‹ Exposé de la religion des druzesChapitre 88 sur 97 · I. Epoque de la personnification de la divinité sous ie nom · texte numérisé non relu

I. Epoque de la personnification de la divinité sous ie nom

de Hakem.

Suivant les réponses aux 6 , 7 et 8' demandes du formulaire des Druzes, Notre-Seigneur Hakem a paru en Tan /ioo de Thégire , mais il s*est fait passer pour un descendant de Mahomet, afin de cacher ainsi sa divinité, parce qu*il jouissait de peu de considération et que ses amis étaient en petit nombre ; et, suivant la réponse à la 9* question , ce n*est qu*en Tan A08 qu*il a fait connaître sa divinité.

J'ignore pour quelle raison et sur quelle autorité Tauteur de ce formulaire fixe lapparition de Notre- Seigneur Hakem à Tan 4oo de Thégire, car je ne trouve rien de relatif h cette époque dans les livres des Druzes, et je ne vois dans Thistoire de Hakem aucune circonstance qui rende cette année plus remarquable que les autres. Il était né en Tan 3 76. Son père le déclara son successeur en fan 383, et il monta sur le trône en 386. Il parait que ce fut en Tan /too que Hakem supprima quelques impôts et fit observer avec plus de rigueur les défenses qa*il avait déjà faites de vendre de la bière, de la méloukhia, etc.; que, sur la fin de Tannée précédente, il avait rendu une ordonnance pour accorder aux Musulmans des différentes sectes une entière libellé de conscience : mais je ne vois pas que

ces événements puissent justifier ta fixation de l'ipparition de la divinité h l'an &oo. Peut-être cettf fixation n'est-elle fondée que sur la date d'une wdonnance de Hakem pour la prohibition du vin, ordonnance qui est la piècgja plus ancienne de toute» celles qui se trouvent dans le recueil des Dîmes, et qui eïTectivement est datée. du mois de dhoa^UÏâub de l'an /ioo. Je suis d'autant plus porté k le croire, que, dans cette pièce , Hakem se nomme 8im[denieiit l'^mir des croyants et reconnaît Mahomet pour soo aïeul, ce qui revient précisément â ce que dît l'nteur du formulaire. Cet auteur, ne connaissant rien de plus ancien de Hakem que cette ordonnance, i pu dire que c'était là le premier acte de la drrîaîtc manifestée sous le nom de Hakem.

La deuxième époque indiquée par te même n>teur est celle de l'an 4o8. v En cette année, Haken. u dit-il, s'est manifesté en faisant connaître sa diri- ■ nité. 9 Celle époque paraît effectivement être txtk yi \ où Hakem a commencé à se faire passer pour Dieu; / Wr c'est celle où commence le ministère de Hamu. lîls d'Ali, surnommé le Hadt, c'est-À-dire , k dktrtear, et c'est de cette année que les Druses conmenccnl leur ère, qu'ils appellent Xitv de Hamz» ou Xère da serviteur de NotreSeignear. Hamsa fanméme fixe le rommencement de cette ère, en datant ainsi tin de ses traités, intitula h DestiwtÏHt

cachée, traité qui me parait être le premier qu*ii ait publié. Cet écrit, dit-il, a été présenté à la divine majesté au mois de saiar de Tan /io8 de Thégire, qui est la première des années de Tapparition du serviteur et de l'esclave de Notre-Seigneur, du directeur des fidèles, de celui qui tire vengeance des polythéistes par le glaive de Notre-Seigneur, lequd n'a point de compagnon et hors lequel il n y a aucun être adorable ^

