VIE DU KHALIFE
. -.■ .(...^uioknei-vailtoutessesdéinarcbes.levitsorlir rfMui f I iL la rue nommée Derb altibà, il reovoy» lecoD ^.ivuui. \iu guet nocturne, l'eunuque NéMm, hoiwer .' .j [loi'ltt'. et son écuyer, et vint à Karatk. ayant avec >k :v viilet de pied de Karafa et le jeune esclave qui .i\,vuiu}jîignait ordinairement. Suivant qu'on Vappiil lU li' ivcit d'Abou-Arous, quand il eut monté la moD- 4^ue, il s'arrêta sur une éminence plus élevée, et r- ,iu\Uut les astres, il dit : Nous appartenons à Diea ii ivitt rvtoumerons à lai; puis il frappa ses nuuoa I'om .vulrv l'autre en disant : Ta at donc para, funeittiigiie! tiusuite il continua sa route dans la montagne, et leovuutra dix cavaliers de la tribu des Bénou-Kom, qni lui demandèrent quelque secours, disant qu'ils avaiesi jttrudu longtemps à sa porte. Hakem ordonna au valel lie pied qu'il avait avec lui de les conduire à llnm daut de son trésor, et de leur faire donner dis millt pim's d'argent. Ces gens, qui craignaient qu'il ne fut irrité contre eux de ce qu'ils étaient venus le IronUtr ^lans sa promonade, et qu'il n'eût donné secrèteoml qiii-lquc ordic pour les en punir, lui demandèrent m Mul-conduit. Ilakein le leur accorda, puis il les lit pv tir av(<c le valet de pied , et demeura seul avec le jeaw vïciave. Alors llakeui et l'esclave entrèrent ensemblr dans la vallée où il avait coutume d'aller. Les dnu esclaves qui étaient là en embuscade tombèrent w
ti|inilîr In porliht ou lapissrrie qui rouvre l'cnlrcc dp r]|>pin>
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HAREM-BIAMR-ALLAH. ccccxi
loi , comme le jour était déjà proche, et le renversèrent pur terre. Il se mit à crier : Malheureux ! que voulez-vous ? mais œs assassins lui coupèrent les deux bras près de répanle, lui fendirent le ventre, lui arrachèrent les entrailles , et enveloppèrent le corps dans une robe. Us tuèrent aussi le jeune esclave qui était avec lui , et coupètent les jarrets à lane, après quoi ils portèrent le corps de Hakem à Ebn-Dawwas. Celui-ci, accompagné des deux esclaves, le porta à Sitt-almoulc , qui Tenterra dans son palais. Elle fit de riches présents à Ebn-Dawwas et aux deux assassins, puis ayant mandé Khatir-almoulc, vizir de Hakem , elle lui révéla son secret , et prit de lui le serment d^obéissance et de fidélité. Elle le chargea d'écrire an prince qui était désigné pour successeur de Hakem , et qui résidait alors à Damas, dont il était gouverneur, c'est-à-dire à Abd-alrahim , et de lui mander de se rendre à la cour; mais en même temps elle envoya un des officiers de Tarmée, Ali, fils de Daoud, à Ferma, avec ordre de se saisir du prince lorsqu'il serait arrivé dans cette ville et de l'envoyer à Tennis, ce qui fut exécuté. Elle se fit aussi remettre, par le gouverneur de Tennis, au nom de Hakem et comme par son ordre, le trésor amassé dans cette ville, qui était d'un million de pièces d'or et d'autant de pièces d'argent. Le lendemain on s'aperçut que Hakem ne revenait point, et Abou-Arous ne souffrit point que l'on ouvrît les portes, conformément à la consigne que lui avait donnée Ha- ^tn. Le suricndemain le peuple sortit dans la campagne et alla à la recherche de Hakem , du côté de la
ji: OV KHALIFE
.„- Il lie le trouva point. Les oSicien
-^it;uL demander à sa sœur ri elle iviil
.1' L-e i(u'il était devenu. ■ 11 m*a instruit.
.L, .)uil devait se tenir caché durant sept
:i t a rien à cela qui doive donner l'alaroiF.'
