‹ Expose de la situation de la mecanique appliqueeChapitre 59 sur 186 · NIVELLEMENT BAROMÉTRIQUE · texte numérisé non relu

NIVELLEMENT BAROMÉTRIQUE

à lu détermination de la forme de la terre et aux recherches sur la ligure des corps célestes. Ici l’équilibre n’est pas l’équilibre absolu, mais bien l’équilibre relatif; car on ne peut négliger le mouvement de rotation du corps autour de son axe; les actions extérieures des autres corps- interviennent de plus, ainsi que la translation du corps dans l’espace, pour modifier à chaque instant les conditions de cet équilibre relatif. De là les marées de la surface de l’Océan.

L’atmosphère terrestre subit toutes ces perturbations; elle éprouve en outre des variations de température dues à réchauffement inégal que produit le soleil sur les différents points du globe et qui, altérant la densité des diverses couches gazeuses, ne permet pas à l’équilibre de l’atmosphère de subsister pendant un saul instant.

Le nivellement barométrique repose sur la supposition que l’équilibre atmosphérique existe, et, bien qu’à la rigueur cette hypothèse soit inadmissible, il donne des résultats très-exacts si, pour l'exécuter, on a pris des précautions convenables. La formule établie par Laplace dans le livre X de la Mécanique céleste , appliquée en grand par Ramond dans le nivellement des Pyrénées et des montagnes de l’Auvergne 1 , complétée depuis par un certain nombre de termes correctifs, permet de trouver rapidement des mesures d’altitude avec une approximation ordinairement très-suffisante. Au point de vue théorique, cette formule n’est pas entièrement satisfaisante ; les altérations continuelles des conditions de l’équilibre atmosphérique, première objection qu’on peut y faire, perdent, il est vrai, une partie de leur influence, lorsque l’on compare les hauteurs barométriques observées simultanément aux deux stations dont on cherche la différence d’altitude ; elles la perdent mieux encore quand on peut prendre pour chaque station les moyennes d’un grand nombre d’observations. Les conséquences de ce premier vice de la méthode peuvent donc être éliminées

1 Ramond , Mémoire sur la formule haro- Ferrand , 1 8 1 1 . (/i Mémoires lus h llnsli-

mètriqve de la Mécanique céleste, Clemioul- tut , 1 8 o 4 -i 8 o 5 , 1 8o6, 1 808 et 1 89. )

7'i AÉROSTATS.

dans la pratique, mais la formule mérite un autre reproche; elle ne peut tenir un compte rigoureux de la loi suivant laquelle la température de l'air varie avec la hauteur. Cette loi n’étant pour ainsi dire pas connue, on se contente de prendre la demi-somme des températures de l’air à chacune des stations extrêmes, et d’attribuer indistinctement cette température moyenne à toutes les couches intermédiaires. On apprécie grossièrement l’influence de la vapeur d’eau contenue dans l’air, en forçant de quelques dix-millièmes le coefficient de dilatation des gaz qui entre dans l’équation. Malgré toutes ces imperfections, la formule du nivellement barométrique est un guide sûr et fidèle : les voyageurs qui étudient de nouvelles contrées, ceux qui parcourent des pays de montagnes, trouvent fort commode d’avoir dans un appareil portatif et d’une lecture rapide un moyen de nivellement aussi précis.

Nous ne pouvons laisser passer cette question de la répartition des pressions dans l’atmosphère sans dire un mot des aérostats. Depuis l’année 1783, où les frères Montgolfier firent leurs premières tentatives, l’homme sait s’élever dans les airs, et de hardis aéronautes ont atteint ou dépassé ainsi la hauteur des plus hautes montagnes de notre globe. Des essais nombreux ont été faits dans les quinze dernières années pour perfectionner ces appareils. On a augmenté successivement le volume des aérostats pour accroître leur force ascensionnelle en même temps que le poids des chargements. Mais si l’on a pu se maintenir à une certaine hauteur, tous les efforts pour assurer aux ballons une direction définie sont jusqu’à présent restés sans résultat; les vents entraînent le ballon dans la direction où ils soufflent avec une irrésistible puissance. Pour se diriger dans les aire comme le fait l’oiseau, il faudrait réunir dans un même appareil deux qualités que l’oiseau possède, mais qui jusqu’à présent s’excluent dans toutes nos machines : grande puissance et faible poids. 11 semble difficile, avec les moyens dont l’homme dispose, de satisfaire à la fois à ces deux conditions 1 .

1 Voir, sur ce sujet. Revue des l)eu.r-Mondes , t" octobre i85o. article de M. Figuier

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