‹ Exposé de la religion des druzesChapitre 94 sur 97 · SECTION IV · texte numérisé non relu

SECTION IV

DISPARITION DE HAUtM. kVfàs CETTE DISPAEITIOII DE HAKBM, IL n't a plus D ADTEE MAEIFESTATION de la DIYIIIlTà A ATTENDES jusqu'à CELLE OU ELLE PARAITRA POUR FAIRE TRIOMPHER LA RELIGION UNITAIRE ET PUNIR LES INCRÉDULES.

On a déjà vu que, suivant Tauteur du formulaire des Druzes, Hakem, ou plutôt la divinité, ne doit plus reparaître jusqu'au jour de la résurrection , c est-à-dire du triomphe de la religion unitaire. Cette disparition et ce retour de Hakem sont encore Tobjel des demandes et des réponses suivantes.

1 1^ Dem. Qu entend-on par le jour du jugement?

Rkp. On entend le jour où il (Notre-Seigneur) doit paraître avec son humanité, et exercer ses jugements sur les hommes par le glaive, et d*une manière rigoureuse.

1 2* Dem. Quand et comment cela arrivera-t-ii?

Rkp. C'est une chose que Ton ignore, mais il paraîtra certains signes qui feront connaître ce moment.

i3' Dem. Quels seront ces signes?

R^p. Ce sera quand vous verrez les rois gouverner selon leurs fantaisies, et les chrétiens avoir ie dessus sur les musulmans.

ViV" ■* * ^ ■ ■ ' ^' .■■'«■h

1 6* Dem. Dans quel mois arrivera cela?

Rëp. Au mois de djoumada ou de redjeb, suivant le calcul de ceux qui suivent i*ère de Thégire.

76* Dem. Qua laissé Notre-Seigneur lorsqu'il a disparu?

Rép. Il a écrit une charte, Ta suspendue à la porte de la mosquée, et Ta nommée la Charte suspendue.

Nous allons d'abord examiner ce qui concerne la disparition de Hakem, après quoi nous verrons ce qui a rapport à son retour.

La disparition de Hakem, les causes de cet événement, la manière dont les unitaires doivent se conduire dans cette circonstance , tel est le sujet de récrit intitulé la Charte saspendae, et dont îe vais donner ici l'analyse ^

Cet écrit porte dans le recueil des Druzes le titre que voici : Copie de la Charte quon trouva suspendue dans les mosquées, lors de la disparition de Notre- Seigneur Vimam Hakem. Elle commence ainsi :

Au nom du dieu clément et miséricordieux.

Les récompenses futures sont destinées à quiconque se réveille de Tassoupissement des imprudents, et se retire de la folie des insensés; à ceux dont la foi est sincère et inébranlable; qui se hâtent de se convertir au Dieu très-haut, et à relui qui est son liente

' J'ai public cet écril m entier dans ma Clirestomalhie aralw, 2' édit. I. II, p. 191 et siiiv.

nant et son témoin envers les hommes, son vicaire sur la terre, à qui il a confié ie soin de ses créatures , rémir des fidèles. Elles sont destinées à quiconque semprcsse de participer à la société des hommes

purs et craignant Dieu, et ne^refujfe^p.oialLilfio.prpiES /^t«^^*^ au jour du^^ugemcat, mais au contraire y croit du fond de son cœur, d*une foi sincère et sans hésiter; c^ quiconque fait profession de croire que cette heure viendra tout d*un coup, et que Dieu ne privera point ceux qui auront fait le bien, de la récompense qu ils auront méritée. L*inimitié n est que pour les impies, les rebelles, les démons, les pécheurs, les apostats, tous les vils désobéissants, révoltés, pervers, malfaisants; pour tous ceux qui s'opposent à hi vérité; pour les hypocrites et pour ceux qui nient le jour du jugement, gens contre lesquels la colère (le Dieu est allumée et qui sont dans une voie d'erreur^.

Après ce préambule suivent les louanges de Dieu, et les formules ordinaires de souhaits et de bénédictions en faveur de Mahomet et des imams descendus de lui.

L'auteur entre ensuite en matière; il reproche aux unitaires fengourdissement et Tignorancedaiis lesquels ils sont plongés, malgré la nuiltitude des instructions et des avertissements qu'ils ont reçus. Il leur rappelle les bienfaits temporels et spirituels

* Akoran» sur. i, vcn. 7.

dont Hakem les a comblés. 11 leur a fait remise de tous les droits qu il pouvait Initialement exercer sur leurs personnes et sur leurs biens. D a agi ainsi par une bonté toute gratuite, et non par aucun mérite de leur part. Ils ont reçu de lui toute sorte de biens, talents d*or et d'argent, chevaux d*un grand prix , bestiaux , fonds de terre , et une multitude d'autres dons précieux; il les a comblés d'honneurs, et les a élevés aux premières dignités; il a étendu leur pouvoir sur la terre, au levant et au couchant, dans les plaines et dans les montagnes, sur les mers comme sur le continent; ils en sont devenus les rois et les sultans, et en ont reçu les tributs. Quant aux dons spirituels , l'auteur y comprend tout ce qu'a fait Hakem pour assurer et faciliter Tobservation des préceptes de la loi musulmane, et pour l'entretien et l'embellissement des mosquées; les persécutions qu'il a fait éprouver aux juifs et aux chrétiens, pour les forcer à embrasser la religion de Mahomet; enfin, l'établissement d'une école de jurisprudence musulmane; mais ils ont reçu de lui des bienfaits spirituels d'un ordre encore plus relevé.

