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II. — TYPO-TÉLÉGRAPHES

!• Typo-iéléfrapliM éle«t«o-«hlmîqa«s.

Typo-téIé|pfaplies de^M. Bonelll. — Dans l'origine, M. Bonelli avait combiné un télégraphe autographique fondé sur le même principe que ses métiers de tissage électrique. Tout le mécanisme consistait dans deux peignes semi-métalliques munis de 50 dents, toutes isolées les unes des autres et assez serrées pour être contenues dans une largeur d'un centimètre. Ces deux peignes constituant l'un le récepteur, l'autre le transmetteur, étaient réunis par un càble contenant 50 fils isolés, et ces fils aboutissaient séparément à chacune de ces dents, celles-ci communiquant d^aiQeurs, suivant qu'elles servaient à la réception ou à la transmission, avec la terre ou avec la pile. Au-dessous de ces peignes se déroulaient les bandes de pafûer d'étain et électro-chimique servant à la transmission et à la réception, et comme les traces étaient fournies simultanément sur toute la hauteur des lettres, il n'y avait pas à se préoccuper du synchronisme de marche des deux mécanismes d'horlogerie destinés à l'entraînement de ces bandes. Les dépêches étaient reproduites, comme dans le système de M. Backwell, par des traces se détachant en blanc sur un fond coloré, et, pour donner plus de nouveauté à l'idée, M* Bonelli employait du papier teint en jaime d'un

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côté, ce qui ftdsait que les traits bleus du cyanure de potassium formaient un fond vert laissant se détacher en jaune les caractères de la dépêche.

Pour peu qu'on réfléchisse aux conditions d'un pareil système, il est aisé de .voir qu*il était impossible à réaliser pratiquement, non-seulement par suite des difScultés matérielles de son exécution, mais encore par Tefiet des réactions contraires qui devaient se trouver développées dans les fils par Tinduc* tion, la condensation, les courants secondaires de décharge et les courants de retour. Toutefois, comme l'auteur de cette invention avait beaucoup de mise en scène et beaucoup d'aplomb, il était parvenu à se fiure des adeptes, qui ont attribué à Vinconsidiration et à de la légèreté (Vesprit les sages réflexions que les hommes du métier avaient fkites au sujet de ce système ; et comme ce qui est impossible est souvent ce qui est cm le plus focilement, on a pu créer en Angleterre, dans ce pays pourtant éminemment pratique, une compagnie pour l'exploitation de cette invention, qui fit construire en 1861 une ligne entre Liverpool et Manchester. Il est vrai que cette compagnie n'a pas tardé à sombrer, car l'invention ne pouvait conduire à un autre résultat, mais, pendant son existence, elle a provoqué de nombreux perfectionnements qui ont conduit aux deux systèmes télégraphiques dont nous allons maintenant nous occuper, et qui sous leur dernière forme, celle qu'a adoptée M. Cooke, Tex-directeur de la compagnie, sont parfoitement susceptibles d'application.

L'une des principales causes qui font perdre le plus de temps dans les transmissions écrites, est rirrégularité des caractères de l'écriture, la dififérence de hauteur des lettres et le peu de rectitude des lignes. Pour conjurer ce défaut M. Bonelli s'est imaginé d'avoir recours à des caractères d'imprimerie assemblés en ligne droite dans im composteur et composant euxmêmes la dépêche. Or cette disposition, tout en lui fournissant un excellent système de transmetteur, lui permettait, en outre, de réduire considéra* blement le nombre des fils destinés à la transmission, car la dépèche occupe toujours, de cette manière, une même position et une même largeur. Aussi les 50 fils que M. Bonelli employait dans l'origine ont-ils pu être réduits d'abord à 11, puis à 9 et enfin à 5. D'uu autre côté, ayant reconnu que l'induction des fils les uns sur les autres ne pourrait jamai» être détruite en les réunissant en câble, il a renoncé à cette idée, et s'est décidé à employer pour sa ligne des fils aériens isolés à la manière ordinaire. Enfin, ayant pensé qu'avec des pointes métalliques en fer, le peigne du récepteur s'userait inégalement et serait mis en peu de temps hors de service, il a cherché les moyens d'obtenir des marques électrochimiques sans Fintervention de pointes attaquables, et grAce à l'intervention de M. Cooke qui avait trouvé

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TÉLÉGRAPHES AUTOGRAPHIQUEiBi

que le nitrate de manganèse peut fournir facilement, dous rinfluencé da courant et de pointes en platine, des marques brunes très-caràctèrisées, le problème a pu être résolu dans d^assez bonnes conditions. Nous ayons déjà parlé) tome 11^ page 138, de ce genre d'impression qui, malheureusement, exige une force électrique beaucoup plus considérable que celui avec le cyanure de potassium.

: Avec sa dernière disposition, le télégraphe de M. Bonelli consiste dans deux peignes métalliques A et B (ôg. 114), composés chacun de 5 aiguilles de platine (1), et au-dessous desquelles se meut, sous l'influence d'un mouve^ ment d'horlogerie et d'une corde S, un chariot P T, mobile sur un petit chemin de fer. Ces peignes sont adaptés à Textrémité dé plaques articulées

Fig. 115.

sur un axe CD, qui leur permettent d*être soulevés ou abaissés sous Tin fluence d'une tige E, sur laquelle réagit une pièce G dont le jeu est commandé par un rebord P H adapté latéralement au chariot P T. Le composteur sur lequel sont assemblés les caractères qui composent la dépèche est ûxé en IJ, dans une rainure disposée à cet e£Fet» et les feuilles destinées à recevoir la dépêche sont appliquées en K L, sur une lame d'étaln ou de fer

(1) La gravure que nous reproduisons d*des8tis montre l'appareil avee 9 aiguilleii, mais nous avons vu qu'an avait pu les réduire successivement de il à 9» nuis k 5.

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argeotë mise en rapport avec la terre. Un commutateur M, composé d'un peigne de 5 dents de platine et placé en dehors du chemin de fer, peut, en plongeant dans une petite auge remplie de mercure, établir la communication entre les fils de ligne et le transmetteur, lorsque celui-ci doit transmettre. Son jeu est obtenu par l'intermédiaire d*une bascule que fait réagir un second rebord T N adapté au chariot. Enfin une détente électro-magnétique, placée en X, permet aux chariots des deux stations en correspondance d'être mis en mouvement en même temps ; cette détente, que nous représentons vue de profil dans la fîg. 115, et qui est placée au-dessous du chemin de fer, se compose d'une bascule G A B, articulée en A et appuyée en B sur Textrémité de Tarmature de Félectro-aimant £. Un doigt A D, buté contre une pièce D adaptée au-dessous du chariot, maintient celui-ci à Textrémité de sa course et appuyé contre un tampon à ressort G, en connexion avec le circuit de ligne et Télectro-aimant £. Les communications avec les piles sont établies par le butoir J, et sont tellement disposées, que les courants des deux piles, aux deux stations, s'additionnent pour passer dans le circuit correspondant aux électro-aimants de détente £. Par suite de cette disposition, on comprend aisément qu'il suffit d'une fermeture de ce circuit pour provoquer une attraction des électro-aimants en question et le déclanchage de la bascule G A B, qui tombe alors verticalement. Le mouvement d'horlogerie destiné à entraîner le chariot P T, par Tintermédiaire de la corde 8^ est placé, comme le système de déclanchage précédent, au-dessous du chemin de fer, et consiste dans un simple mécanisme à deux mobiles modéré par un volant ^ ailettes. Ce mécanisme se remonte par le fait même du recul du chariot contre le tampon G, recul qui se fait à la main.

Voici maintenant le jeu de cet appareil, qui doit être placé d'une manière inverse pour les deux stations en correspondance.

Au moment où le chariot P T (fig. 114 et 1 15) est à Textrémité de sa course, la partie recourbée de la pièce G est placée dans les deux appareils, audeesous du rebord H P, et n'agissant pas sur la tige £, elle permet à un fort ressort à boudin» placé en E, d'appuyer sur cette ligne de manière à abaisser les peignes A et B à distance suffisante de la surface du chariot pour rencontrer les types du composteur et le papier chimique. A l^me des stations, le commutateur M plonge dans le mercure; à Tautre, il est soulevé, et ce soulèvement et cet abaissement sont maintenus pendant une mœtié de la course du chariot par Taction d'une pièce qui, en rencontrant le rebord N T, fait basculer le peigne M.

