‹ Exposé de la religion des druzesChapitre 91 sur 97 · VII. Conduite de Hakem envers les jui& et les chrétiens · texte numérisé non relu

VII. Conduite de Hakem envers les jui& et les chrétiens

On sait quelle persécution les juifs et les chrétiens eurent à essuyer de la part de Hakem. On sait aussi que , vers la fin de son règne , il accorda aux chrétiens la liberté de leur culte, et les dispensa de la plupart des obligations pénibles qu*il leur avait imposées. Cette liberté s*étendit aussi vraisemblablement aux juifs. Les livres des Druzes font mention de cette persécution et de la liberté qui lui succéda.

On lit dans la Charte suspendue ^ : Hakem vous <i distingués des adorateurs des idoles; il les a séparés de vous par Tignominie et la concision; il a renversé leurs élises et les écoles de leurs religions , quoiquelles subsistassent depuis une longue suite

' Pièces VI, iviii et xlii du recueil. Cette expression s*expliquc par ce que dit Grégoire Bar-IIebrapus (Chron. Syr. png. 310 du tcxir), que Hakem, qu'il appelle par erreur khalife de Bagdad, avait défendu aux juifs et aux chrétiens de porter leurs anneaux îx la main droite. Sans doute Hakem abrogea par la suite celle ordonnaiirr, comme toutes relloA qu'il avait rendues contre eux.

' Pi^ce I du recueil.

de siècles. Ces sectes tributaires vous ont été assujetties de gré ou de force; elles se sont soumisn en fotde k la religion de Dieu. Dans la conférence de quelques docteurs juifs et chrétiens avec Hakem, ils lui reprochent d'avoir détruit leurs temples el leurs maisons, déchiré leurs livres saints, pro£me et livré au pillage la loi de Moïse et l'Évangile, en sorte que l'on s'en sert pour envelopper de Fodguent et du savon, et qu'on les vend dans les marchés au même prix que des papiers inutiles '.

Nous avons déjà vu que, suivant Hamsa, Hakem avait aboli, à l'égard des juKs et des chrétiens, k précepte de faire la guerre aux infidèles , ce qui ne peut signifier que la liberté qu'il leur rendit après les avoir persécutés. Mais un autre écrivain en parie d'une manière plus positive. Laj)ermission donnée, dit-il'^, de rebâtir les églises, la dispense accordée aux chrétiens de porter des croix, la préférence qui leur a été donnée en toute circonstance suriei Musulmans, tout cela est une des plus fortes preuves que l'islamisme était anéanti et réduit à rien.

Je ne parie pas ici en détail de la conférence de quelques docteurs juifs et chrétiens avec Hakem. parce que je l'ai déjà fait connaître ^.

' Pièce m du recueil.

- Pirce Lxvii du recueil.

* Vie de Hakem, ci-devant, p. 378 et suiv

VIfl. La divinité de Hakeni prouvée par ses actions miraculeuses.

Je ne ferai que rapporter ici un passage assez long d'un écrit de Hamza intitulé la Relation véritable ^^ où se trouvent réunies toutes les actions de Hakem, sur lesquelles Hamza établit la preuve de la divinité de ce prince.

Si je voulais, dit Hamza, vous faire le récit de tous les prodiges et de tous les signes évidents que le Seigneur a fait voir, il n y a point de papier qui pût le contenir, ni de plume qui pût Técrire, comme il est dit dans TAlcoran ^ : 5k tous les arbres de la terre étaient des plames, que la mer fut convertie en encre , et qu'après elle il y eût encore sept autres mers pareilles, cela serait insuffisant pour écrire toutes les paroles de Dieu. Dieu lallah] signifie ici Thumanité de Notre-Seigneur. Je me contenterai donc de vous exposer, dans cette relation, quelques faits importants, petits en nombre, mais grands en utilité pour quiconque les méditera, reconnaîtra Tunité de Notre-Seigneur et ladorera. 11 est digne de louange, et sa puissance est au-dessus de la capacité de Tesprit des hommes.

La première chose que je rappellerai en abrégé dans cet écrit , c est ce que Notre-Seigneur a fait ^i

' Pièce XII du recueil.

* Sur. 3i, V. fj.

l'égard de Bardjéwao et d'EbD-Ammar. Tout fe inonde sait aujourd'hui de quelle manière on nconte cette action , suivant la capacité des espiiti vulgaires. On dit : fl éiaîi eocore jeune (T^e-, Bvdjéwan commandait à tous les Orientaux, Elio> Ammar disposait de tous les Octâdentaux. Notic> Semeur ordonna de les Ëiire mourir, et ils fiucat tués comme des chiens. D n'appréhenda point le murmure et le soulèvement des troupes. Paimi la rots de la terre, au contraire, il n'en est mam qui osât rien &ire de semblable. H ordonna siwi de tuer les chefs de Kétama et les hommes poi»sants de cette tribu, sans craindre ni leurs en&nb, ni leurs compagnons. 11 marchait, au nûlieu de h nuit, entre leur famille et leurs en&nts, sans «^ ni poignard.

Vous l'avez vu aussi dans le temps d'Abou-Rac»i Wélid, fils de Héscham, le maudit. Cet bonuM .lyant allumé l'incendie de la rébeUion , et les cœnn des soldats étant saisis d'eEBroi sur le lit où ils reposaient, à cause de la défaite des armées et du massacre des hommes , choses dont ils avaient étr témoins, le Seigneur, dont la puissance soit gluifiée , sortait au milieu de la nuit dans la plaine nommée la Gamine du paits. Y ayant rencontré Hasao, fîls d'Olayyan Kéli, avec cinq cents cavaliers, il s'ari-êt.1 , sans armes et sans défense . pour denian-

DE LA HËLIGION DES DHUZES. 161

der a chacun d*eux ce qu*il voulait. Il entrait seul (ou du moins il paraissait entrer) dans la Campagne du puits, n ayant avec lui que les valets d*écurie et les mouêddhins ' .

