‹ Exposé de la religion des druzesChapitre 37 sur 97 · I. DD · texte numérisé non relu

I. DD

Qcccsviii VIE DU KHALIFE

• roi, il lui imposait silence. Il continoa ce jen pra-

• dant vingt ans, se laissant voir rarement, et U ^a- ' part des Egyptiens le prenaient réellement pour Hi-

• kem. Du temps de Maadd Mostansir^iïllab >, il nnl

• dans la province de Bohaïrèli chez un Arabe de* Br-

< noa-Korra nommé Mofarrih (ou Mofanidj), Jih it

• Témam- Cet Arabe lui dressa une tente, et le prétendu

• Hakem passa auprès de lui plusieurs années , menuil

• une vie mortifiée, et ne portant que de mauvais habib.

< Il donnait de temps en temps à cet Arabe de ridMS

• habits et de belles armes, et quand celui-ci loi d»-

• mandait pourquoi il ne faisait pas lui-même usage dr

• ces beaus. vêtements, il lui répondait : J'attends pav

• cela qae le moment (foe je crains soit passé. Mo&rrib

• et un grand nombre d'autres, dupes de son impoi-

■ ture, le saluaient comme khalife, et se prostemairat

• en terre devant lui. Il le leur défendit, et on conjn-

• tura qu'il agissait ainsi afin de demeurer caché joi-

• qu'à l'instant où il jugerait à propos de se manifciter.

• Le gouvernement en ayant été informé et en ayaat

■ pris l'alarme, Schérout s'enfuit, sans que personne

• connût le lieu de sa retraite. Du temps du patràrcbe

• Anba Schénoudi , il écrivit à ce patriarche et lui a> « imposa si bien, que le patriarche lui envoya de Tar- < gent. • Ce qu'Abou'Iféda raconte d'un autre impoatev nommé Sikkin est absolument du même geoie. lA*

• mois de redjeb de l'année &ià, dit cet historien, oi

' Mostinsir-billih monta anr le lrAn« en it-j, seîw am •prf* ' morl de Hakem.

HAKEMBIAMK-ALLAH. gggcxix

homme nommé SikkilL^ souleva à Misr ; il ressemblait au khalife égyptien Hakem. Il prétendit être effectivement Hakem. Une troupe de gens qui croyaient au retour de Hakem suivirent Sikkin , et se dirigèrent vers le palais du khalife, à un moment où il ne s*y trouvait personne, et ils disaient : Voici Hakem. Ceux qui veillaient en ce moment à la porte du palais furent saisis de firayeur. Mais bientôt, se doutant que c'était un imposteur, ils saisirent Sikkin, qui fîit ensuite pendu avec ses partisans^. > Comment concevoir, d'ailleurs, que, si la mort de Hakem eût été généralement reconnue, Hamza eût espéré quelque succès de Técrit c[u*il composa pour soutenir la confiance de ses sectateurs, et dans lequel il leur annonce que Hakem n'a disparu qu^à cause de leurs péchés, et leur défend de faire

> AbouMféda, Annal. Moslem, t. III, p. 119. Reîskc a conjecturé que le Sikkin d'Ahoulîéâa était le même personnage dont Sévère dX^schmouneïn parle sous le nom de Schirout; mais rien ne jnstiGe celle conjecture.

n est souvent question dans les livres des Druzes d'un homme du nom de SUskin, qui, en Tan 10 de Hamza, c'est-à-dire 4i8 de Thégire, fut admis avec le titre de Moutiadha dans la hiérarchie de la religion des Druzes, et mis à la tête d'un diocèse désigne sous le nom de Syrie supériettre. Dans la suite l'ambition le porta à s'arroger dans cette hiérarchie un rang supérieur à celui qu'il avait reçu. Il altéra aussi la doctrine de la secte, et y introduisit des nouveautés qui la décrièrent, et attirèrent des persécutions sur les Unitaires, c'est-àdire sur les sectateurs de Hamza. Je soupçonne que ce Sikkin est le même qui périt en 434, suivant Abou Iféda. Voyez les pièces du recoeii des Druies intitulées : QfJ^ OL^.lfl.y (jlli 'iJ\ 3> cjU^^

nn.