Quant aux dons spirituels, leur dit-il, que vous avez reçus de lui , de ce nombre est famitié et la société que vous avez eues extérieurement avec lui, ce qui fait votre gloire cii ce monde, et l'espérance de votre bonhrur et dr votre salut pour rétemité. Vous

faites une chose agréable à Dieu et à son lieutenant, ' par votre foi; mais cest Dieu qui vous fait une grâce, en vous conduisant à la foi.

Tous ces dons et ces bienfaits n*ont servi qu'à laire éclater l'ingratitude des hommes et à les rendre plus coupables.

Il est vrai que les ennemis de Dieu et de l'émir des fidèles n'ont pas osé l'attaquer lui-même, parce qu'ils ont craint sa vengeance ; mais ils se sont fait la guerre les uns aux autres. Ils s'attaquent et se poursuivent réciproquement comme les Grecs et les Khozars , s élevant ainsi audacieusement contre Dieu, sans crainte et sans respect pour lui. Ni la religion , ni la présence de l'émir , ni la foi , ne les empêchent de verser le sang et de déshonorer les femmes. C'est pour cela qu'ils ont été frappés en eux-mêmes et dans leur religion , et que le lieutenant de Dieu , l'émir des fidèles , a été frappé en eux.

Dieu, dit ici l'auteur de cet écrit, Dieu et son lieutenant , l'émir des fidèles , sont entrés en colère à cause de l'excès de la désobéissance de tous en général. C'est pour cela qu'il (l'émir des fidèles) est sorti du milieu de vous; car le Dieu de gloire et de majesté a dit : Dieu n'a point voulu Ifis punir tandis que vous étiez au milieu d'eux ^ Ce signe de la colère

* Alcoran, sur. 8, ver». 33.

20/i ' EXPOSE

du lieutenant de Dieu est donc une marque de la

colère du Dieu très-haut et béni.

Ce sont autant de marques de la colère de rimam, de ce qu*il a fermé les portes de sa secte , de ce qu'il a supprimé les conférences de sa sagesse, de ce qu'il a transporté hors de son palais les bureaui de ses officiers et de ses serviteurs, de ce qu*3 a empêché tout le peuple de le saluer (car auparavant il sortait et se faisait voir du peuple ) , de ce qu* il a défendu que Ton s'assît sur les bancs qui sont a l'entour de son palais inviolable, de ce qu'il s'est abstenu de faire la prière avec le peuple aux jours de fête et dans le mois de ramadhan, de ce qu'il a interdit aux mouêddhins de lui souhaiter le salut et de faire mention de lui, en annoncent les heures de la prière; de ce qu'il a défendu qu'on l'appelât Alaulana ( Notre-Seigneur ) et que Y ou baisât la terre devant lui , quoiqu'il fût en droit d'exiger de tous ses sujets ces marques de respect; de ce qu'il a pareillement défendu à tous de mettre pied à terre et de descendre de leurs montures en sa présence, comme aussi, de ce qu'il a porté des habits de laine, tantôt d'une couleur, tantôt d'une autre ; de ce qu'il a défendu à ses officiers et à ses serviteurs de raccompagner à cheval et de lui faire cortège , selon la coutume; de ce qu'il s'est abstenu d'établir des ministres sur les hommes de son siècle, et une infinité

DE LA RELIGION DES DRUZES. 205 d autres choses auxquelles les hommes ne font pas attention ^

Le lieutenant de Dieu, l'émir des fidèles a laissé

tous les mortels abandonnés à eux-mêmes Il

est sorti du milieu d'eux. Ils ne savent que penser à son sujet, ils en ont différentes opinions et flottent dans rincertitude, mais ils n'obéissent point à la vérité, et ne reviennent point au lieutenant de Dieu. Cependant Dieu a dit : S^ik consultaient sar cela Dieu, son apôtre, et leurs chefs, ib en seraient instruits par ceux auxqueb ils se seraient adressés pour

iclaircir leurs doutes ^ Le Dieu béni

et très-haut a dit : Si mes serviteurs vous interrogent

^ J'ai traduit les mots du texte ^jo^ iuAjii dans ma Chrcslomathie arabe, par exercer les lois pénalet, mais toutefois j ai remarqué que le mot ^«jj^ , signifiant dans le stylo des Druzes, les principaux ministres de la religion, on pourrait traduire ainsi: de ce qu il s'est abstenu d^ètablir des ministres, etc. Ce qui m avait surtout déridé à préférer le premier sens, c*cst que j'avais pensé que cet écrit n'étant pas destiné aux seuls disciples de Ilamza, il n'avait pas dû j faire usage d'expressions allégoriques, qu'eux seuls auraient pu comprendre. Ce motif aujourd'hui ne me parait pas concluant, car je suis convaincu que Hamza n'est point l'inventeur de toutes les expressions allégoriques ou sjmbolijques dont il fait usage, qu'il n'a fait que les emprunter à la secte des IsmBêlis,,et qudW^e trouvaient déjà dans les Conférences de la sagesse. Elles devaient donc être familières aux habitants de TÉgypte, soumis aux Fatimis, et pour la plupart initiés k leur secte. Quant à la signification de ministris que j'attribue au mot ^«jt^, elle sera prouvée plus tard. ' Alcor. sur. 4. v. 8s.

