‹ Exposé de quelquesuns des principaux articles de la Theogonie des Brahmes, contenant la description détaillée du Grand Sacrifice du ChevalChapitre 10 sur 13 · ARTICLE SECOND · texte numérisé non relu

ARTICLE SECOND

Des grandeurs du Gange. Des sacrifices et des pèlerinages quon y doit faire.

Les eaux de ce fleuve sacré possèdent tant de vertus, qu’il suffit d’entendre le récit de ses grandeurs pour obtenir le pardon de ses péchés et l’objet d e tous ses vœux. Celui qui, le matin, en se levant, pen-

sera au Gange , obtiendra, par cette seule pensée, la rémission de toutes ses fautes. Celui qui ne fait pas ses ablutions dans le Gange , qui est la mère du monde, reste toujours souillé; il contracte même une souillure en regardant son propre visage dans un miroir, et doit s’en purifier en regardant dans l’instant le soleil. Celui qui n’a pas vu le Gange, n’est qu’un poids inutile sur la terre, et un homme vertueux ne doit pas manger de son riz, ni boire de son eau. Chose étonnante! on voit desbrahmes aller en enfer, tandis qu’on a le Gange sur la terre. Ne fautil pas être tuut-à-fait aveugle pour courir ainsi à sa perte. Eût-on commis les crimes les plus énormes, il suffit, pour en obtenir le pardon, d’appliquer sur le front un peu de la terre qui a été touchée par les eaux de ce fleuve. Il suffit même , pour obtenir le même effet, de voir un homme qui s’en sera frotté le corps. Oui, je le répète, un peu de la terre du Gange suffit pour purifier tout ce qu’il y a d'hpmmes sur la terre.

Si on ne peut pas commodément faire le bain dans le Gange, il suffit de le rappeler h son souvenir pour obtenir les mêmes fruits. Eufin, celui qui à l’heure

de la mort, fera mettre sur son corps un peu de la terre du Gange , ira sûrement dans le Souargam.

D’un autre côte', celui qui détournera qui que ce soit du pèlerinage au Gange, ira sûrement au Naraca , en enfer , où il restera un million d’années Celui qui commettra quelque péché sur son rivage , n’en obtiendra jamais le pardon. Les péchés commis ailleurs se pardonnent sur les bords du Gange ; mais ceux qui se commettent là sont irrémissibles.

. Les avantages qu’on retire à habiter sur les bords

du Gange, sont si grands, qu’on ne devrait jamais quitter le voisinage de ce fleuve, fût-ce pour se procurer un royaume. Celui qui a le bonheur de mourir dans ces lieux fortunés, ira certainement au Souargam. Celui qui meurt en faisant le bain dans le Gange, ira jouir du même bonheur. Il suflit même de prononcer, à l’article de la mort, le mot Gange, pour être digne d’aller habiter le paradis de Vichnou. Ne fit-on même alors que s’en rappeler le souvenir , ou est sûr d’aller habiter après la mort un lieu de bonheur.

Voici encore d’autres détails sur les grandeurs de ce fleuve sacré. Autant detemsqueles ossemensd’un mort

resteront ensevelis dans le Gange , autant de lenis il jouira , dans le Souargam , du bonheur le plus parfait. Les eaux de ce fleuve remettent toujours les péchés de ceux qui meurent sur ses bords, et quand on meurt en prononçant son nom, on jouit de l’avantage de renaître avec quatre bras.

Si le corps d’un mourant est porté sur le rivage de , ce fleuve, ou plongé dans ses eaux , il est sûr d’obtenir le pardon de tous les péchés qu’il a pu commettre dans cette génération et dans les précédentes.

Voici maintenant ce qui regarde les pèlerinages qu’on doit faire à ce fleuve. Celui qui l’entreprend , ayant fait les préparatifs nécessaires pour cela , jeûnera la veille de son départ, et en partant récitera la prière suivante.

« Déesse Ganga! vous êtes la maîtresse du monde! » Je me mets en route pour aller vous offrir mes » adorations et mes sacrifices ! Faites qüe j’aie le » bonheur d’arriver jusqu’à vous! »

Arrivé sur les bords du fleuve , il l’adorera profondément, et dira :

« Je vous adore, déesse Ganga! Je vous adore, » mère du monde! Vous pouvez remplir mes vœux

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» dans ce inonde et dans l’autre ! Vous êtes l’épouse » de Siva ! C’est vous qui mettez un terme à nos » peines et à nos maux ! »

Après cela, il lui offrira le poudja , rappellera à son souvenir Vichnou, et jettera dans l’eau du lleuve, de la poudre de bois de sandal, des akchatta , des fleurs, de l’encens, une lampe allumée, des fruits, du riz, etc. , célébrera ses louanges au son des instrumens de musique, et n’oubliera rien de ce qui peut contribuer à la solennité du sacrifice qu’il offre à cette déesse , qui a la figure de Vichnou. Avant le sacrifice, il récitera la prière suivante.

« Adoration au Gange! Vous êtes Vichnou, quoi- » qu’on vous voie sous la figure de l’eau. C’est de » vous que dépend notre bonheur ! »

Le sacrifice fini, il donnera aux brahmes de l’or et des vêtemeus , et finira la fête par leur faire servir un grand repas. Tous les péchés de ceux qui offriront ce sacrifice, seront remis et disparaîtront ainsi que la rosée disparaît aux premiers rayons du soleil. Après leur mort, ils iront au Veikontam, où ils prendront la forme de Vichnou et mangeront avec lui. Après avoir habité dans ce lieu de bonheur, cent millions

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d’années, et joui durant ce teins de toute sorte de bonheur, ils iront habiter le paradis de Brahma , où ils jouiront d’uu bonheur que les dieux mêmes leur envieront. Après y avoir été cent millions d’années , ils seront transportés, dans de superbes chars de triomphe, au paradis de Si va, et y jouiront du même bonheur, le même nombre d’années. De là ils passeront au paradis d’Indra, et seront semblables à ce roi des dieux. Ils seront même au-dessus de lui, puisqu’Indra leur offrira des sacrifices, et les fera asseoir sur son trône. Après avoir resté dans le Souargam des millions d’années toujours heureux , ils iront habiter le lieu du soleil , et l'égaleront en éclat et en lumière. Us passeront de là dans le monde de la lune , où, après avoir joui des millions d’années de toute sorte de bonheur, ils renaîtront sur la terre ; mais ce sera sans douleur et sans ressentir les horreurs de la mort. Après leur mort ils iront glorieux'' et triomphans entrer en possession des délices du Mokcham ( Paradis ).

Celui qui mourra sur la route en faisant le pèlerinage au Gange, n’en ira pas moins au Veikontam , après sa mort.

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Voilà (ajoute l’auteur ) les avantages qu’on fetire du pèlerinage au Gange. Celui qui traitera ce récit de fable et de mensonges, commettra un péché dont il n’obtiendra jamais le pardon.

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