Avec la disposition représentée fîg. 114, Tappareil reçoit dans la première moitié de sa course et transmet dans la seconda moitié ; mais l'appareil qui UI ^ 22

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est en correspondance avec lui doit avoir une disposition complètement inverse, c'est-à-dire que le papier chimique doit être placé en I J et le composteur en K L. Or, voici ce oui arrive quand les deux appareils se trouvent déclanchés :

A la station Â, le peigne A, dans la première moitié de la course du chariot P T, rencontre les difierentes parties métalliques des types en relief» et provoque à travers les différents circuits une série de fermetures de courant, qui se traduisent à la station B (celle où est l'appareil représenté fig. i il) par une série de traces brunes d'oxyde de manganèse marquées sur le papier chimique et reproduisant exactement les types en question. Le peigne du commutateur M est alors plongé dans le mercure à la station A, et met le pdle positif de la pile de cette station en communication avec les différents circuits. Dans la seconde moitié de la course du chariot P T, c'est le peigne B, à la station" A I qui fonctionne et qui, en appuyant sur KL, reproduit électro-chimiquement la dépèche envoyée de la station B ; le peigne M est alors soulevé et isole complètement les circuits de la pile de la station A. Pour remettre les appareils en état de fonctionner de nouveau, il suffit de repousser les chariots PT contre les tampons X; car il résulte de ce simple mouvement de recul : 1* que les peignes A et B se trouvent soulevés de manière à ne pas toucher les types ni la dépêche imprimée; 2^ que les chariots se trouvent renclanchés ; 3* que les courants des deux piles se trouvent disposés de manière à circuler dans le même sens à travers les électro-aimants ££'. Le premier effet est obtenu par rintermédiaire de la pièce 6^ qui, après avoir glissé sur le rebord H P tout le temps de la course du -chariot, a été forcée de ressortir par TentailIeH et de se placer au-dessus du même rebord H P. Tout le temps du recul du chariot, cette pièce soulève la tige E, et par consëqueqt les peignes A et B ; ce n*est que quand le chariot arrive à son point de départ que le rebord H P, terminé par un pied de biche P, permet à la pièce G d'échapper et de se replacer au-dessous du rebord H P. Le second effet est produit par l'intermédiaire du bras A G (fig. 115) de la bascule de la détente qui, étant rencontré par Tappendice G du chariot, se trouve repoussé de côté et reporte la tige A B sur l'armature de l'électro-aimant E, en même temps que le bras A D vient fiiire arrêt. Enfin le troisième effet résulte du contact des deux tampons élastiques G et J et de l'appendice 0 (fig. 114), qui en soulevant la bascule du commutateur M coupe la communication de la pile avec les fils de llgnOi et permet de la réunir en X au circuit des électro-aimants de détente*

Avec le système tel que nous venons de le décrire, et dans l'hypothèse d'une seule pile placée à chaque station, les courants de charge et de

TÉLÉGRAPHES AUTOaRAHHIQUES. 339

rclour, qui compromettent si gravemcnl les transmissions sur les lignes un pou longues quand elles sont faites trop rapidement, auraient des inconvénients tellement manifestes, qu'il arriverait le plus souvent que des traits continus seraient reproduits au lieu de lettres. Pour éviter ce résultat^ M. Bonelli adapte à son appareil im système déchargeur à contre^courant, analogue à celui de M. Caselli. Or, ce système a conduit M. Bonelli à adapter une pile spéciale à chacun de ses circuits, ce qui complique d'autant plus le système, que chaque pile doit être très-forte, ainsi que nous Pavons déjà dit. La fig. 116 représente ce système déchai^eur appliqué à chaque fil. P et F sont deux des piles de ligne de chaque station ; A, A' les transmetteurs; B, B' les récepteurs ; C, C les commutateurs à mercure ; T, T' les

Fig. 116.

plaques de terre. Les lignes ponctuées indiquent les communications qui sont coupées lorsque c'est la station de droite qui transmet

Les deux piles P, P' sont, comme on le voit sur la figure, réunies directement par le fil qui leur correspond, de manière que les pôles négatib soient en communication Fun avec l'autre, et les appareils récepteurs et transmetteur sont interposés sur des dérivations allant des piles aux fils de terre.

Les éléments qui composent chaque pile sont d'ailleurs divisés en deux groupes très-différents en nombre, à Taide d'un fil qui conununique aux récepteurs B, B' correspondants, et les transmetteurs sont disposés de façon, qu'au moment où ils doivent fonctionner, ils se trouvent interposés sur un iil réunissant directement le fil de ligne à la terre, comme on le voit en A. Voici maintenant comme les effets se produisent.

Au moment où le contact de l'aiguille de platine du transmetteur A touche un type, le commutateur à mercure G a établi la communication de la pile P avec A T. Dès lors le courant de cette pile P traverse le transmetteur, se bifurque au-dessus de A, retourne en très-grande partie à la pile P et

340 TËLËGRAPUES ÂUTOGRÂPHIQUES.

parcourt d'un autre côté la ligne en s'ajoutant au courant de la pile P • 11 traverse alors, ainsi renforcé, le récepteur B' par le ôl de communication qui le relie à la pile P' (la voie par le commutateur étant coupée) et s'écoule en terre en T. Une marque est donc produite sur ce récepteur. Maintenant, au moment où Taiguille de platine du même transmetteur A quitte le type, le courant de la pile P, ne trouvant pas d'issue en A, regagne par la terre le récepteur électro-chimique B\ lutte victorieusement, en raison du plus grand nombre d'éléments de la pile P, contre le courant partiel de la pile P' qui lui est alors opposé, et revient par le iil de ligne au pôle né<?atif de P. Or c'est ce courant différentiel qui joue le rôle du contrecourant du système Caselli et qui décharge la ligne à travers le récepteur B'; mais, diôérent en cela de celui de M. Caselli, ce contre-courant ne profite par des dérivations le long de la ligne, et ne maintient pas celle-ci chargée pendant les interruptions de Faction électro-chimique.

Si Ton considère qu'une dépèche, avec le système précédent, est reproduite du premier coup, et que sa vitesse de transmission n'est limitée que par celle avec laquelle les effets électro-chimiques peuvent se produire, on comprend facilement qu'il devient possible, par ce moyen, de débiter un trèsgrand nombre de dépèches. Ce système établi pendant quelque temps entre Liverpool et Manchester a été expérimenté en 1863, entre Boulogne et Paris, et on a pu obtenir dans les divers essais qui ont été faits, une vitesse de transmission de 100 lettres en 7eecondes. C'est une vitesse environ huit fois plus grande que celle du télégraphe Morse. Mais comme le télégraphe Bonelli emploie 5 fils et nécessite au moins autant d'employés qu'il en faudrait pour desservir 5 appareils Morse, les avantages qu'il présente sur le système actuel, en admettant son fonctionnement sur ime ligne toujours encombrée de dépèches, ne seraient guère qu'un accroissement de vitesse dans le rapport de 5 à 3. Cet avantage est-il assez grand pour compenser les causes de dérangement qui peuvent naître d'un système ayant des organes si multiples ? Nous ne le croyons pas, et par le fait, son abandon sur la ligne de Liverpool à Manschester, prouve que la valeur de ce système, au point de vue pratique, est assez mince. Il est, en efiet, facile de comprendre qu'il est impossible do maintenir pendant longtemps cinq lignes, même parallèles, dans les mêmes conditions d'isolation, et de ce défaut d'homogénéité, il doit résulter souvent dans les traces laissées par les aiguilles des récepteurs, des manques qui peuvent rendre la dépêche illisible en raison du petit nombre de traits appelés à former les différentes lettres.

Typo^télég^aplie de M. Cooke. -> Les inconvénients résultant du concours de plusieurs lignes pour l'impression des dépèches, dans le système

précédent, ayant été reconnus par la compagnie Bonelli, son directeur, M. Cooke, se mit en devoir de chercher si on ne pourrait pas sauver cette invention en n'employant qu'un seul fil de ligne. Après quelques études il put, en effet, créer dans ces conditions, un système de typo-télégraphe; mais sans s'en apercevoir, et par la nécessité même de n'employer qu'un seul fil, il s'est trouvé conduit à faire ae cet appareil un télégraphe autogra* phique ordinaire, ne conservant comme cachet particulier de Tinvention primitive, que le système typographique pour la transmission des dépèches, et encore, s'il faut en croire M. Caselli, cette partie de Tinvention n'appartiendrait même pas à M. Bonelli.

L'appareil de M. Gooke, comme les appareils ordinaires, fournit les impressions par voie électro-chimique, et les traces produites sont le résultat de la décomposition de Tiodure de potassium. Ces traces sont, il est vrai, un peu fugitives, mais elle se produisent facilement sous une influence

Fig. 117.

électrique assez faible, et, suivant M. Cooke, quand le papier est bien lavé, elles peuvent durer suffisamment longtemps.

Comme mécanisme, cet appareil est ingénieux, bien combiné et d'une construction tout à fait pratique. Ce qui frappe le plus quand on l'examine, c'est un système de traçage qui permet de diminuer de moitié, le temps de la transmission.

On sait que pour éviter les petites déformations résultant du défaut de synchronisme dans la marche des appareils récepteur et transmet-

Fig. 118.

teur, on est obligé, dans le système GaseHi, d'effectuer les frictions du style transmetteur toujours dans un môme sens. Il faut donc que ce style, après avoir accompli sa course, se relève et retourne sans frotter à son point de départ. Or, ce temps de retour est précisément égal à celui des frictions. M. Gooke, par un dispositif ingénieux, est arrivé à le supprimer complètement, et pour cela, au lieu d'un style traceur, il en emploie deux qui sont conduits par la même vis, mais dans un sens différent, et cela à Taide d'un double filet croisé que porte la vis conductrice, comme on le voit fig. 117. Il en résulte que, pendant que Tun des styles regagne sa position primitive sans produire de travail, Tautre frotte et sert activement à la transmission.

La fig. 118 peut donner une idée du dispositif mécanique qui réalise le double effet que nous venons d'analyser. Y est la coupe de la \is à double

filet croisé; bb sont les supports des deux tenons engagés dans ces deux filets et qui sont maintenus dans leur position verticale par deux glissières ce, qui portent cbacunc rdeux gri£fes en arigle dièdre engagées dans deux rainures angulaires pratiquées dans^ les pièces DD du bâtis de Pappareil. De gros tenons a a, mobiles dans des rainures longitudunales, assurent la rigidité de ces différentes pièces et leur servent de guides. Enfin deux tiges cylindriques adaptées à la partie inférieure des pièces ce servent de supports aux porte-styles qui se déplacent par conséquent horizontalement avec les pièces ce sous Tinfluence des tenons 66 et de la vis V, qui fait mouvoir ces derniers dans deux sens opposés. Ce dispositif a été combiné et exécuté par M. Deschiens.

