SADI CARNOT
Théorie mathématique de la chaleur. Dans ce dernier ouvrage, la chaleur n'est traitée qu'au point de vue de la physique; le problème général que Fourier se propose de résoudre consiste à déterminer quelle sera, à un moment et en un point donnés, k température d'un corps placé , à l'origine , dans des conditions thermiques définies. Ces recherches si intéressantes ont enrichi l'analyse de méthodes utiles pour l'étude des différents phénomènes naturels; et comme elles ne sont, après tout, que le développement analytique de faits bien observés, les résultats auxquels elles conduisent subsistent encore après qu'on a renversé l'hypothèse qui leur avait servi de point de départ. De même une grande partie des phénomènes lumineux peut s'exposer encore par l'ancienne théorie de l'émission; la nouvelle théorie des ondulations laisse subsister tout ce que l'ancienne théorie avait acquis, et l'on n'y a recours que pour l'étude des phénomènes que celle-ci serait impuissante à expliquer.
Il restait à considérer la chaleur au point de vue mécanique, étude d'autant plus importante que, depuis Watt, les machines à vapeur, ou les pompes àfeUy comme on disait autrefois, amenées à un haut degré de perfection, rendaient à l'industrie de grands services, bien propres à appeler l'attention des observateurs.
C'est en 182/1 que Sadi Carnot publia la première étude sûr la chaleur considérée dans les machines, sous le titre de Réflexions sur la puissance motrice du feu. Cet ouvrage fait époque dans l'histoire de la science, et, s'il est aujourd'hui dépassé, c'est néanmoins à Carnot qu'on doit rapporter le mérite d'avoir ouvert la voie aux recherches qui ont fait reconnaître l'insuffisance des anciennes doctrines et découvrir les principes nouveaux. Il cherchait à expliquer, par la théorie du fluide calorique, la puissance motrice que la chaleur possède et que les machines à vapeur mettent dans une si complète évidence. Pour cela , il compare la machine à vapeur à un récepteur hydraulique : l'eau met en mouvement une roue en tombant du bief d'amont dans le bief d'aval, et la pesanteur produit sur elle un travail dont une partie est recueillie et utilisée.