De même encore, dans le temps de la révolte de Mofarridj, (ils de Dagfal, fils de Djerrah, de ses frères et de ses enfants, de (la tribu de) Bedr, fils de Rébia et de tous les Arabes, lorsque les peuples du Hedjaz s'avançaient avec leur sultan Iloseln, fils de Djafar, Hoseïni, qui s* était révolté à la Mecque, au moment même où, ce prince étant venu à Ramla et s'étant joint avec le fils de Djerrah et ses enfants, il n était aucun, soit des gens de guerre, soit du peuple, qui ne s attendit, A chaque instant du jour et de la nuit, à voirlloseïn, fils de Djafar, Hoseïni, arriver avec Mofarridj, fils de Dagfal et ses enfants, et se rendre maître du Caire, le Seigneur montait sur sa monture tous les jours et toutes les nuits; il sortait du Caire sur le soir, et venait se promener dans la Campagne du puits, du côté de la montagne, vers le lieu même par lequel on disait que devait arriver Mofarridj , fils de Djerrah. Mais la discorde s*étant mise entre Hoseîn et le fils de Djerrah , et Mofarridj même ayant voulu tuer Hosein , celui-ci retourna à la Mecque. Quant à Mofarridj,

' Ccst-n-dire, les crieurs des mosquées qui annoncent, par leurs proclamations, Ipa heures de^ cinq prières canoniques. I. I I

fils de Dagfal , fils de Djerrah , il périt peu de temp après. Il n'y a aucun roi de la terre qui eût osé agir comme le Élisait Hakem.

Enfin une des preuves les plus merveilleuses d un signe éclatant de sa puissance et de son pouvoir» c'est ce que vous aves vu se passer sous vos jeu et être fait par le Seigneur, et qui ne pourrait iHit fait par aucun homme, fàtû natek, asas , imam os hoddja. Tout cela néanmoins n'a tait qu augmenler votre aveuglement et votre dé&ut de discememest Le soleil est chaud et desséchant, par nature et nos par punition; car c'est un corps purement malérid. qui n'a ni intelligence ni discernement : il est ds a nature de dessécher les choses et de changer les colleurs. Cependant un des usages de Notre-Seignenr était de monter à cheval à midi, et de marcher pendant la plus grande chaleur. Dans les mauTais temps, les jours où le vent du midi soufflait avec U plus grande violence , où lair était rempli d'une immense poussière, tandis que, dans imtérieur même des maisons, on était incommodé de ce vent et de cette poussière, le Seigneur montait à cheval (ou du moins il pai^issait le faire) pour se promener dans la Campagne du puits. Â son retour, il D*y avait personne de ceux qui l'avaient accompagné, dont les yeux ne pleurassent par l'effet du vent et de la poussière, dont la langue ne fût dans fiiu-

possibilité de parler librement; aucun, enfin, qui ne se trouvât las et fatigué à Texcès. Notre-Seigneur, au contraire , était dans le même état qu au moment où il était sorti de son saint harem. Jamais on n*a vu, dans le temps de la plus violente chaleur ou du vent samoum le plus mortel , son visage ( pour parler suivant lapparence ) se noircir, ou lui-même être las ou fatigué. Personne ne peut dire que rien de semblable soit arrivé i Notre-Seigneur, tandis que leurs visages à tous se noircissaient, que leurs langues se desséchaient, et quils étaient pr^s de périr de fatigue et de lassitude. Personne ne peut dire qu'il Tait vu boire de leau ou manger quoi que ce soit; on ne Ta vu ni lâcher de Teau ni rendre ses excréments. Loin de' lui tout cela! Néanmoins un grand nombre de ceux qui raccompagnaient dans ces promenades lui ont imputé cela faussement, parce qu'ils auraient voulu le voir faire quelqu'une de ces actions; mais ils ne Tont vu faire rien de semblable. Parmi ceux qui étaient avec lui (pour parler suivant lapparence) dans les lieux où il u était pa « vu du public, il n'en est aucun qui puisse dire l'avoir vu faire quelqu'une des choses dont j*ai parié , être las , manger ou boire. Loin de lui tout cela! Il est bien au-dessus de tout ce que disent les polythéistes. Il n'y a ni roi ni aucun autre homme qui put lui ressembler en cela.

Quant à ce que disent les polythéistes de ses maladies corporelles qu*il leur cachait, cest un effet de la malignité de leurs cœurs. Il paraissait (pour parier suivant Vapparence ) enfermé dans une litière portée par quatre polythéistes ennemis, qui le portaient ainsi à travers les rebelles , désobéissants et impies; car il n'y avait dans l'armée aucune tribu dont il n'eût fait mourir les cheSs : tout le peu|de était ennemi de lui pour la religion , à l'exception d'un très-petit nombre qui connaissaient son unité, croyaient en lui et se soumettaient à ses décrets. Les rois , le plus souvent, n'osent se confier k aucun de leurs soldats, ni même à leurs enfants, de peur d'être trahis. Comment peuvent-ils dire qu'A était malade et ne pouvait marcher, tandis qu'il passait ainsi au milieu d'eux dans une litière, après avoir fait mourir les puissants et les rois de la terre?

Toutes ces actions que je vous ai rapportées dans cette relation , conclut Hamza , et les autres du même genre, ne peuvent être celles d'aucun homme. Ce n'est pas que ce soit là quelque chose de grand pour Notre-Seigneur; mais je vous les ai rapportt'PS. afin que vous y réfléchissiez et que vous les méditiez.

Tous les événements dont il est fait mention dans ce passage de Hamza , la mort de Bardjéuan , nommé par d'autres historiens Ardjéi^an, eunuque blanc.

DE LA HKLIGION DKS DIUJZKS. 165

que le père de Hakem avait chargé d'administrer Teinpire pendant la jeunesse de sou fils ; celle d*Ëbn- Aminar, chef de la tribu de Rétama, arrivées, Tune en 389, et Tautre en Sgo; la révolte d'Abou-Racwa, qui se termina par la défaite et la mort de ce rebelle en 397; enfin celle de Mofarridj , fils de Dagfal, fils de Djerrah, de son fils Hasan et d*Âboulfotouh Hoseïn, émir de la Mecque, proclamé khalife par ces rebelles, se trouvent rapportées tout au long dans la Vie de Hakem; et il parait que ce prince ne montra pas, dans ces circonstances, le courage et rintrépiditr dont tlamza lui fait honneur : car, suivant Abou Imahasin , Hakem, eilrayé des progrès d'Abou-Hacwa, voulut, en 395, quitter TEgypte et •e retirer en Syrie; il vint même jusquà Bilbeîs. Ku Tannée 396 ou 397, Abou-Racwa ayant défait les troupes du khalife et les ayant poursuivies jusqu'à Djizèh, Hakem en fut si effrayé, qu il fit fermer les portes du Caire. Au reste, il n'est pas impossible qu'un homme aussi inconséquent que l'était Hakem ait donné presque en même temps des marques d'une pusillanimité extrême, et d'une audace téméraire el irréfléchie.

1\ Aclioiis rùlicules, biiarrci et extravagante» de llakeni, juslifici'K |>ar dos npliiralions allégoriques.

