MOULIN A VENT
met une vitesse constante pour le vent et une vitesse de rotation constante pour les ailes du moulin. Le travail moteur total , pour les quatre ailes, est donné par une quadrature qui suppose définie la relation entre Tinclinaison de la latte sur le plan général des ailes et sa distance au centre. On peut donc chercher quelle relation il faut établir entre ces deux quantités, pour que l'intégrale du travail devienne un maximum; question qui, à un point de vue général, rentre dans celles que l'on résout à l'aide du calcul des variations, mais qui, dans ce cas particulier, est beaucoup plus simple, parce que les variables dont on cherche la relation entrent seules sous le signe intégrale^ sans les coefficients différentiels de l'une par rapport à l'autre. Chaque élément de l'intégrale, en un mot, peut être rendu maximum individuellement, de sorte qu'une simple dérivation donne la relation cherchée, qui n'est autre chose que l'équation, rapportée à des coordonnées particulières, l'une linéaire, l'autre angulaire, de la surface gauche que doivent former les ailes.
La pratique n'admet pas entièrement cette solution , parce que la vitesse du vent est très-variable, et celle des ailes du moulin, sans l'être autant, n'est pas absolument constante. On règle la voilure des ailes d'après la violence du vent, de la même manière qu'on prend des ris à bord des bâtiments à voiles; mais la forme même des ailes, dans la portion où l'on conserve la toile étendue, devrait, pour satisfaire à la théorie, se modifier avec la vitesse du vent. Du reste, les petites variations de forme sont sans influence, si l'on ne s'écarte pas trop du maximum indiqué par le calcul.
Le moulin à vent, tel qu'il est généralement construit, tel qu'on l'emploie encore en Hollande et dans toutes les plaines du nord de l'Europe, doit être orienté chaque jour d'après la direction effective du vent , et réglé d'après sa force et d'après le travail que doit accomplir la machine. M. Amédée Durand a construit en i836 un
dujlwdes, de d'AIembert, et au traite De (Nouveaux Commentaires de SainhPétersconstrueUone mokwum alatarum, d'Euler bourg, t. IV, 1759).
in MOULIN DE M. DURAND.
système de mouliu entièrement self-aetingy qui s'oriente et se règle de lui-même et auquel il a apporté depuis plusieurs perfectionnements importants ^ Le vent donne aux ailes l'orientation convenable; en même temps un mécanisme spécial, mû par un contrepoids, sert de régulateur à la machine : il tend à effacer les ailes et à réduire l'action du vent, à mesure que sa vitesse est plus grande. L'emploi de cette machine fort ingénieuse et bien conçue, appropriée à la mise en mouvement de pompes élévatoires pour des irrigations ou des approvisionnements d'eau, n'est pas à beaucoup près aussi répandu qu'il devrait l'être. Elle est pourtant d'une construction solide et rustique , et exige peu de frais d'entretien et peu de soins journaliers. La cause de cet abandon est une tendance générale, et peut-être peu réfléchie, de l'agriculture à imiter les procédés de la grande industrie. Pour celle-ci, une force motrice variable, intermittente, même quand elle est sans valeur, ne saurait équivaloir à une force régulière et continue, même quand elle est fort chère^. Il n'en est pas ainsi pour les travaux agricoles, et particulièrement pour ceux de la petite culture.