I. Télégraphes a échappement
La plupart des appareils appartenant à cette catégorie sont organisés d'une manière analogue, quant à la disposition du mécanisme compositeur : c'est toijgom'S un échappement commandé par un électro-aimant qui permet à un mécanisme d'horlogerie d'entruner sur un arc plus ou moins étendu, en rapport avec le nombre des émissions produites, la roue des types, absolument comme dans un télégraphe à cadran ordinaire. La dis* position des pièces, le nombre des rouages et les organes électronmagnètl* ques varient seuls. Mais il n'en est plus de même du dispositif destiné à fedre fonctionner le mécanisme imprimeur au mometit de l'arrêt du méca* nisme compositeur.
Dans le télégraphe de M. Bain, la fonction de ce mécanisme imprimeur est déterminée par un régulateur à force centrifuge (analogue à ceux des machines à vapeur), sous l'influence d'un temps d'arrêt de la roue des types suffisamment prolongé. Dans l'appareil de M. Brett, cette fonction s'accomplit par l'iiitermédiaire d'un appareil hydraulique dont les mouvements ascen-* dants s'opèrent avec facilité, et dont les mouvements descendants s'efiEectuent avec lenteur. Cette lenteur est suffisante pour empêcher le dédanchement du mécanisme imprimeur quand les lettres passent rapidement, mais elle devient impuissante à maintenir ce mécanisme, quand la transmission de la lettre s'effectue avec un temps d'arrèt< Dans le système de M. BiemenS/ c'est la force d'inertie magnétique des gros électro-aimants qui a été utilisée dans ce but. Dans le télégraphe de MM. Freitel et Giordano» le problème a été résolu par la tension inégale des ressorts antagonistes des armatures
commandant les deux mécanismes compositeur et imprimeur; alors ce sont deux piles d'inégale puissance qui déterminent la double réaction. Dans lo télégraphe que j'ai imaginé en 1853, comme dans ceux de MM. Digney, Mouilleron, Quéval, etc., les fonctions du mécanisme compositeur se font sous l'influence du courant dirigé dans un certain sens, tandis que les fonctions du mécanisme imprimeur s'effectuent sous l'influence du même courant dirigé en sens contraire. Enfin, dans les systèmes télégra* phiques de MM. Dujardin et Régnard, le mécanisme compositeur est mis en action sous l'influence d'inversions successives du courant, tandis que rimpression résulte de rinterruption complète de ce dernier.
Quant au mécanisme imprimeur lui-même, il se compose d'im piston élastique mis en mouvement, soit directement par l'armature d'un électroaimant spécial, soit par une excentrique, faisant partie d'un second mécanisme d'horlogerie déclanché sous l'influence de l'une des réactions dont nous avons parlé précédemment.
Le mécanisme gouverneur de la bande de papier consiste généralement dans un laminoir entre lequel passe la bande de papier et sur lequel réagit un encUquetage à roue à rochet mis en jeu par le piston imprimeur luimême au moment de son recul. Les dents du rochet sont alors calculées de manière à faire avancer les cylindres du laminoir d'une quantité suffisante pour que les différentes lettres puissent se juxtaposer convenablement les unes à côté des autres.
Le mécanisme encreur des télégraphes imprimeurs a été disposé de plu* Bieurs manières; mais le système le plus généralement usité est celui dont nous avons déjà parlé p. 107, au sujet du télégraphe de MM. Digney. On a aussi employé le système des bandes de papier plombagine interposées entre la roue des types et le piston imprimeur.
Sans vouloir discuter en aucune manière la valeur relative des différents systèmes d'appareils dont nous venons de parler, nous devrons faire observer que, dans la plupart, la mise en action du mécanisme imprimeur étant le résultat d'une action physique souvent très-capricieuseï et étant déterminée à la suite d'un temps d'arrêt livré à l'appréciation de l'expéditeur, on ne peut avoir une grande confiance dans la sûreté des transmissions ainsi effectuées, et, suivant moi, il n'y a de véritablement pratiques que les sys* tèmes qui mettent à contribution, pour cette fonction si délicate^ une action électrique déterminée sous Tinfluence d'une manipulation définie. C'est donc dans les impressions produites sous l'influence de renversements ou d'interruptions de courants que Ton devra chercher la solution pratique des télégraphes imprimeurs à échappement^ et nous verrons que plusieurs des m 14
systèmes que nous allons décrire, entr*autres celui de M. Dujardin et celui de M. d'Arlincourt, se trouvent précisément dans ces conditions.
Pour qu'on puisse se foire une idée bien nette de ces sortes d'appareils, nous allons en décrire un avec détails, et nous prendrons pour type, en raison de sa simplicité^ le système de MM. Digncy que je décrivais de la manière suivante dans un rapport fait à la société d'encouragement en 1859.
« Le système imprimeur de MM. Digney a été combiné de manière à s'adapter aux télégraphes à cadran actuellement en usage sur les chemins de fer, sans nécessiter pour son installation aucun changement dans leur mécanisme déjà existant et dans leur disposition; ce qui est un grand avantage, puisque la manipulation de ces télégraphes n'exige plus dès lors une étude particulière.
<c Le récepteur du télégraphe à cadran des chemins de fer se compose, comme on le sait, d'un mouvement d'horlogerie à cinq mobiles, dont le dernier porte une roue d'échappement que commande, par l'intermédiaire d'une ancre et d'un levier muni d'une armature de fer doux^ un électroaimant. C'est sur Taxe de cette roue d'échappement que se trouve fixée
Fig. 84.
l'aiguille indicatrice. Tout le mécanisme d'horlogerie est, d'ailleurs, monté entre deux platines verticales de cuivre, terminées par une plaie-forme sur laquelle se trouve installé l'électro-aimant, dont les fers peuvent être avancés plus ou moins près de l'armature au moyen d'une vis de rappel qui les fait glisser dans les bobines. Dans le télégraphe de MM. Digney, même dispo-
TÉLÉGRAPHES IMPRIMEURS. %\i
sition, seulement le mécanisme imprimeur est en plus^ et il est placé en dehors de Tune des platines servant de supports à Tappareil, comme on le TOit fîg. 84 ci-contre. Ce dernier mécanisme est donc entièrement indépendant du récepteur télégraphique, et celui-ci ne diffère de celui des télégraphes ordinaires qu'en ce que, au lieu d'un échappement de treize dents, il y a un échappement de vingt-six dents, et que, au lieu d'un électro-aimant ordinaire à deux bobines, on a employé deux électro-aimants droits, accouplés par leurs pôles contraires et reliés ensemble par une traverse de cuivre. Ces changements étaient commandés d'une part, parce que, Timpression des lettres ne pouvant se faire que sur une ouverture ou une fermeture du courant, il fallait que les lettres arrivassent au repère dans les mêmes conditions ; d'autre part, parce qu'un système double d'électro-aimants droits, présentant quatre pôles libres, pouvait produire deux effets magnétiques différents, condition nécessaire pour le jeu distinct du mécanisme compositeur et du mécanisme imprimeur.
a Pour obtenir ce dernier résultat, il suffisait, en effet, de placer aux deux extrémités de ce système magnétique deux armatures aimantées P et P' disposées d'une manière diamétralement opposée, par rapport aux pôles de rélectro-aimant, et gouvernant, l'une P' Téchappement du télégraphe, l'autre P le mécanisme imprimeur. Toutefois, par une raison de simplification de construction qu'il est facile d'apprécier, MM. Digney ont fait en sorte que cette dernière fonction ne se fît pas directement; de sorte que Tarmature appelée à réagir sur le mécanisme imprimeur ne joue, par le fait, que le rôle d'un relais pour fermer le courant d'une pile locale à travers un électroaimant spécial E dont nous allons voir le rôle. Avant de décrire cette partie du mécanisme, je dois faire remarquer que la disposition des armatures, dans l'appareil de MM. Digney, est tout à fait particulière. Au lieu d'être mises en jeu par attraction, elles ne fonctionnent que sous Tinfluence de la répulsion; d'où il résulte que leur ressort antagoniste, au lieu de réagir contrairement à la force électro-magnétique, réagit dans le même sens qu'elle et tend à détruire la réaction trop énergique de l'armature sur rélectro-aimant, réaction qui provoque le rappel de cette armature à sa position initiale lorsque le courant est interrompu. Cette disposition d'armature et d'électro-aimant présente cet avantage que toute la force magnétique développée par l'hélice magnétisante (dont la longeur est une quantité donnée) est utilisée intégralement et concentrée sur le même fer d'électroaimant, de manière à lui faire produire deux effets différents; or, ceci n'a pas lieu quand on emploie, dans ce but, deux èlectro*aimant8 distincts en communication l'un avec Tautre. La force de Félectro-aimant, d'ailleurs, n'est
TELEGRAPHES IMPRIMEURS.
pas diminuée, car ces armatures, en réagissant sur les pôles de celui-ci, se comportent à tour de rôle comme le ferait la traverse de fer qui réunit les deux branches des électro-aimants en fer à cheval ordinairement employés. « Le mécanisme imprimeur, dans l'appareil de MM. Digney^ se compose : i^ d'une roue des types D montée sur l'axe même qui porte la roue d'échappement N, et qui se prolonge, à cet effet, au delà de la platine interne de l'appareil; 2« d'un tampon T imprégné d'encre grasse, adapté à rextréinité d'une fourchette articulée, et appuyant de son propre poids sur la roue des types; 3« d'un système de laminoir pour la traction de la bande de papier, lequel est composé de deux rouleaux, dont l'un, le supérieur, est placé à l'extrémité d'un petit châssis articulé muni d'un contre-poi Js, et dont l'autre porte sur son axe deux roues à rocliet destinées à le faire mouvoir; 4» d'un électro-aimant imprimeur E', qui réagit sur une bascule d'encliquetage P'L (avec cliquets de sûreté), appelée à faire mouvoir les roues à rochet du laminoir. Ces différents organes, très-bien entendus dans leur disposition, prennent très-peu de place et donnent toute facilité pour le maniement do la bande de papier qui s'imprime.
« Le jeu de cet appareil se comprend aisément : Sous l'influence du courant dirigé dans un certain sens, la roue des types est mise en mouvement,
et la lettre indiquée par l'aiguille du télégraphe se trouve amenée devant le marteau de rélectro-aimant imprimeur ; mais en ce moment, et cela par l'effet d'un jeu du manipulateur que nous allons analyser h l'instant, le courant se trouve renversé ; l'armature relais entre en fonction et ferme le courant de la pile locale à travers Tôleclro-aimant imprimeur; l'armature de celui-ci porte la bande de papier, qui passe au-dessous de la roue des types, contre celle des lettres (dont est munie cette roue), qui est placée en ce moment en face d'elle. Cette lettre s'imprime, et, lorsque le levier redescend, il réagit EUT la bascule d'encliquetage qui fait avancer d'un cran les roues à rochet du laminoir et, par suite, la bande de papier.
tt Le manipulateur du télégraphe de MM. Digney, représenté fig. 85, est exactement le même que celui des télégraphes à cadran des chemins de fer; seulement le nombre des fermetures du courant qu'il produit est double de celui des manipulateurs ordinaires, et comme il doit fournir des inversions
Fig. 86.
TfiLËGIlAPIIES IMPRIM£UHS. 213
de courant, plusieurs pièces accessoires ont dû lui être ajoutées. Sans nous arrêter à ces accessoires, qu'il serait trop long de décrire, je dirai que tous les mouvements du levier interrupteur produits par la rotation de la maniyelic sur le cadran, ont pour résultat deux contacts, dont Tun, celui qui cor* rcspond à la position de la manivelle sur la lettre, réalise Tinversion du courant à travers ce même récepteur, quand toutefois la manivelle se trouve abaissée sur le cadran ; encore faut-il, pour cela, que la dent dont elle est munie s'enfonce dans Tune ou Tautre des coches du diviseur qui correspond (lent aux différentes lettres de ce cadran. Quand cet abaissement n'a pas lieu, Tinversion ne s'effectue pas, et par conséquent aucune impression n'est produite au récepteur. Il ne s'agit donc pour faire manœuvrer cet appareil que de promener la manivelle au-dessus du cadran quand on cherche la lettre, en ayant soin de la maintenir un peu élevée, et de l'abaisser, au moment où elle est arrivée devant la lettre. Cette manœuvre, du reste, ne diffère en rien de celle des télégraphes ordinaires. D'un autre côté, comme la dent de cette manivelle est munie d'une plaque d'ivoire, le degré d'éléva^ tion de cette manivelle au-dessus du cadran est sans importance pour le fonctionnement régulier de l*&pparcil. »
Pour rendre l'appareil précédent susceptible de fonctionner sans réglage, MM. Digney ont adapté au récepteur Télectro-aimant de M. Siemens^ que nous avons si souvent décrit, et ont employé pour manipulateur celui de leur télégraphe sans réglage dont nous avons parlé p. 44. Avec ce système, l'impression ne peut plus se produire sous l'influence d'un renversement de sens du courant; mais au moyen d'un relais disposé toujours d*après le système de M. Siemens et k travers lequel le courant de ligne peut se dériver une fois que Tarmature de Télectro-aimant du récepteur se trouve attirée (soit d'un côté, soit de l'autre), le problème peut se trouver résolu. Il résulte en effet de cette disposition que le courant qui anime l'électroaimant du relais est d'une durée beaucoup plus courte que celui qui anime l'électro-aimant du récepteur, et de plus il est infiniment plus faible; il arrivera donc que, quand les émissions de courant se succéderont rapidement dans celui-ci, le relais ne pourra fonctionner, et que le contact appelé à fermer le courant de la pile locale h travers l'électro-aimant imprimeur ne pourra être dans les conditions voulues, que quand Tarmature de Télectroaimant du récepteur s'arrêtera pendant quelques instants, c'est-à-dire au moment où la letfre signalée devra être imprimée.
Télég^raphe imprimeur de M. Wheatstone. — Comme nous l'avons déjà dit, c'est en 1840, que M. Wheatstone a fait breveter son premier télégraphe imprimeur qui était extrêmement ingénieux pour l'époque,
et il est réellement surprenant que Ton n'en trouve aucune description dans les traités spéciaux. Pourtant cet appareil n*est pas demeure à Tétat de simple conception : il a été exécuté, et j'ai pu le voir parmi tous les appareils du savant physicien anglais; sa description est même parfaitement claire dans la patente supplémentaire prise par M. Wheatstone en 1841.
