MOTEURS ANIMÉS
pliérique sec, s'en écartent extrêmement peu, dans les conditions accessibles à l'expérience, et de moins en moins à mesure qu'on les prend à des densités plus faibles. De plus M. Regnault, par les expériences les plus délicates, n'a constaté aucun changement de leur chaleur spécifique à pression constante, avec la température et la pression. On peut, au moins dans une première approximation, négliger ces écarts. Pour ces gaz, par conséquent aussi pour tous les corps, et en particulier pour l'eau, à l'état liquide ou à l'état de vapeur, employée dans une machine qui réaliserait les conditions du maximum de rendement et de l'évolution complète et renversable, telles qu'elles ont été précédemment définies, les quantités de chaleur respectivement contenues dans la vapeur au moment de l'admission, et dans l'eau qu'elle produit en se condensant, sont donc proportionnelles aux températures absolues de la chaudière et du condenseur. Il résulte de cette proportionnalité que, pour une température donnée de la chaudière, la quantité de chaleur transformée en travail , différence entre les quantités de chaleur contenues à poids égal dans la vapeur motrice et dans la vapeur condensée, est proportionnelle à la différence des températures de la chaudière et du condenseur, et la portion utilisée de la chaleur est par suite d'autant plus grande qu'il y a un écart plus considérable entre ces deux températures.
Cette conséquence du second principe fondamental de la nouvelle théorie est d'accord avec les vues de Carnot; elle est pleinement confirmée par l'expérience de la pratique. Ce n'est pas seulement dans le travail des machines, c'est encore dans le travail des moteurs animés que M. Hirn a étudié le rôle de la chaleur. Dans ces machines naturelles, la chaleur est produite par la combustion qui s'effectue dans les poumons; elle se partage encore en deux parties : l'une reste à l'état de chaleur et contribue à entretenir la température des organes, malgré les pertes de chaleur par rayonnement ou par contact avec les corps extérieurs plus froids; l'autre se transforme dans le travail extérieur développé par l'animal;
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et lorsque le moteur animé subit un travail eitérieur au lieu d'en développer un, lorsque, par exemple, un cheval descend une côte sans accroissement de vitesse, le travail extérieur se transforme en chaleur, et vient s'ajouter sous cette forme à la chaleur produite par la respiration. Ces résultats étaient d'autant plus importants à constater, que réchauffement des organes ne dépend pas seulement de la quantité de chaleur produite dans les poumons, mais encore du pouvoir absorbant de ceux-ci; or leur pouvoir absorbant s'accroît en général lorsque le corps développe des efforts, et l'excès de température qui résulte de cet accroissement d'absorption pouvait faire croire à des observateurs superficiels que le travail extérieur crée de la chaleur au lieu d'en consommer.
La force des animaux n'est donc qu'une transformation de la chaleur produite dans les poumons par la combustion des éléments que la nutrition y apporte. Rumford semble avoir soupçonné cette loi, lorsque, dans son Essai sur la chaleur engendrée par le frottement*, il compare la chaleur développée par le travail d'un cheval à celle que pourrait fournir la combustion directe du fourrage qui lui a servi de nourriture.
Tels sont les principes de la nouvelle théorie mécanique de la chaleur. Nous allons en montrer les applications principales, et les suivre dans leurs plus remarquables conséquences.