‹ Exposé des applications de l'électricitéChapitre 13 sur 46 · II. TÉLÉGRAPHES A MOUVEMENTS SYNCHRONIQL'ES · texte numérisé non relu

II. TÉLÉGRAPHES A MOUVEMENTS SYNCHRONIQL'ES

Si Ton considère que, dans les télégraphes imprimeurs décrits précédemment, la plus grande partie de la force électrique est employée à diriger la marche des appareils manipulateur et récepteur, de manière à rendre leurs mouvements solidaires les uns des autres, et par le fait synchroniques entre eux, on se demande naturellement si ce synchronisme de mouvement ne pourrai^ pas être obtenu plus simplement et surtout plus rapidement sans rintervention de Télectricité, et si le rôle de ce fluide dans les télégraphes imprimeurs ne devrait pas se borner à faire fonctionner seulement le mécanisme imprimeur, ce qui ne nécessiterait qu'une seule émission de courant. Quand on se reporte à certains appareils d'horlogerie qui peuvent fournir des mouvements uniformes à moins d'un dix-milUème de seconde près, il est certain que la solution du problème posé dans les conditions précédentes peut paraître facilement réalisable; toutefois une grande question était tout entière à résoudre : comment, après le temps d'arrêt provoqué par l'impression, temps d'arrêt qui peut varier suivant une foule de cir< constances différentes, obtenir que les deux mouvements synchroniques puissent se rétablir assez exactement pour que la concordance des lettres ne soit pas troublée aux deux stations? c'est là, il faut le dire, où était toute la difficulté du problème, et c'est contre cette difficulté que sont venus s'échouer tous les inventeurs jusqu'à M. Hughes.

£n principe, rien n'est plus simple que les télégraphes imprimeurs à mouvements synchroniques : vous avez aux deux stations en correspondance deux mécanismes d'horlogerie dont la vitesse est réglée par un moyen ou par un autre, et qui, étant déclanchés en même temps, font tourner les roues des types des deux appareils avec la même vitesse ; des manipulateurs à clavier, en rapport avec ces mécanismes, peuvent avoir pour résultat d'ar-

rêter le mouvement de ceux-ci (au moment de rabaissement d'une touche) au moyen de détentes électro-magnétiques, et le mouvement de ces détentes peut avoir comme eflfet secondaire de produire un contact électrique réagissant sur le mécanisme imprimeur, lequel peut d'ailleurs être exactement semblable à celui des appareils que nous avons décrits précédemment. Tel est le principe général des télégraphes imprimeurs à mouvements synchro* niques. La plupart des appareils appartenant à cette catégorie, ne diffèrent les uns des autres que par les moyens employés pour obtenir le synchronisme des mouvements et ia détente du mécanisme imprimeur.

Télégraphe imprimeup de M. Vail. — Ce système télégraphique, s'il faut en croire son auteur, daterait comme nous Tavons déjà dit

Fig. 94.

de 1837, et serait, par conséquent, le premier télégraphe imprimeur qui aurait été construit. Nous ignorons jusqu'à quel point cette assertion est exacte, mais ce qui est certain c'est que la description de cet appareil a été publiée en 1848, dans Touvrage de M. Vail sur le télégraphe américain.

Dans le télégraphe imprimeur de M. Vail que nous représentons fig. 94, le mécanisme compositeur mû par un mouvement d'horlogerie, ne subit la réaction électrique qu'au moment de son déclanchement et de son arrêt, quand le caractère transmis est arrivé devant le repère. A cet efifet, ce mécanisme est commando par un véritable échappement P de chronomètre

à pendule qui marche synchroniquement avec celui de l'appareil de la station qui transmet et qui devient alors transmetteur. Le pendule de cet échappement oscille entre les pôles pp' de deux électro aimants £, F placés Tun vis à vis de l'autre, et comme la masse g du disque qui le termine est en fer doux, elle peut servir d'armature à ces deux électro-aimants. Supposons donc que les pendules de deux stations A et B soient réglés de manière à faire quatre ou huit oscillations par seconde, il échappera huit ou seize dents des deux roues d'échappement dans cet espace de temps. Par conséquent, si le caractère A de Tappareil de la station B se trouve placé devant le repère à un instant donné, le même caractère A apparaîtra également au même instant devant le repère à la station A. £t, pour les maintenir dans cette position, il suffira qu'un courant soit fermé à travers les électro-aimants de détente, précisément au moment où les pendules, ayant accompli Toscillation correspondante à Téchappement de ce caractère, se trouvent à portée de Tun ou de l'autre de ces électro-aimants. Sous Tinfluence, en effet, de cette fermeture de courant, les pendules se trouveront retenus et les mouvements d'horlogerie arrêtés. Le mécanisme imprimeur pourra dès lors remplir sa fonction aux deux stations.

Ce mécanisme consiste dans une espèce de bague I fixée à Textrémité du levier de Tarmature A d un fort électro-aimant (caché derrière Télectroaimant E'), laquelle bague enveloppe presque entièrement le rouleau G sur lequel passe la bande de papier O où doit se faire l'impression. Elle se trouve toutefois ouverte à sa partie supérieure pour laisser passer les caractères a, b, c, etc., adaptés sur la circonférence de la roue des types. Ceux-ci sont accompagnés latéralement de deux appendices sur lesquels viennent appuyer les bords disjoints de la bague, lorsqu'une attraction se manifeste. Comme ces caractères sont mobiles sur la roue qui les porte, et retenus seulement par de petits ressorts à boudin, on comprend qu'ils cèdent &cilement à la pression exercée sur eux par les bords de la bague, et laissent leur empreinte sur la bande de papier qui se trouve au-dessous d'eux. La fermeture du courant, à travers Télectro-aimant qui commande le mouvement de ce mécanisme imprimeur, s'effectue en même temps que celle qui met en action les électro-aimants de détente ; car tous ces électro-aimants sont interposés dans le même circuit. Il en résulte donc que l'impression du caractère suit immédiatement l'arrêt de la roue des types.

Le mécanisme qui gouverne la bande de papier consiste dans une petite roue à rochet placée à l'extrémité du rouleau enveloppé par la bague presse, et cette roue est repoussée d'une dent chaque fois que cette bague se relève

SOUS Teffort du ressort antagoniste r de l'armature qui la porte. Pour cela, un petit cliquet d'impulsion est adapté à cette bague, et réagit à la manière ordinaire. Un second rouleau appuyé contre le rouleau précédent et formant laminoir^ complète cette partie du mécanisme.

Le transmetteur de ce système télégraphique est adapté à la roue des types de chaque appareil. Il consiste dans une règle métallique, appelée indicateur, placée verticalement près de l'une des joues de la roue des types, et percée d'autant de trous qu'il y a de lettres gravées sur cette roue. 25 chevilles métalliques implantées en spirale sur la surface de cette roue, de manière à correspondre dans le sens du rayon, aux divers caractères en relief, sont disposées de façon que leur éloignement du centre de la roue corresponde exactement à la hauteur des trous pratiqués sur Tindicateur. Si le massif de l'appareil est en rapport avec le fil de la ligne, et si l'indicateur communique avec la pile, on comprend qu'il suffira d^implanter dans Fun ou l'autre des trous de cet indicateur une épingle métallique pour arrêter la roue des types au moment où la cheville de cette roue correspondante à ce trou viendra à passer devant la verticale. Or, comme chacun des trous de l'indicateur correspond à une des lettres en relief de la roue des types et comme d'ailleurs le mécanisme imprimeur se trouve placé au-dessous de l'indicateur lui-même, il devient facile de faire arrêter devant ce mécanisme telle lettre qui aura été désignée. De plus, comme le contact des chevilles de la roue des types, avec l'épingle de l'indicateur, entraîne la fermeture du circuit de la ligne, l'appareil de la station éloignée s'arrête précisément au même instant et l'impression se produit.

M. Yail décrit encore dans son ouvrage plusieurs systèmes de télégraphespresses dans lesquels plusieurs fils et plusieurs roues sont employés. Comme ils ne présentent rien de particulier que des combinaisons alphabétiques plus ou moins compliquées, faites en vue d'augmenter la rapidité de la transmission, nous n'en parlerons pas dans ce chapitre. Nous dirons seulement que d'après M. Yail lui-même, ce système télégraphique ne pouvait fournir en moyeune plus d'une lettre en G secondes Va* Aussi ne semble-t^il pas y attacher une grande importance et ne regarde-t-il les télégraphes imprimeurs que comme des objets de simple curiosité.

Dans la figure 94, R représente la roue d'échappement du mouvement d'horlogerie qui est renfermé dans la caisse M. L'ancre qui la commande est en P et le pendule en P ç. La roue des types montée sur le même axe que la roue R est en T ; elle est formée de deux circonférences réunies par les types qui sont mobiles du centre à la circonférence. Nous n'avons désigné que trois de ces types a, &, c pour ne pas charger la figure ; on voit

qu'ils sont enveloppés d'un ressort à boudin pour être maintenus toujours dans une position fixe. Le mécanisme imprimeur est en I, on n'en voit que la moitié, et le rouleau sur lequel passe la bande de papier 0 0 est figuré en G; le petit rouleau qui sert à Tentralnement de cetle bande s'aperçoit k gauche à côté.

Le levier qui met en action le mécanisme imprimeur est en B B'. Il oscille en x et se trouve maintenu dans une position déterminée par le ressort antagoniste r et les deux vis butoirs v, v\ C'est par le bout B qui est articulé à la partie inférieure de la bague I, que s'eifectue l'abaissement des types qui doit fournir l'impression, et c'est l'armature A, que l'on ne voit que par le bout sur la figure, qui le provoque. L'électro-aimant qui lui correspond et qui est très-gros, ne se voit pas sur la figure parce qu'il est cache par rélectro-aimant E' ; on en aperçoit seulement que Tun des pôles D.

La masse pendulaire qui, en formant armature sert à l'arrêt simultané des appareilSi se voit en 9, et les pôles des deux électro-aimants qui agissent sur elle, en p et p'. Les électro-aimants eux-mêmes sont en E et E'.

Le transmetteur n'est pas représenté sur la figure parce qu'il se trouve placé sur la face opposée de la roue des types. On pourra en voir le dessin dans l'ouvrage de M. Vail p. 199. (Edition française).

Téléipraphe imprimeur de M. Bain. ^ La description du télé* graphe imprimeur de M. Bain a été publiée pour la première fois à Londres en i843, mais il paraîtrait que la date réelle de cette invention serait du mois de juillet 4840, c'est-à-dire, de la même année que celle du télégraphe imprimeur de M. Wheatstone. Quoi qu*il en soit^ ce télégraphe est le premier qui ait attiré l'attention et qui ait été essayé en ligne, et à ce titre nous lui devons quelques lignes.

Dans ce système, la roue des types mue par un mouvement d'horlogerie était horizontale et portait^ comme du reste toutes celles qui ont été construites depuis, les lettres de l'alphabet gravées en relief sur sa circonférence. L'axe qui portait cetle roue, au lieu de pivoter sur ses deux extrémités, n'était soutenu dans ses coussinets que jusqu'au milieu de sa longueur^ et la partio supérieure à laquelle était fixée la roue des types^ était libre et flexible, de tnaniëre à pouvoir, sous l'influence d'un choc, se déverser un peu de côté. En face de cette roue des types et mobile sur un axe vertical formant vis sans fin, était adapté un tambour qui' pouvait être mis en mouvement de rotation par un long pignon, relié à un second mécanisme d'horlogerie, et ce tambour, par suite de la disposition de son axe en pas de vis, pouvait s'élever à mesure qu'il accomplissait son mouvement de rotation. C'était sur ce tambour qu'était tendue la feuille de papier destinée à recevoir Timpres- 111 17

çion, et cette feuille était recouverte de papier plombagine. Le mécanisme moteur de la roue des types avait sa marche régularisée par un régulateur à force centrifuge analogue à celui des machines à vapeiu*, et ce régulateur servait en outre à déterminer Taction du mécanisme imprimeiu*. A cet effet son collier réagissait sur un levier de détente qui, pour une inclinaison suffisante des bras, déterminait le déclanchement du second mécanisme d'horlogerie; celui-ci, en réagissant par l'intermédiaire d'une excentrique et de leviers de transmission sur une fourchette emboîtant Taxe de la roue des types, pouvait faire fléchir cet axe, et déterminer un choc de la roue des types contre le tambour muni de la feuille de papier, d'où résultait naturellement l'impression du caractère placé en ce moment là devant le tambour. Or cette action était déterminée par Farrèt du mécanisme moteur de la roue des types sous l'influence du courant transmis, et l'organe électrique employé dans cette circonstance était le cadre galvanométrique que nous avons décrit tome II, p. 136. Lorsque Timpression était effectuée et que le régulateur à force centrifuge avait commencé à reprendre son mouvement, un encliquetage adapté à Taxe du pignon du tambour était mis en action, et faisait avancer ce tambour d'un intervalle de lettres. Les impressions de lettres pouvaient, de cette manière, se faire à la suite les unes des autres et s'effectuer sur une ligne en spirale, qui fournissait des lignes superposées quand on venait à retirer la feuille de papier de dessus le tambour.

Dans ce système, le transmetteur ftdsait partie du récepteur qui, à cet effet, était disposé de manière à faire tourner, avec la même vitesse que la roue des types, une aiguille mobile autour d'un cadran adapté à l'appareil. Toutes les lettres de la roue des types étaient gravées sur le cadran dans leur position respective, et des trous étaient placés devant chaque lettre. En introduisant dans l'un ou l'autre de ces trous une épingle, on pouvait arrêter l'aiguille et par cela même le mécanisme moteur; et comme delà pression de cette aiguille contre l'épingle pouvait résulter un contact électrique susceptible de fermer un circuit, on obtenait de cette manière Tarrèt simultané des deux appareils en correspondance, et par suite l'impression de la lettre devant . laquelle on avait introduit l'épingle.

Le synchronisme de marche des deux appareils était d'ailleurs, réglé au moyen des régulateurs à force centrifuge, dont les boules étaient placées plus ou moins haut sur leurs tiges.

Télégraphe de M. Theyler. -~ Ce télégraphe ayant été le premier qui ait donné en ligne des résultats satisfaisants, et renfermant d'ailleurs en lui le germe de tous les perfectionnements qui ont fait depuis de ces sortes d^appareils des télégraphes parfaits, nous avons cru devoir lui consacrer

une notice complète accompagnée de figures. Nous le faisons avec d'autant plus de plaisir, que trop souvent on oublie les premiers inventeurs qui ont eu à vaincre toutes les difficultés inhérentes à une découverte nouvelle, pour ne s'occuper que des derniers, dont la réussite ne tient souvent qu'à un petit détail pratique demeuré inaperçu de ceux qui avaient congu Tidée première.