Dans ce système, bien qu'on ait mis à contribution un rouleau et un style à écrou mobile sur une vis sans fin, comme dans le système de M. Backwill, les fonctions de ces deux organes sont bien différentes. Le style traçant, au lieu de décrire une hélice sur le papier enroulé sur le cylindre, se déplace avec une certaine vitesse d'un bout du cylindre à l'autre, de manière à fournir une trace parallèle à sa génératrice, et le cylindre reste fixe pendant cette action. Ce n'est qu'après que la course du style a été accomplie, qu'un encUquetage, mis en action par l'écrou mobile du style, fait tourner le cylindre de la quantité nécessaire pour l'espacement des traits appelés à fournir la dépêche, c'est-à-dire d'un cinquième de la hauteur que doivent avoir les lettres reproduites. Après cifiq mouvements

de ce genre^ un doigt adapté à l'encJiquetage est mis en prise avec Técrou mobile, et au moment où celui-ci est sur le point de terminer sa cinquième course, le cylindre est sollicité à effectuer son mouvement de rotation sur un arc beaucoup plus étendu, ce qui fournit les interlignes. Cette disposition mécanique, nous devons l'avouer, se rapproche un peu de celle adoptée par M. Freitel, pour son télégraphe imprimeur, et que nous avons décrite page 252, mais elle a, dans les conditions actuelles» un très-grand avantage, celui d'abréger le temps inutilement perdu dans les autres systèmes de télégraphes aulographiques, pour la reproduction des interlignes, n en résulte qu'avec le système de M. Gooke, l'appareil fonctionne utilement d'une manière continue pour la transmission, et pour rendre les traces plus nettes, il dispose les courants de la même manière que l'avait taii M. Bonelli, c'est-à-dire de manière à provoquer un courant contraire à travers le récepteur après chaque impression.

Le synchronisme des appareils est réglé au moyen d'un pendule conique et d'une lame vibrante assez raide pour fbrmer diapason; on peut, de cette manière, régler au son et d'après un diapason type qui est en rapport avec la vitesse que doivent avoir les appareils. Pour obtenir ce résultat, la lame vibrante commande le dernier mobile de chaque appareil par l'intermédiaire d'une roue dentée qu'elle fût avancer d'une dent à chaque vibration. Ce réglage s'effectue d'ailleurs conmie celui de tous les appareils à lame vibrante et n'offre rien de difficile. I>u reste, un léger défaut de synchronisme, avec cette disposition, ne peut avoir pour conséquence que de coucher plus ou moins les lettres reproduites sur le papier chimique. Un électro-aimant dédancheur, disposé sur cbacim des appareils, permet leur départ simultané au moment de la correspondance. Voici les conclusions de la commission de perfectionnement du matériel télégraphique français, à l'égard de ce télégraphe {Extrait du rapport du SI juillet i869).

c Cet appareil se recommande par la simplicité et la solidité de ses organes, par l'originalité de certaines dispositions mécaniques et par la rapidité de sa transmission* M. Gooke assure que la dépèche étant composée d'avance, et le papier électro-chimique étant préparé, il peut transmettre 80 mots par minute. Sur la ligne de Paris à Lyon, la transmission de 80 mots a toujours exigé, sous les yeux de la conunission, un maximum de une minute, trente secondes, ce qui répond à un rendement maximum de 53 mots par minute; ajoutons que toutes les dépèches étant composées en caractère de même grandeur, cette vitesse de transmission ne peut être dépassée.

• Ce qui vient d'être dit ne donne pas une idée exacte du véritable ren-

344 TÉLÉGRAPHES ÂUT06RAPHIQUES.

dément de TappareiL En effet : 1^ la dépêche doit être composée en caractères d'imprimerie; 2<* le papier chimique de réception doit être préparé et conservé avec beaucoup de soin ; 3* la dépêche reproduite au moyen de la décomposition de Tiodure de potassium doit être fixée par un procédé d'immersion et de séchage; 4^ au poste-expéditeur, il fsiut nécessairement, comme moyen de contrôle, exécuter une reproduction de la dépêche composée. Toutes ces opérations sont des complications de service et entraînent nécessairement des frais de main-d'œuvre et des pertes de temps.

9 II est une autre circonstance sur laquelle nous devons insister. Les communications établies entre la ligne, les styles frotteurs, la pile de ligne et une pile locale du poste-expéditeur sont telles, que la commission a dû se demander si une forte dérivation établie sur la ligne, si les mélanges de fils et les courants d'induction développés par les courants transmis, ne suffiraient pas pour troubler d'une manière grave la marche de cet appareil.

» En tous cas, l'appareil de M. Gooke ne peut pas être comparé aux appareils autographiques; il ne fomrnit pas les mêmes indications et ne supprime pas les erreurs commises par les employés eux-mêmes; il remplace seulement les erreurs de lecture de l'employé expéditeur, par les erreurs de la composition préalable delà dépêche à expédier. Cet appareil est un véritable imprimeur automatique, et par suite doit être comparé, non quant au mécanisme, mais quant au résultat final, à l'appareil Dujardin, adopté dans ces derniers temps par l'administration, pour les courtes distances, ei à Tappareil Hughes qui rend de si grands services sur les longues lignes.

» Ij'àppareil Cooke a encore Tinconvénient de substituer la reproduction élecLro-chîmique à la reproduction à Tencre; il supprime les difficultés de manipulation, mais il exige des opérations accessoires qui compliquent le service et lerendentplus coûteux. Cetappareil, toutefois, se recommande par des dispositions fort ingénieuses, et par sa vitesse de transmission, qui peut fournir 159 dépêches à Theure, en admettant qu'elles se suivent sans interruption; mais il a tous les inconvénients des appareils à composition préalable. Ce n'est pas un appareil autographique, et Tavenir appartient aux appareils de cette espèce. >

SysiêBiede M* Eiittle. — En principe, ce système de typo-télégraphe ne semble différer de celui de M. Bonelli, que par le transmetteur qui est disposé à la manière des transmetteurs automatiques de Wheatstone, pour les signaux Morse. C'est en effet une bande de papier perforée qui remplace les lettres saillantes des systèmes précédents; mais les perforations de cette bande, produites au moyen d'un emporte-pièce de construction parti-

culière et réellement ingénieux, sont effectuées de manière à représenter exactement les différentes lettres de l'alphabet. Ces Tettres sont assez grandes afin de se prêter plus facilement à la manœuvre du transmetteur (elles ont un demi pouce de hauteur); mais elles peuvent avoir sur le récepteur la dimension qui convient) puisque ce n'est qu'une question d'espacement des lignes décrites par les styles traçants.

Dans ce système, comme dans celui de M. Bonelli, ily a5 pointes traçantes et, par conséquent, h fils à la ligne, et le perforateur est disposé de façon à ce que les entailles de chaque lettre ne soient pas faites d'une manière continue, et laissent quatre petites languettes de soutien pour les découpures. L'appareil comporte 35 emporte-pièces, et c'est une sorte de clavier dont les touches appuient sur tel ou tel groupe de ces emporte-pièces, qui fournit la découpure de la lettre que Ton veut perforer.

M. Little prétend qu'avec ce système, il peut transmettre de quatre à six cents mots par minute aveo la solution de cyanure de fer, et de douze à quinze cents mots avec la solution fugitive d'iodure de potassium. Nous ne garantissons pas la vérité de cette assertion.

2« Typo-télégraphei k maquette.

Système de M. Hipp. — Dès l'année 1855, M. Eipp avait cherché à obtenir l'impression électro-cliimique des différentes lettres de l'alphabet, au moyen de mouvements mécaniques ayant pour effet de faire parcourir simultanément à deux pointes traçantes, aux deux sta- Fig. 119. ^-Qjjg opposées, une sorte de diagramme renfermant les éléments des différentes lettres de Talphabet, et dont on prenait telle ou telle partie, suivant la lettre h transmettre.

Ce diagramme ou type unique avait la forme que nous représentons ci-conlre, fîg. 119, et il est facile de voir qu'en prenant de ce diagramme la partie supérieure et la partie ronde h. droite, on obtenait un 6. En prenant la partie du dessous et la partie ronde de gauche, on avait un g. En supprimant à ces deux lettres une certaine partie, on pouvait aisément en faire un g, un y, unj, puis un l et un h. En renversant la combinaison, on pouvait avoir un d ou un p. Enfin, en ne considérant que les éléments ronds du centre, on pouvait obtenir Va, Vo, \% Ti, Vn le c, le v, Vu, Tr, 1'^. A la rigueur, r/pouvait être obtenu avec les deux parties supérieure et inférieure;

mais IV» Vm, le t et le r étaient impossibles à obtenir, et il fallait les confondre avec le c, \% 17, et prendre pour le z la moitié de Vx. Néanmoins, ai ce système ei\t été expéditif et pratique, on aurait pu se coalfioler de cette sorte «rèaibm;«aiB â «t teîle de mr qt^ ne constitue guère qu'une curiosité.

