SECTION II
MANIFESTATIONS DE LA DITINITÉ SOUS UNE FOBME HUMAUB.
Voici ce quon lit, au sujet des manifestations de la divinité, dans le fonnuiaire des Druzes :
1 1* Dem. Combien de fois Notre-Seigneur Hakem a-t-il paru sous une forme corporelle ?
Rip. Il a paru de la sorte dix fois, et il a porté le nom des lieux (c*est-à-dire des personnages humains) dans lesquels il a paru. Ce sont : Ali, Albar, Âlya, Moîll, Kaïm, Moëzz, Aziz, Abou-Zakarii, Mansour, Hakem.
2a* Dem. En quel endroit a paru le premier de ces lieux?
RÉp. Dans llnde, en une ville nommée Tcteimatchin.
a 3* Dem. Où a para Albar?
Rip. En Perse, dans une ville nommée Ispakan. Cesi à cause de cela que les Perses disent Bar-kko' dai^. Alya a paru dans le Yémen; Moîll dans le Magreb ; il était sous la figure d'un homme qui louait des chameaux et qui en possédait plus de mille. Kaîm a paru dans le Magreh , dans une ville nom-
^ Bar-kkodiâ fjloÀji^ est en persan nn «les noms de Dien.
inée Mehdiyya; de là il est venu en Egypte, il y a manifesté sa divinité, et y a construit un port nommé Raschida; Abou-Zakaria et Mansour ont paru, Tun et f autre, à Mansouriyya ^. Le nom de Mansour était Ismaêl.
Cette exposition de la doctrine des Druzes , par rapport aux manifestations de la divinité , n est pas entièrement conforme à ce que m'ont appris leurs livres religieux. La principale différence que j*y remarque, c'est qu'elle admet une manifestation sous le nom à* AU, avant celle qui a eu lieu sous le nom d'Albar. Or, non-seulement je ne trouve rien dans les écrits de Hamza qui concerne cette manifestation ; mais je crois même y trouver quelques indices qui peuvent autoriser à penser que, selon ilamza, la première manifestation est celle dans laquelle Dieu a paru sous le nom d'Albar. Une seconde observation, c'est que les diverses manifestations ou personnifications ne sont point rangées, dans cette expo-' sition, suivant l'ordre convenable, qui est, comme on le verra : Albar, Abou-Zakaria, Afya, Moîlf, Kaim, Mansour, Moézz, Aziz, Hàkem.
* Le texte porto Mantonr: mais il faut incootostablement lire Manmmriyja, C'est le nom d'une ville bAtie par le troiuème des khalifes Fatimis, Mansour, au lieu même où il avait remporté la victoire sur un rebelle nommé Àbon-Y^ziâ: Mansour y fixa sa résidence en 337 de lliégire.
Raschida , dont il est question dans ce punge du Catéchisme des Dnizes , me paraît être un lien pfès du Caire, où il y avait une mosquée que Hakem fit reconstruire, où il fit lui-même quelquefois la prière du vendredi, et où il se rendait dans le cours de sei promenades.
La première personnification dont il est parlé dans les livres de Hamza est, comme je Tai dit* cdle dans laquelle la divinité a paru sous une figure humaine nommée AWar. Elle s était manifestée auparavant un grand nombre de fois , mais non parmi les hommes, suivant ce passage d*un des écrits de Hamia.
Nous vous exposerons ^ dans un autre livre les dif férents noms de Notre-Seigneur, par iesqueb 3 t nonuné son humanité , et sous lesquels il a para to monde, depuis le moment où il a produit flntdligence universelle, jusqu*au temps de fapparitioii d'Adam alsafa et de Tadoration d*Âdam par les anges, espace de temps qui a été de soixante et dix révolutions, chacune de ces révolutions étant séparée de l'autre par un intervalle de soixante et dix semaines, chaque semaine composée de soixante et dix ans, et chaque année , de mille années telles que vous les comptez aujourd'hui. Je vous exposerai aussi les noms que Tlntelligence et son rival ont portés dans chacune de ces révolutions , et le nom que portaient
* Pièce XIII du recueil.
mam
les êtres de ces générations, comme ceux de la génération présente portent le nom d'hommes.
Dans un autre traité , adressé par Hamza à un daî ou missionnaire qui avait mal compris quelques passages de Tun de ses écrits, il répète à peu près la même chose.
Cest à mbi* qu'il appartient de reprendre les hommes, de condamner la doctrine dont ils font profession, ou d'approuver leurs paroles comme conformes à la vérité; mais il n'appartient à aucun homme de condamner ma conduite; carie Seigneur m'a choisi, il m'a formé de sa lumière rayonnante , avant qu'il existât ni lieu , ni puissance , ni homme , ni génie, c'est-à-dire, soixante et dix générations avant qu'il créât Adam alasi et Adam ahasi ^ ; chacune de ces générations étant de soixante et dix semaines, chaque semaine de soixante et dix ans, et chaque année égale à mille années de celles dont vous faites usage. Dans toutes ces générations il n'y a eu aucune époque à laquelle je n'aie appelé les créatures â la confession de l'unité de Notre-Seîgneur, le haut, le très-haut et digne de louange', et à son culte, lem' parlant sous différentes formes et différents noms.
^ Pièce xiy du recueil.
* (jeLJI M^]t cesi'k'àïrt, Adam le rebelle; ^LJl m^\ ^ c^est-
à-dire, Adam T oublieux.
Les unes se soiil rendues à ma prédication, et ont embrassé le dogme de f unité et le culte du Seigneur; les auti*es ont refusé de le reconnaître pour leur souverain, elles ont méconnu ses bienfaits, adoré des idoles , et associé d'autres êtres & sa suprême majesté. Par cette impiété elles ont mérité des châtiments et des peines rigoureuses.
Je vous exposerai, à la fm de cet écrit, les noms que Notre-Seigneur, le haut, le très4iaut, digne de louange, a portés dans chacune de ces générations, c est-à-dire, les formes sous lesquelles il s*est manifesté aux créatures, dans une substance corporelk et semblable à elles; car, pour sa divinité, elle n*est pas susceptible de noms, de définitions, de genres et de dénominations.
Je vous exposerai aussi les noms que j*ai portés dans chacune de ces générations , et le caractère distinctif des êtres qui existaient dans chacune d'elles. Je vous dirai pareillement quel a été, dans chacune d'elles , le nom du rival spirituel que Ton appelle IbUs.
Pour ne point anticiper siu* Tordre des matières, je n'expliquerai point ce que ces passages contiennent de relatif à Hamza. Je remarquerai seulement que, lors delapremière manifestation de rintelligence universelle paimi les hommes, çUe était connue sous le nom d'Adam alsafu, et avait* deux ministres su-
bordonnés k elle, à qui leur désobéissance fit donner les noms d'Adam alasi. cest-j^-jîr^ , /f rebelle ^ et Adam abiasi, c est-à-dire , toublieax. Lors de cette première manifestation de TLiteiligence, la forme humaine sous laquelle la divinité était voilée se nom- a a
I I II M» Il lA» — iMii I III II imawi ■■■— !■ m Mf I
mait AVoar, comme on va le voir. Alhar est donc le nom de la première manifestation de la divinité parmi les hommes. Aussi fauteur des gloses qui se trouvent dans le manuscrit i58i, interprétant ces mots qui sont dits du Seigneur, Loaange à NotreSeigneur qui a prodait une première fois la créature, et qui la fera reparaître un jour, remarque que cette créature, c'est la doctrine de f unité, que le Seigneur fa produite dans le temps où il s est manifesté ^ sous le nom d'^ftor, et qu'il la fera reparaître dans le temps du triomphe de la religion unitaire : d*où il résulte {pï Alhar est le nom de la première manifestation de la divinité parmi les hommes.
J*ignore si Hamza a rempli, dans quelque écrit qui ne nous soit pas parvenu, la promesse qu'il (ait, dans les passages que je viens de rapporter, de dé-
» êiy^j^j ^^ ^0^ <j\ô^ f*"^^ ^^J^ "^ ""^ ^**^
interprète i» ^iW par j Lit i^j-, 3* ^j^ par iyf^yi\', 3*
• (>AAjt par ^.^CJl c)^j- J'*^ traduit ^^jjl par la créature, et non par les créatures, parce qu*il importe, en pareille matière, d*ètr« trèt-littéral.
Ce passage est tiré du Traité de l'Amadou, pièce xxxvii du recueil.
tailler les manifestations de la divinité et de llntclligence parmi les soixante et dix générations de» Pré»damites; mais je n'ai rien trouvé à ce sujet, ni dans les écrits de Hamza, ni dans ceux de Béha-eddin. n peut se faire que ce soit dans quelque écrit k nous inconnu, que lauteur du formulaire ait pris rhistoire de ia manifestation sous ie nom d'i4Ii ^ dans une ville de Tlnde nonunée TiMn-^maichin. Mais, comme j* ai la preuve que ce formulaire contient des choses contraires à renseignement primitif de la re-
^ Il est fait mention du Makam AU (JjJI^^Ia^, cest-à-dire d'an liea nommé AU en qui a résidé la difinité, dans lès ^oseï du manuscrit i58i , et il en est parié comme de la plus personnification de la divinité. Ainsi, à Toccasion de ces par lesquels commence le traité intitulé ^^r\ '^ ij.!t> f^
(pièce xxxiii) jfiS-^jll V^'j^.^' dj^^j ^OjJl Jj3\ «m,
ou lit dans les gloses, i"* que ces mois ^.OjJ\ tij^^ XEUnd,
.1 Ancien, sont relatifs à son existence dans Tère antérieure et aa
3* que les mots ^jSZj\ dJi^ ^ Seigneur ginireax , indiquent le
Makam prisent jm>UI ^Uif , cest-à-dire Hakem; 3* enfin que, psr
fiy^jil c^y t If Maître miséricordieax , il faut entendre U Makam
Albar «Lfl m\jbu». Dans le traité qui a pour titre a^aâIÎ âIUj
(pièce XXX?). on lit : iûJjVL jjlU^Lkdt L^JL oJ^
Louange à Noire-Seigneur, qui s est montré à sa créature dams la première ^re, et la glose avertit que cela signifie, du teaups du Makam AH (JaII i:>9\ j . Je pense donc que cette manifestation est censée appartenir aux générations des Préadamites. En effet, je remarque que Hamxa, dans le traité intitulé oj^J'
ligion des Druzes , il est permis de soupçonner que son auteur se sera écarté en cela de la doctrine de Hamza.
Quoi qu'il en soit, voyons ce que les livres authentiques des Druzes racontent concernant les neuf autres manifestations. Cela se réduit k peu de chose.
Notre-Seigneur, dit Hamza ^ du temps de Schatnil (qui est le même qu* Adam ab(^fa). portait à f extérieur, dans son humanité et dans ses rapports avec ie genre humain , le nom A'Albar ^. De là vient , chez les Persans, le nom Barkhoiaya; car chez eux Barkhodaya est la même chose qa Allah. Hs ont dit AUia-
ij^9X.mX t (pièce XII ), dit que •Adam alsafa, qui est le même que
• Dhom-maa juu» J^ (c*est-à-dire, le premier des ministres, Tlnctelligence universelle) , avait servi dans la prédication unitaire, et cdams le culte de Notre-Seigneur le haut ^JaJI, le saxtant^^^^^ «dans les âges passés, antérieurs à la période où il a reçu le titre
• d*Adam: mais que, dans cette période antérieure, il a paru dans
• an monde qu on appelait les Djinn ^^dl, lesqueb adoraient le i néant. » Il me semble que c'est en se fondant sur ce passage qu'on a admis , avant Tépocpe du Makam Jlbar, une première manifestation de la divinité dans un Makam nommé Ali; mais je pense que cette interprétation est contraire à Tiotention de Hamza, qui n'avait employé le mot Ali ^JjJi que comme un adjectif qualificatif de I^ÛL^ , ainsi qu il emploie de la même manière radjectif^^A^itl.
■ Voyez le traité intitulé : ii^flAmlt 'â^a^I, pièce xii.
kem, dont le nom soit glorifié, BaHAodœya, entendat par là Allah, le servitear de Nôtre-Seigneur^. Borttodaya veut dire aussi le dieu suprême, le dieu des OeÊX. Us sont infidèles, et ils parient ainsi sans savoir ce qu'ils disent. Parmi eux il y en a qui aavent bien cela et qui croient que c'est une impiété , et cependant ils disent de même , soit de gré , soit involontairement, comme cela leur vient sur la langue, par habitude, ainsi qu'il est dit (dans l'Alconn): Tout ce qui est dans le ciel et sur la terre adore Din de gré ou de force ^.
Pour entendre ce passage il &ut savoir que, suivant la doctrine de Hamza, tous les noms sous les- / > quels Notre-Seiffneur est désigné, soit dans T Alcoran,
:^j Vi.. soit ailleurs, sont les noins de^ ses^mimstres et de ses serviteurs. Le plus excellent de ces noms ', dans FAlcoran, est Allah (Dieu). Ce nom, quant â sa
v^^j Jc^ ij^^ jux. — Suivant la doctrine de Hamia , AlUk X est un des noms de VlntelUqence uni»ersene. Hamia veut Jîre îo ont ces gens-là confondaient la divinité avec son ministre.
* il [coron* sur. 1 3, vers. 16.
* Ceci est dit à loccasion du mot ^U , qui est le nom d*an Um-
iife Fatîmi , c*est-à-dire d^une des personnifications de la divinité, et qui s'applique aussi à Hamza. Mais il y a, suivant Hamxa, cette
différence, quon doit dire, en pariant du premier, ^uJi avec Farticie,et en parlant du second, {J^jf^ (^^ (pièce xri).
Forme extérieure, est un composé de traits et de lignes créés; quant à sa valeur intrinsèque, il ne désigne que des ministres visibles, favorisés des grâces du Seigneur. Son extérieur, c est un nom ; son intérieur, c'est une chose nommée. Notre-Seigneur, 1 être adorable, est différent de Fun et de Tautre. C'est lui qui est le véritable sens ^ ; c'est la divinité de Notre- Seigneur qui est digne de toute louange et au-dessus de toute description. Mais les serviteurs (les hommes) n*étant pas capables d'envisager l'unité de leur Seigneur, sinon dans une formr semblable -h la leur et sous leurs figures humaines, la sagesse et la justice l'ont obligé à se faire nommer de leurs noms, afin qu Ss connussent en partie son essence véritable.
AUaky ajoute-t-il , est le daV^; Allah, dans sa signification naturelle , c'est l'imam. Le mot imam est aussi composé do quatre lettres ( comme les mots kàim et Allah ). Le dai , l'imam , Allah , tout cela n'indique c[ue des serviteurs de Notre-Seigneur.
