‹ Exposé de la situation de la mécanique appliquéeChapitre 164 sur 203 · S 2. PRINCIPES DE LA NOUVELLE THÉORIE · texte numérisé non relu

S 2. PRINCIPES DE LA NOUVELLE THÉORIE

On trouve éparses dans les œuvres de plusieurs philosophes quelques notions qui font pressentir les principes modernes de la théorie de la chaleur. Bacon , dans son Novum organum, admet que cr la chaleur est le mouvement expansif par lequel un corps tend (rà se dilater,?) et que crTessence même de la chaleur est le moucrvement, et rien autre chose ^-n Locke déGnit la chaleur : cfune (r agitation très-vive des parties insensibles de l'objet, qui produit (ren nous la sensation par laquelle nous déclarons l'objet chaud, (rde sorte que ce qui dans notre sensation est chaleur n'est dans ff l'objet que mouvement^. "n

Huyghens, l'immortel fondateur de la doctrine des ondulations de la lumière, qu'il eut la gloire de soutenir contre Newton , semble aussi avoir vu dans la chaleur un mouvement vibratoire des molécules; c'est à ce mouvement qu'il attribue la propriété qu'ont les liquides, quand on les verse dans un vase, de prendre en quelques instants une surface libre horizontale. Un amas de grains change ses talus inclinés pour une surface horizontale, lorsqu'on lui donne de légères secousses. La chaleur, d'après Huyghens, imprimerait de même aux molécules liquides de petits mouvements analogues à des secousses qui produiraient le môme effet Gnal *.

En 1798, Rumford fit connaître à la Société royale de Londres des expériences très-précises au moyen desquelles il avait mesuré la chaleur produite par le frottement et par le forage des métaux, et il en tirait la conclusion que la chaleur communiquée aux molécules des corps solides dans ces expériences n'est autre chose que du mouvement. C'est la première série d'observations dans les-

* Novum organum, livre II, apho- * Conférence du 17 avril 1866, de rîsmes xi et xx. M. J. Bertrand , h la Société des amis des

* Locke , Essai philosophique concernant sciences, sur Thistoirede l'ancienne Acareulendement hutnain; Amsterdam, 1799. demie des sciences.

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