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I. TÉLÉGRAPHES AUTOGRAPHIQUES ÉLECTRO-CHIMIQUES

Télée^apbe de Ht. Backi?ire11. — Voici la description du système de M. Backwell telle que Ta donnée M. Muller :

« On écrit d'avance la dépèche en lettres assez grosses sur du papier métallique, par exemple, sur du papier argenté, avec un crayon isolant ou de Tencre isolante.

c< Le papier chimique est enroulé sur un cylindre en métal auquel un mécanisme d'horlogerie imprime un mouvement de rotation uniforme et très rapide. L'axe du cylindre porte une roue dentée qui engrène dans une autre, fixée sur l'axe d'une fusée parallèle au cylindre, sur laquelle se meut un écrou portant un bras muni à son extrémité d'un style en acier ou en fer qui repose sur le papier chimique. Tout est disposé de telle sorte qu'en même temps que le cylindre se meut autour de son axe, le style obéit à un mouvement très lent parallèlement à cet axe, et décrit une spirale très se^ rée sur le papier.

c Par une disposition semblable, un style en métal décrit à la station de départ une spirale très serrée sur le papier en métal qui porte la dépèche, ' en même temps que le cylindre sur lequel ce papier est enroulé reçoit un mouvement de rotation synchrone avec celui du récepteur.

« Le pôle négatif de la pile communique avec la terre, le pôle positif avec le rouleau métallique du transmetteur ; le style en platine et mieux en or qui presse le papier métallique est réuni au fil de ligne, qui est lui-même relié au style écrivant.

c Lorsque les appareils, aux deux stations, sont en mouvement et le courant établi, celui-ci est arrêté toutes les fois qu'il doit traverser une trace isolante laissée par la plume, et il passe s'il rencontre le papier métallique. Il résulte de là que le courant produit sur le papier chimique des traits blancs sur des fonds bleus.

« Les mouvements d'horlogerie sont arrêtés par des détentes qu'on fait partir au même instant aux deux stations, au moyen d'un électro-aimant placé à chacune d'elles et en les faisant traverser par le courant au moment de commencer la transmission. »

Pantaléa^rapbe de M. Caselli. —Le télégraphe autographique de M. Caselli a subi depuis son origine de nombreuses transformations, tant

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SOUS le rapport des dimensions et de la disposition des appareils, que sous celui des moyens employés pour Timpression des dépêches.

Aujourd'hui, il se compose de deux instruments distincts : du télégraphe proprement dit, que nous représentons, fig. 1 et 2, PI. VII, et qui renferme deux transmetteurs et deux récepteurs pouvant fonctionner alternativement, et en second lieu d'un chronomètre régu lateur^ destiné à régler d'une manière sûre et facile la marche syiichronique des deux appareils placés aux deux stations en correspondance. Nous représentons cet appareil fig. 3 et 4. Une pile de ligne et une petite pile supplémentaire complètent, avec un rhéostat d'une foftae particulière que nous représentons, fig. 13 et 14, PL VU, le mntériel de chaque station. Avant de décrire ces différents appareils, il est nécessaire que nous indiquions comment M. Caselli fait réagir les* courants pour produire les impressions et les dégager des inconvénients que nous avons signalés au commencement de ce chapitre. C'est seulement alors, qu'on pourra apprécier l'utilité des divers organes qui entrent dans les appareils que nous avons indiqués.

Pour éviter d'abord que l'étalage de la matière colorée produite sous l'in^ fluence du courant déforme ou dissimule les traces dessinant les lettres, M. Caselli emploie un système diamétralement opposé à celui de M. Backwell : au lieu de déterminer des traces se détachant en blanc sur un fond coloré} M. Caselli produit, comme nous Tavons vu, des lettres colorées se détachant sur un fond blanc, ce qui entre davantage dans les conditions de récriture ordinaire. Mais comment obtenir ce résultat avec des courants interrompus précisément au moment où ces traces doivent être produites? comment les faire se succéder rapidement sans bavures? tel est le double problème que s'est posé M. Caselli, et ce problème était d'autant plus difficile à résoudre que ce savant, par suite d'une idée théorique qu il s'était faite de la vitesse de propagation des courants sur les lignes chargées préventivement, idée à la vérité très-contestable, voulait arriver à ce résultat en apparence paradoxal : décharger le circuit de ligne sur Vappareil récepteur tout en le maintenant constamment chargé sur tout le parcours de la ligne. Après de nombreuses recherches, M. Caselli esl pourtant arrivé à résoudre ce problème complexe, mais les avantages qu'il croyait en obtenir ont été tellement contestés lors de la mise en pratique de ce système télégraphique^ du moins en ce qui touchait les moyens employés pour résoudre la seconde partie du problème, qu*on dut se contenter de ceux qui satisfaisaient à la première partie. Ces moyens n'étaient, d'ailleurs, autres que ceux dont nous avons parlé, tome II, p. 113, pour int^rompre un courant dans un circuit sans le couper. Quoiqu'il en soit, voici la solution de M. Caselli an

moment où il a livré ses appareils à radministralion télégraphique française.

Supposons à la station qui transmet une pile de ligne P, flg. 1 lî, et une petite pile supplémentaire I, disposée par rapport au circuit de la ligne L, comme on le voit dans la figure, c'est-à-dire d'une manière telle que la pile I soit interposée sur la ligne L, et que les deux pôles de la pile P, tout en communiquant aussi avec cette ligne, fournissent en D, une communication avec

Fig. U2.

la terre. Admettons encore que le transmetteur télégraphique, placé en A et consistant dans une feuille d'argent écrite sur laquelle appuie une aiguille de platine, soit interposé sur le fil réunissant le pôle négatif de la pile P àla ligne. Enfin supposons qu'une pile J\ exactement semblable à I, soit placée à la station qui reçoit dans une position symétrique par rapport à cette dernière.

8i les pôles de ces trois piles sont disposés comme l'indique la figure, les effets suivants se manifesteront infailliblement :

1« Quand Taiguille de platine touchera l'encre de la feuille écrite, c*est4idire quand la communication G D sera interrompue le courant de la pile P s'ajoutera au courant de la pile I pour traverser la ligne et réagir sur l'appareil télégraphique placé en A', sur lequel il déterminera ime trace bleue. 11 est vrai qu'il rencontrera le courant de la pile V qui lui est opposé, mais ce dernier courant ne diminuera que faiblement Faction du premier, car la pile r est beaucoup plus faible que la pile P et à plus forte raison que P + 1.

Une trace colorée se trouvera donc ainsi produite sous l'influence d'une rupture de courant opérée par le transmetteur situé en A.

2<* Quand l'aiguille de platine de ce transmetteur touchera la feuille d'urgent, le courant de la pile P ne passera que très-peu à travers la ligne, car le circuit DGBP ne présentant pas de résistance appréciable, lui offrira une issue immédiate.

On aura donc sur le récepteur en A' un efifet équivalent à une rupture de circuit, et les courants des deux piles I et I' ne devraient pas changer ce lésultat si le circuit était parfaitement isolé. Toutefois, comme les lignés télégraphiques sont loin de constituer ce circuit isolé, il s'agit de savoir ce que deviennent les courants de ces deux piles par suite des dérivations éta» blies tout le long de la ligne. Pour peu qu'on y réfléchisse, on ne tardera pas à reconnaître que, par suite de ces dérivations, le courant de la pile I sera prédominant dans la moitié de droite de la ligne L tandis que le courant de la pile l' sera prédominant dans la moitié de gauche. Or, cette prédominance de deux courants opposés aux deux extrémités de la ligne résout, suivant M. CaseUi, le problème paradoxal dont nous avons parlé; car, dit-il : « De la prédominance du courant de la pile V résulte un contre-courant dirigé précisément en sens contraire de celui de la pile P dans la partie du circuit occupée en A' par le réce^pteur, et ce contre-courant a naturellement pour effet de neutraliser sur ce récepteur le courant de décharge qm continue l'action électro-chimique, lequel, ainsi qu'il a été dit, empêche la netteté des traces électro-chimiques en les prolongeant. D'un autre cdté, le courant prédominant de la pile I joint au petit courant dérivé de la pile P et au courant même de décharge, maintient la ligne chargée sur la plus grande partie de son parcours et rend ainsi les temps de charge, au moment des émissions de courant, beaucoup moins longs (1). »

U résulte de cette disposition que les dérivations du courant par la ligne, au lieu d'être défavorables à la marchede rappareil,luisontau contraire utiles, et même tellement utiles que, par les temps très-secs, on est obhgé de les reproduire artificiellement en établissant en 6 une dérivation très-résistante U dans le voisinage du récepteur. Cette dérivation permet d'ailleurs de

(t) Suivant M. Blavier cette conclusion est inexacte, car quelque soit Tétat électrique d*une ligne, qu'il y ait ou non des piles intercalées sur son parcours, lorsqu'à une de ses extrémités on modifie cet état par Tintroduction ou la suppression d*une force électro-motrice, la propagation s'opère dans les mômes conditions que si la ligne était à Tétat neutre. Ainsi pour augmenter ou diminuer l'intensité du courant d'une quantité donnée à l'extrémité opposée du conducteur, il faut le même temps, soit qu'un courant permanent traverse le fil de ligne, soit que ce courant soit supprimé.

€ La pile F, dit M. Blavier, a donc seulement pour effet de diminuer la sensibilité

de l'instrument. Le courant doit, en effet, acquérir d'abord une intensité égale à celle

que développe cette pile pour Tannuler, puis la dépasser d'une quantité déterminée

dépendant de la sensibilité du papier chimique; enfin, après l'émission, le courant doit

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maintenir sur une plus grande étendue la prédominance de la pile l, et par suite la charge de la ligne. Gomme cette dérivation doit nécessairement varier suivant Tétat plus ou moins humide de Tatmosphère, M. Gaselli la produit à Taide du rhéostat que nous avons décrit page 344 de notre tome II et qui est représenté, fig. 13 et 14, pi. VII, lequel peut fournir des résistances de plusieurs milliers de kilomètres. Cela étant posé, nous allons étudier maintenant la construction des appareils représentésfig. 1, 2, 3 et 4. pi. VIL

Appareil télégraphique. — Cet appareil consiste essentiellement dans un . pendule très-lourd (pesant 8 kilos) de 2 mètres de longueur, qui réagit alternativement au moyen de deux hras B, B', sur deux systèmes basculanls identiques» M, M', constituant, Tun M le transmetteur, le second M' le récepteur. Une sonnerie S sert d'avertisseur télégraphique pour les signaux nécessaires à la mise en action des appareils.