Le télégraphe de M. Theyler, comme ceux de MM. Yail et Bain, est fondé sur l'isochronisme de deux mouvements d'horlogerie. L*un de ces mouvements, à trois mobiles, fait fonctionner le mécanisme compositeur^ Fautre un manipulateur particulier, représenté fig. 4 p). III. La roue des types R, fig. 5 pi. m, ou plutôt les roues des types, car il y en a deux, est en aluminium et de très-petit diamètre, afin d'être plus légère ; elle présente néanmoins sur sa circonférence une large échancrure ab^ dont nous verrons h Tinstant l'ulilité. L*axe sur lequel elle est montée porte : 1* une roue d'échappement de 17 dents. A, fig. 3, armée sur le côté de 29 chevilles en correspondance avec les caractères de la roue des types, et munie d'une ancre d*encliquetage B, formant pendule, c'est-à-dire Torgane régulateur du mouvement synchronique ; 2® un bras d'encliquetage C, arrêté en temps ordinaire par un levier D, lequel est monté sur Taxe de la bascule BF, à laquelle est fixée Tarmature de Télectro-aimant M ; d"* enfin une excentrique à ressaut G, agissant sur un levier articulé H, dont nous verrons à Tinstant la fonction.

Le mécanisme imprimeur se compose uniquement d'un bec I, fig. 5| muni de flsmelle et adapté à Textrémité de la bascule E F, dont Taxe porte en même temps un second levier à crochet J. (fig. 3). Ce levier est placé de manière à servir de cliquet d'arrêt à la roue A, en s'introduisant entre les chevilles de cette roue»

Le mécanisme commandant la bande de papier consiste dans deux cyhn« dres K, L, fig. 5» dont l'un K, est mis en mouvement par le 2* mobile dumé-> canisme d'horlogerie, à la manière des télégraphes Morse. Le cylindre N est le rouleau à l'encre. Enfin le relais qui fait marcher l'électro-aimant M est en P, fig. 3. Son armature est à bascule et placée de manière à subir la réaction du levier H.

Le manipulateur est un transmetteur à clavier circulaire, mis en jeu par un mouvement d'horlogerie marchant synchroniquement avec celui du récepteur de la station éloignée; il porte un mécanisme au moyen duquel une touche étant simplement abaissée, se trouve maintenue dans cette position le temps suffisant pour l'impression de la lettre, et le mouvement qui s'opère alors donne lieu à deux fermetures de courant^ Tune au moment

960 XÉLÉGRAPUES IMPRIMEURS.

du dégagement du mécanisme moteur, Tautre afu moment où un index de repère passe devant la touche abaissée. Ces fermetures ne durent qu*un instant» mais cet instant suffit pour réaliser Tefifet voulu. Nous décrirons à l'instant ce mécanisme. D'après la disposition de cet interrupteur, on comprend que, sous Tinfluence de la première fermeture du courant, Télectroaimant M dégage le mécanisme d'horlogerie en écartant le levier. D» fig. 3, du bras d'encliquelage.G; toutefois aucune impression n'est alors produite, puisque i*échancrure.a b se trouve placée devant le bec du levier imprimeur. Comme lo courant n'est qu'instantané, la roue des types et la roue d'échappement qui la commande tournent sans obstacle de la part du levier J, jusqu'à la seconde fermeture du circuit, qui met alors ce levier «T en prise avec la roue A; ce qui provoque l'impression du caractère placé en ce moment deyant le bec du levier £ F, lequel caractère est le même que celui de la touche abaissée, puisque les deux mouvements sont synchronique& Immédiatement après que cette double fonction s*est accomplie, le levier H se trouve abaissé brusquement par rexcentrique» et détache forcémeot l'armature du relais, dans le cas où le magnétisme rémanent la mainticDdrait attirée; après quoi le système se trouve arrêté, quand le bras C vient rencontrer le levier D, c'est-à-dire quand la roue des types est arrivée au repère» De cette manière toutes les impressions sont indépendantes les unes des autres. La roue à rochet R, et les becs d'encliquetage T et 8, sont établis pour la sûreté de l'arrêt au repère.

Le mécanisme du manipulateur consiste 1* dans un cerceau ddd, fig. 4, appuyé sur l'extrémité des touches et portant un butoir d'arrêt c; 2o d'un système de bascule b ff mis en mouvement autour de Taxe a par le mécanisme dUiorlogerie et marchant synchroniquement avec la roue des types ; S^* d'un conjoncteur h susceptible de fermer le courant quand la bascule se trouve soulevée par son bout /*; 4» d'une roue dentée / / / indépendante du mouvement d'horlogerie, et dont les roues correspondent aux touches du clavier qui sont à bascule. Cette roue est susceptible d'un petit déplacement vers la droite quand» en abaissant ces touches, un butoir en biseau qu'elles portent repousse de côté ces dents ; mais une fois la touche entièrement abaissée, cette roue revient à sa position normale appelée par le ressort m. En outre de ces organes, ce mécanisme possède un butoir fixe g placé près du point opposé au. repère, et un crochet n qui réagit sur la TOM^llU Voici comment cet appareil fonctionne : Quand le ÏQvierbff est mis en mouvement par suite du soulèvement du cerceau ddd qui dégage le butoir Ct Tare f rencontre le butoir g qui le soulève, et le ressort h opère tm contact métallique qui ferme le courant; en même temps la touche

TÉLËGRÂPHES IMPRIMEURS.

Sdt

abaissée a laissé passer une dent de la roue 1 1 1 au-dessous d'elle, et' cette dent Tempêche de se relever. L'arc f, en passant au-dessus de cette touche, rencontre un petit butoir k qui se trouve alors élevé, et qui, en faisant basculer le système, provoque une deuxième fermeture du circuit ; enfin, quand le tour complet du levier b fP est près d'être accompli, le butoir c rencontre le crochet n qui donne un petit mouvement à la roue lll^ei dégage la touche abaissée.

Il est à remarquer que le nombre des échappements du manipulateur doit être plus considérable que celui des échappements du récepteur, à cause du temps nécessité par l'impression des lettres.

Téléippaphe imprimeur de HIIII. Desi^olTe et Dig^ey. — Afin d'éviter les difficultés et les complications que Ton rencontre pour

obtenir la marche synchronique de deux Fig. 95. appareils télégraphiques en correspon*

dance, M. Desgoffe a cherché à résoudre le problème d'une autre manière qu'on ne l'avait fait jusque là, en faisant intervenir Faction électrique elle-même comme organe régulateur du synchronisme (1). A cet effet, les mécanismes moteurs des deux appareils sont soumis à l'action de deux électro-aimants inter* posés dans le circuit de ligne» lesquels sont animés par les courants des deux y*^^ >^ "] piles de ligne disposées de manière à

=^iO^^ VU/ former une batterie de tension.

y^lJ/ Il ^^^ action s'effectue par Fintermé-

^p W diaire d'un système de rhéolome placé

Fig. 96. ^ Fig. 97* ^^ dehors de Tune des platines de l'ap-

pareil, et composé d'un doigt D (fig. 95) adapté à l'axe de la roue des types, lequel doigt vient buter, à chaque tour de celle-ci, contre une cheville C portée par une bascule horizontale OG. Cette bascule, sollicitée p^r un ressort antagoniste, tend tou-

(i) Ce système date de l'année 1861. Je donne celte date car depuis quelques années certains inventeurs ont adopté des systèmes analogues, et on pourra juger d'après elle s'ils étaient en droit de le faire ou du moins d'indiquer cette partie de leur invention comme leur appartenant.

jours à maintenir soulevée la cheville en question» mais elle peut être com« mandée en sens contraire par la tige portant Tarmature de rélectro-aimant régulateur, et alors le mécanisme moteur se trouve dégagé ; toutefois cet électro-aimant régulateur n'est animé que quand, par suite du contact de la cheville avec le doigt D dont nous avons parlé, le circuit de ligne se trouve complété, et encore faut-il que ce contact s'effectue en même temps dans les deux appareils, sinon le mouvement de la roue des types de Tappareil qui marche le plus vite se trouve arrêté jusqu'à ce que les deux contacts s'effectuent dans le même moment C'est précisément cette solidarité de marche entre les deux appareils qui résout la question du synchronisme, car de cette manière le retard ou l'avance de Tun des appareils sur l'autre se trouve sans cesse corrigé à chaque tour de la roue des types. L'expérience ayant démontré que, pour obtenir dans ces conditions de bons contacts^ û fallait que le doigt lui-même constituât l'interrupteur, M. Desgoffe a composé ce doigt de deux parties isolées Tune de l'autre, d'une longue dent rigide et d'un ressort flexible placé devant elle (Voir fig. 97). Ces deux pièces communiquent à deux bagues métalliques isolées fixées également sur l'axe I de la roue des types, et deux ressorts appuyant sur ces bagues mettent en relation avec cet interrupteur le fil de ligne et Télectro^mant régulateur avec lequel communique la pile. On comprend facilement qu'avec cette disposition, chaque fois que le doigt rencontre la cheville butoir, les deux parties qui le constituent se touchent et fournissent le contact exigé.

Le déclanchement automatique s'opérant sur chaque appareil et à chaque tour de la roue des types^ corrige donc, ainsi que nous venons de le dire, le retard ou l'avance qui pourrait se produire sur chacun d'eux dans ce court intervalle, lequel correspond environ à une demi seconde ; mais cet arrêt pourrait causer un ralentissemeut préjudiciable à la marche des appareils et deviendrait même un obstacle à leur mise en mouvement, s'il n'eût été remédié à cet inconvénient par une disposition spéciale du régulateur ou volant de leur mécanisme d'horlogerie. Ce régulateur en effet a été combiné de manière à permettre l'arrêt brusque de ce mécanisme pendant un temps indéterminé, tout en lui conservant la facilité de reprendre, aussitôt la cause de l'arrêt disparue, la vitesse qu'il avait acquise lors de son arrêt brusque.

Ce volant que nous représentons fîg. 96 est composé d'un ressort replié en cercle et percé de 4 trous de manière à pouvoir être traversé, suivant deux diamètres rectangulaires, par l'axe vertical du régulateur et un bras horizontal sur lequel peuvent courir deux boules pesantes. L'axe vertical est composé de deux parties assemblées par un manchon à encliquetage et

disposées à ]a manière d'une clef Breguet. Quand te mécanisme est arrêté, le ressort circulaire est de forme un peu oblongue et tient les deux boules serrées contre la douille de jonction des deux pièces de Taxe, mais quand il est en marche, la force centrifuge pousse les boules contre le ressort en question qui se déforme en s'applatissant, et si un arrêt brusque est produit sur la partie de Taxe qui correspond au mouvement d'horlogerie, l'autre partie continue à tourner en raison de la vitesse acquise et de Tencliquetage qui cède alors à cette action. Il en résulte que quand Farrêt du mécanisme cesse de se produire^ le volant restitue immédiatement au moteur la vitesse dont il est animé et qui n'a pas eu le temps de se perdre beaucoup en raison de la faible durée des arrêts.

Les autres parties de Pappareil n'ont rien de particulier quant à leur principe. Par sa forme, le récepteur ressemble assez à un Morse. Le mécanisme d'horlogerie, régularisé par le régulateur à force centrifuge dont nous venons de parler, est adapté entre les deux platines. En dehors de Tune de ces platines, se trouve le système rhéotomique dont il a été question. En dehors de l'autre est adapté le mécanisme imprimeur, qui se compose d'une roue d'arrêt, d'une roue des types et d'un système de laminoir mû par un encliquetage à étoile adapté au levier de rélectro-aimant impri* meur. Cette roue d'arrêt présente cependant une particularité : c'est un petit barillet qui est fixé sur elle et qui la rend susceptible, après chaque impression, de faire regagner à la roue des types (montée sur le même axe qu*elie) le temps perdu. Cette roue d'arrêt porte, du reste, des dents pointues, et la pièce qui produit l'arrêt est une tige à coin qui se meut dans une coulisse verticale (adaptée à la platine), sous l'influence du levier de l'électroaimant imprimeur et d'un ressort antagoniste. Ce ressort est combiné de manière à maintenir cette roue arrêtée un temps suflQsant pour que les diverses fonctions de l'impression aient le temps de «'accomplir avant la remise en liberté de la roue des types.

Le levier de l'armature de l'électro-aimant, ayant trois fonctions à remplir : i» celle de l'arrêt de la roue des types, 2» celle de l'impression, Z^ celle de l'avancement du papier, nécessite une certaine force, et exige par conséquent la présence d'un relais.

La partie de ce télégraphe la plus particulière est le manipulateur que nous représentons fig. 98, et qui se trouve adapté au récepteur, afin que son jeu soit solidaire de celui de cette partie de l'appareil. Il consiste d'abord dans une plaque d'aluminium découpée de manière à fournir deux spirales en limaçon, situées en sens inverse l'une de l'autre, et portant chacune» échelonnées les unes ù la suite des autres, treize saillies métalliques. Cette

plaque est fixée par le centre commua aux deux spirales sur Taxe de la roue des types (en avant de celle-ci), et au devant d'elle se meut, comme un pendule, une bascule verticale terminée supérieurement par un ressort frotteur, et inférieurement par une poignée. Une fenêtre, adaptée à cette bascule un peu au-dessus de la poignée, se meut avec elle devant un arc métallique sur lequel sont gravées, à gauche et à droite de la verticale, les différentes lettres de l'alphabet. Celles-ci sont disposées dans Tordre suivant :

BFGHJKCDLNAE-f I réception | blanc I lOURSTMPQVXYZ,

c'est-à-dire, dans un ordre tel que les lettres qui se répètent le plus souvent sont les plus rapprochées de la verticale, soît d'un côté, soit de l'autre. Les saillies du disque d'aluminium sont disposées de telle manière que, la

bascule étant inclinée à gau- Fig. 98. che ou à droite devant l'une

ou l'autre des différentes lettres de l'alphabet, il y ait un contact opéré avec le resso'-t frotteur terminant la bascule, et ce contact, en déterminant l'action de l'électro-aimant imprimeur, provoque l'impression de celle des lettres de la roue des types qui correspond, par sa position, à celle indiquée par la bascule.

Cette disposition du manipulateur a été suggérée par l'incommodité si souventconstatée de bien placer la manette du manipulateur à cadran devant les différentes lettres de la moitié gauche du cadran. Avec le système que nous venons de décrire, on ne court jamais risque de cacher les lettres de l'indicateur avec la bascule ou avec la main.