206 EXPOSÉ à mon sujetf dites-leur que je sais proche, et quefexaace les prières de ceux qui m'invoquent ^ Vite donc, vite donc, ô hommes! Si vous vous tenez dans ces lieu\ déserts et incidtes, vos yeux seront fixés sur ie commencement de cette route dans laquelle a marché rémir des fidèles, au moment où il a disparu; rassemhlez-vous-y avec vos enfants, purifiez vos cœurs, rendez vos intentions droites devant Dieu, le maître de Tunivers; retournez à lui par une conversion sincère; employez auprès de lui la médialioo la plus puissante, pour qu*il vous pardonne, qu'il use d mdulgence envers vous , qu*il vous fasse miséricorde, en vous accordant le retour de son lieutenant Mais que personne d'entre vous

n*aille chercher les traces de Témir des fidèles (sur qui soit la paix de Dieu!), ou s'informer de ce qu'il est devenu. Ne cessez de réitérer vos prières tous ensemble, à l'entrée de ce chemin, en disant : Voici notre demeure. Et lorsque le moment de la miséricorde sera venu pour vous, le lieutenant de Dieu paraîtra à votre tête, de son choix et par une volonté libre, satisfait de votre conduite, et il se montrera au milieu de vous. Soyez donc appliqués assidûment à ces exercices le jour et la nuit, avant que le dernier jour survienne, que l'instant du jugement arrive, que la porte de la miséricorde se

' Alcoran. sur. a, v. 187.

DE LA RELIGION DES DKUZES. 207 ferme, et que la vengeance tombe sur les hommes rebelles et désobéissants

On lit à la fin de cet écrit : Le serviteur de l'empire de fémir des fidèles a écrit ceci, au mois de dhoulkaada de Van 4 1 1 , ce qui est suivi d*un ordre pour que Ton n empêche personne de copier cet écrit et de le lire, et d*ana thèmes contre tous ceux qui, pouvant le copier, négligeront de le faire.

Cette pièce ayant été faite pour être lue de tout le monde, on ne doit pas s*étonner que le style en soit peu conforme à la doctrine de Hamza, et que Hakem n y paraisse que sous les titres d'émir des fidèles et de lieutenant de Dieu. Mais il est facile de ramener tout ce qui est dit dans cet écrit, aux dogmes unitaires. Il ne faut pour cela que supposer que le mot Dieu désigne la divinité de Hakem , et les mots émir des fidèles, lieutenant de Dieu, son humanité. Cest de cette manière que les écrivains druzes appliquent souvent à Hakem des passages tirés de T Alcoran , et il n y a aucun doute que ce ne soit là la méthode qu*on doit employer dans Texplication de cet écrit.

Un autre écrit important pour ce qui concerne la disparition de Hakem est celui qui est intitulé Traité de l'absence '. On lit, dans le titre de cet écrit, que c/est une lettre d'avertissement qui fut donnée

* Pièce XXIV du recaeil.

quelques mois (suivant la glose , trois mois au moins) après la disparition, et qu*elle était adressée particulièrement aux habitants de la Syrie.

Cette pièce me parait être de Hamza , et je crois même que c'est la dernière qu*il ait écrite ; car dans le recueil des Druzes elle est immédiatement suivie des écrits dlsmaîl, fils de Mohammed, Témimi. G*est sans doute à cause de la date de cet écrit, qui est nécessairement du commencement de Tan àia, que le formulaire des Dnizes fixe la disparition de la divinité au commenceme^it de cette année, suivant le sens de cette expression que j*ai déterminé ailleurs ' .

Le but de cet écrit est de rassurer les unitaires, auxquels il est adressé, et que la disparition de Ilakem avait ébranlés; de les affermir contre les persécutions qu'ils avaient à soutenir de la part des ennemis de leur croyance, et de les préser>'er de Terreur dans laquelle ils auraient pu être entraînés, en croyant que la divinité, après la disparition de Hakem, était passée dans une autre figure.

Je mets ma confiance, dit en commençant fauteur de cet écrit, dans Notre-Seigneur, qui triomphe de toutes les puissances , qui se manifeste pour attirer à lui et familiariser avec lui les figures^; qui.

' Voyci ci-devant, p. ii6.

' j^aJI jjf-MoUlf j^UaJf. — /-« /î<ynrei. c est-à-dire les uni-

quand il se cache, n*en est pas moins eiempt de destruction.

L*auteur, dans cet écrit, adresse la parole à des unitaires qui avaient souscrit Tacte de leur initiation, et il les exhorte à demeurer fidèles à leurs engagements, quelque chose qu'il puisse leur en coûter, et à ne point sacrifier leur foi à la crainte de perdre les biens de ce monde ou à Tespoir de les acquérir. O vous, leur dit-il, société des fidèles qui faites profession de croire à Tunité de Notre-Seigneur, le maître du jour du jugement; qui vous soumettez avec joie et résignation à tout ce qu*il ordonne à votre égard; qui croyez d'une ferme foi qu'il est le maître de vos esprits et des esprits de tous les hommes, vous avez confessé son unité, vous vous êtes liés par un engagement inviolable k ne servir aucun autre que lui; prenez garde aux pensées de doute que vos âmes pourraient vous suggérer, gardez-vous de ressembler à un homme (gl. l'apostat) qui, tenant dans sa main un morceau d'aloès (gl. l'acte d'engagement), se laisse entraîner par sa gourmandise à croire qu'il doit être doux au goût et agréable à manger; et qui, lorsqu il vient à le goûter, rebuté par son amertume, le jette, sans savoir de quelle utilité il pouvait être pour lui.

Uires, en qui se sont, pour ainsi dire, incarnées les vérités de la reli^on unitaire. Voyei mon Introduction , p. CLVti, note 3.

L*auteur invite ensuite k plusieurs reprises ceux k qui il écrit, à craindre Dieu plus que les hommes, et à mettre toute leur confiance dans la protectioadu Très-Haut: Frères, leur dit-il, il est bien plus juste poiœ vous de craindre celui qui est puissant (gt. le Ueu^), que celui qui est soumis & une puissance supérieure (gl. Vimpostear^). U leur représente que c'est seulement par la persécution que Ton connaît ceux dont la foi est ferme et inébranlable; puis il leur adresse ces paroles remarquables.

