‹ Exposé de la situation de la mécanique appliquéeChapitre 159 sur 203 · POUTRES A TREILLIS · texte numérisé non relu

POUTRES A TREILLIS

toute la précision désirable le poids minimum d'une poutre destinée à franchir une portée donnée, sous une charge déterminée par mètre courant. Cette formule permet aussi de déterminer par approximation en combien de travées il convient de partager le débouché total d'une rivière pour rendre le plus économique possible l'ouvrage destiné à la franchir. Elle indique enfin, pour les portées des poutres droites, les limites au delà desquelles la poutre s'écraserait sous son propre poids.

Lorsqu'on n'employait que des poutres de fonte, on faisait varier leurs dimensions extérieures d'un point à l'autre de leur portée, pour assurer partout au métal la même charge dans les points les plus fatigués. On obtenait ainsi des solides d'égale résistance, dont le balancier des machines à vapeur offre l'exemple le plus vulgaire. Quelques constructeurs ont appliqué un tracé analogue aux poutres de fer, et notamment aux poutres à treillis; mais l'analogie est loin d'être complète. Dans les ouvrages de fer laminé, on peut faire varier partout les sections du métal, de manière à satisfaire sensiblement à la condition d'égale résistance , sans rien modifier du reste aux dimensions extérieures de la pièce; et, comme une poutre est en général d'autant plus légère qu'elle a une liauteur plus grande, l'économie veut qu'on laisse à une poutre de fer, en tous les points de sa portée, toute la hauteur qu'elle peut recevoir, sauf à faire varier les sections en conséquence.

On reconnaît aisément que le moindre volume du treillis correspond au cas où les deux systèmes de barres qui le composent font avec la verticale un angle de 45 degrés; dans ce cas, le plus favorable de tous pour les treillis, la paroi évidée a un poids double du poids d'une paroi pleine, à égalité de charge : résultat qui, au premier abord, semble paradoxal, mais qui peut être mathématiquement démontré.

La compression des barres d'un même système dans un treillis a vivement préoccupé les constructeurs. Ces barres se trouvent comprimées par leurs abouts. Elles sont donc exposées h (Irchir

Mécanique. 1 3

196 BOVV-STRINGS.

latéralement. Pour éviter cet effet, certains constructeurs leur donnent des sections plus ou moins compliquées, propres à leur assurer du relief dans tous les sens. D'autres abandonnent les treillis simples pour n'employer que les treillis doubles, dans lesquels deux parois semblables, entretoisées l'une à l'autre, ne peuvent subir aucune flexion latérale. Ces précautions, utiles à coup sûr, ne paraissent pas indispensables; la liaison intime qui existe entre les deux systèmes de barres, le système comprimé et le système étendu, est un obstacle suffisant à opposer aux flexions latérales qui tendraient à se produire, et un grand nombre d'ingénieurs pensent que des montants verticaux également espacés ont le double avantage de roidir le treillis et de répartir avec une parfaite uniformité la charge extérieure entre toutes les barres. C'est la solution la plus simple du problème des ponts à treillis, et ce n'est pas la moins sûre.

Le célèbre ingénieur anglais Brune! est l'inventeur d'un type de pont métallique qui rentre dans la classe des baw-stringê^ et dont il a fait, à Chepstow et sur le bras de mer de Saltash, deux remarquables applications. Ce type tient à la fois du pont en arc et du pont suspendu. 11 a été simplifié par les ingénieurs allemands, et l'on en trouve de nombreux emplois dans la Bavière et les provinces du Rhin, sous le nom de système PauU. On cherche aujourd'hui à l'approprier aux travées continues. Jusqu'à présent la théorie de ce système compliqué est restée un peu obscure, et les avantages qui lui sont attribués par ses partisans ne semblent pas démontrés définitivement.

Les ponts en charpente, ressource des pays où le bois est abondant, cèdent le pas, de notre temps, aux ponts métalliques, et ne se construisent plus guère qu'à litre d'ouvrages provisoires ou d'échafaudages destinés à la construction d'ouvrages définitifÎB. Le calcul de ces systèmes présente toutefois un certain intérêt théorique. Les

' Cordes de l'arc. Ce sont les ponts en équilibrée par une pièce droite, courbe ou arc dans lesquels la poussa de Tare est polygonale.

Page 1