Le courant de ligne devant, avec l'appareil précédent, faire agir deux électro-aimants ayant des fonctions différentes à remplir, il était important que l'action produite sur Télectro-aimant régulateur ne put s'effectuer un même temps que celle déterminant l'impression. A cet effet, le circuit a été bifurqué avant sa communication avec le relais, et l'action de rèlectroaimant régulateur ne s'effectue que quand la roue des types est dans une

position telle qu'elle ne peut Imprioier aucune lettre; cette position est celle qui correspond à la bascule placée sur le signe de la réception. Dans ce cas, il ne peut y avoir aucun contact produit sur le disque d'aluminium.

Inutile de dire que le déclanchement du mécanisme moteur est automatique avec cet appareil, puisqu'il dépend esseniiellement du mécanisme régulateur; seulement quand on veut l'arrêter, il sufBit de couper, à laide d'un interrupteur, le circuit de la ligne, précisément au point de la bifurcation (1).

Téléip^aphe imprimeur de SI. Hug^hes. — Les défauts capitaux des télégraphes imprimeurs, jusqu'à l'apparition du télégraphe de M. Hughes, étaient surtout leur lenteur de transmission et la nécessité dans laquelle on se trouvait de les ramener au repère après l'impression de chaque lettre, afin d'éviter l'accumulation des erreurs résultant des défauts d'impression, Ces défauts nous paraissaient si graves, que nous avons douté un instant de l'application pratique de ces sortes d'appareils ; mais grâce à une conception hardie du professeur Américain Hughes, conception qu'on aurait pu taxer de fantastique si elle n'avait fourni d'aussi bons résultats, et que l'on doit maintenant regarder comme Texpression d'un élan de génie, ces incon* vénients ont disparu comme par enchantement, et les télégraphes imprimeurs sont devenus les appareils télégraphiques les plus expéditifs que nous ayons. Grâce à eux, on peut expédier aujourd'hui, dans le même temps trois fois plus de dépèches que par les télégraphes anciennement en usage, et ces dépêches sont livrées au public telles qu'elles se présentent au sortir de TappareiL C'est réellement un résultat merveilleux et qu'on n'aurait guère soupçonné il y a quelques années.

Nous disions que le télégraphe Hughes devait son origine à une conception presque fantastique : on va pouvoir en juger. Jusqu'à présent, tous ceux qui se sont occupés de télégraphes imprimeurs, et moi-même tout le premier, ont cru que pour produire l'impression d'une lettre ii fallait d'abord faire arriver la lettre devant le mécanisme imprimeur, l'arrêter un instant et produire l'impression pendant cet arrêt; c'est là véritablement ce qui est logique, et toutes les inventions de télégraphes imprimeurs qui ont été faites jusqu'en 1860 ont reposé sur cette base. M. Hughes, voyant dans cet arrêt, non-seulement une perte de temps regrettable, mais encore un inconvénient grave pour les systèmes à mouvements synchroniques qui avaient jusque-là fourni les meilleurs résultats,

(1) Voir une notice publiée sur cet appareil dans les Mondes tome 7 p. 434.

a voulu les supprimer complètement, et pour cela il a cherché à imprimer les lettres au vol. Pour concevoir une pareille idée, il fallait ôtre àcoup sûr Américain, car il était à supposer que la pression exercée sur une roue des types en mouvement devait, sinon Tarrôter, du moins ralentir suffisamment sa marche pour détruire le synchronisme; en second Ueu on devait s'attendre à ce que Timpression ne pût jamais être assez prompte pour fournir des caractères suffisamment nets et convenablement séparés, il en a été tout autrement, grâce aux heureuses dispositions prises par M. Hughes. Afin d'éviter d'abord la destruction du synchronisme, M. Hughes a imaginé de placer sur le même axe que la roue des types une roue dite corree* trlce, ayant pour effet, après chaque impression de lettre, de rétablir la roue des types dans sa véritable position. De celte manière, si un retard était produit par le fait de l'impression, ce retard pouvait être immédiatement corrigé; en second lieu, pour obtenir une impression excessivement prompte, la roue des types a été fixée sur ravant-4ernier mobile de l'appareil, et la pièce destinée à produire l'impression, étant adaptée au dernier mobile, a pu êure disposée de manière à effectuer son effet excentrique

dans ^ de seconde, alors que la roue des types n'effectuait sa rotation

qu'en ime demi-seconde; ces deux mouvements étant d'ailleurs solidaires, la correction dont nous parlions à l'instant devenait possible. Pour obtenir tous ces effets, il fallait nécessairement un mécanisme d'horlogerie bien puissant, et pour commander un pareil mécanisme une force électrique trèsénergique était indispensable. Mais M. Hughes n'a pas été plus embarrassé pour cette question que pour les autres, et pour obtenir cette force électrique puissante, il a fait réagir son appareil avec des électro-aimants dans leur maximum de force, c'estrà-dire avec leur armature au contact des pôles. De cette manière, l'action de ces électro-aimants n'était produite que par l'effet de la destruction de leur magnétisme, et comme l'armature pouvait être ramenée mécaniquement au contact de l'électro-aimant, il centuplait ainsi en quelque sorte l'effet électrique. Aussi ces appareils, tout volumineux qu'ils sont, et quoique commandés par un poids de 50 kilogrammes, ont pu fonctionner sans relais de Paris à Marseille et même plus loin encore.

Dans l'exposé succinct que nous venons de ^re de l'invention de M Hughes,nous n'avons parlé que des principes nouveaux imaginés par lui; mais son appareil ne serait pas devenu pratique s'il n'avait apporté aux différents mécanismes qui le composent d'importants perfectionnements. Parmi ces perfectionnements, l'un de» plus importants se rapporte au mécanisme destiné à rendre aux deux stations la marche des roues des types

complètement synchronique. Nous avons vu, p. 259 que M. Theyler avait employé pour cela un échappement, dont Tancre munie d'un contre-poids mobile, pouvait osciller plus ou moins vite, (suivant Téloignement plus ou moins grand de ce contre-poids de Taxe d'oscillation de Tancre); en réglant convenablement ces contre-poids, qui faisaient en quelque sorte l'effet d'un pendule, on pouvait régulariser jusqu'à un certain point la vitesse des deux mécanismes, M. Hughes a eu recours à un moyen analogue; mais ayant besoin d'une bien plus grande précision, et ses appareils devant marcher beaucoup plus vite que ceux de M. Theyler, tout en produisant des effets exigeant de la force, il a dû avoir recours à des actions plus précises et moins brusques. Pour cela, il a d*abord substitué à la tige rigide de Tancre d'échappement de Theyler une lame d'acier vibrante dont la flexion, tout en amortissant les chocs produits par les alternatives de mouvements contraires, avait Tavantage de régulariser beaucoup mieux le mouvement de Tappareil, en faisant de cette tige elle-même un véritable pendule à ressort. En second lieu, pour uniformiser le mouvement et emmagasiner une certaine quantité de force, il a adapté, sur Taxe même portant la roue d'échappement en question, un volant assez lourd. Ce système, toutefois, bien que parfait théoriquement, avait un inconvénient pratique qui a dû faire rechercher d'autres moyens; il arrivait souvent, en effet, que les tiges vibrantes de Téchappement se brisaient à force de vibrer, et l'échappement lui-même occasionnait un bruit fort désagréable. Après bien des recherches, M. Bughes, aidé de M. Froment, s'est décidé à substituer à cette lame vibrante une sorte de pendule conique à tige flexible faisant fonction de régulateur. Ce système a produit de très bons effets, surtout depuis le frein régulateur qui lui a été adapté et qui, tout en limitant l'amplitude de ses écarts^ force le moteur à modérer sa marche. Nous verrons toutefois que ce dispositif n'a pas encore suffi et que, pour éviter les ruptures de la tige vibrante, il a fallu encore la contourner en spirale.

Les figures i et 2, pi. lY, représentent le plan et l'élévation de cet appareil, qui est disposé, comme on le voit, sur une table munie d'un clavier.

Les trois premiers mobiles de cet appareil n'ont d'autre effet que de transmettre la force résultant du poids appliqué à la roue A (par l'intermédiaire d'une chaîne de Yaucanson) à l'axe de la roue D, qui porte cinq organes : i» la roue des types N; 2» la roue correctrice 0 dont nous avons parlé; 3* une roue à rochet en acier fortement trempé et à dents très-fines sur laquelle réagit un encliquetage porté par la roue correctrice; 4« une roue d'angle, ayant pour but de communiquer le mouvement à une roue hori-

zontale faisant partie du mécanisme transmetteur et placée au-dessous des mécanismes précédents; 5« une roue D» communiquant un mouvement 10 fois plus rapide à un axe E. dont les fonctions sont très^complexes.

Cet axe E est d'abord divisé en deux parties que peut réunir, en temps convenable et dans des conditions déterminées, une boite d'engrenage à déclanchement e, dont nous étudierons à l'instant la disposition, et qui a pour effet de ne laisser fonctionner la partie antérieure que sous Tinfluence d'une répulsion de Tarmature ss de Télectro-aimant. La partie postérieure de cet axe porte : 1* une roue à rochet e dentéaJkrès-finement; 2' le volant régulateur G; 3® une pièce J, destinée à réagir sur la pendule conique I. La partie antérieure porte le système d*encliquetage et quatre cames dont on verra la disposition fig. 1, et 2, pi. Y, lesquelles sont destinées à soulever le mécanisme imprimeur, à foire avancer le papier, à faire fonctionner la roue correctrice et à replacer les appareils au repère. Cette partie de Taxe s'appelle axe d'impression. Le tampon encreur se voit d^ailleurs à droite de la roue N.

Le manipulateur se compose du clavier dont les touches correspondent, par des tiges recourbées convenablement, à des tiges verticales passant dans de petits trous et rangées circulairement autour de Taxe V de la roue horizontale; on les voit fig. 1, PI. Y. Enfin z est un interrupteur pour la transmission ou la réception, et xx' yy' un commutateur suisse à quatre trous. Telle est la disposition générale de l'appareil ; nous allons maintenant en étudier les divers organes.

Récepteur. — {mécanisme régulateur du synchronisme) ce mécanisme consiste, comme nous l'avons déjà dit, dans le volant G, fig. 1, PL ]Y,et une tige vibrante horizontale H, dont la vitesse de vibration peut être réglée à volonté au moyen d'une boule pesante I qui court le long de son axe, et qui, étant avancée ou reculée à l'aide d'une crémaillère et d'un fil d'acier auquel elle est fixée, peut augmenter ou diminuer les effets d'inertie qu'elle entraîne. Ce réglage s'efiectueà l'aide d'une vis de rappel et d'un pignon qui engrène avec la crémaillère, comme on le voit, fig. 1. PL Y, et l'aiguille d'acier à laquelle est attachée la boule, est soutenue sur la tige vibrante par l'intermé* diaire de trois ou quatre coques. Enfin la tige vibrante elle-même, qui est en acier trempé et légèrement conique, est encastrée et pincée fortement à son extrémité supérieure sur un support rigide, tandis que son extrémité inférieure est engagée dans un système de frein que nous représentons, fig* ^f P^ ^f et dont nous allons foire la description.

Ce mécanisme*est constitué par une petite tige d'acier J (fig. 1 et 4 PL \) articulée en M à l'extrémité d'un levier qui lui-même est fixé au bout de

TÊLÉGRAPHKS IMPRIMEURS. 269

Tuxo £ du volant. Cette petite tige porte d'un côté, à son extrémité libre, un œil dans lequel est introduit la pointe de la tige vibrante H et d'un antre côté, à son point d'articulation M, un ergot qui est emmanché à une excentrique eç ivoire. Cet ergot, en appuyant sur un ressort arqué J K, peut serrer plus ou moins un tampon ou plutôt une sorte de brosse en filasse contre la paroi interne d'un tambour d'acier L, sur lequel s'effectue le frottement. Il est bien certain qu'avec cette disposition, si la tige vibrante accomplit des vibrations circulaires d'une étendue plus grande qu*il est nécessaire et qui pourraient compromettre la ténacité de la tige au point où elle est encastrée . dans son support, la tige J en s'écartant de Taxe E devra produire un serrage du frein d'autant plus grand que les vibrations tendront à être plus pronon* cées, et par ce foit seul tendra à diminuer le mouvement du moteur. Toutefois cet effet ne peut exercer aucune action sur la régularisation du mouvement de l'appareil, piiisque c'est par le fait même des vibrations circulaires de la tige H, qui est rigide, que cette régularisation est produite (i). Le frein régulateur a été introduit principalement pour empêcher la rupture de la tige vibrante dont une amplitude trop grande dans l'arc d'oscillation pourrait compromettre la ténacité. On peut reconnaître par cette seule considéra tion la grande différence qui existe entre ce système régulateur et celui basé SOT les effets uniques de la force centrifuget comme l'avait combiné avant M. fiughes M. Renoir (2).

(1) M. E. Lacoine, dans un article intéressant inséré dans le Journal déi télégraphes du 15 noT. 1869 et traitant des lois des vibrations dans Pappareil Hughes, a démontré la parfaite efficacité de la tige vibrante que nous venons de décrire pour obtenir risochronisme des mouvements de Tappareil. Il parvient en effet à Téquation.

qui démontre que la durée T d*une révolution de la tige est : 1<» indépeadante du rayon p de cette révolution puisque cette quantité disparaît dans la formule définitive sans qu'on ait négligé aucun terme, 2« proportionnelle à la racine carrée du poids P

de la boule, et à la puissance — de la longueur de la tige, 3» inversement proportionnelle au carré du rayon R de cette tige au point d'encastrement. Dans cette formule C est une constante.

(2) M. Renoir avait longtemps avant eette disposition, proposé de substituer à la lame vibrante de TappareU primitif de M. Hughes, un régulateur à force centrifuge analogue à celui des machines à vapeur, et devant réagir comme lui en accélérant ou

Un frotteur à ressort appliqué contre le yolant G et qu'on manœuvre à Taide d'un levier vertical à manette terminé par ime excentrique, permet do débrayer et d*embrayer à volonté le mouvement de Tappareil.

Mécanisme imprimeur. — Nous représentons, fig. 2. PI. V, ce mécanisme dont les fonctions sont multiples. La roue des types est en N^ la roue correctrice en 0, le tampon encreur au-dessus à droite, le rouleau imprimeur au-dessous et l'axe d'impression en U. Cette partie du mécanisme est plus facile à comprendre sur la figure 99, page 272 qui en représente la perspective.

