UO PROJET DE M. GHABRIER
brier proposait d'employer à cet effet lappareil moteur adopté à Londres, c'est-à-dire un grand ventilateur à ailes courbes, aspirant l'air en son centre pour le répandre à sa circonférence.
Ces chemins souterrains, une fois construits, présenteraient à Paris l'avantage de soulager les voies publiques, dans les directions définies plus haut, de tous les transports de la poste et d'une notable partie des transports destinés aux Halles. Un tel avantage peut racheter la faiblesse du rendement inhérent à un pareil système.
Le moteur épuise l'air contenu dans la cavité formée par le tube jusqu'au piston, c'est-à-dire jusqu'à la tête du train; cette cavité se termine ainsi à une paroi mobile qui cède à l'aspiration. Le mouvement que prend le train a donc pour effet d'augmenter la pression de l'air sur la face du piston , où cette pression est résistante , et de la diminuer sur la face opposée , où elle s'exerce dans le sens de la marche.
Par suite du mouvement continu du train, la pression de l'air décroît d'un bout du tube à l'autre : elle décroît d'une manière continue entre l'extrémité libre du tube et la face postérieure du piston; elle subit une réduction brusque de la face postérieure à la face antérieure, puis elle décroît de nouveau d'une manière continue de cette dernière face à l'appareil d'aspiration. La machine aspirante , pompe ou ventilateur, doit donc fournir un travail proportionnel à la dépression totale produite d'un bout du tube à l'autre, tandis que le travail utilisé pour la propulsion est proportionnel seulement à la différence des pressions sur les deux faces du diaphragme qui entraîne les wagons. Or cette différence n'est qu'une fraction de la dépression totale, d'autant plus faible que le tube est plus long et la vitesse du train plus grande.
Pour les tubes de 9,200 mètres prévus par M. Chabrier, et pour un train pesant i3 tonnes et marchant à la vitesse de 3 o kilomètres à l'heure, il aurait fallu que le ventilateur maintînt au bout du tube une dépression manométrique de 9 5 millimètres de
GRUES HYDRAULIQUES. Ul
mercure, et l'on aurait eu une différence utile de 6 millimètres seulement entre les pressions sur les deux faces du piston mobile. Le rapport de ces deux nombres, o. s 6, est le rendement, très-faible comme on le voit, propre au système atmosphérique dans les conditions particulières où on la supposé placé.
Grues hydrauliques. — Les appareils hydrauliques imaginés par M. Armstrong, ingénieur à Newcastle-on-Tyne, ont pour objet d'obtenir, par le travail régulier d'une machine à vapeur, un travail disponible de beaucoup supérieur, pendant un court intervalle de temps, à la limite de puissance que cette machine pourrait développer pendant la même période. Le service des gares et des docks exige la production discontinue de semblables efforts, de durée généralement assez courte. C'est une série de coups de collier, qui exigeraient d'une machine à vapeur une action courte et très-énergique; et, pour que la machine fût capable de les produire dans le temps convenable, il faudrait lui donner une puissance qui ne trouverait aucun emploi utile dans les intervalles de ces actions successives. La chaudière brûlerait du charbon sans production de travail pour se trouver en feu au moment où la machine aurait à agir.
M. Armstrong réduit, par le système hydraulique, la puissance de la machine motrice à la somme des travaux à produire dans une période suffisamment longue, vingt-quatre heures par exemple. Concevons, pour simplifier cet!e exposition, que la machine à vapeur fonctionne d'une manière continue, et qu'on l'emploie à élever de l'eau dans un réservoir placé à un certain niveau. C'est au réservoir ainsi alimenté qu'on empruntera la puissance motrice; on pourra en régler à volonté la dépense par le jeu des robinets; on pourra la faire naître et l'interrompre aux moments opportuns. Le système hydraulique comprend donc en principe un moteur à vapeur, de puissance moyenne, un réservoir d'eau alimenté par ce moteur, et des machines à colonne d'eau , ou presses hydrauliques, qu'on met en action à volonté par un simple mouvement de clapets.
l/i2 APPLICATION
en faisant écouler une certaine quantité de Teau emmagasinée dans le réservoir ^
On se servira par exemple du système hydraulique pour effectuer dans une gare toutes les manœuvres de force du matériel fixe, pour donner à une grue les deux mouvements qui lui sont nécessaires : l'un pour la tourner autour de son axe vertical, l'autre pour élever verticalement un fardeau ou le laisser descendre sans vitesse. Le système hydraulique s'appliquera de même au service des plaques tournantes. Lorsqu'une plaque porte un wagon à pleine charge, la manœuvre en devient pénible et l'on emploie souvent des chevaux pour l'opérer. Mais l'intervention des chevaux n'est pas sans inconvénients, car, à la fin de la course de la plaque, lorsque la chute des arrêts dans leurs enclaves vient brusquement interrompre le mouvement, un choc violent se produit entre les rails de la plaque et les rebords des roues du wagon, et ce choc, fréquemment répété , prédispose les essieux à la rupture. La manœuvre hydraulique, faite à l'aide d'un appareil qu'on peut régler à volonté, imprime à la plaque un mouvement doux, qui n'a sur le matériel aucune action destructive. Dans les docks, le système hydraulique s'applique au chargement et au déchargement des navires. En quelques heures une grue exécute le travail qu'autrefois dos hommes faisaient en plusieurs jours et au prix des plus grandes fatigues.
Les appareils de M. Armstrong ont reçu des perfectionnements de détail qui en rendent l'installation beaucoup plus commode.
Prenons pour exemple la gare de Bercy, au chemin de fer de Paris à la Méditerranée. Le réservoir n'est pas en charge ; mais à côté s'élève une colonne de i o mètres environ de hauteur, dans laquelle la machine à vapeur injecte l'eau ; la pression y est maintenue au degré convenable au moyen d'un contre-poids très-lourd, qui pèse à la façon d'un piston sur la surface supérieure du liquide.
* Rudimentary trealise on the canstrue" Buttetin de la Société d'enecvragemeHl , tion of crânes and maehinery, i854. — 18A9. p. 35.