, a doue tranquillement '. Sitt-almoulc mit cr
iiLiiit. F.lle distribua des largesses et prit
., v ^«ruient des troupes; ensuite elle chirgfi
.i>tuut- de faire reconnaître par les Kétamis et par
' > julces militaires, le fîls de Hakeni pour son
. .<ct.'at . Le septième jour elle fit revêtir AbouHu-
.11 (.-'était le nom du jeune prince] d'habits ou-
. !i|iii'^ Knsuile elle manda Ebn-Dawwas et lui dit:
•>4 j vous qu'est confiée l'administrât ion de l'em-
.1 1 , > 'est à vous de le gouverner. Cet enfant est votR
i» luîtes donc pour lui tous les eiTorts dont voui
u» L'iipaMe. • Ebn-Dawnas liaisa la terre, et lui pro-
i Av taire tout ce t|u'clle lui ordonnait. Mon elle
i xur la têle de l'enfant la couronne de Moëzz. pui>
L' tf lit monter sur un des chevaux du khalife, et ii
viitjiu II- rOdi lie (Iri'goirc Bur-Hebnrus, ce fut apt^ noir 111- lo iMilavrr ilii jpuiti! esclavF qui acconi|iagn*il [laknn i .- >|iii iiïait le» jarrcl» coii|>r9. qu'on envojra faire celle ilcaunlr lU-jliiioulc, et elle n'iwiutil : «Ne vous alamm pointi dm i'it' III 'j jin'VFnuc que iluns ces jonn-d il «1 nieiuicé iTuii dm;:'' iiiivt, i^u'il (le\ait en con9^]ucnee i ■■ \!i s'en aller i jiicJ ilaii» le désert, |K>ur t'y triiîr yl jours, a\vri-s lesquel.i il reviendra; quant I me lui-méiue, p<iur qu'il ne i>ùl |us indùjuer le lira de m
it'iuice a UD uii;.Ti
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HAKEM-BIAMRÂLLAH. ccccziii
sortit, précédé du vizir et des grands officiers du palais. Qoand ils furent à la porte du palais, le vizir Khatiralmoulc cria à haute voix : « Serviteurs de cet empire, « notre maîtresse la princesse vous fait savoir que voici « votre maître. > Tous les assistants le saluèrent, baisèrent la terre et élevèrent la voix, en louant et bénissant Dieu ^. Ils le surnommèrent Dhaher-liézaz-din-allah, c*est-à*dire celui qui apparaît pour mettre en honneur la religion de Dieu. Le peuple vint ensuite par bandes le saluer et le reconnaître pour son souverain. U distribua de Fargent, et la joie fut générale. On porta trois jours le deuil de Hakem^. Ce récit est extrait, par Abou'lmahasin , d*un historien nommé Ebnababi^. EbnKhallican et Kodhaï, cité par Aboulmahasin, rapportent la mort de Hakem d*une manière un peu différente. Suivant eux* Hakem, étant sorti la nuit du 27 schavsral 4ii dans les dehors de Misr, vint à la montagne Mokattam et se promena toute la nuit; le matin, à la pointe du jour, il se trouva auprès du tombeau de Fokkaî. De la il alla à Test de Holwan , joli lïourg situé dans la montagne , à cinq milles environ au-dessus de Misr, et célèbre parce qu il a été la résidence d'Abd-alaziz , Gis de Merwan, de la maison d'Omayya, lorsqu'il gou- ^ma l'Egypte sous le khalifat de son frère Abd-al-
'jfA^^j Ji^^ c:>|^^l OAÂJ'jt
' Eofoite Sitt-almoulc fit p^rir Ëbn^Dawwas, le vîiir Khatir-al- 'Boaic, et tous ceux qui avaient eu quelque part à Texécution de '<^ complot.
' Ebo-Khallican cite aussi cet historien dans la vie de llakeni.
GCGciiv VIË DU KHALIFE
luélic, et par la mort de sod fils Omar, fik f Abdalazîz. Il était suivi de deux valeta de pied; il reavoya l'un des deux au Caire, pour accompagner neif Arabes, de ceux qui recevaient des tnitemeota fixa sur le trésor, et il leur donna un mandat pour toucher une gratification. Après cela, il congédia ana l'autre valet de pied, qui, étant revenu au Caire, lapporta qu'il avait laissé Hakem près du tombeau dt FoklLaî et de l'endroit nommé Mahaba '. sans doofe à cause de l'abondance des joncs qui y croîsseoL Lt matin , tout le cortège ordinaire de Hakem , les kadlû, les scbérifs et les ofliciers militaires sortirent pour aller au-devant de lui; ils l'attendirent jusqu'au soir as pied de la montagne, et revinrent au Caire. lia coatinuèrent à faire de même pendant trois jonrs. c'a(- : à-dire jusqu'au jeudi 39 de schawal. Le dimandie 1 de dbou'llaada ^, Modhafier Saklabi, porte-parasol; Nésim, huissier de la porte; Baschkin, Turc, port^ lancet on grand nombre d'offiders Kétamïs et Turcs, de kadhis, de notaires et de seigneurs de la cour, sor tirent du Caire et vinrent jusqu'au monastère nomait Deir tdluuatr et à Holwan. Us s'enfoncerait dans h montagne, et, en continuant leurs recherches, îlsapcr curent sur une éminence l'àne gris que montait Hakcn et qu'on nommait fa lane; cet animal portait, surlrt l
■ DtDi l« Tankk Djafari. l'éUng dool il cal parié Aaat Ié M" 1
nt nommé Birkrl atkaiai. M
' Dans UKm'Imahasin on iil U jnJi dmûerdt tckamût; mm" I dnit fitrc nn« raiite.