La roue des types n'a rien de particulier; elle est en acier trempé, et son axe qui est creux est traversé par Taxe du quatrième mobile du mécanisme moteur, qui peut tourner librement à son intérieur sans l'entraîner, les deux axes n'étant pas adaptés à frottement l'un sur l'autre. U en résulte que, si par une cause quelconque la roue des types est. arrêtée, le mouvement du moteur peut continuer sans encombre. La mise en mouvement de cette roue des types est effectuée par l'intermédiaire d'une roue à rochet, à dents très-fines, fixée derrière la roue correctrice sur Taxe du quatrième mobile dont il vient d'être question. Cette roue s'aperçoit en P, fig. i, PI. V, ainsi que Tencliquetage Q qui la relie à la roué des types par Tintermédiaire de la roue correctrice. Cet encliquetage, qui est constitué par un cUquet à 3 dents, est fixé à la surface postérieure de la roue correctrice, et comme celle-ci, par la manière même dont elle est disposée sur l'axe de la roue des types, est solidaire, en temps ordinaire, du mouvement de cette dernière, le cliquet qu'elle porte, étant embrayé avec la roue P, devra entraîner le système des deux roues et le faire participer au mouvement du moteur. Cette disposi-

cn retardant mécaniquement le mouvemeut du moteur à l'aide d'un frein; mais nous ferons observer que, dans le mécanisme décrit ci-dessus, le frein ne réagit aucunement pour modérer ou accélérer la vitesse du moteur; la preuve en est qu'en le supprimant la marche de celui-ci n'en est que mieux régularisée; U n'a été introduit, comme nous l'avons dit, que pour empêcher une trop grande amplitude de l'écart du pendule conique.

M. Renoir a encore proposé un autre système pour suppléer à la lame vibrante de l'appareil en quesiion. C'est de faire appuyer sur un rochet adapté au dernier mobile un cliquet réagissant secondairement sur un frein. Lorsque la vitesse du mécanisme est trop considérable, le cliquet reste soulevé au-dessus des dents du rochet et le frein appuie sur le volant; quand, au contraire, cette vitesse est trop minime, le cliquet a le temps de s'infléchir, et par suite le frein n'exerce plus aucune action.

tîon a été prise en vue de la mise au repère de la roue des types, question dont nous allons maintenant nous occuper.

Mécanisme de la mise au repère, — Au-dessus de la roue correctrice O, fig. 2, PI. V, et à côté du tampon encreur, se trouve une pièce composée de 4 bras, R, R', R' et T montés sur le même axe et pouvant pivoter en T. C'est cette pièce munie d'une touche sur le bras R qui constitue la partie principale du mécanisme de la mise au repère. Le bras T est tin crochet dont le bec peut s'engager dans une coche pratiquée sur un disque d'acier qui sert d'assiette à la roue correctrice 0, et quand ce crochet est ainsi engagé, la roue des types est au blanc, c'est-à-dire au repère ; toutefois l'arrêt de la roue correctrice, qui a lieu alors, n'est pas le fait de l'obstacle matériel opposé par le crochet au mouvement de cette roue : il résulte de l'action du bras R' qui, en réagissant sur le cliquet Q, fig. i, PI. Y, désembraie la roue P et la laisse continuer son mouvement sans entraîner les roues O et N ; de sorte que la coche dont nous avons parlé n'a d'autre fonction à remplir que de permettre au bras R' de s'avancer assez ppur atteindre l'encliquetage de la roue P. Pour obtenir cette action sur le cliquet Q, celuici porte sur le côté une petite cheville d'arrêt qui, étant rencontrée dans sa course circulaire par un butoir rigide poussé par le bras R', le force à se soulever et à désembrayer la roue P. Ce butoir est une pièce d'acier adaptée à l'extrémité du ressort S qui porte lui-même un plan incliné pour être écarté de côté quand R' est abaissé. De cette action résulte donc l'arrêt des deux roues O et N, mais non celui du mécamsme moteur, qui en faisant tourner la roue P et l'axe d'impression au moment où on abaisse la touche du blanc au clavier, peut remettre en mouvement ces deux roues.

Cette mise en mouvement est effectuée par le bras R' qui, étant assez long pour être rencontré par l'axe d'impression, pourra à l'aide d'une came être repoussé vers la gauche en temps utile, c'est-à-dire après l'action du mécanisme imprimeur, et entraîner avec lui le système des 4 bras pour le replacer automatiquement dans sa position normale. Le bras R offre une disposition particulière dont nous parlerons plus tard.

Mécanisme d'impression. -* Le rouleau imprimeur c tig. 99 ci-dessous se compose d'un cylindre garni d'une enveloppe de caoutchouc, adapté entre deux roues de fer à dents très-fines. Ces dents sont destinées à entraîner la bande de papier à mesure que le rouleau tourne. Celui-ci est, en outre, accompagné d'une roue à rochet sur laquelle réagit le cliquet y, et qui a pour fonction de faire avancer le rouleau^ et par suite la bande de papier, après chaque impression de lettre* Cette roue^ ainsi que le rouleau c, sont montés sur un axe fixé à un levier articulé» dont l'extrémité libre se

termine par une fourchette d'cncliquetage t. Un autre levier bb\ placé parallèlement derrière le précédent, et articulé sur le même axe, porte le cliquet à ressort y, et se termine par un bec b dont nous verrons à l'instant la fonction ; un ressort soulève ce levier en temps ordinaire, et un support rigide limite sa course quand remployé, pour une raison ou pour une autre veut faire avancer à la main la bande de papier.

L*axe d'impression qui fait partie du cinquième mobile du mécanisme moteur se fait remarquer en U. C'est la pièce la plus importante de

Fig. 09.

l'appareil, car c'est elle qui détermine à la fois l'impression, Tavancernent du papier, la correction, le soulèvement de la pédale de la mise au repère et le mécanisme de la permutation des lettres aux chiffres dont nous parlerons plus tard. Nous la représentons en grand fig. 100 et iOI cicontre. L'impression s'effectue par l'intermédiaire de la came m, qui en soulevant le bec de la fourchette t, fig. 99, force le rouleau c de venir appuyer contre la roue des types. Cette action s'effectue, comme nous l'avons vu, en

tnoins de rgj de seconde. La partie inférieure de la fourchette limite la

course de ce rouleau, et la ramène aussitôt après l'impression à la positloa quHl doit avoir pour être en mesure de fournir une nouvelle impression; or cette course est précisément égale à la hauteur de la came m, qui se troute alors appuyée sur cette partie de la fourchette, tandis que l'autre partie appuie sur Taxe. L*avanoement du papier est produit par le limaçon n fig. 100 et 101, lequel en appuyant sur le bec b (fig. 99)du second levier bb', le fait abaisser et par suite le cliquet y, qui, fait tourner d'un cran le rochet du rouleau c. La dispositioa en limaçon de cette came a été adoptée

Fig. 100.

pour «pie rabaissement du cliquet se fasse doucement et sans soubresauts. La correction s'opère par l'intermédiaire de la came q fig. 100 et 101, qui est taillée de manière à &ire avancer celle des dents de la roue correctrice devant laquelle elle se présente, si elle est en retard, ou à repousser celle qui est en arrière, si cette dernière est en avance. Enfin le brasp muni d'une goupille o est disposé de manière qu'après l'abaissement complet de la pédale n' fig. 99, le levier Z, se trouve rencontré par cette goupille qui Técarte et replace la pédale dans sa position primitive» ainsi que nous l'avons vu précédemment.

Alors la roue correctrice ainsi que la roue des types participent au mouvement de la roue P, fig. 2, pi. Y, par suite du dégagement du cliquet Q et de son embrayement avec la roue P.

Mécanisme dcclancheur. — Ce mécanisme que nous représentons, fig. 102 et 103, se compose essentiellement d'une roue à rochet i , fixée à l'extrémité de l'axe 6, et sur laquelle appuie un cliquet à trois dents en acier trempé c, que maintient abaissé un ressort s. Ce cliquet est porté, ainsi que le ressort s, par une pièce ABC, fixée sur Taxe b\ et se trouve muni en outre de deux appendices ou butoirs a,e, destinés au débrayement et à l'embrayement de la roue i. L'action du butoir e no s'effectue qu'après un tour complet de la roue i et par l'intermédiaire d'un plan incliné (f qui soulève le cliquet et dégage la roue; alors la bascule LL, que commande rélectro-aimant, se trouve soulevée, et le butoir a appuie contre la saillie o du levier L L. Dans cette situation, les deux axes b et b' sont indépendants Tun de Fautre, et la roue i peut tourner sans entraîner la pièce ABC et par suite Taxe b'; mais si par l'effet de l'électro-aimant et d'un ressort u, fig. 2, pi. IVy agissant sur l'axe du levier de déclancbement, ce levier s'abaisse, le cliquet e, (Sg. 102 et 103), qui a échappé au plan incliné d et qui n'est plus soutenu que par la partie x du levier L L, s'abaisse également, et, en s'appliquant sur la roue t, provoque l'entraînement de la pièce ABC, qui tourne avec la roue î jusqu'à ce que l'appendice e ait de nouveau rencontré le plan m 18

Pig. 101.

TELEGRAPHES IMPRIMEURS.

incliné d; mais alors une excentrique f, adaptée à la pièce ABC, a soulevé Ja partie x du levier LL et a remis celui-ci dans sa position première. Dès lors Tarrèt de Taxe b' est assuré jusqu'à un nouvel abaissement du levier LL. C'est précisément ce soulèvement du levier LL opéré mécaniquement, qui replace Farmature de Pélectro-aimant en contact avec lui. £n effet le levier LL, qui bascule en E', ùg. 2, pi. IV, appuie alors par son extrémité libre et par Tintermédiaire d'une vis calante, sur l'armature de rélectro-

aimant, qui elle-même est

Fig. 102.

portée par un levier ( articulé en u et sollicité sans cesse à se soulever sous VeSon de deux ressorts antagonistes adaptés en u.

U résulte de la disposition précédente que chaque répulsion de l'armature de l'électroaimant a pour effet de faire accomplir à l'axe d'impression un tour sur lui-même, et de provoquer par suite le jeu des qiiatre cames du mécanisme imprimeur dont nous avons parlé précédemment.

Système électro-magnéti' que, — Le système électromagnétique lui-même présente quelques particularités.

Ainsi les deux branches de

rélectro-aimant s s, fig. 2, pi. IV, au lieu d'être réunies par une traverse de fer, sont fixées sur les deux pôles d'un aimant en fer à cheval dont on peut, du reste, modérer la force à l'aide d'une armature de fer doux. CiOmme l'appareil fonctionne par répulsion, l'armature de Télectro -aimant est séparée, en temps ordinaire, des pôles de celui-ci par une simple épaisseur de papier, qui empêche la trop grande adhérence des deux pièces magnétiques; de sorte que pour détacher l'armature, il suffit d'envoyer un courant dans une direction convenable pour combattre l'action aimantante de l'aimant fixe.

En temps ordinaire le levier de détente j n'est pas en eonlootavec Tarma^

ture, il en est même distant de quelques millimètres, et cette circonstance a permis, comme nous le verrons plus tard, de faire de ces deux pièces un rhéotome conjoncteur qui permet la communication directe de la ligne avec le massif de l'appareil , car le support du levier t communique par un fil avec la lame a' du commutateur xx' y y'.

Ma7itpulateur. — Le manipulateur du télégraphe Hughes se compose, comme on le voit, fig. 1, pi. IV, et fig. i, pi. V, d'un clavier de piano qui réagit sur un commutateur circulaire, autour duquel tourne un frotteur mis en mouvement par Taxe vertical Y. Ce commutateur, représenté à part, fig. 3, pi. rV, est constitué par 28 lames amincies par le bout supérieur et qui appuient inférieurement sur 28 bascules de fer correspondant aux différentes touches du clavier. Ces bascules, pour permettre aux lames du commutateur d'être disposées circulairement autour du frotteur, se trouvent contournées d'une manière particulière, comme on le voit fig. 3, pi. Y. Les extrémités supérieures X de ces lames que Ton distingue en ci dd fig. i, pi. Y, et que Ton appelle goujons, sont arrondies par le haut et même polies, et ressortent extérieurement par 28 ouvertures ou fenêtres à travers lesquelles elles peuvent s'élever sous Tinfluence de rabaissement des touches du clavier, et même accomplir un mouvement latéral, quand, par une cause que nous expliquerons plus lard^ elles doivent être rejetées de cdté pour laisser passer le firotteur. A cet effet, ces lames sont soumises à l'action de ressorts à boudin qui tendent à les appuyer du côté de Taxe Y du frotteur. Ces ressorts se distinguent aisément sur la fig. i, pi. Y.]

Le firotteur, qui est représenté en W, fig. i, pi. V^ est une sorte de chariot composé d'une partie fixe et d'une partie formant charnière^ mais dont la disposition a été modifiée suivant les exigences des administrations télégraphiques. Dans tous les appareils qui ont été construits jusqu'en 1873, cette disposition était celle qui est représentée fig. 1, pi. Y et fig. 3, pi. lY; mais comme dans cette disposition les contacts étaient produits par le frottement du chariot sur les extrémités des lames d, d, d et que ce genre de contact n'est pas d'une grande sûreté, M. Hughes a été conduit à disposer son chariot de manière à opérer les contacts par Tintermédiaire d'une godille, comme dans les télégraphes à cadran. Gomme les télégraphes qui sont aujourd'hui en fonction peuvent renfermer Tune ou Tautre disposition, nous croyons devoir donner une description complète des deux systèmes.

!•' Système. — Dans le premier système représenté, fig. 3, pL IV et fig. i, pi. V, la partie Y qui forme charnière et qui constitue l'interrupteur proprement dit, est isolée métalliquement de l'autre partie, et se termine par un rebord de contact circulaire en acier, qui se meut au-dessus des

goujons. Ce rebord appelé lèvre a une certaine étendue pour que les contacts aient une durée suffisante pour de bonnes transmissions. Un ressort Z rappelle toujours ce rebord dans une position fixe, qui peut être réglée par la vis a, mais qui doit être telle, que le contact avec les goujons ne puisse se faire que quand ceux-ci sont soulevés. Cette vis a est d'ailleurs en contact avec un petit ressort porté par la pièce fixe qui est au-dessous, et qui relie ainsi métalliquement les deux pièces de l'appareil quand celui-ci ne fonctionne pas. La partie fixe du chariot porte une pièce d*acier circulaire, un peu excentrique dans un bout et terminée à l'autre bout par un ergot à plan incliné. Cette pièce a deux fonctions à remplir, d'abord d'empêcher matériellement de soulever à des intervalles trop rapprochés deux ou plu-

Fig. 104.

sieurs touches voisines qui, sans cette précaution, provoqueraient un seul contact électrique au lieu de plusieurs; en second heu de rejeter de côté le goujon soulevé une fois son contact opéré, afin que si par inadvertance on maintenait la touche abaissée, il ne puisse pas se produire une nouvelle émission de courant. Dans ce cas, le goujon se trouve mamtenu de coté après le passage du chariot par la pression exercée sur la touche.

