dt Tihr lui a été donnée i cause d'un pmooMp nommé Tibr, quioccnpait une place importante du tempade Cafow, Ikbscbidi, et qui périt malbeureu sèment, après s'être opposé de loai ^Ml pouvoir 1 la conquête de l'Egypte par Djiabar, sons le ligne de
HAKEM-BIAMR-ALLAH. cgglixxix
de prosélyteft. Hakem prenait an vif intérêt à Hadi, et Ini demandait des noavelles de ses Sectateurs et de leur nombre. Il cessa même de faire, comme il avait coutume, la prière et la khotba dans les djamis, les vendredis pendant le ramadhan , et aux deux fêtes de la fin du jeûne et des sacrifices; il supprima durant plusieurs années le pèlerinage de la Mecque, prétextant les incursions des Arabes, dont les forces étaient devenues redoutables. Il cessa aussi d^envojer, comme de coutume, TétofTe pour couvrir la Gaaba. Tout cela fiiisait horreur aux Musulmans, qui voyaient que ce prince semblait renoncer à la religion de Mahomet. Aîmî RP fnynf^a \^ ^fip|f> ^^ya nararU qui devint
célèbre parmi les hommes. Les lieux où ils sont en plus grand nombre sont Wadi*ltin, Tyr, Seïde, la montagne de Beryte, et les lieux voisins dans la Syrie. » Sévère en parle aussi en ces termes : • Hakem avait auprès de lui un homme nommé Hadi, auquel étaient attachés douze autres hommes qui le suivaient comme ses disciples, lui conciliaient des sectateurs et écoutaient sa doctrine. Hadi disait à ceux qui se rassemblaient auprès de lui que Hakem était le Messie, et leur tenait d'autres discours qu il ne convient pas de rapporter. • Le récit de Sévère a cela de remarquable, que nous voyons par les écrits de Hamza qu'il cherchait effectivement à persuader aux Chrétiens que Hakem était le Messie dont ils attendaient lavénement. Il y a dans le récit d'Elmarin quelques erreurs» et cesl à tort quil attribue à Hamza une doctrine licencieuse; mais
«cxc VIE DU KHALIFE
cette erifur est bien pardonnable, car celte docliiiu qui était admise par les Karmates et par diiïérentn sectes de Baléuis. fut bientôt introduite dans le iw- \ tème de Hamza par quelqueBUPa de tes daï». Nou n'avons nen 3e'Dien"certain sar l'époqae à UqneDt Hamia vint en Egypte et commença à prêcher sa doctrine, n parait, par ses propres écrits, qae ce fiit pottérieurement à la nomination d'Ahmed, fils J Avnvam, a la place de kadhi'lkodhat, et par conséquent od plntot vers la fm de l'an jo5, Maluizi plaçant la nomination d'Ahmed vers le mois de djonmadi secood de cetti année. Hamtane manifesta sa doctrine mi'eo Ao8. cdi est hors de doute; mais il est plus que vraisemUaUe qu'il y avait déjà quelque temps qu'il l'enseignait Betara ■ ■ tement et faisait des prosélytes. Du nombre de ces pmv^ sélytea était Neschtékin Daraâ> qui avait été converti
^ par un daï nommé Ali, fils d Ahmed, Hàbbal. et quidaat
la suite voulut s'élever au-dessus de Haoua. Soïraat une ^ose du recueil des Druies, c'était au commenoment de l'an 4o8 que Darazi était entré. 4>a» ^^y** de Hamza; mais je suis porté à croire que c'était dis l'année A07. Quoi qu'il en soit, il est certain qœU prédication de Hamza est aotérieore à l'éclat fait par Darazi, carUaïnza dit de lui qu'il a voulu s'eœpanr insolemment du ministère de la manifestation ; qu'il était d'abord du nombre des fidèles, mais qu'étant devenu orgueilleux, il est sorti de dessous la robe dr l'imam , c'est-à-dire qu'il a violé le secret qui lui avait été recommandé par llamza; qu'il s'est arrogé iaî-m#nir
HAKEM-BIAMR-ALLAIL cccxci
ic rang d'imam et la supériorité sur Hamza, co preoant les titres de Seif-alîman, c'est-à-dire le glaive de la foi, et de seigneur des partisans da directeur ^ On peut croire €[u*il était intendant des monnaies, car Ilamza lui reproche d'avoir usé de mauvaise foi dans la fabrication des monnaies d'or et d'argent Hamza dit lui-même, en idns d'un endroit, que Hakem a manifesté sa divinité eq
B^^^~^^^^^^« -«m» Il --■•^ ■--•-ij,™ ^. ^
A^8, et que lui Hamza et ses ministres , fidèles à suivre ses volontés, l'ont aussi proclamée en ào&. Si doncDarazi, comme je l'ai supposé, a adopté dès 407 la doctrine de Hamza, ce n'a été que secrètement.
