ÉCOULEMENT DE L’EAU
entrées dans la pratique depuis une cinquantaine d'années, il est très-probable que les tables de Darcy, déjà appréciées par un grand nombre d’ingénieurs, ou d’autres tables déduites des mêmes éléments, ne tarderont pas à être suivies par tous.
Le mouvement permanent de l'eau dans les canaux découverLs a été, comme le mouvement dans les tuyaux, l’objet d’une théorie de Prony; les expériences qui servent de base à cette théorie étaient peu nombreuses, et portaient pour la plupart sur des canaux de petite section. Les unes étaient dues à Dubuat, d’autres à Bidone et à Bouali, d’autres encore à Brünings, Funk et Woltmann. Prony, appliquant aux canaux les procédés qui lui avaient réussi pour les tuyaux, parvint, en opérant sur trente et une expériences, à exprimer la résistance au mouvement par une formule où la vitesse entre dans deux termes, l’un au premier, l’autre au second degré. Eytelwein, opérant sur soixante-neuf expériences, parmi lesquelles trente faisaient partie des trente et une expériences qui avaient servi à Prony, conserva la formule de ce dernier, sauf une légère modification de ses coefficients; la fonction qu’il propose est dans certains intervalles plus voisine des données expérimentales que la fonction de Prony; elle s’en écarte davantage dans d’autres; les deux formules, réduites en tables, sont ordinairement jointes l’une à l’autre, même dans les dernières publications de Prony, et on serait assez embarrassé de dire laquelle des deux doit être préférée. Du reste, elles doivent toutes deux s’efl’acer devant les nouveaux progrès qui en ont fait reconnaître les inexactitudes.
Prony avait essayé de déterminer, en fonction de la vitesse moyenne, les limites des vitesses particulières aux divers filets, qui sont variables d’un point à l'autre de la section d’écoulement. Il donna des formules empiriques pour lier entre elles la vitesse moyenne, la vitesse à la surface, qui est la plus grande de toutes, et la vitesse au fond, qui est la plus petite, et qui n’est pas sans intérêt pour l’ingénieur, car c’est elle qui mesure l’effort de corrosion exercé par l’eau sur le lit dans lequel elle s’écoule. On a