‹ Exposé de la situation de la mécanique appliquéeChapitre 30 sur 203 · MÉCANIQUE INDUSTRIELLE · texte numérisé non relu

MÉCANIQUE INDUSTRIELLE

efforts musculaires. Son livre n'en a pas moins eu un heureux effet en appelant l'attention des géomètres sur les principes fondamentaux et en leur faisant bannir de leur exposition quelques obscurités métaphysiques, dont les intelligences supérieures pouvaient seules percer les ténèbres. A partir de Carnot, la mécanique est en effet devenue de plus en plus élémentaire. Sa théorie du choc, ses démonstrations des théorèmes généraux, ses recherches sur les forces vives et la moindre action donnent d'ailleurs à son livre une valeur scientifique incontestable.

La mécanique est redevable de bien des progrès à M. Poncelet, dont le nom et les œuvres reparaîtront souvent dans cet essai. C'est en 1 829 que parut la première édition de son Introduction à la mécanique industrielle, ouvrage extrêmement remarquable, où les vrais principes sont exposés avec la plus grande clarté.

Le cours fait par M. Poncelet s'adressait à des auditeurs peu versés dans les mathématiques; aussi le professeur a-t-il eu soin d'exclure de son ouvrage tout appareil de calcul ; des constructions géométriques lui suffisent pour résoudre la plupart des problèmes. Dans les questions de mouvement, il a la plus souvent recours au théorème des forces vives , dont il fait ressortir l'importance et l'absolue généralité, méconnue par les analystes, ainsi que nous le dirons tout à l'heure. M. Poncelet est, par son cours de Metz, par ses leçons de la Sorbonne, enfin par ses beaux travaux de mécanique appliquée autant que par son intervention personnelle dans les conseils de l'Ecole polytechnique, le principal fondateur du nouvel enseignement de la dynamique.

S'il était nécessaire de caractériser cet enseignement, nous dirions qu'il consiste à mettre en évidence les théorèmes généraux contenant les lois du mouvement des points et des systèmes. Ces théorèmes sont tous renfermés dans le théorème de d'Alembert qui définit l'équilibre dynamique des forces réelles et des forces d'inertie. En vertu du premier théorème général, l'accroissement de la quantité de mouvement projetée sur un axe quelconque est égal à

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