Frères, puisque vous êtes bien certains que

Notre-Seigneur nest point réellement absent de la maison ^, quoique vos yeux ne le voient point, quel est donc Tobstacle qui le dérobe à vos regards? Il n*y en a point d'autre que vos œuvres perverses et vos actions criminelles et coupables.

La maison dont il est ici parlé signifie , suivant la ^ose , Y état de dépouillement où il ( Hakem ) a été durant les trois années'^, c'est-à-dire, ainsi que cela j

' >mî • — Le lieu, c est-â-dire la penonnificaiion de la diviniu sous le nom de Hakem.

* jL^cvtf l'Antéchrist.

^ aXa j\oJ\ J^ ^ A ^ JL> (jl — Je pense que , par /it muiion, il faut entendre la religion unitaire, quoique la glose donnf à cela un sens plus restreint.

* O^^ O-iUJt j *0^>f' 1^ Mjl\ j\jJ\. Voyei ri-devaut p. 1 16 noie A. cl p. lai, note i, et sur le moi juj^*, p. ^3.

déjà été expliqué ailleurs, les trois années je f ère de Hamza, 4o8, &io et &i i de Ihteire, pendant lesquelles Hakem , se bornant à faire reconnaître sa nature divine et unique, avait transporté Timamat h Hamza , ainsi que le prétend celui-ci.

Tout le reste de cet écrit est employé à reprocher aux unitaires raflaiblissement de leur foi, à leur recommander la résignation et la soumission aux décrets de Dieu, et la fidélité à leurs engagements; h les prémunir contre les religions du Tenzil et du Tawil, et contre les dangers de fapostasie; enfin, à les retenir dans Tobéissance , par la crainte des châtiments que le Seigneur, lors de son retour, exercera sur les apostats.

Frères, leur dit-il, réveillez-vous avant lapparition de la figure (c'est-à-dire de Thumanité de Notre-Seigneur, qui aura lieu, suivant la glose, au jour de la résurrection * ) : car, lors de son apparition, tout culte qui lui sera rendu ne sera plus quun culte forcé; fi'ères, celui dont les hommages sont forcés n'en retire aucun finit.

Frères, ce qui était éloigné de vous en est proche maintenant.

Frères, réformez les pensées que vous avez de Notro-Seigneur, et il ôtera de dessus vos yeux les

' «>»LaJÎ j .^ — La résurrection» dans le style des Dniies, cest IVpoqiiP du triomphe de la religion unitaire.

là.

voiles dont les ont couverts les fausses opinions que vous avez conçues de lui.

Frères, prenez garde à ne pas vous laisser tromper par les séductions de Satan (gl. de l'imposteur) : car le rival (^. Timposteur) sortira de la maison de Tami; son extérieur n'est que piété, intérieurement il n'est que fourberie. Prenez bien garde à lui.

Frères , après que la doctrine de l'unité a été manifestée, que l'être digne d'adoration a paru sous une figure extérieure, et que, sous cette figure, il a reçu la confession que vous avez faite de son unité en lui rendant un culte véritable et avec une piété sincère , il ne passera point de cette figure , qui est l'objet que Ton vous a proposé comme celui dont vous deviez reconnaître l'unité, et sous laquelle il a reçu (vos engagements), il ne passera poiiit, dis-je. de cette figure .dans une autre. Si cela pouvait arriver, comme vous l'imaginez, le culte que vous lui avez rendu serait anéanti, et les promesses qui vous ont été faites pour le jour de la résurrection seraient nulles.

L'imposteur, Tantechrist, dont il est parlé dans cet écrit, est, je pense, Ali, fils de flakyyp qui lui succéda sous le nom de Dhaher; car il est dit qu'il paraîtra dans la maison du fVéli, ce qui signifie la même chose que de ïimam; et l'auteur rapporte rhistoire d*Abd-:»lrahim , cousin dellakem, vX v\\o\>\

d^abord par lui pour lui succéder, et sa fin malheureuse, comme un exemple propre à faire connaître quelle sera la fin de cet imposteur ^

Cette conjecture me paraît d'autant mieux fondée que ce même exemple est rapporté dans un autre écrit anonyme^ dont Tobjet est précisément de réfuter ceux qui disent que h la figure nommée Hakem a succédé la figure nommée AU.

Ce dernier écrit n'est que le développement de ce qu avait dit Hamza, dans le Traité de labsence, que la divinité, après s'être manifestée sous la figure nommée Hakem, et avoir, sous cette figure, rendu publique la doctrine unitaire, et reçu les engagements de ceux qui ont embrassé cette doctrine, ne doit plus passer dans aucune autre figure. Je ne rapporterai que la fin de cet écrit , dont j'ai déjà parié ailleurs '.

Société des frères, dit lauteur de cet écrit, sachez que si l'être adorable, digne de louanges, après cette manifestation, passait encore dans d'autres enveloppes ^, ce serait là une chose sans fin et un enchaînement qui n'aurait jamais de terme, ce serait

* Il serait possible toutefois que |>ar le fVéli on dut entendre llamia, et que le sens fût que Timpostcur serait un des disciples les plus intimes de llamia.

* Pièce XLiv du recueil.

* Voyei ri-devant, p. iM.

même le renversement total de la religion; car 3 s en suivrait que cdui qui a bien ou mal agi, tant Tennemi que le fidèle, ne recevrait point la rétribution due à ses œuvres. La rétribution est anéantie, le culte même est anéanti, suivant Topinion de ceux qui disent que le Dieu digne de louanges, après la publication de la doctrine de Tunité, passe encore dans d'autres enveloppes.