<xcGu VIE DU KHALIFE

aucune démarche pour le chercher, suivre ses tncesel découvrir le lieu de sa retraite^P Tout me paraît dooccoD courir à prouver que l'ouD'eut , dans les premiers temps après la mort de Hakem, que des conjecture» sur b mnière dont il avait (iai ses jours ^. S'il est vrai que sa tam, devenue pour ua instant maîtresse de l'empire, et qui l'administra ensuite pendant quatre ans sous le nom dp son Gis, ait fait périr Ebn-Davnvas, Khatir^lmouk el d'autres personnes , cela a pu faire naître contre elle dn soupçons qui, avec le temps, se seront chan^ en us récit circonstancié. Une autorité qui confirme paismnment ce que je dis ici , c'est celle de iMakiizi, qui racontr le fait suivant sur l'autorité de Mésihi. •Mésihi. dit-il,

• raconte qu'au mois de moharram 4iâ ou arrêta m 1 homme d'entre les Bénou-Hoseîn , lequel s'était révdte > dans le Sa!d. Cet homme avoua que c'était lui qai

• avait tué Ilalœn) , à l'aide de quatre autres qui aii-aieiil

• pris la fuite, et il montra un morceau de la peau deii

■ tète, et un morceau de )a serviette que ce prince anit

■ sur la tête. Interrogé pourquoi il l'avait tué, il dît qnr « c'était par tèle pour Dieu et pour la r^igiou. Sur b < demande qu'on lui fit comment il l'avait tué, il tira

.' ' J'ai fait iinprimerccUcpiècciin[M}rUDtcdaiii ma ChrennniAic

"/T^ arabe, l'iditioD, tome K. C'est celle qui ■ pour titra : iL^t ±u

,.i.ui .wi Wj. ï,-i j o^uii j« ui» ^j jji

* Je ne regarde paa comme une autorité le Hcit de MirkbcoJ. oni dit que, lept jours aprb la disparîtioa de Hakem, le k^dUilf Miar annonça m mort, en publiant que le r^pne de Hakem Mail Uni, et.qu'il ^tait allé paraître devant Dieu.

HAKEM-BIAMR-ALLAH. ccccui

« un poignard et s'en perça le cœur en disant : Voilà « comme je Tai tué. On lui coupa la tête, qu'on envoya

• à la cour avec tout ce quon avait trouvé sur lui.

• Voilà . ajoute Mésihi , le vrai sur le meurtre de Ha- « kem, et non pas ce que racontent les historiens orien- « taux, que ce fut sa sœur qui le fit mourir. >

Je terminerai le récit chronologique de la vie de Hakem par deux événements qui appartiennent au r^^e de son fils et au gouvernement de Sittalmoulc. On a vu que le prince héréditaire Abd-alrahim, fik d'Élyas ^, avait été arrêté par ordre de Sitt-almoulc à Ferma, et conduit à Tennis. Il fut amené au Caire, où Sitt-almoulc le tint enfermé dans un hôtel, et eut d'ailleurs toutes sortes d'égards pour lui. Etant tombée malade, quand elle vit quelle n'avait plus d'espérance de recouvrer la santé, elle le fit assassiner dans sa prison. Elle mourut trois jours après. Suivant Kodhaî, Sitt-almoulc ayant écrit à Abd-alrahim aussitôt après la mort de Hakem , pour qu'il se rendit en Egypte, il n'y eut aucun égard; il se déclara au contraire indépendant à Damas, et gagna l'affection des habitants en leur rendant la liberté de boire du vin et de se divertir, liberté que Hakem leur avait ôtée. Mais bientôt son avarice et ses concussions le rendirent odieux. Sitt-almoulc profita de cette circonstance

