‹ Exposé de la situation de la mécanique appliquéeChapitre 199 sur 203 · LOCOMOBILE · texte numérisé non relu

LOCOMOBILE

ment la force vive du train. L'autre système, expérimenté sur les lignes à pentes fortes du chemin du Nord de TEspagne, est dû aux recherches de MM. Le Châtelier et Ricour. Il consiste à comprimer, pour obtenir le ralentissement, non pas de Tair, qui s'échauffe inutilement, mais la vapeur de la chaudière elle-même. A cet effet, la locomotive est munie d'un tube d^inverstoUy que Ton adapte à Tun des robinets réchauffeurs, et qui, après s'être bifurqué sous la boîte à fumée, se termine de part et d'autre aux conduits de l'échappement. On fait aboutir dans ce tuyau un autre tube , celui qui sert à purger le niveau d'eau. Pour marcher à contre-vapeur, le mécanicien ouvre les deux robinets du tube d'inversion, qui se remplit d'un mélange de vapeur et d'eau ; puis il renverse la marche des tiroirs ; le mouvement des roues continuant en vertu de la vitesse acquise, les pistons puisent dans les conduits d'échappement le mélange d'eau et de vapeur que le tube d'inversion y amène , et le refoulent dans la chaudière. La compression de ce mélange n'entraîne aucune élévation de température; car, si la quantité d'eau est suffisante, la chaleur produite sera entièrement employée à la convertir en vapeur, et sera ainsi restituée à la machine. Par cet artifice, la descente d'une pente est utilisée pour la transformation en chaleur d'une portion du travail moteur produit par la gravité , de sorte que la locomotive accumule en descendant une pente uii excès de puissance dont elle disposera pour gravir la rampe qui fait suite à la pente. Ce système est donc une application très-ingénieuse des principes de la théorie de la chaleur ; le travail est converti en chaleur quand il serait nuisible de le laisser se convertir en vitesse, et la chaleur est ensuite convertie en travail quand on peut l'utiliser pour la traction du train.

Telles sont les principales améliorations de la machine à vapeur. 11 en est d'autres qui ont eu pour objet de la rendre légère, maniable, et qui en ont fait la locomobile, auxiliaire bien apprécié aujourd'hui pour les besoins de l'agriculture et des travaux publics. La locomobile est une machine à vapeur montée sur roues et

MACHINE A CYLINDRER LES ROUTES. 2'i7

traînée par un cheval; grâce à cet appareil, on peut transporter une puissance de dix à douze chevaux au point où celte puissance peut être le plus utilement employée. Cette création si utile, qui ne remonte pas à plus d'une quinzaine d'années, a déjà rendu les plus notables services.

La machine à vapeur à cylindrer les routes tient de la locomotive; c'est une véritable locomotive à très-petite vitesse, où le mouvement des pistons se transmet à des cylindres compresseurs par l'intermédiaire de chaînes. Ce mode de communication se prête trèsbien aux petites vitesses. La machine possède en général deux cylindres compresseurs dont le mécanicien peut modiGer légèrement le parallélisme. De cette variation résultent pour la machine des mouvements circulaires, au lieu de la tendance absolue des rouleaux ordinaires à se mouvoir toujours en ligne droite; on peut lui faire décrire des courbes, qui suivent exactement les sinuosités d'une chaussée. Le rouleau ordinaire, attelé de chevaux, a un inconvénient pour le cylindrage : les pieds des chevaux, agissant en avant du rouleau, sur un empierrement qui n'est pas encore amené à sa résistance définitive, déplacent les pierres et détériorent la forme que l'on se propose de consoHder. Aussi est-il prudent de multiplier le nombre des chevaux attelés, pour répartir l'effort total de traction sur un plus grand nombre de points, et atténuer de cette façon le mal produit en chacun d'eux. La macliine à vapeur, marchant lentement sur un empierrement neuf, supprime complètement ce défaut, et se prête bien mieux aux diverses nécessités de la manœuvre. C'est de plus un appareil moins encombrant, sur une route fréquentée, que le rouleau ordinaire avec son immense attelage.

On a cherché à remplacer la vapeur d'eau dans les machines à vapeur par d'autres vapeurs ou par des gaz. La machine du Trembley, expérimentée dès i84o, et adoptée autrefois sur un bateau qui faisait un service régulier entre Marseille et Alger, avait pour moteur la vapeur d'eau et la vapeur d'éther. L'éther suliun<ju(î

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