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BUTTÉE DES TERRES

M. Poncelet s'est occupé aussi de la buttée des terres, ou de la résistance que peut opposer au déplacement du mur la présence des terres qu'il rencontre à son pied. Il a montré, par des considérations toutes semblables à celles qui lavaient guidé dans la solution du problème de la poussée, comment on pouvait déterminer Teffort minimum des terres qui contribuent à augmenter la stabilité du mur. Il a aussi traité la question des contre-forts intérieurs au massif des terres, et fait voir comment on doit les distribuer pour donner à un mur, à moins de frais, la plus grande stabilité possible. Son ouvrage renferme la discussion des accidents arrivés aux murs des places de Bergues, dTpres et de Soissons, accidents qui mettent en évidence les principes physiques sur lesquels repose la théorie. Enfin , les nombreux tableaux contenus dans son mémoire facilitent l'application des formules et en font un guide commode pour tous les constructeurs. La théorie de M. Poncelet, qui a paru en i84o, est devenue aussitôt classique; M. Bélanger en a introduit un résumé très-substantiel dans son Cours de l'Ecole des ponts et chaussées.

Les murs de souleilement n'intéressent pas seulement le génie militaire, et les travaux publics y ont souvent recours. Tantôt il s'agit de créer un mur de quai le long d'un cours d'eau , ou dans un port de mer : c'en a été le premier usage. Ensuite on a reconnu que, dans certains cas, il était préférable de remplacer par un mur le pied du talus d'un remblai à construire à travers une vallée. Dans certaines routes à flanc de coteau, les murs, bu tout au moins les revêtements, doivent soutenir un des côtés de la route et le rattacher par un talus plus roide à l'inclinaison naturelle du terrain. Les chemins de fer ont aujourd'hui multiplié ces applications. Les murs à profils courbes du remblai de Marktschorgast, sur le chemin de fer saxon-bavarois \ les grands talus de pierres sèches du passage du Brenner, sur le chemin d'Inspruck à

* M. C. Couche, Des jfrùgrh des locomotives, {Annales des mines, 1 85â.)

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