Avec cette disposition, la partie ûiférieure de Taxe V est mise en contact avec la terre par le tourillon sur lequel il pivote, et dont le coussinet étant solUcité par un fort ressort boudin, est toujours en bon contact avec luL La partie supérieure est en contact avec le massif, c'est-à-dire la masse métallique de cet appareil, et ne se trouve mise en rapport avec la pile qu'au moment du contact du chariot avec les goujons soulevés par le manipulateur. Le courant de la pile arrive à ces goujons par la plate-forme en fonte sur

laquelle sont montés les pivots des bascules de fer des touches. D'après cette disposition, on comprend que quand le manipulateur ne fonctionne pas, le massif est en rapport avec la terre par les deux parties de l'axe Y réunies métalliquement par la vis a du chariot.

2« Système, — Le nouveau système qui opère les fermetures du courant par l'intermédiaire d'une godille, est représenté fig. 104 ci-contre. Cette foix Taxe Y est d*une seule pièce; il porte seulement à sa partie inférieure un anneau -G à bords saillants qui peut glisser facilement, et sur lequel appuient deux chevilles horizontales appartenant, Tune à la godille B G qui pivote en O, l'autre à la partie mobile du chariot qui porte à cet effet un bras coudé H et qui pivote en I. Cette partie mobile est du reste plus simple que dans le système précédent, et le ressort qui appuie le rebord L contre les gougons, est le ressort même A qui tend à appuyer la cheville de la godille BB contre le rebord de l'anneau G. La partie fixe du chariot n*a d^ailleurs rien de changé dans son dispositif; seulement comme elle n'a plus besoin d'être isolée, elle est d'une construction beaucoup plus simple.

Le jeu de ce système est bien simple : quand le rebord L se trouve sou« levé par le goujon qui est en prise, le bras H appuyant sur le bord saillant inférieur de l'anneau G le &it glisser et rabaisse, et sous cette influence le bord supérieur abaisse la bascule BB, qui transporte son ressort interrupteur, du contact de terre C au contact de pile F. Quand le chariot a échappé le goujon, le ressort A rappelle la godille à sa première position, et ramène par ce seul Dut la pièce mobile du chariot et le rebord L à leur position nor« maie.

Disposition des communications électriques. — Nous indiquons fig. 105, ci-dessous, les communications électriques qui relient les diverses pièces de Tappaieil entre elles et avec la ligne. Parmi ces communications, il en est une sur laquelle nous devons appeler particulièrement l'attention du lecteur : c'est celle qui relie Télectro-aimant du récepteur avec le manipulateur qui lui est adjoint, et qui s^effectue par Tintermédiaire d'un rhéotôme particulier. Pour en comprendre la nécessité, il faut considérer que, comme les deux récepteurs des appareils en correspondance sont interposés dans le même circuit et fonctionnent en même temps, il pourrait résulter de l'inégale intensité du courant aux deux bouts de la ligne (en raison des dérivations), que le récepteur de la station de départ, ne pouvant avoir son électroaimant réglé comme celui de la station d'arrivée, serait dans Tim possibilité de recevoir, sans réglage préalable, quand les rôles des deux stations seraient intervertis. Or, c^est pour éviter cet inconvénient, que M. Hughes a imaginé le dispositif dont nous venons de parler. Ce dispositif consiste dans un

rhèotome disjoncteur constitué par la came qui réagit sur la rone oorreotrice et une lame de ressort isolée to, fig. 2, pi. Y, adaptée près du pont qui soutient Taxe d'impression. CSe ressort et cette came qui sont à l'état normal en contact Tun avec Tautre, sont figurés au bas de la fig. 105 ci-dessous ayec les communications électriques qui les relient au système, Le ressort com-

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munique comme on le voit au commutateur suisse par la lame y y\ et la came correctrice au massif de l'appareil dont elle fait partie. Quand l'appareil est transmetteur, les chevilles du commutateur suisse sont placées eii y et en x, et quand il est récepteur en x et y'. Comme les lames du dessous de ce commutateur communiquent aux aeux extrémités du fil de l'électroaimant^ et que la lame x x' correspond à Tinterrupteur i pii est en rapport avec la ligne^ il arrive que, quand une émission de courant est produite par

le manipulateur au poste de transmission, c*est«&-dire par le contact d'un des 28 goujons avec le chariot, le courant est dirigé du massif à la came correctrice, et, par elle et le ressort qui la touche, au commutateur, qui le renvoie à Télectro-aimant et de là à la ligne; il regagne alors l'électro* aimant du récepteur de la station de réception par l'mterrupteur z, le cornmutateur et la lame x x\ puis il retourne en terre par la lame x y, le rhéotome de la came correctrice et le massif, alors en communication avec la torre. Or il résulte de cette disposition les effets suivants :

' Au premier moment de renvoi du courant, les électro-aimanls des doux appareils en correspondance sont impressionnés simultanément, celui de la station de transmission plus vigoureusement et plus promplement que celui de l'autre station ; mais comme de cette première action résulte le dcclanchement du mécanisme imprimeur de la station de transmission, l'effet plus énergique du courant à cette station ne dure qu'un instant trèscourt et juste suffisant pour produire le déclanchement, car la came correctrice se sépare alors du ressort avec lequel elle était en contact, pour remplir SCS fonctions de correction, et, comme après cette coupure du courant à la station de transmission, ce courant continue sa marche sur la station de réception par le levier de déclanchement j, alors en contact avec le levier de Tarmature qui communique à la ligne au point x\ il peut produire sur rélectro-aimant de cette dernière station une action non seulement plus longue que celle qui a agi sur le premier électro-aimant et qui dure tout le temps du contact au transmetteur, mais un effet qui est renforcé par le courant d'induction résultant de Tinterruption du courant à travers ce premier électro-aimant. De cette manière, les deux électro-aimants fonctionnent à peu près dans les mômes conditions de force. De plus^ comme le rhéotôme constitué par la came correctrice fonctionne à la station de réception comme à la station de transmission, il arrive qu^après le déclanchement, la ligne est mise directement en rapport avec la terre, ce qui aide à la décharger et à neutraliser les effets des courants d*induction résultant de rélectro-aimant de cette station.

Une autre communication électrique sur laquelle je dois appeler maintenant Tattention est celle qui relie la pédale R de la mise au repère au commutateur. Pour qu'on puisse en comprendre l'opportunité, il faut que l'on sache qu*il arrivait souvent, quand on mettait au repère à la station de de transmission, qu'une émission de courant faite à la station de réception pouvait faire déclancher le mécanisme imprimeur de la première station à un moment inopportun pour la mise au repère, et pouvait occasionner des

dommages ou tout au moins des dérangements dans l'appareil (i). Pour éviter cet inconvénient, M. Huglies a fiait en sorte que les courants envoyés dans de pareilles circonstances ne pussent pas passer à travers Télectro-aimant A cet effet, il a fait de la touche de la pédale R,Nfig. 2, pi. Y, un véritable interrupteur de courant, en plaçant au-dessous d'elle un ressort de contact Rj, isolé au moyen d'une plaque en ébonlte^ et en rendant mobile la touche elle-même à l'extrémité du bras R, tout en la maintenant soulevée, en temps ordinaire, par l'intermédiaire d'un ressort boudin. Le ressort Rj, communiquant à la Ismexx', comme on le voit flg. 105, il arrive, en eftet, que, si pendant l'abaissement de la pédale un courant est envoyé de la station correspondante, ce courant n'exerce aucun effet sur l'électro-aimant déclancheur, car la touche de R étant alors en contact avec le ressort R„le courant de ligne, au lieu de passer par rélectro-aimant-, se trouve dirigé directement en terre par le fil de communication x' R, qui ne présente aucune résistance.

Mécanisme de permutation pour Pimpression des lettres et des chiffres. — Il arrive souvent dans les dépêches imprimées que Ton a à transmettre des chiffres ou autres signaux de convention qui, non seulement permettent de simplifier les transmissions^ mais souvent même sont indispensables. Il aurait été^ comme on le comprend, fâcheux d'en faire la continuation des lettres sur la roue des types; car, outre que cette disposition aurait entraîné un ralentissement dans la transmission des lettres ordinaires, la roue des types, pour pouvoir fournir des impressions nettes, aurait dû avoir des dimensions beaucoup trop considérables. 11 follait donc que les chiffres et les lettres eussent deux systèmes d'impression à part, et que Ton put passer facilement de l'un à l'autre sous l'influence d^une action qui n'entrain&t aucune perte de temps autre que celle nécessaire pour fournir les espacements de mots. M. Hughes, par ime combinaison des plus ingénieuses et en même temps des plus simples, a résolu ce double problème à la satisfaction de tout le monde. Cette combinaison a consisté à alterner sur la roue des types les lettres et les chiffres ou autres signaux, et à faire eo sorte que, sous l'influence de deux touches de mise au blanc, on put faire tourner l'axe de la roue des types d'un demi intervalle de lettres ou de

(1) Quand le déclanchement du mécanisme imprimeur s'effectue au moment où Ton appuie sur la pédale, il arriverait, sans la disposition dont nous parlons, que la came correctrice en butant contre la roue correctrice, alors retenue par la main, occasionnerait un choc qui pourrait ébranler et peut-être même briser œs pièces délicates.

TÉLÉGRAPHES IMPRIMEURS. Ml

cliîffpe». Pouî obtenir oe résultat, M. Hughes a adapté derrière la roue correctrice et sur sa surface postérieure le dispositif représenté lig. i06 et 107 ci -dessous.

Cette fois la roue correctrice au lieu d'être montée sur l'axe creux de la roue des types, est fixée sur un tube indépendant qui enveloppe celui-ci a

Fig. 106. ■ Fig. 107.

frottement dur, et Taxe de la roue des types lui-même porte par derrière, c'est-à-dire du côté du rochet d'embrayage, un doigt n o engagé dans une coche faisant partie d'une pièce basculante p 9. Cette pièce, fixée sur la roue correctrfce elle-même et pivotant en g, est disposée de telle sorte que, quand Tune de ses extrémités est abaissée de manière à boucher l'intervalle de dents de la roue correctrice correspondant au W de la roue des types, l'autre extrémité se trouve relevée, et réciproquement; un ressort flexible dont le bec entre dans une coche à l'extrémité de la bascule assure cette position. Or, voici ce qui résulte de cette disposition.

Quand on appuie, à la station qui transmet, sur la touche correspondante au "W, laquelle aujourd'hui ne contient aucune marque (étant désignée sous le nom de blanc des chiffres)^ aucune impression n'est produite au récepteur, puisqu'aucune lettre n'est gravée en cet endroit sur la roue des types; mais la came correctrice en rencontrant Textrémité abaissée de la bascule p q, la soulève, déplace le doigt 0 n, et celui-ci fait tourner l'axe de la roue des types de l'intervalle d'un demi-espacement de lettre auquel correspond un chiffre. Toutes les touches abaissées à partir de cet instant ne détermineront donc plus d'impressions de lettres, mais bien celles des chiflTres et des signaux intercalés entre les lettres. Ce sera seulement, quand on aura pressé la touche du blanc des lettres, que la came correctrice, en repoussant l'extré. mité abaissée de la bascule p (laquelle extrémité est l'opposée de celle qui avait été d'abord soulevée^ rétablira la roue des types dans sa première

position^ c'est-à-dire dans celle correspoadante aux impressions des lettres. On remarquera que, comme cette action de la came ne peut se i»t>duire qu'au moment où Ton touche l'un ou Tautre des blancs, l'impression des autres signes ne peut avoir d'influence sur la permutation des deux systèmes.

Voicii du reste, comment sont disposés les différents caractères et signaux sur ces roues des types.

blanc Z » Y etc. X) É' (blanc V = U/T§ S-R + Q, P! O?

Dispositions accessoires, — Jusqu'à présent nous n'avons décrit l'appareil Hughes que d'une manière générale; mais il est certaines dispositions accessoires qui ont leur importance, et, pour commencer, nous parlerons de celles qui concernent le fonctionnement de Télectro-aimant du mécanisme récepteur.

Cet électro-aimant, exigeant pour fonctionner une désaimantation plus ou moins complète des noyaux de fer appliqués sur les pôles de l'aimant permanent, il fallait, pour produire Faction répulsive de l'armature, un système de force antagoniste qui put réagir assez énergiquement sur le levier de cette armature. M. Hughes a préféré pour obtenir ce résultat f|voi? recours à des lames d'acier, et ce sont elles que l'on voit en ti, fig. 2 pi. IV. Elles sont au nombre de deux et fixées perpendiculairement sur le levier t avec des vis de rappel pour les tendre plus ou moins. Ordinairement Tune de ces lames est tendue au minimum et n'est pas soumise au réglage; l'autre au contraire peut avoir sa tension variée suivant les besoins, et un écrou de serrage empêche la vis qui lui correspond de bouger. En outre de ce système de réglage, existe, comme on l'a vu, un second système qui s'applique dans des conditions différentes, et qui est non moins efficace : c'est celui que fournit Faction d'une armature appliquée sur l'aimant fixe et qui en diminue plus ou moins l'énergie suivant sa position par rapport aux pôles de l'aimant. Toutefois, comme il serait peu commode de faire voyager cette armature de haut en bas, on a préféré en régler la force atténuante en la taillant en biseau et en la faisant simplement glisser horizontalement sur les deux branches de Faimant. De cette manière la force de celui-ci est en rapport avec l'épaisseur plus ou moins grande de l'armature dans les parties qui sont en contact avec lui.

Le réglage par les ressorts donne plus ou moins de spontanéité aux effets produits; le réglage par l'armature donne plus ou moins de sensibilité aux

appareils. On doit s'arranger autant que possible & combiner conTenablement ces deux sortes de réglage.

Une autre disposition accessoire importante, est Tespèce de serre-papier qui appuie la bande de papier contre le rouleau imprimeur. Ce serre-papier est c<Histitué par une espèce de fourchette en ivoire, recourbée de manière h emboîter exactement le rouleau au-dessus des deux roues à dents fines qui empêchent le glissement de la bande, et à ne laisser libre que la partie du rouleau qui doit s'approcher de la roue des types. Un ressortsappuyant sur cette fourchette maintient, de cette manière, le papier parfoitement tendu dans la partie où se font les impressions, qui deviennent alors parfaitement nettes. La bande de papier elle*môme enveloppe en grande partie le. rouleau, car, en avant de la fourchette, elle s'enroule sur une poulie dont les bords la guident dans son défilement et la font arriver sur le rouleau imprimeur dans les conditions voulues pour fournir une impression drmte. Au* delà de la fourchette, elle est reçue dans ime rigole en cuivre qui la laissa ensuite défiler abandonnée à elle-même.