La partie active de ce télégraphe est donc, comme nous Tavons dit, un mécanisme qui a pour eflfét de foire parcourir à une pointe le diagramme représenté plus haut. Chaque station a un mécanisme semblable, et tous CCS mécanismes marchent synchroniquement. Les appareils des deux stations sont disposés de manière que les tiges mobiles soient appuyées, l'une sur une bande de papier recouverte de cyanure de potassium qu'entraîne d'un mouvement saccadé un mécanisme d'horlogerie» Tautre sur le plateau métallique que recouvre le papier chimique quand l'appareil est récepteur, mais qui ost livré à son brillant métallique quand il est transmetteur. Un commutateur en rapport avec ce plateau et le fil de ligne permet de fermer le courant en temps opportun, c'esl-à-dire quand la pointe est en train de parcourir celles des sinuosités qui se rapportent à la lettre qu'on veut transmettre; et, comme l'action électro-chimique ne se produit à la station de réception qu'au moment de ces fermetures de courant, la pointe traçante de l'appareil récepteur ne laisse de marque sur le papier chimique, qu'au moment même où elle décrit la sinuosité représentant la lettre qui doit être reproduite.

Système de MlH. VaTin et Fribourip. — Bien que l'idée de M. Hipp n'ait jamais été appliquée, MM. Vavin et Fribourg l'ont reprise et ont proposé un système du même genre qui parait plus complet.

Cette fois, le type unique ou diagramme a la forme que nous représentons ci-contre, ûg. 120, et ce type fournit les lettres que Ton voit au bas de la figure. 11 se trouve constitué par 11 lamelles isolées les unes des autres, et disposées de manière à représenter le diagramme indiqué.

Le récepteur et le transmetteur sont constitués par deux espèces de composteurs ou boîtes oblongues, lenfermant chacune 100 types du genre de celui dont nous avons parlé. Us représentent en quelque sorte deux clichés typographiques, dont les lamelles isolées constituent les parties saillantes. Sur le cliché transmetteur est appliquée, au moment de la transmission, une feuille d'étain, et sur le cliché récepteur, une feuille de papier électro-chimique; mais il fout que leurs lamelles soient constituées en métal inoxydable. De plus, les deux appareils sont, chacun de leur côté, en rapport avec un mécanisme d'horlogerie, disposé de manière à foire tourner un frotteur au-dessus d^une circonférence portant un grand nombre de

contacts métalliques, tous isolés les uns des autres. Ces deux frotteurs tournent d^un mouyement parfaitement synchronique, et les contacts qu'ils rencontrent sont réunis par des fils aux différentes lamelles de chaque type de telle façon, que le frotteur, en partant du point de repère et en rencontrant les 11 premiers contacts, puisse se trouver successivement en rapport avec les il lamelles du premier type. Comme les il contacts qui suivent seront en rapport avec le second type, les il suivants avec le troisième, et ainsi de suite, il arrivera que quand le frotteur aura accompli un tour entier, il aura été successivement en rapport avec les différentes parties des 100 types. On a adopté 100 types, parce qu'une dépèche ordinaire se compose de 20 mots, et que la moyenne d'un mot étant 5 lettres, on suppose qu'avec 100 de ces types on pourra reproduire toutes les dépèches.

Cela posé, il est facile de comprendre que pour transmettre une dépêche, il suffit de recouvrir préalablement d^une matière isolante les différentes

Fig. 120.

LLu C Cl y 1^ Cl II eh.

[larties de chaque type qui ne concourent pas à la formation de la lettre que Ton veut former, et comme chacun des types renferme les éléments de toutes les lettres de Talphabet, il devient facile de composer ainsi une dépêche. Or, voici ce qui arrive quand la dépêche, après avoir été composée, est recouverte de la feuille d'étain, et que les mécanismes d'horlogerie se trouvent déclanchés en même temps.

Celles des lamelles qui ne sont pas vernies à la station de transmission, ferment successivement le courant au fur et à mesure qu'elles sont rencontrées par le frotteur, et, comme ce sont des lamelles homologues qui se trouvent réunies par le fll de la ligne, puisque les mouvements des frolteui*s

348 TfiLfiGRAPHES AU rOGRAPHIQUES.

sont synchroniquesy les lamelles du récepteur correspondantes aux lamelles touchées du transmetteur, produiront sur le papier chimique des traces qui occuperont exactement la même position relative sur les deux feuilles, aux deux stations, et qui auront la forme des lamelles qui les auront déterminées. Or, l'ensemble de ces traces fournit successivement les iifférentes lettres de la dépêche.

n est aisé de comprendre qu'un pareil systèmCi en admettant qu'il fut réalisable, exigerait un temps fort long pour l'échange des correspondances. Tout ce qu'on peut en dire, c'est qu'il constitue une solution originale et ingénieuse du problème de la télégraphie autographique, et encore, cette manière d'agir par contacts successif, de façon à avoir une indication particulière, propre au contact touché n'est pas nouvelle, car j'avais^ en 1856, appliqué cette idée à mou maréographe électrique, afin de pouvoir enregistrer des hauteurs d'eau variables en n'employant qu'un seul fil de ligne.

M. L. Y. Mimault, télégraphiste, a du reste imaginé des systèmes alphabétiques qui peuvent simplifier considérablement les dispositions électriques nécessaires pour ces sortes de transmissions, et qui permettent de graduer à volonté le nombre des traces élémentaires nécessaires à la formation des lettres, suivant qu'on veut obtenir une plus grande vitesse de transmission ou une plus grande lisibilité. L'auteur de cette invention se propose de publier prochainement une notice sur le dispositif de ce système, qui ne m'est pas assez connu aujourd'hui pour que je puisse en faire une description intelligible.

in. TÉLÉOnAPHES AUTOGRAFHIQUES ÉLEGTRO -MAGNÉTIQUES»

Télég^paplie de M. de Liuoy. — M. de Lucy-Fossarieu a été le premier, comme nous Pavons déjà dit, qui a construit un télégraphe autographique dont les impressions étaient produites sous une influence électromagnétique. Cet appareil, très-bien exécuté par M. Mouilleron, a été présenté, en 1 858, au cercle de la Presse scienCifique^ et avait pu fournir des effets assez marqués pour étonner un moment Tauditoire. Mais cet étonnement n'a pas été de longue durée quand on a pu s'assurer que toutes les difficultés inhérentes aux appareils de ce genre, et entre autres le synchronisme de marche des appareils transmetteur et récepteur, n'étaient pas du tout résolues. On ne put voir en effet en lui qu'un appareil pouvant reproduire, sous rinfluence électrique et par l'intermédiaire d'électro-aimants, une

dépèche écrite ou un dessin. Toutefois, nous verrons plus tard que, même dans ces conditions^ cet appareil méritait bien quelque attention, car il a été également le point de départ des machines à graver électro-magnôliques. En raison de ces considérations, nous avons cru devoir consacrer quelques lignes à sa description, bien qu'il n'ait jamais été essayé en ligne. Voici en quoi il consistait :

Un chariot mobile sur un petit chemin de fer porte d'un côté une pointe traçante servant de transmetteur, et du côté opposé un levier terminé par un tire-ligne qui fait partie d'un système électro-magnétique mû par un électro-aimant Ce chariot lui-même, ainsi que le chemin de fer sur lequel il glisse, est porté par une plate-forme mobile dans un sens perpendiculaire au mouvement du chariot. Le mouvement de ce chariot est un mouvement de va-et-vient assez lent qui est obtenu à Taide d*un mécanisme d'horlogerie et d' une double crémaillère portée par le chariot lui-même. Un pignon à axe mobile qui se trouve alternativement haussé ou abaissé (à Taide d'un plan incliné), à chaque mouvement complet du chariot, vient engrener, tantôt avec la crémaillère du dessus, tantôt avec la crémaillère du dessous, et produit ainsi le mouvement de va-et-vient. En même temps, un cliquet porté encore par le chariot réagit, à chaque extrémité de son parcours, sur un rochet qui liait avancer lentement la. plate-forme du chemin de fer de la distance de 1 ou 2 millimètres environ.

Il résulte de cette disposition, que les traces laissées par le tire-ligne ëlectro-magnétique> si celui-ci était continuellement abaissé, seraient une série de lignes parallèles éloignées de i ou 2 millimètres les unes des autres et d'une longueur égale à celle des rails du chemin de fer. Or, pour obtenir co traçage, deux tablettes de cuivre ont été placées des deux côtés du chemin de fer, l'une servant à la transmission, l'autre à la réception. De plus, afin que le tire-ligne fût toujours fraîchement imprégné d'encre, à chaque double mouvement du chariot, une rigole remplie d'encre grasse a été adaptée à l'une des extrémités de la tablette du récepteur, et un taquet rigide placé au-dessus du levier du tire-ligne, ou simplement un interrupteur de courant, s'est trouvé disposé de manière à faire plonger celui-ci dans la rigole à chaque retour du chariot.

D'après cette disposition de Tappareil, il est facile de comprendre sa marche. Lorsque la pointe servant d'interrupteur se trouve sur le papier métallique sur lequel est écrite la dépêche, le courant se trouve fermé à travers le récepteur; l'électro-aimant du chariot mobile est actif, et le levier du tire-ligne se trouve soulevé au-dessus du papier du récepteur. Mais aussitôt que la pointe du transmetteur, en passant sur un trait à

Tencre interrompt le courant, le tire-ligne s'abaisse et laisse un point correspondant à la durée de Tinterruption. Or/.ce sont tous ces points groupée ensemble qui dessinent les signaux envoyés, comme dans les autres systèmes.

