ÉCOULEMENT DE L EAU
a des machines à vapeur et des chaudières à alimenter, est à certains égards une admirable généralisation de l'expérience de Venturi. A d'autres égards, l'appareil de M. Giffard procède des expériences de Savart faites sur le choc de deux veines liquides. Savait avait constaté en 1 83 3, et publié dans les Annales de physique et de chimie ^y que dans certaines conditions de charges et de vitesses, Tune des veines repousse l'autre dans l'intérieur du vase d'où elle lend à sortir, et qu'il y a ainsi alimentation d'un vase par l'autre. M. Giffard ignorait probablement ce résultat publié par Savart, et sur lequel l'attention ne s'était pas encore fixée. Il n'en est pas moins curieux et instructif de voir un appareil pratique et universellement apprécié aujourd'hui se résumer pour ainsi dire en deux petites expériences qui, il y a peu d'années encore, ne semblaient avoir d'intérêt que pour les physiciens ^.
L'écoulement de l'eau dans les tuyaux et dans les canaux constitue l'un des problèmes les plus importants de l'art de l'ingénieur. Au point de vue de la science pure, le phénomène du mouvement permanent des liquides coulant dans un lit de forme donnée est la démonstration physique la plus simple et la plus concluante de l'existence des forces ducs à la viscosité des liquides, dont nous avions pu faire abstraction jusqu'ici.
La théorie de l'écoulement dans les tuyaux repose sur des notions relatives aux lois du frottement des Hquides en mouvement; ces notions, révélées par l'expérience, ont été formulées pour la première fois avec précision par Dubuat vers l'année 1783. On conslale'aisément que les eaux courantes doivent subir de la part du lit dans lequel elles s'écoulent, une résistance qui croît avec la vitesse; cette loi est en effet nécessaire pour que, quelle que soit l'inclinaison du lit, le régime permanent puisse s'établir, comme cela a lieu en réalité. Les expériences de Dubuat, celles que Couplet et Bossut avaient faites antérieurement, ont amené à recon-
^ i833 , t. LV, p. 357. Giffard. ( Comptes rendue de l'Académie des
' M. Combes, Rapport sur Vinjecteur sciences, 3o janvier 1860, p. 198.)