Comme dispositions accessoires nous devrons aussi parler : i* d'un petit pupitre portatif muni de griffes qu'on plante sur le bâti de Tappareil près de Taxe du 3* mobile et sur lequel on place les minutes des dépèches à. expédier; 2^ d'un petit appareil disposé pour découper promptement la bande de papier imprimée, la gommer et la coller sur la feuille réglementaire. Ces objets qui sont indépendants de Tappareil sont livrés par le fabricant en même temps que l'appareil et sont de plus accompagnés d'une boite renfermant des vis de différentes grandeurs et des pièces de rechange. Ces pièces sont une ou deux lames vibrantes, deux frotteurs pour le frein de ces lames, un encliqoetage complet du mécanisme dédancheur, composé d'une roue à rochet, du cliquet d'embrayage, avec le ressort qui appuie dessus et du plan incliné du débrayage, enfin, un ressort de contact pour le Rhéotome de la came correctrice, deux ressorts pour le levier de Farmature de l'électro-aimant, un tampon encreur avec son support et son ressort et deux cames d'impression. La présence de ces pièces parmi les pièces de rechange montre que ce sont celles qui se brisent ou se détériorent le plus facilement,

Nous devrons aussi dire quelques mots du mécanisme moteur de l'appareil, que nous représentons, fig. 2, pi. IV» et qui est également très ingénieux. Il est, comme on le voit, commandé par un poids très- lourd F et se trouve mis en action par une chaîne sans fin de Yaucunson qui s'enroule» en dehors de la roue motrice A, sur cinq poulies de renvoi, dont deux soutiennent sur leur axé, d'un c;6tc le gros poids F, et de l'autre un petit contrepoids; entre ces deux- dernières poulies, la chaîne engrène avec une roue à

dents pointues placée derrière celle que Ton aperçoit sur la ffgurc, et qui sert d'arrêt. Dans ces conditions, le mécanisme d'horlogerie du télégraphe tourne sous Tinfluence du poids F qui s*abaisse, et en même temps l'autre partie de la chaîne correspondante au contre-poids remonte. Gomme l'axe de la poulie qui correspond à ce contre-poids porte une fourchette verticale qui peut rencontrer au haut de sa course la détente d'un timbre, il arrive que quand le poids F est à peu près descendu, on en est prévenu par un coup sonné par le timbre. Le mécanisme employé pour remonter le poids F consiste dans une pédale qui se meut avec le pied, et qui se trouve reliée à la roue d'arrêt de la chaîne sans un par l'intermédiaire d'une autre roue à dents pointues, qui est celle que l'on voit en avant sur la figure, et sur laquelle s'enroule un bout de chaîne de Vaucanson crochetée à mie tige verticale correspondant à la pédale. Ce bout de chaîne est d'ailleurs sollicité à ramener la roue dans une position déterminée par un fort ressort à boudin fixé au bâti de l'appareil. Comme la roue à dents pointues dont nous venons de parler porte sur son axe un encliquetage qui peut réagir sur une roue à rochet adaptée à l'axe de la roue d'arrêt de la chaîne sans fin, il arrive que, pour chaque mouvement de la pédale, cette dernière roue avance d'un nombre de dents en rapport avec l'arc décrit par la pédale, et comme le ressort à boudin ramène toujours cette pédale à son point de départ en faisant rétrograder Tencliquetage, on arrive à remonter successivement le poids F.

Fonetiannement des appareils. — Nous avons vu que pour obtenir des dépêches de contrôle aussi bien que pour la facilité et la sûreté des transmissions, les deux récepteurs des appareils en correspondance devaient être introduits dans le même circuit et fonctionner en même temps. Nous allons voir maintenant que cette disposition permet de régler focilement leur synchronisme de marche. 11 suffit pour cela de mettre en mouvement les appareils aux deux stations, ce que l'on fait en abaissant le frein des volants, et, quand leur vitesse est devenue suffisante pour que la roue des types fEisse deux tours par seconde, on met au blanc les deux appareils en appuyant aux deux stations sur la pédale de la mise au repère; puis Tun des deux correspondants envoie un certain nombre de fois une même lettre. Si cette lettre se reproduit toujours, le synchronisme est suffisant, et il n*y a rien à régler; mais si, au Ueu d'une même lettre, on a des lettres aifférentes, les appareils doivent étie réglés, et on peut savoir si le récepteur de la station qui reçoit doit avoir sa marche accélérée ou retardée, par la nature elle-même des lettres transmises. En effet, si le B est la lettre sur laquelle on a établi le synchronisme et qu'après un certain nombre d'émis-

TÉtÊGRAraœ IMPRIMEURS. Jtt5

8Jons on reçoire un C, il est certain que Tappareil de la station qui reçoit est en retard sur celui de la station gui transmet; au contraire, si c^est la lettre A qui succède à la lettre B, c'est que Tappareil en question est en aYance. Or, pour corriger ces variations, il suffit, comme nous Tavons vu, de reculer ou d'avancer la boule de la lame vibrante, en tournant la crémaillère qui la conduit dans un sens ou dans Tautre.

Les appareils étant ainsi réglés, il suffit, pour transmettre la dépèche, d*appuyer successivement sur les différentes touches correspondantes aux lettres qui composent la dépèche, en ayant soin de n'abaisser une touche que quand le bruit du déclanchement du récepteur aura averti que la lettre correspondante à rémission qui aura précédé aura été complètement imprimée. Or, voici ce qui résulte de rabaissement de chacune de ces touches : un contact est produit par le frotleur tournant, et un courant est envoyé à travers le circuit, d'où résulte : l^ une répulsion des armatures des élecbxMiimants des deux appareils; 2<* la mise en mouvement des axes d'impression; 3* la réaction de la came imprimante m, (fig. 101), sur le rouleau qui porte le papier, et qui, en s'approchant de la roue des types, vient imprimer le caractère placé en ce moment devant lui; 4* la réaction de la came n sur le cUquet destiné à faire avancer la bande de papier; 5* la réaction de la came q sur la roue correctrice, et enfin la réaction du bras o sur la pédale de la mise au repère, dans le cas où les appareils ont été mis au blanc. Quand tous ces effets se sont accomplis, le courant a été interrompu à travers le circuit, le mécanisme dcclaneheur a reporté les armatures au contact des électro-aimants, et tout est disposé pour une nouvelle impression. On voit, par conséquent, que chaque impression ne nécessite qu'une seule émission de courant, ce qui est un grand avantage pour la régularité de la marche de ces sortes d'appareils.

D'après M. Blavier la durée de fermeture des courants avec cet appareil, pour une vitesse de 120 tours du chariot par minute, serait de 0',0S3; c'est une durée suffisante pour les circuits aériens d'une longueur de 400 à 500 kilom., mais sur des circuits plus longs elle ne serait pas suffisante, et il faudrait alors retarder la vitesse de marche des appareils. U en serait de même et à fortiori, si on appliquait ce système aux càUes sous-marins.

C'est à la France que revient l'honneur d'avoir mis en application pour la première fois le télégraphe Hughes et d'avoir provoqué tous les perfectionnements qui en ont fait un appareil tout à fait pratique. Toutefois ce n'est pas sans vicissitudes que son adoption définitive a pu se foire. On a eu dans les commencements à lutter contre bien des éléments contraires : contre Tesprit de routine des administrations, contre le mauvais vouloir des

employés, etc.» et il n a (lallu rien moins oue roDiniàtreté énercaque de U commission de perfectionnement du matériel télégraphique et la nécessité dans laquelle on se trouvait d'avoir des transmissions rapides, par suite de rabaissement des taxes, pour qu'on se décidât à le faire entrer d'une manière définitive dans le service. Aujourd'hui, non seulement il est employé en France, mais encore dans tous les pays d'Europe et même en Amérique

Fig. 108.

où il avait été longtemps méconnu. Jusqu'ici aucun appareil n'a pu le supplanter, et plus on le connaît plus on Tapprécie; c'est certainement une des plus belles inventions qui aient été foites dans l'art télégraphique depuis son origme, et il n'en est guère où soient accumulées tant de merveilles mécaniques.

La vitesse moyenne de transmission de l'appareil Hughes sur un circuit de 400 à 500 kiiom., est d'environ 50 dépèches de 20 mots par heure, mais l'appareil pourrait en fournir un plus grand nombre si la manipulation était plus prompte

Ayec ce système les dépèches sont livrées au destinataire telles que les fournit l'appareil ; on se borne à couper la bande par tronçons et à coller ces tronçons les uns au-dessous des autres sur la feuille de papier réglementaire de Fadministration, en ayant soin d*enlever les caractères ou signes étrangers à la dépèche qui peuvent être introduits pendant la transmission. Ia bande imprimée au départ est conservée pour le contrôle, et on diminue ainsi les erreurs et les retards qu'entraîne la copie des dépêches et les frais d'exploitation.

Pour qu'on puisse se âdre une idée plus, complète de Tappareil Hughes, nous en donnons, fig. 108, la vue perspective; cette gravure est empruntée au Traité de télégraphie électrique de M. Blavier.

Modification apportée aux communierions électriques de Vapparsil Hughes. — Pour éviter la résistance souvent considérable que présente la coushe d'huile qui s'interpose entre les différentes pièces du chariot et qui rend la communication à la terre souvent assez mauvaise, on a été conduit à disposer les communications électriques sur Tappareil autrement que noua ne Favons dit dans la description qui précède. La figure 109 ci-dessous

représente celle qui avait été adnûse par Tadministration des lignes télégraphiques Françaises avant l'introduction du chariot à godille. Le commutateur Suisse avait été remplacé par un commutateur circulaire à 4 bouchons, et le contact de repos de Finterrupteur de la ligne était utilisé pour fournir le contact direct avec la terre. Avec ce système, la manette de let interrupteur communique au massif, et pour transmettre, on la place sur bois; alors le courant de la pile va du chariot à Félectro-aimant par le massif, la came correctrice et le commutateur, qui le conduit directement à la ligne sans passer par Finterrupteur à manette. Quand de la station opposée on coupe cette transmission, le courant envoyé de cette station parvient parla route ordinaire, c'est-à-dire parle chemin dont nous venons

de parler, et le chariot qui communique au sol pendant les intervalles des • omissions de courants; mais, pour la réception, on place la manette de Tinterrupteur sur le contact de repos, et la communication de rëlectro-aimant avec la terre s'efifectue par deux voies différentes, par l'ancienne comme nous venons de le dire et par la communication directe qui relie le contact de repos à la terre. Dans ces conditions, le contact ordinaire de ligne de l'interrupteur ne sert plus que pour la remise au blanc ou pour transmettre, sans que le récepteur du poste participe à cette transmission.

Système de tranMmisaion automatlqne appliqué an téléi^aphe de H. Hoiphea, par M. Renoir. — M. Renoir voulant faire bénéficier les télégraphes imprimeurs des avantages de la transmission automatique, jusqu'ici seulement appliquée aux télégraphes écrivants, a combiné dans ce but un système ingénieaz que nous allons décrire en quelques mots.

Au fond, ce système consiste à découper convenablement une bande de papier et à la fiûre passer à travers le transmetteur de manière que les parties découpées provoquent en temps convenable les contacts qui doivent produire les émissions de courants nécessaires à l'impression de la dépèche; avec le télégraphe Hughes, qui n^exige qu'une seule émission de courant pour chaque impression de lettre, le problème était assez facile, et pouvait être résolu, comme dans les systèmes que nous avons déjà décrits, avec deux mécanismes accessoires : un mécanisme découpeur ou perforateur et un mécanisme transmetteur substitué au manipulateur.

L'appareil découpeur de M. Renoir est une espèce de manipulateur à clavier circulaire, mis en mouvement par un mécanisme d'horlogerie, quia pour fonction de faire tourner synchroniquement dans des plans différents trois mobiles : i^ un levier d'arrêt qui tourne horizontalement au-dessous des touches du clavier; 2^ une roae des types verticale placée à la partie inférieure de Tappareil, et qui peut d'ailleurs être abaissée sur une bande de papier passant au-dessous d'elle, de manière è pouvoir laisser l'empreinte de l'un ou de l'autre des types; 3* un système de laminoir destiné, comme dans les télégraphes Morse, à faire avancer la bande de papier qu'il s'agit de préparer.

Un s^ond mécanisme d'horlogerie est disposé de manière à faire fonctionner un emporte-pièce placé à portée de la bande de papier et disposé dans un plan parallèle à celui de la roue des types (de manière à coïncider avec le diamètre vertical de cette roue). Le jeu de cet emporte-pièce a lui-même pour effet secondaire de produire, par Tintermédiaire d'un levier coudé, l'abaissement de la roue des types.

Le levier d^arrèt porte une tige à tète conique, sans cesse repoussée en avant par un ressort à boudin, mais qui peut, étant refoulée, réagir sur une fourchette d'enctiquetage qui déclanche et renclanche Texcentrique destinée à faire fonctionner Temporte-pièce.

Avec cette disposition, on comprend facilement que, quand le mécanisme se trouve mis en liberté, il suffit d'abaisser Tune ou Tautre des touches du clavier pour produire : !• l'arrêt du levier tournant, et par suite le déclan^^ chement de Tem porte-pièce ; 2^ l'impression de la lettre correspondante à cette touche ; 3<> la perforation de la bande de papier vis-à-vis de cette lettre. On obtient donc ainsi une bande percée de trous inégalement distancés les uns des autres qui portent la désignation des lettres qu'ils représentent.

Pour qu'une telle bande puisse produire la transmission automatique de la dépêche, il faut qu'elle passe à travers un laminoir fixé sur l'axe de la roue des types de l'appareil imprimeur de la station qui expédie, que ce laminoir ait les mêmes dimensions que celui de l'appareil perforateur, et qu'un levier à ressort, appuyant sur la bande de papier, puisse, en s'enfbnçant légèrement dans les trous du papier, produire les émissions de courant nécessaires pour fournir les impressions à la station^qui reçoit.

C'est ce que M. Renoir a réalisé au moyen d'un appareil accessoire composé de diverses pièces qu'il ajoute à la partie supérieure des appareils existant déjà, et qui, étant monté sur une pièce articulée à l'un des montants du télégraphe, peut être mis à volonté en rapport de mouvement avec le mécanisme de celui-ci.

M. Renoir croit qu'avec ce système on pourrait augmenter d'un tiers le nombre des dépêches transmises et qu'on pourra découper la bande do papier de manière à fournir cent vingt lettres par minute.

