‹ Exposé de la situation de la mécanique appliquéeChapitre 29 sur 203 · METHODE GÉOMÉTRIQUE. — CARNOT. M · texte numérisé non relu

METHODE GÉOMÉTRIQUE. — CARNOT. M

des méditations de tant d'esprits d'élite, était tombée dans un certain discrédit. Monge et Camot marquèrent pour elle l'époque de la renaissance ; depuis , la géométrie n'a plus cessé d'être aimée et cultivée, et M. Poncelet, M. Chasles, ont montré de nos jours quelles riches moissons on pouvait encore recueillir dans ce champ que naguère on regardait comme stérile. La même révolution s'est opérée dans la mécanique, et nous y retrouvons les mêmes hommes. En 1783, Garnot publiait son Essai sur les machines en général, qui devint, en 1 80 3 , les Principes fondamentaux de l'équilibre et du mouvement. Dans ce petit ouvrage , Camot cherchait à ramener la mécanique à des principes sûrs, clairs, entièrement dépouillés du caractère métaphysique qu'on y avait maladroitement introduit; il cherchait des définitions précises pour certains termes vagues sur lesquels les philosophes avaient disputé sans s'entendre; il invoquait enfin l'expérience comme la seule base solide des connaissances humaines. Cette réaction contre des tendances métaphysiques, qui, à vrai dire, n'égaraient plus alors qu'un petit nombre d'esprits attardés, entraîna Carnot un peu trop loin, car il alla jusqu'à contester la légitimité de l'expression de farce , notion obscure suivant lui, et à laquelle il voulut substituer exclusivement l'idée du mouvement, qui du moins est un fait tombant directement sous l'observation. C'est dans cet ordre d'idées qu'il n'hésitait pas à placer la dynamique avant la statique , bien que la méthode inverse, généralement suivie de son temps, offrît, de son aveu même, beaucoup plus de facilité. Par la même raison, il ne pouvait admettre comme rigoureuse aucune des démonstrations connues de la règle du parallélogramme des forces, cria seule «existence du moi force dans l'énoncé de la proposition rendant (t cette démonstration impossible par la nature même des choses, n Les perfectionnements des méthodes d'enseignement en partie dues à Camot n'ont pas justifié tous ses scrupules , et la force est restée dans la mécanique comme une notion claire, simple, irréductible, révélée à chacun de nous par la conscience même de nos

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