CHAUDIÈRES TUBULAIRES
talion du sei marin est en effet de plus en plus abondante à mesure que la température augmente» et elle est à peu près complète vers lie degrés. Une chaudière à haute pression, alimentée par l'eau de mer, est donc sujette à des incrustations qui en compromettent la résistance.
La pression sous laquelle s'opère la condensation dans le cylindre de la locomotive est assez difficile à évaluer; si une communication directe était établie avec l'atmosphère, et si le mouvement du piston était très-lent, la contre-pression qu'il subirait de la part de la vapeur condensée serait à peine supérieure à la pression atmosphérique. Mais c'est dans la cheminée, au sein des gaz encore chauds qui sortent des tubes de la chaudière, qu'on fait aboutir l'échappement, et le piston passe à chaque pulsation par des vitesses très-considérables. L'écart avec la pression atmosphérique est trèsélevé, et c'est à deux atmosphères et demie, en définitive, qu'on estime ordinairement la contre-pression dans les locomotives ^
La supériorité de la chaudière tubulaire se manifeste par la vitesse de production de la vapeur; il faut en effet que la chaudière soit en état de reproduire, sous la pression maximum, la quantité de vapeur qui se trouve dépensée, à chaque tour de roue, par les cylindres. Aussi l'invention des locomotives a-t-elle suivi de près l'invention des chaudières tubulaires, due à M. Marc Séguin (i8q8).
On appelle surface de chauffe la surface totale de la chaudière qui se trouve en contact à la fois avec l'eau et avec le feu, et qui contribue à la production de la vapeur. Cette surface comprend la surface du foyer, laquelle est vue directement par le feu, et peut être considérée comme possédant partout la même température, et la surface des tubes, à laquelle les gaz de la combustion viennent céder de la chaleur en subissant un abaissement graduel de température. Ces deux parties n'ont pas un égal pouvoir calorifique : la portion des tubes voisine de la boîte à fumée reçoit beaucoup
* M. Le Châtelier, Chemins de for d'Anglelerre, i85i. (Annales des mines,)