D'après cette disposition, on voit que c'est le pendule lui*mème qui cons' titue le mécanisme moteur de ces sortes d'appareils, et c'est pour obtenir de sa part une force suffisante, aussi bien que pour le faire osciller sous uo petit angle, condition nécessaire pour Tisochronisme de ses mouvements, qu'on lui a donné les dimensions et le poids considérables dont nous avons parlé. Maintenant, il est facile de comprendre que, pour que deux appareils télégraphiques puissent marcher synchroniquement, il ne s'agit que de régler les oscillations des pendules de telle manière qu^elles se correspondent exactement. C'est à cet efifet qu'ont été adaptés les électro-aimants £, £\ sur lesquels réagissent les chronomètres régulateurs, et qui, grâce à eux, mettent en action l'armature de fer A, constituant la boule des pendules euxmêmes. Nous verrons plus tard lejeude ces électro-aimants: quant àprésent, nous dirons seulement que chaque pendule réagit sur deux commutateurs F, F', au moyen d'une tige I articulée à frottement dur en a, et porte en G

diminuer dlntensité jusqu'à devenir égal ou inférieur au courant contraire de la pilet', afin de faire cesser toute trace sur le papier.

c La pile additionnelle V, n'aurait de raison d'être que si la décomposition dûmtquâ s'effectuait avec trop de facilité ; mais il n'en est pas ainsi, et Ton a reconnu que Tappareil fonctionne mieux sans son secours, n (Voir le Traité de Télégraphie de M« Biavier, tome II, p. 276).

Nous croyons que M. Blavier fait trop bon marché du contre-courant de décharge employé par M. Caselli, car s'il ne contribue pas à raccroissenoent de vitesse de la pnh pagation électrique, il a pour effet de rendre les signaux plus nets en diminuani la longueur des décharges* Ce système a été employé avec succès par M. Lenotr, par M. Bonelli et dans les télégraphes sous-marins.

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deux crochets destinés à arrêter le pendule aux deux extrémités de son oscillation^ par rintermédiaire de deux butoirs c, c\ portés par un levier U.

Les mécanismes transmetteur et récepteur M, M\ qui sont d'ailleurs exactement les mêmes, sauf la grandeur de Tare d'oscillation des pièces basculantes, se composent d'un châssis MM (fig. 1 et 2), soutenu par une pièce de bronze K J, laquelle est montée sur un axe d'oscillation G G, et se termine inférieurement par une tige L sur laquelle est articulé le bras B. Un contre-poids en plomb H H sert à équilibrer ie poids de ce châssis, afin de fayoriser soc mouvement d'oscillation, et à le rappeler suivant la verticale. G*est sur ce châssis MM que sont adaptés les mécanismes destinés à foire marcher les pointes métalliques qui doivent transmettre ou imprimer la dépêche; et naturellement, en raison du mouvement circulaire dont celles-ci sont animées, les feuilles argentées ou recouvertes de cyanure de potassium, qui doivent transmettre ou recevoir la dépêche, se trouvent disposées en N,N, au-dessous de ces pointes, sur lue surface cylindrique. Ck>nune les impressions ne peuvent être faites régulièrement que pour un même sens de Toscillation des pointes traçantes (1), M. Caselli a cherché à utiliser le sens contraire de ces oscillations pour une deuxième expéditioou et c'est pourquoi les mécanismes sont doubles, comme on peut le remarquer sur la figure i. 11 en résulte donc que Je même transmetteur ou le même récepteur peut envoyer ou recevoir simultanément deux dépêches difiTérentesl

Le mécanisme destiné à faire mouvoir la pointe métallique qui doit transmettre ou écrire se compose, pour chaque moitié du transmetteur et du récepteur, d'abord d'une vis sans fin Vp sur laquelle se meut un écrou mobile i, guidé par une tige rectangulaire nn^ au moyen d'un curseur adapté à cette tige. Ge curseur, conune Tindiquent les figures 9 et 10, est

(i) Au moyen de certaines combinaitoos dont il sera question plus tard, les conditions dtt s^cbronisme, à chaque osdllation des pendules, se trouvent remplies <te la manière la plus exacte; mais les défauts correspondant aux variations de vitesse dans retendue de rosciJlation ne se trouvent pas pour cela atténués, et ces défauts, avec un traçage dans les deux sens, pourraient avoir pour résultat de produire de» lignes sans concordance comme ci-dessous ;

ce qui donnerait une ligne brisée pour une ligne droite verticale.

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muni d'une rainure verticale dans laquelle s'engage une petite tige fixée sur un second curseur;, qui porte la pointe métallique et qui est mobile lui-même sur une seconde tige rectangulaire r. Cette seconde tige, par exemple, au lieu d'être fixe comme la première, est susceptible de tourner suivant son axe, et il résulte de cette disposition qu'un mouvement d^oscillation peut être communiqué régulièrement à cette tige, sans entraver la marche du curseur y dans le sens longitudinal. Par conséquent, si un mouvement saccadé de rotation est communiqué à la vis v à chaque mouvement d'oscillation du système basculant MM, la pointe portée par le curseur j pourra avancer d'une certaine quantité à chaque oscillation du pendule, et de plus, si une impulsion est communiquée à la tige r pour un certain sens de l'oscillation du même système, elle pourra rester appuyée sur la surface cylindrique NN pendant une demi-oscillation de ce système et être relevée pendant l'autre demi-oscillation.

Le mécanisme destiné à fournir cette double impulsion, que l'on distingue en ofi (Ôg. i) vu de champ, est représenté vu de face, fig. 7 et 8; il consiste dans une roue à rochet de dix dents o, montée sur l'axe même de la double vis sans fin vv, et sur laquelle réagit une fourchette d'encliquetage f. La tige de cette fourchette, venant à rencontrer deux butoirs fixes dd à chaque oscillation du système basculant ML, est mise elle-même en mouvement d'oscillation, et provoque la rotation du rochet o, en même temps que celle de la vis vv. Le jeu de cette fourchette est d'ailleurs assuré au moyen d'un galet porté par un ressort qui appuie, soit d'un cdté soit de l'autre, sur les plans inclinés d'une came angulaire adaptée à la tige de la fourchette /et qu*on aperçoit en t (fig. 1 et 8). Les boutons U (fig. 8), que Ton remarque fixés à la partie supérieure de la tige de la fourchette f, sont destinés à foire appuyer en temps convenable les pointes métalliques sur les feuilles de papier. A cet effet, ils réagissent sur un levier u adapté aux tiges rr dont nous avons parlé, et qui se termine par une tige-butoir x, sollicitée en sens contraire de l'action des butoirs dd par un ressort antagoniste en caoutchouc C'est ce levier u qui communique à la tige rr^k chaque action des butoirs d sur la fourchette f, le mouvement de bascule destiné à relever la pointe métallique; et c'est le ressort de caoutchouc adapté au levier x qui abaisse cette pointe. Gomme ce levier x bute contre le châssis du système oscillant, le mouvement de la pointe en question se trouve limité et rendu indépendant des petites variations qui pourrait entraîner sans cela le jeu de la roue o.

Dans la description qui précède, nous n'avons considéré qu'un seul système oscillant; or, nous avons vu que ce système était double, soit pour la réception, soit pour la transmission ; mais l'inspection de la figure 1 fait

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comprendre CetcUement que ce que nous avons dit pour Tun peut s'appliquer à l'autre. Nous ferons seulement observer que> comme ces mécanismes doivent fonctionner sous deux effet» mécaniques contraires, les dispositions sont toutes renversées : ainsi la vis i\ pour le mécanisme de droite, a son filet en sens opposé de celui de la même vis dans le mécanisme de gauche ; la pointe métallique est pour celui-ci en avant, tandis qu^elle est en arrière pour celui-là; enfin les curseurs vont de droite à gauche pour Tun, et de gauche à droite pour Tautre.

Si Ton a bien saisi cette description, on comprend facilement le jeu de i*appareil : quand le pendule marche vers la gauche (fig. 1 et 2) Je système oscillant M L incline vers la droite ; la pointe métallique de la partie gauche du transmetteur appuie sur la feuille argentée placée sur la surface cylindrique NN, alors que la pointe métallique^de la partie droite est soulevée ; au moment oii le pendule a atteint son écart extrême, le butoir d repousse la tige de la fourchette /, fait avancer la vis w d'une certaine quantité, et soulève la pointe métallique du tiansmetteur de gauche en même temps qu'elle fait abaisser la pointe du transmetteur de droite. H en résulte donc une série de frottements des pointes métalliques qui, si elles pouvaient laisser des empreintes continues, fourniraient une série de lignes éloignées d*une fraction de millimètre les unes des autres et couvrant une feuille de papier sur une largeur de 10 centimètres et sur une hauteur de 12 cenlU mètres. On comprend donc que si, dans cet espace, la feuille argentée d:i transmetteur est couverte par une dépêche écrite, il résultera du passage successif de la pointe de platine à travers cette écriture une série d'interruptions de courant qui, en raison de la disposition que nous avons décrite précédemment et du mouvement parfaitement synchronique des appareils aux deux stations, seront reproduites électro-cbimiquement à la station qui reçoit, par une succession de petites lignes fines et serrées, placées dans le môme ordre et dans des positions respectives identiques ; ce qui constituera le fac-similé de la dépêche écrite, comme on le voit fig. 15.

Nous avons dît que l'arc d'oscillation du système basculant M' L' (fig. 2) appliqué à la réception était de moindre étendue que celui du système basculant ML appliqué à la transmission. Cette réduction a été combinée au double point de vue de l'augmentation de la rapidité de la transmission et de Taccroisscment de l'effet électrique déterminé. Voici comment : si on admet que, pour rendre l'écriture suffisamment lisible, il faille que les lignes tracées par les pointes de fer soient écartées Tune de l'autre de 3/10 de millimètre, on comprendra aisément que si, par un moyen quelconque, on parvient à rapprocher ces lignes sur le récepteur, on pourra en

diminuer le nombre, et partant on gagnera du temps pour l'expédition de la dépôche. Or, ce résultat est fourni par la disposition que nous avons indiquée. En effet, si on maintient sur le récepteur l'écart de ces lignes à 3/10 de millimètre, ce que Ton obtiendra, je suppose, avec un robinet o de 42 dents (fig. i et 8), on pourra, en adaptant au mécanisme du transmetteur un rocbet de 10 dents, obtenir sur celui-ci un plus grand espacement des lignes, et, par conséquent, il en faudra un moins grand nombre pour couvrir la surface occupée par l'écriture. H est vrai que récriture à la station de réception sera un peu raccourcie, mais comme ce raccourcisse* ment a lieu dans deux sens, en raison de la moindre étendue du rayon d'oscillation de la pointe traçante, elle ne sera pas déformée et pourra être très-lisible; ce qui n'aurait pas eu lieu si les lignes avaient été aussi espacées que sur le transmetteur. Maintenant, comme faction du courant, qui ne change pas à la transmission, s'effectue à la réception sur un plus petit espace, elle devient plus énergique et peut fournir im même effet éleclro« chimique avec une source électrique moins intense.

La flgure il montre comment les pointes métalliques qui doivent fournir la transmission ou l'impression de la dépèche sont disposées sur le curseur de la tige rr ; c'est tout simplement un fil très-fin de fer ou de platine qui passe à travers un bec métallique et qui se trouve en provision de manière à être poussé au fur et à mesure de son usure. Ce bec est monté sur une lame de ressort r et se trouve soutenu par une palette m. La grosseur du fil métallique n'est pas indifférente, comme on pourrait le croire : il est absolument nécessaire qu'il soit très fin si on veut avoir des épreuves nettes et sans bavures.