Maintenant on comprendra fieusilement qu'en raison du temps qu'exigent la désaimantation et la chute du levier, tous les points laissés par le tireligne seront en retard sur les fermetures du courant; or, comme dans l'oscillation en retour, ces retards deviendraient des avances qui pourraient empêcher la correspondance ou le raccord des points entre eux, force devait être de corriger ce retard à chaque oscillation rétrograde. Pour cela, M. do Lucy a placé à chaque extrémité de la tablette du récepteur un petit taquet contre lequel le levier du tire-ligne, venant buter, se trouve par ce seul foit dévié de la quantité nécessaire à la correction du retard en question.

Dans l'expérience faite au cercle de la Presse scientifique, un seul appareil avait été apporté, de telle sorte que le récepteur se trouvait marcher sous l'influence même de son transmetteur. On comprend dès lors que le résultat ne pouvait être douteux, puisque le synchronisme des deux appareils était infaillible.

Té&%fmphe ,MitOi;p»pldqne de ■• Ijeaoir. — Ce télégn^he qui a attiré beaucoup l'attention publique à l'Exposition universelle de i867, appartient comme le précédent au système électro-magnétique, mais il a subi depuis cette époque tant de transformations qu'il serait difficile de reconnaître aujourd'hui en lui le télégraphe primitif.

Dans Torigine, le dispositif mécanique appelé h régler le synchronisme de marche des deux appareils en correspondance était fondé sur une action électro-magnétique échangée directement d'une station à l'autre, entre les appareils, de telle manière que Tun était gouverné par l'autre. A cet effet le mécanisme moteur de ces instruments portait, comme dernier mobile, un volant assez lourd armé d'armatures en fer doux, et ces annatures, en tournant au-dessus des pôles d'un électro-aimant placé suivant l'un des diamètres du volant, pouvaient accélérer ou retarder la marche de oehii-ci, selon que Télectro-aimant devenait actif avant ou après le passage d'une de ces armatures au-dessus de ses pôles. Il ne s'agissait donc, avec cette disposition, que d'adapter à l'axe des volants des commutateurs dont les contacts fussent en parfaite concordance avec la position des armatures, pour que l'effet régulateur fût produit. La fig. 121 peut donner une idée de cette disposition et des liaisons électriques reliant les deux appareils. Les mécanismes moteurs sont en A et A'; les volants en V et V; les cylindres

récepteurs en Ret R'; enfin les pointes traçantes en BB'. On aperçoit

Fig. 121.

aisément à la station de transmission A l^électro-aimant régulateur du synchronisme qui est en tf! et les armatures qui sont en ffff.

352 TÉLÉGRAPHES AUTOGRAPHIQDES.

Ce dispositif n'est pas nécessaire pour la réception, et c'est pourqiioi il n'est pas représenté à la station de réception. En revanclie le volant V montre sur son axe le commutateur I avec ses frotteurs iii, qui doivent foire réagir le mécanisme régulateur du synchronisme par Tintermédiaire d'im relais T et d'une pile locale P. Les liaisons électriques indiquées sur la figure peuvent suffire pour foire comprendre le jeu de l'appareil, si ISon admet que le relais T est réglé de telle façon que son armature ne peut fonctionner que sous l'influence d'un courant une fois et demi plus fort que celui qui doit faire marcher le récepteur. Il est facile de comprendre, en effet, d'après cette disposition, que quand la station A envoie un courant de ligne suffisant pour produire les impressions, celui-ci est insuffisant pour faire marcher les relais de l'appareil qui transmet, et ce n'est que, quand la moitié du courant de la pile P' se trouve envoyée sur la ligne par le commutateur du volant correspondant V, que l'action du relais se manifeste, car les deux courants se superposent alors. Toutefois, comme avec ce système de régularisation du synchronisme, la ligne télégraphique se trouve parcourue une partie du temps par un courant venant du* poste de réception, et n'ayant pas une action directe dans la transmission des dépêches, il devait arriver que les variations d'isolation de la ligne ainsi que les courrants accidentels qui s'y manifestent presque toujours, devaient provoquer souvent des perturbations dans le fonctionnement des appareils, soit en empêchant les ruptures de courants de s'eôectuer en temps opportun, soit en amoindrissant la force des courants superposés destinés à agir sur le relais. M. Lenoir, à la suite de nombreux essais faits sur les lignes télégraphiques, dut donc renoncer à cette combinaison, et, après avoir passé dans son invention par les mômes phases de perfectionnement que M. Caselh, il fut conduit à établir isolément à chaque station le synchronisme de marche de ses appareils, et à employer pour cela des moyens purement mécaniques. S'étant convaincu que, pour des appareils exigeant un synchronisme de marche rigoureux, il foUait que l'action du mécanisme régulateur fût complètement indépendante de celle du mécanisme moteur, M. Lenoir, comme l'avait foit du reste M. Gaselli» a séparé l'un de l'autre ces deux mécanismes, et a placé le premier dans les conditions les plus fovorables de la chronométrie, ne lui donnant comme fonction mécanique à remplir» que d'agir sur un interrupteur de courant relié à l'électro-aimant régulateur du synchronisme. Un pendule conique sollicité par un mouvement d'horlogerie spécial et dont la vitesse de rotation pouvait facilement être réglée au moyen d'une simple vis de rappel, peut résoudre le problème de la manière la plus simple; car le guide de ce pendule, en foisant tourner autour

TËLËGRAPHES AUTOGRAPHIQUES.

d'un commutateur à roue dentée un frotteur en rapport avec le courant d'une pile locale, pouvait produire à des intervalles parfaitement syn chrones des fermetures de circuit ayant pour efifet d'animer Télectro-aimant du mécanisme moteur, précisément au moment où les armatures du volant

devaient correspondre k la ligne axiale de cet électro-aimant; et, comme la vitesse des pendules pouvait être réglée séparément k chaque station, il

était facile, par les défauts de régularité d'une ligne do repère reproduite sur l'appareil récepteur, de savoir dans quel sens il fallait modifier le

Fig. 122.

mouvement du pendule régulateur correspondant, pour le fiiire marcher synchroniquement avec l'appareil transmetteur. Pour éviter au système de réglage électro-magnétique une trop grande hesogne, M. Lenoir a adapté au volant des mécanismes moteurs eux-mêmes un pendule conique assez lourd, qui ne laisse à l'action de l'électro-aimant qu'un réglage de quelques millimètres. Du reste, cette action est tellement énergique qu'une fois en marche, ces volants peuvent continuer leur mouvement comme moteurs électro^magnétiques, sans même y être sollicités par les poids des méca^ nismes moteurs.

354 TÉLÉGRAPHES AUTOGRÂPUIQUES.

Cette disposition mécanique que Ton distingue en V sur la fig. 122 est, on le voity on ne peut plus simple et infiniment moins encombrante que celle des énormes appareils de M. Gaselli qui exigeaient un local spécial. 8on efficacité est tellement complète, que si on change quelque chose dans la disposition des organes mécaniques, une fois le réglage effectué, la dépèche devient complètement illisible.

Le mécanisme autographique de l'appareil de M. Lenoir, n'a en principe rien de réellement nouveau, mais la disposition en est très-pratique^ et Torgane appelé à réargir électriquement très-habilement combiné, ainsi que nous allons le voir à l'instant. Ce mécanisme se compose essentiellement d'un chariot B, fig. i2â, mobile sur une glissière horizontale gg^ et conduit par une vis sans fin vv. Ce chariot porte à la fois le style transmetteur s et rélectro-aimant écrivant E, dont l'armature est munie à cet effet d'une plume p à tube capillaire en iridium, remplie d'encre à la glycérine. Devant ce chariot, et parallèlement à la glissière, se trouve disposé le cylindre enregistreur C, sur lequel est enroulée soit la dépèche à transmettre, si l'appareil agit comme transmetteur, soit la feuille de papier qui doit la rece« voir si l'appareil est disposé en récepteur. Enfin ce cylindre, ainsi que le chariot qui porte Télectro-aimant, sont mis en mouvement par le mécalûsme moteur que nous avons décrit plus haut. Comme ce mouvement est synchronique dans les deux appareils en correspondance, il arrive que la pointe interruptrice de l'un et la plume de l'autre décrivent, au même instant» sur les cylindres enregistreurs deux hélices, dont tous les points appartenant à une même génératrice se correspondent exactement aux deux stations» et il est facile de comprendre que si la dépèche à transmettre est écrite sur du papier métallique et que l'armature de l'électro-aimant reste soulevée sous l'influence de la fermeture du courant, les ruptures du circuit provoquées par le passage de la pointe interruptrice sur les difiërents traits .de l'écriture, auront pour efifet de provoquer une série de chutes de l'armature électro-magnétique, et par conséquent de dessiner une série de petits traits dont l'ensemble devra reproduire les différents jambages de Técri* ture de la dépèche.