(.'Il homme dont la ronduite n'était qu'iui tissu d inrcinséqueurrs, dVxIravagaure.s, d'nrtioiis ridirii

les et bizarres , ne paraissait guère propre k devenir iobjet du respect et de la vénération des peuples, et à recevoir les hommages et le culte dur à la iKvinité. Si ces actions se fussent passées dans l'intérieur du palais et en présence d'un petit nombre de spectateurs, il est vaisemblable que Hamia se sernt contenté de les nier; mais c'était en public, à la vue de tous ses sujets, et souvent même par des ordonnances, que ce prince manifestait sa folie. Hanua a donc pris le seul moyen dont il pouvait faire usage, pour justifier aux yeux de ses sectateurs ce que la conduite de Hakem avait de révoltant. Il a supposé que toutes ces actions étaient allégoriques , et ne devaient être considérées que comme des emblèmes qui avaient tous pour objet l'établissement de la doctrine unitaire, les dogmes et les mystères de cette religion, et 1 anéantissement de toutes les autres sectes. Ce moyen devait d'autant mieux réussir à Hamza, que c'était principalement parmi les disciples du Tawii, c est-à-dire de la doctrine mystique des Baténis, qu'il pouvait espérer de trouver des sectateurs. Comme ils étaient déjà familiarisés avec une grande partie des dogmes de la religion unitaire , dogmes que Haniia avait empruntés de leur secte, et que leurattachement pour Ali et ses descendants leur inspirait un respect aveugle pour la £simille des Fatimis, il était naturel de penser qu'ils seraient moins éloignes

d*«dopter la nouvelle doctrine; et les all^ories par lesquelles Hamsa tâchait de justifier les actions ridicules et insensées de Hakem devaient trouver d'autant moins d'opposition dans leur esprit, qu'ils étaient accoutumés & aUégoriser tous les préceptes fondamentaux de la loi musulmane , toutes les expressions de l'Alcoran, toutes les traditions ou hadith, et jusqu'aux actions mêmes de Mahomet et des imams descendus d'Ali.

Nous avons déjà vu Hamza user de l'allégorie pour justifier les inconséquences de Hakem , par rapport à l'observation des devoirs de la religion; nous allons voir quel usage il fait du même moyen , pour excuser tout le reste de la conduite de Hakem. C'est l'unique objet d*un traité particulier, dont j'extrairai seulement ce qu'il renferme de plus remarquaUe.

11 m'est parvenu, a dit Hamza, de la part de quelques-uns des firères unitaires un écrit, dans

lequel ils rapportent les propos que tiennent les hommes éloignés de la religion, et incrédules à la doctrine de la pure unité; qui laissent leurs langues proférer librement des discours conformes à leurs œuvres abominables, et analogues h leurs religions basses et abjectes, au sujet des actions de Notre Seigneur, et de ses paroles, telles quelles leur paraissent à f extérieur, et relativement aux choses qui

se font en sa présence. Ces actions renferment cependant une sagesse infinie (mais les avertissements ne leur sont d'aucune utilité) et elles sont bien dille rentes des actions de ce monde forant et grossier, dont les œuvres ne sont pour la plupart qu'un b>dinage et un jeu. Il nous est aussi parvenu des propos, remplis d'une critique amère et de sarcasmes, ils ne savent pas, ces gens-là, que toutes les actioDs de Notre-Seigneur, dont le nom soit glorifié, soit sérieuses, soit badines, sont remplies d'une sagesse infinie, et qu'il en fera connaître et en manifestera la sagesse quand il sera temps.

Ils*ne parleraient pas ainsi s'ils faisaient une sérieuse réflexion à ce que l'histoire leur apprend de Djafar, fils de Mohammed, fils d'Ali, fils de Hosein. fils d'Ali, fils d'Abd-Ménaf. fils d'Abd-almotalleb'. qui a dit : « Gardez-vous bien de joindre le cuite «de quelque autre k celui de Dieu, ou de le mé- « connaître, en vous laissant aller aux doutes qui «s'élèvent dans votre cœur au sujet de ses œuvres. « quelles qu'elles puissent être : gardez-vous aussi de « censurer les actions de l'imam , quand même vous « le verriez aller à cheval sur un bâton , ou retn>us- «scr et attacher derrière lui la queue de sa robe,

^ CcM Djafar surnommé Sadek, iil» de Moharani«*ci BaLvr. ri If M\u'ine drs douze imam». Abd-MciiaF, nomme ici dans \é ^neakgic de Djafar, c^l Abou-Talcb.

« pour jouer aux osselets avec les enfants; car il j « a, sous (outes ces actions, une sagesse profonde pour « les humains, sagesse capable de discerner Topprimé « de Toppresseur. n Si ces paroles ont été dites au sujet de Djafar« qui n était, ainsi que ses pères et ses ancêtres, que les serviteurs de Notre-Seigneur (dont le nom soit glorifié), que doit-on dire des actions de celui que les esprits et les intelligences humaines ne sont point capables de comprendre, et de sa di^'ine sagesse? Elles sont toutes des figures et des signes de fanéantissement cfes observances légales, de la destruction totale des buffles . et de la séparation irrévocable des paons. '

La première marque que Notre-Seigneur a fait paraître de la sagesse, chose qu*on navait vue dans aucun temps, aucun âge, aucun siècle et aucune époque, et que personne d'entre les hommes najamais vu pratiquer à aucun roi, cest de laisser croître ses cheveux, de ne porter que des vêtements d^ laine , et de n avoir pour moiitiirc* qu un âne, dont la housse et le harnais ne sont relevés d'aucun omenieiit d*or ni d*ai*gent. Ces trois choses iMnt dans la vérité qu un seul et même sens; car les cheveux sont fein blême des pratiques extérieures du Tenzii'-; la laine

* {jpb huflrs fi \e* ffA*>n» ifiilif|iipnl les fau»»Cft irligion», nu iciit qui |p«nnl înslilué«*^

' l«a lettir Hp l'Ali-tiMn . U i\ortr\nr de\ Siiniii^

est remblème des pratiques intérienres an Tawfl\

hj\ et f âne est la figure des nateks Notre-Seignenr

a afiPecté dç se vêtir d'habits de Ishie et de laissa' croître ses cheveux, ce qui indique la conduite qii*il a tenue en se conformant, à rextérieur, aux observances légales, et en paraissant attaché & Ali, ib d'Abou-Taieb et à sa reUgion. En prenant. un ine pour monture , il a voulu marquer que la doctrine de la vérité triomphait des lois anciennes des nsteks. Par la simplicité de f équipage de sa monture, où il n'y a ni or ni argent, il a indiqué ^anëantis9^ ment des deux religions du natek et de Tasas '. Les ornements de fer de son harnais signifient qu'il tirera le glaive contres les disciples des lois précé dentés, et qu'il les anéantira.