Prenez donc bien garde , société des frères, qu*il ne s*élève en vous quelque doute relativement i celui qui est lobjet de votre culte , à Toccasion de ce que cette figure divine s*est dérobée à vos yeux charneb, poiu* accomplir Tœuvre nouvelle, et pour mettre à exécution les promesses et les menaces. . Vous savez, société des fi^ères, que le serment ordinaire que Ton prête aux imams charneb , n est qu'une démonstration corporelle qui embrasse toib les préceptes de la loi ^ (musulmane). Le Seigneur digne de louanges a donc fait paraître aux yeui des hommes une figure, et il a fait prêter à cette figiu'e le serment accoutumé; mais rengagement qiB énonce en termes positifs la confession de Tunite de Notre-Seigneur Hakem, digne de louanges, ne subsiste pas moins dans toute sa force , et cet engagement réprouve et annule le serment accou-

' ajlJj^\ ^jOjL fÀs^ ^Uui^ i^J^— Il serait possiliif qor hodoud dûl élre traduit par les ministres.

DE LA RELIGION DES DBUZES. 215 fumé. Cet engagement est d une nature toute particulière, et n appartient qu'à un être unique, vis-àvis duquel seul il est contracté, tandis que le serment ordinaire conduit au culte des êtres corporels et au polythéisme. Car nous avons vu que Notre- Seigneur Hakem a abrogé les lois antérieures et i leur interprétation allégorique, ce qui ne peut être ni contesté, ni douteux. Alors il a manifesté la doctrine unitaire, et il a établi la forme de rengagement; puis il a fait paraître la figure nommée AU, et il a fait prêter à cette figure le serment accoutumé. Son dessein , en faisant cela , n a été que d'acquérir un titre authentique contre ceux qui, après être sortis de leur sommeil et avoir cru , sont retombés dans le polythéisme; car c'était un moyen de les éprouver, et de faire paraître au grand jour ce qui était caché dans le cœur des polythéistes. Eln taisant paraître la figure nommée AU et lui disant pr^r le serment accoutumé, il donnait à connaître que cette figure est un des derniers jmams du temps passé qui ont servi Notre-Seigneur, et qui ont conduit et dirigé les hommes vers la religion unitaire ; mais l'engagement qui exprime la confession de l'unité de Notre-Seigneur est demeuré dans toute sa force, et particulier à cette figure aonupée.^OJk^ sans que nul de ses créatures et de ses serviteurs y participe en aucune manière.

même le renversement total de la religion; car il s*en suivrait que cdui qui a bien ou mal agi, tant Tennemi que le fidèle , ne recevrait point la rétribution due à ses œuvres. La rétribution est anéan* tie, le culte même est anéanti, suivant Topinion de ceux qui disent que le Dieu digne de louanges, après la publication de la doctrine de Tunité, passe encore dans d*autres enveloppes.

Prenez donc bien garde , société des frères, qu*ii ne s*élève en vous quelque doute relativement à celui qui est Tobjet de votre culte , à roccasion de ce que cette figure divine s*est dérobée à vos yeux charneb, pour accomplir f œuvre nouvelle, et pour mettre à exécution les promesses et les menaces. . Vous savez, société des frères, que le serment ordinaire que Ton prête aux imams charnels , n^est qu une démonstration corporelle qui embrasse tou> les préceptes de la loi ^ (musulmane). Le Seigneui* digne de louanges a donc fait paraître aux veu\ des hommes une figure, et il a fait prêter à cette figure le serment accoutumé ; mais rengagement qui énonce en termes positifs la confession de funite de Notre-Seigneur Hakem, digne de louanges, ue subsiste pas moins dans toute sa force , et cet engagement réprouve et annule le serment accou-

' «juj^l ^joÀ fA:^ J^I^CUic^ i^J^— li serait possible quf hodoud dût être traduit par les ministres.

ses signes et à ses ministres, et leur ont obéi; puis, qu ensuite, après que leurs âmes ont été bien affermies dans la foi des dogmes unitaires, et exemptes de tout doute et de toute erreur par rapport à lui , il est venu à se manifester (chose indigne de sa grandeur) dun autre côté\ contre ce qu'il avait lui-même ordonné; par Dieu, cela est un crime abominable (à Dieu ne plaise que le créateur, digne de louange et exempt de tout attribut, mette ses serviteurs à une épreuve qui surpasse leur intelligence et leur raison , ou qu il use de fraude envers eux , lui qui a ordonné de prononcer la malédiction contre les injustes et les trompeurs!); qu'ensuite il a permis de verser leur sang par toute la terre, et a ordonné de les faire mourir et de les traîner dans les lieux publics et les marchés; qu'il a rendu des ordomiances publiques pour les faire maudire et exterminer; qu'il les a mis au nombre des impies dont les opinions sont extravagantes; que le respect dû à la religion a été violé, que les hommes impurs et rebelles ont triomphé; qu'il a ordonné qu'on attachât SCS serviteurs au gibet, dans les chemins et dans les rues; qu'il les a maudits dans les lieux publics et dans les mosquées; enfin, qu'il a livré au pillage leurs femmes, leurs biens et leurs enfants, après qu'un grand nombre avaient été noyés ou avaient

' (JIjâI a.^ ^v» — O'ost-àdirc, souî» une aulrc figure.

péri dans les flanimes? Le Seigneur Hakem est

trop élevé pour faire de semblables actions, et trop saint pour commettre une perfidie aussi palpable et aussi absurde. Il est incapable de cesser d*étre oii de passer d'un lieu à un autre; il demeure immuablement dans la gloire de sa majesté souTeraine. et distingué de tout le reste par l'éternité de son unité. Il a prévenu ses serviteurs par les avis qu'il leur a donnés précédemment, et il a £adt connaître à ses fidèles l'absence qui devait servir à éprouver et à connaître les hommes. Aussi, comme ils eut une pleine conviction de sa sagesse, ils demeurent tranquilles et fidèles, attendant patiemment faccomplissement de sa promesse, et supportant avec

constance les épreuves et les aillictions. Mais

les apostats et les disciples de Terreur se sont divisés en plusieurs partis, les âmes ('es partisans de l'illusion et de la corruption sont retournées t*n arrière ; elles ont cru que la divinité , l'imamat et le ministère de voile (delà divinité) résidaient dans le lieu * (c'est-à-dire la personne) du borgne, de Tan-

jlLjJf — Les Musulmans croient que le Deddjal, l*Antecbn»t. doit être borgne.