Puisque Hakem a manifesté ses prétentions à la divinité en 4o8 , c'est sans doute à cette année qu'il faut rapporter les actions de ce prince qui tendaient à persuader qu'il connaissait les choses cachées. Nous avons déjà vu comment il avait découvert les intrigues des femmes et
' Voici le passage tiré de récrit intitulé : ' ^ n '- ^K djXàJ] :
qU:VI q^ <^ôJ=»^ Jlrf A-VI \ô^ (^t J o^ cdli ^
cÂ^I ïy Jl o^U^ oj^j^' ih ^^^ cÂy- cil çl^ ^ J*^ j^^^ <iL-a^ j Mj^ juaH] cdJi ^ ja.^ 1^5 ojt>|^ ^jcJî^l^tl ol^ Lit Jl>^ d>:Jt p«|j Jôbô^ <jU J jLioLâJt
Tavais d^abord traduit ces mots c)S*^L^i cSy^ par le Seigneur des directeurs: mais ^^-^v^ étant Vadjectif elhnitiuc ou paironymi^ue (\t- ^-' fi»l de ^Ld directeur» il est évident qu'il i'aut traduire : /r
i^itjiuur des partisans du directeur, c'est-inlirc des st'ctateurs de Ilamza. I. * nn...
cccci VIE DU KHALIFE
il emportait les placets poar les euiaioer, samnl le désir de ceux qui les loi présenUdeot. Les Egyptioa profitèrent plus d'uae fois de cette liberté pour lui frésenter des papiers cachetés, eo forme de pUcet, qui Qe contenaient que des insultes ou des sarcasmes oontit lui ou ses ancêtres, ou contre ses femmes; et comme ils les lui donnaient durant la nuit, il ne savait pM par qui ils lui avaient été remis. Les femmes usèrent aus de ce moyen pour se venger de la redtuîoD où iiles tenait et de tous les aifronls qu'il leur avait fait essayer; elles firent, avec du carton et une certaine pâte, nu figure de femme , elles la revêtirent d'une robe de papier blanc, lui mirent des souliers et une ceinture, et pltcèreat dans sa main un papier rempli de reproches outrageants contre la conduite de Sitt-almoulc, sœurdeBskem , qui n'était point mariée. Cette figure fut placée k Misr, à l'angle d'un chemin par où Haketu devait passer. Lorsque Halem vînt à passer par là et qu'il aperçât celte figure , il crut que c'était effectivement une fenuse qui avait violé les défenses de sortir qu'il avait faite* au femmes; il entra eo fureur et ordonna à ses gens de U mettre en pièces avec leurs sabres. En s'approchantpoar exécuter ses ordres, ils reconnurent que ce n'était qu'on mannequin , prirent le papier que celte figure tenait et le remirent à Hakem. Quand Hakem eut ouvert ce papier et lu ce qu'il contenait, il en fut extrémemenl piqué. Aussitàt il retourna au Caire, et étant rentra dans son palais il manda les otBciers et les chefs de se troupes, et leur ordonna d'aller sur-le-champ à Hitr,
MH
HAKEM-BIAMRALLAH. ggggiii
de mettre le feu à la ville, de la livrer au pillage, et de tuer tous cenx des habitants qui tomberaient entre leurs mains. Les esclaves de Hakem, les soldats grecs et africains, et toutes les troupes se mirent en devoir d'exécuter Tordre qu'ils avaient reçu. Les habitants, se voyant attaqués, prirent les armes pour se défendre. Les gens de Hakem mirent le feu à plusieurs endroits de la ville, et cette guerre atroce dura trois jours. Chaque jour Hakem venait se promener à Karafii, et montait sar la montagne, d'où il voyait la mêlée et entendait les cris des combattants. Il s'informait de ce que c'était, et quand on lui répondait que c'étaient ses esclaves qui incendiaient et pillaient la ville, il témoignait en être alBigé, et disait : « Que Dieu les maudisse 1 De qui ont- « ils reçu l'ordre de faire celaP » Le quatrième jour, les achérifs se rassemblèrent dans les mosquées, ils élevaient en lair les Alcorans, poussaient de grands cris mêlés de larmes et imploraient le secours du ciel. Leurs cris et leur désespoir émurent les Turcs, qui se séparèrent des assaillants et se rangèrent du côté des habitants : car la plupart de ces Turcs avaient des parents ou des alliés parmi la population de Misr. Les esclaves demeurèrent donc seuls à soutenir TefTort des habitants qui, aidés par les Turcs et par les troupes de Kétaoïa \ avaient l'avantage sur eux. Alors les Turcs dépêchèrent quel-