D'un autre côté, la fig. 12 montre la disposition des pièces NN sur lesquelles doivent être placées les feuilles destinées à la réception et à la transmission de la dépêche : ce sont des portions de cylindres métalliques qui peuvent s'emboîter par leur partie inférieure entre deux petits rails de fonte convenablement adaptés sur la table XX (fig. i et 2) et qu'il suffit de foire glisser sous le châssis MM. Ces pièces doivent être en certain nombre, afin qu'on puisse préparer d'avance les dépêches et opérer promptement les substitutions. Ceux de ces espèces de tambours qui sont destinés à la transmission, sont recouverts en drap et portent deux lames de ressort qui servent à maintenir la feuille de papier argenté sur laquelle la dépèche est écrite : ils sont, bien entendu, plus grands que ceux destinés à la réception. Ceux-ci sont en étain et n*offrent d'ailleurs rien de particulier.

La figure 2 montre comment les bras B sont articulés aux pièces basculantes ML; l'un de ces bras est même détaché, parce que l'appareil est

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censé en transmission et qu'il est inutile de donner une double besogne au pendule.

Pour terminer avec l'appareil télégraphique, il ne nous reste plus qu'à nous occuper de la sonnerie représentée vue de profil en 8, flg. i, et vue de fàce, fig. 6. C'est un simple marteau adapté à une armature électro-aimut de Cecchi, qui peut fournir des coups distincts sur un timbre et qui fonctionne, bien entendu, sous Tinfluence de courants renversés. Cette sonnerie porte un petit bouton transmetteur z qui est relié avec les commutateurs F, F, de telle manière que la sonnerie ne peut fonctionner que quand la pièce m de ces commutateurs est mise en contact avec la pièce n. Cette disposition a été établie pour que les courants destinés aux avertissements ne troublent pas ceux destinés à l'impression des dépèches, et en même temps pour que la. sonnerie ne puisse pas fonctionner sous l'influence des courants de charge, comme cela est arrivé souvent à M. Caselli, avec les sonneries ordinaires. Le nombre des signaux nécessaires pour faire fonctionner les appareils étant très-restreint et se bornant à une vingtaine environ, M. Caselli a combiné un petit vocabulaire qu'il est très-fàcile d'interpréter, et qu'on peut facilement retenir. Maintenant Toici comment on fiiit usage de cette sonnerie : supposons qu'à l'une des stations on veuille demander Tarrèt de la machine et que cette demande soit représentée par trois coups sur le timbre; on appuiera le doigt sur le transmetteur z et, au bout de trois oscillations du pendule, les trois coups seront envoyés à la station correspondante, ce dont on sera prévenu, car les deux sonneries, étant interposées dans le même circuit, sonneront en même temps. On n'aura donc qu'à retirer le doigt après le troisième coup.

Chronomètre régulateur. — Dans son premier appareil, M. Caselli avait rendu le mécanisme destiné à régler le synchronisme solidaire de son télégraphe ; mais l'expérience n'a pas tardé à lui démontrer quMl valait beaucoup mieux le rendre indépendant et le placer dans les conditions ordi* naires de la chronométrie. Les appareils auxquels il s'est arrêté ne sont donc autre chose que de simples mécanismes d'horlogerie réglés par des pendules dont on peut modifier la vitesse au moyen du dispositif que nous avons représenté (fig. 3 et 4, pi. VII), et qui est aussi remarquable par sa simplicité que par le double rôle qu'il a à remplir. Ce dispositif qui doit servir d'interrupteinr de courant, consiste dans un levier a articulé en e sur lequel appuie un ressort r, que peut presser plus ou moins une vis de rappel micromémétrique v. Une vis e, qui peut être rencontrée à chaque oscillation du pendule par \m butoir b, peut être placée à distance convenable pour rendre les mouvements dû pendule plus ou moins libres ; mais par suite de l'effort

3i« TÉLÉGRAPHES AU rOGRAPHIQUES.

exercé par le ressort r, les deux arcs parcourus par le pendule à gauche et à droite de la verticale ne sont plus égaux, et il en résulte une variation dans la durée de Toscillation totale. En serrant ou en desserrant la vis v à r.une ou à l'autre des stations, on peut donc parvenir à mettre les pendules en accord de mouvement, et ce moyen de réglage est si sensible qu'on peut régulariser leur marche à un millième de seconde près. Ce résultat si avantageux a engagé M. Caselli à appliquer ce système au réglage des ho^ loges de précision. Voici maintenant comment le réglage des deux appareils peut être ^t, et comment il peut établir en même temps le synchronisme du mouvement des pendules télégraphiques.

Le courant de la pile de ligne que nous représentons en A (fig. 3) doit passer par la pièce d et la pièce a du chronomètre avant d'arriver aux électro«aimants £, E' qu'il doit animer. Encore faut-il qu'il passe par l'un ou l'autre des commutateurs F', F (fig. 2) et que la pièce mobile m ait mis en contact le ressort o (flg. 2) avec le butoir y qui est en rapport, par le fil 3, avec a (fig. 3). Ce dernier effet est obtenu lorsque le pendule est près d'avoir atteint son écart extrême, soit à droite, soit à gauche, car alors la pièce articulée à frottement dur I (fig. 2) vient pousser d'un côté ou de l'autre la pièce m. Dans ce cas, si le pendule du chronomètre régulateur ne réagit pas sur les pièces d ela (fig. 3), le courant est fermé dans l'un ou l'autre des électro-aimants £ et K, et le pendule du télégraphe se trouve maintenu écarté jusqu'à ce que celui du chronomètre régulateur, ayant accompli sa double oscillation, soit venu couper le courant, en soulevant la pièce a ; alors le pendule du télégraphe devient libre et peut accomplir son oscillation contraire jusqu'à ce qu'ayant rencontré l'autre électro-aimant, il se trouve de nouveau retenu écarté. Mais alors le pendule du chronomètre régulateur, en rompant de nouveau le courant, le rend libre à son tour, et les choses se renouvellent ainsi indéfiniment.

On voit que, par cette disposition, le mouvement du pendule télégraphique à chaque station, est forcément solidaire de celui du pendule du chronomètre régulateur correspondant, et, comme les deux chronomètres régulateurs peuvent avoir leur marche synchronique parfaitement réglée, ainsi qu'on Ta vu précédemment, le problème se trouve ainsi résolu. Dans [ la pratique pourtant, plusieurs conditions doivent être remplies. Ainsi, il

est essentiel que la fermeture du courant à travers les électro-aimants précède l'arrivée du pendule à ses écarts extrêmes, attendu que le même écart ne pourrait être atteint pendant longtemps si l'attraction des électro-aimants ne venait pas restituer continuellement de la force au pendule. C'est à cet effet que M. Caselli a fait opérer la fermeture du circuit sur les commuta-

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teurs F et F au moyen d*une pièce articulée à frottement dur. D'un autre côté» il est nécessaire que Tarrèt du pendule télégraphique» à ses écarts extrêmes» dure un certain temps, d*abord afin que la quantité de mouve* ment dont il est animé soit complètement perdue avant qu'il raprenne son oscillation inverse; en second lieu» pour que son départ s'opère toujours dans les mêmes conditions» et enfin pour qu'on puisse prendre sur ces temps de repos Taccélération ou le retard de la marche de Tappareil.

Pour obtenir ce temps d'arrêt des pendules télégraphiques il semblerait» h première vue, que le mouvement des pendules chronométriques devrait être plus lent que celui des pendules télégraphiques; mais il n'en est pas ainsi» car la force attractive des électro-aimants £, F accélère considérablement» aux extrémités de leur course» la marche de ces derniers pendules, et il faut au contraire que ceux-ci marchent un peu moins rapidement que les pendules chronométriques.

La bonne réussite des épreuves électro-chimiques dépendant de la stabilité'des effets électriques» et ces effets étant différents par suite des variations de la vitesse du pendule pendant son oscillation» M. Caselli avait, dans Torigine, cherché à uniformiser, au moyen d'un systttne de leviers combinés, sinon le mouvement du pendule, du moins celui des pièces conduites par lui et destinées à la transmission. Mais en y réfléchissant plus sérieusement» M. Caselli n'a pas tardé à s'apercevoir que cette plus grande vitesse du pendule au milieu de son oscillation» loin d'avoir des inconvénients» pouvait avoir, au contraire» des avantages en diminuant le temps des fermetures du circuit de ligne au milieu de chaque trajet des pointes métalliques. A cette époque de la transmission, en effet» la ligne se trouve plus chargée qu'au commencement» et si les actions électriques avaient toujours la même durée» elles seraient plus fortes au milieu de la dépêche .'qu'aux extrémités et» par suite, le fac-similé produit n'aurait pas une teinte uniforme; mais par suite du mouvement plus accéléré des pointes traçantes en ces moments» cet inconvénient disparaît, et Tuniformitcde l'action électrique se trouve ainsi obtenue sans aucun frais.

Comme c'est la pile de ligne qui anime les électro-aimants E, E'» ainsi qu'on Ta vu précédemment, il en résulte que son action sur la ligne, pour la transmission des dépêches, ne peut se manifester pendant le temps entier de Foscillation du pendule télégraphique. Par conséquent, le travail utile des pointes métalliques ne s'effectue que sur un arc plus petit que celui qu elles accomplissent réellement; c'est pourquoi la largeur de la dépêche, au lieu d'avoir 10 centimètres» comme nous l'avons dit précédemment» ne peut avoir» par le foit» que 8 centimètres 1/2 : mais cette circonstance n'a

^\^ TfiUËGlIAraBS AUTOGRAPHIQUES.

rien de défavorable, car elle permet le réglage du sjrnchronisiney conune on le verra à ririBtant.

11 nous reste maintenant à examiner comment on peut établir le synchronisme de marche des appareils à des stations éloignées l'une de Tautre. Pour y parvenir, la feuille de papier argenté sur laquelle la dépêche doit être écrite est pourvue de trois raies ad, be, ef{Ûg. 113), tracées à l'encre, comme on le voit ci-dessous. La première raie ad sert de ligne de repère pour placer lA pointe de platine du transmetteur, mais les raies be et ^^limitentcomplé-

Fig. 113.

tement le champ de la dépêche, c'est-à-dire que tout ce qui serait écrit en dehors de la surface be ef ne pourrait être reproduit à la station qui reçoit On place cette feuille sur le récepteur et, après les avertissements convenables, on met les appareils en train aux deux stations; ce que Ton ftdt en déclanchant les pendules télégraphiques qui, en temps de repos, doivent toujours être en contact avec l'un ou l'autre des électro-aimants E, B*. Comme les raies be fc représentent les limites extrêmes du champ électrochimique, il devra nécessairement arriver, si les appareils ont un -mouvement synchronique parfait, que ces ligues ne seront pas reproduites à la station qui reçoit : mais, par contre, s'il y a discordance dans la marche de ces appareils, Tune ou Tautre devra apparaître et, suivant que ce sera celle de gauche ou celle de droite qui se montrera, on se trouvera averti si on doit retarder ou accélérer la marche du pendule chronométrique de la station de réception.