Dans l*usage ordinaire, le mol aa^ signifie la fonction declumMlan i^>^l:w; mais il est évident qu'ici il ne peut avoir ce >rns, et qu'il est en relation avec le mot (^U^ voile, dans le sens que re m^\ a dans le style des Druies, c'est-à-dire la personnification tir Ut dtrimtr.

DE LA RELIGION DES DRUZES. 219 techrist, parce qu'ils ont été incapables de comprendre les dogmes de la religion véritable, et quils ont ignoré lapparition (c est-à-dire le retour) de celui qui est le Kaim , le Seïd , le directeur, Timam (c'est-à-dire de Hamza).

Ali n'est point nommé ici, mais je pense, ainsi que je l'ai déjà dit, que c'est lui qui est ce faux Messie, cet an techrist, en qui, à cause de la disparition de Hakem, on a cru que résidait la divinité réunie à l'humanité qui lui sert de voile, et à l'imamat.

C'est, comme on l'a vu, une doctrine uniformément enseignée par les écrivains druzes, que depuis la disparition de Hakem jusqu'à la résurrection, c est-à-dire jusqu'à son retour et au triomphe de la religion unitaire, la divinité ne doit se manifester aux hommes sous aucune autre figure.

Un écrivain dont j'ai déjà parlé plusieurs fois, dans un écrit daté de la 9' année de Hamza ^ avance que Hakem a disparu pai* le souterrain, et qu'il est entré dans le mur que les hommes nomment Sedd- Escander, la muraille d'Alexandre*'^, pour y rester

* Pî^ce LXix du recueil. Cet écrit ne doit 6tre cité comme autorité qu*avec beaucoup de réserve.

cil ol:>j-Jt ^ c->l*> lo^l a;^ Jasu tj <^j Jpsj <i^3

^JlJJC-1.1 Ô^-o UiL»j Jj>l <»jÂ^ c5jJ' ÎJ[>-J') Jj-oJ' J^'-

jusqu'au temps où il lui plaira de se manifester. Gomme rauthenticité de cette pièce m*est suspecte, je ne sais si Ton peut regarder .cette opinion comme faisant partie de renseignement primitif de la religion druze. Ce qu*il y a de certain , c est qu'en parlant de la manifestation de la doctrine unitaire , les écrivains druzes se servent souvent de cette expression : la sortie de ce qui était caché sous le mur, f apparition ii trésor caché dans le mur ^ . Mais cette expression a, 4 ce y que je présume, une origine plus ancienne, car y Hamza s en sert dans plusieurs écrits antérieurs à la • disparition de Hakem. Je la crois empruntée des medjlis ou écrits de la secte des Baténis, que 1e> initiés cachaient sans doute pour les dérober aux recherches de leurs ennemis. Maintenant, dit Hamza-, les périodes (des fausses religions) sont achevées, la religion des saints qui était cachée, a paru; ce qu ils avaient renfermé sous le mur a été manifeste

— c Ensuite il est entré en colère contre tous les hommes, à IViccp ction des seuls unitaires, il a femié la porte de sa prédicatitM « (c'est-à-dire de Tinitiation ) , il a mis (in à sa miséricorde , et il ni « admis aucun d'entre les hommes; il a disparu par le soutemio, h « s est caché dans Tintérieur du mur que les gens de noire tcmp € appellent le rempart iTAlexcmdre. » Voyez sur le Sedd-Escander, \th hliothèque orientale, au mot Setîd-lagiong'-Magiomf' — Aie. sur. i^

' Pièces X, xii, xiii ft Lxviii du recueil, et ailleun. (le (rr^v itiché sous le mur est une allusion h TAlroran, .Mir. 18, ver». $1

* Pièce xiii du recueil.

au monde. Louanges, dit-il ailleurs ^ et actions de grâces à Notre -Sei;;pieur, à cause de la manifestation de la lumière des liunîères, et de la sortie de ce qui était enfoui souslenrur. Il dit encore , presque dans les mêmes termes : Maintenant^ toutes les périodes (des fausses religions) sont achevées, c*est comme si vous étiez au moment de la manifestation de Notre-Seigneur et de la lumière des lumières ; ce qui était enfoui sous le mur vous a été manifesté. Ce qui était caché sous le mur ne parait donc pas signi&er floftem, mais bien la doctrine de lunité et les

^^ —~-^-~^—-- i r-iii — ^ m » Il » I II

livres qui la contiennent. Cela est d autant plus vraisemblable que, dans Técrit où il est dit que Hakem s*est caché dans le Sedd-Escander, il est recommandé aux unitaires d*enterrer soigneusement les livres de leur religion sous les murs^.

Le temps de Tabsence de Hakem est nommé le temps d'absence, le temps d'épreuve, le délai, l'intervalle. D'abord Hamza faisait espérer à ses sectateurs que cette absence serait de peu de durée. Frères, disait-il^, soyez toujours préparés; ne regardez point Tétat où vous vous trouvez comme un mal pour vous, car c'est au contraire pour vous un bien.

' Pièce XII da recueil.

* Pièce X du recueil.

