EFFETS PRODUITS AU SEIN DES PILES
Réactions réciproques des divers éléments constitatifîn de la pile. — Dans la théorie de la pile que nous avons exposée p. 138, nous avons expliqué de quelle manière les effets électriques sont mis en jeu dans ce système de générateur, et nous n'avons considéré les effets subséquents qui peuvent résulter de ce dégagement électrique, que d'une manière très-superficielle. Nous allons maintenant examiner plus sérieusement cette question.
Certaines personnes croient que le rôle de l'acide entrant dans la composition du liquide excitateur, est d'attaquer plus énergiquement le zinc, et par cette action chimique plus vive, d'augmenter la force électro-motrice du couple : ceci est une erreur. C'est toujours l'oxydation du zinc, par l'oxygène de l'eau qui est la principale cause déterminante du développement de la force électro-motrice ; mais pour que cette oxydation puisse se faire avec énergie^ il faut que l'oxyde de zinc qui en est la suite, puisse disparaître facilement aussitôt formé, en se dissolvant dans le liquide. Or, le rôle de l'acide du liquide excitateur, outre la fonction qu'il remplit en rendant ce liquide plus conducteur, est précisément de favoriser cette dissolution en transformant l'oxyde de zinc, qui est peu soluble en sulfate de zinc qui l'est beaucoup plus; et c'est la quantité d'eau non décomposée qui intervient pour opérer la dissolution du sulfate.
11 résulte de cette triple action, que quand le liquide se trouve saturé par le sel, toute action électrique cesse forcément, quand oien même la dissolution conserverait encore beaucoup d'acidité, et l'on comprend facilement que pour ranimer la pile dans ce cas, il suffit seulement d'ajouter de l'eau à la dissolution. Quelquefois cependant l'addition d'un peu d'acide loi donne une nouvelle énergie, c'est quand il y a eu excès d'eau
dans la dissolution et que l'acide s'est alors trouvé complètement ab^-^risans que la solution ait été saturée. Mais ce cas se présente rarement. Qnmqu'il en soit, on peut conclure que les proportions d'eau et d'acide coisposant le liquide excitateur des piles, doivent être gouvernées de teJlr sorte que le sulfate de zinc qui résulte de Faction de Tappareil, soit cipable de saturer Teau sans qu'il y ait excès d'acide, c'est ce que l'on obtient généralement en acidulant l'eau à 1/10 de son poids.
D'après cette théorie, on comprend facilement que pour placer nn? pile dans ses conditions les plus avantageuses, on devra chercher aufajii que possible à employer pour électrode positive ceux des corps conducteurs qui ont le plus d'affinité pour Toxygène, et pour électrode négative, ceux qui en ont le moins ; mais comme l'arrangement des couples ne comporte pas toujours, siirtout avec les piles à deux liquides^ remploi j des corps qui pourraient convenir le mieux, on devra toujours rechercher ! ceux de ces corps qui présentent respectivement entre eux la plus grande j différence sous ce rapport. Voici, du reste, d'après M. Smée, comment /es ■ métaux peuvent être classés à ce point de vue, en admettant que chacun } des métaux désignés est électro-positif par rapport à tous ceux qui le suivent et électro-négatif par rapport à tous ceux qui le précèdent (1).
Potassium. Fer. Argent.
Baryum, Bismuth. Palladium.
Zinc. Antimoine. Or.
Cadmium. Plomb. Charbon.
Étaîn. Cuivre. Platine.
Cette classification ne se rapporte, bien entendu^ qu'au cas ou ces métaux sont immergés dans des dissolutions acides. Dans d'autres liquides, mêmes acides, il n'en serait plus de même ; ainsi, suivant MM. Bo'éttgeret Kukla, Tantimoine dans l'acide nitrique et sulfurique^ serait le plus électro-négatif des métaux ordinaires. (Voir les Mondes^ tome 18, p. 665.)
Il résulte de ces états électriques différents des métaux les uns par rapport aux autres, que si un métal agit légèrement sur un liquide oxygéné, le cmivre par exemple, et qu'il soit mis en contact arec un métal ayant une grande affinité pour l'oxygène, ce dernier métal étant
(1) Voir le Manuel de gahanopUutiêf de Smée, édition de Roret, p. S4, t. I.
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électro-positif par rapport au premier, se trouve dissous, et le premier
devenu électro-négatif ne peut plus être attaqué par la dissolution.
C'est en se fondant sur cette action galvanique que sir H. Davy avait
cherché à préserver le doublage en cuivre des navires de l'action cor-
Tosive de Teau de mer, en le mettant en contact avec du zinc. M. Smée
croit que c'est à la présence de Fhydrogène à Télectrode négative, que
celle-ci doit son inaltérabilité, et la preuve selon lui, c'est que si on plonge
du cuivre dans un liquide où ce gaz est facilement absorbé, il se trouve
immédiatement attaqué.
Afin qu'on puisse juger de Taction plus ou moins énergique des différents liquides excitateurs sur les métaux, au point de vue du dégagement électrique produit, nous donnons, d'après M. Ed. Becquerel, le tableau des forces électro-motrices développées par eux en'présence de l'eau acidulée avec de Tacide sulfurique, de Teau acidulée avec de l'acide azotique^ d'une dissolution dépotasse caustique, et enfin de l'eau distillée (!).
METAUX
Amalgame de potassiom (mercure 100, poUA* siDin i)
Zioe amalgamé
Zinc pQr pris ponr unité.
Cadmium
Plomb
Ëtain
Fer.
Âlominium. •
Niciiel
Bismuth
Cuivre
Argent
Or
Platine
Biu AciouLie
avec l'acide
sulfurique
(eau9, acidel).
EACT ACIDULés
avec l'acidd azotique (eau 10, acide 1).
IOi,l
DISSOLCTIOir
de potasse caustique (eau i, potasse 1).