Ainsi qu'on l'a vu dans la Vie de Hakem, avant que Hamza eût entrepris de faire reconnaître publiquement Hakem pour Dieu. .Wï autre pewonnage appelé Darazi^ et que Ton trouve nommé dans les livres des Druzes Neschiéhin Darazi, avait commencé à hasarder cette fojie. Suivant Mohammed Djafari, ce fiit en l'année A07 qu'arriva à Misr l'aventure de Mohammed, fils d'Ismail, Dai*azi, qui débita publiquement, au sujet de Hakem, des opinions extravagantes, et autorisa les unions illicites. Hakem ne trouvait point cela mauvais et il agréait ses discours, n ne sera pas hors de propos de rappeler ici ce qu'on lit dans Abou Imahasin , au sujet de ce Darazi : «J'ai lu dans quelques chroniques, en Egypte, m qu'un honune, nommé Darazi, de la secte des Ba- ^^-w^

Hm m^m

' Le traité iniitalé, Les élimenU de la docirine unitaire (pièce tu du recueil), est aussi daté du mois de ramadhan de la première des années ànSahethaltêman (Hamta), cVst-à-dîrc de Tan 4o8 de Thégire.

« tciiis qui croient à la métempsycose, viol en

((Egypte, s'insinua auprès de Hakeni et Taida à (( fdire valoir ses prétentions à la divinité. 11 com « posa un livre dans lequel il disait que Tâme d*A (( dam avait passé dans Ali, fils d*Âbôu-Taleb ; qiif ((lame d'Ali, fils d*Abou-Taleb, avait passé dans (( les ancêtres de Hakém et s'était ensuite arrêtée (( dans Hakem. Il s'empara ainsi de l*esprit de Ha- (( kem , qui l'admit près de lui , lui abandonna b (( conduite des affaires , et l'éleva au rang le plus émi (( nent, en sorte que les vizirs, les commandants des (( troupes et les serviteurs du sultan étaient obl^ <( de lui faire la cour, et n'obtenaient aucune àèà- « sion du souverain que par son entremise* Le bui u de Hakem , en cela , était de les accoutumer i b (( soumission envers ce Darazi, afin qu'ils lui obéis^ ((sent. DaraziJRtjjaraiUie.^le.UYJrcj^^ (( posé, et le lut dans la mosquée du Caire. Le peuple (( l'ayant entendu, se jeta sur lui pour le tuer, mais (( il s'enfiiit. Hakem désapprouva ostensiblement b (( conduite de Darazi, de peur de se mettre le peuple (( à dos , mais il lui fit tenir secrètement de fai^t (( et lui fit dire : Passez en Syrie , et répandei votre (( doctrine dans les montagnes , car le peuple qui (( les hal)ite embrasse facilement les nouveautés. tt Darazi passa donc en Syrie; il vint dans la vallée de tt Teïm-uUah, fils de Thaléba, laquelle est au cou*

DE LA UELIGION DES DRliZES. 101

Cl chaut de Damas et fait pailie du territoire de Pa- « néa5. Il lut son livre aux habitants de cette con- «f trée , les invita à reconnaître la divinité de Hakem , « leur distribua de largent, leur insinua le dogme « de la métempsycose , leur permit Tusage du vin et « la fornication, et les autorisa à s*emparer des biens « de ceux qui refuseraient de recevoir leur nouvelle « croyance , et à répandre leur sang. »

Il est question de Ncschtékin Darazi dans plusieurs écrits de Hamza, qui sont tous datés de la a* année de son ère '. HamTa Inî rppmrhp d*^^^^' voulu s'élever au-dessus de lui qui est Timam, d*avoir violé le secret qui lui avait été recommandé , et de s*être attribué de lui-même le titre de séif-aliman,

c*est-à«dire, k glaive de la foi, Darazi et son dis-

ciple Berdaï ont parlé sans connaissance et sans science; ils ont agPdans un autre sens que dans celui de Notre-Seigneur; ils ont élevé un bâtimeni

* Voyei \eé pièces .\, \vi et xi.\ du reciioîl.