Comme il est important, pour ne pas perdre trop de temps au réglai des appareils, que les pendules télégraphiques soient mis en mouvement ou arrêtés en temps opportun, M. Caselli a adapté au levier renclancheur U (ûg. 2) un interrupteur P, et dispose ce levier de manière à produire deax effets différents, suivant qu'il est plus ou moins abaissé. S'il est peu abaissé, lé pendule se trouve suffisamment accroché pour rester à la limite extrême àe sa course ; mais le circuit ne se trouvant pas coupé, tes électro-aimants E,E'

TÉLÉGRAPHES AUTOORAPfllQUBS. 315

continuent à s'animer à chaque fermeture du courant opérée sur le ehfono« mètre régulateur, et il en résulte une série de petits battements gui peuvent avertir du moment où le pendule du chronomètre abandonne le levier a (fîg. 3). CTest bien entendu au moment des attractions qu^l fout déelancher le pendule télégraphique quand on veut transmettre une dépêche. Quand maintenant le levier U (âg. 2) est complètement abaissé, il produit en P une interruption définitive du courant, et l^&ppareil est désormais complète* ment inactif. C'est ce qui doit arriver quand on ne transmet pas.

Avec la disposition actuelle du système télégraphique de M. Caselii le sens de Toscillation des pendules, par rapport aux dépêches transmises, est indifférent; car l'écriture se trouvera toujours reproduite soit sur l'un soit sur l'autre des cylindres des deux récepteurs.

Dispositian ginirale des appareils, — Les figures î et 5, pi. Vn représen tent deux stations en correspondance télégraphique; les fils de communication sont indiqués par des lignes pointillées, et c'est Tappareil de la flg. 2 qm transmet. A cet effet, la manette Q d'un commutateur fixé sur Tappareil télégraphique établit la communication entre la ligne et le système basculant ML, qui est isolé du bâti en fonte de l'appareil. Or nous allons voir maintenant ce qui arrive quand Tappareil est mis en marche, et, pour commencer, nous supposerons que la pointe mélallique R soit sur une partie encrée de la feuille d'argent.

En ce moment, et avec la disposition du pendule sur la figure, le courant de la pile A (fig. 3) passe à travers la ligne en se réunissant à celui de la pile B, car il passe du pôle + au bouton d'attache n* 2 du chronomètre régulateur et de ce bouton au câble conduisant à l'appareil télégraphique ; ii arrive à la manette Q (fig. 2) par la plaque sur laquelle celle-ci appuie et de cette manette au contact p, puis à la pièce articulée m, au contact p\ à la pièce m', et il rentre de là dans la ligne L, passe à travers les piles B et B' (fig. 3 et 4), et arrive à l'appareil de réception ; il traverse ensuite le bouton L du chronomètre régulateur (fig. 4), le câble allant de cet appareil au télégra- i

phe (fig. 5), la pièce m", le contact p% la pièce m', le contact p", et enfin le ^

système basculant M'L'. Là il produit Timpression sur le papier chimique, V

puis traverse ce papier, passe par le métal du bâti de fonte de Tappareil qui est en contact métallique avec le tambour du papier chimique, rentre dans le câble de l'appareil télégraphique par le fil T, et va en terre par le bouton T du chronomètre régulateur de cette station. Il revient alors au bouton T du chronomètrerégulateurderappareiltransmetteur(fig. 3), retourne parle câble .de cet appareil à la sonnerie sans la faire fonctionner, puisque c'est le pendule qui a seul ce pouvoir, et de là au fil n* 1 , qui correspond au pdle négatif

delapile A par rintermèdiaire du bouton 1 du chronomètro régulateur.

Supposons maintenant que la pointe métallique R du transmetteur (fig. 2) ^it sur la partie métallique de la feuille argentée. Le courant de la pile A ira au bouton 2 du cbronomètre régulateur de Tappareil, à la plaque de Tintçrrupteur Q, et de là dans le système oscillant du transmetteur, traversera le. papier argenté, le métal du bâti de l'appareil, rentrera dans le câble par le fil 1 et regagnera la pile A par le bouton i du chronomètre régulateur : aucun courant ne passera donc dans la ligne, et les piles B et B', produiront Teffet que nous avons analysé page 304,

Admettons actuellement que le pendule de Tappareil télégraphique qui transmet soit à l'extrémité de son oscillation de gauche. En ce moment, la pièce m sera en contact avec n et o, et communiquera avec y. Le courant 4e la pile A ira du bouton 2 du chronomètre régulateur à la pièce d de ce même appareil, puis à la pièce a; de là au fil n» 3, reviendra par le cable en y, puis en o, puis dans Télectro-aimant £, et retournera à la pile par le b&ti de l'appareil, le fil de la sonnerie correspondant à T, le fil 1 du càble et le bouton 1 du chronomètre. En même temps, le circuit de ligne sera coupé par la disjonction de la pièce m et du contact p. L'électro-aimant E sera donc actif jusqu'à ce que le contact du levier a avec (2 (fig. 3) soit détruit par l'action du pendule de ce chronomètre sur le levier a. Il en serait de même pour l'oscillation de droite du pendule télégraphique, car le fil 3 se bifurque entre les deux commutateurs F, F

Enfin, admettons qu*on appuie le doigt sur le bouton transmetteur de la sonnerie à la station (fig. 5) et que le pendule télégraphique soit comme précédemment à l'extrémité de son oscillation de gauche; le courant arrivera à l'appareil par le fil L, ira de là à la pièce m' puis au contact p', à la pièce m au contact n, puis au contact n\ au commutateur de la sonnerie, à l'électro-aimant de cette sonnerie, puis au fil de terre T. Un coup sera donc frappé sur le timbre, et ce coup se renouvellera à chaque oscillation double du pendule A, si Ton maintient le doigt appuyé sur le bouton transmetteur de la sonnerie de l'autre station; mais le courant sera renversé à chaque coup à travers celle-ci, par la bascule de son commutateur.

Comme c'est le courant de la pile de ligne qui doit animer les électro-aimants E, E', ceux-ci ont dû être recouverts d'un fil fin de grande longueur.

Préparation et disposition des feuilles destinées à la transmission et à la réception des dépêches autographiées. — La préparation' électro-chimique du papier destiné à recevoir l'impression des dépêches a occupé longtemps M. Caselli. Après bien des essais, il en est revenu cependant à la préparation au cyanure de potassium, mais dans les conditions dont nous avons

parlé, page 138, tome II. Nous ajouterons qu^en layant avec soin 1^ bandes ainsi imprimées, on a pu rendre les dépêches beaucoup plus nettes qu*au sortir de Tapparei], par suite de la dissolution des sels colorés bordant les traces électro-chimiques, et qui forment autour d'elles des bavochures.

Les feuilles métallisées propres à transmettre les dépêches avaient été, dans l'origine, préparées par M. Gaselli d*une manière particulière : on prenait des feuilles de papier blanc sur lesquelles on appliquait à la presse une légère couche d^argent en feuilles, et on avait soin de laisser do larges marges découvertes. Depuis, on a eu recours à des feuilles de cuivre argenté, et finalement, à de simples feuilles d'étain collées sur du gros papier. L'encre employée pour récriture de la dépèche n*a pas besoin d'être parfaitement isolante; il faut même qu'elle ne le soit pas trop pour maintenir Ht ligne toujours un peu chargée. L'encre ordmaire au gallate de fer est celle qui donne les meilleurs résultats, surtout quand on y ajoute un peu de gomme. Les traits doivent être fortement accusés et aussi écartés que possible les uns des autres. Enfin la feuille d'étain ne doit être ni pliée ni chiffonnée, et sa surface doit être exempte de taches ou d'empreintes grasses, qui, bien qu'invisibles, se reproduiraient en teintes bleues sur le papier électro-chimique.

Avant de placer la feuille d'élain sur le plateau, on la frictionne vivement avec un tampon gras, ce qui nettoie le métal et facilite le passage de la pointe de fer sans cependant empêcher son contact avec Tétain. Ce graissage qui a été la conséquence de la mise en pratique de ce genre d'appareils, a Mt disparaître les accidents assez nombreux résultant de l'inégalité de la surface métallique, des étincelles, des bnllures de l'encre^ etc. Quant aux feuilles elles-mômes, elles doivent porter, ainsi que nous Tavons déjà dit, trois raies faites à l'encre, et en outre, dans quelques cas particuliers assez rares, une série de raies parallèles très-fines, tracées à la gomme laque perpendiculairement au sens que doit avoir récriture. Ces dernières raies peuvent jouer un râle important dans les transmissions sur de très longues lignes télégraphiques, et voici à quelle occasion M. Caselli s'est trouvé conduit à imaginer ce moyen. Ce savant avait remarqué que, sur les dépêches transmises à travers des lignes très-longues, la partie supérieure des lettres dépassant le corps de l'écriture ne se reproduisait pas toujours très-bien, alors que le corps de récriture était irréprochable. Après avoir étudié avec soin la cause de cette anomalie, il ne tarda pas à reconnaître qu'elle devait être attribuée aux effets de charge de la ligne. On comprend, en effet, que si une émission de courant à travers une ligne un peu longue et faite pendant un temps très-court, la ligne a le temps à peine de se charger, et il peut arriver que

318 TÉLÉGRAPHES ÂUTOGRAPHIQUES.

rintensitè électrique ne soit pas assez forte pour produire Faction chimique voulue. Mais si plusieurs émissions de courant se succèdent à des interva^es de temps trës-rapprochés, la ligne n'a plus le temps de se décharger, et la charge primitive produite par une première émission de courant sert à renforcer l'action de celui-ci lors d'une deuxième émission. Or, ces effets doivent nécessairement se produire dans la transmission d'une dépèche écrite, car les traits qui dépassent le corps de l'écriture ne fournissent que des émissions de courant de très-faible durée, qui ne se renouvellent pas à des inte^ valles rapprochés, tandis que le contraire a lieu pour le corps de récriture. C'est pour placer ces traits dépassant récriture dans des conditions analogues à celles du corps même de récriture que M. Caselli s'est trouvé conduil à fiiire tracer les lignes à la gomme laque, dont nous avons parlé» et qui peuvent d'ailleurs être écartées de 6 ou 8 millimètres. Il est vrai que ces lignes se trouvent reproduites sui* le papier électro-chimique; mais elles sont très-peu apparentes et la dépèche n'en est pas moins lisible.

Yitesie de transmission de fappareil Caselli. — La vitesse de transmission qu'on peut obtenir avec l'appareil Caselli dépend de la longueur parcourue par lu pointe traçante du transmetteur dans im temps donné, de l'espacement des lignes, de la finesse des traits de récriture et de la longueur du circuit.