Dans le premier appareil de ce savant, le mécanisme compositeur était combiné d'une manière tout à fait semblable à celui des récepteurs^ cadran mobile du même auteur que nous avons décrits dans le chapitre II, p. 28; seulement le cadran (ou Taiguille indicatrice) était remplacé par un disque muni de lames flexibles, en nombre égal à celui des lettres de i'alphabet, et portant chacune à leur extrémité libre, Tune des lettres de Talphabet en relief. L'une de ces lames, pourtant, ne portait aucune lettre et était, en conséquence, réservée pour les blancs; c'était celle correspondant à la croix. Cet ensemble de lames, qui constituait une sorte de roue des types, était monté sur un axe plus long que celui qui portait Taiguille indicatrice du télégraphe à cadran ordinaire, car il devait se trouver à portée du mécanisme imprimeur qui était placé en avant de l'appareil sur un bâti spécial.
Ce dernier mécanisme consistait d'abord dans un cylindre monté sur un axe taillé en pas de vis, lequel étant mis en mouvement par un pignon de même longueur que lui et par une roue adaptée à Tune de ses bases, pouvait, en tournant, avancer le long de son axe et présenter devant la roue des types un point toujours nouveau.
Le mouvement de ce cylindre était commandé par un mécanisme d'horlogerie soumis à l'influence d'un électro-aimant qui, au moment d'une fermeture du courant, dégageait une détente. Le mécanisme devenu libre provoquait, à Taide d'un doigt adapté à la roue du troisième mobile, d'abord le mouvement saccadé du cylindre, et en second lieu l'écart du levier du marteau imprimeur, qui, après Técuappement de ce doigt, venait frapper, par derrière, celle des lames de la roue des types en ce moment devant lui. Si le cylindre était recouvert d'une feuille de papier et que celle-ci fut à son tour enveloppée d'une feuille de papier plombagine, ce choc devait avoir pour conséquence Timpression de la lettre.
Dans ce premier système de M. Wheatstone, le mécanisme compositeur et le mécanisme imprimeur fonctionnaient sous l'influence de deux circuits différents, et, en conséquence, en faisant arriver le type à imprimer devant le cyUndre à l'aide du manipulateur déjà employé pour les télégraphes à cadran, puis on imprimait à l'aide d'une clef spéciale, analogue à la clef Morse, qui faisait fonctionner le mécanisme que nous avons décrit précédemment; mais dans le second appareil qu'il construisit en 18il, il put imprimer
TÉLÉGRAPHKS IMPRIMEURS. 215
avec un seul circuit, en employant rintermédiaire d*un rhéotome qui fut, du reste, employé depuis dans plusieurs autres de ses inventions. Ce rhéotome consistait dans un frotteur métallique mis en mouvement de rotation autour d'un disque d'ivoire, par le mécanisme d'horlogerie de l'appareil imprimeur au moment de sa détente. Ce disque portait, en un certain point de sa surface, deux secteurs métalliques mis en rapport Tun avec rélectro-aimant du mécanisme imprimeur, l'autre avec l'électro-aimant du mécanisme compositeur, et comme ces deux électro-aimants communiquaient d'ailleurs avec la ligne, tandis que le frotteur du rhéotome communiquait à la terre, il en résultait qu'au moment de la transmission, et, alors que le premier courant était envoyé à travers le circuit, le mécanisme imprimeur se trouvait déclanché et le rhéotome était mis en mouvement. Le frotteur de ce rhéotome qui, au moment du déclanchement, était en contact avec le secteur deTélectro-nimant imprimeur, quittait alors ce secteur pour se porter sur le second, et comme son contact avec ce dernier pouvait durer quelques instants, on avait tout le temps de faire fonctionner le mécanisme compositeur, alors introduit dans le circuit, et d'amener devant le cylindre imprimeur la lettre qu'on voulait transmettre. Pendant ce temps le mécanisme imprimeur réagissait sur le cylindre et sur le marteau, de manière à les disposer convenablement pour fournir l'impression; après quoi le frotteur du rhéotome ayant accompli sa révolution, se trouvait de nouveau placé sur le premier secteur et en position de permettre au mécanisme imprimeur de fournir une nouvelle action.
Sans doute, ce système devait entraîner beaucoup de pertes de temps et une transmission trcs-lente, mais il renfermait en lui les éléments physiques et mécaniques de tous ceux qui ont été imaginés depuis, et qui n'en sont que des perfectionnements.
Les fig. 86 et 87 représentent les deux faces du télégraphe imprimeur de M. Wheatstone, tel que je l'ai vu, en 18G2, dans son laboratoire. C'est la réalisation matérielle de celui qui a été représenté dans le brevet pris en 1841. 11 m'a paru curieux, comme histoire de l'art, de reproduire ce premier type pour qu'on puisse voir par quels perfectionnements successifs une première idée, dans l'origine peu applicable, peut finir par devenir pratique, quand chacun lui a apporté sa part de lumières. La figure 86 représente la partie du mécanisme qui détermine l'impression ; le cylindre enregistreur est on avant de la figure, et comme il aurait pu cacher les mécanismes, nous Tavons supposé brise, mais une ligne ponctuée indique sa longueur. Le long pignon qui donne le mouvement à ce cylindre est en P P, et son axe porte une roue à rochet r (retenue par un ressort d'encliquetage), qui avance d'un
TËLËGRAPHES IMPRIMEURS.
cran après chaque impression, sous l'influence d'une cheville adaptée à un disque a. Ce disque reçoit son mouvement du mécanisme d'horlogerie par rintermédiaire d'un engrenage rectangulaire G et d'une tige horizontale f. La vis sans fin du cylindre enregistreur qui le fait avancer suivant sa génératrice se voit en V.
La roue des types avec ses lamelles flexibles se voit en R, et la roue d'échappement qui la commande en U. L'échappement est à chevilles, et
Fifr. 86.
Tancre e qui le commande est constituée, comme dans les télégraphes Brcguet, par deux doigts qui enfourchent la roue. L'électro-aimant qui met en action cette ancre est en Eet son ressort antagoniste en t/; la tension de ce dernier peut être réglée par une vis dont on voit la tête en c, ' Le marteau imprimeur est derrière la roue des types à l'extrémité d'une longue tige M; il est ponctué sur la figure, et sa lige est adaptée à un axe horizontal z qui porte d'abord un ressort enroulé A, tendant à le pousser énergiqueraent contre la roue des types, en second lieu une excentrique N reliée à Tun des mobiles du mécanisme d'horlogerie, et qui réagit, un peu avant l'impression, pour écarter la tige M et provoquer le coup de marteau. Cette action s'effectue par l'intermédiaire d'une tige { adaptée au bras N de cette excentrique et qui, étant articulée en un certain point d'un
TtLÉGRÂPHËS IMPRIMEURS,
disque d, peut être soulevée par rabaissement d'une came D sous rinfluence d'une roue P, montée sur Taxe du rbéotome. Quand la came a échappé, le marteau imprimeur tombe sur la roue des types comme le marteau d*un limbre à échappement. Une vis de réglage b permet de régler convenablement la position du marteau à l'état normal.
Les roues à rochet B et B' sont les encliquetages pour le remontage des deux mouvements d*horlogerie.
La figure 87 représente Tautre face de l'appareil; on aperçoit dans le coin
Fig. 87.
à droite de la vis V du cylindre enregistreur, le bout du pignon P et les roues a et r qui donnent au cylindre son mouvement de rotation. L*électro-aimant qui commande Téchappement de la roué des types est en E; Télectro-aimant du mécanisme imprimeur en F. L'armature u de ce dernier est tixée sur une pièce articulée en g, qui porte une fourchette F à deux bras de détente, pour le double dégagement du mécanisme d'horlogerie commandant le jeu du rhéotome Y. Le premier dégagement est effectué en v sur la roue X qui appartient au dixième mobile de ce mécanisme; le second se produit en i sur la roue du rhéotome adaptée au troisième mobile. Cette roue ainsi que l'aiguille frottante / est en rapport avec le fil de ligne, et les contacts y et o avec les deux électro-aimants, qui communiquent d'autre part à la terre par le bouton T. Les contacts h etk n'ont pas de destination pour le récepteur
dont nous nous occupons, maïs ils pourraient être employés pour mettre en action d'autres appareils, deux alarmes par exemple; ils communiquent, a cet effet, avec deux boutons d'attache particuliers L' L'.
Lo ressort antagoniste de la pièce F et de 1 armature u est constitué par la lame de ressort 5 dont la pression peut être réglée au moyen d'une vis. La vis p sert à régler la position de Télectro-aimant E par rapport à son armature. A cet effet, cet électro-aimant est monté sur une plaque métallique qui glisse dans une rainure en queue-d aronde a*laptée à la couverture de Tappareil.
Le jeu du rhéotome Y se comprend aisément. En temps de repos Taiguille / est sur le contact g, et, sous rinfluence du courant envoyé, le mécanisme d'horlogerie qui doit produire Timpression est mis en action, et par suite le rhéotome Y fonctionne. Quand Taiguille / passe sur le contact A*, une sonnerie peut être mise en marche, puis quand elle arrive sur le long contact 0 o, le courant est renvoyé dans Télectro-aimant E qui fait marcher la roue des types jusqu'à ce que la lettre transmise soit arrivée devant le marteau imprimeur. Alors, quand le rhéotome est sur le point d'avoir accompli sa course, Timpression est effectuée par suite du déclanchement du marteau imprimeur.
Téléi^paplie imprimeup de M* Brett. — Le télégraphe imprimeur de M. Brett parait être le premier type pratique des télégraphes à échappement. Ceux que nous voyons naître tous les jours n'en sont que des dérivations plus ou moins heureuses, et sa disposition générale a toujours été plus ou moins conservée. A Tépoque où il a été présenté, c'est-à-dire en 1850, il se composait d'un mécanisme d'horlogerie à trois mobiles dont le dernier portait la roue des types, laquelle constituait en même temps la roue d'échappement. En face de celte roue se trouvait le rouleau imprimeur muni d'une roue à rochet dont l'axe était relié par une traverse à une excentrique faisant partie d'un second mécanisme moteur. Ce mécanisme était lui-même commandé par une détente, qui était reliée à un système hydraulique analogue au piston de la pompe des prêtres, lequel avait pour effet de permettre aux mouvements de bas en haut de s'effectuer avec facihté et d'opposer une résistance à ceux qui s'effectuaient en sens opposé. Comme cet appareil était relié à un long cliquet qui appuyait sur les chevilles de la roue d'échappement, il arrivait que quand celle-ci tournait avec une certaine vitesse, les dépressions de ce cliquet dans les intervalles entre les chevilles étaient trop peu accentuées pour agir sur la détente du mécanisme imprimeur, et ce n'était que pour un temps d'arrêt suffisant, que le mécanisme hydraulique laissait tomber le cliquet assez bas
pour dégager cette détente et provoquer Timpression, par le rapprochement du rouleau imprimeur de la roue des types. Quand cette impression se produisait, la tige de l'excentrique, en réagissant sur un encHquetage, disait avancer la bande de papier de l'intervalle d'un entre-lettre, comme du reste cet effet est produit dans la plupart des télégraphes imaginés depuis.
Le transmetteur de ce télégraphe a été combiné de plusieurs manières par M. Brett. D'abord il était à clavier, comme celui de M. Froment que nous avons décrit p. 39, puis il s'est trouvé transformé en manipulateur, à cadran mobile, analogue à ceux que M. Breguet avait adoptés primitive* ment pour ses télégraphes à cadran.
Téléi^mphe imprimeur de MM. Mouilleron et Gmassia* -- Pour éviter les inconvénients résultant de la multiplicité des mouve* ments de la fourchette d'échappement, du temps perdu par suite des distances souvent très-grandes qui séparent les différentes lettres qu'on a à transmettre, enûn de la nécessité de la remise au repère après l'impression de chaque lettre, MM. Mouilleron et Gaussin se sont imaginé de répartir les 25 lettres de l'alphabet sur cinq roues des types indépendantes, laissant au maoipulateur le soin mécanique de faire marcher telle ou telle de ces roues suivant le caractère désigné. De cette manière, chaque lettre n'exigeait au plus, pour arriver au repère, que cinq doubles échappements, ce qui. accélérait la vitesse de transmission télégraphique dans le rapport de i à 5. Comment obtenir une pareille réaction par l'intermédiaire d'un seul fil ? Telle était la grande difficulté du problème, difficulté d'autant plus sérieuse que le manipulateur devait avoir trois fonctions à remplir : !• de faire placer devant le repère celle des cinq roues portant le caractère désigné; 2* de faire tourner cette roue de la quantité voulue pour y faire arriver la lettre ; 3^ de solliciter en ce moment-là le mécanisme imprimeur.
Pour résoudre ce problème, MM. Mouilleron et Gaussin ont rendu les cinq roues des types du récepteur mobiles dans deux sens différents, c'està-dire, susceptibles d'être déplacées latéralement dans leur mouvement de r(»tation. Cet effet pouvait être obtenu à Taide d'un axe creux mobile, dans le sens longitudinal, sur une broche, et muni à ses deux extrémités <fe tiges portant dos dents de rochet. Ces tiges, en effet, pouvaient subir de cette manière, dans une position déterminée, la réaction d'un encliquetage mécanique commandé par un électro-aimant. La broche portant cet axe creux pouvait d'ailleurs porter une roue d'échappement de cinq dents commandée également par un électro aimant, et être mise en mouvement par un mécanisme d'horlogerie analogue à celui des autres télégraphes^ Quant au mécanisme imprimeur, il devait se trouver confiné en face de
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Tune des roues extrêmes et rester fixe, pour être soumis seulement à l'électro-aimant destiné à réagir sur lui.