* Quoiqu*on lise dans le texte Kénana AJK^jS\ et que ce nom revienne plusieurs fois dans le récit d^AbouMmahasin , je suis con- T«inca que c*est une (auie et qu'il faut lire Kéiama. Cela est d autant plus vraisemblable qu^il a dit, en commençant le récit de
ce.
ccGGi VIE DU KHALIFE
il emportait les placets pour les euminer, suivant le désir de œux qui les lui présentaient. Les ÉgyptîeDi profitèrent plus d'une fois de cette liberté pour lui présenter des papiers cachetés, en forme de jdaoet, qui ne contenaient que des insuites ou des sarcasmes contre lui ou ses ancêtres, ou contre ses femmes; et comme ils les lui donnaient durant la nuit, il ne savait pas pir qui ils lui avaient été remis. Les femmes usèrent ansn de ce moyen pour se venger de la redosion où il lei tenait et de tous les affronts qu'il leur avait bit essayer; elles firent, avec du carton et une certaine pite, une figure de femme , elles la revêtirent d'une robe de papier blanc, lui mirent des souliers et une ceinture, et fkcèrent dans sa main un papier rempli de reproches ontrageants contre la conduite de Sitt-almoulc, sœurdeb kem , qui n'était point mariée. Cette figure fut placée k Misr, à l'angle d'un chemin par où Hakem devait passer* Lorsque Hakem vint à passer par là et qu'il aperçât cette figure, il crut que c'était effectivement une femme qui avait violé les défenses de sortir qu'il avait Eûtes aox fenmies; il entra en fureur et ordonna à ses gens de la mettre en pièces avec leurs sabres. En s'approchantponr exécuter ses ordres , ils reconnurent que ce n'était qu'on mannequin , prirent le papier que cette figure tenait et le remirent à Hakem. Quand Hakem eut ouvert ce ptpicr et lu ce qu'il contenait, il en fut extrêmement piqué. Aussitôt il retourna au Caire, et étant rentré dans son palais il manda les officiers et les chefs de ses troupes, et leur ordonna daller sur-le-champ à Misr,
HAKEM-BIAMR-ALLAH. ccccv
retirés, Hakem fit venir les Tores et les troupes de Kétama avec les principaux de Misr, leur fit des excuses de ce qui s'était passé, et protesta avec serment qu'il ny avait aucun* part. Ils baisèrent la terre devant lui , le remercièrent , et lui demandèrent une amnistie pour les habitants de Misr. Hakem leur donna une ordonnance portant amnistie ; elle fut lue dans les chaires des mosquées, et le calme fut rétabli/Les boutiques furent rouvertes, et chacun reprit son genre de vie accoutumé. Un tiers environ de la ville avait été consumé par le feu , et la moitié de la ville avait été pillée. Les habitants de Misr firent des recherches pour connaître au pouvoir de qui étaient tombées celles de leurs femmes, de leurs filles ou de leurs sœurs qui avaient été faites prisonnières, et ils les rachetèrent des gens de Hakem, après que ces barbares les eurent déshonorées ; quelques-unes s'étaient donné la mort pour éviter ce malheur. Plusieurs schérifs vinrent trouver Hakem pour réclamer la liberté de leurs filles, détenues par quelques-uns de ses gens; mais Hakem se contenta de leur promettre qu'il leur rembourseiait les sommes qu'on exigerait d'eux pour leur rendre leurs femmes et leurs filles. Là-dessus l'un d'eux lui reprochant en termes très^lurs sa barbarie, et le peu d'intérêt qu'il prenait au sort de celles qui lui étaient alliées par les liens du sang, ajouta le souhait que Dieu loi fit éprouver le même déshonneur dans les personnes de sa famille. Hakem lui fit une réponse pleine de modération et le renvoya.