On lit dans l'Alcoran , dit ailleurs Ilamza ^, Dieu appelle les hommes au séjour de la paix ^. Or, le plus ^nd des daïs (c'est-à-dire de ceux qui appellent),
* J ai déjà dit que Ir sens \^pjX^ signifie la réalité, par opposition I ce qai est eitérieur et tombe sous les sens
' Elamza veut dire le tlaî Khatkin , ainsi qu^il résuite du passage )ui va être cité.
^ Àlcoran, MIT. io,v. 36.
* Voyei la pièce ix du recueil.
c'est Khatkiri , quin*cst qu*un faible serviteur
Dieu [Allah) j en tant que nom , c'est le daî duqad 3 est dit, Diea appelle les hommes au séjour de la paix : h paix, c'est Timam ( Hamza ) ; son séjour, c'est la religion de l'unité de Notre-Seigneur. Allah, en tant que chose nommée, c'est le grand imam (Hamza) dont il est souvent fait mention dans l'Âlcoran. Enfin Allah, en tant que sens, c'est le créateur du nom et de la chose nommée , la divinité de Notre-Seigneur. qui ne peut être comprise.
Ces passages donnent la clef de celui que nous voulons expliquer. La divinité, dit Hamza, du temps de Schatnil , était voilée sous une fomie humainr qui portait le nom d'Albar, c'est-à-dire , le Bar. Cesl là l'origine du mot persan Barkhodaya, composé de Bar et de khodaî, mot qui, en persan, répond au mot arabe Allah (Dieu). Les Persans disent donc en parlant de Hakcm , AUiakem Barkhodaî, ce qui est la même chose que s'ils disaient en arabe , Alka kem Allah i et, par conséquent, ils attribuent à Ha kem un nom qui, dans le sens où ils le prennent AUiakem Dieu , ne lui convient pas , et est le nom d'un de ses serviteurs, car Allah (Dieu) est le nom de l'imam ou premier ministre. Mais Barkhodaya a un autre sens plus relevé ; il signifie aussi le Diea saprême, le Diea des dieux: en ce sens, il convient mieux à Notre-Seigneur, et en s'en servant ils ren-
dent hommage , contre leur intention et sans y prendre garde, à sa suprême majesté. Il y en a parmi eux qui, connaissant que le mot Barkhodaya est susceptible de ce sens sublime, et n'ayant point de Hakem l'opinion qu'ils devraient en avoir, se font un scrupule d'employer ce mot en parlant de lui; et cependant ils ne laissent pas de s'en servir soit de grc, soit involontairement et par routine, en sorte qu'on voit en eux l'accomplissement de ce qui est dit dans l'^coran : Tout ce f oî est dans le ciel et sur la terre adore Dieu de gré ou de force ^.
Les écrits de Hamza ne contiennent rien de plus sur la manifestation nommée Albar, si ce n'est le récit de la prédication de la doctrine de l'unité qui eut lieu en ce temps-là par le ministère de l'Litelligence, connue alors sous le nom de Schainil ou d'Adam abafa, ce que nous rapporterons en son lieu. Mais nous trouvons dans un écrit d'Ismaïl, fils de Mohammed, Témimi, ministre de la religion unitaire, et nommé dans la hiérarchie de cette religion le Daî, Y Ame, Dhou-massa, etc., comment se termina cette manifestation , et une suite abr^ée des manifestations suivantes. Je vais extraire de cet écrit tout ce qui est relatif à ce sujet ^.
^ jtlcoran^ siir. 3, vers. 77.
' Voyez le traité intitulé : ^ J^l ruJu* , pièce zxxvi du recueil.
Sous le nom de Binn^ on entend, dh-il, ceui qui , ayant renoncé aux doctrines fausses et erronées, ont connu TÊtre digne d'adoration, et font adoré. Le Seigneur, dont la mémoire soit honorée et k nom glorifié , était au milieu d'eux sous une forme humaine et sensible; il s accommodait k leur manière, en paraissant sous certains noms et certaim attributs ; mais lorsque, manquant de fidélité à 1* Être adorable, ils s'éloignèrent de la vérité et de cebi qui lui est attaché ^ , et qu'ils voulurent allier leun inclinations perverses avec leur rdigion, le Seî* gneur, digne de louange, se cacha à eux, i cause de la perversité de leurs œuvres, et il fit paraître au milieu deux Adam le petit ^.
L'auteiu* parie ensuite de la mission successive de Noé, d'Abraham, de Moïse, de Jésus et de Mahomet, et des temps qui suivirent, jusqu'à l'un des descendants de Mohammed , fds d'Ismail ; puis 3 ajoute : La sagesse du Seigneur ne lui permettait pas de se manifester au milieu de ces peuples qui étaient semblables à des morts.
* On nomma Binn ies contemporains dWdam alsafa qui, di temps de la manifestation nommée Alhar, embrassèrent la doctriae de Tunité par le ministère et la prédication d'Adam; ils formit ainn nommés, parce quils se séparèrent LîL^ des polythéistes ( pièce ui).
* Cest4-dire , comme Texplique la glose , de la doctrine de TVnité, et de rinteUigence, qui en est le premier ministre.
» ^^Vl A^t Cest Noé, si Ion en doit croire la glose.
Il résulte de là que depuis le siècle d*Adani al-
saSà et la disparition de la figure nommée AWar
jusqu'à la fin du règne de la doctrine de Mahomet,
il n*y a point eu de manifestation de la divinité.
Mais à la période de Mahomet succéda, suivant renseignement des livres des Druzes , ou plutôt^ sui- \/ / vant le système des Baténis ou Ismaëlis \ un nouveau siècle; ce fut celui de Mohammed, fils d'Ismaïl, qu'ils nomment, comme nous le verrons ailleurs, le septième natek ou législateur, et qui est, je crois, l'auteur de 1^ doctrine nommée TawU ou Aitin, laquelle consiste à allégoriser les préceptes de i'Alcoran. Ce Mohammed, fils d'Ismaïl, est le second parmi les sept imams qui sont les ancêtres des khalifes fatimis. C'est du temps du troisième de ces imams que la divinité se manifesta de nouveau |^ sous le nom dAboa-Zakaria^ et, sous le quatrième imam, il y eut encore une autre manifestation sous le nom d'Afya. Cette dernière avait été prédite, suivant notre auteur, longtemps auparavant, mais on avait attribué à Âlî, gendre de Mahomet, les prédictions qui l'annonçaient.
Voici comment il en parle : Dans l'Âlcoran, ainsi
' Je dis cela, parce que je crois qae, dans le système de Hamta, le septième natek est Saîd ou Obeïd-allah.
* n a été question d^Abou-Zakaria dans l'histoire des Kirmates. Voyet rintroduction , p. ccxtt.
que dans les religions des siècles précédents, il se trouve quelques indications de Tapparition d*im personnage nommé AU-alala ^. Ces mots ont été employés à dessein, parce que le Seigneur, dontli gloire soit exdtée, savait quil viendrait un homme qui aurait pour nom Ali, et dans lequel on pfétendrait que résiderait la divinité^. Gabriel, mon maître et le vôtre, leur ayant dit AH-atala, ifa ont faussement entendu d*Ali ces paroles, quoique œ ne fût pas là leur vrai sens.
G*est aussi dans ce sens que le natek ( c'est-à-dire, le l^[islateiu* Mahomet ) a dit dans le récit de son ascension : Étant arrivé au quatrième ciel, je vis un ange qui ressemblait parfaitement à Ali, et mquel les anges rendaient des visites. Je dis alon i Gabriel : Mon ami, celui-là est mon frère Ali, qui est entré avant moi dans le ciel. Mais Gabriel me répondit, Non, ce n*est pas lui; mais comme les
^Jb^Vl. Les mots (J^^ûfl f^ ne peuvent signifier autre cksM qoe Mi le ir^s-hant; car si ^J^fi n^était pas un nom propre, et ■ k sens était U haut, le tris-haut, il aurait fallu dire ^^icYI (JaJI-
L^auteur ne dit point que ces mots se lisent dans rAlooru, cl il est certain qu'ils ne se trouvent nulle part dans ce livre; il dit utilement qo'U y a des teites de TAlcoran qui font allusion à TapiNntion d'un personnage de ce nom.
* Le texte porte iuit(>âbJt, c'estpà-dire ftêsêmce «ifM. tàn auquel Ofpartiemt U titre Jtumque.
anges brûlaient du désir de voirÂii, le Seigneur a créé pour eux un ange qu*il a nommé AU, et les anges lui rendent visite ^
Le natek croyait que cet Âli, dont on lui avait parlé, était son Âsas ^, et que lui-même serait transporté un jour vers cette figure qui se nommait Ali. Ces quatre cieux et l'ascension de Mahomet signifiaient le rang de natek et Télévation de Mahomet à ce rang et à cette place de Tédifice , car il n'était d'abord qu'un simple disciple de la religion de Jesus; ensuite il devint mocaser', puis natek. C'est là ce que signifie le mot mira^ , ascension, c'est-à-dire qu'il avait été élevé de degré en degré. Lorsqu'il fut parvenu par ces degrés, on lui dit que, dans les manifestations futures, la figure paraîtrait dans le quatrième ciel. On ne lui dit pas qu'elle était le quatrième ciel, mais qu'elle était dans ce ciel.
Les sept cieux ce sont les sept imams cachés ^.
^ Voyex la pièce u du recueil.
* Ce mot signifie ^Toiprement fondement : il est ici à peu près synonyme de lieutenant ou vic€Ûre, On a vu dans mon Introduction qoe chaqne natek ou législateur a eu son Asas : ainsi Seth a été TÂsas d'Adam, Sem TAsas de Noé, etc. AliestTAsas de Mahomet, et de même que Mahomet est souvent nommé le Natek par excellence, Ali est aussi nommé VAstu,
' Ce nom désigne un missionnaire d'un rang inférieur; il en sera parlé plus tard.
* Ils sont ainsi nommés , parce que la crainte des persécutions les obligeait à se tenir cachés et à ne se faire connaître qu'à leurs
Le premier ciel, qui est le plus inférieur, cest Ismaïl, fils de Mohammed.
Le deuxième ciel est Mohammed, iils d*Isma3.
Ensuite parut le troisième ciel , qui est Ahmed, fils de Mohammed. De son temps le moment du soulagement ^ était aussi proche que le troisikne ciel Test du quatrième. Le Seigneur, qui soit loué et glorifié, parut du temps d^Âhmed, fils de Mohammed, sous une figure humaine, mais sans que cette figure possédât la dignité royale en ce monde; il parut sous une figiu*e à laquelle il donna le nom 1^ "^ d'Abou-Zakaria. Llntelligence universelle parut aussi avec lui, sous une figure à laquelle le Seigneur donna le nom de Karoan; celui-ci était grand dans le ministère de la prédication, et il ne mêlait aucune erreur au dogme de Tunité. Sur la fin de son temps« lorsqu'il était déjà vieux, le Mehdi fiit envoyé dans le Yémen ^. Le Seigneiu* fit aussi paraître son
partisans. Cest par ia même raison que, suivant Makrixi, Mohammed, fils dlsmail, fut surnommé Mektoum Mjjuè. Ot anteor parle aussi des sept imams cachés.
* Cest-à-dire, suivant la glose, le* moment de la manifestatioa de la figure nommée Aljra. En général, le mot ioulagement ^ %$ indique le temps où la divinité se manifeste, et est opposé À 'fyj intervalle, qui signifie le temps quT s'écoule entre une manîfetapSo et loutre, et pendant lequel elle est cachée.
ne sais si Tauteur veut dire , lorsquie Karoun fui devtna viemr» ou si
hoddja ^ , cffxi est l'Ame universelle , sous la figure d*Abou-Sa!d Malati.
Lorsque le quatrième ciel commença à paraître , c'est-à-dire, lorsque Abd-allah, fils d'Ahmed, qui descendait de la race de Maîmoun Kaddah, prit le gouvernement, le Seigneur parut sous une figure à laquelle il donna le nom d'Afya. Celle sous laquelle il avait paru auparavant était nommée Aboa-Zakaria Taleb. Gela faisait donc AU, fils àAlou-Taleh^, et c'est là Afy alala, celui qui avait été prédit sous ce nom d'une manière obscure.
Ensuite parut le cinquième ciel , qui est Mohammed, fils d* Abd-allah, et à qui on donnait en secret le nom de Mehdi. Il descendait aussi de Kaddah , et il était de la race de Hoscîn. Alors le Seigneur parut sous le nom de MolU. Il parut dans YV la contrée de Palmyre et dans les provinces de t'Onent , sous l'apparence d'un marchand , si ce n'est
cela doit s'entendre d'Âboo-Zakaria , ou même d'Ahmed, fils de Mohammed. An lieu de le Mehdi fut envoyé» peut-être faudrait-il tradoire : ilfvi envoyé sous le nom du Mehdi, ou bien avec le Mehdi,
On a vu dans mon Introduction, p. ccii?, qu'un daî des Ismaëlîs nommé Abou-Zakaria Samami, avait été envoyé , par Abdan ,
dans la contrée d'Elcatif : c'est peut-^tre de cette mission qu il s'a-
glt ICI.
* Le Hoddja de Karoun.
* C'est4-dircqu'Alya, ayant succédé à Abou-Zakaria Taleb, était figuré par Mi, fils H'Abou-Taleb, à cause de la ressemblance des noms.
que cette figure avait un air de majesté qui faisait une vive impression sur tous les cœ^rs, et qu*dle unissait une profonde sagesse & de grandes ridiesses et à Topulence.
Parut ensuite le sixième ciel , qui est Hoseîn , 6k de Mohammed , de la race de Maîmoiin Raddah. La figure sous laquelle était cachée Tunité demeura h même qu^auparavant.
Après cela parut le septième ciel , quand Abdallah, pè^e du Mehdi \ prit la souveraineté, la
' Le Mehdi, cest Obeîd-allah, aalremeat nommé Smd, ibodaleur de la dynastie des Fatimis dans le Magreb.