Dans la disposition actuelle des instruments, la longueur de chaque ligne décrite par la pointe traçante est de 111 millimètres. Cette ligne étant parcourue en deux tiers de seconde, des traits de un demi-millimètre d'ëpaisaeur, se suivant à un intervalle à peu près égal, peuvent se reproduire assez nettement sur une longueiu de circuit de 500 kilomètres. La durée du cou-

tact| dans ces conditions, est donc de ^ de seconde ou 0',003; mais dans

la pratique^ cette vitesse de transmission est loin d'être atteinte, et la vitesse moyenne de transmission siu* la ligne de Paris à Lyon a été calculée à raison de 33 dépèches à l'heure. Sur une ligne plus longue, cette vitesse serait naturellement beaucoup moindre dans les mêmes conditions d'écriture; mais avec une écriture plus grosse et plus tassée elle pourrait être augmentée. t)*après cela, on pourrait conclure que les appareils devraient être réglés suivant les longueurs des lignes et la nature du travail qu'on demande à ces appareils. Or ce règlement peut être obtenu par l'agrandissement ou la réduction de Tamplitude de l'arc d'oscillation de la pointe traçante du trans* metteur. Si l'écriture est grosse ou si le circuit est court, l'arc d'oscillation pourra être augmenté avec avantage, car la plus grande quantité d'émissions de courants qu'entraînera la dépèche qui sera alors plus longue, sera com-

TSLÉ0RAPHE8 AUTOQRAPHIQUE0. m

pensée par la plus grande durée de l'action éleoirique ou par s<in effet plus prompt Au contraire, si le circuit est long ou que récriture soit fine» Tare devra être réduit pour fournir dans le même temps un moins grand nombre de contacts. Toutefois, comme des appareils aussi compliqués ne peuvent être ainsi réglée, il fout établir un type moyen qui puisse le mieux a^adapter aux difiérentea sortes d'écritures et aux différentes longueurs de lignes, et le type moyen adopté par M. Gaselli paraît être le plus convenable» Nous faisons cette réflexion parce qu*on avait dit, à une certaine époque, qu'on . pouvait doubler la vitesse de Fappareil Gaselli en augmentant du double TampUtude de Tare d'oscillation de la pointe traçante; mais ceci ne peut être avancé que quand on pose, comme données du problème, la longueur de la ligne et la grosseur de l'écriture.

Avantages du système télégraphique de M. Catellù -* Tout le monde sait que M, Gaselli a obtenu avec son télégraphe des épreuves admirables de netteté, et qu'il estmême parvenu à reproduire des dessins faits à la plume avec un aspect plus attrayant que les originaux, en raison du moelleux des traits électro*chimiques qui ont un peu l'apparence des traits de la gravure à la molette. U a pu même obtenir des dessins diversement coloriés (1). Sa vitesse maximum de transmission est, comme nous l'avons déjà dit, de 75 lettres par minute, ce qui peut fournir 40 dépêches à Theure: mais son avantage le plus grand est que, par suite de sa disposition, les mélanges accidentds qui se manifestent sur les lignes et qui sont si désastreux pour les transmissions télégraphiques ordinaires, deviennent à peu près insignifiants. Il ne peut, en effet, en résulter que la superposition de quelques traits

(i) Pour obtenir ces coloralioiu différentes, M. CaselU a employé un moyen analogaé à celui de la peinture sur étoffe. Gomme la couleur des tnicei électro-chimiqoes obtenues par les moyens en question dépend de la nature métallique de la pointe traçante et de la solution qui a baigné le papier destiné à les receroir, on peut, en variant cette pointe et ces solutions et en faisant repasser plusieurs Ibis la feuille à travers le récepteur, obtenir des traits avec telle couleur que Ton désire. Il faut seulement pour cela, autant de types de transmission que de couleurs à imprimer. Ainsi, au poste de départ, le dessin est tracé sur plusieurs feuilles de papier d'étain dont chacune donne les parties correspondantes à une couleur déterminée du dessin; à Tautre station, à la fin de chacune des transmissions, on remplace la pointe on on humecte le papier d*uiie dissolution différente, et la superposition de ces diverses impressions fournit le dessin avec ses eolorations différentes. On a transmis de cette maaldre des flenrs préseiitant des teintes bleues, roses et vertes bien accentuées. On ne doit voir cq)endant dans ce résultat qu'un si^et d^expériences curieuses sans aucune application pratique»

320 TÉLÉGRAPHES AÙT0GRAPHIQUE8.

étrangers à la dépêche ou Tafi^siiblissement de quelques parties des lignes qui la composent; ce qui n'empêche pas la dépèche d'être toujours lisible et un dessin d'être fidèlement reproduit. Un feit de ce genre s'est produit lors des expériences entre Amiens et Paris, et alors qu'on transmettait un portrait de l'Impératrice Eugénie. Le mélange s'était produit avec une ligne sur laquelle oh expédiait une dépêche en langage Morse. Le portrait a pu être néanmoins reproduit fidèlement; mais on distinguait dans certaines parties plusieurs signaux Morse qui résultaient du mélange. Lors de leur service entre Paris et Lyon, les appareils de M. CaselU ont pu f<mc-> tionner sans trouble sur une ligne sillonnée par des courants atmosphériques très-intenses, et alors que les appareils Morse ne pouvaient pas fonc- ' tionner du tout.

Modiftcatlons de l'appareil CaselU. — En 1863, un traité fut conclu entre M. Gaselli et l'administration des lignes télégraphiques françaises pour l'introduction de son appareil dans le service télégraphique, et une loi fut même votée à cette occasion par le Corps législatif pour la taxe de ces sortes de dépêches, taxe qui devait naturellement être plus élevée que celle des dépêches ordinaires. On peut voir dans l'intéressant ouvrage de M. Etiénaud sur l'histoire administrative de la télégraphie en France, les différentes circonstances qui ont amené cette décision. Toujours est-il que cet appareil fut installé au bureau central de l'administration, dans un local spécial, et fit pendant plusieurs années le service entre Paris et Lyon* Puis, comme ce service n'était pas assez actif pour compenser les frais qu'il entraînait, on le supprima, et nous ne voyons pas qu'on soit actuellement dans l'intention de le reprendre. Nous en avons donné les raisons au commencement de ce chapitre.

Pendant le temps de son fonctionnement, plusieurs personnes, et entre -autres M. Lambrigot fonctionnaire de l'administration, ont cherché à le perfectionner, et on lui a fait subir de notables changements. Je ne sais jusqu'à quel point ces changements lui ont été profitables, car leur importance a du moins été contestée par M. Caselli. Toutefois parmi tous ces perfectionnements, il en est deux que Ton peut considérer comme impor* tants au point de vue pratique; Tun se rapporte à la disposition du style de réception, l'autre à la reproduction des dépèches sur papier métallique pour la réexpédition.

!«' Perfectionnement. — En raison de la finesse extrême des fils d'acier qui fournissent la reproduction électro-chimique de la dépèche, les styles de réceptions^usent très<-vite, et on était obligé de les changer très-souvent, ce qui était un inconvénient très-grand. Au moyen d'un dispositif très-simple

1ÉLËGRAPHE8 ÂUTOGRÀPHIQUES. Hi

imaginé pdr M, Làmbrigot, on n'a plus à s'occuper de ces pointes» car le m d'acier se trouve avancé au fur et mesure de son usure.

Ce dispositif consiste dans une roue à rochet dentée très-fineolent, qui est adaptée au bout du ressort porte style et qui porte sur son axe un petit cylindre formant laminoir avec un autre cylindre porté par un second ressort. Le fil passe entre ces deux cylindres et à travers un petit trou pratiqué dans le ressort replié du porte style, lequel trou lui sert eh quelque sorte de guide pour le maintenir en position convenable sur le papier. Le diamètre de là roue à rochet est calculé de manière que la pointe appuyant convenablement sur le tambour du récepteur, cette roue puisse rencontrer celmi-d en même temps que la pointe, et être sollicitée, par suite des allées et des venues du porte style, à accomplir un mouvement saccadé de rotation. Tant que la pointe d'acier n'est pas usée, le mouvement qui tend à être commnniqué au rochet se trouve annulé; mais quand cette pointe est cmoussée, ce mouvement en se produisant, fait tourner le laminoir qui repousse le fil jusqu'à ce pie la roue à rochet se trouve de nouveau arrêtée.

2« PerfeciionnemenU — Au moment où ce perfectionnement a été découvert, les relais rapides laissaient beaucoup à désirer, surtout quand on lés appliquait aux tél^raphes autographiques. Les essais qui en avaient été foits avec le télégraphe Caselli avaient été tellement peu satisfaisants qu'on avait dû y renoncer, et on devait saluer avec beaucoup de satisfaction toute, découverte qui pouvait permettre de transmettre à toute distance les dépèches écrites. Aussi, quand M. Lambrigot trouva le moyen de pouvoir reexpédier les dépèches, fit-on beaucoup de bruit de cette invention. Aujourd'hui elle a un peu perdudesonimportance,depuisles relais d'Arlincourt qui ont permis d'envoyer de Paris à Marseille, à travers un circuit de 1200 kilomètres, des dépèches autographiées parfûtement correctes. Néanmois la découverte dont nous parlons a son intérêt à un autre point dé vue comme nous le verrons à l'instant.

Le moyen employé par M. Lambrigot pour obtenir la réexpédition dei dépèches consiste à appliquer le papier imprégné de cyanure de potassium sur une feuille d'étain, et, quand la dépèche est expédiée, de plonger cette feuille d'étain dans un bain composé d'une décoction de noix de galle légèrement acidulée avec de l'acide nitrique. La dépèche apparaît alors sur rétain écrite en encre blanchâtre, et cette encre est suffisamment isolante , pour fournir une nouvelle transmission quand on place la lame d'étain sur Fappareil transmetteur. Cet effet résulte de ce que, sous l'influence do l'hydro» gène dégagé sur la lame d'étam au point qui fait face à la pointe traçante, la légère couche d'oxyde qui existe à la surface de cette lame se trouve m 21

m TÉLÉGRAPHES ÀUTOGRAPHIOUBS.

réduitç, et le métal est mis à nu. Or Tacide gallique en attàqaant seulement les parties du mental ainsi mises à nu, formé au-dessus d^elles un gaUo-tan- ^ate d'étain; qui est im composé blanchâtre stable apsez adhèrent et qui reproduit ainsi les différents caractères de récriture. Cette reproduction de récrituriB sur l'étain peut être aisément obtenue en hoir, en plongeant la feuille d'étain dans une dissolution d'un sel de protoxyde de fer.

Le cyanure de potassium dont est ûnprégnée la feuille de papier facilite Taction du courant sur le plateau d'étain, mais il n'est pas indispensable. On peut substituer ^ cette feuille une autre feuille simplement mouillée avec de Teau, et le phénomène se reproduit, ce qui montre que c'est bien à Taction de l'hydrogène qu'on doit Tattribuer.

La copie de la dépêche ainsi reproduite sur la feuille d'étain est beaucoup plus nette que l'épreuve obtenue sur le papier chimique; les bavures disparaissent, et les colorations accidentelles ne sont pas visibles en général. IL Blavier âssUre même que quelquefois des dépèches presqu^illisibles sur 4>àpier ressortent bien marquées et bien nettes sur rétmn. Aussi a*t-on été -conduit à conserver dans les bureaux, comme épreuves de contrôle, la feuille de papier électro-chimique et à livrer aux destinataires la feuille d'étain portant en noir le fac'^simile de l'original avec lequel on pourrait presque le confbndre*

Quoiqu'on ait pu dire des avantages dé cette découverte au point de vue de la réexpédition, nous croyons que le résultat le plus important est de fournir une double reproduction de la dépêche, qui permet,, de cette manière, jde conserver au bureau de l'administration une épreuve de contrôle, laquelle pourrait être utile en cas de contestation.