On a vu que l'honneur de la sœur de Hakem se trouvait
ccGCTi VIE DU KHALIFE
compromis dans récrit qui avait excité sa foreur contre les habitants de Misr. Si nous en croyons la plupart des historiens, ce fut ce qui causa la perte de Hakem. H fit des reproches à sa sœur, qui se nommait Siit-idnumUK lui disant qu'elle était cause des outrages qu'il recevait, et qu'elle était accusée d'introduire des hommes dm die et de s'abandonner à eux. Déjà il avait plusieiin fois témoigné son mécontentement à cette princesie, qui lui &isait de sages représentations sur sa conduite, et sur les suites funestes qu'elle pouvait avoir pour loi et pour sa maison , et il l'avait menacée de la faire mourir. Elle fut ensuite informée qu'il voulait la faire visiter pir des matrones pour savoir si elle était vierge, et elle en conçut une extrême frayeur. En conséquence , elle forma le projet de le faire périr, et pour cela elle eut recounà l'un des principaux scheïkhsde Kétama, noomié Yimaotjf Seïf-eddaxda, fils de Dawwas, qu'elle jugea propre à seconder ses intentions. Ebn-Dawwas, qui se méfiait de Hakem, se tenait continuellement sur ses gardes; il n'entrait jamais dans son palais, et il ne se rencontrait avec lui que dans les pompes solennelles, et toujours à cheval. Hakem l'ayant fait prier un jour de venir i son palais, il n'en fit rien. Au premier jour de marche solennelle qui suivit, le khalife lui faisant des reproches de ce qu'il n'était pas venu quand il l'avait mandé, il lui répondit : « Jai servi votre père et j'ai des droits in- « contestables à votre faveur; j'ai néanmoins dans l'idée
* Parmi les historiens les uns la nomment Sitt-almoalc, d*aairf» SîH-almoloiu : Ibrahim, fiU de Wasifschah, la nomme SiU-alnasr.
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HAKEMBIAMR-ALLA H. ccccvii
que vous me voulez faire mourir, et je fais mon possible pour vous en ôter les moyens. Vous n*avez aucun besoin que j*aille vous trouver dans votre palais. Si vos sentiments pour moi sont conformes à ce que vous me témoignez extérieurement, laissez-moi vivre tranquillement comme il me plait, puisque mon absence de votre palais ne vous saurait être nuisible. Si au contraire vous avez de mauvaises intentions, yaime mieux être tué dans ma maison, au milieu de ma famille et de mes enfants qui prendront soin de m^ensevelir et de me rendre les derniers devoirs, que d'être assassiné dans votre palais et jeté aux chiens. • Hakem se mit à rire, et le laissa vivre paisiblement. Ce fut à cet émir que s'adressa Sitt-almoulc Elle lui fit dire qu'elle avait une affaire importante à lui communiquer, et lui fit demander un rendez-vous nocturne, soit chez lui, soit chez elle; ayant obtenu son consentement, elle se rendit chez lui, durant la nuit, seule et à la faveur d'un déguisement. Là, après lui avoir ùii promettre avec serment le secret le plus inviolable, elle lui représenta les dangers qui les menaçaient l'un et l'autre, la folie de son frère, qui voulait se faire passer pour Dieu, ses extravagances et son impiété, qui étaient de nature à exciter une révol te contre lui ; elle lui fit entrevoir qu'ils pouvaient se trouver enveloppés dans sa ruine ainsi que la maison impériale, et que le seul moyen de prévenir ce malheur était de se défaire de lui , et de placer son fils sur son tronc. • Vous serez , lui « dit-elle, le général désarmées, l'administrateur de l'em-