Si la deaxième année de Vbre de llnmza corrc^poudait à fan 109

de Thégire, la dale de ces pièces, surtout de la dernière, oflrirait

cl*a]iscz gra\es diilîcultés. En effet, il est question dans la piè<r \u

de plusieurs faits qui, ainsi qu*on le lit dans les gloses, ne sont

arrivés qu*en fan iio, et dont par conséquent Ilauiza ne pouvait

point parler en 409. Mais on verra plus loin que, bien que Père

de Hamza eût commencé en 4 08, la deuxième année de cette èrr

correspond effectivement ù fan iio, parce qu'il ne doit être tenu

aucun compte de Tannée 409.

sans fondements, c'est-à-dire, suivant la glose, quîk ont annoncé la doctrine unitaire sans connaître ni la divinité ni l'humanité de Notre-Seigneur ; qu'is ont agi dans l'idée que Hakem était un pur homme; qu'ils ont voulu élever l'édifice de la religion unitaire , sans garder le secret qui était dans Tordre de \à sagesse ^ Hamza a écrit à Daraxi (sur la fin de Fannée 408, suivant la glose) pour lui marquer qu*ii était incapable du ministère dont il demandait à être chaigé, savoir, de manifester la doctrine unitaire , et pov le sommer de le reconnaître pour imam. Dans une lettre adressée à quelques partisans de Daraxi qa étaient en prison, Hamza parie encore de la révoite de Darazi , qui a voulu s'arrc^r l'imamat , et une dose nous apprend qu'il fut mis à mort en 4 10 avec plusieurs de ses partisans ^.

Je crois pouvoir conclure dl tout cela que, di> avant Tannée 408, Hamza avait commencé à enseigner, mais en secret, le dogme àe la divinité de Hakem, et à répandre sourdement cette doctrine par le ministère de quelques dais ou missionnaires. Du nombre de ceux qui l'avaient embrassée était Neschtékin Darazi, qui avait été converti par un missionnaire nomme Ali^fils d'Atfn^, Habhal. L'ambition de supplanter Hamza lui fit sans doute ha-

' Voyei la \\\* pièce du recueil.

- Ibiii

sarder, en Fan &o8 ^ la^ démarche imprudente dont j*ai parlé , et qui causa un tel scandale , que Hakem se vit obligé à le désavouer, et le fit passer secrètement en Syrie, en 1* encourageant, si nous en croyons les historiens , à répandre sa doctrine parmi les peuples de cette contrée , et à les attirer à son parti en leur permettant les unions illicites et lusage du vin.

Suivant la réponse à la lo* demande du Formulaire , la divinité demeura manifestée pendant la haitième année en entier, elle se cacha pendant la neaviime année, et se manifesta de nouveau àù commencement de la dixième et durant la onzième.

Cette distinction entre les années /io8 , &og et Al G, n*est pas clairement indiquée dans les écrits de Hamza, mais elle est marquée très-souvent et d*une manière bien précise, dans les gloses, par les mots la haitième, la neuvième et la dixième, mots dont, sans cette réponse du Formulaire , je n*aurais peut-être jamais deviné le sens.

Ainsi , dans un écrit qui est de la deuxième année de Hamza , H commence ainsi ^ : Le serviteur de Notre-Seigneur ayant vu que les fidèles se conduisent d*une manière contraire aux préceptes qu'il leur

* Cest évidemment par erreur que Nowatri rapporte aux années 4io et 4ii les faits relatifs à Ilamza et à Daraii ( ci-devant

p.CGCGXXXIl).

' Voyex la pièce xti du recueil : clic est datée de rèbi second.

a donnés La glose, sur ce dernier mot, porte

dans la hoUième, cest4-dire, en &o8.

