ENGRENAGES
contient implicitement toutes les propriétés des courbures des lignes épicycloïdales.
Un ingénieur anglais, M. Willis, a déduit de la formule de Savary un tracé approximatif des dents d'engrenage, et a pu construire un instrument gradué pour l'effectuer dans la pratique. Le tracé de M. Willis, adopté en Angleterre et en Amérique, n'a pas encore pénétré dans l'industrie française, et la précision à laquelle on parvient dans nos ateliers pour la construction des courbes géométriques ne fait pas supposer que l'usage de ïodanU^fraphe présente un avantage appréciable.
Les engrenages coniques , qui donnent lieu d'étendre et d'approprier à la sphère la théorie des engrenages cylindriques pour lesquels tout se passe sur un plan , sont ramenés par approximation à des engrenages cylindriques , au moyen du développement de deux cônes circonscrits à la sphère, solution ingénieuse imaginée par Tredgold.
L'engrenage sans frottement , que White a imaginé au commencement de ce siècle, est aujourd'hui expliqué au moyen d'une théorie très-simple. Le contact des deux dents en prise , au lieu de s'étendre à un même instant sur toute une arête , comme dans les engrenages cylindriques ordinaires , n'a lieu qu'en un point unique , et ce point se trouve toujours sur la génératrice suivant laquelle se touchent les deux cylindres primitifs, de sorte que l'arc de glissement reste constamment nul.
Le cas des axes non concourants et à angle droit l'un sur l'autre comprend l'engrenage de la vis sans fin et l'engrenage des roues à dents hélicoïdales; les axes non concourants formant un angle quelconque donnent lieu à un engrenage hyperboloïde , essayé autrefois par M. OUivier, et dont M. Bélanger a donné, il y a peu d'années, une excellente théorie, réduite, il est vrai, à la recherche îles surfaces primitives qui roulent et glissent l'une sur l'autre, et laissant encore dans le vague la question de la meilleure forme à donner aux dents.
iti DISTRIBUTION DE LA VAPEUR.
L'emploi des rouages différentiels permet de réaliser des mouvements très-petits; la machine à aléser est un exemple de transformation de ce genre.
La dernière étude que nous signalerons ici, comme un bel exemple de l'usage des théories de la cinématique, est celle de la distribution de la vapeur dans les machines à détente. Quand la détente est fixe, on détermine avec une grande précision l'influence des recouvrements donnés au tiroir, et de l'avance angulaire atr tribuée à l'excentrique. Deux épures, l'une due à M. Fauveau, l'autre à M. Reech, résolvent la question dans tous ses détails. Pour la détente variable, réglée au moyen de la coulisse de Stephenson, la théorie en est maintenant bien connue, grâce aux belles recherches de M. Phillips, et le tracé de cette pièce "essentielle du mécanisme des locomotives n'est plus abandonné au tâtonnement. Tous ces travaux sur la distribution de la vapeur ont singuhèrement contribué à perfectionner la construction des machines françaises, et l'on y trouve aujourd'hui toute la précision des ajustages, si nécessaire à la marche de la machine à vapeur, apanage exclusif, pendant bien des années, des machines sorties des ateliers de Soho, où les traditions de Watt régnèrent longtemps encore après la mort du savant et habile ingénieur.