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• pire, et le tuteur du jeune prince. Pour moi . je vivni ■ traoquîUeinent daus mon palais , comme il convient à
• uiou sexe, sans me mêler de riea. > Suivant ao biitorien, elle lui promit de l'épouser. £q même temps dk le combla de promesses. Ebn-Dawwas conseolvit k bnt. elle lui demanda de lui donner, pour rexécotion de soD projet, deux hommes sur la discrétion et llntnpîdîté desquels elle pût comptn-. Ebn-Dawwas fit vedr deux de ses gens qu'il connaissait propres à cela, elb princesse, après avoir pris d'eux le serment, leur doua* mille pièces d'or, et leur assura par écrit des haUb. des terres , des chevaux et autres ellèts; puis , elle kv dit : • Rendez-vous demain sur la montagne : Hakem i ( viendra sans faute et y restera seul , ne gardant avcf
• lui que l'homme de Karalà qui lui sert de valet dr
• pied; peut-être même le renverra-t-il. H entreia dans
• la vallée : courez alors sur lui et tuei-le; tuez aussi le
• valet de pied et le jeune esclave, s'il est avec loi, > EUt leur donna ensuite deux poignards '. de ceux que fabriquent les Magrébis, et dont la pointe est semUaUf à celle de la lancette dont les chirurgiens se smreni pour saigner. Après avoir tout disposé de la sorte, elif se retira. Hakeni savait, dit-on, par sou horoscope qu'il était menacé pour cette époque d'un péril très-gnnd. et que. s'il y échappait , les astres lui assuraient quatrevingts ans de vie. 11 ne manquait jamais de sortir la nuil sur sa monture: ime Iroupe de gens l'alleadaient k U
' Abou'lnuhasiii Hit <|u'oii nonmic ces poi)!n«rds k<iJ6*rt. IIib> J'iulm nunatrnls on lit jafotri ri hi/nair.
HAKEM-BIAMR-ALLAH. ccccix
pcnrte de son palais et l'accompagnaieDt dans sa promenade, n avait établi un corps de mille hommes, chargé de faire la ronde la nuit autour de son palais, avec de petits tambours et des trompettes; et le commandant de cette garde, nommé Aboa-Aroas, le suivait avec ses gens jusqu'à la porte du Caire. Là, Halem le congédiant, lui ordonnait de fermer les portes, et on ne les rouvrait point jusqu'à son retour. La nuit fatale étant arrivée, Hakem dit à sa mère : «Je cours un grand m danger cette nuit et le jour suivant : un certain signe
• qui doit paraître dans le ciel et le lever d'une telle « étoile sont le signal de Tinstant critique. Il me semble « que je te voie, épuisée par une maladie et périssant « avec ma sœur : ce que j'appréhende aujourd'hui pour
• toi est encore plus fâcheux que cela ^ » Il lui remit une def , et lui dit de prendre trente mille pièces d'or qui étaient renfermées sous cette clef, pour que ce lui fût une ressource. Sa mère, baisant la terre, lui demanda et obtint de lui la promesse de ne point sortir cette nuit. Il s'occupa donc environ la moitié de la nuit. Cependant il brûlait d'envie de sortir. Sa mère obtint encore qu'il prit un peu de sommeil; mais, vers les deux tiers de la nuit, il s'éveilla, et dit en soupirant :
• Si je ne sors pas cette nuit, et si je ne prends pas un « peu de dissipation, je périrai. > Il se leva donc, monta sur son âne et sortit. Sa sœur, dont le palais était en face
' Le icile porte : v^vàI «^ cjjCJU^ oJ^t jJ» j (Ai 3!^ l^Â^j^t iÀflc 4^l^t L* ^[3 — Aboulmahasin.