Hamza, dans récrit intitulé ^ ■*! ^ ■ » M (pièce ▼! d« Rcaeil ), dit expressément qu'il y a sept nateks, qui sont : Ailam, Xae. Abraham, Moïse, Jésus, Mahomet et Saîd. Or Saîd est le miam qu'Obeîd-aliah , premier khalife Fadmi, surnommé le JMif. /t père de Kaîm. Ensuite il explique , suivant une méthode tique, la formule ou profession de foi des Moaulmuis, qui pose de ces deux parties : Il ny a point Vautre diea ^œ Dêol 4II J m] ^1, et Mahomet est t envoyé de Dieu m\ J[y^j 4X4^^ ; et àanoe des lettres qui entrent dans la composition de celle fomak s. suivant lui, un sens mystique, et désigne qodqii*«o des de la religion, ainsi que les relations hiérardûqui» qui entre eux. Tout cda est fort oliscnr. Voici oe qu il dil à Tégardde k seconde formule, Mahomet est ïenûoyi de Diem, :
«U (Mahomet) les a oUigés àdiie,MiAoaMt €st f^nM^^Ais « ( Mohammed aisocL allah) : cela se compose de trois mots.pvff
• qu'il est le troisième h partir du Sabek (œs trois sont leSaM- ^ ■ 7Wi«t le Afînldb). Il s'y tnwve six diviaiona : (i** j^*^, s'^. «3*^, 4" Jf 5* I, 6' s»), parce qu'il est le sidème des nalcb:
• cela se forme en tout de douie lettres (mim. ka, mim. dol. "-
iHi
figure de Tunité demeurant encore la même que précédemment. Âbd-allah se nommait aussi Ahmed, et c'est pour cela que Saîd porte le nom de fis d'Ahmed. Cestlui qui est aussi nommé le Mehdi; il a porté le nom du Mehdi pour lui préparer les voies, et pour familiariser les hommes avec son
• sin, vKiw, lam, élif, lam, lam, hè), ce qai indique les douze hod- « djas extérieurs qu^il a (c'est-à-dire les douzes ministres du maho- «métisme littéral ou du TenzU)^ de même que TAsas a douze «hoddjas intérieurs (c'est-à-dire douze ministres de la doctrine alié- «rique ou du Tawil). Nous avons donc considéré le Sabik, le Tali , «le Natek, TAsas, Tlmam et le Hoddja, et nous avons vu qu'ils «sont tous des serviteurs disposés par couples Ity^*^ ^^Jd ^[xj\j9 «(jy^j3^, et nous avons connu que l'Être adorable est autre «qu'eux (puisqu'il est unique), et nous avons su, grâce à l'assis- « tance de Notre-Seigneur, dont soit le nom glorifié, que le hi qui «est l'objet indiqué est la clôture du mot ÀUah ( Dieu) et son com- « plément, et que les deux lams et T^/iJ viennent après ( dans l'ordre «de la hiérarchie) et suivent : pour lui (c'est-à-dire pour le ministre «désigné par le ^) , il est le dernier, le quatrième d'entre eux, et «c'est par lui que la puissance est complète ( plus loin l'auteur dit
• la pmueuice divine iLf»Jiy>^\ ïjOjj]) , parce qu'on n'a dit, en
• parlant d*aucun autre des ministres, ce qu'on a dit en [)arlant de «lui : c'est lui qui est le Mehdi, sur lequel est tombé ce nom très- « grand, quand on l'a appelé Ahoa^lkaim (le père du Kaîm ) ; car il « ne peut pas se faire que ce nom tombe sur un autre que sur celui «qui est le plus grand des ministres, et qui est leur suprême degré; «de même que le hê est le dernier terme (de la formule) , la ilah
• iUaàUah (il n'y a point d'autre Dieu que Dieu.) • Je vais transcrire le texte , à partir do ces mots : Nous avons donc considère , etc.
nom ^ C'est lui qui est le trône; c'est en loi que Notre-Seigneur Moill avait mis le dépôt, et c'est a lui qu'il avait ordonné de demeurer au service de Notre-Seigneur Kaim ^. Car la première manifesta-
jt L^I^Uat .L^[ ^f o^^-é=>i Jlo. [j)tjA ^yci Ux^ f^j^T^j i^^ O^ ij^\^ uy^fj <-U=j «t -uA;^
Ja5 L. :>j(>J1 ^ tXa.Jf JUu V (jJf O F^oiJI ^LVj A«i[;j
^\ Jl Jf V iûil^i ,l4J[ o*
Je dois avertir que, dans le langage des Proies, et a>t daytc
f' J ' daos celui des Ismaélis avant eux, le mot 3«i>^, piiiriel dttfi» b'mife, signifie ies ministres de lareiimpD.
On peut voir ce que j ai dit do Sabik le Préexistant, et do Tali k Suivant, dans Tlntroduction , p. cxxii.
' Je crois que ceci se rapporte k Saîd Obeîd-allah le Ifebdi.fi non h son père Abdallah Ahmed ; car on lit ailleurs : « Le Mehdi..
• est Saîd , fils d*Ahmed. Le Mehdi a dit de sa propre boucbc, et a
• confessé, en son temps et en son siècle, qull était le serviteur n « Tesdave de Notre-Seigneur, Texistant, le savant, le souverain; qu'il « était un instrument de la vraie doctrine, et le vase dans leqad têt
• était déposée. Il y avait quelque chose qui était mis en loi cooism
• en dépôt.» Cette chose, suivant une glose, était TioMuaiat Vmci la pièce vu du recueil.
Puisqu'il est dit ici, tCest en lui que Notre-Seigneor lioîll ^- •avait mis le dëpèt», cela doit s'entendre de Saîd. Saîd est immbbw
le trône ^ JCjI, parce qu'en lui reposait, avant de venir m monde, Kaim. en qui devait se personnifier la divinité.
* Il est bien digne de remarque qu'Obeid-eUah, Ir mémt <)•'
lion de Notre-Seigneur au monde fut sous le nom de Kaim; ce fut alors qu*il parut pour la première fois avec la dignité royale.
Recevez , ô disciple qui désirez l'instruction , ce que je vous ai développé par la grâce divine, et soyez-en reconnaissant. Voilà ce que nous connaissons de ses apparitions \ mais le Seigneur sait mieux que nous ce qui en est; il ne partage avec personne sa royauté, et nul ne peut apporter d'obstacle à ses oeuvres. Il ne vous convient pas de désirer de connaître ce qui est passé, puisque vous avez présent au milieu de vous, à découvert et manifestement, NotreSeigneur Hakem.
Ce que nous venons de lire concerne les manifestations, depuis la première nommée Albar, jusqu'à celle qui est nommée Kaîm, exclusivement. Nous allons voir, dans le passage suivant, ce qui concerne les autres, depuis Kaim jusqu'à Hakem.
Sud, fondateur de la puissance des Fatimis, qui fut le premier khalife de cette famille , et qui se donna pour le Mehdi et fut reoonnu ponr tel, n*est point, dans le système des Druies, unedes personnifications de la dmiulirCettonneur est^iStervé à son fils et son successeur, Kaîm. Je pense qu^on peut rendre raison de cela, en supposani que le |)ersonnage nommé Moûl avait vécu en même temps que Saîd , mais était mort avant la naissance de Kaîm. La dÎTiaité étant personnifiée dans Moîll, on ne pot pas supposer qu*elle eût résidé en même temps dans Saîd.
' La glose explique cela ainsi: «Depuis celle qui est nommer • Altoa-Zakaria juiM|u'à celle qui est appelée Kaim. •
HtrYV«^ '^] > Notre-Seigneur Aibar ^ sétant caché du temps
d'Adam abafa Tuniversel, les hommes tombèrent ^ dans rincrédulité et suivirent le néant. Le nom de Notre-Seigneur et sa connaissance furent alors cachés ; il n'était pas permis de le découvrir, ni d'en parler; il était caché dans les cœurs, jusquau temps où Notre-Seigneur parut sous la figure de Kaim. Alors la figure fiit visihle , mais le dogme de Tunité demeurait encore caché, par des raisons d'une profonde sagesse qui rendaient cela nécessaire. Aucun de ceux qui croyaient au dogme de funité ne pouvait manifester publiquement b croyance qu'il avait de l'unité de Notre-Seigneur; il était caché et dans le secret. Il en fut de même sous les règnes de Mansour, de Moèzz et d*Aiii: mais au commencement du règne de Notre-Seigneur Hakem ( car ils ne font tous qu'un ), il nous a manifesté sa sagesse. Lorsque Notr<sfifi|g||ffl|' pa-
H kem a commencé à paraître comme la fiinire sous
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laquelle est renfermée l'unité, le mystère a été découvert et on a pu professer publiquement, ouvertement et en sa présence, le dogme de son unité, sans éprouver aucun reproche , et sans être expose pour cela à souffrir la mort ou la prison.
Ce gue notre auteur dit ici que Kaim , Mansour. ^ ' "7* Moëzz, Aziz et Hakem ne sont qu'un , est encore
^ Pièce xxwî du recueil.
confirmé par divers passages des écrits de Hamza. Ainsi il commence un de ses traités par ces mots : « Je mets ^ ma confiance en Notre-Seigneur, le dé- «ment, le créateur, le souverain des souverains; « c'est lui qui est Aziz Nézar, le haut et le très-haut , u Moêzz le vainqueur. »
Ailleurs ^ il assure que Kaîm est le nom de Notre- Seigneur, et il rend la raison de cela '. Citant une parole de Mansour, il le nomme Noire-Seigneur. H donne le même nom à Moëzz , en citant une parole très-obscure de ce khalife^, etBéha-eddin en use de même à son égard ^. Hamza reproche à Khomar, qui se nommait lui-même cousin de Hakem, les mensonges dont il s*est rendu coupable contre Notre- Seigneur Aziz, dont il prétendait être le neveu ; et ,
> Pièce XIX du recueil.
* Pariant de Kaîm, il le nomme • AUsaUii'ûUuikem, Notre-Seim gneur qui a paru au monde , comme proTenant du Mehdi et de
• ion temps. •
II attribue i Notre-Seigneur Àlkaîm'<dhakem les victoires remportées par Kaîm et son fils Mansour sur un rebelle nommé jihou-Yézid. (Pièce ti du recueil.)
Hakem, dans la pièce intitulée Confiée de tâme (pièce xl) est aussi nommé Mansour. • Venez , dit Fauteur de ce cantique , «accourez tous vers llakem Mansour; car aucun enfant de la religion
• onitaire n a eu lieu de se repentir d^avoir cru en lui. »
* Pièce XII du recueil.
* Pièce VI du recueil.
' J^ièco XLi do rccupil.
après avoir nommé Aziz, il ajoute : Qme sa pmx tl sa miséricorde soient swr nous ^ ! Enfin il dit dans im de ses écrits : Déjà commence à paraître le poini et repos^, en manifestant le dogme de Tunitéde Notre- Seigneur Albar, Kaîm, Moëzz, Aziz, Mansoar,Hakem, Tunique, le seul, Tétemel, qui n*a ni femnif ni enfants, dont la mémoire soit glorifiée et le nom honoré.
Telles sont les diverses personnifications de k di-
n vinité dont bn trouve quelque trace dans les Uvm
des Druzes. Ces personnifications sont nonunéfs apparitions, et jointes aux épithètes de dècines, hamaines, royales , ou plutôt célestes, subUmes*: car.
* Pièce XXVII du recueil.
* ^LClyl juaiLi — Voyei la pièce xn du recaeil. fiîHar jUu; est un mot persan qui signifie Komme oisif, qui na rien à fiân. U point da repos, cesi Hamza ou Tépoque de Hamza. On lit qoelqw
pari: jiSZjJ\ idbiu jt «jjIjJI c:>^Ujjlj3Jfl i^j\^^ Urstà-
ù'ofi des périodes s'est achevée» et le cercle toamant est reveim oi psifi du repos.
* Apparitions «^Ij*^, divines jÇ^^K hamaines aaj»^>« , rtjftks jL^jjZX» . Je dis royales ou célestes, parce que c*eat li le sent q«*Ml le mot {^jKJjè et son dérivé 3J0U dans les livres dea Ikmts Cest aussi le monde céleste ou le monde invisible^ quotk entend pv (^^iOu^ dans le style des Sofis. Suivant Tauteiir da t^^ ^ *
(^\jujMju\ lÀvre des définitions, CfLL» signifie le monde titèk i^'^L^^i tlfr , et au contraire i^jSZX^ veut dire le mondr iamtStlr appartenant spécialement aux esprits et aux âmes ^ÂXifJl «.>a»Ji lU
dans ie style des Druzes, le royaume , c'est la doctrine sublime de la religion unitaire, de même que, dans l'Evangile, le royaume des cieux est ia doctrine de Jésus-Christ, et les enfants du royaume sont les disciples de cette doctrine.
Ces personnifications sont distinguées en deux classes : l'une contient celles dans lesquelles l'hu- • » manité de Notre-Seipieur, ou plutôt la figure sous laqudie était cachée ou voilée son humanité jointe à la divinité, était nue ou dépouillée y c'est-à-dire, olélftit point revêtue de la dignité de roi et d'imam; l'autre, celles où l'humanité était dl<^cor^"9e la puissance aouyeraine. Les premières sont comprises, dans une glose, sous la dénomination de temps de la nudité, et les autres sous celle de temps de rimamat^, et, suivant la même glose , l'épithète royales ou célestes comprend les unes et les autres^.
Les figures humaines sous lesquelles le Seigneur a paru sont nommées tantôt Jigures, tantôt lieux, quelquefois enveloppes^. Ces figures portent aussi les épithètes de divines, humaines, chamelles ^.
Mais il est essentiel d'observer que ces figures
' Temps de la nudité oui^^j£i\ {j^j « temps de timamat {^^j
* Pièce zxxi du recueil.
' Figure 'ijy^* ^^ /iViLt* chemisa on robe, enveloppe ^^f yC^ *
* Cékamettes ijjjLf ■
que dans les religioDS des siècles précédents , il se bvuve quelques indications de l'apparitioD d'un personnage nommé AU-aiala '. Ces mots ont éli employés à dessein, parce que le Seigneur, dont b gloire soit exaltée, savait qu'il viendrait un homme qui aurait pour nom Ali, et dans lequel chi prétendrait que résiderait la divinité'. Gabriel, moo maître et le vôtre , leur ayant dit AU-aUJa, ils ool faussement entendu d'Ali ces paroles, quoique ce ne fût pas là leur vrai sens"! — — '
C'est aussi dans ce sens que le natek (c'est-i-dire. le l^p^teur Mahomet ) a dit dans le récit de son ascension : Etant arrivé au quatrième ciel, je vit un ange qui ressemblait parlàitement à Ali, et auquel les anges rendaient des visites. Je dis alon i Gabriel : Mon ami, celui-là est mon fi-ère Ali, qui est entré avant moi dans le ciel. Mais Gabrid me répondit, Non, ce n'est pas lui; mais conune le*
jJjYf L«9 mou (J.xJl i^ ne peuveat signifier anMcfaMt que JU U Mi-Jiaat ; car «i (^ n'itail pas un nom propre, el s k MB* iUit (* JUnf . le trii-hma, il anriil fallu dir« (^VI ^JjJI.