Si Notre-Seigneur est allé dans le Sakra ^ ( ou do moins a paru y aller), si ce jour-là il est sorti psr le souterrain^, pour se rendre dans le jardin, et ensuite aller du jardin au dehors , ne passant ainsi psr

* La doctrine mystique des Schiit qui allégorisent les piéeeyiw de rAlcoran, la secte ^pLli.

' La religion de Mahomet et d*Ali , le Tenzil et le TawU. ^"^ ' Cest-à-dire , campagne déserte. Je présume que c'est la mé*c

qui est nommée ailleurs la Campagne àa pÊÛU. Voyes cwlenal

* i^\2)jMÊ Serdab. Les Isniaëlis et autres sectes de Scbiis Bonncnl ainsi le Heu dans lequel ils supposent quVst caché TimaBi dootils attendent le rptour, et qu'ils appellent pour cela Sakeh alsrrJmh.

aucune des portes de la ville (or ce souterrain et ce jardin ne sont ouverts à personne, et ne sont connus de personne , si ce n'est de ceux qui sont employés à y servir, et qui y ont des fonctions intérieures et spéciales), cela est une figure de la conduite de Notre-Seigneur, qui a commencé par faire connaître son unité, et par manifester son éternité aux deux ministres qui sont ignorés de tout le monde ^ si ce n*est de ceux qui les connaissent sous les figures et les mystères qui les cachent. Ces deux ministres sont la Volonté et ieVoaloir^^ suivant ce qui est dit : Tout ce qu'il a à faire lorsqu'il veut une chose, c'est de lai dire sois : et elle est. Loué soit celui qui a dans sa main la possession de toutes choses, et devant

c^i3>rMJt c>.^L<0 rkomme du soatemdn» et Âlimam almontadkcw» h-' y! aL»^! Timam attenda. Le mot terdab signifie proprement un lîen sontenrain où l'eau se conserve fraîche. ( Ahalf. ÀRn. Most. t. II, p. 3 31. ) De là vient notre mot français serdeau.

* Ces deux ministres sont Tlntelligence et TAme, la Volonté et le Vouloir, Dhou-maat et Dhou-massat; car tous ces noms désignent les deux premiers ministres. Le premier est Hamxa, et le /' ■ l

second Ismaél, fils de Mohammed, Témimi.

« U Volonté Imdat o^lj], le Vouloir Mésckiat jCju. Pour juslilier Tusage de ces deux noms. Fauteur cite deux passages de TAI- ^>^ ^'^i>^i4

croran , dans le premier desquels Taction de voaloir est exprimée par -«

anula, ^]j\ qui vient de la même racine que iradai; dans le second la même action de vouloir est rendue par le verhe schaa, #Lâ d où vient mésckiai. IjC Vouloir est nommé U Suivant ou Tali de la Volonté, qui est le premier ministre; car dans la hiérarchie desDniies, chaque ministre est, par rapport i ceini qui le snit, Sabek on Pré-

lequel vous retournerez un jour ' ! La Vokmié est If même que Dhou-maat : le Vouloir est son weU suivant, comme il est dit: Vous ne voulez rien à moins for Dieu nuit voulu ^. Ces. deux ministres ne sont conniu» que de ceux qui confessent Tunité de Notre-Seigneur, dont le nom soit glorifié. Il sort du soutemio pour passer dans le jardin. De même la science passe de Dhou-maat à Dhou-massat, qui est comme un jardin rempli d arbres et de ruisseaux.

Après avoir passé ces deux endroits , Notre-Sagneur vient à Maks ^, et le premier lieu qu^il rencontre est le jardin de Bardjéwan , jardin connu sous te nom de Hidjazi. Il n y entre pas, et n en (ait point le tour en passant. Ce lieu est la figure de la doctrine éternelle. Mais il va tout de suite au jardin

cédant, et par rapport à celui qui le précède, Tali ou SaîvanL Ceci sera développé par la suite.

* Alcor. sur. 36, v. 8a et 83.

* Ihid. sur. 76, v. 3o.

* /jmaIi — •Maks, dit Makrizi, est un lieu ancieD. Avant lula- « misme il y avait là un bourg nommé Omm-Déain. (Test actnellr- «ment un hameau hors du Caire, sur le bord occidental du Uu- «lidj. Lors de la fondation du Caire, c'était \h le port du Nil .. « llnkem y fît ronstroirc la mosquée que le peuple nonnme aujour- «d'hui le djcuni Maksi et qui donne sur le Lhalidj Naséri

• Suivant le kadhi Abou-Abd-allah Kodhai, Maks était un \illagr «nommé Omm-Dénin , on Pappcla Mahs, parer que cVlait la qnr

• se tenait h* receveur de» drtMts de dimr. Mut s |«JCi si^^nilir tnhut.

*unftôi. et l'on a converti \p mot macs jftJZt en umIs «JL»-*

de Dekkat '. Ce jardin est la figure du Précédant (le Sabek)^, qui est le sommet de lunivers, et duquel découlent toutes les sciences des hommes, puisqu ils ne connaissent, au-dessus de lui, rien de plus élevé. Le jardin de Dekkat est sur le bord du fleuve. Le

Soldant quelques auteurs cités par Makrizi, le vrai nom de ce lieu est al-maksim AiJiXt; et il fut ainsi appelé parce que ce fut lA, qu'après la conquête de l^Egypte par les Musulmans on fit le partage du butin.

^ ïSoJ\ — «Du nombre des belvédères des khalifes fatimis, tditMakriii, était le belvédère nommé Dekkat, duquel dépendait • un vaste jardin, près de Maks. Le khalife avait coutume de s'y art rêter quand il revenait de la cérémonie de Touverture du khalidj. »

Ce fut U que mourut le khalife Dhaher, fils et successeur de Hakem. Du temps de Makrizi, le belvédère et le jardin n*eiistaient plus; on avait construit sur ce terrain des hôtels et des mes.

Cest vraisemblablement le lieu nommé Decka, qu on voit sur le bord occidental du Nil, dans la carte d'Egypte de d'Anville {Mém, mr t Egypte, p. i3i ].