' AbouHmahasin remarque que quelques historiens le nomment Efyiu, et d'autres Àbd-alrahman, fils (t Ahmed; mais ce^ historiens ae trompent. Les livrer» des Druzes le nomment Àhd-alrakim, jils dÈLyas. AbouMmahasin lui donne Ir surnom tW^houIhuem Pt le litre honorifique de Mekii.

ccccxxii VIE DU KHALIFE

pour gagner les soldats d*Abd-alrahim, qui rarrétèrentet renvoyèrent chargé de chaînes en Egypte. D fut renfiermé dans le château , et quelque temps après il se tua avec un poignard qu'il s'était fait apporter dans un melon. Sitt-tl moule trouva aussi moyen de se défaire d'Azie-eddaoiaFatik Wahidi, que Hakcm avait nommé gouverneur d*Alep en ^07. Hakem ayant changé de sentiments à son égard, Fatik secoua le joug de Tobéissance, fit faire la khotbt à Alep et battre de la monnaie dor et d'argent en sod propre nom. Hakem donna ordre à ses années de marcher contre lui , en 4i 1 • Fatik appela à son secours rempereur Basile, et promit de lui livrer Alep. Basile se mit en chemin , et déjà il était arrivé à Mardj-aldibadj quand Fatik, apprenant la mort de Hakem, fit dire à Basile que leurs conventions étaient rompues, et que s*il approchait il le recevrait en ennemi. Sitt-almoulc n*oublia rien pour ôter tout ombrage à Fatik. Lettres, caresses, présents de toute espèce furent prodigués ; mais en même temps elle cherchait à le perdre. Elle parvint à gagner un de ses gens nommé Bedr, qui avait toute sa confiance. Celui-ci séduisit un jeune esclave indien que Fatik aimait passionnément. Ils enivrèrent leur maître, et quand il fut plongé dans le sommeil , Bedr fit signe à llndien de lui couper la tête. Le malheureux n^eut pas plus tôt exécuté cet ordre, que Bedr, ouvrant la porte de Fappartemcnt, appela les gens de Fatik et fit massacrer llndien. Sitt-almoulc donna le gouvernement d*Alep et tous les trésors de Fatik à Bedr, pour le récompenser de son crime. Tous les historiens saccordent à dire que

HAKEM-BlAMh-ALLAH gggcxxiii

Sitt-«lmoulc, pendant les quatre ans de son administration, rétablit l'empire dans sa splendeur, remplit le trésor public et s'attacha les cœurs des sujets de son fils ; mais il parait que ses talents pour le gouvernement n^étaient pas joints à une grande délicatesse sur les moyens quelle employait pour parvenir à son but, et qu'en cela elle tenait un peu du caractère de Hakem.

Pour ne rien omettre de ce qui peut compléter le tableau de la vie de Hakem, je* réunirai ici un grand nombre de traits dispersés dans les historiens et que je n'ai pu ûdre^ntrer dans sa vie, parce qu'ils ne tiennent à aucun des événements dont 1 époque est plus ou moins précisément déterminée.

Hakem passa plusieurs années éclairé dans son palais, le jour comme la nuit, par des bougies; ensuite il lui prit envie de demeurer dans les ténèbres, et il demeura ainsi durant quelque temps.

Hakem faisait souvent la police par lui-même, la nuit et le jour, dans la ville. Dans un temps ou il avait défendu aux femmes de sortir, s'il lui arrivait d'en rencontrer quelqu'une en contravention, il la livrait au cojçnaiandant de ses gardes qui la faisait expirer sous les coups. Trouvait-il quelqu'un en faute ou qui eût encouru une punition, il Tabandonnait à la brutalité d'un esclave noir nommé Masoud, qui l'accompagnait, et qui commettait sur ce malheureux l'action la plus infâme. A une époque où il avait défendu de travailler durant le jour, et ordonné que toutes les affaires, le commerce et tous les \ travaux se fissent durant la nuit, il rencx)ntra un homme y

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