MACHINE OSCILLANTE
mission, et Ton donne au tiroir un découvert intérieur très-petit. L'épure de M. Reech permet d'apprécier avec facilité ces diverses modifications. On doit aussi tenir compte des variations de longueur subies par les tiges de transmission, sous les efforts alternatifs de traction et de compression qu'elles ont à développer; de là la nécessité de donner au tiroir une avance linéaire dans les machines à grande vitesse.
La détente variable s'obtient généralement par une modification des appareils de la détente fixe. Pour les locomotives, on n'emploie plus aujourd'hui que la coulisse de Stephenson , qui relie entre eux les deux excentriques, l'un pour la marche en avant, l'autre pour la marche en arrière. La position du coulisseau qui commande la tige du tiroir se règle à volonté le long de la coulisse, et le mouvement qui résulte pour ce point des mouvements élémentaires des deux excentriques modifie la loi d'oscillations du tiroir, en en faisant varier la course. Cette solution, qui n'est qu'approximative, est d'une simplicité qui en a assuré le succès. La détente Meyer est employée pour les machines fixes; elle consiste essentiellement dans l'emploi d'un excentrique à ondes, qu'on peut déplacer à volonté, et qui imprime aux appareils distributeurs le mouvement voulu. La détente Farcot emploie un double appareil de distribution : un tiroir manœuvré par l'excentrique, et une glissière, mobile audessus du tiroir et formée de deux parties dont on peut faire varier l'écartement. La disposition des ouvertures et des parties pleines dans la glissière a pour effet de suspendre l'admission de la vapeur pendant certaines périodes de l'oscillation entière du piston, où le tiroir, pris isolément, découvrirait la lumière. On obtient ainsi une prolongation des effets que le tiroir permet de réaliser.
La réduction successive de la place occupée par une machine à vapeur a conduit à la création des cylindres oscillants, type imaginé par M. Gavé. C'est une machine à action directe, dans laquelle le piston et la bielle sont confondus : le piston s'attache directement au bouton de la manivelle. La vapeur entre dans le cylindre et en
Wi MACHINES DE BATEAUX.
sort par des tuyaux qui aboutissent aux points autour desquels le cylindre a son mouvement de rotation.
k bord des petits bâtiments à aubes, où la place à donner à la machine est très -restreinte, les machines oscillantes sont fort employées. La machine à deux cylindres oscillants , avec une pompe à cylindre fixe entre les deux, forme le type connu sous le nom de machine de Pe^in; on la rencontre sur un grand nombre de petits bateaux à vapeur.
Les anciens bateaux à vapeur à aubes employaient une machine beaucoup plus volumineuse; c'était la machine de Watt à balancier; le balancier était seulement rejeté en bas de la machine, et la communication avec le piston était établie au moyen d'un parallélogramme articulé, d'une disposition particulière. Si ce type occupait beaucoup de place, il avait l'avantage de faciliter la surveillance et l'entrelien des différentes parties de lappareil. La création des bateaux à hélice, en introduisant dans le bâtiment un arbre tournant longitudinal, a forcé de faire pivoter d'un angle droit la machine, qui se trouve ainsi orientée dans le sens transversal au bâtiment. De là des types de plus en plus ramassés , et d'une inspection peu commode.
On a donné une inclinaison aux cylindres moteurs : la course des pistons doit être en général assez petite; la bielle est en même temps réduite à une faible longueur. Pour accroître la dimension de cette pièce , on a imaginé diverses dispositions.
Dans la machine à fourreau y de Penn, le cylindre moteur est évidé intérieurement par un second cylindre creux ou fourreau, dont la surface fait corps avec le piston; la tige du piston est articulée à un axe traversant le fourreau, et, dans le mouvement oscillatoire de la machine, la tige du piston, articulée directement à la manivelle de l'arbre tournant, peut prendre dans le vide du fourreau toutes les inclinaisons commandées par la liaison avec la manivelle. En face du cylindre est situé le condenseur; une tige, attachée au piston et traversant dans des boites à étoupes le couvercle du cylindre, met