DES LOIS DES GAZ ET DES VAPEURS
Ainsi que nous l'avons dit dans le paragraphe précédent, pour les corps dont le volume, à température constante , varierait en raison inverse de la pression, conformément à la loi de Mariotte, et qui, maintenus sous une pression constante tandis que la température varierait , éprouveraient une dilatation proportionnelle à l'élévation de température, suivant la loi de Gay-Lussac, la relation qui lierait la pression, le volume et la température, consisterait en ce
* Société royale de h Grande-Bretagne, a 5 janvier 1798.
ÊCAHTS de la loi de MARIOTTE. 209
que le produit de la pression par le volume serait égal à la température absolue multipliée par un nombre, constant pour un même corps, et variable d'un corps à un autre en raison inverse des densités des deux corps pris sous une même pression et à une même température.
L'hydrogène, l'oxygène, l'azote, l'oxyde de carbone et le petit nombre d'autres gaz qu'on n'est point encore parvenu à liquéfier, s'écartent fort peu de la loi précédente. Tous ont à peu près le même coefficient de dilatation, sensiblement égal à la fraction 777, la température étant mesurée en degrés centigrades; leur chaleur spécifique à pression constante reste la même, quelles que soient la pression et la température, ou du moins les expériences les plus délicates n'y ont fait découvrir aucune variation.
Il est loin d'en être de même pour les substances qui , entre les limites de pression et de température que nous pouvons réaliser, se présentent tantôt à l'état de gaz ou de vapeur, tantôt à l'état liquide, et parmi celles-ci se rangent l'acide carbonique, l'acide sulfureux, le protoxyde d'azote. Les expériences de M. Regnault montrent que la compressibilité de ces substances, prises à l'état de vapeurs, augmente, à mesure que la pression croît, plus rapidement que ne le suppose la loi de Mariotte , et que cet accroissement est de plus en plus rapide, à mesure qu'on approche du point de liquéfaction. L'écart de la loi de Mariotte est encore trèssensible à une grande distance de ce point. Même pour les gaz de la première espèce , auxquels on conserve encore la dénomination de gaz permanents , cet écart n'est pas nul et est mis en évidence par l'observation directe. Il est à remarquer enfin que, pour l'hydrogène, l'écart est en sens inverse des autres gaz, c'est-à-dire que la compressibilité diminue , au lieu d'augmenter, lorsque la pression augmente.
Le gaz qui suivrait rigoureusement les lois de Mariotte et de Gay-Lussac est donc purement idéal; mais l'hydrogène, l'oxygène, l'azote et l'air atmosphérique s'en écartent tellement peu, que, dans
Mécanique. i li