‹ Exposé de la situation de la mécanique appliquéeChapitre 167 sur 203 · EXPÉRIENCE DE GAY-LUSSAC · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE DE GAY-LUSSAC

lerne des molécules gazeuses et contribue à l'élévation de la température, l'autre représente le travail extérieur effectué. Pour un même nombre de degrés d'élévation de la température, il faudra donc une quantité de chaleur plus grande dans le second cas que dans le premier; et la calorimétrie a montré en effet que la chaleur spécifique de l'air sous pression constante excède la chaleur spécifique sous volume constant des 6/1 de la valeur de cellôcci. La nouvelle théorie rend un compte parfaitement satisfaisant de cette différence, et elle s'en sert pour le calcul de l'équivalent mécanique de la chaleur. C'était la méthode indiquée par le docteur Mayer. Elle suppose que, dans la dilatation d'un gaz, l'écartement des particules ne donne lieu à aucun travail mécanique, c'est-àdire que les particules n'exercent aucune action attractive ou répulsive les unes sur les autres.

Une expérience très-intéressante, due à Gay-Lussac et répétée par M. Joule et M. Regnault, met encore mieux en évidence la relation intime entre la chaleur et le travail. Deux ballons d'une égale capacité, l'un plein d'air, l'autre vide, sont mis en communication par un tuyau muni d'un robinet. On ouvre le robinet : l'air contenu dans le ballon plein se répand dans le ballon vide; la pression intérieure se réduit à moitié, mais le calorimètre n'indique aucune variation dans la quantité de chaleur renfermée dans l'appareil. Si au contraire on remplace le ballon vide par un corps de pompe dans l'intérieur duquel on place un piston mobile, et si après l'ouverture du robinet le piston se déplace sous la pression du gaz qui se détend , l'expansion du gaz produira un travail extérieur égal au produit de la contre-pression par le volume que le piston engendre dans son déplacement. Le calorimètre accuse dans ce cas la disparition d'une quantité de chaleur équivalente au travail extérieur produit. Dans le premier cas, la détente du gaz n'opère pas de travail extérieur, et l'invariabilité de la température montre que l'expansion ne donne lieu à aucun travail moléculaire appréciable, ainsi que Tavait admis Mayer. La quan-

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