Avec une pareille disposition, supposons que le courant envoyé d'abord par le manipulateur dans un sens déterminé traverse les électro-aimants des deux premiers mécanismes que nous avons décrits, de telle manière qu41 fasse marcher seulement Tencliquetage réagissant sur Taxe creux des roues des types, il arrivera que pour une seule fermeture du courant cet axe creux avancera d'un cran, et alors la deuxième roue des types se présentera devant le mécanisme imprimeur; pour deux fermetures, la troisième roue se substituera à la seconde ; pour trois fermetures, ce sera la quatrième roue qui sera substituée ; enfin, pour quatre fermetures, ce sera la cinquième. Ainsi, suivant que le manipulateur fermera 1, 2, 3 et 4 fois le courant dans le sens voulu, pour faire marcher le mécanisme en question, on pourra fieûre avancer devant le mécanisme imprimeur celle des cinq roues des types qu'on désirera. Maintenant, en inversant le courant, on pourra faire réagir le manipulateur sur le mécanisme commandant la rotation des roues des types, et suivant que ce courant sera fermé 1, 2, 3, 4 ou 5 fois, on pourra faire avancer devant le repère la lettre désignée. Pour obtenir l'impression de la lettre, MM. Mouilleron et Gaussin ont usé d'un artifice assez ingénieux. Ne pouvant plus disposer de l'inversion directe du «courant, puisque cette inversion était utilisée à la marche du premier mécanisme, ils ont eu recours à une pile locale, et pour la mettre en action ils ont fiait en sorte (au moyen d'un rhéotome) de couper le circuit à travers Télectro-aimant du premier mécanisme au moment de la rotation des roues des types. Par ce moyen, une nouvelle inversion du courant de ligne pouvait exercer son effet sur un électro-aimant relais, et celui-ci pouvait mettre en jeu, avec une pile locale, le mécanisme imprimeur. Ce mécanisme, à son tour, par une réaction secondaire qu'il est facile do deviner, pouvait repousser la fourchette d'échappement, et tout en ramenant les roues des types à leur position initiale, il pouvait rétablir la communication du circuit de ligne avec Télectro-aimant du premier mécanisme.
Le manipulateur appelé à réagir mécaniquement sur le récepteur précèdent d'une façon aussi complexe, se compose de 5 leviers à manche, articulés à l'intérieur d'une botte en quart de cercle à travers laquelle ils ressortent par des rainures. Le couvercle circulaire de cette boîte porte gravées sur cinq lignes verticales h mi-longueur des rainures, les 25 lettres de l'alphabet, et chacun des leviers est muni d'une bascule à ressort qui, en se promenant dans des entailles sinueuses pratiquées sur des cloisons métalliques, séparant la botte en cinq compartiments, réalise trois effets différents. D'abord,
TÉLËGRÂPUES IMPRIMEURS. 221
avant que chaque levier atteigne la première lettre du compartiment auquel il appartient, il opère suivant son numéro d'ordre 1, 2, 3, 4 fermetures de courant dans le sens voulu pour faire marcher le mécanisme du récepteur commandant la pose des roues des types. Le premier levier n'opère, il est vrai, aucune fermeture du courant, mais le deuxième levier en opère une, le troisième en opère deux, enfin le cinquième en opère quatre. Quand ces leviers arrivent à la hauteur des lettres gravées sur la boite, le courant se trouve renversé et fermé une fois pour la première lettre, deux fois pour la deuxième, trois fois pour la troisième, etc. Aussitôt que l'on ramène ces leviers à leur position iniliale, la bascule dont ces leviers sont armés échappe les entailles des cloisons de manière à renverser de nouveau le courant, et c'est cette dernière inversion qui détermine l'impression, ainsi que nous Tavons expliqué précédemment.
Le second appareil de MM. Mouilleron et Gaussin se rapproche davantage des télégraphes imprimeurs ordinaires et particulièrement de celui que j'ai imaginé en 1853. Dans cet appareil, le mécanisme compositeur fonctionne comme celui des télégraphes à cadran sous Tinfluence du courant dirigé dans un certain sens, et le mécanisme imprimeur fonctionne sous l'influence du courant renversé. Seulement, après Taction de ce dernier mécanisme, la roue des types se trouve repoussée sous Tinfluence du retour du marteau imprimeur, en dehors delà fourchette d'échappement, et revient au repère, sollicitée qu'elle est par un ressort boudin.
Le manipulateur de cet appareil est analogue aux manipulateurs des télégraphes à cadran construits par M. Breguet : c*est un disque mobile qui porte la roue à gorge sinueuse qui réagit sur le levier interrupteur (voir la description des télégraphes à cadran, page 35). La manivelle qui met en mouvement ce disque tourne comme à Tordinaire au centre du cadran fixe sur lequel sont gravées les lettres de l'alphabet, mais elle doit être toujours ramenée au repère après chaque signalement de lettre. Dans le premier mouvement de la manivelle, le disque opère le nombre voulu de fermetures et d'interruptions de courant pour la marche de l'appareil récepteur, et ce n'est que quand on ramène la manivelle au repère, que celle*ci réagit sur un commutateur particulier qui, en renversant le courant, fait marcher le mécanisme imprimeur.
Cette disposition télégraphique a été reproduite avec quelques variantes par MM. Grimaux, Quevai, Thompson, etc.
Télégraphe imprimeur de H. Roosse* ^ Ce télégraphe, comme plusieurs autres du même genre, a la disposition d'un Morse ordinaire, et il fonctionne par échappement. A cet effet, une roue a rochetde treize dents
est fixée sur ravant-dernier mobile; mais contrairement aux dispositions ordinaires, l'axe de cette roue ne porte pas la roue des types. Celle-ci est fixée sur un axe particulier qui reçoit son mouvement par l'intermédiaire d'une roue engrenant avec une autre roue d'égal diamètre et d'assez grande épaisseur, fixée sur Taxe de la roue d'échappement. C'est pour pouvoir ramener facilement la roue des types au repère que cette disposition a été adoptée. Effectivement, par ce moyen, il suffit de pousser un peu Taxe de cette roue d'échappement à l'aide d'une pédale, pour que l'effet en question soit réalisé; car alors la roue à rochet peut se trouver dégagée de son encliquetage, et comme la roue qui communique le mouvement à la roue des types est épaisse, celle-ci ne cesse pas pour cela d'être engrenée.
Le système électro-magnétique qui produit l'échappement est le système sans réglage que j'ai imaginé et qui a été décrit p. H ; mais il constitue en même temps un interrupteur du courant de la pile locale destiné à faire fonctionner le mécanisme imprimeur. Celui-ci consiste d'ailleurs dans un mécanisme analogue à ceux dont nous avons précédemment parlé; c'est un électro*aimant dont le levier portant l'armature pousse un tampon élastique contre la roue des types, et a pour effet secondaire de faire avancer, après chaque impression, la bande de papier conduite par un laminoir. En outre de cette double fonction, ce levier a encore pour effet de faire réagir un rhéotome disjoncteur disposé de manière à couper le circuit de la pile locale immédiatement après l'impression de la lettre, c'est-à-dire aussitôt que l'électro-aimant devient inerte. De cette manière, Faction mécanique de l'impression est nettement produite et se trouve indépendante des circonstances extérieures. Pour refermer le circuit après qu'il a été ainsi ouvert,. une roue à cames a été adaptée à Taxe de la roue des types, et les cames de cette roue réagissent sur le rhéotome en sens inverse du levier. Voici maintenant comment le jeu du mécanisme imprimeiur se trouve déterminé.
Le courant de la pile locale qui doit animer l'électro-aimant imprimeur passe, comme on l'a vu, par le levier de Télectro-aimant commandant Téchappement et son butoir d'arrêt; mais il passe en outre par Tencliquetagc et la roue d'échappement elle-même. Il en résulte que pendant la transmission il se produit une série de fermetures de courant qui, en raison de leur courte durée, ne peuvent faire fonctionner l'électro-aimant ixprimeur; mais lors de chaque arrêt momentané de la roue d'échappement, cette fermeture devient assez longue pour que l'électro-aimant imprimeur puisse agir» et celui-ci est mis en action ainsi qu'on l'a vu précédemment. En définitive, ce jystème d'impression, comme celui de MM, Siemens,
TÉLÉGRAPHES IMPRIMEUHS. 223
fireguet, etc., est fondé sur la paresse des électro-aimants imprimeurs.
Le manipulateur de Tappareil de M. Rousse est à clavier circulaire, comme ceux de MM. Siemens, Renoir, Breguet, Wheatstone et autres, et n'offre d'ailleurs rien de particulier.
Télég^raphe imprimear de M. Giordano. — M. Giordano, ancien interprète du génie militaire français à Constantinople, a construit un télégraphe imprimeur, qui, comme ceux de MM. Dujardin et Digney, fonctionne avec des courants alternativement renversés. La disposition du récepteur, quant à sa forme, se rapproche de celle du télégraphe Morse : mais elle n^offre rien de particulier quant aux effets mécaniques produits. C'est toujours un mécanisme d^horlogerie qui met en mouvement une roue des types en aluminium, sous l'influence d'un échappement commandé par un système électro-magnétique analogue à celui du père Cecchi, et c'est un second électro-aimant réagissant sur un mécanisme d'horlogerie particulier qui fournit les impressions, sous l'influence du courant transmis.
Le manipulateur, comme ceux de MM. Digney, Dujardin, etc., n'est aijtre chose qu'un manipulateur de télégraphe à cadran ordinaire, disposé de manière à transmettre des courants alternativement renversés, quand on promène la manivelle d'une lettre à Tautre, mais qui est susceptible de fournir le renforcement du courant transmis, par l'addition du courant d'une seconde pile, quand on abaisse la manivelle. Pour obtenir ce résultaty qui ne laisse pas que d^ètre assez difficile à réaliser, en raison du sens variable des courants envoyés, M. Giordano a adapté au noyau portant la manivelle, deux contacts métalliques en rapport, l'un l'inférieur, avecle pôle positif de la pile de ligne (qui doit être plus forte que les piles ordinaires), l'autre, avec celle des lames positives des éléments de cette pile, qui divise celle-ci en deux parties à peu près égales. Une bascule adaptée au levier de la manivelle, et qui est presque en contact, par l'une de ses extrémités, avec le cadran du manipulateur, porte à son autre extrémité, une lame de ressort susceptible de frotter sur les deux contacts dont nous venons de parler, mais qui en temps ordinaire, n'appuie que sur le contact supérieur, c'est-à-dire sur le contact correspondant à la pile réduite de moitié. Or, le courant de cette pile, en passant par ce frotteur, se trouve transmis à deux leviers basculants, conduits par la rainure sinueuse du manipulateur, et ceux-ci, comme dans le système Digney (voir page 44), peuvent le renverser, à chaque mouvement de la manivelle d'une lettre à l'autre. De cette manière la roue des types du récepteur est mise en mouvement. Quand on abaisse la manivelle, la bascule du ressort frotteur qui lui est adaptée, ren* contre la surface du cadran, et le ressort frotteur, au Heu de rester sur le
224 TËLËGRAPHES IMPRIMEURS.
contact supérieur, se trouve abaissé sur le contact inférieur qui est en relation avec la pile tout entière; alors le courant envoyé, se trouvant presque doublé, fait fonctionner Téieclro-aimant du mécanisme imprimeur réglé en conséquence.
Télé^praphe imprimeur de H. House. — Ce télégraphe estd*une date déjà ancienne, et nous n'en aurions pas parlé s'il n'avait été employé sur certaines lignes télégraphiques américaines, et si on ne s'était pas entêté en Amérique à le mettre en parallèle avec le bel appareil de M. Hughes
Ce système, qui d'ailleurs se rapproche beaucoup de celui de M. Breit, quant au jeu des diverses pièces mécaniques qui le composent, se fait remarquer par une particularité très-admirée en Amérique, mais dont nous avouons humblement ne pas reconnaître encore toute l'importance, qui consiste dans l'emploi d'un agent gazeux pour servir d^intermédiaire entre Taction électro-magnétique développée dans Tappareil, et la fonction mécanique qui doit en être la conséquence. Cet agent gazeux est de Tair condensé, et la condensation de cet air s'effectue à l'aide d'une pompe de compression mise en mouvement par la pédale qui sert elle-même à la marche du transmetteur de Tappareil. Le rôle de cet intermédiaire est-il de soulager et de régulariser l'action électro-magnétique en permettant ramplificalion du jeu des pièces mécaniques ? ou bien est-il d'éviter les inconvénients du réglage ? Aucune des descriptions publiées ne l'indique; tout ce que Ton sait, c'est que le jeu de la fourchette d'échappement du mécanisme compositeur, est commandé par l'action d'une espèce de piston qui se trouve mis en mouvement de va-et-vient, comme celui d'une machine à vapeur, par des courants d'air condensé, distribués à gauche et à droite du cylindre dans lequel il se meut, par une espèce de tiroir, et sous l'influence du système électro-magnétique.
A cet effet, ce système électro-magnétique se compose d'une bobine, à Tintérieur de laquelle sont fixés, à une certaine distance les uns des autres, cinq ou six anneaux de fer légèrement évasés par le haut. Une série de petits tubes de fer en forme de cloche, et fixés sur une même tige verticale en cuivre, sont suspendus au milieu du canon de cette bobine, de manière que chacun des tubes se trouve entre deux des anneaux de fer. Cette suspension est faite par l'intermédiaire d'un fil de cuivre flexible placé horizontalement en travers de la bobine, et que l'on peut tendre plus ou moiiis à l'aide d'une vis de rappel. Sous l'influence du courant traversant la bobinCi ces différentes pièces de fer s'aimantent, et les tubes mobiles étant attirés par les anneaux de fer à l'intérieur de la bobine, déterminent de la part de
TÉUGRAPflBS IMPRIMEURS. ttS
la tige qui les trarerse, ua mouvement de haut en bas auquel succède immédiatement un mouvement de bas en liaut (sous l'influence du ressort de suspension), dès que le courant a cessé d'agir. Or, c'est ce mouvement de va-et-vienï. qui a été utilisé au fonctionnement du tiroir dont nous avons parlé précédemment Pour cela la partie supérieure de la bobine magnétique est munie d'une espèce de goulot cylindrique, dans lequel se meut à frottement doux et avec la tige portant les tubes de fer, une boite cylindrique. Des rainures arrondies et pratiquées circulairementà Pintérieur du cylindre fixe et à l'intérieur du cylindre mobile, sont disposées de telle manière, qu'en se superposant d'un cylindre à Tautre elles peuvent constituer, pour certaines positions seulement du cylindre mobile, des conduits annulaires, par lesquels Pair condensé introduit dans les rainures du cylindre fixe, peut être dirigé vers des orifices en commimication avec le tube du piston de l'échappement, et produire, par suite, un mouvement de celui-ci, absolument comme dans les machines à vapeur.