Pour éviter les inconvénients qui sont la conséquence de la période variable de la tmnsmission électrique^ de l'inertie magnétique des électroaimants, du magnétisme rémanent, de l'induction statique et des courants de retour, enfin de Tinduction électro-magnétique, M. Lenoir a ûiit fonctionner l'électro-aimant du récepteur de son appareil sous l'influence d'un relais R, et a disposé ce relais de la manière que nous avons décrite [dans notre tome II, page 101, Il a de plus adapté à son système une combinaiscxi de

courants destinée à décharger la ligne au moment des ruptures du circuit: Cette disposition que nous représentons, fig. 123, n'est, du reste, autre que celle imaginée déjà par M. Caselli (1), et appliquée par lui à Tun de ses premiers appareils, Voici en quoi elle consiste :

Supposons qu'à la station de départ se trouvent disposées deux piles, P et P', réunies comme on le voit sur la fig. 123, et mises en rapport avec le sol par la plaque T; admettons que ces piles aient des dimensions trësdifierentes et que les éléments de ]a pile P étant plus petits que ceux de la pile P' soient plus nombreux. Si le fil de la ligne CB communique d'une part» au pôle positif de la pile P, d'autre part au pôle négatif de la pile P' et que l'interrupteur du courant soit en A, il arrivera :

i% Quand la communication AD sera interrompue, que le courant po«

sitif de la pile P réagira en A' à la station opposée, et provoquera Faction magnétique en rapport avec ce sens du courant;

2*, Quand la communication sera complète, que le courant de la pile P passera en très-grande partie par le circuit PC D A P' qui lui offre peu de résistance, tandis que le courant de la pile P' passera par le circuit le ligne FT'A'BD, dans une direction précisément contraire à celle qu'avait le courant de la pile P dans le cas où le circuit était interrompu en A. De cette manière chaque émission du courant de ligne fournie par la pile P est suivie instantanément d'un courant de sens contraire plus faible,, il est vrai, mais suffisant pour décharger la ligne.

Pour obteoir le meilleur effet possible, M. Lenoir interpose sur la partie

(i) Noas ividQs déjà piÉblié ce ststème daas la eecoode édition de noire exposé; tome V)P. 55iè

356 TÉLÉGRAPHES AUtOGRAPflIQUES.

du circuit CD une résistance artificielle égale au quart de celle de la ligne. Cette résistance empêche le courant de la pile P' de se dériver trop facilement parla pile P et le circuit GDA^ lors des contacts opérés en A.

Grâce à toutes ces combinaisons, Fappareil de M. Lenoir à pu fonctionner de la manière la plus satisfaisante entre Paris et Bordeaux, avec une vitesse assez grande pour couvrir une surface de papier de^3 centimètres carrés par minute; c'est comme on le voit, un résultat important.

Pour terminer avec cet appareil, nous dirons qu'il porte, en outre des pièces dont il a été déjà question, une sonnerie d'appel et de signaux S, fig. 122^ une clef Morse M, une boussole 6, les commutateurs I et N nécessaires, enfin des godets pour recevoir quatre rouleaux de rechange.

La manière facile dont ces rouleaux s'adaptent sur Tappareil, le dispositif ingénieux au moyen duquel on tend le papier sur les cylindres, la manœavre aisée du chariot que l'on change de place à volonté par un simple renversement de la pièce en col de cygne DB qui s'engrène avec la vis vv sans avoir rien à régler, la transformation facile et instantanée de l'appareil en expéditeur ou en récepteur, enfin, la simplicité et la solidité de son montage, font, de ce système télégraphique, un instrument éminemment pratique et intéressant à tous égards. Toutefois la commission ;de perfec* tionnement du matériel télégraphique français a fait, à l'égard de cet appareil, quelques réserves que nous devons signaler.

« Évidemment, dit le rapport, le synchronisme est établi d'une manière plus stable dans cet appareil que dans la plupart des autres systèmes autographiques du même genre. Gel avantage est dû à l'emploi du volant palette; mais le pendule au heu d'être un véritable régulateur, n'est chargé que delà fonction accessoire d'un premier réglage approximatif; le véritable régulateur est le volant palette. De cet amoindrissement du rôle du pendule conique, etde cette exagération de la fonction du volant palette, il résulte d'une part, que la correction s'effectue trop fréquemment (4 fois par chaque révolution complète du volant); d'autre part, que l'amplitude de la correction est trop variable et n'est pas maintenue dans des limites assez étroites. Ces dispositions mécaniques expliquent pourquoi cet appareil ne peut repro* duire, avec une grande nettetét que des dépèches écrites en caractères assez gros.

• Quant à la vitesse de la transmission, quelques chifires suffisent; les résultats parlent d'eux-mêmes. Avec l'appareil Lenoir, la transmission de la dépêche réglementaire de Paris à Ghàlons exige 3 minutes 20 secondes. Or de Paris à Marseille, avec un relais de ligne à Lyon, l'appareil Meyer transmet très-lisiblement cette dépèche réglementaire en une minute trente

Ces conclusions qui sont extraites du rapport de la commission fait le 21 juillet 1869, ne peuvent pas être appliquées à la dernière disposition adoptée pi^r M. Lenoir, lors de ses derniers essais faits sur la ligne de Paris à Bordeaux en 1873, Grâce aux combinaisons de courants adoptées par lui, la vitesse de transmission a pu dépasser le chiôre accusé dans ce rapport.

Téléf^raphe de M. Meyer. — Dans Thistorique que nous avons fait des télégraplies autographiques, nous avons vu que M. Meyer, par une disposition particulière qu'il avait donnée à Torgane traçant de ces sortes

Fig. 124.

d'appareils, était parvenu h réaliser pour les télégraphes autographiques ce desideratum si souventrévé pour les télégraphes Morse,sayoir l'impression à Tencre d'une dépêche sous l'influence d'un organe traçant fraîchement imprégné d'encre grasse. On a vu également que ce desideratum avait été réalisé pour les télégraphes imprimeurs par M. Brett en 1850, et pour les télégraphes Morse, par MM. Thomas John et Digney, en 1856. Mais dans les conditions de Tautographie, le problème était beaucoup plus complexé, et pour trouver une molette traçante susceptible de produire des impressions en différents points d'une surface de papier sans complication des mécanismes destinés à la faire mouvoir, il fallait soitir tout à foit de la voie ordinaire, et c'est, en effet, ce que M. Meyer a fait en imaginant sa molette hélicoïdale qui est la partie la plus originale de son invention. Qu'on imagine un cylindre métaUique, comme le cylindre B de la fig. 134

muni à sa surface d^une nervure saillante contournée en hélice, laquelle sera d'un pas assez allongé pour ne former qu'un seul tour sur toute la longuear du cylindre, ce cylindre ayant d'ailleurs la longueur de la dépêche : supposons qu'au dessus de ce cylindre se trouve un tampon encreur J, et au-dessous un châssis G sur lequel on étend la feuille ou la bande de papier, châssis qui est susceptible de pivoter entre deux pointes de vis, comme on le voit sur la figure; on comprend aisément que si le cylindre B tourne, et qu'à un moment donné on fasse pivoter le châssis de manière à faire toucher momentanément le cylindre par la bande de papier, il se produira l'impression d'un point sur ce papier, et la position de ce point dépendra du moment où l'on aura fait agir le châssis G, c'est-à-dire de la manière dont la nervure hélicoïdale se présentera à ce moment devant le bord de ce châssis.

Admettons maintenant que, sous une influence électrique provoquée par des émissions suscessives de courant et effectuée pendant toute la durée d'un tour du cylindre B, le châssis G accomplisse une série de mouvements ayant pour efiet de produire des impressions, et que, lors du premier mouvement, le bout de la nervure hélicoïdale soit mis en contact avec le papier; il est clair que la première impression sera dans le voisinage du bord du papier et que les autres se succéderont successivement en ligne droite jusqu'à l'autre bord de la bande; de plus, leur espacement dépendra des intervalles entre les fermetures de courant qui provoqueront le mouvement du châssis. Si ces intervalles sont très-courts et réguliers, on obtiendra un ensemble de points qui représenteront une ligne droite; si au contraire ils sont variables en durée, il se produira une ligne présentant en différents endroits des agrégations plus ou moins variées de ces points, et ces agrégations constitueraient les éléments des caractères d'une dépêche, s'ils résultaient d'une transmission effectuée comme dans le système Caselli, et qu'après chaque tour accompli par le cylindre B, le papier placé sur le châssis G s'était avancé d'une petite quantité; car les agrégations de points effectuées sur la nouvelle ligne qui se produira alors, se marieront avec celles de la ligne qui avait précédé. De plus, si le mouvement du cylindre B est synchronique avec le mouvement qui conduit la pointe traçante du transmetteur, les deux dépèches seront identiques puisque les espacements des traits deviendront alors égaux. Tel est le principe de l'appareil Meyer que nous représentons dans son ensemble, fîg. 125 et dont nous allons maintenant étudier les détails.

Dans l'appareil de M. Meyer, chaque appareil porte avec lui tous les ac- . cessoires nécessaires à sa marche, ce qui n'a pas généralement lieu dans ' les autres systèmes de ce genre. 11 renferme donc le mécanisme récepteur^

TÉLÉGBAPHES AUTOGRAPUIQUES.

le mécanisme transmetteur, le mécanisme régulateur du synchronisme, le mécanisme moteur et le relais*

Le récepteur se montre en ayant sur la fig. i25; le transmetteur est en arrière en AS; le mécanisme moteur en H M entre ces deux platines de

Fig 125.

l'appareil, et le mécanisme régulateur du synchronisme en KR, à la gauche du système. Les dépêches, comme on le voit, se trouvent imprimées en travers de la bande de papier, qui se replie autour du châssis dont nous avons parlé et qui se trouve serrée par un laminoir T.

