S 1*. ANCIENNE THÉORIE
Les idées des physiciens sur la chaleur ont subi, depuis vingt ans, une transformation radicale, et c'est la mécanique qui a opéré ette tr ansformation. Rappelons d abord les principes de Tancienne théorie.
Elle consistait à admettre l'existence d'un fluide impondérable, le calorique, pénétrant les corps et formant comme une atmosphère autour de leurs molécules. On attribuait aux particules de ce fluide la propriété d'exercer les unes sur les autres une répulsion mutuelle, et d'attirer au contraire les molécules pondérables; et l'on expliquait par cette hypothèse les divers phénomènes de la dilatation des corps et de leurs changements d'état. On pouvait définir trè&-nettement la quantité de chaleur contenue dans un corps à un moment donné, par la quantité de fluide adhérent dans ce moment à ses molécules : la température du corps à cet instant représentait la tension du fluide; et, de même qu'un fluide renfermé dans une enveloppe s'écoule, en vertu de sa pression, si l'on ouvre à travers cette enveloppe un orifice donnant accès à une région où la pression est moindre, de même un corps chaud, exposé dans un milieu froid, laisse s'écouler par rayonnement une partie de son calorique, en vertu de la différence des tensions du calorique du corps et du calorique ambiant, c'est-à-dire en vertu de la différence des températures.
Cette hypothèse, adoptée par presque tous les anciens physiciens, se trouve développée analytiquement dans la Mécanique céleste de Laplace (livre XII), et Fourier en a fait la base de sa