L'aDtenr ne dit point que ces mots se liieot dans l'Alcona , it il est certain qulls ne >e iroavent nulle part dans ce livre; il dit imlement qn'il j a de« teitet de l'Alcoran qni fout ailiuion à fappaii-
■ Le tate porte «Jt(>^l, c'ctt44lire faiMac* a tl le lifr* iTawf u.
anges brûlaient du désir de voirÂli, ie Seigneur a créé pour eux un ange qu'il a nommé AU, et les anges lui rendent visite ^
Le natek croyait que cet Âli, dont on lui avait parié, était son Âsas ^, et que lui-même serait transporté un joiu* vers cette figure qui se nommait AU. Ces quatre cieux et l'ascension de Mahomet signifiaient le rang de natek et l'élévation de Mahomet à ce rang et à cette place de l'édifice , car il n'était d'abord qu'un simple disciple de la religion de Jésus; ensuite il devint mocaser ^, puis natek. C'est là ce que signifie le mot mira^ , ascension, c'est-^-dire qu'il avait été élevé de degré en degré. Lorsqu'il fiit parvenu par ces degrés, on lui dit que, dans les manifestations futures, la figure paraîtrait dans le quatrième ciel. On ne lui dit pas qu'elle était le quatrième ciel, mais qu'elle était dans ce ciel.
Les sept cieux ce sont les sept imams cachés ^.
' Voyei la pièce ix du recueil.
* Ce mot signifie .^To^rement fondement : il est ici à peu près syoonyme de lieutenant ou vicaire. On a vu dans mon Introduction que chaque natek ou législateur a eu son Âsas : ainsi Seth a été TAsas d*Adam, Sem TAsas de Noé, etc. AliestTAsas de Mahomet, et de même qne Mahomet est souvent nommé le Nalek par excellence, Ali est aussi nommé VAsas,
' Ce nom désigne un missionnaire d'un rang inférieur; il en sera parlé plos tard.
* Ib sont ainsi nommés , parce que la crainte des persécutions les obligeait à se tenir cachés et à ne se faire connaître qu*i leurs
change i vos yeui ; et cela arrive lorsque ros m " ^ sont sains , exempts de toute ordure et de Mi luadadie. Si^ au contraire, vos yeux éprouvent fé que accident qui leur nuise, vous ne voyeifii exactement votre 6gure. De même, celui tfàtt" garde cette figure humaine, la voit difl^remmet en ndson de son degré de science et de la sance qu*il a de la vérité.
Gardez-vous bien, ditHamza^ de dire queNol^ Seigneur est fils d^Âziz ou père JAli, car Noli» Seigneur, digne de louange, est tonjours le en tout temps et dans tous les âges; il parût une ^[ure chamelle et sous une forme humtft comme il veut et où il veut. Vous ne voyez qaeh cause qui est au milieu de vous^, et suivant le da^ gement des circonstances, vous voyez une figured^ férente. Mais, pour lui, les siècles, les années et b mois ne changent rien en luL Tous les joan U é occupé à qaehjue chose ^, c*est -à-dire, que dans Ml \^ les âges il parait sous une figure difiérente; wi une affaire ne Icaétoiunr pas d'une autre.
Maintenant^ les périodes sont révolues; tout ce qui a existé dans les siècles précédents est aboli...
* Pièce n do recneil.
* Cest un passage de TAlcoran que Hamia inteqvrète alléç;«nquement. Voyez Àlcor. sur. 55, t. 99.
^ Pièce \u du recueil.
DE LA RELIGION DES DKUZES. 47 Louanges et actions de grâces à Notre-Seigneur, à cause de la manifestation de la lumière des lumières Car il YOi^s a fait, à vous et à nous,
une grâce toute particulière en se montrant sous une forme humaine et se faisant voir sous une fi- [^ gure chamelle, «fin fpi^ vni^g pi^JMi^^- ^^""^^?tre en "^^ partie son humanité. Je ne dis, en parlant de lui, son essence^ son âme, salure, son sens^, ses qaaliiéSf ses voiles, son lieu, son visage, que par nécessité, pour me mettre à la portée des fidèles, et pour dire quelque chose qui puisse être compris par ceux qui Tentendent, qui soit saisi par leur intelligence et qui entre dans leur esprit; car, si nous parlions autrement, ils ne pourraient comprendre nos discours , et nos paroles n auraient point pour eux un sens intelligible.
La véritable nature^ de la divinité de Notre-Seigneur ne pgut ^ être comprise que soiis une figure ^>^-c.<i^^-
formée par rimagination , mais non véritable et
substantielle ; mais il nous a fait voir le voile sous ><v lequel il est caché et le lieu d^u^ il nous parle, ' •
afin d'être adoré sous la forme d*un être extérieur et sensible, le tout par miséricorde et par bonté
' Le iens ^^vsu» , est , comme je 1 ai déjà dit , l'opposé de la figure ; r^eat Yinlériettr» le réel , mis en opposition avec Vexiinewr, les apparemees.
• Pièce X11I du recueil.
pour les hommes. Le culte et l'adoration sont dus, en tout siècle et dans tous les temps, à ce lieu qw nous voyons , que nous apercevons , dont nous entendons les paroles et à qui nous parlons.
Si quelqu^un dit à cela : Comment se peut-ii fiuK que nous entendions les paroles du Créateur d%De de louange, par le ministère d*un corps charnel, on que nous voyions sa véritable substance sous des figures ? nous lui répondrons , par la grâce et avec le secours de Notre-Seigneur : Tous tant que vous êtes, Musulmans ;Jui& ou Chrétiens, vous croyei que Dieu a parlé à Moïse , (Us d*Âmram , du milieu d*un arbrisseau desséché, et lui a adressé la mrole du sein d'une moiUafixie inanimée et dure. Vous avez même donné à Moïse un surnom qui signifie celai qui converse avec Dîea^ à cause de ses paroles qu'il a entendues sortir de cet arbrisseau et de ce rocher; et, sur cet article, vous êtes tous parfait^ ment d'accord. Vous dites aussi que Notre-Seignear est un roi, du nombre des rois de la terre, et ( il est reconnu que ) quiconque a^ reçu l'empire sur un grand nombre d'hommes a autant d'intelligence à lui seul que tous ses sujets ensemble. Or Notre- Seigneur étend son empire sur des milliers innombrables d'hommes, et son excellence ne peut être comparée avec la nature d'un arbrisseau ou d'une
roche; ainsi il^ mérite bien mieux qu'un arbrisseau ou une roche, que le Créateur parie par sa bouche, qu il Êisse voir sa puissance aux hommes par son intermédiaire, etqu*ii se cache sous lui comme sous un voile pour se dérober à leurs regards. Lorsque nous entendons les paroles de Notre-Seigneur, dont le nom soit glorifié , nous disons , Le Seigneur a dit telle ou, telle chose; ce n est pas comme quand Moïse entendait un léger murmure sortir de Tarbrisseau , et disait : J'ai entendu de Dieu telle ou telle chose. . . . Nous avons encore dit que Notre-Seigneur réunit toute Tintelligence de tout le peuple de ses états. Cet arbrisseau et ce rocher, au contraire « ne pouvaient ni entendre, ni comprendre rien de ce que Dieu disait. Celui qui entend et comprend ce que Dieu dit est certainement plus digne d'être Tinstnunent par lequel Dieu parle et agit, que ne lest un être incapable de comprendre ses paroles. Si un arbrisseau lui a servi de voile, celui qui est capable d'entendre^ et de comprendre ses paroles est plus digne de lui servir de voile qu'un être '^J incapable de les entendre et de les comprendre. Mais comment se pourrait-il faire que le Créateur digne de louange se cachât dans un arbrisseau et fît entendre de là ses paroles, puisque, si l'on venait â mettre le feu à cet arbrisseau, son
' Cett-à-dire, la figure humaine soua laquelle il est penonnifir. I. Il
voile serait anéanti ? Louange au Dieu digne d*étre adoré; il est bien élevé au-dessus des descriptioas que font de lui les polythéistes. H ne peut être compris et décrit , Notre-Seigneur Hakem , dont le nom et le voile sont glorifiés dans tous les siècles et tous les âges , sous différentes formes et différents noms . comme il est dit dans l'Âlcoran : Ouufuejoar ileti dans une chose ^; mais une chose ne le détourne point d une autre.
Hamza, expliquant ailleurs les premières l^es dun de ses propres écrits, répète ce même raisonnement.
Par ces paroles^, dit-il. Je mets ma confiamce en Notre-Seigneur, j'ai entfindi^ paHf p ^<^ 1? jItyÎF''^^ ^ Notre-Seigneur à la^uelleja ji£ns4(^.nfi.4îeutjstte^ dre, qui ne peut être saisie par Tesprit et l'imaginition. Il n y a aucun des mortels avec lesquels il ne m trouve, quoiqu'ils ne le voyent point; il sait toutcf qui est dérobé à la vue et ce que cachent les cœurs. D est trop grand pour être décrit ou compris.
Dans la seconde ligne j'ai dit : Cest de lai que je réclame l'assistance en toutes choses. Ici j*ai, entrai parier de l'humanité qui est le voile sous lègue) il se cache à nos veux, et le lieu d'où il nous adresse
* Àlcoran, sur. 55« vers. 29. Le passage cit^ ici par Hamza a on sens fort différent dansTAIcoran.
* Pi^ce XIV rlu recueil.
la parole, c'est-à-dire, de cette (igure humaine que nous apercevons. Si quelqu'un dit à cela : Gomment se peut-il faire que le Créateur se cache sous une chair humaine et qu'il parie de là, puisque l'on a enseigné qu'il ne peut être saisi (par les sens)? nous lui répondrons : Les Musulmans, &însi quçLles Juifs et les Chrétiens , conviennent que le Créateur ne peut être saisi (par les. sens), et cependant ils disent qu'il habite dans les cieux, qu'il est assis sur un trône , qu'il s'est caché dans un arbre qui n'a ni intelligence, ni raison, et que de cet arbre iJ a adressé la parole à Moise, fils d'Amram; que Moïse entendait une voix qui sortait de l'arbre et lui disait. Approche-toi de moi, ô Moise, et connais mon poavoir : c'est moi qui suis Dieu; que Moise pareillement, après avoir entendu les paroles qui sortaient de l'arbre, disait, Dieu m'a dit telle ou telle chose, et que, lorsqu'il avait entendu les paroles sortir de la montagne, il disait aussi : Dieu m'a dit ceci ou cela. On ne lui contestait pas la vérité de ces paroles. Certes, nous pouvons, avec bien plus de justice et de raison , lui attribuer ces voiles et celte parole ^ nous qui disons qu'il s'est caché sons une figure pariante, savante et pure, qui est celle d'un
* Cest-à-<Iire , nous pouvons employer cette eipression, Notre- Seijfneur a dit, en parlant de la (îgure humaine que nous vovons, pt des paroles que nous entendons de sa bourbe».
de ses élus; car son vicaire et son élu est phis propre à lui servir de voile et de parole qu*un arbre desséché, une pierre ou une idole. Cest U un argument démonstratif, raisonnable, que nos adversaires ne peuvent détruire ni réfuter en lacune manière.
Sachez, dit encore Hamza \ que quoique auciu nom ne convienne à Notre-Seigneur, et qu'il ne puisse être personnifié dans un corps, cependant jri AJpivt «^ chaque homme le voit d*une manière confonnc à sa propre nature et à la capacité de spainteUigepce. Louéejpit sa divinité qui nous est cachée, Confiée p soit son humanité qui nous est montrée! Il a para
k ses créatures sous leur forme, avec leur figure, et d une manière semblable à la leur ; il ne peut entrer dans rimagination, ni être connu par la pensée et par l'esprit.
Le morceau suivant est tiré d'une prière dont Hamza est auteur. Comme cette pièce est d'un style obscur, j'insérerai les gloses que Ton trouve dans le manuscrit en les mettant entre des [ ].
En ton nom ^ , ô Dieu digne de louange dont le trône (lunité) est éternel, dont la force est extrême, lumière des lumières (c'est-à-dire, l'humanité) qui existe en tout lieu et en tout endroit , créateur et au-
' Pi^ce xi\ du recueil.
* Pièce XXIX dn rwrueiï.
leur des choses, origine primitive et principe des causes (les choses et les causes, ce sont les cinq principaux ministres); saint, saint, ô toi que reconnaissent les âmes (c'est-à-dire, les bons et les méchants), qu'elles confessent avoir été adoré avant tous les siècles , et avoir existé dans les temps écoulés I Maître des lumières élevées, des éléments étemels (les lu- 'miires et les éléments, ce sont encore les cinq ministres), être qui possède une gloire unique et éternelle, dont Tessence est unique, et l'existence sans aucunes limites, qui est exempt de toutes les qua- A
lités (sous lesquelles il a paru extérieurement) ; créateur de tous les êtres dans leur première origine, qui leur a fait connaître sa personne (son huma- / . nité) comme il Ta jugé à propos, qui ordonne la vérité (c'est-à-dire, de croire à son existence réelle) et qui n'appelle point les hommes au néant (c'està-dire, au culte d'un être qui n'existe point), qui s'est manifesté d'une manière extérieure pour donner aux hommes un témoignage irrésistible de son existence, et ([ui existe en même temps d'une manière intérieure, en sorte qu'il ne peut être saisi par les sens (c'est la divinité); qui a manifesté sa puissance (son humanité) dans le monde, en sorte que chacun l'aperçoit suivant son degré de pureté, comme celui qui regarde son propre visage dans un miroir. Il est digne de louange, lui
qui a voulu et qui a créé les hommes , qui s'est fait voir à eux sous une forme semblable ft la leur, afin qu'ils crussent en lui d'une foi ferme et véritable; qui s*est accommodé à eux et leur a donné un témoignage irrécusable de son existence , parce qa'is étaient incapables de comprendre sa nature (s'il ne se fût point manifesté), et que toute la force de leurs intelligences n'était pas suffisante pour com-' prendre ce qu'il est. Mais, pour lui, dont le nom soit élevé , il a rempli toute justice, et il a usé d'une grande bonté envers ses créatures dans ce qu'il a fait, puisqu'il s'est manifesté au milieu d'elles sons une forme extérieure et sensible, qu'il leur a «joint de garder leurs engagements et leurs serments, et qu'il leur a fait connaître le véritable cidte que doit rendre ladorateur (l'unitaire) à l'Etre adorable ( le lieu), par l'intermède de l'imam (le p^^ mier ministre ou l'Intelligence) et par l'obéissance à ses ministres (les quatre autres ministres). Élevée soit ta lumière ( la divinité ), qui est antérieure i
toutes les choses les plus anciennes , qui ne
laisse pas de subsister d'une manière intérieure lors même qu'elle se manifeste extérieurement, et de se manifester à l'extériem* en même temps qu'elle existe d'une manière intérieure * ; qui existe dans
* C'est-à-dire que, quoique Dieu se manifeste d'une manière sensible , il demeure néanmoins, par son essence, incapable de tomber
son humanité en tout temps et dans toug les âges , aiais qui n*est point retenue et renfermée dans Vhuinanité, de manière que la conj^iaissance des choses surnaturelles lui soit dérobée ; elle se découvre et s'approche sans s'abaisser, elle se manifeste sans changer de place et sans dérangement, elle disparait sans mouvement et sans déplacement. Lor»quelle (la divinité) parait dans une chose (Thumanité), cest quelle (la divinité) survient sur cette chose ( rhumanité ) ; et quand elle ( la divinité ) disparait de cette chose (Thumanité), c'est qu'elle (la divinité) retourne de cette chose (l'humanité) vers dle-même (la divinité).