Téléipraphe imprimenr de M. Donnier. -^ Le télégraphe do M. Donnier, qui a été breveté en juin 1855, est en quelque sorte la contrepartie du télégraphe Hughes, quoique accomplissant des fonctions analogues. Dans l'un, en effet, l'impression des lettres est le résultat d'une fermeture du courant opérée après un certain temps de défilement du rouage moteur de la roue des types. Dans l'autre, cette impression est le résultat de l'interruption d'un courant, qui a provoqué pendant un certain temps la marche de cette même roue des types. Les moteurs, dans les deux cas, sont d'ailleurs disposés de manière à marcher synchroniquement d'une manière continue, et les roues des types peuvent être rétablies, après chaque impression de lettres, dans la position qu'elles doivent avoir, à l'aide d'un mécanisme correcteur. La seule différence qui existe dans le principe des m 10

deux inventions consiste en ce que dans Tune le mouvement de la roue des types est continu, tandis que dans Tautre il est intennittent.

Dans le télégraphe de M. Donnier, comme dans celui de M. Hughes, Tappareil transmetteur et Tappareil récepteur sont reliés ensemble. A cet effet, Taxe de la roue des types porte deux roues d'assez grand diamètre, dont Tune est munie de vingt-hult saillies rectangulaires, et dont Tautre est pourvue de dents fines et pointues. Une courroie, constituée par une lame de platine très-mince entaillée de trous rectangulaires et réunissant deux poulies, passe au-dessus de la première des deux roues dont nous venons de parler et s'engrène avec elle à la manière d'une chaîne à la Vaucanson ; sa longueur est égale à trois fois le développement de la circonférence de la roue sur laquelle elle engrène, et à chaqpie tiers de celte longueur, elle porte une pièce étroite et isolante. C'est ime disposition analogue à celle que j'ai introduite dans mon anémographe à indications combinées (voir tome 1V> page 426 de la 2°^<^ édition de cet ouvrage). Au-dessus de cette courroie se trouvent placées vingt-huit lames de ressort fixées sur une tringle métallique (en communication avec la pile de ligne) et correspondant à vingthuit touches disposées en clavier au-dessus d'elles. Ces lames et ces touches constituent le transmetteur, qui, comme on le voit, est sinon d'une grande sûreté, du moins d'une grande simplicité.

La deuxième roue, fixée sur l'axe de la roue des types, et que nous appellerons roue conductrice^ porte latéralement vingt-huit chevilles, sur l'une desquelles vient s'enfourcher, en temps ordinaire, un levier basculant terminé par une fourchette angulaire qui produit la correction. Ce levier est monté sur une pièce dont le rôle est très-important; car elle porte en même temps un second levier qui réagit sur un interrupteur de courant, une bielle reliée au mécanisme d'horlogerie et une autre petite bielle adaptée à Tarmature de l'électro-aimant du récepteur. La bielle reliée au mécanisme d'horlogerie a pour fonction d'écarter ou d'éloigner un système basculant vertical portant deux petites roues à dents pointuesi dont l'une étant rapprochée de la roue conductrice adaptée à Taxe de la roue des types* peut engrener avec elle et lui transmettre le mouvement du mécanisme d'horlogerie que lui communique la seconde roue. Or, il résulte de celte disposition qu'un courant envoyé à travers Télectro-aimant du récepteur a pour effet : 1<> de dèsembrayer la roue conductrice de la roue des types ; 2* de Tengrener avec le mécanisme d'horlogerie sans cesse en mouvement; 3« de rompre un circuit de pile locale réagissant sur le mécanisme imprimeur.

Ce dernier mécanisme, sauf la disposition des pièces, est du reste analogue à tous ceux que nous avons décrits. C'est un électro-aimant à quatre

bobines, dont l'armature double, en abaissant un levier articulé, peut presser la bande de papier contre la roue des types et provoquer, en se relevant^ ravancemeut de cette bande par la rotation de l'un des cylindres d'un laminoir entre lesquels elle passe.

D'après cette disposition il est facile de comprendre comment les appareils doivent fonctionner, en admettant, bien entendu, leur introduction dans le même circuit aux deux stations.

6i» à la station A, on abaisse Tune des touches du transmetteur, celle correspondant à la lettre M, je suppose, le courant sera fermé à travers le circuit de ligne par le contact du ressort placé au-dessous d'elle avec la courroie de platine. Les électro-aimants commandant la marche des mécanismes compositeurs seront mis en action aux deux stations, et les roues des types seront mises en mouvement. <36 mouvement continuera tant que la touche sera abaissée, et jusqu'à ce qu'une des trois parties isolantes adaptées au ruban de platine se présente sous cette touche. Pendant ce temps les roues des types auront tourné de l'intervalle séparant la croix de la lettre M. Le courant se trouvant alors interrompu, les roues des types seront désengrenées, et le courant des piles locales animant les électroaimants des mécanismes imprimeurs provoquera l'impression de la lettre M aux deux stations.

Pour obtenir le synchronisme des mouvements des mécanismes d'horlogerie aux deux stations, M. Donnier adapte d'abord à ces mécanismes un modérateur à ailettes et un volant pesant; mais il ajoute, en outre, sur l'axe du quatrième mobile un ressort spiral dont la tension est commandée par une roue à rochet. Un cliquet adapté à l'armature d'un électro-aimant spécial, fonctionnant sous l'influence d'une petite pile locale particulière, réagit sur ce rochet et peut tendre plus ou moins le ressort, suivant que les fermetures du courant de cette dernière pile sont plus ou moins rapprochées; or, ces fermetures de courant sont commandées par l'action d'une excentriqua adaptée à Taxe même du quatrième mobile dont il a été question. Comme le nombre des dents du rochet est calculé de manière que, pour une vitesse uniforme, le ressort conserve la même tension, on conçoit qu'il n'y aura excès de tension de ce ressort que quand les défauts d'uniformité qui pourraient survenir dans la marche des moteurs devront être corrigés (l).

(1) Voir la descripiioh et les dessins de te télégraphe danfe iDs Antia/es têléyraphiqueïï tome IV page 28 i .

III. TÉLÉGRAPHES IMPRIMEURS A MOUVEMENTS ÉLEGTRO-SYXCHRONIQUES.

Nous avons vu au chapitre des télégraphes à cadran qu'en appliquant aux télégraphes à échappement le système vibrateur des sonneries trembleuses (Rhéothôme do Neef.)> on pouvait les foire fonctionner synchroniquement d'une manière continue sous l'influence seulede Taction électrique. Nous avons vu, de plus, que M. Siemens avait obtenu cet effet sans Tintermédiaire d'aucun mécanisme d'horlogerie et que M. Kramer, pour venir en aide à l'action électrique, avait été conduit à faire intervenir une action mécanique. Toutefois M. Siemens n'en est pas resté là, et, en cela comme dans presque tous ses travaux, il a voulu pousser sa découverte aussi loin que possible en faisant de son appareil un télégraphe imprimeur. Il adapta à cet effet une roue des types sur Taxe de la roue à rochet con-

duisantraiguilleindicatricede Fig- 4iO. son télégraphe à cadran, et,

en adaptant devant cette roue des types un marteau imprimeur et uue bande de papier avec un système entraîneur, il put obtenir, sous l'influence d'un gros électro-aimant paresseux des impressions qui ne 8'effectuaient qu'après un arrêt suffisant de la roue des types. C'est M. Siemens qui a été le premier à employer ce système d'impression, qui a été depuis mis en usage par plusieurs constructeurs, entre autres par M. Breguet. Ce système n'est sans doute pas exempt de reproches, puisqu'il est fondé sur l'inertie magnétique des gros électro-aimants, inertie essentiellement capricieuse et variable avec l'intensité du courant, mais il a l'avantage d'être d'une très grande simplicité.

Le système de M. d'Arlincourt, qui a été employé avec succès dans nos petits bureaux municipaux, appartient à ce système de télégraphes, maïs, comme celui de M. Kramer, il fonctionne avec l'aide d'un mécanisme d'ho^ logerie; de sorte que, par le foit, cet appareil ne présente de nouveau en luimême que sa disposition pratique et bien entendue.

Téléi^raplie A mouvements aynehronlques de M. d*Aplincoiirli. — Dans ce système, le manipulateur, le récapteur et le mécanisme imprimeur sont réunis dans le môme instrument et sont tous dépendants les uns des autres. Le manipulateur, qui est un transmetteur circulaire à touches, est superposé au récepteur et fonctionne sous riofluence du mécanisme d'horlogerie qui met en action ce dernier, et le mécanisme imprimeur ayant un mouvement d'horlogerie à part est disposé

de manière à présenter les or-

Fig. 111. . . , ,

^ ganes imprimeurs en dehors

de l'appareil sur un plan vertical, comme dans le système Morse.

La pièce importante de cet appareil et un axe vertical S P (fig. liO), qui constitue le cinquième mobile du premier '■- — ; mécanisme d*horlogerie, et qui porte \^ un doigt horizontal O sur lequel réagissent les différentes touches du manipulateur pour en provoquer Tarrôt; "^ 2« une roue d'angle L, destinée à transmettre le mouvement du mécanisme d'horlogerie à un arbre horizontal X (ûg. i 1 1), sur lequel sont adaptées la roue d'échappement J et la roue des types V; 3* un commutateur composé de deux roues dentées, A et B Yfig. 110) et d'un disque intermédiaire également denté mais en sens inverse de roues A, B et C, sur lesquels appuient trois leviers frotteurs D, E, G. Ce commutateur a pour fonction de fournir en temps opportun les émissions de courant à travers la ligne, de dériver un autre courant à travers l'électro aimant du récepteur de l'appareil, et de décharger la ligne.

Le jeu de cet axe est commandé, bien entendu, par la roue d'échappement J (fig. ill), dont nous avons parlé précédemment, et le jeu de cette roue est lui-même commandé par un électro-aimant M, 4pnt l'hélice est en commnnication, d'un côté avec la terre, d'autre part avec un système de double levier basculant N, que nous appellerons bascule dedéclanchement

294 TÊLË6RÂPHES IMPRIMEURS.

lequel est mis en rapport électrique avec lecommùtatefar dont il a été question par l'intermédiaire de deux petites colonnes, moitié cuivre, moitié ivoire H et I. Cette bascule se compose de deux tiges métalliques légèrement arquées, montées sur un axe horizontal commun, et terminées à leurs extrémités par des lameç de ressort qui sont convergentes d'un côté et divergentes de Tautre côlé. Ces dernières appuient contre les colonnes, moitié cuivre, moitié ivoire, H et I, dont il vient d'êlre question, et les autres contre une colonne unique U, également moitié cuivre, moitié ivoire, dont la partie métallique isolée communique avec la ligne. Enfin une plaque en ivoire réunit les deux tiges métalliques de la bascule, de manière à former une large touche sur laquelle peut agir un piston pour faire basculer le système.

La pile de ligne est disposée de manière à fournir deux courants, d*abord un courant de pile de ligne qui résulte de tous ses éléments (je suppose au nombre de 35), et en second lieu un autre courant provenant d'une partie do ces mêmes éléments (de 10, par exemple). Le premier courant aboutira au ressort D du commutateur (Og. 110), le second à la roue B par Taxe qui la porte. On remarquera que les dents des deux roues AetB,quisecorres« pondent d'ailleurs exactement, et qui ne diffèrent que par leur épaisseur, plus grande dans la roue B que dans la roue A, font saillie par rapport à la circonférence du disque intermédiaire; de sorte que quand les leviers frotteurs E, G, appuient sur les dents des roues A et B, ils ne peuvent rencontrer, par leur extrémité recourbée, le disque en question, d'autant plus que les dents de celui-ci alternent avec celles des roues A et B; mais ceci a précisément lieu quand ils se trouvent dans un intervalle de dents.

Or, voici ce qui résultera de rabaissement de la bascule de dêclanchcment dont nous avons parlé : les ressorts divergents toucheront la partie métallique des colonnes H, I, et les ressorts G et E appuyant sur les dents des roues A et B, le courant de ligne sera transmis à travers la ligne parle levier de droite de la bascule, tandis que le courant dérivé sera transmis à rélcctro-aimant M de l'appareil par le levier de gauche. Cet électro-aimant étant actif déterminera un échappement qui fera tourner le commutateur, et permettra aux frotteurs E, G de s'abaisser et de se mettre en contact avec le disque intermédiaire. Dès lors le courant sera coupé à la fois à travers la ligne et l'éleclro-aimanl, et une communication sera établie entre la terre et la ligne par le disque et par l'électro-aimant M, lequel se trouvera ainsi complètement démagnétisé par le courant de décharge. Sous l'influence de cette démagnétisation, les dents du commutateur se trouveront mises de nouveau en contact avec les frotteurs E et G, et les effets précédents se

renouvelleront de la même manière, tant que la bascule de dëclanchement restera abaissée. Par suite de ces réactions, les roues des types des^ deux appareils se trouveront donc mises en mouvement continu, et leur arrôt dépendra uniquement du relèvement de la bascule de déclanchement, qui coupera les deux courants à travers le commutateur. Maintenant, on comprendra facilement qu'où pourra arrêter les deux appareils en agissant Q la station même qui reçoit, et pour cela il suffira d'envoyer sur la ligne un courant continu. Il résultera, en effet, de cette émission que quand le commutateur de l'appareil du poste expéditionnaire sera placé de manière à fournir la décharge de la ligne, ce qui a lieu, comme nous l'avons vu, après chaque émission de courant, le courant envoyé de la station qui reçoit passera à travers rélectro-aimant commandant le jeu de ce commutateur, précisément quand il devrait être interrompu. Dès lors celui-ci ne pourra plus réagir, et les appareils seront arrêtés.

Le mécanisme imprimeur n'a rien de particulier quant à son principe, mais la disposition des divers organes qui sont en jeu diffère un peu de celle qui est habituellement employée. Cette différence existe surtout dans le système d'encliquetage du laminoir destiné à entraîner la bande de papier et le système d'excentrique appelé à produire l'impression, lequel se compose d'une roue à trois cames. Cette roue est montée sur l'axe du troisième mobile du second mécanisme d'horlogerie, dont le jeu est commandé par une fourchette d'encliquetage et un disque muni de trois systèmes de chevilles d'arrêt. Cette fourchette elle-même est mise en action par un électro-aimant M (fig. 111), qui fonctionne sous Tinfluence d'une pile locale dont le courant est fermé et interrompu par levier de l'électro-aimaut M du récepteur. Quand ces ouvertures et fermetures de courant sont, très-rapprochées, comme cela arrive quand la bascule de déclanchement du récepteur est abaissée, l'aimantation de l'électro-aimant imprimeur n'a pas le temps de se faire, et aucune impression n'est produite; mais quand l'interruption du courant, au récepteur, dure un temps convenable, le mécanisme imprimeur est déclanché, et les choses se passent comme dans les autres télégraphes.