HAKEM-BIAMR-ALLAH. cccciv
deux jambes de devant, les marques des coups d*épée qn*il avait reçus ; il avait encore sa selle et sa bride. Examinant ensuite les vestiges que Ton voyait empreints sur la terre, on reconnut les traces des pieds d*un homme devant Tâne, et de pareilles traces derrière lui; on suivit ces traces et elles conduisirent à Tétang qui est à Test de Hobran. Quelques gens y descendirent et y trouvèrent les habits de Hakem, qui consistaient en sept tuni-^ qoes boutonnées et dont les boutons n'avaient point été défidts^, ces habits portaient les marques des coups de poignard; on les porta au Caire, et personne ne douta plna qu'il n'eût été tué. Kodhaï attribue, aussi bien qii*Ebn-alsabi, le meurtre de Hakem à sa sœur Sitt-alaioulc; il ajoute que cette princesse manda ensuite Ebn- Dawwas, comme pour le revêtir d'une pelisse, et l'investir de toute l'autorité. Elle lui avait déjà fait présent de cent esclaves qui avaient appartenu à Hakem, et dont loiBce était de l'accompagner dans ses promenades, de porter le glaive devant lui, et d'exécuter sur-le-champ les arrêts de mort qu'il prononçait. Ces esclaves accompagnèrent donc ce jour-là Ebn-Dawwas et ils se tenaient près de lui. Alors Sitt-almoulc ordonna à Nésim de paraître devant Ebn-Dawwas, et de dire à ces esclaves : « Voici ce que « notre maîtresse vous fait dire : Celui-ci est le meurtrier • de Hakem, tuez-le. » Nésim exécuta Tordre qu'il avait reçu, et les esclaves fondirent sur Ebn-Dawwas et le mii^t en pièces; ils massacrèrent aussi les deux assassins.
' Ceci prouverait qu on lui avait coupé les bras, comme le dit ^i^-aitabi. Voyez ci-<levant, page cccrxi.
ccccxTi VIE DU KHALIFE
Gr^oire Bar-HrbrKus dît que Sitt-almoulc Gt pendn ses trois complices, et fit proclamer par des crieon qne c'étaient eux qui avaient conspiré contre leur nuitir et qoi l'avaient tué.
Quoique la plupart des historiens s'accordait dus les principales circonstances de ce récit, et qu'il |Mraisse d'abord assez vraisemblable que le meurtre de Hakem ait été l'ouvrage de sa sœur, cependant il v a de fortes raisons de douter qoe les choses se soieal passées comme ces historiens le rapportent , et de otnc que l'on n'eut alors que des soupçons sur le genre dr mort de HaLem et sur les auteurs de sa mort. En Ai Sévère d'Qschmouneïn , qui écrivait en l'an 767 de Vin des martyrs, trente ans seulement après la disparitioa de Hakem, ne fait point mention de Sitt-almoulc, d laisse dans riocertitude la manière dont Hakem péril
• Une nuit, dit-il, il vint jusqu'à Hoiwan, n'ayant am
• lui qu'un seul valet de pied. Il descendit de son âne.
• ordonna à son valet de pied de couper les jineli dr
■ l'âne , et de s'en retourner au palais. Le lendemain mi-
• tin, comme on ne voyait point revenir Hakem, on «b ( demanda des nouvelles au valet de pied, qui répondit < qu'il avait laissé Hakem près de Hoiwan , d'où ce prim
■ l'avait congédié. On alla à la recherche, et on ttoon
• l'âne qui avait les jarrets coupés; mais, pom* Hakia.
• quelques diligences qu'on fit, on ne put ni le tnHitff.
• ni apprendre ce qu'il était devenu. • Il est coi d'ailleurs qu'un très-grand nombre de sens ne cnugt. pas à la mort de Hakem. Sans parier des Druie», fli
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attendent encore aujourd'hui son retour, Grégoire^ Bar- Hebrœus atteste que bien des gens crurent ouji s*était retiré dans le désert de Scété , sV était fait moine et v avait fini ses jours. « Moi-même t dit-il, lorsque je de- « meurais à Damas, j*ai entendu des catebs coptes dire « que dans le temps que Hakem persécutait les Chré- « tiens, Jésus-Christ lui apparut comme à Paul, qu'il • crut, se retira secrètement dans le désert et y mou- « rat. > Les faits suivants, rapportés par Sévère, prouvent encore que tout le monde n^était pas persuadé de la aiort de Hakem. « Depuis la disparition de Hakem , dit cet écrivain, jusqu'à la fin du règne de son fils, c'est-à-dire pendant seize ans , le peuple ne cessa de dire que Hakem était vivant. Bien des gens, aflectant de prendre son costume , cherchèrent à se faire passer pour lui, et se montraient de temps en temps dans les montagnes poiir se faire donner de l'argent. Parmi ces gens il y en eut un nommé Schérout, qui de Ghré- ..^ tien s'était &it Musulman, et avait étudié la magie avec beaucoup de succès. Bien des gens assuraient que, marchant avec eux , il disparaissait quelquefois subitement, par l'effet de son art. Il ressemblait beaucoup à Hakem i pour la figure et le son de la voix : il était seulement un peu plus grand que ce prince. Il prit le nom SAhoularah et se fit un parti considérable. Il envoyait chez les personnes riches des gens porteurs d'ordre pour recevoir telle ou telle somme , avec promesse de la rendre quand il sérail remonté sur le trône. Si quelqu'un l'appelait noire maître ou notre