S 6. MACHINES HYDRAULIQUES
On peut entendre par machines hydrauliques y soit les machines spéciales destinées à élever les eaux, soit les machines qui ont les eaux pour moteur. Dans la première classe on peut ranger les pompes, la vis d'Ârchimède, les norias, etc. dans la seconde, les machines à colonne d'eau, les roues hydrauliques, les turbines. Une machine peut appartenir à la fois aux deux classes; car elle
Wi VIS D'ARCHIMÈDE.
peut être mise en mouvement par Teau, et le travail produit peut être utilisé pour élever une partie des eaux de la chute motrice ou d autres eaux prises à un niveau plus bas. Tels sont : la machine de Schemnitz ou fontaine de Héron, la machine à colonne (feau de Bélidor, le bélier hydraulique de Montgolfier, la machine à colonne oscillante de M. de Galigny.
Nous jetterons un coup dœil rapide sur ces différentes machines.
MACHINES ELEVATOIRES.
Les pompes n ont pu recevoir dans ces dernières années que des perfectionnements de détail. On leur a donné de plus grandes dimensions; on y a introduit des dispositions qui permettent une ouverture plus rapide des clapets; on les a enfin appropriées à Tépuisement des eaux chargées de boues. Ce dernier perfectionnement a permis de les employer aux épuisements des fouilles dans les ouvrages hydrauliques. La pompe Letestu, qui prend peu de place et est dun maniement facile, remplace partout aujourd'hui la vis d'Archimède pour les travaux de fondations. De même, les Hollandais, qui autrefois faisaient usage de la vis d'Archimède pour mettre à sec leurs polders, y ont avantageusement substitué des pompes d'une grande puissance; vingt-sept pompes, mises en mouvement par trois machines à vapeur, enlèvent les eaux de pluie qui tombent dans le périmètre de l'ancien lac de Harlem K
La vis d'Archimède , ainsi dépossédée par la pompe , n'en reste pas moins un appareil intéiessant et capable de rendre les meilleurs services. On sait que la vis d'Archimède moderne n'est pas semblable à la vis inventée par Archimède et connue dans l'antiquité. L'ancienne vis était un simple tube en hélice, heureusement trèspeu étanche; car, lorsque le tube ne communique pas par un nombre suffisant d'ouvertures latérales avec l'air atmosphérique, l'eau ne peut se maintenir en équilibre dans les arcs hydrophores successifs,
* Annalea des ponU et chausêées , i856, Gevers d'Endegeest, Du deuéekement du t. XII. — Le comte de Lincoln, c. iv. — hc de Harlem, seconde partie, i853.