* Pièce xxxiT du recueil.

tures dans sa créature (c'est-à-dire sous la forme de

ses créatures ) ; le Sei^çneur, le Dieu Hakem.

le Saint, se montrera dans toute la pureté de sa grandeur exempte d'attributs; entouré, comme de voiles, d*une multitude d*anges saints, spirituels, et parmi des escadrons de chérubins aUés et lumineux qui auront à leur tête celui tfsà est le chef, Timani des nations, dans tous les âges et dans tous les siècles. Cette figure sous laquelle Hakem paraîtra au jour de son triomphe est nommée la figure résurrectionneUe (qu'on me passe ce mot), spiritaelle ^ C'est de lavénement de cette figure qu'il faut entendre ce d(^e { commun aux brahmanes, aux juifs, aux chrétiens ^ et aux musulmans, que le créateur se manifestera à I découvert à «es créatures au jour de la résurrection, qu'il entrera en compte avec les hommes, qu'il fendra les cieux et changera la terre ^.

Quelques docteurs musulmans ont cru que Dieu paraîtrait au jour de la résurrection sous une figure qu'il créerait, et 'par le moyen de laquelle il parlerait aux hommes '. Cette opinion se rapproche de celle des Druzes.

' iùjlAj^f i^jljLÔ^f «jj^aJt — Pièce i.T II du recueil. » Ibid.

L'humanité sous laquelle la divinité paraîtra au dernier jour est désignée , suivant une glose, par un mot qui signifie aussi séjour, domicile ' ; et, en suivant l'ouverture que nous oflFre cette glose, je crois que c est elle aussi qui est nommée te verger da jour de soulagement et le séjour de la puissance '-^^

Divers signes doivent annoncer lapproche de Tavénement de Hakem. Ces signes sont empruntés, pour la plupart, de la doctrine des Musulmans sur les signes avant-coureurs du jugement dernier.

— Makrizi, Description de t Egypte, au chapitre intitulé : ^j3

UâjLjj Ujc^Uc (^Xl^Ij -JuJliii.

' tO mon Seigneur, dit Hamza en adressant sa prière n Hakem, «je m'avance vers toi , je mets en toi tout l'espoir de mon salut. Ne «m'éloigne donc point du liea qui est proche «.^jiut Jl:^I ^a», et tne prolonge pas la durée de mon voyage hors du monde excel- « lent. » La glose explique o^ JU I JL.j^i Ir lieu qui est proche, par A^Liui (j^yMU, Vhumanité de la résurrection, et fjjSLm mon voyage, par \^\A^ mon absence. Pièce xxix du recueil.

* Pièce XL1X du recueil. Moktana, parlant, dans cet écrit, des unitaires qui ont apostasie à cause de Tabsence prolongée de Hakem, dit : ^ « it.X-a.f oJUj »>jJf j»^ *aU |/^Ujf cv^

ojjjjl Jlatfj ^y^^ it^jjJ 4xLjii( — Le soulagement ^jsJ\ est la même chose que la résurrection «.^LwaJI, c'est-à-dire le jour do triomphe de la religion unitaire. Le mot ' -^j^ qui signiGe an jordin, un verger, pourrait aussi être traduit |)ar la poupée, car on le prend pour un jouet d'enfant; mais ce qui me détermine k adopter le premier sens, c'est sa jonction avec le mot J^ .

Je ne dois point dissimuler que ces deux expressions métaphoriques pourraient aussi s'entendre de Hamxa.

On trouve encore dans les diyers écrits qui composent le recueil I. j5

Le principal signe de cet événement , c'est, suivant Béha-eddin', lorsque les voiles qui cachaient le plus grand des démons, celui qui, dès les siècles anciens, a été rauteurdes fausses religions, seront déchirés ; lorsqu'il s'abandonnera à des actions viles et à des opinions mensongères; lorsque sa perversité, sa corruption, son mauvais naturel , se manifesteront; quand ses passions, dont il a fait son dieu et son imam , seront ignominieusement dévoilées; quand son esprit et ses yeux, après avoir connu la vérité, seront livrés à Tav^euglement.

Cet imposteur, cet antechrist est , à ce qu'il paraît, un unitaire apostat. Il est nommé le borgne,

TrrT'a raïf imi» iw<rL l *

des Dnizcs, un grand nombre d^ezpressions analogue» à ceUe»-d, le domicile de la sainteté ^ty «H Jl:^, le ionctaaire de Timamd

i *L^^I ^ ju— 3 , le domicile des puretés i^]jl^oJ\ Atf. le

domicile de la sainteté (du Sei(fneur) et le lieu de son adoration A^ o2>j ^ f^J^J <^ j3 , le sanctuaire de la pureté et le domicile des lumières brilltintes »y>UàJt jLiûff Jl^^ ojlA-Uf /r» j3 , et auli« semblables , qu'on pourrait prendre pour autant de métaphores d« lu figure résurrectionnelle de Hakem. Mais je pense qu'il faut estendre par là la cour de Hakem, après son retour et le triomphe àt la religion unitaire, le palais où il se fera voir entouré de» fidrli^ unitaires, et oà il recevra leurs hommages et les comblera de m^ dons. Cela me parait d'autant plus vraisemblable, que Moktaïu. dans un écrit daté de la 23* année de Hamza (pièce Lwiii du rt^ cueil], parUiit d'un scbcikh unitaire qui était mort, s'exprime ain»i : Que le Seigneur sanctifie son ânu;, et la fasse entrer dans le sanctaain de C imamat et le domicile des puretés <^ f» LaU I A^ . 4u«L»^i ^^•^ . ' Pièce LVi du recueil.

l'imposteur da temps de la résurrection; il doit faire la guerre à la maison de rimamat. Sa perte sera annoncée par un grand tumulte dans le pays des Coptes , par un tremblement de terre qui renver^ sera les édi&ces de Fostat , et par Tapparition d un autre imposteur dans cette même ville ^

Un autre signe du dernier jour est la destruction *-// c d^Ajep par les armées de Tantechrist, qui sortira i

de cette ville.