* J^ai traduit le mot ^L» Sahek, tantôt par Précédant, tantôt par Préexistant. Je crois la première traduction préférable, d'abord, parce qu*elle a plus d'analogie avec l'opposé du Sabek, je veux dire ^(j* Tali qui signifie Saivant, et ensuite, parce que ces deux mots indiquent plutôt un ordre hiérarchique qu une relation cfaronologique d'existence. Quoique chaque ministre soit Sahek ou Précédant par rapport A celui qui le suit, et qui est son Tali ou Suivant, cependant le nom de I^cédant convient particulièrement au quatrième ministre, et celui de Saivant au cinquième. Selon Ilamu, les disciples du Tawil n*ont point connu les trois ministres qui sont au- Hes5us du Précédant, savoir, la Volonté, le Voaioir et la Parole. L'initié A cette secte qui ronnaittait le Précédant était arrivé au

fleuve ^ est remblème de la doctrine du Tawil , car celui qui se soumet à Tinitiation croit , lorsqu'à eA parvenu à la connaissance du Précédant, avoir atteint le plus haut degré et le dernier terme de la religion. Quelque beau que soit par lui-même le jardin de Dekkat, il est tout proche d*un lieu où se commettent toutes sortes d'abominations et dliorreurs, ce qui n'a point lieu par rapport aux autres jardins. Gela indique que la doctrine du Précédant tient à celle des Nateks, qui sont les mines et les sources des observances légales, vaines et méprisables , et des actions viles et criminelles. Maks est l'emblème du Natek^, et les actions détestables et criminelles qui se font dans Maks sont la Gguie de sa religion. Les femmes débauchées qui habitent ce lieu sont fembième des prédicateurs qui enseignent les pratiques extérieures de la religion do Natck , et des crimes auxquels ils s'abandonnent pour satisf .ire leurs passions brutales , et qu'ils allient avec la soumission à sa loi.

dernier degré de rinitiation, et devenu adepte. Dans la (U^ trine nnitaire, ce quatrième ministre est nomme' le Pttà Pncédont C'est l'Intelligence, le premier ministre, qui est le vrai Pffcédant.

* Il y a dans le texte j^t la mer: cVst ainsi qn*en Egypte oa nomme le Nil. Voyex la Relation de TEgypte par Abd-aHatif , p. 7 ; Ckrutom. ar. s* édit. 1 . II , p. 1 1 .

' C'est-R^ire Mahomet.

DE LA liELIGlOiN DES DRUZES 17^

De là Nôtre-Seigneur (que sa paû et sa misericonie soîeot sur nous!) Tient au chantier de cons- Imction ^; il y entre par une des portes et sort par Pautre. Ce chantier est la figure de lauteur de la loi ( de Mahomet ). D n'est point permis au commun des hommes d*y entrer ou d*en sortir, ce qui indique Fassujettissement auquel la loi les réduit. Notre-Seigneur j entre par une porte et en sort par I autre : cela figure Tabolition et la destruction de la loL Ensuite il fait le tour du jardin Hidjazi *, qui est b figure de la doctrine étemelle. Faire le tour de ce jardin « c'est parvenir à la manifestation où ancun voile ne cache la religion.

' Ce <pi*on appelait aa Caire aaLsaJÎ AUènâm ou aaU-aJI i'^ DÊr4diimim, c'étaient les chantiers où Ton construisait on radoul>ait %m MnbareaCioos destinées à la navigation du Nil. Il y avait à llaks ■B da ces ehastiert qu on nommait ipiili ajcU^ Sèitdmt'ûlmaks. D avait été établi par le khalife Moëiz, du temps duquel on y avait construit 600 barques. Makrîiî lui a consacré un article spécial dans sa Description de TÉgypte et du Caire. Hamia dit qu on n y UtÊÊe point drcoler le public. L'entrée en avait été interdite au public, par suite, sans doute, du désastre arrivé sur la fin du rfgne fi*'4iii, père de Hakem. Des gens mal intentionnés avaient mis le feu à ce cbantier, et Tincendie avait consumé toutes ou presque lontca les embarcations qui s y trouvaient. Beaucoup de gens . couvaincus ou soupçonnés d*ètre les auteurs de cet incendie, forent mis à mort à cette occasion.

* Makriii remarque que les kbalifes fatîmis avaient bors du Caire , 5ur les bords du Beuve , soit A Maks, soit ailleurs, un grand nombre Je jardins (ji^KmJn dont cbacim avait un nom particulier.

Je supprime une partie du récit et de Texplicalion allégorique de cette promenade , où Ton retrouve toujours à peu^ près les mêmes idées. Ten citerai seulement encore un ou deux passages.

Dans le nombre des lieux remarquables devant lesquels passe Hakem , se trouve une mosquée nommée Mesdjid ReîdanK

La mosquée de Reidan , dit Hamza , est la figure du boddja de la manifestation qui a en main le glaive et la vengeance, et qui invite les bommes k la confession de Tunité, laquelle est méconnue et

rejetée de tous les humains U n*y avait point

d*aulrc mosquée dont le dôme fût tombé et qui menaçât ruine en son entier, que celle de Reidan. Notre-Seigneur a ordonné d'en rétablir le dôme, et il en a augmenté la longueur, la largeur et la hauteur. C'est là un emblème de la destruction de U loi extérieure, pai' la main de son serviteur qui habite dans cette mosquée, et de rétablissement de la pure doctrine de lunité de Notre-Seigneur dans cette même mosquée, à découvert et publiquement Notre-Seigneur descend de

son âne à terre, et monte sur un autre en face de la porte de cette mosquée. Cela marque le change-

' II a été question de Reidan dans la Vie de Hakem (ci-deYaat. |). ccxciii, note i ). Reîdan portait TonibreHe ou le |)ansol iiiàV' Ce lut lui qui tua Bardjé^^an.

tuent de la loi, l'établissement du dogine de Tunité, et la manifestation de la loi spirituelle par le ministère deson serviteur Hamza, fils d* Ali, fils d* Ahmed, son esclave, le directeur des fidèles, qui tire vengeance des infidèles par le glaive de Notre-Seigneur, et par la force de la seule puissance de cet être unique qui n*a point de compagnon.

Il 's*arrête , ou du moins il parait s'arrêter, car il faut bien se donner garde de croire qu'il s'arrête , qu*il marche, qu'il s'asseye, qu'il dorme ou qu'il se réveille. ... Il s'arrête auprès d'une borne miliaire. Cette borne est la figure de l'inspiration divine , car les bornes miliaires aident h trouver le chemin ; de même l'inspiration divine va de l'être adorable vers son serviteur, et revient vers cet être existant.