On voit, d'après cela, comment la roue d'échappement du mécanisme compositeur est mise en mouvement. Il nous reste à indiquer maintenant le jeu des divers autres organes de la machine.
Le transmetteur est à clavier, et se compose comme celui de M. Froment, que nous avons décrit p. 39, d'un^cylindre horizontal, muni de vingt-huit butoirs d'arrêt disposés régulièrement en hélice autour de lui, et correspondant aux levîei-s des différentes touches. Ce cylindre porte à son extrémité im cercle métallique vertical, sur lequel sont entaillés quatorze espaces remplis de matière isolante, et qui constitue Tinterrupteur. Il peut d'ailleurs tourner indépendamment de Taxe qui le porte, étant monté à frottement dur sur ce dernier. Il résulte de cette disposition que pour transmettre, il suffit de mettre cet axe en mouvement continu à l'aide d'une pédale, et d'abaisser successivement celles des touches du clavier qui correspondent aux lettres qu'on veut transmettre. Par suite de cet abaissement, le cylindre portant le commutateur se trouve tou* jours arrêté en temps convenable pour produire le nombre d'émissions de courant voulu pour le signalement de chaque lettre, et son mouvement est toujours uniforme, puisque Taxe qui doit le produire n'est jamais arrêté.
Le mécanisme compositeur se compose d'un mouvement d'horlogerie sur lequel réagit l'échappement dont nous avons parlé, et dont la roue des types, montée sur le même axe que cette dernière roue, est disposée hori* zontalement. Cette roue des types, en outre des vingt-huit caractères en relief, gravés sur sa circonférence, porte vingt-huit dente contre lesquelles III »
appuie un petit bras d'acier adapté au système déclancheur du mécanisme imprimeur.
Ce système très-mal défini dans les descriptions américaines, se compose, diaprés ce que j'ai pu comprendre, d'une espèce de disque disposé presque tangentiellement à la roue des types, et sollicité en sens contraire du mouvement de cette roue, par un ressort spiral. Deux petites saillies fixées aux deux extrémités d'un même diamètre de ce disque, servent de butoirs d'arrêt à un levier de détente, qui, faisant partie du mécanisme imprimeur, tend à tourner avec lui, et le bras d'acier engagé entre les dents de la roue des types est relié à ce disque. Si la roue des types tourne vite, le bras en question reste soulevé au-dessus des dents de cette roue, et le levier de détente est maintenu embrayé par la première saillie du disque ; mais lorsqu'il y a arrêt de la roue des types, le bras d'acier peut s'abaisser, et il permet alors au levier de détente, de se dégager pour venir buter contre la seconde saillie du disque. Toutefois cet arrêt n'est que passager, car aussitôt que la roue des types a repris son mouvement, le levier de détente se dégage de cette seconde saillie pour reprendre sa première position. 11 résulte de ce double dégagement du mécanisme imprimeur, la mise en mouvement d'une excentrique qui, en réagissant par l'intermédiaire d'une longue tige, sur une espèce de petite poulie octogonale placée devant la roue des types, peut approcher de cette roue la bande de papier destinée à recevoir la dépêche, et déterminer à chaque impression de lettre l'avancement de cette bande, par la rotation saccadée de la poulie. Celle-ci est munie à cet efiet de deux rangées de petites dents aiguës qui s'enfoncent dans la bande de papier sous l'influence de la pression d'un ressort, et d'une roue à rochet, qui, en oscillant entre deux butoirs fixes sous l'influence du mouvement produit par Texcentrique, détermine sa rotation.
Avec ce système, l'impression ne peut se faire que par l'intermédiaire de bandes de papier noircies à la manière de celles qui sont employées pour les pantographes.
Comme complément de son système, M. House a adapté à l'axe vertical de la roue des types, une roue à rebord sur laquelle sont peintes les diffè* rentes lettres de l'alphabet. Cette roue est placée sous une espèce de toit en forme de cloche, dans lequel est percée une petite fenêtre, et l'on peut voir ainsi quelles sont les dififérentes lettres qui s'impriment. Enfin certaines dispositions mécaniques faciles à concevoir, permettent de mettre les appareils à la croix, et d'empêcher le mécanisme imprimeur de fonctionner, alors que le mécanisme compositeur marche toujours.
Si on a bien saisi la description qui précède, on peut comprendre que
Tappareil de M. fiouse est d'une délicatesse extrême, et exige une force électrique considérable ; il est de plus très-compliqué, très-difficile de réglage, et nous sommes en vérité étonné que les Américains aient pu Tadopter de préférence à tant d'autres qui lui sont souvent supérieurs. Il ne transmet d'ailleurs dans les meilleures conditions, que deux mille mots par heure, alors que le morse peut en transmettre quinze cents, et entraîne six fois plus de dépense que ce dernier télégraphe.
U n'a été du reste employé qu'entre New-^York et Washington (226 milles). Quand le temps est sec, et c'est le cas général dans ce pays, il fonctionne bien, mais Thumidité rend tout travail à peu près impossible.
Pour éviter les inconvénients qui résultent d'une trop grande fréquence dans les émissions du courant, on a cherché à modifier le télégraphe précédent, de manière à n'exiger qu'une seule émission de courant pour chaque impression de lettre. On s'est trouvé dès lors conduit à établir des appareils avec des mécanismes à mouvements synchroniques. Pour obtenir ce synchronisme, on a eu recours à un mécanisme intermédiaire auquel on a donné le nom de gouverneur, et qui a pour effet de faire réagir sur le cylindre du transmetteur un électro-aimant embrayeur, quand la vitesse de l'appareil est trop grande. Ce mécanisme est fondé sur les effets de la force centrifuge, et n'a d^ailleurs rien de bien intéressant. On a conservé du reste le système à air condensé, ainsi que le système magnétique qui le commande ; seulement au lieu de le faire réagir sur la roue d'échappement, on Ta appliqué à la détente du mécanisme imprimeur en employant une espèce de mécanisme correcteur, qui rétablit toujours la roue des types dans sa véritable position après chaque impression de lettre.
Ce système télégraphique, qui est bien inférieur à celui de M. Hughes, est employé sur la ligne de New- York à Boston (236 milles), sous le nom de COMBINATION-SYSTBM. U ne marchc pas d'ailleurs mieux que celui de House (1).
Téléi^rmphe imprimeiir de M. Tompsoa. — Ce système télégraphique construit par M. Breguet en 1861, est très-compliqué, et bien qu'il n'ait pas été mis en pratique, il renferme quelques dispositions assez intéressantes que nous devons signaler.
Son manipulateur qui est k touches et à mouvement d'horlogerie est la partie la plus intéressante de Tappareil. Il se compose de trois mécanismes
(l) Voir les détails concernant ces deux télégraphes dans les Annale» télégraphiques ^ tome V, pages 173 et 179«
différents, d'un mouvement d'horlogerie réglé par un échappement qui forme interrupteur, d'un mécanisme de déclanchement et d'un mécanisme d'enclanchement qui correspond aux diverses touches et à une pédale de remise à la croix. Nous verrons que le même problème a été résolu, mais d'une manière plus simple, par M. Chambrier dans son manipulateur à manette.
Le mécanisme d'enclanchement du manipulateur de M. Thompson se compose d'une roue horizontale à chevilles mobiles, montée sur Taxe de la roue d'échappement du mécanisme d'horlogerie, et sur laquelle réagit un système de leviers à bascules correspondant aux diverses touches et que nous représentons fig. 88 et 89.
La roue à chevilles n'est rien autre chose q j'une roue à rebord G G (fig. 89), sur laquelle on a ëvidé une rainure II, et qui porte trente chevilles mobiles
Fig. 89.
dans le sens du rayon, lesquelles sont, par conséquent^ susceptibles de dépasser le rebord CC pour s'avancer vers le centre S. Trois de ces chevilles sont indiquées au haut de la fig. 89. Une couche de graisse déposée dans la rainure I f empêche que ces chevilles ne cèdent à des actions mécaniques autres que celles qui doivent agir directement sur elles. Enfln, trente dents en cuivre, fixées sur la circonférence de la roue et alternant avec les chevilles, complètent cette partie du mécanisme.
Au-dessus de la roue à chevilles que nous venons de décrire, et suivant son diamètre, est adapté un triple système de leviers, dont l'un B D(fig.88),
pivotant en B, porte en C et en D une palette et une cheville sur lesquelles peuvent réagir les deux autres leviers E I et F G. Ce dernier n'est rien autre chose qu'une bascule, qui, étant inclinée en G, soulève la cheville D, et par suite le levier B D. L'autre est aussi une bascule terminée à son extrémilc I par un coude tombant verticalement et portant en ce point une cheville sur laquelle appuie, de bas en haut, un ressort adapté à la palette G Ë. Ge ressort est destiné à relever cette bascule après qu'elle a été abaissée. Enfin une cheville H, munie d'un ressort à boudin, est adaptée au-dessous de la palette G£» pour servir de butoir d'arrôt, et le boudin a pour fonction de permettre au levier B D de s'abaisser et de se relever sans que cette cheville quitte sa position d'arrêt. Quant au levier D D, il porte en J, au-dessus des systèmes précédents, une pièce munie d'un pas de vis sur laquelle s'adapte une rondelle circulaire que nous avons indiquée en pointillé sur le dessin. Si Ton suppose que l'une des chevilles de la roue à chevilles soit poussée vers le centre, cette roue, étant entraînée par le mouvement d'horlbgerie (et aussi par le barillet de la roue d'échappement qui est montée sur le même axe), tournera jusqu'à ce que la cheville avancée arrive en H; mais rencontrant là un obstacle au passage de cette cheville, elle se trouvera arrêtée jusqu'à ce que l'on appuie sur la pédale F G. Alors celle-ci, en s'inclinant, soulèvera le levier BD, et» par l'intermédiaire de la palette GE^ fera incliner la bascule E I, qui, à l'aide de son coude, repoussera la cheville dans son troiL La roue se trouvant alors libre continuera sa marche jusqu'à ce qu'une nouvelle cheville avancée se présente et provoque im nouvel arrêt. Nous ferons toutefois remarquer que le jeu de la pédale F G n'est pas »iii tout une conséquence de la transmission électrique ; nous n'en avons pailû que pour faire comprendre lo jeu du mécanisme d'enclanchement. Gette pédale n'a été établie que pour remettre l'appareil à la croix en cas de dérangement Le mécanisme de déclanchement qui correspond aux touches du clavier p.^ ^. et qui constitue le transmetteur
proprement dit, consiste dans une circonférence ou bague mé* tallique A A (ûg. 89], dans la* quelle a été pratiquée une rainure circulaire, et sur laquelle sont articulés trente leviersbascules L L, etc., de la forme représentée fîg. 00, auxquels correspondent les différentes touches du manipulateur, et qui convergent tous vers le centre de la bague. Cette
articulation de tous ces leviers est faite à l'aide d'un fil recourbé en cercle qui passe à travers un trou T pratiqué dans ces différents leviers, et qu'on introduit dans la rainure A Â. Les figures 89 et 90 représentent la disposition de quelques-uns de ces leviers, mais pour en comprendre le jeu, il faut savoir : 1<> que la bague qui les porte emboîte la roue à chevilles de telte manière qu'à Tétat de repos chacun des bras verticaux qui les terminent inférieurement se trouve placé vis-à-vis une cheville ; 2» qu'une seconde bague armée de trente lames de ressort R, fig. 89, emboîte à son tour l'autre ba^îue de manière à maintenir toujours les touches soulevées à l'état normal; 3^ que les bouts des leviers-bascules, réunis circulairement au-dessous du disque S de l'appareil d'enclanchement, peuvent réagir indistinctement sur cet appareil et produire par le soulèvement de ce disque le même effet que quand on abaisse la pédale G F (fig. 88).
Avec ces différents rensefgnements, le jeu du manipulateur s'explique aisément : au moment où Ton abaisse une touche, le mécanisme d'enclanchement se trouve soulevé ; la cheville avancée, qui avait provoqué l'arrêt de la roue des chevilles contre le butoir H (fig. 88), se trouve repoussée par le levier coudé E, et la roue tourne en faisant réagir l'interrupteur. Mais la touche qui a été abaissée, tout en provoquant ce déclanchement, a poussé, au moyen de son bras vertical, une nouvelle cheville qui, en rencontrant le butoir H du mécanisme d'enclanchement, entraîne un nouvel arrêt, et 'ainsi de suite pour les différentes touches abaissées ; de sorte que les transmissions s'opèrent, avec ce système, comme dans les anciens manipulateurs à cadran mobile qu'on manœuvrait en faisant arriver les différentes lettres que Ton avait à transmettre devant im repère fixe. Nous ferons en même temps remarquer que, contrairement à ce qui se fait avec les autres Manipulateurs à touches, il faut, avec celui dont nous parlons, n'appuyer qu'instantanément sur les touches.
Le récepteur de cet appareil fonctionne sous l'influence de deux mouvements d'horlogerie, l'un à cinq mobiles, qui est destiné à £Edre marcher le système imprimeur, et qui exige un poids de 35 kilogr. ; l'autre qui doit "faire marcher le système télégraphique proprement dit. Ce dernier mécanisme n'a que quatre mobiles, mais le dernier, qui porte la roue d'échappement, est muni de deux petits barillets destinés à rendre instantané le départ de cette roue et celui de la roue des types. Celle-ci, ainsi que tout le mécanisme imprimeur, est placée en dehors des platines de l'appareil, tandis que tous les mécanismes moteurs sont montés entre les deux platines.
Nous avons décrit avec détails, tome V, page 397, de notre seconde édition, le dispositif de ce système récepteur, mais comme il ne présente rien de
réellement particulier, nous n'en parlerons pas ici davantage. H est d'ailleurs très-compliqué et a été depuis perfectionné par son auteur. Je ne sache pas qu'il ait été essayé en ligne.
Téléf^raphe imprimeur de WL. Moljm — Le télégraphe de M. Joly exposé en 1867, se rapproche beaucoup pour sa forme extérieure de celui de Morse de Digney. Dans cet appareil qui fonctionne par échappements successifs comme les télégraphes à cadran, Taxe de la roue des types porte une deuxième roue d'échappement à dents pointues destinée à agir sur un interrupteur spécial affecté au mécanisme imprimeur, et une seconde roue des types portant les chiffres. L'interrupteur dont nous venons de parler se compose de deux lames de ressorts isolées l'une de l'autre^ dont une plus longue et légèrement recourbée à son extrémité antérieure, rencontre les dents de la roue à dents pointues. Ces deux lames portent chacune un appendice ou contact en platine qui ferme un courant local à travers le mécanisme imprimeur, quand le long ressort ne se trouve pas soulevé par la roue à dents pointues.