Déjà , dit un auteur dont Béba-eddin cite quelques vei*s*^, déjà on dirait que Timposteur du temps de la résurrection, le borgne, est sorti d*Alep au jour de rinfortunc, et que les Grecs se sont réunis sous ses drapeaux; car c*est lui très -certainement qui amènera sur cette ville la confusion et la guerre.

Quelles vengeances, dit ailleurs Béha-eddin^, il

(Hakcm ) exercera dans le lieu où il a répandu tant

de bienfaits, pour exterminer les babitants de la

haute et de la basse Egypte, lorsque le borgne,

rîmposteurdes Arabes, paraîtra ; lorsque cet bomme

pervers fondra sur la ville souillée, je veux dire sur

TeU-alkhamr, connue sous le nom A'Alep, et que

toutes sortes de violences tomberont sur elle les

unes après les autres!

Comment, dit-il encore^ en écrivant à plusieurs

' Pièce LU du recueil. — * Pièce LV du recueil. — • Pièce lui du recueil. ^ * Pièce Lix du recueil.

princes arabes de la Syrie , de la haute Egypte , de FArabie, etc., comment vous êtes-vous rendus les sectateurs de vils goujats coupables du plus grand des péchés, de scélérats méprisables, incirconci<> de cœur, fils de prostituées et de fomicateurs, reste de la race des grossiers Berbers; gens rebelles qui font partie des habitants d'Alep , ville maudite connue sous le nom de TeU-aJkhamr, qui n*a plus que peu de temps à subsister, qui est sur le bord du précipice, qui va être brûlée, détruite et ruinée, et dont les . habitants vont bientôt voir leurs dos et leurs cous livrés à fépée et à toute sorte de tourments?

Je présume que c'est cet antechrist qui est désigné ailleurs sous le nom de fa béte gai doit sortir ieJtLlaxe^ au moment de fapproche du dernier jour, quoique, dans Topinion des Musulmans, cette bête soit différente de lantechrist.

On compte encore, parmi les signes du prochain retour de Hakem, la chute de la foudre sur te temple de la Mecque , les dommages causés à diverses parties ÏÏes édifices de la Mecque par un violent ouragan^, la destruction des temples, des mosquées et des églises, dans la Syrie, par des tremblements de terre. Ce sont les préludes de la destruction de la Mecque.

* fj^^ Ajf3 — Pièce LUI du recueil.

' Pièce Lix du recueil.

qui doit être anéantie lors de l'apparition de Hakem et de Hamza'.

L'afTaibiissement de la foi et de violentes persécution^^ jCiUiJttJfi;?^ fidèles junitad^ suivant les écrivains dnizes, sont encore des signes du retour prochain de Hakem.

L accomplissement de la promesse faite aux saints et aux fidèles, dit Béha-eddin ^, est bien près d'eux . et la colère dont sont menacés leurs ennemis , ces hommes qui traitent la vérité de mensonge , va arriver en grande hâte. Le signe de cela, c'est la l'éunion de toutes les religions pour faire mourir les disciples de la doctrine unitaire, et la ligue de tous lesj^uples contre eux, pour les accabler d'oùtrages, d*injures et de persécutions.

LfOrsque vous verrez parmi vous ( et c'est ce qui est déjà ) la foi devenir très-rare , les hommes pieux être accablés d'injures et d'outrages; lorsque la religion sera, contre ceux qui lui demeureront fidèles, un sujet de raillerie dans la bouche des hommes nés d'un commerce impur et illégal; qu'elle sera traitée comme une rognure d'ongle, qu'on jette loin de soi; lorsque la terre, toute vaste qu'elle est, paraîtra trop étroite^ aux disciples de la vérité, qui

' Pièces Li, Lxii, Liiii ri litii du recueil

* Pi^ce Mil du recueil.

* Alcoran, sur. 9, \m Jo

iis-/

ne pourront y trouver un asile sur : alors attendeivous à entendre bientôt le cri qui sera le signai de votre perte, ô lie des nations! restes des adorateur* du veau et des idoles!

it«WMrfHa<ka«*aB«»M<MANMMWn»i

Enfin Télévation des chrétiens aux premières dignités sera encore une annonce de rapproche de Tavénement de Hakeicn^.

Presque tous ces signes sont, comme je fai dit, empruntés des Musulmans. G est, sans doute, à la même origine qu*il faut rapporter ce qui est dit du cri qui doit annoncer ce jour , du son des trompettes, du lever de Taurore du côté de la montagne qui est au couchant , c'est-à-dire , je pense , du coté du mont Mokattam; enfin, du trésor qui sera découvert '^.

Mais toutes ces choses sont moins des signes du dernier jour, qu*une partie des événements qui doivent arriver ce jour-là même. Je n'en parlerai ps ici , remettant à exposer dans un autre endroit tout re qui doit arriver lors du retour de Hakem, le triomphe de la religion unitaire et la défaite de ses ennemis, les récompenses que recevront les fidèles, et les châtiments auxquels les infidèles et les apostats seront condamnés.

' P'ibce LV du recueil. Cela se U-ouvc dans les vers cités par Moklana, et dont j'ai déjà parlé. Voyei ci-drvant, page aaS, note i.

^ Voyez le discours préliminaire de Sales sur l'Alcoran^p. loi à 108. La retraite des eaux de TEuphrate doit, À cette époque, mettre à découvert un monceau d'or et d'argent

DE LA hELlGlON DES DRUZES. 251

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