S 3. EXPÉRIENCES SUR LA RÉSISTANCE DES PIÈCES PRISMATIQUES
Les méthodes expérimentales n'ont pas reçu à notre époque des développements moins importants que les méthodes analytiques. Autrefois les expériences portaient sur des morceaux de petites dimensions, à Taide desquels on déterminait les constantes spécifiques applicables aux mêmes matériaux dans les plus grands comme dans les plus petits ouvrages. C'est de cette manière que procédaient les anciens expérimentateurs : Buffon , pour les bois; Rondelet, Réunie , pour les matériaux entrant dans la composition des maçonneries; Barlow et Tredgold, pour le fer et la fonte; Vicat, pour les mortiers. Leurs expériences avaient en général pour objet la détermination de quatre quantités distinctes : le poids spécifique qui entre dans le calcul des charges propres des ouvrages, le coefficient d'élasticité, la limite de l'élasticité, enfin la charge de rupture. Une cinquième quantité restait encore à déterminer, c'est la limite de la charge qu'on peut faire supporter aux matériaux dans la pratique, sans danger pour la durée des constructions. Cette limite n'est pas toujours constante, et elle diminue, pour une même matière, d'un tiers ou d'une' moitié, lorsque les charges sont permanentes. Ces expériences, répétées par un grand nombre d'observateurs, dans les conditions les plus diverses, ont jeté un grand jour sur la pratique de l'art de l'ingénieur. Les tables de Genieys, dans la section consacrée à la résistance des matériaux, en présentent sous forme succincte un excellent compte rendu.
La question des pièces pressées par leurs abouts, qui, comme nous l'avons vu, conduit à des conséquences si particulières, a été
' Annales des mine» , 1861. — Journal de M, Liouville, t86o. — * Annales des mines.