Le manipulateur n'est d'ailleurs qu'un manipulateur de télégraphe à cadran, et le mécanisme imprimeur un mouvement d'horlogerie qui approche mécaniquement le guide de la bande de papier de la roue des types. Or, voici ce qui se passe quand on transmet :
Lorsque l'appareil manœuvre avec une vitesse suffisante pour faire passer sans arrêt sensible les différentes lettres qui ne doivent pas être imprimées, la roue à dents pointues repousse le ressort recourbé, et celui-ci vibre sans pouvoir se rapprocher assez de Tautre ressort pour produire un contact; mais quand un arrêt se produit, la partie recourbée de ce ressort s'introduit entre deux dents de la roue en question et détermine le contact, et, par suite, l'impression.
Pour passer de l'impression des lettres à celle des chiffres, M. Joly adapte entre les deux pôles de Télectro-aimant du récepteur une ancre aimantée qui réagit sur le guide du papier, et qui, en le plaçant sous la roue des chiffres, fait en sorte que les impressions soient effectuées par cette roue. 11 suffit, en conséquence, d'ajouter au manipulateur un commutateur à renversement de courant et d'appuyer sur ce commutateur, au moment où l'on veut fîEÛre le changement d'impression, pour que celle-ci s'opère.
M. Joly a encore ajouté à l'axe de la roue des types, du côté opposé a rimpression, ime aiguille qui se meut autour d'un cadran à lettres, pour faire en même temps de cet appareil un télégraphe h cadran. Un miroir se trouve placé devant ce cadran, pour que l'employé puisse suivre facilement, par la marche de l'aiguille, les impressions qu'il envoie.
Télég^paphe imprimeur de M. Morénds. — Cet appareil n*a rien de nouveau comme principe : il se rapproche des appareils primitib imaginés par MM. Bain, Brett, etc. C*est un appareil à échappement, dans lequel les transmissions sont d'autant plus lentes que les chiffres ont été placés sur la roue des types à la suite des lettres, ce qui augmente de près du double le nombre des émissions de courant, quand il s'agit de revenir d'une lettre à sa voisine en arrière.
L'impression se fait sous Tinfluence d'un mécanisme d'horlogerie, par suite d'un déclanchement opéré directement par un électro-aimant interposé dans un circuit local. C'est une excentrique qui est appelée à produire cet effet, comme dans la plupart des premiers télégraphes; seulement, afin d'amortir le contre coup de la détente, celle-ci s'effectue sur une pièce articulée, maintenue dans une position fixe par une lame de ressort.
Le fonctionnement du mécanisme imprimeur est déterminé, comme dans Tappareil de M. Joly, par deux lames vibrantes qui oscillent des deux côtés d'une tige verticale adaptée à l'armature de l'électro- aimant du mécanisme de la roue des types. Quand celle-ci marche avec une certaine vitesse, ces deux ressorts, armés de pointes, se trouvent écartés de cette tige ; et ce n'est qu'après un temps d'arrêt, que le contact nécessaire à la fermeture du courant local est produit. Toutefois, il est facile de comprendre combien une pareille disposition est défectueuse, car, outre les mauvais contacts qui se trouvent établis de cette manière, il doit arriver souvent que les vibrations produites, n'étant pas complètement amorties, doivent fournir plusieurs contacts successifis au lieu d'un. Une pédale analogue à celle des télégraphes à cadran de Breguet permet de mettre l'appareil au repère d'un seul coup.
Quant au manipulateur, il est à touches et n'offre rien de ))articu]ier. Cet appareil a figuré à l'exposition de 1867.
Téléfl^raphe imprimeur de M. Chambrier. — Le télégraphe imprimeur de M. Chambrier exposé en 1867, se fait principalement remarquer par son manipulateur qui, étant à manivelle comme ceux des télégraphes à cadran, permet de transmettre sans qu*il soit besoin de tourner la manette dans un même sens. Ainsi on peut conduire celle-ci sur la lettre qu'on veut imprimer par le plus court chemin, qu'elle soit en avant ou en ariière; on peut même hésiter dans la manipulation, sans résultat préjudiciable pour la transmission, et cet avantage n'est pas le partage exclusif de l'appareil dont nous parlons actuellement, car ce manipulateur peut être adapté à tous les télégraphes à cadran ou même imprimeurs qui fonctionnent par échappements successif. Nous aurions pu en conséquence décrire cet appa-
TÊLÉaRAPHBS IMPRIMEURS. 233
reil au chapitre des télégraphes à cadran» mais comme son auteur Ta adapté spécialement à un télégraphe imprimeur, nous avons cru devoir n'en parler qu'au chapitre des télégraphes imprimeurs.
Pour obtenir les résultats que nous venons de signaler, il fistllait nécessai* rement que le système mécanique appelé à fournir les interruptions et les fermetures du courant, fut indépendant de Faction manuelle, et que celle-ci n'intervint que pour mettre en jeu ou arrêter ce système; il fallait de plus, que le mouvement de la manette ne pût influer sur la marche de celui-ci*
M. Chambrier a résolu ce double problème en employant un mécanisme d'horlo^rie pour faire fonctionner l'interrupteur du courant, en isolant la manette de ce mécanisme, et en ne reliant ces deux organes que par Tintermédiaire d'un mécanisme mixte, ayant pour fonction de déciancher et d'embrayer en temps opportun le mécanisme d'horlogerie.
Ce mécanisme mixte consiste dans une roue horizontale à dents de côté dont le centre enveloppe Taxe de la manette sans en être solidaire, et dont les dents pointues, disposées comme celle d*uii rochet, présentent d'un côté un plan très incUné comme les aubes d'une turbine horizontale* Cette roue est maintenue en temps de repos dans une position déterminée, sous rinfluence d'un ressort qui la sollicite et qui la pousse contre un butoir d'arrêt; mais elle peut être déplacée de côté sur un petit arc cercle, quand un doigt vient appuyer sur la partie inclinée de Tune ou l'autre de ses dents* Or si cette roue, par son déplacement met en action la détente du mécanisme d'horlogerie et que ses dents correspondent exactement, en nombre et en position, aux signaux ou lettres du cadran du manipulateur, on pourra obtenir par le fait de l'abaissement de la manette dans l'une ou l'autre des coches placées devant chaque signal, un déclanchement du mécanisme commandant le jeu de rinterrupteur et même son arrêt ultérieur, si la manette est elle-même munie d'un doigt d'arrêt. A cet effet la roue à contour sinueux qui doit réagir sur la godille de Tinterrupteur, godille placée exactement dans les mêmes conditions que dans les télégraphes à cadran (1), est montée sur un axe vertical qui traverse la partie centrale du pivot
(1) Dans ses nouveaux appareils M. Chambrier a substitué à la godille un système de ressorts frotteurs qu'il regarde comme plus efficace. Ces ressorts, au nombre de deux, sont assez larges pour appuyer à la fois sur la roue à contour sinueux dont il a été question et sur une pièce métallique arrondie dont la courbure est concentrique avec la circonférence de cette roue, mais d'un plus faible rayon et qui communique au pèle positif de la pile. Ces ressorts sont disposés de manière à être soulevés et abaissés en
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sur lequel tourne la manette. Cet axe qui constitue le 5« mobile du mécanisme d'horlogerie, porte deux aiguilles, une supérieure qui apparaît dans une ouverture pratiquée dans la manivelle et dont l'arrêt indique la fin de la transmission, une seconde placée au dessous de la grande roue de déclanchement, et qui peut rencontrer le doigt de la manette quand celle-ci est enfoncée dans la coche correspondante au signal transmis. Or c'est cette seconde aiguille qui, étant ainsi butée par le doigt de la manette, arrête le mécanisme d'horlogerie, et cet arrêt se trouve maintenu quand, après avoir soulevé la manette, la grande roue de déclanchement est revenue à sa position normale sous Tinfluence du ressort qui la sollicite.
On comprend maintenant facilement que Ton peut sans inconvénient hésiter dans la manipulation de la manette et même la reculer poiur chercher la lettre à transmettre par le plus court chemin, puisque ce b'est que quand on enfonce la manette dans la coche correspondante à la lettre transmise, que l'interrupteur est mis en jeu et arrêté, après avoir fourni le nombre d'émissions de courant en rapport avec la distance séparant dans un même sens deux lettres consécutives.
Dans cet appareil, le mécanisme d'horlogerie est à cinq mobiles, et le volant à ailettes ou l'échappement à ancre qui en régularise la marche est adapté au quatrième. Ce mécanisme est commandé par un barillet placé de côté, et comme sa position sous la circonférence du cadran du manipulateur pourrait embarrasser pour le remonter, on a adapté à son axe, une roue de renvoi qui engrène avec une autre de même diamètre sur Taxe de laquelle est fixée la clef. Un levier articulé muni à une extrémité d'un butoir d'arrêt et d'une came biseautée pour agir sur la roue de déclanchement, et à l'autre extrémité d'une pédale, permet de ramener d'un seul coup à la croix le système sans l'intervention de la manette. Cette pédale a son utilité quand on veut passer immédiatement de la dernière lettre d'un mot à la première du mot suivant, et quand on passe des lettres aux signaux conventionnels ou aux chiffres.
même temps par la roue sinueuse, et ils correspondent l'un à la ligne, Tautre au récepteur du poste ; ce dernier toutefois n'a de contact métallique qu'avec la roue sinueuse, et il en résulte que, dans son abaissement sur la pièce arrondie, le courant du poste * ne traverse pas le récepteur. L'autre ressort, au contraire, à chacun de ses contacts avec la pièce en question, transmet un courant à travers la ligne, et ce n'est que quand les deux ressorts sont soulevés en môme temps par la roue sinueuse et sont en contact métallique avec elle, que la ligne est réunie directement au récepteur du poste.
itLÊGRAPHES IMPAIHEURS. 335
Ce système de manipii]at6ttr réalise en somme avec uue seule manette les effets qui sont produits avec les transmetteurs à touches, seulement ia disposition en est plus simple, puisqu'au lieu de 26 butoirs d'arrêt correspondant aux différentes touches, il n'y en a qu'un seul. Quant à la possibilité que ce système donne de pouvoir transmettre ies lettres en rétrogradant» elle n*est pas non plus une propriété exclusive de l'appareil que nous venons de décrire, car on la retrouve également dans le transmetteur à touches du télégraphe imprimeur de M. Thomson que nous avons décrit avec détails, page 227. Il est vrai que ce dernier appareil était tellement compliqué qu'il n'a pu être appliqué dans la pratique.
Le récepteur imprimeur de M. Cbambrier a subi depuis sa présentation à la société d'encouragement d'importants perfectionnements/sur lesquels nous devrons un peu insister, en raison des résultats avantageux qui en ont été la conséquence.
Ck)mme forme cet appareil se rapproche un peu 'du Aforse; sa roue des types est de petit diamètre et mue par un mécanisme d'horlogerie à double effet, dont le déclanchement s'opère à la manière des télégraphes à cadran ordinaires, c'est^-dire à Taide d'un électro^aimant rendu périodiquement actif par le manipulateur. L'impression s'opère par un second électro^dmaot placé sous la dépendance d'une pile locale, et son action est déterminée par uae tige vibrante horizontale disposée de manière à former rhéolôme conjoncteur et disjoncteur. La âg. 10, pK III, représente ce dispositif qui est ingénieux et qui fonctionne très-régulièrement. T est une tige articulée en C qui se termine d'un côté par un pas de vis sur lequel court un contre-poids P, de l'autre par une tête à écrou munie d'une vis v. Une pièce E armée d'une cheville c adaptée à cette tige se trouve disposée au-dessus d'une roue à rochet R montée sur l'axe de la roue des types, de manière à ce que les dents de celles-ci, en passant au-dessous de la cheville c, &ssent osciller la tige. Le contre-poids P sert à régler l'excès de poids de cette tige du côté de V pour que cette oscillation se fasse dans des conditions convenables, c'està-dire pour qu'avec la vitesse ordinaire de rotation de la roue R, quand la roue des types passe d'une lettre à une autre, la tige T reste soulevée et ne puisse s'abaisser que sous l'influence d'un arrêt d'une durée suffisante. La vis V, en temps ordinaire appuie sur l'extrémité d'un ressort r adapté à une pièce rigide A qui porte au-dessous de ce ressort un appui A B. Cet appui limite la flexion du ressort r et sert en même temps de butoir à la vis V. £nfln au-dessus du ressort r et près de la vis v se trouve une autre vis isolée V en rapport avec le pôle positif de la pile locale, et où se proiluisent les effets électriques nécessaires pour l'impression. A cet effet, la pièce
A est réunie métalliquement au fil de Téiectro^aimant Imprimeur qui eommunique d'autre part avec le pôle négatif de la pile locale. Or voici les effets qui se produisent pendant la transmission d'une dépèche :
En temps ordinaire, la vis v appuyant sur le ressort r le sépare de la vis V et, par conséquent» le courant ne passe pas à travers Télectro-aimant imprimeur; mais aussitôt que la roue des types et la roue R viennent à tourner, la vis v est soulevée, et réIectro«aimant imprimeur devient actif. Comme l'appareil est disposé de manière à ne fournir les impressions que sous rinfluence d'une rupture du courant, aucune impression n'a lieu pendant la rotation de ces deux roues, puisque la vis t; n'a pas eu le temps de s'abaisser; ce n'est que par suite d'un arrêt de la roue R, que la vis v en tombant op&re la disjonction de Y et de r, et détermine l'action du mécanisme imprimeur. L'expérience a montré que ce système d'impression, sous l'influence d'une ouverture du courant local, était préférable à celui fondé sur l'action contraire.