. Parmi les autres perfectionnements ou modifications regardées comme telles, nous citerons la suppression de la pile de décharge, dont la combinaison avait demaiidé à M. Caselli tant de recherches et d'études. Nous avons déjà vu que M. Blavier, dans. son traité de télégraphie, justifie cette suppression, prétendant que, d'après les lois de la transmission électrique, cette pile, placée au poste de réception, n'a d'autre effet que d'affaiblir, sans qu'il en résulte aucun avantage, Tintensité des marques laissées sur le papier chimique, et l'on sait qu'il s'appuie, pour soutenir cette opinion, sur ce M que pour augmenter ou diminuer l'intensité d'un coùrantd'une quantité don- ^ née à l'extrémité opposée d'un conducteur, il faut le même temps, soit qu'un courant permanent traverse le fil de ligne, soit que ce courant soit supprimé. Ce qui est certain, c'est que les dépêches, par suite de la suppression de la pile de décharge sont devenues plus colorées sinon plus nettes, et qu'en somme les résultats ont été meilleurs. On se borne quand les traits

TÉLÉGRAPHES AUT0GRAPHIQUB8, 323

s'allongent au poste de réception» ce qui indique une décharge insuffisante du conducteur, à produire une dérivation artificielle au moyeu d'une bobine de résistance faisant communiquer le fil de ligne avec la terre, et quand au poste de départ on observe des étincelles dues au courant de retour, on ajoute au circuit une bobine de résistance qui diminue l'intensité de ce courant et empêche les étincelles de se produire. D'un autre côté, on a voulu simplifier la construction de l'appareil en supprimant un des côtés et en y substituant un commutateur ayant pour effet de changer à volonté le transmet* teur en récepteur, et réciproquement. Cette substitution a eu pour effet, de rendre inutile la disposition réduite que M. Caselli avait donnée aux cylin« dres des récepteurs et dont nous avons expliqué page 309 la raison d'être^ mais il ne parait pas que cette modication ait eu des inconvénients sensibles. Enfin pour éviter les contacts multipliés de la sonnerie que nous avons décrite page 311 et qui pouvaient nuire aux communications électriques, on Ta remplacée par une sonnerie électrique ordinaire à coups isolés.

On a aussi substitué aves avantage aux fils de platine des styles trans* metteurs des fils d'acier ou des ressorts terminés par de très-petits galets <le platine. Ceux-ci, en raison de leiur plus grande rigidité, ont l'avantage de fournir des transmissions plus nettes et plus régulières.

Si l'on joint à ces perfectionnements quelques améliorations dans les appareils destinés à la préparation des feuilles électro-chimiques, entr'autres riniroduction d*un séchoir à boule d'eau chaude chauffée par un réchaud à ga2 et un rouleau de friction en drap disposé comme les rouleaux d'imprimerie pour absorber le gros de l'humidité des feuilles, on aura à peu près une idée de l'état de l'appareil Caselli, au moment de son application défi* nitive sur la ligne de Paris à Lyon (i).

Télé||fi*aplie «ato|(rafique de M. d'ArlIncoart. -* L'une des plus jolies solutions du problème de la télégraphie autographique électro-chimique est bien certainement le système combiné par M. d'Arlincourt; son petit volume, sa simplicité et les mécanismes ingénieux qui assu* rent le synchronisme des mouvements des appareils en correspondance, en font une invention d'autant plus heureuse, qu'en lui appliquant son relais rapide, M. d'Arlincourt l'a rendu apte à fonctionner à toute distance, comme l'ont prouvé les expériences faites en 1872, entre Paris et Marseille.

(i) La pile de la ligne employée pour* ce service se cotnposaît de 430 à ISO éléments Callaud (grand modèle) et la pile locale de 36 à 40 éléments a sulfate de menure inodèle ordioaire.

324 TÉLÊGRÀI^HfiS ÂUtOGKÂPfllOtJES.

Uappareil, sauf le relais qui constitue une pièce à part, est simple et renferme en lui tous les piécanismes qui doivent le faire fonctionner ; il est transportable comme iln télégraphe Morse ordinaire et n'a besoin d'aucune installation particulière. Comme tous les appareils de ce genre il se compose de deux systèmes mécaniques principaux» d'un système dit autogrù" pMque qui constitue à volonté le récepteur ou le transmetteur, et d'un système régulateur dâi synchronisme dont les fonctions soiit doubles. Leâ figures \, 2 et 3, pi. YI^ le. représentent vu en plan et en élévation sur ses deux

Système autographique. — Cette partie du système, comme celle du télégraphe de M. Backwell et de plusieurs autres, a pour organes principaux un cylindre ou rouleau métallique y, ilg. i et % sur lequel s^enroule le papier chimique qui doit recevoir la dépèche ou le papier métallique qui doit la transmettre, et un chariot z mobile sur une vis sans fin g' qui porte le style traçant. Ce cylindre y et cette vis g' tournent avec ime vitesse dfférente sous rinfluence du mécanisme moteur, et de telle manière que le style puisse laisser sur le cylindre une trace hélicoïdale à pas très-serré qui, une fois développée sur une surface droite, représente les traits parallèles décrits par les allées et venues de la pointe traçante dans le système de M. CaseUi.

Cette partie du système de M. d'Arlincourt n'a d'ailleurs rien de nouveau ni de particulier, sauf le mouvement saccadé du cylindre y quand l'appareil est transmetteur, mouvement dont nous expliquerons à Finstant la raison d'être. Ce cylindre, du reste, peut se déplacer aisément pour tendre les feuilles destinées aux dépêches ; on en a plusieurs exemplaires, et ils sont un peu différents suivant qu'ils servent à la transmission ou à la réception. Ils portent en un point de leur surface une plaque isolante ou couvercle 7 (flg. 4 et 5) qui est plus étroite pour les cylindres transmetteurs que pour les cylindres récepteurs. Pour ouvrir ce couvercle on écarte une petite queue en cuivre qui est sur le côté du cylindre et qui ferme comme un verrou ; on introduit les deux bouts opposés de la feuille de papier dans la fente, et, après l'avoir tendue, on ferme le couvercle.

Gomme le chariot du porte style peut se dégager facilement de la vis g* quand on le soulève, il est facile de placer le style traçant en tel point du papier qu'il convient.

Système régulateur du synchronisme. — Ce système, comme nous l'avons dit, réalise le but qu'on s'est proposé par une double fonction^ Tune qui règle le synchronisme de marche du rouleau transmetteur et du rouleau récepteur pendant une période donnée^ mais en partant toujours d'un point de repère fixe ; l'autre qui rend les mouvements du moteur parfeitement

TËLËGBAPHES AUTOGRAPBIQUES. 825

isochrones» Ainsi le cylindre du transmetteur après chaque rëyolution sur lui-même se trouve arrêté, et n'est remis en route que quand son correspon- <lant est arrivé exactement dans la même position. C'est un premier réglage •qui assure le synchronisme de marche des deux appareils à chaque révolution des cylindres, et le second réglaflce, qui n*a en somme d'autre fonction -à remplir que de rendre les mouvements uniformes, s'effectue par un moyeu ^inalogue à celui des horloges, chronographes et autres appareils de ce genre» seulement dans de bien meilleures conditions comme on va le voir à rinstant.

La pièce principale de ce dernier système de réglage est une sorte de long diapason fixé sur un support en fonte en arrière do Tappareil, et qui .est constitué par une tringle d'acier de petit diamètre repliée sur elle-même et pincée à sa courbure dans une espèce d'étau que soutient le support. C'est lui qui surmonte la fig. 1, et les deux boules que Ton distingue sur ses 'branches servent à régulariser la rapidité de sa vibration. La branche k de ce diapason est conduite par le dernier mobile du mécanisme moteur et se trouve forcée d'accomplir, comme la lame vibrante de l'appareil Hughes, des Vibrations circulaires qui, en réagissant sur la branche libre, met celle-ci en mouvement. Comme dans un diapason les vibrations sont isochrones, il arrive que, quand toute la masse de celui-ci est en mouvement, les petites irrégularités de marche du mécanisme moteur qui tendraient à ralentir ou à -accélérer ce mouvement, sont immédiatement combattues ; car la branche libre qui vibre sans obstacle tend sans cesse à ramener à Tunisson la branche en prise avec le mécanisme moteur de Tappareil; elle agit donc comme un compensateur de mouvement, et son rôle est très-utile, car l'expérience a .montré à M. d'Arlincourt qu'en son absence, l'uniformité de marche de l'appareil laissait beaucoup à désirer. Il Haut toutefois, pour que ce bon effet se produise, qu*il n'y ait pas une trop grande différence de vitesse entre les mouvements des deux branches.

Pour obtenir le réglage du synchronisme par le système dont nous avons -parlé, c'est-à-dire pour faire coïncider les révolutions des cylindres récepteur et transmetteur dont l'un, le cylindre transmetteur, se trouve seul périodiquement arrêté, il fallait : i* qu'à chaque tour accompli par le cylindre -récepteur, une action électrique déterminée par lui pût être transmise au transmetteur arrêté de la station en correspondance ; 2* que cette action électrique ei^t pour effet de déterminer instantanément le départ de celui-ci avec une vitesse initiale exactement égale à celle qu'il aurait conservée s'il ne s'était pas arrêté ; 3« que le retard occasionné par Tarrêt périodique du transmetteur fut compensé par une vitesse plus grande communiquée au

826 TÉLÉGRAPHES AUTOGRAPfilQUES.

cylindre transmetteur. Oomme l'appareil devait être à la fois récepteur et transmetteur^ il fallait en outre que les dispositions électro-mécaniques appelées à fournir ce système d'arrêt et cette vitesse plus grande, pussent être modifiées aisément et d'un seul coup quand Tappareil passait de la transmission à la réception. Tous ces problèmes ont été résolus par l'emploi de deux mécanismes moteurs disposés de manière à agir conjointement ou séparément suivant les circonstances, et à effectuer leurs fonctions sans que Faction mécanique exercée sur le diapason fut jamais arrêtée.

Pour obtenir ce résultat, Tun des mécanismes commandé par le barillet e (fîg. 1 et 2) est affecté spécialement au mouvement du diapason et produit son effet par Tîntermédiaire du pignon B et des roues m et l; il se trouve, en conséquence, régularisé par lui comme nous Tavons indiqué plus haut. En même temps il peut faire tourner, sous certaines conditions, le rouleau y et la vis g' qui font partie du système autographique proprement dit. L'auiie mécanisme moteur commandé par le barillet / réagit directement sur le système autographique par Tintermédiaire des roues i, h, g, mais il est relié an premier mécanisme par un encliquetage qui constitue entre lesdeux systèmes de rouages comme une boite d'engrenage. Or c'est à l'aide de ce dispositif, que M d'Arlincourt a obtenu les résultats dont nous avons parlé précédemment. Pour qu'on puisse en comprendre l'action, nous dirons d'abord que l'axe a qui constitue le quatrième mobile du mécanisme commandé parle barillet e est composé de deux parties, d'abord d'un axe central a à l'extrémité duquel se trouve un levier d'enclancbement D R (fig. 3) muni d'un ressort d'encliquetage placé en R, et en second lieu d'un axe creux qui enveloppe le premier à frottement doux et qui porte le pignon B (fig. 2), et deux roues dont la dernière B', placée en dehors de la cage de Tinstrument, est à rochet ; c'est cette dernière roue qui, avec le ressort d'encliquetage R dont nous avons parlé, constitue la boîte d'engrenage appelée à mettre en relation les deux mécanismes moteurs.

