‹ Exposé de la religion des druzesChapitre 39 sur 97 · RELATIF · texte numérisé non relu

RELATIF

A HÂKEM-BIAMR-ALLAH.

L*annaliste dit : Hakem * était un homme d'une crojanoe corrompue , et changeant sans cesse de conduite et de manière d'être. Au commencement de son règne, il portait des habits magnifiques et tissus d*or, et des turhans garnis de pierres de grand prix ; il montait des chevaux richement caparaçonnés ; puis il renonça par degrés k tout cela. D*aboni, il se contenta d'habits ornés d'une garniture , mais sans or*; puis , il n'usa plus que de vêtements tout unis ; il poussa ensuite la chose encore plus loin , et se réduisit à porter de la laine et de simples bonnets ', et à n'user que d'ânes pour monture ; il ailecta tout l'extérieur du renoncement au monde. U s'attachait avec beaucoup de soin à connaître toutes les actions des particuliers ; rien de ce que chacun de ses dcnne»tiques ou de ses sujets faisait, hommes ou femmes, n*était ignoré de lui. Il châtiait pour les moindres fautes , et il n'était

^ Nowaîri ne dit point à qaei historien il emprunte ce récit.

' o^ jJl JA0 JUil /«•^LJut — Je crois que par Ima il ftot entendre orné du kraz\\jh. Voyez Chrest. ar. t. Il, p. «87.

' ^lylfl — Cest le pluriel de «lâLâ • On voit par la manière dont s*exprime Makrizi (Chrest. ar. 1. 1, p. 67 du texte), ce qu'il faut entendre ici par /O^Ui^.

EXTRAIT DE NOWAlRl. occcxxxi

plus maître de lui dès qu*il se mettait en colère. Il ût périr un nombre infini de personnes , et il inspira une excessive terreur. Malgré sa tyrannie persévérante, et quoiqu^il ne cessât de (aire tuer et de verser le sang, il se promenait sans cesse sur sa monture, publiquement, tantôt seul, tantôt accompagné de son cortège, tantôt dans la ville, tantôt dans le désert : tout le monde tremblait devant lui et était saisi d*épouvante , et il était au milieu des honaanes comme un lion furieux.

0 lui prit fantaisie de se fedre passer pour Dieu, de professer ouvertoaent la doctrine de la métenaj^lYçpse et de Tinfusion de la divinité \ et d*exciter les hommes à adopter ces dogmes. Pendant un certain espace de temps il exigea qu'on se prosternât quand on prononçait son nom; et, soit dans les réunions paUiques, soit ailleurs, on ne le nommait point que chacoD ne se prosternât et ne baisât la terre en signe de respect Gda pourtant ne le satisfit point encore. Au mois de redjebdeTan Â09, parut un homme qui se nommait Uasan,JiU iêHàidara, Fergani, et était surnommé Akhram. Cet honune finaait profession de croire que Dieu résidait dans Hakem ; il exhortait les hommes à embrasser œtte doctrine; ^ niait la prophétie (c*est-à-dire qu'il ne reconnaissait point Mahomet pour prophète), et il permettait Tusage de tout ce qui est prohibé par la loi. Hakem le fit venir auprès de lui, et le revêtit d*habit8 magnifiques ; il le fit monter sur un cheval auquel on mit la selle et la bride du prince, et il lui donna place dans son cortège, le 3* jour du mois de ramadan A09. Un certain jour, pendant qu il marchait ainsi au milieu du cortège, un homme, natif de Gu'kh, s*avança vers lui, le jeta à bas de son cheval , et ne cessa point de le fi'apper qu*il ne

* Jj^j fe Uxll — Voyei ci-devant, p. Lvi.

ccccxxxu EXTRAIT DE NOWAIRI.

Teut tué. L'habitant de Carkh fut pris et mis à mort sar-lechamp, par ordre de Hakem; Thôtel quTiabitaît, au Cane, Akhram, fut pillé par le peuple. Entre le jour ou Akhram avait été revêtu de pelisses par Hakem , et cdui où ii fbt tué, il ne se passa que huit jours.

Plus tard, en Tannée Aïo, parut un des dais de Hakem, qui se nommait Ilamza, le fabricant dâfeutret, Pertan, natif de Zouzen '. Cet homme se tenait assidûment dans la mosquée qui est située auprès de Taqueduc de Reïdan, hors la porte nommée Bah-alnasr, Il invitait les hommes au cohe de Hakem , et enseignait que Dieu était venu résider dans ce prince. Quelques-uns des Schijs exagérés de la secte dci Ismaêlis s^attachcrent à Hamza, qui se donna le titre deDîiw^ teur de ceux qai se soumettent '. Lorsque Hakem Yenait de ce côté-là , Hamza sortait de la mosquée, et entrait dans une conversation particulière avec lui. Cela ayant duré ainsi qudqne temps , Hamza acquit un grand crédit, et il s*associa quelques personnes auxquelles il donna des titres ou surnoms honorifiques, n y en eut un de ce nombre qu*il décora du titre de Sejir alkodra ', et qu il prit pour son messager. Il le dépêchait vers les gens en place « pour prendre d*eux un engagement par lequel ils reconnaissaient la divinité de Hakem. Ils n*osaient point lui résister, parce qu*ils redoutaient la violence de ce prince.

Après cela vint un jeune homme du nombre des mulâtres

^ ïjiyii] s/JLm — C'est le titre du troisième ministre, nomme aussi Kidha fjoji]^ et la ParoU ou le Verbe éjSZi]^ dans les livres des Druzes. On verra ailleurs quelles étaient ses fonctions.

EXTRAIT DE NOWAÏRI. ccccixxm

des Turcs \ nommé Anouschtékin * BokharLei connu sous le nom de Darazi : celui-ci imita la conduite de Zouzéni , et il eut beaucoup de sectateurs. Hakem avait aussi des entretiens particuliers avec lui. Darazi se donna à lui-même ce titre iVAppai du directeur et la Vie de ceux qui se soumettent*. Les choses restèrent en cet état Jusqu*au i n* jour de safar Ali. Ce jour-là une troupe de partisans de Hamza Zouzéni, montés à cheval ou sur des mulets, se rassemblèrent, entrèrent dans la djami , et s^approchèrent de la place où avait coutume de si^r le kadhi^lkodhat Les personnes qui étaient venues pour obtenir des jugements étaient assises, attendant Farrivée du kadhi. Ces gens tinrent des discours qui firent horreur aux assistants, lesquels se mirent à pousser des cris de tehlil et de tecbir *, et à louer Dieu ; alors les habitants de Mifr accoururent de toute part et entrèrent dans la djami. Qndkpes personnes allèrent au-devant du kadhi , et , Tayant rencontré, lui rendirent compte de ce qui s*était passé. Le kadhi étant venu prendre sa place , Tun des trois * lui présenta, de la part de Zouzéni, un papier sur lequel on lisait, Aa nom de Hakem, le Dieu clément et miséricordieux, et par lequel (Hamza) lui ordonnait de reconnaître la divinité de Hakem. Pour toute réponse le kadhi se contenta de dire :

* iA\jJ^\ c5oJt* i>^ — Ccst-à-Hire nés (fan Turc et dune femme étrangère.

* Dans les livres des Druzes il est toujoon noimné Neschtékin

* Voyez ci-devant, p. ccclxvi, note i.

* Nowsîri avait sans doute dit précédeminent qu'il y avait trois peraoïuies à la tête de ce rassemblemeot, ce que le copiste aura omis. Neschtékin était certainement luné des trois.

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