Hamza dit encore en un autre endroit : Notre- Seigneur ' n'est point séparé de son humanité ; les œuvres qu'elle fait sont les œuvres de cette divinité qui nous est cachée, et les paroles quelle profère sont les paroles de cette même divinité. Il ne sé^, pare point la divinité de l'humanité, mais c'est vous qui nê^ pouvez pas le voir, et qui êtes incapables de comprendre sa véritable essence.
On peut le comparer (je dis à raison de cr qui
»ouf les sens; et que cette qualité par laquelle il e^t inaccessible a«i sens ne soufire aucune altération par sa manireslatioo eité- Heure et sensible. G*est, comme nous Ta vous vu ailleurs, dans 4a croyance de ces deux propositions, inconciliables suivant la raison , que consiste le mérite de la foi ' Pièce IX du recueil.
parait extérieurement, non k raison de la vétiié de son essence, qui ne peut être comprise par f imagination et quaucun esprit ne saurait conceroir; mais nous vous offrons ici une comparaison, suivant notre capacité et la mesure de nos facultés, afin que les disciples fidèles connaissent en partie la puissance de Notre-Seigneur ) , on peut, dis-je, le cornj^ parer à un être corporel et doué de la parole, en '**'^\., { qui un esprit subtil est uni à un corps erossier; il V / a une intelligence par laquelle il dirige ses actions,
♦^ *^ / et il sait quel est le but que son intelligence se propose. Les autres hommes ne connaissent point son intelligence ; ils n*en connaissent ni le lieu, ni la véritable essence; ils ne connaissent de son intelligence que ce qu il leur en manifeste. Cette in-
telligence est cet esprit subtil dont j'ai parlé, mais elle ne se manifeste que par 1 organe de ce corps grossier. Personne ne peut dire que Imtelligence paraisse autrement que par le moyen du corps, puisque ce n est que par le moyen du corps que Tàme peut être aperçue ou saisie. De même Notre- [A Seigneur nous fait connaître sa divinité parTorgane extérieur de son humanité ; il nous parle sous une forme pareille à la nôtre , et sous une figure comme la notre; sans cela, nous ne pourrions ni le connaître, ni le concevoir. Il nous a donc montré sa figure humaine, son lieu charnel ; car la majesté
souveraine de sa divinité ne peut être saisie par les yeux; on ne peut la définir par le comment? ni le oà? Il connaît vos pensées secrètes avant qu'elles soient formées dans vos cœurs. Il est digne de louanges et élevé au-dessus de toute description.
Béha-eddin enseigne, sur les manifestations de la divinité, la même doctrine que Hamza.
Frères, dit-il \ sachez que cette figure qui a paru aux hommes pour rétablissement du culte du Dieu réellement existant ne paraissait quaux yeux du corps : car, conune nous voyons que les hommes naissent ignorants, quils ne savent .que ce quils lisent, que ce quils apprennent, et qu'ils ne peuvent parvenir à connaître les choses spirituelles tçfles qu elles sont, que par le^iuoj^en^^cejlggjjuijom bent sous leurg sens, la sagesse a fait paraître k leurs yeux une figure pareille à la leur. Cette figure a donc été à la portée de ]a leur, en ce qu elle était de la même espèce ; mais leurs yeux grossiers étaient cause qu'ils n'étaient point encore d'accord entre eux, parce que la puissance divine avait voulu que
la divinité passât successivement sous diverses en- A/
veloppes charnelles et humaines, afin d'éprouver par ce moyen les hommes charnels; et cette épreuve du changement successif des enveloppes les avait divisés en plusieurs sectes.
• I*i^c* XLiv du recueil.
dans le monde), pour donner par4à aux hommes un témoignage irrécusable de son existence et remplir toute justice à leur égard, en se manifestant à eux dune manière réelle ; pour anéantir toutes les opinions fausses qui conduisaient à nier la divinité et à la dépouiller de sa réalité , et pour discerner les disciples de la foi des partisans du mensonge et de Terreur, afin que tous les hommes eussent, dans li recherche du vrai Dieu, la même facilité pour le trouver, et que les âmes saintes, en s'efforçanti i'envi de confesser l'unité de l'être adorable, avec ^^ abstraction de tout attribut, et de lui obéir, aequissent un mérite qui les distinguât des autres.
Le même écrivain dit encore ^ : Louange au Sagneur, au Dieu qui est distingué de tous les autres êtres en ce que lui seul est le sens (c'est-à-dire, l'objet intérieur et réeP) de toutes les manifestations divines; qui, par sa divinité et quant à sa nature, est trop saint pour qu'on lui applique aucune idée de quiddité ou de quantité; qui, à son existence près , est exempt de tout ce que les esprits peuvent concevoir ou que les paroles usitées dans le discours peuvent exprimer'.
' Pièce Lxi du recueil.
* Voyex sur le mol o»*^*^ ''' ^i*» ce que j'ai dit ci-devant, p. i? , note 1.
' .le crois nécessaire de donner ici le texte de ce paaaage :
d*inteliigence , applique ses pensées au dogme de Tunité dans toute sa pureté; dont i*âme, dégagée de tout ce qui serait capable de ternir sa clarté, considère dans un repos parfait r essence une de la a divinité, abstractionfaitg d^ tftUt Bttpl^nt f t d^ tOPIt^ idée accessoire ; alors elle est entièrement dégagée de toute considération des temps passés et de certaines périodes. Dans cet état de repos où elle est établie , son âme ne mêle aucune erreur à la confession qu'elle fait de Tunité ; elle n*adniet aucune idée de nombres , dans Têtre qui est Tobjet de son adoration. Ellle est au plus haut point de la considération et de la confession de la nature divine, une et ^ i dégagée de tout attribut, et elle est également éloignée de Terreur qui dépouille Dieu de sa réalité, ou de celle qui fassimile aux créatures et le circonscrit dans certaines bornes.
Louange , dit encore Béha-eddin ' , au Seigneur Hakem , qui est , par sa gloire , bien élevé au-dessus du néant des idées qui sont le fruit de l'imagination des hommes et des religions mensongères; c^ui est y exempt de toutes les qualités des «^tres jcréés^ lesquels ne sont que^iElesse et impuissance ; qui est distingué de tous les autres êtres par Texistence réelle quil a eue dans les lieux divins (c est-à-dire, dans les porsonni (ira t ions sous losqiiollrs il a paru
dans le monde ), pour donner par-là aux hommes un témoignage irrécusable de son existence et remplir toute justice à leur égard, en se manifestant à eoi d'une manière réelle; pour anéantir toutes les opinions fausses qui conduisaient à nier la divinité et à la dépouiller de sa réalité , et pour discerner les disciples de la foi des partisans du mensonge et de Terreur, afin que tous les hommes eussent, dans li recherche du vrai Dieu, la même facilité pour le trouver, et que les âmes saintes, en s^efTorçantl Tenvî de confesser Tunité de l'être adorable, avec "^^ abstraction de tout attribut, et de lui obéir, acquissent un mérite qui les distinguât des autres.
Le même écrivain dit encore ^ : Louange au Seigneur, au Dieu qui est distingué de tous les autres êtres en ce que lui seul est le sens (c est-à-dire, l'objet intérieur et réeP] de toutes les manifestations divines; qui, par sa divinité et quant à sa nature, est trop saint pour qu'on lui applique aucune idée de quiddité ou de quantité; qui, à son existence près , est exempt de tout ce que les esprits peuvent concevoir ou que les paroles usitées dans le discours peuvent exprimer'.
' Pièce Lxi du recueil.
* Voyez sur le moty^uc» le sens, ce que j'ai dit ci-devaat, p ^7, note 1.
' Je crois nécessaire de donner ici le texte de ce pasMige :
Écoutons encore ce que dit sur le même sujet fauteur anonyme d*un traité qui se trouve à la suite des écrits de Béha-eddin ^
Nous avons déjà dit que le Seigneur, dont le nom soit glorifié, est juste et ne commet point d'injustice. Il est infiniment élevé en gloire et en grandeur au-dessus de ce que disent de lui les impies. Or quelle justice y aurait-il qu'il (ut élevé, comme le disent les polythéistes, au-dessus des sept cieux, sur im trône placé au-dessus du septième ciel, et qu*avec cela il nous eût imposé l'obligation de le servir et de le connaître? Y a-t-il aucun homme au pouvoir duquel il soit de connaître ce qui est derrière une muraille, quelque proche qu'il en soit, si on ne le lui montre à découvert, s'il ne le voit de ses yeux, et si son cœur n'en demeure pleinement convaincu ? Autrement , il ne peut le con-
^ijai iuy^VI a>\jj^\ ,iL*< 3Hull -JJft J^ cJl
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Cela signifie que tout ce qu*on peut affirmer de Notre-Seigneur, c*est qu'il eiiste, mais qu on ne peut ni comprendre par les forces de rinteiligence la nature de son Atre, ni la définir par aucun des termes que fournit le langage.
' Pièce Lxvii du recueil. J ai remarqué ailleurs que cette pièce n'est point de Hamza, et quVlle me parait d'un style différent de cdoi de Moktana. J'ignore quel en est Tautenr.
faiblesse, dans ce Dieu puissant, est un eSet df sa
puissance même.
Outre cela , s*il était toujoiu*s demeuré caché sans jamais se manifester, on n aurait pas connu avec certitude rÊtre adorable , ni su avec une parfaite conviction quel était celui que les ministres annonçaient Si , au contraire , il se fût toujours manifesté sans
jamais se cacher, il eût été d'une nécessité forcée de Tadorer et de toute impossibilité de ne pas le fiûre. Tous les habitants de la terre auraient été égaux â cet égard ; il ne s*en serait point trouvé qui eussent ea des opinions différenles. Mais cela même aurait été, par rapport à Dieu, une marque d'impuissance dans la création, puisque tous les hommes auraient été savants, sans quil y eût parmi eux aucun i^;norant; tous auraient été unitaires, sans qu'il yeùt parmi eux aucun polythéiste. Tous les hnw^pigs auraient obéi à une nécessité irrésistible ; il n y en
aurait eu aucun parmi eux qui fût digne de récompense ou cle châtiment, puisque celui qui apt par contrainte îie mérite ni récompense ni punition. Or ce serait là une impuissance manifeste s'il n'avait pu produire le savant et l'ignorant, l'imparfait et l'excellent, une chose et la chose opposée, afin que la perfection de sa puissance parût, que sa sagesse infinie se fît connaître, que l'Être adorable fôt connu avec certitude , et que tous les ministres.
sont également incapables de faire aucun mal ni aucun bien.
Tous les hommes conviennent encore unanimement, et sans différence d'opinions, que le Créateur est puissant Mais où serait sa puissance, s il était toujours demeuré caché sans jamais se manifester ? Ne serait-ce pas une marque qu'il aurait été dans Timpuissance de se manifester? Si, au contraire, il s'était toujours manifesté sans jamais se cacher, c'est assurément qu'il aurait été dans l'impuissance de se cacher. De même, si dans toutes les manifestations il avait paru sous une seule figure et dans un seul état, ce serait encoi^ là une marque d'impuissance. Qu'est-ce donc que le Dieu de ces gens qui prétendent que leur Dieu est caché, dans l'impuissance de se manifester? l'impuissance n'est pas un attribut qui convienne à celui qui est puissant. Mais le Seigneur, dont le nom soit glorifié, est te Dieu des premiers âges et des derniers; -puissant dans tous les états, il a été caché, et il s est mani- J^i. f»té diverses foLs^$ous desL.figures différentes ; car ce Dieu, dont la gloire soit infinie, a paru h l'extérieur dans l'état de l'enfance, puis dans l'âge parfait; il a paru, ce Dieu dont la puissance soit glorifiée, quant è l'apparence extérieure, attaqué d'infirmités en son corps, afin qu'on ne pût pas le soupçonner d'impuissance à cet égard ; ce qui fait voir que la
dc EXPOSÉ
qui iiiyente son art de lui-même, et qui n*âit M précédé par un autre dans ce même art, ou dantua art à peu près pareil et du même gem'e. Tout cda l^\ 4 V^«^rouye qu il faut que toutes choses aient une oriane ù/*>jf^ unique, à laquelle elles remontent et se lapporteiit; et cette origine, c'est le Créateur, dont ]a gloire est infiniment élevée au-dessus de ce que disent ks impies.
Tels sont les principaux textes des écrits religieux des Druzes qui concernent la personne de ffat^m et son union avec la divinité. Je les ai réunis à dessein, pour que Ton puisse se faire une idée de l'enseignement des premiers fondateurs de cette religion, sur ce dogme qu'on doit regarder comme Tessentiel de leur doctrine. Il en résuite, ce me semble. y il ^ que rhumanité divine du Seigneur est une et tou- ' jours la même dans ses diverses manifestations,
quoiqu'elle paraisse sous des figures différentes; que le Seigneur et la fijgure humaine qui lui sert de voile sont tellement unis, que les actions et les paroles de cette figure sont véritabiementlcs actions et les paroles du Seigneur ; que le mérite de la foi consiste à croire que le Seigneur, en se rendant accessible aux sens par la figure qui lui sert de voile, ne laisse pas detre infmi, incomjNréhensibie . inaccessible aux sens; comme, malgré la diversité et la surcession de ses manifestations, il n*y a ce-
comblés de faveurs et de bienfaits, fussent manifestés ^.