Pour rendre l'action de cet électro-aimant plus si\re et plus nette M. d'Ârlincourt a employé plusieurs moyens ; nous en avons décrit un dans notre traité de télégraphie p. 444, mais celui auquel il s'est définitivement arrêté est une sorte de relais Rhéotomique à deux électro-aimants boiteux, dont les armatures oscillant chacune entre deux vis de contact peuvent, quand elles se trouvent placées dans une certaine position, fermer le courant local destiné à faire fonctionner l'électro-aimant imprimeur M'. A cet effet,

les deux vis placées au-dessus des deux armatures soat reliées ensemble par une traverse qui communique métaliiquement avec le pôle positif de la pile locale; les deux autres également reliées ensemble, communiquent avec le pôle négatif par Tintermédiaire de Télectro-aimant imprimeur M', et les 111s des deux électro-aimants boiteux du relais, également en rapport avec la pile locale, ne peuvent recevoir le courant de celle-ci qu'alternativement et par Tintermédiaire de deux contacts entre lesquels oscille l'armature de rélectro-aimant d'échappement M. Quand cette dernière armature oscUle avec une certaine vitesse, comme cela a lieu à l'état normal, les deux électro-aimants du relais fonctionnent alternativement et leurs armatures n'ont pas le temps de s'arrêter simultanément sur leur vis de contact, mais quand Tarmature de l'électro-aiuiant M reste arrêtée un peu plus longtemps, les armatures des électro-aimants boiteux peuvent alors toucher les vis de contact qui correspondent à Tinaction de l'un et à Tactivitéde Tautre, et le circuit se ferme par la masse métallique des deux armatures du relais à travers l'électro-aimant imprimeur M'.

Le manipulateur de Tappareil en question n*a d'autre action à produire que d'arrêter en divers points de sa course correspondant aux différentes lettres de l'alphabet le doigt O (fig. \ 10), monté sur Taxe du commutateur, et do faire abaisser en même temps la bascule de déclanchement. Â cet effet les touches du manipulateur correspondent à des bascules L L rangées circulairement autour de Taxe du commutateur, et ces bascules étant abaissées individuellement, ont pour effet : 1« de présenter devant le doigt O en mouvement un obstacle rigide; 2® de soulever en même temps un anneau qui les couvre toutes et qui correspond, par un levier articulé, à un piston appuyant sur la grande bascule de déclanchement N.

Le mérite du système télégraphique de M. d* Arlincourt est de fournir les avantages des récepteurs intercalés dans un même circuit, sans en présenter les inconvénients. Fonctionnant en effet avec un circuit dérivé relativement faible, le récepteur du poste expéditeur peut marcher avec une intensité électrique égale à celle qui le fait agir quand il fonctionne pour la réception, ce qui n*a pas lieu généralement avec les autres dispositions télégraphiques. Il diminue d'ailleurs la résistance de la ligne do 200 kilomètres, et la décharge après chaque émission de courant.

Nous avons oublié de dire que cet appareil peut servir en même temps de télégraphe à cadran, car une aiguille S adaptée à Taxe du commutateur se meut en même temps que lui autour d'un cadran placé au centre du clavier circulaire.

Il est encore un détail de construction dans le télégraphe de M. d'Arlin^

TÉLÉGRAPHES IMPRUIEURS. 297

court qui ne laisse pas que d'avoir une certaine importance au point do vue du bon fonctionnemenl de l'appareil : c'est l'introduction d'une pièce F (fig. I il) comme organe de transmission de mouvement entre Taxe vertical du commutateur et Taxe horizontal de la roue d*échappement. Cette pièce est un bras d'acier à l'extrémité duquel se trouve percée une petite rainure qui laisse passer une cheville adaptée à la roue de transmission. Un ressort appuyant sur cette cheville, la maintient, en temps ordinaire, à une extrémité de cette petite rainure : mais Taxe vertical, en tournant, peut forcer ce ressort et reporter la cheville du côté opposé de la rainure. Il résulte do cette disposition, qu'avant chaque échappement, la cheville est repoussée contrairement au ressort, mais que, pendant le dégagement de la roue à rochet J, elle se trouve reportée du côté opposé, ce qui retarde réchappement par rapport au mouvement du commutateur. De cette manière, le contact des ressorts £ et G avec les dents de ce commutateur se trouve parfaitement assuré et toujours effectué en temps opportun.

Dans toutes les descriptions qui ont été faites jusqu'ici des télégraphes électriques, nous avons vu le télégraphe indiquer, écrire et même imprimer des lettres ou des signaux de convention, sous une influence toujours la même et avec des formes toujours invariables pour chaque désignation. Avec les télégraphes autographiques que nous allons étudier maintenant, cette forme fixe de signaux n'est plus indispensable : une ligne quelconque, un contour, un dessin, l'écriture même de telle ou telle personne peuvent être minutieusement reproduits, et cela, avec une vitesse relativement coa< sidérable.

Les télégraphes autographiques, conçus dans l'origine par M. Wheatstone, ont été réalisés pour la première fois en 1851 par M. Backwell, mécanicien anglais. Un spécimen d'écriture reproduite par im appareil de ce genre figurait à l'exposition universelle de 1851, mais cet appareil n'avait pas été exposé, et personne ne connaissait alors ce genre de télégraphes. Dans ce spécimen, l'écriture, qui était fort grosse, se détachait en blanc sur un fond bleu composé de hachures» diagonales serrées les unes contre les autres et interrompues seulement aux points correspondants à récriture. Un examen attentif de ce curieux échantillon de dépêche permettait du reste de deviner les moyens qui avaient dû être employés pour le produire; car faction colorante exercée sous Tinfluence électrique par des pointes de fer appuyant sur du papier imprégné de cyano-ferrure de potassium, venait d'être découverte par M. Bain, et ce fond de hachures interrompues indiquait bien, aux deux stations en correspondance, une marche syncrone de deux pointes traçantes ayant pour fonction mécanique à remplir, de parcourir successivement dans une même direction les différents points d'une même surface exposée à leur action, et ayant pour effets électriques à produire, l'une de provoquer en passant au travers du corps de récriture originale une série d'actions électriques susceptibles de réagir sur le circuit à des instants déterminés, l'autre de traduire ces actions électriques par des solutions de continuité dans les traces laissées sur la feuille destinée à recevoir la dépèche. Ces solutions de continuité étant déterminées aux instants précis où les pointes occupaient sur les deux surfaces une même position, devaient en effet fournir

par leur réunion, une reproduction plus ou moins parfaite de récriture qui les avait provoquées. Or une pareille déduction entraînait immédiatement l'idée que, à la station de transmission, la dépèche devait être écrite sur un papier métallique, et c'est en efifet ce qui avait lieu.

Après Texposition de 1851, plusieurs savants et inventeurs et en particulier MM. Seugraff et Gaselli, entrant résolument dans la voie ouverte par M. Backwell, cherchèrent à rendre pratique ce système télégraphique et, après de longues et patientes études, des essais et des expériences sans nombre, on vit éclore vers Tannée 1855 ces curieuses dépêches que M. Caselli put montrer aux savants étonnés et qui eurent alors mi si grand retentissement. Cette fois on put croire que la solution du problème de récritu>*e à distance était possible, et pourtant cette invention n'était alors que dans son enranco, car il fallut encore à M. Caselli sept années d'expériences Sur les lignes télégraphiques, pour que ses appareils pussent fonctionner convenablement en ligne.

Dans le système de M. Backwell, comme dans tous ceux qui furent ima« ginés avant 1855, il existait un défaut capital qui devait empêcher son application dans la pratique télégraphique. C'était la nécessité dans laquelle on se trouvait de n'employer Taction du courant qu'en dehors de récriture qu'il s'agissait de reproduire. Après la découverte par M. Bain de l'action colorante exercée par un courant sur une bande de papier imprégnée de cyano-ferrure de potassium, on aurait pu, si l'encre employée pour l'écriture avait été conductrice au lieu d'être isolante, obtenir à la station de réception, au moment du passage de frotteurs métalliques à travers la dépêche écrite, une série de points bleus dont Tensemble, après une série de frottements successifs, aurait pu reproduire les traits de récriture; mais comme l'encre est toujours plus ou moins isolante, même quand elle est métallique, on ne pouvait obtenir avec les moyens ordinaires que Teffet inverse; encore, fallait-il pour cela, comme nous l'avons déjà dit, écrire la dépêche sur du papier métallique. De cette manière récriture se détachait en blanc sur un fond bleu. Or, pour obtenir dans ces conditions un résultat, il fallait que récriture fût très grosse et que le circuit fjit court; car la coloration chimique sur du papier humide empiète toujours sur les bords de la trace primitive, et, en s'étendant ainsi, les espaces blancs pouvaient être facilement bouches. D'un autre côté, les perturbations dans les transmissions des courants, en prolongeant inopportunément leur action, tendaient encore à augnienler ce défaut par l'allongement des traces produites. C'est en renversant co genre d'effets par une combinaison ingénieuse de courants, en apportant un soin beaucoup plus grand qu'on ne l'avait fait jusqu'alors au synchro-

300 TELEGRAPHES AUTOGRAPHIQUES.

ntsme des moayements des appareils» enfin en disposant ceux-ci de manière à ne plus être influencés par les décharges secondaires des lignes, que M. Caselli a pu parvenir aux résultats si remarquables qu'il a obtenus.

Toutefois, malgré tous ces perfectionnements, cette manipulation chimique qu*il fallait exécuter pour préparer les bandes de papier destinées à recevoir les dépèches, était véritablement un obstacle pour mettre en pratique d'une manière courante les appareils autograpbiques. Ces appareils étaient d*ailleurs délicats et exigeaient de la part des employés destinés à les faire fonctionner, une adresse et des connaissances techniques qu^ils possèdent rarement ; il était donc à désirer que l'action électro-magnétique pût être substituée à l'action électro-chimique, et c*est dans ce sens que se sont portées les recherches de MM. Meyer et Lenoir. Toutefois ces inventeurs avaient été précédés dans ce genre de perfectionnement par M. de Lucy qui, dès i 859, avait présenté au cercle de la presse scientifique un appareil de ce genre construit par M. Mouilleron, mais dans lequel le grand problème du synchronisme des mouvements des deux appareils en correspondance n'était pas du tout résolu. Néanmoins cet appareil, dans les conditions où il était présenté, fonctionnait d*une manière satisfoisante.

Tous les appareils autographiques électro-magnétiques jusqu'à l'époque oh M. Meyer fit connaître le sien, avaient pour organe traçant une sorte de tire-ligne ou un bec à trou capillaire. Or ce système d'impression, surtout à l'époque où Tencre à la glycérine n*était pas connue, était regardé comme très défectueux, et c'est ce qui fiait que les télégraphes Morse à signaux écrits à l'encre ne purent devenir réellement pratiques que quand MM. Thomas John et Digney eurent adapté à ces appareils un système encreur à molette tournante, disposé de manière à présenter toujours à l'impression un point fraîchement imprégné d*encre. Or c'est précisément ce système d'impression que, par une conception hardie et réellement des plus ingénieuses, M. Meyer a appliqué au télégraphe autographique, et cette disposition semble être jusqu*ici la solution la plus avancée du problème de la reproduction télégraphique de l'écriture.

Il serait sans doute intéressant de discuter d^une manière générale les avantages et les inconvénients qu'on peut retirer de la transmission des dépèches écrites; mais cette discussion qui entraîne avec elle beaucoup de considérations, nous ferait dépasser le cadre que nous nous sommes tracé. Nous pouvons dire, toutefois, que comme vitesse de transmission des dépèches, ce système pourrait être le plus expéditif de tous, même en dehors de son application au vocabulaire stènographique, si récriture des dôpèches était fiiite dans des conditions convenables, c'est-à-dire avec des

TÉLÉGRAPHES AUTOGRÀPHIQUES^ 301

interlignes étroits, des lettres serrées les unes contrôles autres et surtout, si les feuilles écrites se succédaient sans interruption. Mais dans les cas ordinaires il est loin d'en être ainsi, et les expériences faites jusqu'ici n'ont pas été, sous ce rapport, à ravantage des télégraphes autographiques. Pour que ces appareils pussent être expéditifs il faudrait qu'ils pussent transmettre plus de cinquante dépèches de 20 mots par heure en écriture courante, résultat obtenu, comme nous Tavons vu, avec l'appareil Hughes. Or le télégraphe Gaselli n'a jamais pu en transmettre que quarante. Au point de vue des avantages qui peuvent résulter de la transmission même de l'écriture do Texpéditeur, il est facile de comprendre que ce système télégraphique peut donner pour les transactions commerciales et financières une sécurité que no saurait fournir aucun autre système télégraphique, car les erreurs de chiffres ne peuvent se produire que dans le cas, tout à fait exceptionnel, où les queues des longues lettres se prolongent d'une ligne sur l'autre et viennent se placer en avant ou à la suite d'un nombre; encore faudrait-il, dans ce cas même, qu'une action anormale eût pour effet d'interrompre les traits en question au-dessus du nombre écrit. Cet accident a été, il est vrai, signalé une fois, mais une fois seulement, et probablement il ne se renouvellera jamais, car il faut pour qu'il se présente un concours de circonstances qui sera d'autant mieux évité qu'on en est maintenant prévenu.

Si nous ajoutons à ces considérations que ce système télégraphique permet la reproduction de dessins et de plans explicatifs, la transmission des écritures les plus variées et les plus compliquées, on peut comprendre immédiatement quelles ressources il met entre nos mains pour nos besoins domestiques. On peut même ajouter, comme l'avait fort bien fait observer M. d'Escayrac de Lauture, qu'il est le seul qui puisse réaliser l'application de la télégraphie en Chine et dans les pays où l'écriture n'est pas alphabétique.

Quoiqu'il en soit, la pratique faite jusqu'ici de ces sortes d'appareils n montré que ces avantages n'ont pas encore été bien compris du public, car à répoque où le service des télégraphes autographiques, soit du système Caselli, soit du système Meyer, avait été organisé à Tadministration des lignes télégraphiques françaises, les dépèches qui étaient expédiées de celte manière étaient bien moins le résultat d*une préférence réelle pour ce genre do transmission, que du désir de gagner du temps par suite du moindre encombrement de la ligne ainsi desservie.

Nous faisons cette remarque pour montrer que, si les télégraphes autographiques ne sont pas aujourd'hui d'un emploi courant, ce n*est pas parce que leur fonctionnement n'est pas satisfaisant, mais simplement parce que

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les avantages qu'ils procurent n'étant pas encore appréciés à leur juste valeur, ils n'ont pas été avantageux au point de vue administratif.

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