MACHINE D'HUELGOAT
leur dans un cylindre alésé vertical placé latéralement à la machine. Dans leur position intermédiaire, les deux pistons se trouvent en face des ouvertures par lesquelles l’eau entre et sort alternativement à chaque extrémité du cylindre; de sorte que celui-ci se trouve isolé à la fois de la colonne de chute et du tuyau de décharge. Dans leur position supérieure , les deux ou\ ertures sont démasquées ; l’eau motrice afflue au Las du cylindre et pousse le piston moteur de bas en haut, tandis que l'eau supérieure à ce piston s'écoule par l’ouverture supérieure dans l’intervalle compris entre les deux pistons du régulateur, et de là passe au tuyau de décharge. Dans leur position inférieure, l’inverse a lieu : l'eau motrice afflue à la partie supérieure du cylindre, et l’eau qui est sous le piston moteur s’écoule ii mesure que celui-ci descend , et va au tuyau de décharge. La continuité du jeu de la machine exige donc qu’à la lin de la course ascendante du piston moteur, le système des pistons régulateurs soit brusquement abaissé d’une hauteur égale à deux fois la hauteur des ouvertures d’admission et d'émission, qui est égale à l’épaisseur de chacun des pistons, et qu'à la fin de la course 'descendante, le système soit brusquement relevé de la même quantité. Cet effet est obtenu par le jeu d’une petite machine à colonne d’eau auxiliaire, dont le piston moteur est fixé sur le prolongement de la tige qui réduit le système des pistons dont nous venons de parler, et qui a elle-même pour régulateur un robinet à quatre voies, que la tige du piston moteur de la machine principale fait tourner d’un quart de révolution dans un sens ou dans l’autre, à la fin de chacune de ces excursions ascendantes ou descendantes, au moyen d’un mécanisme approprié.
La belle machine à colonne d’eau établie par M. Junkcr à la mine d'IIuelgoat (Finistère), et décrite par cet habile ingénieur dans les Annales des mines (t. \ III, 3 e série, i 835), est une machine à simple elfet. dont le cylindre vertical est ouvert à la partie supérieure et où l’eau motrice est admise sous le piston moteur, à la lige duquel la tige du piston de la pompe élévatoire est liée direc-
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teuient. Les plans en furent arrêtés par M. Junker, avec les conseils de M. de Iteicheubach. On y trouve réunis tous les perfectionnements dont ce genre de machines est susceptible. L'admission de l’eau motrice dans le cylindre et sa sortie sont réglées par un piston équilibré par un contre-piston fixé sur la même lige et d’un diamètre légèrement différent, de manière que la résultante des pressions exercées par les eaux en sens opposé sur l’ensemble du système tende à le maintenir dans sa position la plus élevée, où la communication est établie entre le bas du cylindre et le canal de décharge. Le piston moteur est alors à la partie inférieure de sa course, où il est maintenu par l’excès de son poids, et de celui de l'attirail des tiges de la pompe élévaloire, sur les contre-poids qui les équilibrent en partie. Le contre-piston est surmonté d’un cylindre creux, de diamètre un peu moindre que le sien et qui, sortant à l'extérieur à travers une boîte à étoupes, laisse en dessous de cette boite, entre lui et la paroi du corps de pompe, un petit espace annulaire, à la partie supérieure duquel une ouverture pratiquée dans l’épaisseur du corps de pompe donne alternativement accès à l’eau de la colonne motrice et à l’eau du canal de décharge. Dans le premier cas, l'excès de pression de la colonne d'eau motrice sur la partie de la face supérieure du contre-piston qui forme la base de l’espace annulaire détermine la descente de tout le système, ce qui permet à l’eau motrice de s'introduire sous le piston régulateur. Dans le second cas, le système remonte, taudis que la petite quantité d'eau contenue dans l’espace annulaire s’écoule vers le canal de décharge. Il suffit donc de mettre en communication l'espace annulaire avec la colonne d'eau motrice, lorsque le piston moteur de la machine est au bas de sa course, pour que celui-ci commence son excursion ascendante, en entraînant le piston de la pompe élévaloire; et de mettre en communication le même espace annulaire avec le canal de décharge, quand le grand piston a terminé son excursion ascendante, pour qu'il redescende, entraîné par l’excès de son poids et de celui de l’attirail des pompes, eu
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chassant dans le canal de décharge l’eau dont le cylindre se trouve rempli. Ces effets sont obtenus encore au moyen, non d’un robinet à quatre voies, mais d’un système de petits pistons régulateurs, qu’une légère force sulüt pour déplacer dans le corps de pompe où ils se meuvent, et qui est mis en mouvement par le grand piston, lorsqu’il arrive aux extrémités de sa course, à l'aide d’une tige verticale fixée sur sa face supérieure et libre, et d’une combinaison de cames et de leviers dont on peut voir la description dans le mémoire cité de M. Junker.
Les meilleures dispositions sont prises pour éviter toute pression latérale du piston régulateur contre la paroi du cylindre qui le renferme, lorsque ce piston passe devant l’ouverture d’admission ou d’émission du cylindre de la machine; pour obtenir l’occlusion et l’ouverture graduelles de cette ouverture, et éviter les coups de bélier que produirait l’arrêt brusque des colonnes d’eau en mouvement; pour rendre la manœuvre de la machine facile et sûre, lors de la mise en train et de l’arrêt, et afin de pouvoir en ralentir ou en accélérer le mouvement. L’installation dans ce puits ne laisse rien à désirer : aussi l’établissement de la machine d’Huelgoat, et d’une autre machine du même genre établie à CInusthal à la même époque, par M. Jordan, aidé, comme l'ingénieur français, des conseils de M. de Reichenbach , marque-t-il l’époque des derniers perfectionnements apportés aux machines à colonne d’eau appliquées à l’épuisement des eaux des mines.
L’incompressibilité des liquides n’a pas permis de lier directement aux pistons des machines à colonne d’eau, comme on l’a fait pour les machines à vapeur ou air, les mécanismes qui amènent le déplacement des robinets ou des pistons régulateurs à la fin de chaque excursion. Il a fallu, pour écarter les causes d’arrêts et même de ruptures, employer comme intermédiaires, soit des poids que le piston soulève et qui déplacent le régulateur en retombant brusquement, comme dans les premières machines de Bélidor, de Hôll, etc. soit une machine à colonne d'eau auxiliaire, qui déplace