Quant au mécanisme d'impression, il ressemble assez à celui du télégraphe Brett. Le levier de l'armature de l'électro-aimant imprimeur réagit sur un système de déclanchement représenté ûg. 12, pi. III, et qui a pour effet de permettre à un second mécanisme d'horlogerie : {• de soulever le tampon imprimeur T contre la roue R fig.9t ci^essous, par l'intermédiaire
Fig. 9i.
d'une excentrique e agissant à l'exlrémîté d'un levier articulé L sur lequel appuie le tampon par l'intermédiaire d'un ressort r; 2» de faire avancer la bande de papier au moyen d'un doigt k ressort D (fig. 12, pi. III) agissant, par suite d'un mouvement oscillatoire, sur le rochet M qui commande le jea
du laminoir d'entraînement. Ce mouyement est déterminé par un limaçon L monté sur Taxe qui porto la bascule du déclanchement B, et ce lima* çon tourne dans une échancrure pratiquée dans une pièce articulée en A» laquelle porte en même temps le doigt à ressort D.
Nous représentons %. 1, pi. III, les détails de l'échappement de cet appa* T&l et du mécanisme de la remise au repère. La fourchette sur laquelle réagit le levier de l'électro-aimant est en F ; les doigts de Téchappement en a et 6; la roue d'échappement en H. Le doigt c et la cheville d constituent le dispositif de la remise au repère, remise qui se produit par rabaissement d'une pédale correspondante au levier L. Quand on ai>aisse cette pédale, une partie anguleuse f qui termine le levier L se soulève et donne au système portant Téchappement, lequel est articulé en A, un petit mouve^ ment de côté qui écarte les doigts a et 6 de la roue R, et vient présenter devant la cheville d le doigt c qui arrête la roue R au repère.
Cet appareil a, du reste, été construit avec un grand soin par M. Des* chiens qui peut le livrer avec tous ses accessoires pour 850 francs.
Télésrmpke ImpHinear d« M. WÊMjeU — T^e télégraphe de M. Hayet est d'une construction extrêmement simple. U se rapproche beaucoup, quant à la forme, des télégniphes Morse ordinaires, et, quant au principe, les télégraphes Bain, Thompson, Joly, etc.
Dans ce système, tout le mécanisme appelé à détennîner les impressions est disposé sur la roue des types elle-même. A cet effet, Taxe de cette roue au lieu d'être commun avec celui de la roue d'échappement, n'en est que le prolongement, mais un prolongement complètement distinct, et le mouvement de la roue des types ne se produit que par rintermédiaire d'un doigt et d'une cheville de rencontre, qui fiiit elle-même partie d'un système interrupteur que nous allons décrire; c'est, en quelque sorte, une transmission de mouvement par l'intermédiaire d'une boite d'engrenage à ressort, dont la partie élastique se trouve déprimée et butte contre un arrêt pendant le mouvement des deux mobiles, et qui en se détendant lorsque Tun des mobiles est arrêté, di9Joint les deux pièces butées Tune contre Tautre.
Pour obtenir ce résultat, l'extrémité de Taxe de la roue d'échappement est munie d'un disque en matière isolante sur lequel sont fixés deux appen* dices métalliques et un compas articulé. A Tun de ces appendices métalliques est adapté un ressort en col de cygne qui appuie sur l'un des bras du compas, et c'est l'autre bras de ce compas qui constitue le doigt entraîneur de la roue des types. Comme ce doigt n'est pas rigide et qu'il peut se déverser en arrière d'une quantité qui peut être limitée par un butoir d'aitêr, il peut constituée avec;co butoir, qui n'est autre que le second appen»
dice métallique, dont nous avons parlé, un interrupteur de courant, et cet interrupteur peut avoir pour effet d'ouvrir un circuit de pile locale lorsque l'appareil est en marche, et de le fermer, au contraire, quand il y a arrêt de ce mouvement. Cet arrêt d'ailleurs peut être la suite de l'inertie de ]a roue des types qui passe subitement, de cette manière, de l'état de mouvement à rétat de repos. Or ce circuit pouvant correspondre à l'électro* aimant du mécanisme imprimeur, le problème de la mise en action de ce mécanisme se trouve résolu par l'effet même du choc qui se produit forcé* ment dans ces sortes de télégraphes, et dont on n'avait pas jusque là tiré parti. Cette idée était d'autant plus heureuse, dans les conditions où s'est placé M. Hayet, qu'après l'impression, le ressort du compas en réagissant sur la cheville de rencontre de la roue des types, alors en contact avec le doigt entraîneur, peut communiquer à cette roue un accroissement de vitesse, accroissement dont elle a besoin en ce moment là pour se mettre plus facilement en route sous l'influence du mécanisme moteur.
Dans Kappareil de M. Hayet, la roue des types peut fournir l'impression des chiffres aussi bien que l'impression des lettres. A cet effet, cette roue qui, comme dans l'appareil de M. Hughes, porte les lettres et les chiffres alternés, est disposée à frottement doux sur l'axe qui doit la mettre en mouvement, et une longue traverse ou verrou d'acier qui dépasse des deux côtés le diamètre de cette roue, glisse, à frottement à travers une sorte de disque adapté à cet axe contre la roue des types. Cette traverse porte vers l'une de ses extrémités une entaille angulaire dans laquelle entre une cheville rivée sur la roue des types, et un fort ressort adapté à cette roue appuie sur la traverse de manière à la maintenir butée contre la cheville en question. Ces deux pièces sont d'ailleurs tellement disposées par rapport aux lettres et aux chiffres gravés sur la roue des types, que quand on fait mar* cher le mécanisme imprimeur sur le blanc qui doit correspondre aux chif-^ fres, l'extrémité de la traverse opposée à celle où est l'entaille se trouTe placée précisément en fietce du tampon imprimeur. Or le levier qui porte ce tampon est muni d'un second tampon, qui a précisément pour mission, au Énoment de l'impression, de soulever de bas en haut cette extrémité de la traverse mobile, alors placée verticalement, et de repousser la roue des types» par l'intermédiaire du plan incliné, de l'entaille et de la cheville qui s'y trouve butée, précisément de la distance d'un demi intervalle de lettre. Dès lors, ce sont des chiffres qui se présentent à l'action du mécanisme imprimeur au lieu de lettres. Quand, au contraire, on fait fonctionner le tnécanisme imprimeur sur le blanc des lettres^ c'est l^autie bout de la traverse qui se trouve à portée du piston imprimeur» et se trouvant soulevé»
TÉLÉGRAPHBS IfllPRIMEORS. 239
la roue des types tourne sous Teifort du ressort qui la sollicite, jusqu'à ce que la cheville de rencontre soit entrée dans l'entaille, c'est-à-dire^ jusqu'à ce qu'elle ait replacé les lettres en face du piston imprimeur.
Afin que la roue des types no rétrograde pas pendant Taction de la traverse sur la cheville de cette roue, une petite roue à rochet à dents fines est fixée sur Taxe de cette dernière, et un cliquet de retient adapté au pont qui soutient le système, maintient toujours la position de cet axe. Suivant fauteur cette disposition accessoire aiderait beaucoup l'action mécanique produite en cette circonstance. Du reste, Tidée de ce recul de la roue des types pour la permutation des lettres et des chiffres n'appartient pas à M. Uayet; elle avait été appliquée bien avant lui, par M. Hughes à son télégraphe imprimeur; le dispositif des arrangements mécaniques seul est différent, et il ne pouvait en être autrement, puisque M. Hayet n'avait pas à sa disposition les mêmes organes de mouvem^t que M. Hughes.
Le reste de l'appareil de M. Hayet n'ofifre rien de particulier : réchappement qu'il a adopté est l'échappement ordinaire des télégraphes à cadran, et l'impression se fait directement par un électro-aimant sans mécanisme d'horlogerie intermédiaire. L'entraînement du papier est également confié à cet électro-aimant.
Les expériences faites en 1870 avec cet appareil devant la commission de perfectionnement à travers un circuit de 30 kilomètres, ont montré qu'il pouvait transmettre 20 mots par minute.
Téléiprapli«ft Imprimears de M* IHiJArilIn* -* M. le doc^ teur Dujardin de Lille est, comme on Ta vu, un des savants qui se sont occupés les premiers de télégraphie électrique, et son nom est attaché à rhistoire de cette science d'une manière inséparable. C'est lui qui, le pre^ mier, a employé pour les appareils magnéto-électriques la disposition dans laquelle les bobines induites sont placées directement et à demeure sur les pôles mêmes des aimants^ et son télégraphe écrivant dont nous avons parlé page 96, était des plus ingénieux pour l'époque. On comprend d'après cela, que M. Dujardin ne pouvait rester longtemps simple spectateur des progrès accomplis tous les jours dans la télégraphie, et qu*il devait un jour ou l'autre entrer en hce pour apporter à la science un nouveau contihgent. Aussi depuis l'année 1861, le voyons-^nous poursuivre avec une persévé^ rance des plus louables le perfectionnement des télégraphes imprimeurs, et produire plusieurs systèmes qui ont tous été essayés en ligne, et qui ont tou^ plus ou moins bien réussi. Étant limité par Tespace, nous ne pourrons dire que quelques mots de ces différents systèmes, mais nous nous arrêterons on peu sur le dernier^ parce qu'il a été Tobjet d'un rapport favorable à
M TÉLÉGRAPHES IMPRIMEUBS.
radministration des lignes télégraphiques françaises, et qu'il a été essayé avec succès, et à la satisfaction de cette administration, en 18G9.
1*' Systdine. — Le P' système de M. Dujardin qui a été expérimenté pendant quatre mois sur la ligne de Paris à Lille, en 1861, comporte trois genres d'appareils : un récepteur, un manipulateur et un relais d'une disposition particulière, que nous décrirons avec détails au chapitre des relais.
lie récepteur se compose, comme celui de tous les appareils de ce genre, d'un mécanisme compositeur et d'un mécanisme imprimeur. Le premier fonctionne sous Tinfluencc d'un mécanisme d'horlogerie, mais le second est mis directement en action par un électro-aimant puissant; toutefois, ce dernier mécanisme n'opère pas directement le recul de la bande de papier sur laquelle s'imprime la dépèche, et c'est un second mouvameat d'horlogerie, commandé, il est vrai, par le mécanisme imprimeur, qui est cbai^é de cette fonction. L'électro-aimant qui met en action la roue d'échappement a une forme particulière ; il.se compose d'un électro-aimant droit dont le noyau de fer est mobile à l'intérieur du canon de la bobine et oscille autour d'un axe entre les pôles d'un aimant persistant en fer à cheval placé verticalement Une tige de fer qui continue ce noyau en renforce le magnétisme développé, et porte elle-même la fourchette d'échappement. Sous l'influence des courants alternativement renversés traversant la bobine électro-magnétique, le noyau qui la traverse prend des polarités différentes qui ont pour efSet, comme dans les électro-aimants du père Cecchi et de M. de LafoUye, de le faire osciller, ainsi que la fourchette d'échappement; et la force avec laquelle s'effectue ce mouvement de va-et-vient peut être réglée au moyen de deux garnitures de fer qui terminent les pôles de l'aimant fixe, et qui peuvent être plus ou moins rapprochées. Ce système électro-magnétique a été représenté page 87, tome II.
La roue des types elle-même est construite d'une manière toute nouvelle et réellement très-ingénieuse. Au lieu de porter les caractères graves en relief sur sa circonférence, el\e est composée d'un disque très-mince d'aluminium écroui sur la surface duquel sont brodés en quelque sorte les différents caractères de l'alphabet, qui se trouvent d'ailleurs disposés circulairement. Cette broderie est faite avec du fil de coton non tordu qui est introduit dans de petits trous pratiqués dans la plaque elle-même et dessinant les lettre Les avantages de cette disposition sont que, quand ces lettres ainsi brodées se trouvent imbibées d'encre oléique, elles peuvent toujours se charger facilement de ce Uquide, et on n'a pas à craindre, comme avec les autres systèmes les empâtements. Pour obtenir les impressions il suffit qu'une bande de pa^Her passe au-dessous de la surface de la roue, et qu'un tampon
T, imprégné d'encre, vienne appuyer sur les différents caractères qui se présentent au-dessous de lui; la roue flexible s'infléchit alors, le caractère brodé chargé d'encre laisse son empreinte sur le papier, et le tampon luimême, en imbibant par derrière le coton du caractère imprimé, le rend apte à fournir une nouvelle impression.
Le mécanisme imprimeur se compose d'un électro*aimant qui est mis en action par le courant d'une pile locale sous l'influence d'une interruption du courant de la pile de ligne, et dont l'armature, par l'intermédiaire de plusieurs leviers articulés, fait appuyer le tampon T sur la roue des types. En même temps, un dé^lanchement du mécanisme entraîneur de la bande de papier s'opère, et celle-ci se déplace d'un intervalle de lettre. Cette disposition du mécanisme entraîneur de la bande de papier était commandée par la nécessité dans laquelle on se trouvait, avec ce système, de maintenir fortement tendue sous le tampon d'impression la bande de papier, à l'aide de deux lames de ressort. Un simple encliquetage adapté aux cylindres entraîneurs n'aurait pu sufîîre, en effet, pour vaincre la résistance ainsi produite*
Le manipulateur n'est autre chose qu'un manipulateur ordinaire de télé* graphe à cadran, dont la manette est disposée de manière à produire deux effets : d'abord la rotation du disque à gorge sinueuse destiné à mettre en mouvement le levier commutateur et, en second lieu, l'inflexion d'une bascule ayant pour effet de couper le circuit quand la manette se trouve abaissée dans l'une ou l'autre des coches correspondant aux différentes lettres, abaissement qui doit déterminer les impressions par l'intermédiaire du relais (I).
2< Système. — Ce système ou plutôt ces systèmes, car M. Dujardin en avait exposé deux modèles différents à l'exposition de 1867, appartiennent à une classe de télégraphes imprimeurs intermédiaire entre celle des télégraphes à simple échappement et celle des télégraphes à mouvements synchroniques. Dans ces appareils, en effet, la roue d'échappement qui commande la roue des types, est commandée par une ancre, mais cette ancre a ses deux becs disposés en plans inclinés de telle manière qu'au lieu de faire arrêt au mouvement de la roue, elle se trouve au contraire sollicitée par ccllc-ci à accomplir des oscillations, comme dans l'appareil imprimeur de Thcyler. Toutefois, ces oscillations ne sont pas complètement libres, car les deux pôles d'un électro-aimant réagissent sur la tige de cette ancre, et, en la maintenant inclinée d'un côté ou de l'autre, peuvent fournir un arrêt complet de la roue d'échappement. On comprend d'après cette disposition que si les
(l) Voir pour les dûlails la 2« édition de cet ouvrage tome V, p. 385.
deux appareils en correspondance soit directement, soit par l'intermédiaire d'un relais, sont disposés de manière à ce que chaque échappement produit par Tun des deux appareils ait pour effet secondaire une fermeture de courant réagissant sur rélectro-aimant de l'échappement de l'autre appareil, la marche synchronique ser^ sans cesse rétablie, non pas après chaque impression, comme dans le Hughes, non pas après chaque tour de la roue des types, comme dans Tappareil Desgoffe, mais à chaque échappement ; et, dans cette fonction, Faction électrique pourra être très-minime, car elle n'aura à yaincre aucune résistance^ le moteur se chargeant lui-même d'approcher presque au contact des pôles de Télectro-aimant la tige vibrante. Cette disposition a encore cela d'avantageux qn'un contact du relais manquant, la marche des appareils pourrait ne pas être altérée, le synchronisme mécanique des échappements étant suffisant de lui-même pour remplir cette condition pendant quelques instants.