Quand cet encliquetage n*est pas en action, en un mot, quand la roue B' est libre, ce qui suppose le levier DR (fig. 3) portant le ressort d'encliquetage buté contre la détente électro-magnétique KH, l'axe a se trouve arrêté, et comme cet axe a est rehé au mécanisme j ihg (fig. 2) par le pignon A et une roue fixée sur l'axe de la roue g, le rouleau y du système autographique est arrêté ; mais le mécanisme du synchronisme continue à tourner sous l'influence du pignon B, dont Taxe creux tourne alors sur Taxe a. Au contraire, quand le levier D R (fig. 3) qui porte le ressort d'encliquetage R est déclanché et que ce ressort, par l'action du mécanisme J ihg (fig. 2) est venu se mettre en prise avec les dents de la roue B', les deux axes se trouvent reliés

TÉLÉGRAPHES AUT06RAt»HIQUKS. 817

enseflsbley et le système autographique fonctionne sous llnfluence des deux mécanismes moteurs dont les mouvements combinés s*efiectuent dans le même sens. Si on a bion saisi l'explication précédente, on comprendra tellement que^ pour obtenir l'arrêt du cylindre y k chaque tour quand il doit être transmetteur, il suffit que le ressort d'encliquetage R (flg. 3) porté par l'axe a soit dégagé de la roue B', et que le levier D R qui porte ce ressort d'encKquetage soit buté contre un arrêt après un tour accompU par le cylindre ; or, cet arrêt pouvant être adapté en F à Textrémité d'un levier de détente E commandé par Télectro-aimant M M, il devra se produire, sous Tinfluence d'un courant envoyé périodiquement à travers cet électro-aimant après chaque tour accompli par le cylindre récepteur, les effets suivants :

Avant renvoi de ce courant, Télectro-aimant MM étant inactif, le levier D R butera contre le levier de détente E, et le cylindre transmetteur sera arrêté ; mais aussitôt que le courant passera, le levier £ sera soulevé, et le levier d'encliquetage D R entraîné par le mouvement d'horlogerie ji h mettra le ressort R en prise avec la roue B' qui entraînera conjointement avec le moument y i /il'axe a, et par suite le cylindre transmetteur. Cette action durera jusqu'à ce que le levier D R soit revenu à la verticale, c'est-à-dire, jusqu'à ce que le cylindre ait accompli un tour sur lui-même, et, comme le courant qui a traversé rélectro-aimant M M n'a été que momentané, le levier D R sera de nouveau buté contre la dent F du levier £ qui arrêtera le mouvement. Toutefois cet arrêt ne pourra être de longue durée, car le cylindre récepteur enverra presqu'immédiatement un courant qui déclanchera D R, et par suite le cylindre transmetteur.

Pour obtenir une vitesse plus grande du cylindre transmetteur et fiaire en sorte que l'appareil puisse néanmoins fonctionner à volonté comme récepteur ou comme transmetteur, M. d'Arlincourt a recours à un levier doublement coudé qopr (fig. 2) qui oscille autour de l'axe a, et dont les extrémités en ressortant de la cage de Tappareil se terminent par une manette ç et un commutateur K. Le bras p de ce levier coudé réagit sur le manchon qui porte la roue d'angle m, et qui, pour la fonction dont nous venons de parler, porte une seconde roue d'angle n d'un diamètre plus petit que m et ayant, par conséquent, un moins grand nombre de dents. Ces deux roues peuvent engrener avec la roue horizontale / qui réagit sur le diapason, et suivant que le bras de levier p fait engrener l'une ou l'autre de ces roues, Tappareil marche avec une vitesse plus ou moins grande. Par conséquent, quand l'appareil doit agir comme récepteur, c'est la roue m qui est engrenée ; quand, au contraire, il agit comme transmetteur^ c'est la roue n ; la fig. 6 donne le détail de cette double roue.

328 TÉLAGRAPHBS AUT0QRAPHIQUB8.

: La partie r du leyieir articulé qopr porte, en dehors de Tappareil et perr pendiculairement au-dessoas de rs (fig. 3), un bras qui peut réagir à fioa tour sur le levier de détente E; ce levier comme on Ta vu arrête ou rend ^libre le mouvement du rouleau y par l'intermédiaire du levier d'endiquetage DR de Taxe a, et son jeu dépend de Télectro-aimant MM dont l'annature en foisant abaisser, au moment des attractions, le bec H du levier qui le porte, déscmbraie non-seulement le levier d'encliquetage D R, ^lais encore .provoque la mise en mouvement de l>xe a par la roue à rochet B'. Quand rappareii est transmetteur, ce levier E réagit comme on vient de le dire, mais comme il ne doit fournir aucune action quand l'appareil est récepteur, il est :dans ce dernier cas maintenu relevé au moyen du levier qopr, qu*ona incliné au moyen de la manette q et qui a accompli déjà la permutation des roues d'angles tn, n tout en disposant^ par le commutateur K, les circuits d'une manière convenable pour cettjB double fonction. Nous ne parlerons pas toutefois de ces circuits, ni de la marche du courant qui les traverse, car .cela nous entraînerait trop loin. On pourra d'ailleiu^ facilement les étudier sur les Ûg. 4 et 5 qi|i représentent deux stations en correspondance^ celte de gauche {Ûg. 4) étant la station qui transmet.

Les autres parties de l'appareil sont pne pédale X, et un rhéotdme Y (fig. i, 2). La pédale X est employée pour la mise au repère et l'arrêt des 4eux appareils en correspondance en cas d'une mauvaise réception; elle se manœuvre de cdté, et la mise au repère ainsi que Tarrêt s'efifectuent quand la dent il, dont est muni le manchon g, vient buter contre son extrémité libre 10. Cette pédale qui est isolée et qui porte au-dessous d'elle un ressort de contact, pivote vers les deux tiers de sa longueur sur une colonne également isolée*

Le rhéotôme Y fournit précisément l'action électrique qui doit produire les arrêts périodiques du rouleau transmetteur. Comme on veut utiliser à cet action le courant de la pile qui doit faire réagir le relais, et pv suite le système autographîque, il a fallu disposer les communications électriques de telle façon, que pendant presque toute la révolution du cylindre, )a communication fut établie directement entre le récepteur et le transinet- ^eur, et qu'elle ne cessât qu'au montent de rarriyée du cylindre récepteur

ftu repère.

, Pour réaliser cette action, l'axe de la roue g^ sur lequel est emmanché ('axe du rouleau y, porte un manchon muni d'un doigt i (Hg. i) et d*une coche qui le suit immédiatement, et l'une des extrémités du levier basculant Y appuie sur ce manchon. Cet appareil doit réagir seulement, comme on Ta vu, au poste de réception. Pendant la plus grande partie de la révolu-

TÉUORAPHBS AUTOGRAPHlOni{t 329

Mon du cylindre, ce levier Y appuie sur lé tnânchon et maintient la coiûmu-» tiication de la pile de ligne du poste qui transmet entre les cylindres en correspondance; mais quand après une rèyolution accomplie, le levier en question rencontre le doigt 1, il se déplace et prend sur le commutateur U une position qui provoque l'envoi du courant de ligne de la station de réception à travers Télectro-aimant MM de l'appareil transmetteur» lequel produit l'effet que nous avons analysé. Après ce soulèvement, ce levier Y tombe dans la coche qui suit immédiatement la dent, mais cette actîoni qui &it prendre au levier une troisième position, n'est utile que quand Tappareil est transmetteur; dans ce cas le levier Y établit la commu* -nication du circuit de ligne avec rélectro-aimant M M. Les figure^ 4 et 5 donnent bien une idée de cette commutation, et l'on voit qu'au moment du 4>assage des rouleau]^ sur le repère, le levier Y de la station qui transmet, flg. 4, est dans la coche, alors que celui de la station qui reçoit, fig. 5, est sur la sopuTiité de la came ou du doigt qui doit produire rémission de courant. Voyons maintenant comment cet appareil se dispose et comment il fonc* tionne pendant la correspondance.

t^n commencera, pour mettre l'appareil en mouvement, par ouvrir le verrou 12 (fig. 1) ; on poussera ensuite la manette 9 de droite à gauche pour rendre l'appareil récepteur, et on s'assurera que lu manette X n'arrête pas le doigt il ; on vérifieA d'un autre côté si le diapason est bien réglé, o'est- -à-dîre, s'il est réglé de manière à ce que le cylindre base 30 tours à la minute, et s'il n'est pas dans ces conditions, il suffira d'élever ou d'abaisser les boules placées sur les branches du diapason; il ne faudra pas oid>lier d'examiner -si les deux lames vibrent bien ensemble. Bi cela n'était pas, oq abaisserait ou on remonterait insensiblement la bou!e de la lame libre pour trouver le point où les deux lamés ont à peu près la même amplitude de vibration. Quand l'appareil sera réglé comme récepteur, ainsi qu'il vient d'être dit, on arrêtera le cylindre au repère au moyen de la manette X, puis on ouvrira le verrou 12 pour arrêter complètement l'appareil. On fera ensuite marcher la manette 9 de gauche à droite pour rendre l'appareil transmetteur, puis op refermera le verrou 12 et on s'assurera, comme tout à Theuie, que la manette X n'arrête plus le doigt U. Le cylindre restera au repère, car on a vu que comme transmetteur, celui*ci ne peut marcher et tourner que sous rinfluence d'un courant émané du récepteur ; on s'assurera alors que le levier : dèclancheur fi, fig. 3, de l'électro^aimant et le levier E qui arrête le transmetteur sont bien réglés pour que le jeu des pièces puisse se faire focilement. :Qiumd les appareils seront ainsi réglés aux deux stations, on entre en corres- 'pondance et voici les effets qui se produisent. Au moment où le rhéotôme Y

880 TSl£GRAPHES AUT06RÂPHIQUBB.

du rtcepteur va fânctionner, c'est-à-dire, au moment de Tamyée du c^^dre récepteur au repère, le cylindre du transmetteur qui va un peu plus vite est arrêté par suite de la rencontre du levier d'encliquetage D avec le levi^ £ qui le bute en l'absence du courant à travers Mectro-aimant M M. £n môme temps le levier Y du rhéotôme de ce même transmetteur est tombé dans la coche qui suit le doigt 1, et a établi la communication du circuit de ligne avec rélectro-aimant précédent; de telle sorte que, ouand le doigt i du rhéotôme de Tautre station vient à soulever la branche Y de ce rhéotôme, le courant de ligne de cette station va animer l'électro-aimant du transmetteur, qui déclanche son cylindre arrêté. Celui-ci se remet dcmc en route, ainsi qu'on Ta vu, et les deux rhéotômes étant replacés dans leur position normale, le courant de ligne du transmetteur traverse les rouleaux des deux appareils jusqu'à ce qu'un tour complet étant accompli par eux, les effets analysés précédemment se renouvellent. Gomme dans ce tour, le cylindre transmetteur, ayant marché plus vite que Tautre, a regagné le temps p^u par son arrêt, et que le mouvement a été uniforme dans les deux cas, les deux dépêches peuvent être exactement dans les xnêmes conditions quoique de dimensions un peu différentes.