L ^Le mécanisme i&oteur est constitué par uû fort mouvement d'horlogerie, dont le dernier mobile est dirigé par un pendule conique à deux boules peintes dont Tune, la plus petite, sert de régulateur pour modérer ou ac célérer la vitesse de Tappareil et régler ainsi le synchronisme. Ce système en principe n'a rien de nouveau ; il avait élé déjà employé par M. Bain pour son télégraphe électro-chimique, par M. Hardy pour ses chronographes-électriques étabUs dans le système de M. Martin de Brettes, et j*en avais fuît moi-môme Tapplication aux appareils autographiques dès l*annëe 4853 (Voir la 2* édition de mon exposé, tome II, p. 122). Toutefois, M. Hardy, l'habile constructeur de l'appareil dont nous parlons l'a remarquablement perfectionné, en faisant régler automatiquement Tamplitude de l'angle d'écart du pendule conique lui-même, suivant que l'appareil dont il dirige la marche est en avance ou en retard sur son correspondant. Il obtient ce résultat au moyen d'un petit système électro-magnétique adapté au bouton à l'aide duquel on soulève ou on abaisse la petite boule régulatrice du pendule. Ce bouton constitue alors une petite roue avec laquelle engrène une autre roue de plus grand diamètre dite régulatrice, dont Taxe de rolation est porté par l'armature d'un électro-aimant spécial, et celte roue est placée de manière à pouvoir être engrenée séparément avec deux arcs denUa portés par deux petites roues engrenant Tune dans l'autre L'une de ces dernières roues étant en rapport de mouvement avec la molette hélicoïdale du récepteur, peut présenter, à chaque tour accompli par celle-ci, les deux arcs dont elle dirige la marche dans une position déterminée par rapport à la grande roue ré^latrice. Si un courant do hgne est envoyé par l'appareil transmetteur à travers l'électro-aimant qui commande cette dernière roue, et que les deux appareils transmetteur et récepteur aient un mouvement parfaitement synchronique, la roue régulatrice en se déplaçant ne rencontrera ni l'un, ni l'autre des deux arcs mobiles ; mais si l'un des appareils est en retard sur l'autre, cette roue engrènera avec l'un ou l'autre des deux arcs, et celui-ci en tournant fera participer la roue régulatrice à son mouvement, qui sera dans un sens différent pour les deux arcs. La roue régulatrice en agissant alors sur la petite roue commandant le mouvement de la boule pendulaire, fera donc monter ou descendre celle-ci, suivant que l'appareil sera en retard ou en avance sur son correspondant. Cette partie du mécanisme qui est récente n'est pas représentée sur la ligure. Elle a du Preste été combinée d'une manière plus pratique dans les nouveaux appa« reiis de M. Hardy, et on pourra en trouver une description complète dans les Annala télégraphiques (3* série, tome I, page 48). Cette nouvelle disposition se rapproche beaucoup de celle qui a été adaptée aux appareils

TÉLÉGRAPHES AUTOGRAFHIQUES. 361

Meyer, à transmissions multiples, dont nous parlerons plus tard au huitième chapitre ; nous y renvoyons donc le lecteur pour éviter une double description.

Le transmetteur se compose d'un cylindre A, ûg. 126, sur lequel est enroulée la feuille de papier qui porte la dépêche, et d'un système mobile sur une vis sans fin H qui porte la pointe traçante G. Un ressort antagoniste dirigé pat un treuil permet de régler la pression de cette pointe, et un balai métallique D assure la communication métallique entre la feuille d'étain et le pôle positif de la pile. Ce système, dont le support est muni d'un pas de vis, appuie sur la vis sans, fin H et se déplace, par suite du mouvement de celle-ci, parallèlement à Taxe du cylindre A, et celui-ci

est tellement disposé, qu'après chaque voyage de la pointe traçante, avance de Tinlervalle d'une petite fraction de millimètre.

Le récepteur est constitué par le dispositif que nous avons déjà décrit en principe. Le cylindre à hélice et le cylindre encreur occupent la partie supérieure du mécanisme, puis au-dessous du cylindre se trouve le châssis imprimeur qui doit être le plus léger possible (en alluminium et d'une longueur un peu plus grande que le cylindre; il doit présenter à son extrémité, du côté du cylindre, une arête aiguë, et se trouve muni au-dessous de son axe d'oscillation d'un électro-aimant F, fig. 124, placé entre les pôles d'un aimant en fer à cheval F, qui détermine les mouvements oscillatoires du châssis, et par suite les impressions dont nous avons parlé. La bande de papier elle-même est enroulée en provision sur une large bobine^ et se trouve entraînée d'un quart de millimètre à chaque révolution entière de la pointe traçante du transmetteur à l'aide d'un laminoir, comme dans le système Morse.

362 TÉLÉGRAPHES AU rOGRAPHIQUES.

Nous ne décrirons pas ici l6 relais de M. Meyer, nous le ferons plus tard au chapitre des relais, et il peut d'ailleurs être combiné de telle manière qu'il convient. Dès lors que l'on emploie pour ce système télégraphique des relais^ la difficulté que nous avions signalée au commencement de ce chapitre pour obtenir la reproduction de récriture en noir, n'existe plus, puisque la piie locale peut fonctionner aussi bien sur des ouvertures du courant de ligne que sur des fermetures. Le système de relais qui conviendra le mieux à cet appareil sera celui qui fonctionnera le plus vite et à la plus grande distance. Sous ce rapport, l'emploi du relais d'Arliucourt pourrait présenter quelques avantages*

Plusieurs savants ont prétendu, avec raison sans doute, que le synchronisme parfait de mouvement de deux appareils, en rapport électrique, ne peut être obtenu qu'autant que les mécanismes pendulaires qui dirigent le mouvement des mécanismes moteurs sont complètements soustraits à Faction de ceux-ci, ce qui n'est pas le cas de Tappareil dont nous parlons ici. C'est pour cette raison que MM. Casselli et Lenoir ont séparé, dans leurs appareils, les mécanismes régulateurs du synchronisme des mécanismes moteurs, ne donnant comme fonction mécanique à remplir aux premiers que d'effectuer à des instants précis des fermetures de courant, qui pouvaient alors réagir mécaniquement et indépendamment sur les mécanismes moteurs. Mais outre que, dans l'appareil de M. Meyer, le mécanisme pendulaire se trouve réglé automatiquement et d'une manière continue, ainsi qu'on l'a vu précédemment, les irrégularités qui pourraient se produire n'auraient pas comme dans les autres systèmes d'inconvénients fâcheux, en raison de l'action même du pendule conique, qui au lieu d'entraîner des variations brusques, ne peut en déterminer que de très-lentes ; or, l'inconvénient qui pourrait en résulter, serait tout au plus de pencher récriture dans un sens ou dans l'autre, mais la lecture n'en serait en rien gênée. C'est en effet, ce que Texpérience a démontré, même avant le règlement automatique des mécanismes pendulaires dont nous avons parlé. Or, ce point étant établi, on comprend aisément que les appareils disposa comme l'ont fait MM. Meyer et Hardy sont beaucoup moins encombrants et même beaucoup moins chers.

Les expériences faites en 1870 devant la commission de perfectionaement du matériel télégraphique, ont démontré qu'on pouvait transmettre avec cet appareil, en une minute quarante-trois secondes, entre Paris et Lyon, une dépèche couvrant une surface de 30 centimètres carrés soit, 17 centimètres carrés par minute. Avec l'appareil Gaselli, il aurait £allu trois minutes, au moins, pour couvrir le même espace. On peut donc dire

que Tapparell Meyer est en déflnitive le plus rapide des télégraphes autographiques jusqu'à présent essayés, et si on joint à l'ingéniosité de ses combinaisons^ Thabileté d'exécution déployée par M. Hardy dans sa construction, habileté à laquelle, en raison des perfectionnements de détails, cette invention est redevable en grande partie de sa réussite, on peut comprendre que ce système réalise, comme Ta du reste avancé M. le Directeur général des lignes télégraphiques dans son rapport au ministre du 2 octobre 1869, un progrès réel et décisif dans la télégraphie.

Système de M. Capron. — Le système de M. Capronest une combinaison des systèmes de MM. Meyer et Caselli. Il a emprunté à ce dernier son système moteur et sa régulisation du synchronisme, et au second son système enregistreur, qui a également pour organe imprimeur une molette hélicoïdale. L'appareil se compose donc d*abord, d'un pendule de la dimension de ceux de M. Caselli, qui oscille entre deux électro^imants et dont le mouvement est de plus régularisé, comme dans les horloges électriques, par la chute de poids moteurs, et en second lieu d'un double mécanisme mis en mouvement par ce pendule avec l'intermédiaire de deux roues à rochet, qui fait tourner alternativement, suivant le sens de Toscillation, d'un côté un appareil transmetteur dans le genre de celui de M. Backwell, et de l'autre côté un appareil récepteur portant un système analogue à celui de M. Meyer. Nous avons décrit cet appareil dans les études sur l'Exposition universelle de 1867, publiées par M. Lacroix, et comme il n'a jamais été exécuté, nous n'en parlerons pas davantage.

Système de M. Dutertre. — Dans l'appareil autographique de M. Dutertre, la dépêche est aussi reproduite à l'encre. Le papier métallique sur lequel est écrite la dépêche à expédier et le papier ordinaire sur lequel cette dépèche est reproduite sont enroulés sur deux tambours animés d'un mouvement de rotation autour de leur axe vertical et en même temps d'un mouvement de glissement le long de ces axes. Le style expéditeur et le tire-ligne récepteur sont toujours maintenus à la même hauteur. Le tireligne est animée par la palette d'un électro-aimant, d'un mouvement de va et vient qui, alternativement, rapproche et éloigne la pointe du papier destiné à la reproduction de la dépêche. Gomme dans l'appareil Morse et dans Tappareil Lenoir, l'électro-aimant du tire-ligne est directement animé par le courant de ligne. D'ailleurs le pôle positif de la pile de ligne communique au poste de départ, avec le papier métallique de la dépêche et par son intermédiaire avec le style frotteur et le ûl de ligne. Le double mouvement de rotation et de glissement des tambours expéditeur et récepteur leur est communiqué par des mécanismes d'horlogerie, mus eux-mêmes par

364 TELEGRAPHES AUTOGRAPHIQUES.

des poids tenseurs. Pour que la transmission soit régulière, le mécanisme d'horlogerie du poste expéditeur et celui du poste récepteur doivent nécessairement être établis et maintenus en synchronisme. M. Dutertre a eu recours au pendule conique pour établir ce synchronisme sans lequel il n'y a pas de transmission régulière.