^impression s'effectue dans l'un des appareils, qui est à clavier et qui fonctionne toujours en relais sans jamais rompre le courant, par la durée des contacts, au moyen de la même pile locale qui règle la rotation des rones des types.
Dans le second appareil qui est à manipulateur à cadran, cette impression s^effectue, comme dans le premier système de M. Dujardin, par rupture du circuit, chaque fois que l'on enfonce la manivelle dans les crans du cadran, la rotation des roues des types étant toujours déterminée par Taction mécanique décrite précédemment, mais sans relais.
L'encrage, dans ce système, s'effectue au moyen d'une bande de velours agissant par l'intermédiaire de son poil comme brosse très douce et capillaire. Ce moyen permet, suivant l'inventeur, de déposer l'encre très-régulièrement sur la roue des types et avec très peu de frottement. Cette bande est disposée à l'extrémité d'une petite pompe chargée d'encre et munie d'un piston permettant de régler à volonté l'écoulement du liquide. Avec ce système, suivant M. Dujardin, on peut imprimer deux ou trois cents dépêches sans renouvellement d'encre.
Quant au mécanisme de permutation des lettres aux chiffres, il s'effectue dans l'un des appareils au moyen d'une seconde roue des types et du déplacément du papier, comme dans l'appareil de M. Joly, soit au moyen de deux roues croisées l'une dans l'autre et montées sur un diamètre commun normal à l'axe de rotation. Quand la roue des lettres imprime, elle est dans un plan vertical, celle des chiffres dans un plan oblique, et cette obliquité empêche les chiffres de toucher la bande de papier. En touchant au manipulateur le blanc des chiffres, une petite lame de ressort mise en mouve-
ment par le mécanisme imprimeur vient appuyer sur la roue croisée, la fait osciller, et alors la roue des lettres devient oblique pendant que la roue des chiffres prend la position verticale. Cette disposition toute nouvelle pro* duit d'excellents effets.
Le télégraphe de M. Dujaidin, celui à clavier, a fonctionné pendant deux ans sur diverses lignes anglaises, entre autres sur celle de Londres à Edimbourg (distance 700 kilomètres), pendant deux hivers. Cette ligne était très mal isolée et les appareils Dujardin marchaient alors que les appareils Morse ne pouvaient plus fonctionner. La vitesse de la transmission a pu atteindre quarante mots par minute avec des courants renversés à chaque lettre, jamais interrompus et reçus par un relais sensible. Un changement survenu dans l'administration de la compagnie qui exploitait cette invention ayant désorganisé ce service, cet appareil a dû céder le pas à ceux que préconisait la nouvelle administration, et c'est sans doute là le véritable motif qui a empêché le télégraphe Dujardin de continuer à être employé.
3« Système. — Le système que nous albns maintenant décrire avait, comme on Ta vu, reçu Tapprobation de l'administration des lignes télégraphiques françaises et avait môme été adopté en principe, en 1870, sur la proposition de la commission de perfectionnement du matériel télégraphique. Il n'est, du reste, qu'un perfectionnement des systèmes précédents, et nous le représentons fig, 14, pi. III.
Dans ce nouvel appareil^ M. Dujardin en revient, pour l'action électromagnétique, au principe de son premier système, mais en supprimant le relais et en disposant les électro-aimants de manière à produire les mêmes effets. Il emploie pour cela deux électro-aimants tubulaires droits maintenus parallèlement l'un à côté de Tautre comme dans le système de MM. Digney, et ces électro-aimants portent de chaque côté, à leurs pôles, des prolongements polaires destinés, les uns, ceux du côté de la palette de l'échappement, à Mte osciller cette palette qui est polarisée, les autres, ceux du côté opposé, à constituer sous certaines conditions avec les deux électro-aimants droits, un système d'électro-aimant double qui ne se complète qu'au moment du passage des courants à travers le système électromagnétique. Cet effet est produit par l'action d'une petite armature de fer doux placée au-dessus des prolongements polaires de ce côté et qui est maintenue à distance par un ressort antagoniste. Cette armature forme en même temps relais. Quand l'appareil fonctionne et fait tourner la roue des types avec une vitesse sufSsante, cette armature reste toujours attirée et constitue^ par conséquent, avec les deux électro-aimants droits, un électro-aimant à deux branches qui agit avec toute la force inhérente à ces
sortes d'élcclro-aimants, mais quand le circuit est interrompu, Tarmatarese détache et> par sa rencontre avec un butoir de contact en rapport avec une pile locale qui, dans ces conditions, peut être la pile de ligne elle-même du poste de réception, fait fonctionner réiectro-aimant du mécanisme impiimeur.
Pour faire fonctionner ce double système, il suffit d'un manipulateur analogue à ceux des télégraphes à cadran. La manette agit sur une godille qui» en touchant deux ressorts en rapport Tun avec la terre, l'autre avec la ligne, forme en même temps inverseur de courant, et en abaissant la manette au moment où elle se trouve au-dessus de la lettre à transmettre, on romp le circuit en appuyant sur un disjoncteur placé sous Tappareil. Cette partie du système est, comme on le voit, à peu près semblable à celle du manipulateur du premier système de M. Dujardin.
Le mécanisme d'échappement de la roue des types n'a, du reste, rien de particulier que le dispositif qui permet de passer des lettres aux chiffres. C'est, comme dans tous les télégraphes à échappement, une longue fourchette A B qui réagit sur une roue d'échappement à chevilles et qui se termine par Tarmature polarisée dont nous avons parlé.
Le dispositif pour passer des lettres aux chiffres, que nous représentons à part fig. i5, pi. JII, se compose comme dans les télégraphes dont nous avons précédemment parlé, de deux roues des types en aluminium R R, R'R' croisées Tune sur Tautre dans des plans différents, de manière à former comme deux méridiens. Les points de croisement de ces deux roues qui sont d'égal diamètre sont réunis par un axe qui pivote sur une pièce A adaptée à Taxe A E de la roue d'échappement, et l'une des deux roues RR est reliée, par l'intermédiaire d'une bielle C, à une traverse ab qui est articuléeen o sur le même axe AE.Une lame D conduite par une tige verticale IK qui accomplit un mouvement d'oscillation k chaque impression, peut réagir sur les extrémités 6 et a de cette traverse a 6 quand ces extrémitésse présentent devant elle; mais ceci n'a lieu qu'au moment où la roue des types présente devant l'imprimeur le blanc du repère ou bien le point de sa circonférence diamétralement opposé. Or ce point pouvant être également un blanc, on peut obtenir de cette manière deux réactions mécaniques en sens contraire sur le système des roues RR, R'R' qui peuvent, sans déterminer d'impression, placer l'une ou l'autre de ces roues dans le plan de l'impression, c'est-à-dire dans le plan parallèle à celui de la roue d'échappement, et cette position se trouve maintenue par deux lames de ressort ;\ f adaptées à la pièce A et qui appuient sur la traverse ab. Pour obtenir l'im* pression des lettres, il sufara donc de placer la manette du manipulateur sur
le repère en déterminant la formation d'un blanc, lequel blanc s'appellera le blanc des lettres, et pour obtenir l'impression des chiffres, il suffira de porter la manette sur le point diamétralement opposé qui se trouvera au milieu des lettres de Talphabet et qui représentera, par conséquent, le blanc des chiffres. Le mouvement de la lame D s'effectue, comme nous Favons dit, au moyen de la tige verticale I K qui constitue un levier coudé articulé en K, et dont le bras inférieur introduit dans une entaille L adaptco au levier imprimeur OPME, suit tous les mouvements de celui-ci. Ce bras est vu en bout sur la figure. Cette disposition a permis de rendre la roue des types très-légère et sans inertie, ce qui est un immense avantage pour ces sortes de télégraphes, où cette roue est obligée sans cesse de subir des arrêts et des remises en marches.
Le mécanisme imprimeur n'a rien de nouveau dans son dispositif» c'est une excentrique N mue par un mécanisme d'Jiorlogerie qui fournit les impressions en soulevant le levier imprimeur OPML, et un échappement h détente U à deux temps d'arrêt qui Tembiayeet le désembraye; seulement pour éviter les secousses provoquées par ces arrêts, le doigt 8 qui les produit est muni d'une lame de ressort en spirale qui reçoit les premiers chocs. C'est ce mécanisme qui entraîne en même temps le papier; mais différent, en cela, de la plupart des systèmes jusqu'ici imaginés, cet entraînement ne s'effectue pas par saccades, mais bien d'une manière continue à chaque impression.
Le système d*encragc, dans quelques-uns des appareils que M. Dujardin a construits, a aussi une disposition nouvelle; c'est une espèce d'encrier tubulaire à pompe, dont une extrémité est bouchée par un diaphragme de velour; Tencre, en filtrant à travers ce diaphragme en humecte les poils, et la roue, en frottant légèrement contre ces poils, est facilement imprégnée d'encre. On peut augmenter à volonté la quantité d'encre ainsi filtrée en serrant plus ou moins le piston de l'encrier. Celui-ci est d'ailleurs placé horizontalement devant la roue des types et peut conserver une assez grande provision d'encre pour servir longtemps. L'avantage do ce système est do rendre plus libre la roue des types dans ses mouvements, et de diminuer sa force d'inertie de tout le poids additionnel du tampon qui existe dans les autres appareils.
La légende explicative de la fig. 14, pi. Ilf, pourra donner, mieux qu'une description, une idée de l'appareil de M. Dujardin. E est la roue d'échappement; ÂB le levier en aluminium qui porte la fourchette de l'échappement; C la roue des types qui est indiquée en lignes ponctuées. On n'en a représenté qu'une pour ne pas compliquer la figure. N N' est Télectro-
aimant de l'échappement dont Tarmature est adaptée à la partie inférieure du levier AB et articulée en J. Zî est la pédale de la mise au repère; la partie inférieure de la tige i de cette pédale qui est sollicitée à s'élever par un ressort boudin, est terminée par une surface conique, laquelle, en s'engageant derrière la traverse Y articulée en y, tend à pousser celle-ci en avant quand on appuie sur la touche Z. Cette action, toutefois, est combattue par celle d'un ressort r qui appuie sur la traverse Y, par l'intermédiaire d'une goupille, et qui ramène cette traverse à sa position normale quand on cesse d'appuyer sûr la touche Z et que cette touche s'est relevée sous l'influence du ressort à boudin qui la sollicile. Comme la traverse Y, en se repliant rectangulairement en b, forme une espèce de fourchette qui enveloppe le levier A B en a et en 6, il arrive que par suite de son mouvement en avant sous l'influence de rabaissement de la pédale Z, la roue d'échappement E se trouve dégagée de son encliquetage A, et tourne jusqu'à ce qu'un butoir d'arrct, correspondant au repère, rencontre un doigt adapté à la partie b de la traverse Y rencontre, qui établit la mise au repère. Mais aussitôt que la pédale Z devient libre, le bras a de la traverse Y ramène le levier A B dans sa position normale, et la roue d'échappement se trouve de nouveau soumise à Taction de l'encliquetage A. D est la lame destinée à opérer le changement des roues des types; IK le levier qui la conduit et qui est articulé en D sur une équerre g fixée sur la platine de l'appareil. Cette équerre porte, à cet effet, un long pivot qu'emboîte une sorte de moyeu KL ressemblant à une borne d'attache et qui est adapté à l'angle du levier coudé IK. Le bras inférieur de ce levier qui se présente sur la figure vu par le bout, est interposé entre deux vis de réglage adaptées à une sorte de fourchette L qui termine le levier imprimeur, et le bras supérieur a sa course limitée par une traverse qui termine supérieurement Téquerre g. 0 P ML est le levier imprimeur articulé en 0 et qui porte : 1» en P, le rouleau imprimeur garni de caoutchouc; 2» en ^ une poulie de renvoi pour guider la bande de papier; 3<» en L, la fourchette qui agit sur le levier articulé IK pour le faire osciller d'avant en arrière à chaque impression de lettre ou de blanc, c'est-à-dire, à chaque mouvement qu'il accomplit de bas en haut sous rinfluence de l'excentrique qui le met en actiwi. X est la bielle de celte excentrique articulée en f sur le levier imprimeur; N s le ressort de la détente; 13 les deux butoirs de cette détente disposés comme ceux d'une fourchette d'échappement; U V le levier de détente adapté à l'armature de rélectro-aimant imprimeur et articulé en r7i;r,une lame de ressort servant de ressort antagoniste à l'armature V, et dont la tension est réglée au moyen d'une vis u; ^ le butoir d'arrêt du levier imprimeur qui le maintient dans sa position normale.
Le laminoir pour rentraînement de la bande de papier est constitué par les deux rouleaux Q et H. Le premier est directement mis en mouvement par le mécanisme d'horlogerie, et le levier imprimeur est échancré pour laisser passer son axe; le second H, est constitué par deux bagues à surface rugueuse séparées par un espace suffisant pour ne pas appuyer sur les caractères fraîchement imprimés. Ce rouleau est monté sur un axe horizontal qui, lui-même, est fixé sur un axe vertical mobile 8 S', entouré de ressorts à boudin. Ces ressorts servent à appuyer ce rouleau contre lo rouleau Q. Enfin T est le rouleau encreur; W le support du rouleau à papier; q un guide du papier; G une vis de réglage pour régler le jeu du levier U V, et 17 1/ deux vis de réglage pour limiter la course du levier AB.
