AÉROSTATS
dans la pratique, mais la formule mérite un autre reproche; elle ne peut tenir un compte rigoureux de la loi suivant laquelle la température de Tair varie avec la hauteur. Cette loi n'étant pour ainsi dire pas connue, on se contente de prendre la demi-somme des températures de Fair à chacune des stations extrêmes, et d'attribuer indistinctement cette températui*e moyenne à toutes les couches intermédiaires. On apprécie grossièrement l'influence de la vapeur d'eau contenue dans l'air, en forçant de quelques dix-millièmes le coefficient de dilatation des gaz qui entre dans l'équation. Malgré toutes ces imperfections, la formule du nivellement barométrique est un guide sûr et fidèle : les voyageurs qui étudient de nouvelles contrées, ceux qui parcourent des pays de montagnes, trouvent fort commode d'avoir dans un appareil portatif et d'une lecture rapide un moyen de nivellement aussi précis.
Nous ne pouvons laisser passer cette question de la répartition des pressions dans l'atmosphère sans dire un mot des aérostats. Depuis l'année 1788, oii les frères Montgolfier firent leurs prenuères tentatives, l'homme sait s'élever dans les airs, et de hardis aéronautes ont atteint ou dépassé ainsi la hauteur des plus hautes montagnes de notre globe. Des essais nombreux ont été faits dans les quinze dernières années pour perfectionner ces appareils. On a augmenté successivement le volume des aérostats pour accroître leur force ascensionnelle en même temps que le poids des chargements. Mais si l'on a pu se maintenir à une certaine hauteur, tous les efforts pour assurer aux ballons une direction définie sont jusqu'à présent restés sans résultat; les vents entraînent le ballon dans la direction où ils soufflent avec une irrésistible puissance. Pour se diriger dans les airs comme le fait l'oiseau , il faudrait réunir dans un même appareil deux qualités que l'oiseau possède, mais qui jusqu'à présent s'excluent dans toutes nos machines : grande puissance et faible poids. Il semble difficile, avec les moyens dont l'homme dispose, de satisfaire à la fois à ces deux conditions ^
' Voir, sur ce sujet, Revue des Deux-Mondeê , i"octobre i85o, article de M. Figuier
PRINCIPE D'ARGHIMÈDE. 75