La réception en elle-même ne présente rien de particulier : le courant transmis produisant son action par Tintermédiaire d'un relais, les traces laissées peuvent être en couleur comme dans le système Caselli; puisque les fermetures du courant local peuvent s'effectuer aussi bien sur une interruption de courant, que sur une fermeture. Toutefois pour rendre les traits laissés sur le papier chimique plus nets, et éviter les bavures résultant de la charge persistante de la ligne avec des courants fréquemment interrompus, M. d'Arlincourt a adapté à son relais déjà si sensible, les bobines .supplémentaires dont nous avons parlé tome II, p. 108 et qu'il tait traverser en sens contraire du courant de ligne par un foible courant emprunté à la pile locale destinée à la reproduction de la dépêche. Ce dernier courant, qui n'est, du reste, qu'une dérivation de celui qui imprime est, conime on l'a vu, réglé au moyen d'un rhéostat, de manière à être un peu moins fort que le courant de ligne, et il en résulte que l'appareil fonctionne, sous Tinfluence de simples renforcements et affoiblissements de courants, d'une manière aussi nette que si les interruptions eussent été effectuées avec une décharge complète de la ligne. Nous avons d'ailleurs vu, page 103, tome II, que le relais de M. d'Arlincourt, par le fait même de sa construction, facilite beaucoup cette réaction.

Il est encore un détail de mécanisme dans l'appareil de M. d'Arlincourt dont nous n'avons pas encore parlé et qui a pourtant son importance : c'est

TELEGRAPHES AUTOGRAPHIQUES. 33i

le dispositif qui relie le mécanisme moteur à la tig& h (iig. I) du diapason. Cette tige, comme on le voit, a son extrémité engagée dans une pièce à ressort u) qui est creusée en forme de gouttière afin de se prêter aux vibrations plus ou mois étendues de cette tige. Il importe beaucoup, pour la régularité de la marche de l'appareil; qu'au moment du repos cette tige soit exacte* ment dans Taxe du mouvement, c'est-à-dire dans le prolongement de Taxe de la roue /. Ce réglage peut être foit au moyen des deux vis et de Técrou qui soutiennent le diapason au haut de son support. U faut également que la gouttière tourne bien horizontalement.

I/avantage très-grand de ce système télégraphique, est qu'il est trèsmaniable, facilement transportable, et qu'il n'a pas besoin d'être réglé avant réchange des correspondances. Une fois les communications établies et \e$ appareils en mouvement, ils règlent eux-mêmes le synchronisme de leur marche. Enfin grâce au système de relais de son auteur, il est le seul qui ait pu jusqu'à présent fonctionner à une distance de douze ceots kilomètres. Aussi ce système a-til été pour M. d'Arlincourt Tobjet d'un diplôme d'hour neur à l'exposition de Vienne de 1873.

Télég^aplie aaton^raphique de M. Cro«. ^ Cet appareil, comme disposition générale, ressemble assez à celui de M. Backwell ; mais Torganisation du synchronisme est combinée d'ime manière nouvelle et réellement très ingénieuse.

Nous avons vu en parlant du télégraphe-imprimeur de M. Hughes, que Tune des conditions d'un bon synchronisme était d'éviter les arrêts du mécanisme moteur, et c'est pour éviter ces arrôts-que ce savant avait été conduit à imprimer les lettres au vol. M. Cros, partant de la même idée, et voulant, d'un autre côté^ comme MM. Desgoffe et d'Arlincourt, corriger fréquemment le synchronisme des derniers mobiles par des arrêts successifs, a voulu obtenir ces arrêts sans que le mécanisme moteur fut pour cela arrêté, et aussi sans produire aucune secousse. Pour obtenir ce double résultat, M. Cros a eu recours à un système d'engrenages à roue satellite, disposé de la manière suivante. Sur l'axe de l'avant-dernier mobile se trouvent adaptées, parallèlement sur deux douilles, deux roues folles, placées à trèspetite distance Tune de l'autre. L'une de ces roues, en outre de sa denture, est munie d'un rebord circulaire denté intérieurement ; l'autre roue porte, adaptée sur un axe, environ aux 2/3 de son rayon, une petite roue satellite qui engrène avec la première par son rebord denté, et d'autre part avec une roue de même diamètre, fixée sur l'axe moteur (sur lequel sont placées les deux roues folles). Enfin la première de ces roues que nous appellerons roue à rebord, engrène, par les dents de sa circonférence, avec un système

)S2 TfiLtGRÂPHES AU TOGRAPHIQUES.

d*échappement à ailettes, commandé par un système électrp-magnètîque, tandis que la seconde roue, qui porte la roue satellite, communique directement le mouvement à un disque muni de six coches et disposé» comme la roue de compte d'une horloge, au*dessous du mécanisme d'échappement dont nous venons de parier. C'est ce disque qui joue le râle de la roue correctrice de Tappareil Hughes ou du rhéotdme correcteur de l'appareil Desgoffe.

Le système électro-magnétique, qui réagit à la fois sur l'échappement dont nous avons parlé et sur le disque correcteur, se compose d'une bascule articulée à Tune de ses extrémités, et qui porte deux butoirs d'arrêt. L'un de ces butoirs peut arrêter la roue d'échappement, quand la bascule est 'soulevée ; le second s'enfonce dans l'un ou Tautre des six crans du disque correcteur, quand elle est abaissée. Or l'abaissement ou le relèvement de cette bascule dépend du jeu de l'armature d'un électro-aimant, et cet électro-aimant est animé par un courant local qui lui est distribua par un interrupteur circulaire placé sur l'axe qui commande le mouvem^it de la roue d'échappement. Toutefois le circuit dans lequel est interposé cet électro-aimant est disposé de manière que c'est le courant de ligne qui en détermine Taction, et cette action est telle que si le disque correcteur a eu de J'avance sur celui de la station opposée, cette avance est immédiatement corrigée au moment oii la bascule de déclanchement est soulevée, car les deux disques doivent toujours partir en même temps. ' Le jeu de ce système est maintenant fecile à comprendre. Au moment -où les appareils sont mis en marche aux deux stations, les disques oorrecfteurs sont arrêtés aux deux stations, par suite du passage d'un courant •local à travers le système électro-magnétique. Il en résulte, par conséquent, que les échappements des mécanismes moteurs sont dégagés, et partant :oe sontlesnooef çt rebord qui fonctionnent sous l'influence de leur roue satellièe^ ear celle^jci^^est maintenua»dans une position fixe, par suite de l'arrêt des disques correcteurs. Pendant ce temps, Tinterrupteur circulaire .du courant local a tourné ; le courant se trouvant bientôt interrompu, la -bascule de déclanchement se relève et arrête l'échappement. Dès lors la troue à rebord ne peut plus fonctionner, et la roue satellite forcée de tourner est obligée de se déplacer en tournant autour du rebord denté, :et entraine par suite avec elle la roue qui la porte, laquelle commande le mouvement du disque correcteur correspondant. Celui-ci avance donc jusqu'à ce que la bascule de déclanchement, en tombant dans le cran le plus prochain^ ait arrêté son mouvement et dégagé le rouage de la roue à rebord, auquel cas les effets que nous venons d'analyser se renouvellent indéfiniment.

TfitÉGBAPHES AUT06RAPUIQUES« 833

Pour qu*on puisse comprendre maintenant comment la marche synchronique des appareils se trouve sans cesse corrigée^ nous devons ajouter que le levier ou la hascule de déclanchement^ dans son mouvement oscillatoire et en venant buter coutro deux vis d'arrêt» constitue en même iempâ un double interrupteur .qui peut mettre la ligne en contacti tantdt avec rélectro-aimant correcteur de l'appareil (par la vis du dessous), tantdt avec la pointe traçante du système autographique (par la vis du dessus). D*un autre côté» nous devons foire observer que la pile qui agit sur le mécanisme correcteur est complètement indépendante de celle qui agit sur le système télégraphique; les communications sont même établies de mar nière que les deux courants seraient en sens contraire Tun de Tautre s'ils traversaient la ligne. Enfin le courant qui doit animer les électro^aimants correcteurs, passe à la station qui reçoit» à travers un relais dont Tarmature est polarisée par un aimant permanente

Avec cette disposition» voici les effets qui se produisent ;

Le courant partant de la pile destinée au mécanisme correcteur va direc* tement à Télectro-aimant de l'appareil qui transmet, et de là à la ligne par l'interrupteur circulaire et la vis inférieure du levier de déclanchement. Ceci n'a lieu toutefois que quand le disque correcteur est arrêté. Après avoir traversé la ligne, il arrive au levier de déclanchement de Tappareil qui reçoit, et de là par la vis inférieure au relais correspondant, qui envoie à travers l'électro-aimant de l'appareil» un courant local passant par Tinterrtipteur circulaire. U en résulte que les interruptions des deux courants, dans les deux appareils» sont solidaires les unes des autres; car en admettant que dans l'appareil qui reçoit le courant se trouve interrompu avant celui de l'appareil qui transmet, la bascule de déclanchement du premier appareil, en se soulevant, coupe le circuit de ligne, et rend inactif rélectroaimant de l'appareil transmetteur. £n admettant maintenant que le contraire ait lieu» c'est le relais qui, en cessant d'envoyer le courant local, rend inactif rélectro^uimant de l'appareil de réception. Ainsi, quoi qu'il arrive, les armatures des deux électro-aimants sont attirées et relevées en même temps aux deux stations, et» par conséquent» les mouvements des deux disques doivent toujours s'effectuer aux mêmes instants. Pour que les. différences de mouvement, pendant chaque sixième de révolution des secteurs, soient rendues les plus faibles possibles, un régulateur du système Foucault a été adapté au mécanisme moteur de chaque appareil*

Le système télégraphique» proprement dit n'a, comme je Tai déjà dit, rien de particulier; c'est toujours comme dans l'appareil Backweli, un cylindre métallique qui avance d'un mouvement progressif le long de spp

axe, par l'intermédiaire d'une yis sans fin, et la pointe traçante portée par un support adapté à une manivelle, tourne autour de ce cylindre d'un mouvement saccadé, qui correspond à chaque dégagement du disque cor* recteur, avec lequel elle est en relation de mouvement. Or, comme la marche de ces disques est parfaitement synchronique aux deux stationf , celle des styles traçants doit être également synchronique.

La marche du courant à travers cette partie de l'appareil n'a rien de diN ficile à comprendre; au moment où les disques sont en mouvement, les lyascules de déclanchement ont établi le contact de la ligne avec les pointes traçantes, de sorte que le courant spécialement affecté à ce travail n'a qu'à être mis en rapport avec le cylindre transmetteur, alors que le cylindre récepteur communiqueia au sol, pour que les transmissions se fassent librement.

Inutile de dire, qu'un interrupteur à double contact permet de trans* former immédiatement Tappareil, de transmetteur en récepteur, et réciproquement

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