Cest encore une chose reconnue de tout homme doué de raison, dun véritable discernement et de quelque talent, que si un enfant était né d*un père et d'une mère qui fussent muets et ne pussent pas parler, et qu'il n*entendit point d'autres personnes parier, il serait muet aussi et ne parlerait pas, et qu*au contraire, lorsque ses père et mère parlent, il parie aussi. Que si nous remontons des effets aux causes, il faudra que nous parvenions jusqu'à un auteur de toutes choses, au delà duquel on ne puisse plus remonter. La figure ne peut provenir que d'une figure, n est donc certain que le Créateur^^Qftt le nom soit dorifié, a paru, dès les temps les plus anciens, sous cette fimire humaine, pour former les hommes suivant ce modèle et les rendre semblables 4 lui. De même, dans toutes les sciences et dans tous les arts, quand vous voulez remonter des effets aux causes , il faut absolument qu'il y ait un terme extrême auquel vous vous arrêtiez, et ce terme c'est Notre-Seigneur, dont le nom soit glorifié. La preuve de cela, c'est qu'il n'y a aucun homme sur la terre
' On verra par la suite que les ministres prindpanx de la reiieion unitaire sont, comme Uakem iui-naème , des éniriSs d^on ordre sopérieur, qui, sious des figures dÎTertes , pararsaent au va^v^t X ' toutes les époques des manifestatiens divines.
m EXPOSÉ
On a déjà vu que les manirestations de ta dÎYÎuific se divisent en deux classes : que la diviiiilé a paru dans les unes squs la fip^ure d^un homioe orj^nf îty et dans les autres sous la figure d*un roi et dwi imam. La première manifestation de cette seconde classe a eu lieu sous le nom de Kàim ^. li n'est guèrp fait mention des manifestations antérieures dans les livres des Druzes, et celle-ci est souvent représenta
comme la première manifestation de la divinité. Ainsi Fauteur duquel j*ai tiré^ l'histoire des maaifestations divines dit en pariant de Kaim : La ' première manifestation de Notre-Seigiieur au monde fut sous le nom de Kaim, et ce fut alors qu'il parut pour la première fois avec la dignité rojale. Ailleurs , parlant de Mahomet qui est le sixième Jitek ou législateur, et d'Ali, son 0505 ou lieutenant, il dit ^: Quoiqu'ils fussent plus forts (dans la connaissance de la vérité) que ceux qui les avaient précédés, cependant ils ne connaissaient point le Seigneur, car, s'ils l'eussent connu, il se serait manifesté à découvert au milieu d'eux; mais, par un rffet de sa sagesse , il s'est caché à eux à cause de
^ On n^a pas oublié que Kaîm est le nom du second des khalifin falimis, propre fils dX)beîd-aiiah , dit le Mekdi. Hakem était arri^fvpctit-61s de Mansour, fils et successeur de Kaîm.
* Voyez ci-devant, p. Sg.
* Pièce xixvi do recueil.
* Ibid.
pendant à son égard ni succession de temps , ni aucuns nombres ; que l'humanité divine du Sei j^qf nr #>st antérieure à toutes les choses créées, et est le proto- ^fpe de la figure humaine ; que la manière dont^lei homîmes le voient dans la figure dont il se revêt est proportionnée au degré de pureté de chacun et à son avancement dans la connaissance de la relirion unitaire; qu*il était nécessaire que la divinité se mumestât ainsi sous une forme humaine, pour que les hommes fussent à portée d'acquérir une pleine conviction de son existence, et que la îu»: tice divine pût récompenser ceux qui auraient cru et punir ceux qui auraient été incrédules ; mais que ces manifestations devaient en même temps avoir quelque chose d'obsctu* et d'incompréhensible , afin que la foi pût devenir un mérite, et être un ac- 31- / u <|uiescement libre de fesprit^de lliqnuj^ à la vérité; enfin, que la dernière manifestation, sous le nom de Hakem, est la plus parfaite, celle dont tontea les manifestations précédentes netaient en quelque sorte que Tombre et l'ébauche ^ .
' S*il était pennifl de rapprocher une doctrine aussi étrange, de es qne la religion chrétienne a de pins saint et de pins mystérieux ea mima temps, je dirais que ce dogme de llinmanité divine nnie à la divinité, et toujours la même, quoique revêtant à dlverMs époques des figures dilTérentes, ne peut être comparé qu*à ce que la loi nous enseigne de la présence de Jésaa-Chnsl , Dieu et homme sous les espèces consacrées.
U nj a pbs de semaine Ces pan^, apis
moi il n'y a plas de semaine, signifiait, «H n)f ami (c plus d autre religion après moi; » ce qui indi^pie k manifestation de la pure unité , c'est-i-dire , de f •nité de Notre-Seigneur Hakem. Il veut dire : Apcès moi les fausses rdigions ne dureront pas une semaine; la manifestation de Timam ne sera pts différée une semaine, parce que, après que k succession des sept nateks et des sept aaas a été terminée, le temps des religions, tant extéiieiHCf que spirituelles, étant achevé, Notre-Seîgneur s*eit manifesté sous une figure humaine et royade; i s* est fait voir au monde dans des lieux humttBi (c'est-à-dire, dans ses personnifications sons des figures humaines) et en conversant avec leshooDOBes face k face, de dedans un vase de la maison de Rnitmat (c'est-à-dire, de la maison d'Âli).
On trouve encore la même chose dans un traité dont 1 auteur n'est pas nommé, et qui est daté dek 9* année de liamza. Quoique ce traité renfenne quelques assertions qui ne me paraissent pas conformes à la doctrine de Hamza, son auteur s'exprime sur le point dont il s'agit ici comme les autres écrivains que j'ai cités.
Notre-Seigneur, dit-il \ est nommé Alhakem (c'està dire le souverain) , parce que la première fois qu'il
' Pièce Lxix du recueil.
s'€it flianifesté aux hommes , ç*a été avec la dignité it^ale et sous une forme humaine, du temps des iiateks , auteurs des religions chargées d'observances Mgdes et infectées de polythéisme, et il a commandé aux hommes avec force et puissance.
Le traité d*où ce passage est tiré n'est presque qu*un extrait d*un écrit de Hamza, intitidé la Relation, vériiahle ^ ; mais son auteur a substitué AOiakem k Aïkamif car Hamza avait dit : Notre-Seigneur est aommé Alhàm, parce que celui-<:i ( le khalife Kaîm) a été sa première manifestation au monde avec rapparence de la royauté et d'une chair humaine. dans le temps des nateks, auteurs des lois chargées d*observances légales et infectées de polythéisme; il a commandé alors aux hommes avec force et puis-
B n*est pas diflBcile de concevoir pourquoi la personnification de b divinité, sous le nom de Kaim, est souvent représentée comme la première de ses maniftstations du temps des nateks. C'est que, dans les manifestations antérieures, rhumanité du Seigneur, c'est-à-dire la figure humaine qui lui servait de voile, et qu'il ne faut pas confondre avec son humanité divine, immuable et incompréhensible, n ayant que l'apparence d'un homme ordinaire^ elle ne pouvait être connue que d'un petit nombre
' Pi^ XII du recaeil.
d'hommes^ en •orte mte ces premièfcs ipy"tfffrti!wif n*avaieDt pas un caractère complet de pubKciiife.
IVIais , quoique dans les manifestatioiis suhrantei sous les noms de Kaim, Mansour, Moézz et Am^ la dignité royale, jointe à lliumanité, ait donné à co personnifications une publicité et un éclat suffisanb pour finpper tous les yeux, ce n est cependant jne du temps de Hakem que la manifeslatioa a été comj)iète, parce que ce rfest qu'alors que la doctrine umtàîfé a été annoncée publiquement et saof mystère. Ces dilTérences entre les qioques précédentes et celle de Hakem sont bien positiremcnt marquées dans le passage dismail, fils de Mohammed, Témimi, que j'ai cité ci-devant ^.
On a vu , dans Thistoire abr^ée des khalifes firth mis, que le premier auteur de cette dynastie est Obeid-allah qui, dans les livres desDnues, est ordiuairement désigné sous le nom de Saià^ fils ^Akmii, ou simplement par le titre de Mehdj ou MehdJ-bUkà.
11 est aussi nommé Said, fils de Schélalaa '^. *
^ Voyez ci-de\-ant, p. 44«
* Obeîd-allah, nommé dans le principe Soîd. avait été élevé par son oncle Abou'bchèlaiaa, autrement Aboubckélaglag. Cest sans doalc à cause de cda et par contraction qu*on le nomme quelqoeibb jUi de Schélalaa.
Voici ce qu*on lit dans le traité intitulé ^JUlt f^ - «» v (pièce XXI VI du recueil) :
Ce n*e8l pas ici le lieu de discuter la généalogie du Mehdi; mais comme c'est de lui que les khalifes fatimis tirent leur origine, que Kaîm, le premier de ces khalifes en qui ait résidé, suivant les Druzes, la divinité, était son fils, et qu'il est souvent parié de lui dans les traités de Hamsa et des autres écrivains unitaires , il ne sera pas hors de propos d'exa-
Jefradois ainsi : • Ensuite parurent Mahomet et son asasAU, fils « ffAbou-Taleb; la portée de la connaissance dans la doctrine de
• Funité, que possédaient ceux-ci et les imams delà religion de Ma- « homet, était ce qu*est, en fait de la formation de Thomme vivant « et parlant, Tépoque où les os sont revêtus de chair, et où il y a t une figure qui a les traits tout formés et dont TensemUe est entièc rament achevé, mais qui est privée d*esprit : (ce degré de connais-
• sance de la doctrine de Tunité) dura jusqu^à ce que fut terminée
• la période de Mahomet, et que parut un autre natek, je veux dire
• Mohammed, fils d'Ismali , et après lui les khalifes dans lesquels c était le dépôt, c'est-à-dire jusqu^à Ahmed » fils de Uoseîn, fils de
• Mohammed, fils d*Abd-allah, fils de Maîmoun Kaddah, parmi les
• fils duquel est Saîd, fils de Schélaglag, le Mehdi. •
Je pense que lautear veut dire par ttxim ^, parmi Us fils d Ahmed. Si par le pronom aflliii' de «t> Jj il a voalu dire MaUnoun Kaddah, il faudra traduire : parmi les descendants duquel est Smd.
oQjner la nianière dont ils s'expriment i soo éfud. ^^«^ft.£ Suivant Hamza^ Said est le septième neteL Le hé qui tennine le mot allak dans la seconde partie de la profession de foi musulmane, Mohammêi risoûl allcik ( Mahomet est l'envoyé de Dieu) , qui nent à la suite des deux lams et de félif, et qui est la quatrième et la dernière de ces lettres, renfenne le complément de la puissance ; car on dit de lui ce qu*on ne saurait dire d'aucun des ministres. Cestlui qui est le Mehdi , c'est à lui que convient ce grand nom qu'on lui donne quand on dit de lui Ahom% kaîm ( c'est-à-dire k père du Kaîm); il n'est pas possible que ce nom convienne à aucun autre qu'an plus grand et au plus excellent de tous les ministres, de même que le hé est le complément et h perfection de cette profession de foi : la Uah ilh aliah (il n*y a point d'autre Dieu que Dieu ). Le Sdgneur n a point fait paraître ce Mehdi jusqu'à la fin et l'entier accomplissement du siècle de Mahomet, car le Mehdi est le dernier de la période des Qaatn cachés^ dont Dieu a scellé par lai les affaires (c est-idii*e, qu'il est le dernier de cette période^). Il a paru
^ Pièce Ti du recueil.
* Les Quatre cachés sont les mêmes que Ton nomme ailleon Us Trois qui onl pour quairâmt Sald, les trois khstUfes apr^s leiqoâis a para le quatrikine khaUfe qui est SaSd, Us khalifes daiu UsqnA a reposé U dépôt. Ce sont trois des ancêtres de Said, et Saîd lai-méne.
' Cest ainsi qu'on appelle Mahomet U sceau dês propklèîu.
aus yeu des hommes arec la royauté et une Ibnne bmnaine; il s'est &it comiaitre alors par luHuéme el non par fentremîse du Mehdi; c'est de lui-même qu*fl a fait paraître la vérité, car Tasas (Âli) n'est point le dernier degré des ministres ; il n'a point possédé le degré de la puissance divine qu'a possédé le Mehdi, dont la supériorité consiste en ce cpie Notre-Seigneur Kaïm Hakem\ dont le nom soit glorifié, s'est montré (comme issu) de lui, et a paru de son temps; car vous savez qu'Âli, fils d'Âbou-Taleb, a reconnu la souveraineté d'Âbou- Becr, d'Omar et d'Othman; il a eu plusieurs fois des contestations avec Moawia, et, bien loin qu'il ait enfin triomphé de Moawia, c'est Moawia qui a eu l'avantage sur lui , sur ses enfants et ses compagnons. Cependant Âli, fds d'Abou-Taleb, avait alors en apparence plus de force et de richesses et un parti plus nombreux que n'a eu en son
* Il serait possible que Hamxa eût pris ici Hakem ^«jSsUI comme an adjectif signifiant souverain, et non comme un nom propre. Toutefois je pense qu il a voulu identifier Kaim et Hakem , ce qui est tout à fait conforme à sa doctrine. H est d*autant plus vraisemblable qu'il a entendu réunir ces deux noms comme appartenant au
même être, que, après avoir dit ,^->lJt ^\jj\ UVyit il ajoute la formule Sj.J^3 Jl^« ^t qu*il dit un peu plus loin : ^Ull UVy»
ifJy^S ijùi. La cbose me parait évidente.
temps le Mehdi, et néanmoins le Mehdi a remporté des avantages miraculeux et a eu, sans troupes et sans aident, des succès que n*a jamais
eus Ali Il est donc clair, aux yeux de fout
homme intelligent et sincère, que ce qui est indiqué et signifié par Mohanmied, fils d*Abd-allah (Mahomet) , sous ce mot , le dernier degré d'exceUewct, c*est le Mehdi , c*est lui qui est le hé qui tennine ie mot allah; c'est le serviteur de Notre-Seigneur Kmm Hakem hidhatOii ^ séparé de toutes ses créatures;
même. G*est ainsi que les Druzes nomment Hakem, dont le irai surnom était Alhakem'hiamr-aUah , c'est-à-dire qai commande cmformément aux ordres de Dieu. On verra cela ailleurs.
Je dois encore transcrire ici le texte de Uamxa à partir dea bmIi : // est donc clair :
,j^ *-il^l J ^Lhifj ïjUJft ^L joWt vJ»j(jJl iXÂfrli
\jfjS.liunia avait dit plus haut qu*Aii n*est point le denàtràifit.
le terme des ministres ^,t> •*i « rt^\ >^ ^>^ ^^^ V^^ ^^sl du MeUi
que Mahomet a entendu parler en disant le terme H jl^Ut; il est
évident qu^il fait allusion à quelque parole de Mahomet qui m'est inconnue. Ce ne peut point être une allusion à un texte de FAlcotiat car le mot ajI^ ne se lit nulle part dans TAlcoran.
Hamza avait encore dit plus haut : cwVt tjJ^ jJi^ ^1 jmX Y*
Atti Jl 4/1 j . Ce nom excellent^ cest Aboa'tkaîm (le pkn dekeim]
soit loué et exalté bien au-dessus des qualités qu*on lui attribue!