Il descend à terre , vis-à-vis de la porte de la mosquée. Par là il désigne son serviteiu*, qui est la porte des voiles qui le cachent à ses créatures, et celui qui, avec son secours et par ses ordres, appelle les hommes à lui : car l'inspiration divine est le commandement sublime qui se fait entendre sans aucun moyen humain et charnel, et la porte est la f^re du hoddja '.

* On a vu dans Teitrait de Nowaîri (ci-devanl, pag. ccccxxxii)

que Hamta avait pris pour sa demeure la mosquée de Reîdan, et

qoe, quand Hakem, dans ses promenades, venait de ce c6té-lÀ,

llamu sortait de lu mosquée et entrait eu conversation avec le

Il descend de son âne et monte sur un autre, précisément au moment où le mouèddhin annonce la prière du soir. Cette prière est Temblème do natek. Notre-Seigneur changeant de monture au moment de Tannonce de cette prière, cela indique Tabolition de la loi extérieure.

Notre-Seigneur rentre dans le palais par la même porte par laquelle il en était sorti , et par le nâane souterrain. Cela marque que la chose (la rel^îon

prince, ce qai contribua beaucoup à donner un graocl crédit à ert imposteur.

Hamza ajoute encore , au sujet de la mosquée de Reîdan , beaoeoip d'antres allégories que j'omets, parce qu elles eugeraient des déitloppements qui trouveront leur place ailleurs. Puis il ajoute que hndan (jl juj est formé de deux mots-, rei et dan {rei veut dire irrijth tion» arrosemfni). La première partie du mot reidan signifie doat Varrosenwnt des choses, car les choses, suivant un passage de PAicoran auquel Hamza donne une interprétation allégorique, ce sont les difTérenls ordres de ministres inférieurs, les hoddjas, les das. les madhouns» Icsmocasers, et Ki religion étemelle, ladoctrioedr Tunité qui ne doit point avoir de iin, et qui triomphera par le ministère de Reîdan, c'est-À-dire de llamza. Quoique ceci soii énoncé d'une manière fort obscure, il est facile de reconnaitrf qur Hamza veut dire que c'est d*» lui, représenté par la première n\\labe du nom Reîdan, que tous les ministres unitaires reçoi\eat b doctrine , comparée à l'eau qui arrose les plantes et les eutn'tiem, et que c'est lui qui jnjjera les bommes; car diut ^1.3 .signitieja^ Kt ce qui prouve que c'est bien là ce qu'il \eut dire, cest qu'il ajoute que « Notre-Seigncur, seul être adorable, est trop grand ft

• trop digne de louange pour qu on doive lui appliquer Taltrib-t

• d<' /ii//r ^L*3.»

DE LA HELIGIOÎN DES DHUZES. 179 unitaire) est solidement établie, que se» voies sont mises au grand jour par les engagements (des unitaires) qui sont rédigés par écrit; enfin , que la chose (la reb'gion) redevient ce qu elle a été dans Torigine, c est-à-dire une doctrine purement spirituelle, dégagé*' de toutes les pratiques pénibles, et n ayant rien de commun avec les lois des Sa tans et les illusions des|Hamans ^

Venons maintenant à une autre promenade de Hakem. Cest celle qu'il faisait à Misr, et où il se passait, en sa présence, des rboses grossières et indécentes,

Notre-Seigneur, dit Haniza, vient h Misr (ou du moins il parait y venii* ) , et il y fait les cboses dont nous avons été témoins. Cest h ce sujet que Satan, qui est livré à Terreur (que le Seigneur le maudisse!), s est emparé des cœurs vulgaires et grossiers et des esprits lourds et attachés a la loi ,

' Dan» rAfcoran Flan;an est le vizir de Phanion. Dans les livres <Je» Druzes, les IhUs, les Salant, les Pharaons, les Hamani. re sont les natfhs, auteurs deslausses rêfîgions. Voici le texte de ce

passage : i^\ V x ^ ^y^\jJûJ\ ^.^«îX^j^Jfl c:>Ujil ^Jx JlJ^

iujLaU cJ^3 X^ iUJi HA>a 4Ûy»^lj ^^ — Peut -être faut -il lire : t^ \ ^ j . «u pluriel, au lieu He <^^^«Âj . J'ai considéra dans ce texte ti^y comme synonyme de (4^|y*t pluriel de 'àUyw** ceMt à-diffî \fs tn(\ai^emtn{%.

mi EXPOSÉ

à cause des paroles qu ils ont entendu proférer aui valets d^écurie en présence de Notre -Seigneur, paroles qui ont semblé à leurs esprits grossiers des discours badins et folâtres. Ils ne savent pas que ces paroles renferment une sagesse profonde, et les avis ne sont pour eux d'aucune utilité.

Notre -Seigneur va d'abord aux trois oratoires, où il n*y a ni annonce publique de ta prière , ni prière ordinaire, ni prière du vendredi, excepté dans celui du milieu, qui est remblème de la voie droite , de la secte orthodoxe , dans laquelle on se sauve, hors de laquelle on périt et s'égare.

De là il va à Raschida Ml y a encore en cet endroit trois mosquées, dont les bâtiments sont différents les uns des autres. La plus belle , la plus haute , la plus magnifique , dans laquelle le khatib fait la prière du vendredi, et où Ton récite tous les jours les cinq prières , est celle du milieu. F^lle est Temblème de la confession de Tunité de Notre -Seigneur, et de rétablissement des cinq principaux ministres de cette religion. Cette mosquée est encore Temblème du hoddja de la manifestation (de Hamza), et les deux autres mosquées qui diffèrent Tune de Tautrc par leur construction sont la figure du natek oi de Tasas (Mahomet et Ali) : car le natek et Tasas

> Voyez ce qui a été dit de Huschitia dans la Vie de HaLem , rfdevant, page ceci.

<lifl%rent pareillement l'un de l'autre. Le natek est supérieure Tasas, en ce qui concerne l'économie

de ses ordonnances, etl'asas, par l'institution de

la doctrine intérieure et de ses allégories, l'em-

))orle sur le mérite du natek, qui se borne à des choses capables d'être saisies par la simple raison et énoncées par l'élocution.

