POUTRES AMÉRICAINES
ponts américains, parnihlous les types qui ont été créés, ont été l'objet de nombreuses études. Les deux cours de longerons de la poutre américaine sont réunis par des croix de Saint- André, dont les bras sont comprimés, et par des tirants de fer, toujours soumis à une extension qu'on peut régler à volonté. La construction n'est donc pas livrée définitivement à elle-même, comme le sont généralement les ouvrages une fois construits, et renferme des liaisous dont, à toute époque, on peut disposer arbitrairement. Les théories proposées pour ces sortes d'ouvrages supposent que, sous l'action d'une charge uniformément répartie, une seule des deux barres des croix de Saint-André supporte une compression, et que l'autre repose sur ses appuis sans y exercer d'effort.
Cette hypothèse suffit pour déterminer toute la répartition des pressions dans les diverses pièces de la charpente. Elle a été développée , notamment par M. le colonel Jouraffski , qui en a fait la base d'une théorie, en suivant une méthode analogue à celle que Ion suit pour les systèmes articulés. Le calcul aux différences finies, établi d'après la même hypothèse, conduit plus rapidement à des formules définitives. Cette méthode modifiée est exposée dans le mémoire des Annales des ponts et chaussées, année i863, sur les poutres à treillis. Elle conduit à une règle bien plus rapide encore pour la détermination des efforts dans les divers tronçons des longerons de la poutre uniformément chargée. Il suffit en effet de diviser un bindme du premier degré, variable avec le nombre d'entre-boulons, par un polynôme du troisième degré, qui est toujours le même : les coefficients numériques de la série obtenue au quotient sont proportionnels aux efforts cherchés.
De notables perfectionnements ont été introduits, pendant les trente dernières années, dans la construction des fermes destinées à soutenir la couverture des édifices. Autrefois on ne connaissait que le bois pour cet usage; après les combles classiques à la Palladio ou k la Mansard, on avait vu paraître les combles à grande portée du colonel Emy : c'était le dernier terme de la charpente de bois.
196 CHARPENTES METALLIQUES.
La couverture des halles, des stations de chemins de fer, a donn< naissance, on peut le dire, aux grandes charpentes métalliques dont la ferme de M. Polonceau reste encore le type le plus accré — dite. Le calcul des efforts dans un pareil système est une applica — lion fort simple de la méthode des pièces continues reposant sur plusieurs appuis et du théorème des trois moments. Il peut être nécessaire d'ailleurs d'avoir recours à une hypothèse sur le règlement adopté pour certaines pièces, dont le calcul laisserait la tension arbitraire. Les constructeurs en général font usage de formules simpliGées pour de telles recherches. Les fermes des gares de Liverpool et de Birmingham, construites dans un système qui diffère de celui des fermes Polonceau, sont jusqu'ici les plus grandes du monde ; elles forment une sorte de poutre à treillis, et se distinguent à la fois par leur grande rigidité et par le soin qu'on a mis à en effectuer la pose.
C'est à l'invention des chemins de fer que Ton doit ces progrès de l'art de la construction et les progrès parallèles de la théorie et des méthodes de calcul. Les divers réseaux des chemins de fer n'ont pas plus d'une trentaine d'années d'existence, et déjà, à la Gn de i86â, on en comptait 61,719 kilomètres dans l'Europe, 2,26 5 kilomètres aux Indes, 52,928 dans l'Amérique du Nord, AgB kiloQiètres dans l'Australie. Des ponts fixes franchissent le Rhin, le Danube, la Vistule, la Dvina, le Saint>-Laurent^; et c'est seulement devant de larges bras de mer, comme le Pas-de-Calais, que s'arrêtent aujourd'hui les voies ferrées. Combien d'applications grandes et utiles de cette modeste science de la résistance des matériaux !
• Le Victoria-Bridge, sur le Saiat-Lau- doivent être grossis aujourdlini d*iui dorent, à Montréal (Canada), Tun des ou- quième de leur valeur pour rEorope et vrages de Stephenson, est le plus grand TAniérique, d'un dixième pour Tlnde et pont existant. — Les chiiTres précédents TAustralie.