Voici du reste les conclusions de la commission de perfectionnement du matériel télégraphique à Tégard de cet appareil.
a Dans cet appareil, toutes les fonctions sont nettes et parfaitement définies, rien n'est abandonné à l'appréciation des employés, ni aux caprices de Tappareil. Ainsi la roue des types fonctionne par échappements successifs sous l'influence de courants alternativement renversés, ce qui évite les ré« glages^ et l 'armature aimantée appelée à produire cet effet est polarisée par influence, ce qui rend son action constante, inaltérable et plus énergique. D'un autre côté, le déclanchement du mécanisme imprimeur s'effectue par suite de ]a rupture du circuit, rupture qui doit être effectuée par le manipulateur lui-même. On peut donc transmettre de cette manière, lentement ou rapidement, s'arrêter môme, sans qu'il y ait danger d'impressions accidentelles, comme cela arrive dans la plupart des télégraphes imprimeurs. Enfin le dispositif pour passer des lettres aux chiffres^ et réciproquement, est tellement siïr dans ses lonctions, qu'il ne peut jamais y avoir ni trouble, ni confusion dans les impressions produites.
a En définitive, l'appareil de M. Dujardin, outre les dispositions ing^ nieuses et réellement nouvelles qui y ont été introduites, possède des avantages pratiques incontestables; il n'exige qu'une seule pile, il marche trèssûrement avec une vitesse relativement grande, les impressions y sont nettes, et il n'a besoin d'aucun réglage pour être mis en marche. Enfin, tous les accessoires, même jusqu'à la poulie qui porte le rouleau de papier y sont trèsbien combinés. La commission est donc d'avis que cet appareil soit adopté pour les bureaux municipaux et pour tous ceux dont la longueur du circuit ne dépasse pas 300 kilomètres.
u Les expériences faites en présence de la sous-commission par un temps de neige fondante, et alors que le service télégraphique était interrompu sur une partie des lignes du nord et de l'ouest, ont démontré que sur une
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ligne de 400 kilomètres (de Paris à Lille, par Mezières), ce télégraphe pouvait transmettre 20 mots par minute avec mie netteté et une correction irréprochables. »
Nous sommes obligés de dire que, malgré la réussite de ces premières épreuves, cet appareil était trop compliqué pour qu'on ait pu le confier aux employés peu exercés auxquels il était destiné; le manipulateur laissait aussi à désirer, de sorte, qu'en fait, il n'a pas passé dans le domaine de la pratique. Actuellement M. Dujardin vient de combiner un nouveau système à touches qu'il dit être plus perfectionné encore, mais je n'en ai pas encore eu connaissance.
Téléf^raphe imprimeur de M. Siemeas. — Dans ce télégraphe qui a figuré à l'Exposition de Vienne de 1873, l'appareil imprimeur et l'appareil transmetteur qui est automatique, sont réunis dans un espace très-réduit. La rouedes types est commandée par deux échappements mis en action sous l'influence de deux courants de sens contraire. L'un de ces échappements auquel correspondent des courants de courte durée, Cait avancer la roue des types par sauts de quatre lettres à la fois, tandis que l'autre échappement, mis en mouvement par des courants opposés de même durée, ne fait avancer la roue que d'une lettre à la fois. 11 en résulte que huit courants au plus (trois ou quatre en moyenne) suffisent pour arrêter, sur l'un quelconque des 31 signes existants, la roue, qui revient au repère après chaque impression de lettre. Ce système de double échappement est la partie réellement nouvelle de cet appareil, et Tidce en est extrêmement ingénieuse.
Télég^raplie imprimeur de M. d'Arlinconrt* — Pour obtenir un télégraphe imprimeur sans réglage et fonctionnant avec une vitesse relativement grande, M. d'Arlincourt a eu l'idée d'appliquer au mécanisme des télégraphes imprimeurs à échappement, son système électro-magnétique que nous avons décrit page 102, tome II, et qu'il a combiné de manière à agir simultanément sur deux armatures, comme on le voit fig. 92 cicontre. A cet effet, les deux noyaux de fer de l'électro-aimant se trouvent très-allongés et portent isolément, étagées Tune sur l'autre, deux bobines £, £' qui constituent, par le fait, deux électro-aimants superposés ayant une culasse commune K; et c'est dans les intervalles V, V qui séparent celte culasse des bobines du dessous et celles-ci des bobines supérieures, que se trouvent les appendices de fer, entre lesquelles oscillent les deux armatures polarisées A, A' qui constituent le système électro-magnétique de M. d'Arlincourt. Les armatures A, A' sont, en effet, articulées sur les pôles N, S de l'aimant permanent B, et pivotent autour des vis v v' v\ L'armature
supérieure A' terminée par le levier d réagit sur la roue d'échappement R du mécanisme compositeur, par Tintermédiaire d'une double fourchette ef, et elle peut, en même temps, avoir action sur deux contacts constitués par les vis qui en limitent le jeu, dont Tune se voit en c'. L'autre armature A déterminé Taction du mécanisme imprimeur en provoquant Tenvoi d'un courant local à travers Télectroaimant qui le commande, et cela en réagissant sur deux autres contacts également constitués par les vis de réglage de Tarmature A, dont une est en c. Les grandes vis Y, Y servent d'ailleurs à éloigner plus ou moins ces armatures des pôles correspondants, afin de foire prédominer plus ou moins l'action des pôles opposés. Un petit électro-
FIg. 02.
Fig. 93.
aimant paresseux servant de rhéotome et interposé dans le circuit de réiectro-aimant imprimeur, par mesure de précaution, complète le système.
lia flg. 93 peut donner une idée de la disposition des communications électriques dans ce système, e est le petit électro-aimant paresseux dont nous venons de parler et dont nous verrons à l'instant Tusage. A et A' sont les deux armatures polarisées et c, c', b, h' les contacts dont il a été question. Enfin P est la pilo locale. Les contacts c, c\ h, b' sont, comme on le voit, dis-
posés de manière que ceux d'un même côté, en haut et en bas, soient en rapport avec l'un des pôles de la pile P, tandis que les deux autres sont en rapport avec le petit électro-aimant e, qui communique d'ailleurs avec le second pôle de la pile locale P, et qui agit lui-même, comme un relais, sur rélectro-aimant imprimeur I.
H résulte de cette disposition, que sous l'influence du courant alternativement renversé qui traverse les électro-aimants E,E' de l'échappement (flg 92), les deux armatures A et A' se meuvent parallèlement, et l'échappement se produit, comme dans les télégraphes ordinaires, par l'action de Tarmature du haut qui, à chaque émission du courant, laisse échapper une dent de la roue R ; mais comme l'action en sens contraire, déterminée par chaque inversion du courant, est grandement facilitée par la répulsion qui tend à se produire au moment des permutations, l'appareil est beaucoup plus sensible qu'avec les systèmes électro-magnétiques ordinaires, et présente l'immense avantage de fonctionner complètement sans réglage. Tant que les inversions de courant se succèdent rapidement, les choses se passent ainsi que nous venons de le dire, et l'armature du bas accomplissant les mêmes mouvements que l'armature du haut, ne donne lieu à aucunes fermetures du circuit local de l'imprimeur, comme on peut s'en rendre compte par l'inspection de la fig. 93 ; mais pour une rupture prolongée du circuit et avec un règlement convenable des vis V; V, il n'en est plus de même, et les positions de repos des armatures A et A' peuvent être différentes ; il arrive alors que l'armature du haul n'accomplit qu'une demi oscillation, alors que celle du bas en accomplit une entière, ainsi qu'on Ta vu tome II, p. 104. C'est cette oscillation entière, à laquelle M. d'Arlincourt a donné le nom de coup de fouet, qui a été utilisée par lui dans ses relais translateurs, dont nous parlerons plus tard. Or, il résulte de cette position différente des deux armatures dans le cas considéré, que le circuit local se trouve fermé, car ces armatures communiquent mécaniquement entre elles ; dès lors, le courant de la pile P peut mettre en action Télectro-aimant e, et par suite, rélectroaimant imprimeur I.
Pourquoi cet électro-aimant intermédiaire, alors que le courant local aurait fort bien pu mettre directement en action l'éiectro-aimant impri* meur?.*. En voici la raison :
Dans le système électro-magnétique de M. d'Arlincourt, les mouvements des armatures sont comme nous l'avons souvent dit extrêmement rapides, et par conséquent, celles-ci sont peu stables dans leur position de repos; de plus, au moment des permutations dans le sens du courant, la ligne se trouve dans un état de neutralisation bien voisin de celui qui est la consé-
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quence d'une rupture du circuit : il pourrait donc arriver que» soumis à Faction seule des armatures, le courant local pût être fermé d'une manière inopportune ou trop instantanément pour produire un effet suffisant sur le mécanisme imprimeur. Or^ en interposant sur ce circuit local un électroaimant boiteux un peu paresseux dont Tarmature forme relais, il faut toujours un temps appréciable dans Tinterruption du courant pour que celui-ci puisse être transmis à l'électro-aimant imprimeur ; de sorte que les effets des ruptures trop rapides du circuit local se trouvent ainsi éliminées. Cet électro-aimant, en dcfînitive, n'est donc pas nécessaire à la marche dp l'appareil, et il n'a été introduit, que par simple mesure de précaution.
Nous devons dire, toutefois, par respect pour la vérité, que ce système d'impression sur ruptures de circuit, n'est pas le propre de Tappareil de M d'Arlincourt, il avait été combiné longtemps avant lui, par M. Dujardin. M. d'Arlincourt n'a fait, en somme, qu'adapter à ce système son éieclro aimant sans réglage, en le disposant d'une manière appropriée à la circonstance. Quoiqu'il en soit, ce système essayé en ligne a produit des effets réellement surprenants ; il a pu fonctionner avec une vitesse de transmission de 60 à 70 lettres à la minute, sur un circuit de 1,200 kilomètres de longueur -, et, sur un circuit plus court, on n'a pu trouver manuellement une limite à cette vitesse ; c'est certainement un résultat remarquable.
Le manipulateur de cet appareil a été combiné par MM. d'Arlincourt de deux manières, soit comme manipulateur simple à manette, soit comme manipulateur à touches.
Le premier système se rapproche beaucoup de celui de MM. Digney que nous avons décrit p. 44, seulement la godille en croix, au lieu do se terminer par deux ressorts oscillant entre les deux vices de contact, est terminée par deux espèces de marteaux qui réagissent chacun sur deux lames de ressorts tendant à s'appuyer sur les deux vis de contact; de sorte, que c'est par disjonction des ressorts qu'elle agit, et les deux parties en croix qui la composent, sont, à cet effet, isolées Tune de l'autre. De plus, pour qu'il n'y ait pas incertitude dans l'émission des courants renversés au moment des permutations, le disque à gorge sinueuse est muni, sur sa circonférence, d'une rangée de dents pointues sur lesquelles roule im galet fixe monté sur une forte lame de ressort, qui donne au disque un petit mouvement indépendant de celui communiqué par la manette, au moment où celle-ci se trouve dans les positions qui correspondent aux permutations . De cette manière, aucune interruption de courant ne peut se produire sun^ une rupture du circuit effectuée volontairement.
Le second manipulateur à touches, n'est autre que celui de l'apparei
imprimeur du même auteur que nous décrirons au chapitre des télégraphes à mouvements éicctro-synchroniques, et auquel a été ajouté, pour régulariser le mouvement mécanique, le système à lame vibrante adapté par lui, à son système de télégraphe antographique.
Télégraphe de M. Freitel. — Le télégraphe de M. Freitel qui a figuré à 1 Exposition Universelle de 1S55, a une disposition toute particulière et complètement différente de celle des appareils dont nous avons parlé jusqu'ici. U imprime, en effet, la dépêche non plus sur une bande de papier plus ou moins longue ou sur une feuille enroulée sur un cylindre, mais sur une large feuille tendue verticalement et avec des lignes droites superposées.
Dans ce système, la roue des types et la roue d'échappement qui la commande sont disposées horizontalement au-dessus du mécanisme d'horlogerie destiné à les mettre en mouvement. La feuille de papier destinée à recevoir la dépèche est disposée tangentieliement à la roue des types sur un châssis vertical qui peut être soumis à deux mouvements rectangulaires, Tun qui se produit horizontalement après chaque impression sous l'influence d-un encliquetage et d'une crémaillère, l'autre qui s'effectue verticalement après l'impression de chaque ligne sous l'influence de deux plans inclinés qui soulèvent le châssis à Textrémité de sa course. Naturellement ce châssis roule sur un petit chemin de fer qui lui sert en même temps de guide dans les mouvements qu'il accomplit.
Le mécanisme imprimeur est placé derrière le châssis; il se compose d'un système de marteau à bascule commandé par l'électro-aimant imprimeur, et d'un encliquetage qui, en réagissant sur la crémaillère portée par le châssis mobile, fait avancer ce dernier après chaque impression de lettre. Un système de tampons encreurs circulaires frottant contre la roue des types lui distribue la quantité d'encre nécessaire pour les impressions.
Quant au système électro-magnétique, il se compose d'un électro-aimant unique, mais cet électro-aimant a deux armatures dont les ressorts antagonistes sont inégalement tendus. Quand on transmet, les fermetures de courant opérées par le manipulateur étant faites sur un courant d'une faible intensité, l'armature la moins tendue est mise en action, et c'est elle qui fait fonctionner Téchappement de la roue des types; mais quand on veut imprimer, le manipulateur ajoute alors à ce courant celui d'une pile supplémentaire, et la seconde armature étant mise cette fois en action, provoque le jeu du mécanisme et le recul du châssis.
Quand après une série d'impressions, la ligne est terminée et que le châssis est remonté verticalement de l'intervalle d'un interligne, l'eucliquetage de la crémaillère est soulevé, et un contre-poids ramène le châssis à sa position initial«i
I^ transmetteur de cet appareil est un simple manipulateur de télégraphe à cadran dont la poignée au lieu d'être rigide est flexible. Elle porte un doigt qui peut s'enfoncer par simple pression dans des trous disposés audessus de chaque lettre^ et, quand ce butoir est enfoncé, il réunit les courants des deux piles, ce qui provoque, comme on l'a vu, l'impression. La godille fournit d'ailleurs les alternatives de courants de la pile faible nécessaires pour le fonctionnement de la roue d'échappement et, par suite, pour la transmission des lettres (Voir pour les détails la seconde édition de cet ouvrage tome If, p. 138.)