Dans la même pièce on lit : Jai été instruit de Tailaiblissement de votre religion , des doutes qd se sont élevés parmi vous au sujet du maître de votre temps (gl. de Thumanité de Hakem), etqni ont été causés parce que vous avei vu que la m^ était cachée { ç^ydans h neiwième ) , et que le pirij'

théisme consumait toutes les créatures Ne sara-

vous pas que Notre-Seigneur édifie (gl. dans k kattième) et qu'il renverse (^. dans la iieiioièm« ) ?..... D vous fera connaître en quoi consiste la véracité d» croyants unitaires, le mensonge des polythéistes, b fausseté des gens dépravés » et ce qui est renfermé dans les cœurs des impies, afm que ceux qui doivent périr périssent en vertu d'un titre évident, et que ceux qui doivent vivre vivent en vertu dvn titre évident. (Suivant la glose, ce titre édimU pour le fidèle unitaire, c'est sa fermeté dans b croyance de la doctrine de l'unité , et pour fapostat. c'est son apostasie et sa défection ; et c est la newfièm qui est la cause de l'un et de l'autre. ) Tout le monde dit, continue Hamsa, que Dieu ne ferme point (gl- oo ne ferme que ce qui était ouvert; la clôture a eu lieu dans la neamème, l'ouverture dans la kaitième ) â qui que ce soit la porte de sa bienfaisance (gl. llntelligencc, qui est la porte de la doctrine unitaire). qii*il

De la religion des DRUZES. 105

n'ouvre plusieurs portes dans une seule (gl. dans ht dixième. Quant à ces mots , plusieurs portes dans une seule, ces portes sont les quatT*ft mÎTiî&tff ^ jnfi&inaiina

Dans ces mots (c*est ilamza qui parie), la porte signifie le hoddja du monde et le maître des hommes , par le ministère duquel ils entrent dans la religion de l'unité et parviennent à la connaissance de Notre- Seigneur. Dtgg^ c est Lsi4'^iînit" f^"" M^ti^-.^nîgn^ifr Notre-Seigneur ne dérobera son serviteur qui dirige les hommes vers sa religion; il ne le dérobera, disje, pour un petit nombre de jours (gl. dans la neuvième) aux yeux de ses serviteurs, que parce qu il est dans l'intention de le manifester (gl. dans la dixième, ce qui aura son parfait accomplissement au jour de la résurrection) h tous ses serviteurs, de lui accorder sa puissance et son secours, et de soumettre toute la terre par son ministère.

Vous avez entendu ^ ce qui a été lu dans les medjlis de la sagesse , de quelle manière les hommes seront éprouvés dans leur imam ( gl. c est-à-dire , querûnam éprouvera les hommes en se cachant doiu

ktmeavième), comment il sera caché Cet imam,

c'est le serviteur de Notrc-Seigneur et son esclave, Hamsa, fils d'Ali, fils d'Ahmed, le directeur des fidèles Gela (gl. son absence) est un châtiment

' Pièce XTi da rocuoil.

106 EXPOSÉ par lequel Notre-Seigneur vous punit , parce qu'après qu'il vous a manifesté le dogme de son unité

et son cuite qui n'avait été manifesté dans aucun des siècles précédents ; après qu'il vous a accordé , du temps de son serviteur (gl. lors de la manifestation), du directeur, des avantages précieux qu'il n'a accordés à aucun autre, dans aucun pays; après que, pour venger le meurtre de trois d'entre vos frères (gl. de la secte du TawU) tués (g^. dans la huitiènne) par les impies (gl. de la secte du Tenzil), Notre-Seigneur a ordonné que cent d'entre eux fussent punis de

mort (gl. dans la huitième) vous ne l'avez point

adoré comme vous étiez obligés de le faire , vous n'avez point reconnu d'une foi pure et sincère son unité , et vous n'avez point reçu les préceptes que

je vous ai donnés dans mes écrits Aussi Notre-

Seigneur a-t-il changé l'eau fraichc (gl. la doctrine unitaire ) qui faisait votre boisson, en une eau brûlante et une vapeur suffocante (gl. par leur retour à leur fausse loi et au culte de l'asas ou d'Ali); il a changé en crainte (gl. le culte de l'asas ) et en tourments ( g^. la loi littérale ) la paix dont vous jouissiei (gl. le culte de la divinité, existante réellement,

avec abstraction de tout attribut)

Cette calamité qui vous est arrivée {^*Ja neuvième] est comme la fournaise dans laquelle on fond l'argent (gl. l'argent représente les Unitaires; le feu, c'est

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