Ali, fils d'Abou-Taleb, dit encore ailleurs Hamza^, dés^e le Mehdi-billah, qui est la quintessence et la dernière perfection d'Ali ; c'est lui qui est Saïd , fils d*Ahined. Le Mehdi a dit de sa propre bouche et a confessé, en son temps et en son siècle, qu*il était le serviteur de Notre-Seigneur , le chef, le sa- , e souverain^ (que sa paix et sa miséricorde soient sur nous), qu'il était un instrument de la prédication de la vraie doctrine et le vase dans lequel elle était déposée. Il y avait quelque chose de mis en lui comme un dépôt ^. Notre-Seigneur a repris de lui cette chose, lui qui se montre à ses créatures dans une forme semblable à la leur, et sous la figure d*un être de leur nature, afin que les hommes puissent comprendre une partie de la puissance de sa majesté et entendre ses paroles par Forgane de Thumanité de la figure dont il est revêtu.
' Rècc Tii du recueil.
* Le teite porte : g^~^iJï ttjJI /|jj|. Je nai point pris ici
Kàbn et Hakem comme des noms propres, à cause do mot lljjt le aamat, qui n*est certainement qu*un qualificatif; mais je pense, toatefois, que Hamia a voulu faire allusion aux noms de Kaim et de Hakem, qui, dans son système, ne sont qu*un.
* Suivant une glose interlinéaire cette chose était Vimamat, cVstd-dire la puissance souveraine, tant Apiritnelle que temporelle.
Hamza dit encore ^ : Quand le Nosairi dit que Mohammed, fils d*Abd-allah (Mahomet), est lephn ex€ella!it des voiles sous lesquels s'est mamfinté Notre-Seigneur Hakem. . . . , il ment, le malheoreoi, dans tout ce qu il dit ; il ne connaît ni la reli^on, m le voile ; car Mahomet a été le voi^e d'Ali. filsdA*
bcHi-Taleb , mais non celm de Notre-Seigneur
Le voile est ce qui sert à cacher une chose , et non ce qui la manifeste. Celui dont Notre-Seigneur s'est servi pour se manifester par son moyen , conune 3 rw l'a voulu et sans obstacle , est appelé hoddjat'alUm; c^est le Mehdi. C'est par lui qu'il a appelé lui-même
* Pièce xv da recaeil. Je ne puis me réfuter à truiscrirt m h tttte de ce passage :
tj[^\ ^jJ ^^\ 'ijx^j^ oUj Oc^ ^.^j c>-« ^
Une glose interlinéaire explique les mots /'viu î î^f^ par Smi. .^ Quoiqiieje Mehdi^ c'est-à-4yy,Sy^ on (Aeï^-f^lf*^ , «** •^j* p»^
''"^ nne ptfioMÛfication de NoUrt-Seigneor, et qoe cet bomiev soit ré-
les hommes à le suivre, et qu'il s est présenté aux serviteurs (c'est-à-dire aux hommes) sous une 6gure homaine, et en conversant avec eux à la manière des hommes ^
On lit encore dans un traité de Hamza ' : La loi de Mohammed, fils d'Abd-allah (Mahomet), n'a cessé de se transmettre par le ministère de ses imams, jusqu'à ce que, son temps étant fini» il a paru un autre natek,
Barré è loii fils Kaim , on lit ici et aUleors qa'îj y avait dans le Mehdi yjL«. mmjiiiiM, que ce dépôt était Vimamët, c^est-à-dire la dignité royale et la pnÎMance sooveraine , que le Mehdi n avait que pour la conserver et U transmettre à son véritable possesseur, Kaîm. Hamxa dit encore plot; n dit que sous la personne du Mehdi, Notre-Seigneur s*est montré lui-même venant du. Mehdi s^.^3 JL-a^ ^Jj ^^ j (t t;i <.JL^ ^ T '^ ), et que, par lai (c'est-à-dire par son organe), il a ttpptU par lai-même les créatures à lui-même, et ii a agi avec les jfrvàenrt on moyen de la figure humaine et par la conversation char-
aj%«LAlt JUtL^L *^J^^' Notre-Seipieur Kaîm étaj^ donc y^^- liij ^ fermé dans le Mehf<» , ^gjy****^ 'X pafiwl P^r^°'i 11'^> gV? P^fiy '^^t Saîd fikt une personnification de Notre-Seigneur» Cette personnifieslMm c était Kaîm, et quant au Mehdi ou Saîd, il n*était que le ph9 de Kaîm /'Ijtll ^\ eiumhoddja ^\jj\ i:^.
Au lieu de Kmjû ^1 ^- * \^ L-c^, Hamxa dit ailleurs : «LftI AmJû i^\ <mÀX^\ le sens est le même.
Hamza disant que Mahomet a été le voile dAli semble partager ro|»mon de quelques sectes des Schiis qui préféraient Ali à Ma- ^^J^.* ' ' hopiet, comme on Ta vu dans mon Introducdon , p. uTTCepen- <UBt je dois reconnaître quon ne trouve rien de semblable dans les autres écrits de Hamza.
■ On lit dans la glose Said.
* Pi^e XII du recueil.
Mohammed , fils dlsmaîl , qui a terminé toutes Ves lois et y a mis le complément, comme a dit Djafrr, fils de Mohammed , Le premier d^entre noas ne feà qu'un avec le dernier, et c'est par lui que Dieu u mis le sceau à notre empire; c^est-à-dire, qu'après cette loi il n'y en aura point d'autre , chargée d'observanoes légales. Les trois qui ont pour quatrième Said, fils d'Ahmed , le Mehdi , font partie du siècle de Mohammed , fils dlsmaîl. Il y avait encore eu avant eux trois khalifes , ce qui fait en tout sept dans la période de Mohammed, fils dlsmaîl. Le dernier de tous a été Obeïd-allah \ le Mehdi qui a été le senriteur de Notre-Seigneur.
Enfin Hamza, expliquant d'une manière cabalistique le mot tewhid (doctrine de l'unité), dit^ que les lettres de ce mot valent trente-deux et signifieat trente-deux ministres. Il nomme ces ministres, dont les derniers sont les trois khalifes, et il ajoute : Après cela le Seigneur a fait paraître son voile excellent, qui est le quatrième des khalifes, Saïd, fils d'Ahmed.
Ismail, fils de Mohammed, Témimi, parie aussi du Mehdi dans les termes suivants' : Ensuite parut
^ Le manuscrit porte à»t o^ « >nais il est évident qnll faut lîiv
* Pi^ce VI (lu recueil.
* Pi^ce ixxvi du recueil.
le septième ciel, lorsque Abd-allah, père du Mehdi,
prit la souveraineté Âbd-allah se nommait
aussi Ahmed, et c est pour cela que Saïd porte le nom de fils d'Ahmed. C'est lui (Abd-allah) qui est aussi nommé le Mehdi : il a porté le nom du Mehdi pour lui préparer les voies, et pour familiariser les hommes avec son nom ^ C'est celui-ci qui est le trône ^, c'est en lui que Notre-Seigneur MoiU avait mis le dépôt, et c'est à lui qu'il avait ordonné de demetœer au service de Notre-Seigncur Kalm ; car la première manifestation de Notre-Seigncur au monde fiit sous le nom de Kaîm : ce fut alors qu'il parut potu* la première fois avec la dignité royale.
^ On peut douter si , eo disant c'est lui» etc.» lauteur veut parler d*Al>d-allah , père de Saîd, ou de Saîd lui-même. J'ai admis la première supposition , suivant laquelle Abd-allah dit aussi Ahmed, père du Mehdi, aurait reçu lui-même le titre de Mehdi, ce qui na rien d^inmisemblable. Cependant , comme le texte est obscur, je crois devoir le transcrire ici :
c5J^I yij jj»)IIj AttI (>Ac ^v^ j^j aa/LjI ^laJI^^^j
rL IIaU L^U^A^tj <î Î(>A^' 4Avli ^j^ tJÔ>}\ cicX^lî j^j ri jLa. JuJtlt Jjl\ ^xJJ^t fJôJ\jJ^j t^^' UIO
AXMi\ Ja. >liJt Uy^ L^ôJe: o^fj uu2fj\
Ce texte se lit sans aucune variante dans le manuscrit n* 1 58 1 de Tancien fonds de la Bibliothèque royale, dans celui qni provient de la Bibliothèque de l'Oratoire , et dans le manuscrit que je possède.
* Ici il s^agit indubitablement d'Obeîd-allah , surnommé le ilfifWi.
Béha-eddin ^ compte Sald pour le sepiième iia tek. D dit que la religion du Mehdi, Saîd, fils d*Ak med, est la septième des religions extérieures.
Ailleurs, à loccasion de ces paroles de Jésos- Christ , Détraisez ce temple et je le rétablirai a hoÊt de trois jours f et de Tarticle du symbole qui dit que Jésus-Christ est ressuscité le troisième jour, il Clique le premier jour ^ de la mission de Jésus-Ckriit; le deuxième de celle de Mahomet, qui est le Pànclet, puis il ajoute : Le troisième jour est odnioè a paru le Mehdi, pour inviter les hommes à embr» ser le sens spirituel et caché des quatre livres, qm devaient conduire à la religion unitaire ceux qui s attacheraient à leur sens véritable. Par les quatre livres je veux dire les Psaames, le Peniaiemfm, YÉvangile et YAlcoran. Constantin , qui de son temps était empereur de la chrétienté, a reçu la lettre qu*il lui a adressée et les indications qu*il lui a données, et il n'est pas douteux qu'elles n'existent encore par écrit entre les mains de leurs chefs (c'està-dire des empereurs chrétiens ou des évêques) le» plus savants. Sa prédication ne ressemblait pas i celle des lois fausses et mensongères, car il ap pelait les hommes à la connaissance du dernier
^ Pièce XLi du recueil.
* Pièce LUI du recueil.
U^iTi^i^
jour auquel devait paraître le Seigneur le Messie ^
Ce n*est pas sans dessein que j'ai rassemblé en un seul endroit tous ces divers passages relatifs au Mehdi; mon intention a été de signaler et d'éclaircir quelques difficultés qui peuvent naître de leur comparaison.
La première de ces difficultés consiste en ce que Saîd, fils d'Ahmed, est nommé fe septième natek^ tandis que, d'après d'autres passages, cette qualité semble appartenir à Mohanfimed. fds d'Ismaïl. comme cm le voit dans un texte de Hamza que j'ai cité ^.
C'était en effet à Mohammed, fils d'Ismaïl. que les Baténis donnaient le titre de septième nateh, comme ^ - -nous l'apprend Makrizi, aans le chapitre où il traite des différents d^és par lesquels on faisait passer ceui que l'on initiait à la secte des Baténis ou Ismaêlis , secte qui était primitivement celle des khalifes
' Le Messie dont il est question ici est Hamia. Je pense qae \^ LJC^
^oyez ci-devant, p. 79. On peut encore y joindre un passage d*UB traité dontj^ai déjà parlé (p. 74). L auteur de ce traité dit : « La loi de Mahomet subsista jusqu'à ce que parut Notre-Seîgneur « Hakem , qui est Mohammed , fils dlsroaîl, lequel a mis la fin et le « sceau à toutes les religions. »
Cet écrivain avait sans doute mal compris quelque passage des écrits de Hamza, ce qui lui aura fait identifier ce Mohammed, fils d*Ismaîl, avec Hakem; mais je ne le cite ici que pour montrer qu'il considère Mohammed conmie le septième natek , ou Tauteur de la septième religion.
fatimis. Dans le quatrième degré d'initiation on euseignait au prosélyte la succession des sept nateks ft de leurs lieutenants, nommés Sous eiSameL Comnif
j*ai donné tout ce qui concerne cette initiation dans mon Introduction, je me contenterai de rappeler ici ce qui regarde le septième natek. a Le septiènif « natek est celui qu on nomme Saheh-ahéman. Parmi u ces Ismaèlis, cest Mohammed, fils d*Isniail, fiis (( de Djafar; c'est à lui que se terminent toutes ks « sciences des âges anciens ; c'est lui qui a institué <( la science du sens intérieur (c est-à-dire allégo* « rique ou mystique) des choses, et qui a paru pour (I le dévoiler; c'est de lui, à l'exclusion de tout « autre, qu'on doit en recevoir l'explication. »
Une autre preuve que Mohamn>ed, fils d'Isnudl, est véritablement celui à qui appartient, suivant le système des Baténis , sur lequel estiondé celui de li religion des Druzes, le titre de septième natek, c'est que le septième asas est Kaddah on Ma][p[^r)yn Kaddah, surnommé le Tawili. Or l'asas doit être contemporain du natek , puisqu'il est son vicaire , son aide , son lieutenant. Ainsi , Seth est l'asas d'Adam , Sem l'asas de Noé , Ismacl celui d'Abraham , Aaroii celui de Moïse , Simon ( Pierre ) celui de Jésus , et Ali celui de Mahomet.
Que Kaddah soit le septième asas. c'est ce que dit positivement Hamza, et après lui Béha-eddin, mais
ce dernier donne Kaddah pour asas à Saïd ; et ceci ùdt une difficulté, attendu que Kaddah est un des ancêtres de Saîd. Elntre lui et Saïd, il y a, suivant Ismaïl, fils de Mohammed, Témimi, au moins cinq générations; car Saîd, suivant cet auteur, est fils d* Ahmed, fils de Hoseïn, fils de Mohammed, -fils d*Âbd-aUah , fils de Maimoun Kaddah. Suivant une généalogie des Fatimis rapportée par Makrizi, Said était fils de Hoseïn, et neveu de Mohanuned Aboulschélalaa sous la tutelle duquel il fut élevé. Hoseïn, son père, était fils d'Ahmed, fds d'Abdallah, fils de Maïmoun Kaddah , ce qui donne quatre générations ^
Quoi qu'il en soit de ces généalogies , elles prouvent toutes que Maïmoun Kaddah est antérieur de {dusieurs générations à Saïd; il était, au contraire, contemporain de Mohammed, fds d'Ismaïl. Voici ce qu'en dit Makrizi, en traitant de l'origine de la secte des Baténis.
« Cette secte doit son ori^ieà un homme de l'Irak ^ « nommé Maîmoan Kaddah, qui était du nombre des « Schiis outrés. Il eut un fds qui fut connu sous le « nom d'Abd-allah , Jils de Maïmoun : celui-ci acquit
' Suivant une autre généalogie, à laquelle Makrixi croit que i on doit donner la préférence, Obeîd-ailah, qui est le mémo que Saîd , était fils de Mohammed Mektoum , fils d'Ismaïl , ce qui ne donnr que troi» générations entre Mohammed, fils dlsmaîl, et Saîd.