Eai face de cette mosquée, il y a une hauteur diflicile à monter pour ceux qui y passent, et il n'y a point d'autre chemin pour aller à Karafa. Cest un emblème de l'entière séparation d'avec les démons, auteurs des lois qui n'ont qu'une apparence et une beauté fausses, et ce n'est qu'en y renonçant entièrement qu'on peut être sauvé; de même que le chemin qui passe sur cette hauteur est difficile et pénible, et (|ue cependant c'est Ih que les captifs sont mis en liberté ', ce qui indique la délivrance des deux reli-

^j^LJIa j^Lk/l • — Je ne sais |nis précisément ce que veut dire lianiia par aa5jJI c^LCjJt, et^ignore 8*il veut dire que c^ctait \\ que Ton prononçait rafTranchissement des esclaves, ou qu'on mettait en liberté les captifs faits à la guerre. On trouve dans la pièce tx du recueil un passage analogue à celui-ci; je vais le transcrire : ^.xiLjJtj iul^Jl yt ^JôJ\ o^^i Ja» UV^ o^y <>JÙ

Uy^ Orr^y^ [y-«J-Jûo fj\ *A5^I JLj L^jlj.^ J vivJf

Teri renferme une allusion à un passag«> de l'Alcoran, surate 90, vers. Il, 12 r.x !,*>

gions extérieure et intérieure (c'est-à-dire la liberté quobtiennent les unitaires en secouant le joi^ du Tenzil et du Tawii).

Notre-Seigneur sarrête au milieu des soFis; il écoute leurs chansons et regarde leurs danses. Cela marque Tusage qui a été fait de quelques observances de la loi qui ii*est qu un vain ornement , une chose involc et un jeu , et dont la destruction est proche '.

Hamza continue à expliquer allégoriquement b i*encontre de deux puits nommés, Tun bir ahibak\ le puits du vif-ai^ent, Tautre, bir alkofra^^ le puits de la fosse, qui se trouvaient sans doute près du couvent dont il a parié. Le puits du vif^urgent est, suivant lui, le symbole du Natek (Mahomet) et de sa loi. Ce puits est large par en haut et étroit dans le bas. 11 en est de même du Tenzil; l'entrée en est large et facile , mais la sortie est étroite et difficile. Le paits de la fosse est reniblènie de TAsas et de sa doctrine. Il est bien plus diflicile de sortir

^ Makrixi qui, dans sa Description de TËgypte et du Caire, consacre un assex long article aux sofis et à leurs monastères ( iJX^'^J^ pluriel de oLJoLâ), ne fait mention d'aucun couvent de soiis tm Egypte, avant celui qui porte le nom de SaUhiyja »l x — »L — > jùd[L---ûJ I , parce que c'est Saladin (Salab-eddin) qui a fUbli dt^ solis, venus do contrées éloignées, dans ce bâtiment qui s'appeUii auparavant Vhétel de Saïd-elsoada i jjuJl (>aA«m ^ O.

■Ki

^aiii et sauf de ce puits quand on y est tombé que du précédent; de même aussi la conversion d'un sectateur du Tawil à la religion unitaire est bien plils difficile que celle d'un partisan du Tenzil.

Après ces raisonnements, que j abrège, Haniza (continue ainsi : Quant aux jeux que font , en présence de Notre-Seigneur, les valets d'écurie, avec des bâtons et des fouets, c'est un emblème qui annonce qu'il vaincra les polythéistes et le vulgaire, qu'il lés défigurera aux yeux des hommes, et qu'il mettra leurs religions criminelles au grand jour; il maniiestei*a leur corruption , par l'audace qu'ils auront de parier en sa présence ^ La lutte est l'emblème de la défaite des dais, qui se vainquent les uns les autres^.

cite le texte de ce passage pour faire remarquer le mot 'oj^liS qui , \/ dans le style des Druies, et sans doute dans celui des Ismaêlis, me parait signifier les premières démarches que les daïs faisaient envers ceux qu*ils voulaient convertir à leur secte, démarches dont Tobjet était dt 1rs hriirr, c'est-à^ire de les troubler en leur inspirant des doutes sur leurs croyances. Cest apparemment , comme je le dirai plus tard , la raison pour laquelle la dernière catégorie des ministres inférieurs porte le nom de Mocasery^iS^ .

• joMjJ |iM-»i ïLftjJt dj:\jL» Jx JJ3^ ^\j^\ Uj

— Dans les Mémoires de TAcadémie ( tome X , page 1 1 1 ) , j'ai tra- Huit ainsi ce passage : a Quant à la lutte, elle est le symbole de • rinstraction que l« <)*îf K commuiiHjlient Ws un^ aux aulreti. *

Le meurtre de Soweîd et de Homaiu a été une ^ instruction pour ceux qui ont voulu y réfléchir, el la délivrance de Tinfidélité pour ceux qui onl médité là-dessus; car ces honunes-là étaient:4fs deux meilleurs lutteurs; chacun d'eux avait une faction qui le protégeait, et ses partisans ^ Ils sont Temblème du natek et de lasas, et leur meurtre figure l'abolition des deux religions , du Tenzil et du Tawil, et le mépris dont seront couverts les deux partis de l'infidélité et de l'impiété.

Quant aux mots obscènes proférés par les valets d'écurie qui nommaient les parties naturelles de rhomme et de la femme, ces deux choses soill les emblèmes du natek et de Tasas.

Dans ces mots qu*a dits Notre-Seigneur , montremoi ta laite, dont le sens est montre-moi ton asas, la lane signifie le lieu par où sortent les excréments, ce qui indique le polythéisme; car, quand un

Peut-être effectivement Haraxa, en se servant du mot r "^^f -* u-t-ii considéré comme une victoire ou un triomphe le .succès de* missionnaires d'un ordre supérieur, qui, par leur eoseigiiemeot vain({uent les préjugés et les scrupules de ceux d'un ordrr inférieur, et les font entrer plus avani dans la connaissance des dogmes de la secte. Il y aurait, en ce cas, une analogie remar(|uablc eotrr les mots 6 j^LlCâ et «^ uu .

' Je n'ai rien trouvé, dans les historiens que j ai consultCA, sur lf< deux lutlcurs dont il est ici question. Mais un fait que j'ai rapporté dans la Vio de llakem, ci-devant, p. ccccxxvi et ccccxivii, |K>urrail avoir quel(|uc rapport avec laventun» de Soweîd et de llomani.

homme a mis k découvert son osas et ses parties naturelles, c est-à-dire le culte de 1*0505 auquel il est attaché, il est délivré des toiu^ments et de Terreur de sa croyance'. Quant h celui qui demeure dans le doute, il est perdu, de même qu*un homme qui

— J^aidéjà rapporté ce passage dans un Mémoire imprimé dans le t. X du recueil de TAcadémie des inscriptions oi belles-lettres (p. lia); mais je lai traduit d'une manière assez différente de celle que j*adopte ici. Le mot osas signifiant dans le langage ordinaire /on<£fment, j avais cru ()ouvoir supposer qu*il devait être pris ici pour

Vantu, tt cela m'avait conduit A traduire JU5 par les excréments.

