Û06 SECOND PRINCIPE DE LA THÉORIE
corps qui, étant mis alternativement en communication avec deux sources indéfinies de chaleur, à des températures données, passe par des variations successives de volume et de pression, et que ces variations le ramènent finalement à son état primitif par une évolution complète et renversable, sans qu'il ait été en contact avec des corps dont la température diffère d'une quantité finie de celle qu'il possède lui-même, le travail mécanique définitivement obtenu est un maximum. Ce maximum, ainsi que les rapports de la quantité de chaleur équivalente au travail produit, à celle qui est puisée dans la source supérieure et à celle qui est versée dans la source inférieure, dépendent uniquement des températures des deux sources et restent les mêmes, quelle que soit la nature du corps intermédiaire. Par évolution renversabky on entend celle qui pourrait avoir lieu en sens inverse, en appliquant au corps un travail mécanique égal à celui qui résulte de l'évolution directe, auquel cas une quantité de chaleur précisément égale à celle qui a été d'abord transmise de la source supérieure à la source inférieure remonterait de celle-ci à celle-là. Tel est le second principe fondamental de la théorie nouvelle établi par M. Clausius; il complète, en la rectifiant, la théorie de Sadi Carnot, dont il confirme les principales conséquences. On démontre en effet que, si le corps intermédiaire est un gaz dont le volume, la pression et la température varient conformément aux lois dé Mariotte et de Gay-Lussac, les quantités de chaleur respectivement fournie par la source supérieure et versée dans la source inférieure, sont proportionnelles aux températures absolues de ces sources, c'est-à-dire aux températures comptées à partir du point où la force élastique du gaz serait nulle. Ce point se trouverait au-dessous du zéro de notre thermomètre centigrade d'un nombre de degrés exprimé par l'unité divisée par le coefficient constant de dilatation, soit à 278^. Aucun gaz, il est vrai, ne suit exactement les lois de Mariotte et de Gay-Lussac; mais ceux qu'on n'est pas parvenu à liquéfier jusqu'ici, notamment l'hydrogène, l'oxygène, l'azote, et le mélange de ces derniers gaz qui constitue l'air atmos-