« une science très-étendue et de nombreuses contt naissances. . . Il fiadsait reconnaître pour imam, par a ses partisans, Mohammed, fib dlsmaîl. . • Abdtt allah eut un fils nommé Alun^, qui lui succéda... tt Ahmed, fils d*Abd-allah, eut deux fils, Hoseînel tt Mohanuned , surnommé Abou'lschélalaa. Après la « mortd*Ahmed, son fils Hoseïn lui succéda; i oeUatt ci succéda son fi^re Âbou Ischélalaa. n
n ne peut donc être douteux que Maîmoun Kaddah ne fût contemporain de Mohammed, fils d*Ik ma3, et par conséquent fort antérieur à Said; et puisque c'est lui qui est le septième asas et quH reconnaissait pour imam Mohammed , fila JIsmaB, il suit de là que ce Mohammed est le septième natek. Comment donc se fait-il que Said soit nommé le septième natek, et qu'il soit dit de lui que aa loi est la septième des religions extérieures, et celle de son asas Kaddah, le Tawili, la septième des religions intérieures ou mystiques? rVat qiii> IHQ^i^m- /; * i med , fils dlsmaîl , et Saïd ne sont qu'un seul personnage.'Gela est fond? sur une parole de l'imam Dja&r, que j'ai déjà rapportée ^ Cet imam, suivant Hamza , a dit : a Le premier d'entre nous ne fait qu'un « avec le dernier, et c'est par lui que Dieu a mis le « sceau à notre empire. » Ce dernier est, comme le
> Cest DjafarMoMddik, fils de Mohammed, fils dlsmaii, surnommé Meki^um, Voyes ci-dcYaat , p. 85.
-E-ai
ditHamxa, Obeid-allah, le Mehdi, qui est le même que Saîd. Voilà pourquoi le titre de septième natek est domié à Saïd , quoiqu'il appartiemie proprement à Mohammed, fils dismail. Voilà aussi sans doute, pour le dire en passant, la raison pour laquelle, dans le système des Baténis ou Ismaclis , quoique Hamza Ten tende autrement, les ancêtres de Saïd sont nommés les hhaUfes en qai reposait le dépôt; c est qu'ils ne possédaient Timamat que comme un dépôt qui appartenait à Mohammed, fils dlsmaîl, et devait lui être remis à son retour.
Une autre difficulté, concernant Saïd, résulte encore des passages que j'ai cités. D'un côté il est dit de Said ou du Mehdi , qu'il est le plus grand et le plus excellent des ministres; qu'il est la quintessence et la dernière perfection d'Âli ; qu'il est le serviteur de Notre-Seigneur et un instrument de la vraie doctrine; qu'il est nommé hûdJ^at-alkaîm^ c'està-dire, le témoin ou le ministre du Seigneur Kaim; qu*il est le septième natek ; qu'il a été le serviteur de Notre-Seigneur; qu'il est le quatrième des khalifes; qu'il est fils d'Ahmed» descendant de Maïmoun Kad* dab ; qu'il est le trône , et que Notre-Seigneur Moîll lui avait ordonné de demeurer au service de Notre- Seigneur Kaim ; qu'il a paru pour inviter les hommes à embrasser le sens caché des quatre livres : toutes manières de s'exprimer qui conviennent à un mi-
nistre de la divinité , et qui sont souvent employées en pariant de Hamza ou Tlntelligence univendle, et des autres ministres. Mais , d*un autre coté , on Ut qu*on peut dire de Said ce qu'on ne pourrait dire d'aucun autre des ministres : qu'il a paru aux yem des hommes avec la royauté et une forme humaine; que c'est de lui qu'est sorti ou a apparu au monde Notre-Seigneur; que, sous sa figure, Notre-Seignear a appelé par lui-même les hommes à lui-même, c est-à-dire que, par l'intermédiaire du Mehdi, Notre-Seigneur en personne a invité les hommes à reconnaître sa divinité et son unité , et a a^ et conversé avec ses serviteurs sous une figure humaine et chamelle ; qu'Ali n'a point possédé le degré de la puissance divine qu'a possédé le Mehdi: il est nommé le vase dans lequel la vraie doctrine était déposée. Le Mehdi est celui dont Notre-Seigneur s'est servi pour se manifester par son moyen , comme il l'a voulu et sans obstacle. Le Mehdi est nommé le voile excellent de Notre-Seigneur, En lisant ces expressions, on est tenté de croire que celui à qui elles s'appliquent doit être une des figures, un des lieux dans lesquels la divinité a résidé, une des humanités ou plutôt une des personnifications de l'humanité unie à la divinité.
Les deux idées différentes que semblent donner de Saïd ces divers passages paraissent rontradic-
toires; je crois cependant qu*il n est pas impossible de les concilier, si Ton fait attention k quelques autres expressions qui, je pense, contiennent la solution de cette difficulté.
Hamza dit qu'Ali n'a point possédé le degi^é de la puissance divine qu'a possédé le Mehdi; mais il ajoute, en ce que Notre-Seigneur Kaîm Hakem a paru de lui , et dans son temps. H dit encore qu'il y avait quelque chose de mis en lui comme un dépôt, mais que Notre-Seigneur a repris de lui cette chose.
Ismaïl , fils de Mohammed, Témimi, dit que Notre- Seigneur Moill avait mis le dépôt dans Said , et qu'il hii avait ordonné de demeurer au service de Notre- Seigneur Kaïm ; et , comme s'il craignait que l'on ne conclût de ces expressions que la divinité s'est manifestée sous la figure et le nom du Mehdi, il ajoute : a Car la première manifestation de Notre- « Seigneur au monde fiit sous le nom de Kaim; ce <i fut alors qu'il parut pour la première fois avec la « dignité royale. »
Que conclure de ces textes, sinon que ce qui distingue Said de tous les autres ministres, c'est que le voile, le foa, la figure hamaine de Notre-Seigneur Katm a paru avoir reçu de lui la naissance ; que Notre-Seigneur, sous le nom de Moïll avait déposé en lui riinamat, pour le reprendre de lui lors de la porsoiinifiraiion de la divinité sous le nom de
Kam; qu*il a été rinstrument de la manifrntatioB de Kaîm , le voile sous lequel le mystère de cette manifestation a été caché; qu*il paraissait encore exercer les fonctions de la royauté et de rimamit même après la naissance de Kaîm, quoiqu*U se r^ connût lui-même pour un serviteur, un sini|ile instrument , et que les succès miraculeux de ses armes n'étaient véritablennent que l'effet de la poîi' sance divine de Kaîm , qui agissait par le ministèfe du Mehdi ?
Sa!d étant le même que Mohanuned, fiisdlsniaii. et ayant ainsi participé en quelque sorte aux attributs des personnifications divines , il est moins swprenant que l'écrivain dont j'ai parlé plus haut^ sk dit que Notre-Seigneur Hakem est Mohammed, fib d'Ismaîl, qui a mis le sceau à toutes les lois, quoique cette expression contienne, dans les vrais principes de la doctrine des Druzes, une hérésie grossière.
On a vu dans cette section ce qui concerne ea général les personnifications de la divinité, et les particularités que renferment les livres originaux des Druzes, sur chacune de ces manifestations. Mais comme c'est la dernière de ces personnifications sons la figure et le nom de Hakem, qui est le véritable et le principal objet de leur croyance, nous allons en
' Voycx ci-drvant, p. 83, note a
traiter daas une section particulière. On y verra de quelle manière les auteurs de cette doctrine ont cru pouvoir prouver la divinité de ce prince bizarre et extravagant, et comment ils ont osé diviniser ses actions les plus ridicules ou les plus injustes.
SECTION IIP.
LA DIf IMITi DE HAUll PHOUTil PAR SES kCHOm EXtRAORDlllAIRBS, BT PAa LA PaOFOHDB 8AGI8AB QUI A DTUQk TOQTJB SA CONDUITE; CIBfCOESTAIICES DE LA PEBS01INIFIGATI0N DE LA DIYINIt4 50IIS Ll NOM DE HAKEll.
Je commencerai cette section comme j*ai commencé la précédente, en réunissant les différents articles du formulaire des Druzes qui concernent la manifestation de la divinité sous le nom de Hakem, réservant à la section suivante tout ce qui est relatif à sa disparition et à Tattente de son retour. Mais, avant tout, je dois supposer que le lecteur se rappelle fa vie de Hakem, que j ai composée d après les écrivains arabes , et d'après les livres mêmes des Druies.
6* Dem. En quelle manière et en quel temps a paru Notre-Seigneur Hakem ?
Rip. Eln Tannée ^oo de Thégire de Mahomet.
7* Dem. Comment a-t-il paruP
Rkp. En se faisant passer pour un descendant de Mahomet, afin de eacher ainsi sa divinité.
8* Dem. Pourquoi a-t-il caché sa diTUiité?
Rip. Parce qu'il jouissait de peu de considéntion , et que ses amis étaient en petit nombre.
9* Dem. Quand s*est-il manifesté en fidsant connaître sa divinité ?
Riip. En la 8* année après /ioo.
1 o* Dem. Pendant combien d*années sa divinité est-elle demeurée manifestée ?
R^p. Pendant la 8* année en entier. Elle s*esl cachée pendant la 9* année , parce que c'était ud temps d'épreuve et de secret. Elle s*est manifestée de nouveau au commencement de la 1 o* et pendant la 11*. Ensuite elle s'est encore cachée au conmieih cément de la 12*, et elle ne doit plus reparaître, depuis lors, jusqu'au jour du jugement.
Sa* Dem. Gomment les ministres saluaient-ib Hakem quand ils se présentaient devant lui ?
Rép. Ils disaient d'une voix basse : « Que la paix « émane de toi, Notre-Seigneur, et qu'elle retourne (( vers toi, car la paix t'appartient par excellence; u ta religion est le séjour de la paix. Tu es digne « d'être béni et exalté, Notre-Seigneur très-haut, i « qui appartiennent la gloire et l'honneur. »
6i* Dem. Comment faut-il entendre ce qui est dit dans le traité adressé à Khom'ar, fils de Djeisch, Soléimani , qu'il est le frère de Notre-Seigneur digne de louante?
Rép. Notre-Sekneur, s'étant manifesté , a agi extérieurement de manière à faire croire (m*ii était véritablement ffls de son père, ce que voyant Khomar, il s*est imaginé que Notre-Seigneur était son frère et était né réellement, quoique la chose ne fût ainsi qu*en apparence. Cela a servi à augmenter régarement de Khomar, et à donner à Notre-Seigneur un motif contre lui pour le faire mettre à mort.
6a' Dbm. Que signifie Taction de Notre-Seigneur qui se servait, pour monture, d*ânes sans selle?
Rip. L'âne est l'emblème du natek; Notre-Sei- I gneur monte dessus, cela indique qu'il détruit et abroge la loi. On trouve une preuve de cela dans i'^coran, où on lit que de tous les animaax tâne est celui dont la voix est la plus désagréable^. Les ânes, dans ce texte, signifient les prophètes qui ont apporté au monde la loi extérieure.
63* Dem. Que signifie l'étoffe de laine noire que Notre-Seigneur portait pour vêtement ?
Ri?. C'est là un habillement de deuil, qui indiquait répreuve à laquelle seraient exposés après lui ses adorateurs.
7 5* Dbm. Qu'a dit Notre-Seigneur au sujet de Mohammed, qui prétendait être fils de Notre-Sei-r gneur?
Rép. C'était un bâtard , il était fils d'une esclave ;
' Alcoran, sur. 3i, vers. i8.
mais Notre-Seigneur disait, pour f apparence ment, qu*il était son fils.
76* Dem. Que fit-ii, après que Hakem eut èiparu?
Rip. n monta sur le trône et dit : « Je sois fli « de Hakem ; adorez-moi comme tous TareB adart.i
77* Dsif. Que lui répondit-on?
Riip. Hamsa lui répondit :« Notre-Seigneur, dijgK « de louange, Hakem, n*a point eu denfiints ni ik tt père. » — «De qui donc suis-je fils?» répartit Ho* hammed. On lui dit : 0 Nous Tignorons. » — «Je a suis donc un bâtard? » ajouta-t-il encore. Hnia lui répondit : «Vous l'avez dit, et tous avez rendi « témoignage contre vous-même. »
78* Dem. Qu'était donc ce Mohanuned, qui piraissait extérieurement fils de Hakem ?
Rép. C'était Mohammed , fils d'Abd-allah.
79* Dem. Comment Hakem a-t-il soufièrt qo*3 passât extérieurement pour son fib, et ne Ta-t-îl pis fait mourir ?
IUp. Par une raison pleine de sagesse , afin ^i fût la cause d'une persécution, que la patience àa serviteurs de Hakem fût éprouvée , et qu'ils méritassent une plus grande récompense ; que les poifthéistes , au contraire , qui se trouvaient parmi eoi. ne pussent demeurer fermes et qu'ils apostasiassent
97* Dem. Que signifient ces danses de baladins»
ces jeux de coups de fouet, et ces mots obscènes destinés à exprimer les parties sexuelles de Thomme et de la femme , gug j*on prononçait en présence de Notie-Seifrneur Hakem digne de louange ?
Rfr. n agissait en cela par un motif d*une profonde sagesse, qui sera manifesté en son temps.
98* Dbm. Quelle est cette profonde sagesse ?
îiip. Par la danse il figurait les lois et les prophètes, parce que chacun d'eux a passé en son temps, il a saaté, ses ordonnances ont été abolies et fl a disparu.
99* Dbii. Quelle est la sagesse cachée sous le jeu des coups de fouet ?
R^p. En jouant avec des fouets on est frappé lans être blessé; cest l'emblème de la science, qui n'est ni nuisible, ni utile.
1 00* Dbm. Quel motif de sagesse avaient les propos grossiers où l'on nommait les parties génitales de l'un et de l'autre sexe ?
Rép Le membre du mile agit avec \
force et imprime son mouvement sur la partie na- ; turelle de la femme ; de même Notre-Seigneur Ha- ,' kem, dont la puissance est suprême, dompte les polythéistes par sa force, ainsi que nous le lisons ) dans le traité intitulé : l^e véritable sens des actions ridicules.
Ces questions et leurs réponses renferment un
abrégé de la doctrine des Druzes par rapport it Hakem , et peuvent servir à nous guider dans 1 extrait que nous allons donner de leiu^ livres. Comme cette matière est très-abondante, nous la diviserons en plusieurs paragraphes et nous examinerons successivement,
L'époque de la personnification de la divinité sous le nom de Hdkem;
Les noms que Ton doit employer en parlant de lui;
Les marques de respect avec lesquelles ceux qui rapprochaient devaient se présenter devant lui;
Ses relations de parenté ;
Sa conduite, par rapport aux préceptes et aui rites de la religion musulmane ;
Sa conduite, quant aux questions qui divisent les Schiis ou partisans d*Ali, d'avec les Sunnis ;
Sa manière d*agir envers les Juifs et les Quetiens ;
Les preuves de sa divinité, qui résultent de ses actions miraculeuses ;
Les explications allégoriques par lesquelles oo justifie ses actions ridicules, bizarres ou extnvi' gantes;
Les reproches que lui faisaient les incrédules;
Les ordonnances, les khotbas ou prônes et ks paroles de Hakem , citées dans les livres des Dnues.