J^abandonne aujourd'hui ces suppositions que rien n autorise. Je reconnais que Hakem, en employant, dans ces scènes grossières et rebutantes auiquelles il se plaisait, ces expressions, montre-moi ta lune

(y^Ljjjl est de Tacibo vulgaire, pour 3o' )* voulait dire montre-

mtoi ton derrière. C/cst Hamza qui explique allégoriqucment ta lune par ion osas, c'est-à-dire Ali, le chef de la secte du Tawil , el m effet ailleurs (pièce xTiii do recueil) le soleil tt la lune signifient, suivant les gloses, le natek et Yasas» c'est-à-dire Mahomet et Ali.

Quant à JLo, il signifie la partie de dwant {pudenda viri vel mu-

lUris), et ne peut pas avoir d'autre signification. Haniza ex])lique cela allégoriquemcnt par le culte de l'osas, et il ('oiii|vare faction de relui qui renonce à l'a-nas rt à la doctrine du Tawil, à celle d'un homme qui se dépouille de %c% vêtements et se met à nu pour satisfaire ^ des Itesoins natureU.

ne peut ni uriner, ni rendre ses excréments, éprou\e des coliques qui le font périr.

Le feu signifie , dans cette circonstance , la sciencr de la vérité et f inspiration de Notre-Seigneur; il brûle ce que les deux religions avaient apporté, comme ces gens se mettent le feu réciproquement àjeurs parties naturelles, ce qui indique Tanéanti»sement de la puissance de ces religions, la fin de leur temps, et Tépoque où est manifestée la doctriiit? defunité deNotre-Seigoeur, sans quily ait personne qui eu doute ou qui lui associe aucun autre être.

Ces actions de Hakem sont expliquées d*une manière différente dans les réponses aux 63 , 63. 97, 98, 99 et 100' demandes du formulaire, quf jai rapportées plus haut ^ Je présume que ces explications sont tirées de quelque écrit que nous n'avons pas.

On trouve encore, dans un écrit anonyme et sans date*^, une courte explication de quelques unes des actions extraordinaires de Hakem ; je crois devoir la joindre à ce que j'ai déjà cité.

Notre -Seigneur, avant sa disparition, s est, dit fauteur de cet écrit, montre avec des habits noirs pendant sept ans, il a laissé croître ses cheveux pondant sept ans, il a obligé les femmes à df-

' Voyez ri-dpvant, p. 9S et Miiv • Pi^re \i.i (lu iprueil.

meurer enfermées pendant sept ans, il s est servi * d'un àne pour monture pendant sept ans. 11 a fait tout cela afin de se conformer aux choses auxquelles nous sommes habitués, de ne point changer les usages auxquels nous sommes nccoutumés , parce qu'il savait que nous comprenons difficilement ce qui s'éloigne de nos habitudes , et par miséricorde et bonté pour ngus.

H a porté des vêtements noirs pour figurer sa , disparition , et pour indiquer qu* après sa disparition sea fidèles et ses serviteurs seraient durant sept années dans Taflliction et les ténèbres.

11 a laissé croître ses cheveux pour figurer que rimam se cacherait; car la tête est à l'homme comme Timam : par cette indication qu'il nous a donnée , nous sommes instruits que l'imam demeurera c^ché durant sept ans.

11 a renferme les femmes pour fi;;urer le silence des ministres : c'est pour cela que les quatre femmes sont appelées les femmes de l'imam ' ; et tout ne qu'il nous a ainsi figuré sous des emblèmes, nous l'avons éprouvé et ressenti.

* aL»^! m^ — Les quatre feninict de riniaui, c'etl-à-dire de

UaniiA, MiDl les quatre ministres inférieurs à T Intelligence, sa\oir : TAme, la Parole « le Précédant et le Suivant. Dans la hiérarchie unitlin, chaque miniAtrr est feinine par rapport à celui qui le pref et homme pat rapport â celui qui le suit.

En prenant un âne pour monture , il a figuré In différents objets de l'attente et des désirs des hommes, si les hommes savent connaître quel est le véritable objet qu'ils attendent; car les juifs croient que celui dont Tavénement est Tobjet de leurs désirs doit Ytnir sur un âne. Les chrétiens croient que celui dont ils attendent Tavénement paraîtra sous une forme pareille à celle sous laquelle était caché Notre-Seigneur, et sous laquelle il s'est fait voir de tous les hommes, sans qu'ils l'aient connu. Ainsi, en prenant un âne pour monture , il a choisi un emblème qui pouvait convenir à tous les partis.

Citons encore un passage d'un autre écrivain qui allégorise divers règlements faits par Hakem pour l'ordre à observer dans ses audiences, et autres du même genre dont j'ai déjà rapporté une partie. Je vais maintenant', dit-il, vous rappeler ce quiaété enseigné, qui est connu de tous les hommes et qui a été publié dans les lieux d'assemblée, toutes choses qui ne sont que des emblèmes de la doctrine de lu iiité, et qui sont destinées h instruire celui qui est obéissant et qui suit la droite voie. Tel est l'ordre qui .1 ôlé donné par Taulorité de celui qui est élevé , que tout le monde se rangeât du côté droit seulement, quand on venait pour le saluer; que tous ceux qui lui présentaient des requêtes pour lui ex|>oser leurs

' Pi^rr \i.ii dn recueil.

besoins, eussent soin qu elles continssent un nombre de lignes impair; que tous les dons tirés de ses trésors fussent en nombre impair; que le nombre de ceux qui étaient admis à laudience de sa majesté fût aussi impair; que Ton ne parût pas devant lui, hommes et femmes en même temps; enfin, que chacun observât le nombre impair dans toutes ses actions et ses paroles. Tel est encore Tordre qui a été intimé par l'autorité de celui qui est élevé, de renvoyer du nombre des greffiers et des calculateurs tous ceux dont la prononciation était barbare et incorrecte ^ ce qui était une marque que Ton devait annoncer i.-^ la vraie religion clairement et distinctement, une indication qu il fallait confesser sans détour funité du dieu miséricordieux , que le temps du secret était passé, et que celui oix Ton devait manifester la vérité Tavait remplacé. Toutes ces choses dont j ai parlé étaient autant d'emblèmes qui figuraient la doctrine unitaire , et des symboles de ce dogme qui enseigne f unité, abstraction faite de tout attribut, de celui qui est sage et digne de louange , qui est seul et qui n'a point de semblable.

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