ENSEIGNEMENT DE LA MÉCANIQUE
versellement par ceux qui ont pu en suivre les admirables conséquences, ont à peine pénétré jusqu'ici dans le gros de l'humanité, toujours dupe des mêmes illusions, toujours victime des mêmes erreurs. On en peut juger par les nombreux projets de mouvement perpétuel proposés encore de nos jours par toute une classe d'inventeurs, étrangers aux premières notions mécaniques, et néanmoins trop sûrs d'eux-mêmes pour que l'insuccès des anciennes tentatives puisse les décourager et leur épargner d'inutiles et coûteuses recherches.
L'enseignement de la mécanique a été longtemps réservé aux établissements d'instruction supérieure, aux facultés des sciences, à l'Ecole polytechnique et aux écoles d'application, à l'Ecole centrale des arts et manufactures. Il n'a pu encore entrer bien profondément dans les programmes des lycées et des collèges. Les élèves qui participent à cet enseignement ne sont pas pris d'ordinaire parmi les ouvriers et les contre-maîtres, pour lesquels cependant l'utilité des connaissances mécaniques est hors de doute aujourd'hui. Les écoles d'arts et métiers, les cours industriels là où il y en a d'établis, l'enseignement professionnel, en un mot, sont destinés à combler cette lacune. Les premiers pas sont déjà faits. Depuis 1828, on possède le programme et la méthode des cours qu'on peut faire suivre à cette classe d'auditeurs. La Mécanique industrielle de M. Poncelet reste le modèle de cet enseignement à la fois solide et élémentaire, mis par un grand géomètre à la portée des intelligences les moins préparées. C'est grâce à tant de généreux efforts que nous voyons aujourd'hui l'instruction scientifique forcer la porte des ateliers. Après n'avoir demandé à l'ouvrier que de la force musculaire, on apprécie de mieux en mieux son instruction et son intelligence. La mécanique, par le perfectionnement des machines, a rendu possible cette bienfaisante transformation.
Nous avons cru devoir éviter dans ce travail l'emploi des formules analytiques ; si elles sont indispensables dans un traité , elles n'étaient pas admissibles, pensons-nous, dans un simple résumé, où
i INTRODUJGTION.
tout doit être dit en langage ordinaire. Enfin, malgré le soin que nous avons apporté à être complet, nous ne pouvons être sûr de n'avoir commis aucune omission importante , et nous tenons à en faire ici l'aveu. La mécanique est si étendue et ses applications sont si multipliées, qu'il serait bien téméraire de prétendre épuiser un tel sujet.