Cet appareil n'a que médiocrement réussi. D'après le rapport de la commission de perfectionnement, le tire-ligne fonctionne irrégulièrement, le synchronisme est loin d'être parfait, et sur un circuit local, il lui a &Uu 4 minutes pour transmettre la dépêche réglementaire.

Plusieurs inventeurs, et en particulier MM. Lacoine, G. Bicnaimay, Car ceau, Leuduger-Formorel et Hasler, se sont efforcés de résoudre mécaniquement le problème de télégraphes autograpliiques. Mais leurs systèmes ne paraissent pas encore susceptibles d'una application pratique. Quoi quMl en soit nous allons les décrire, persuadé que nous sommes qu'une idée nouvelle, pratique ou non, peut toujours être utilisée d'une manière ou d'une autre.

Si l'on considère que tout mouvement peut être produit par la combinaison de deux mouvements rectangulaires, on arrive à conclure immédiatement que si, par un dispositif électrique quelconque, on peut gouverner régulièrement dans deuxsens rectangulaires la marche d'un crayon ou style quelconque, on pourra faire parcouiir à ce crayon un chemin sinueux qui pourra être contourné en forme de lettres. Il s'agit donc d'obtenir électriquement ce double mouvement pour résoudre mécaniquement le problème des télégraphes pantographiques.

Système de M. Eisusolne. — Dans le système de M. Lacoîne, cette marche du styleécrivantestobtenueàraided'uneéquerreBAC(fig. 9, pi. II), à l'angle  de laquelle se trouve Axé le crayon, et dont les branches AB,AC glissent à travers deux guides E et G, qui sont eux-mêmes mobiles dans la direction perpendiculaire k la branche qu'ils soutiennent^ Ces guides peutvent en effet, être mis en mouvement par une crémaillère qui les porte et un pignon dépendant d'un mécanisme d'horlogerie commandé par un système particulier d'électro-aimants.

Ce mécanisme se compose essentiellement de deux roues folles R et R', tournant librement sur l'arbre V, et portant chacune une roue d'angle N et N' disposée de manière à s'engrener avec une roue T faisant partie du

TÉLÉGRAPHES ÂUTOGRAPHIQUES. 365

mouvement d'horlogerie. Du côlé opposé à ces roues N et N* se trouvent deux autres roues à rochet D et D' fixées, en sens inverse l'une de Tautre sur l'arbre V, et ayant pour cliquet d'arrêt l'armature d'un électro-aimant droit K, K', que porte chacune des roues R, R'. Enfin, au-dessus de ces roues R, R\ se trouve un échappement Breguet £ E', commandé par un électro-aimant X. Les roues Z, Z' sont spécialement affectées aux transmis* sions électriques et nécessitent pour fonctionner le brisement de l'axe V, ce que l'on obtient au moyen d'une boîte d'engrenage. CSes roues ont un nombre de dents égal à celui des roues R, R', mais leur intervalle est rempli avec de l'ivoire demaniëre à former un disque interrupteur. Au-dessus de ce disque appuie un frotteur à ressort 0 0', lequel est mis en rapport avec un commu^ tateur à renversement de pôles placé sur Tune des joues de ce disque. Ce commutateur est composé de trois branches adaptées à un collier placé à frottement doux sur l'axe V, et placé à cheval entre deux butoirs rigides. Le pôle positif de la pile de ligne communique par des frotteurs avec les deux branches extrêmes/ et le pôle négatif correspond à la branche du milieu. Enfin, les deux butoirs sont en rapport avec, le frotteur du disque. On devine déjà que cette disposition du commutateur a pour but d'obtenir des fermetures de courant dans un sensjdifférent, suivant le sens de rota* tion du disque Z, Z', c'est-à-dire suivant que les guides £ F, G H, s'abaissent ou s^élëvent; inutile de dire que tous les mécanismes précédents sont répé* tés pour les deux sens de mouvement du crayon A, c'est-à-dire pour les deux guides E F, H Gy et qu'un relais à double effet S, 8', commande la fonction de ces mécanismes. Nous ajouterons seulement que Tune des armatures m de ces relais est aimantée, tandis que l'autre n est en fer doux (1). Voici maintenant comment cet appareil fonctionne, car, tel que nous venons de le décrire, il peut servir à la fois de transmetteur et de récepteur.

Supposons qu'il s'agisse d'envoyer une dépèche: on prendra le porte* crayon A, et sans se préoccuper de l'équerre à laquelle il est fixé, on écrira sur le papier P, comme on le ferait sur du papier ordinaire ; sous l'influence des mouvements accomplis par les branches AB, A G, les guides E F, G H, se trouveront alternativement et même simultanément haussés ou abaissés, et par suite les roues Z Z', que l'on aura préablement dégagées de leur boîte d'engrenage, seront mises en mouvement dans un sens ou dans Tautre. La quantité dont ces roues tourneront étant précisément en

(i) C'est la mime disposition de ^l^s que celle qui a été employée pour tnoa télé* graphe imprimeur.

rapport avec les mouvements des guides E F^ G H, il sera facile d'apprécier électriquement les déplacements de ceux-ci, car pour chacun de ces déplacements il passera sous le frotteur un certain nombre de dents des roues Z, Z\ qui fourniront une série de fermetures de courant susceptibles de réagir sur le récepteur. Or, comme ces fermetures seront faites avec lecourant dirigé dans deux sens opposés suivant que les guides E F, G H, se sont élevés ou abaissés, on pourra provoquer par là deux effets électriques dia* métralement contraires qui pourront être utilisés à la reproduction des mouvements accomplis par le crayon transmetteur, ainsi que nous allons le voir. Toutefois, pour qu'on puisse bien comprendre le système, nous ferons remarquer 1« que les deux courants envoyés par le transmetteur ne réagissent que sur les relais Set S' ; 2<» que le courant local envoyé parTarmaturd m des relais réagit sur les électro-aimants K et K' des roues motrices ; 3® que le courant local envoyé par Tarmature n n'a d*effetque sur Télectro-aimant X. Gela posé, examinons ce que produisent nos courants de ligne envoyés tantôt dans une direction, tantôt dans une autre.

Admettons que 5 fermetures de courant soient envoyées à travers le relais S, de manière à attirer Tarmatare m. Au moment de la première fermeture, le courant local sera fermé à travers Télectro-aimant K par l'abaissement de m, et cette fermeture sera maintenue par la réaction magnétique dd cette armature sur le fer de Télectro-aimant S. La roue R se trouvera alors dégagée de sa liaison avec la roue D, et par conséquent avec Taxe V» et pourra tourner librement comme une roue folle (1). En même temps, Tarmature n sera abaissée et fera mouvoir l'échappement E', qui laissera échapper d'une dent la roue R'. Cette roue entraînera la roue à rochet D', et par suite fera monter d'autant le guide EF ; pour les 4 fermetures et les 5 ouvertures du courant qui suivront, 9 dents de cette même roue échapperont et augmenteront l'étendue de la course de ce guide jusqu'à ce que

(1) Je crois que cette partie du problème serait plus efficacement résolue au moyen de l'embrayeur à mouvement circulaire de M. Achard, qui, dans ce cas, pourrait êti% notablement sinlpllûé. Cetembrayeur, en effet, pourrait consister simplement dans deux bobines électro-magnétiques de fer doux et à rondelles de fer qui seraient traversées à frottement dur par l'axe V, et placées devant les roues R et R', de manière à corres* pondre à deux disques de fer dont ces roues seraient munies. Une petite lame de ressort empêcherait le contact intime de ces disques avec les bobines en temps ordinaire; mais au moment du passage du courant dans ces bobines, ce ressort venant à céda*» l'adhérence aura lieu, et les roues R et R' pourraient communiquer leur œoHvemeat à Taxe V.

TÉLÉGRAPHES AUT06RÀPHIQUES. 367

œliii-ci soit remonté de la même quantité que le guide correspondant de Tappareil fsdsant fonction de manipulateur. Gomme le guide 6 H se trouve subir de la même manière une action analogue» et que chaque action s'effectue dans le même moment de part et d'autre (car il y a deux ûls à la ligne), il arrive forcément que le crayon traçant du récepteur suit exactement les mêmes contours que celui du manipulateur. 8i les 5 fermetures de courant^ au lieu de se faire avec le courant dirigé comme dans le cas précédent, s'étaient effectuées avec une direction contraire de ce même courant, rélectro-aimantK' serait devenu actif et c'aurait été la roue R qui eût marché; mais comme le sens de la marche de cette roue est précisément contraire à celui de la roue R', le guida EE se serait abaissé au lieu de se trouver relevé.

Pour résoudre plus complètement le problème, M. Lacoine a voulu que les traces laissées parle style écrivant fussent discontinues à la volonté du télégraphiste, et, par conséquent, que ce style pût être élevé et abaissé en temps opportun. Pour cela il a placé sur la branche A B de Téquerre portant le crayon, un électro-aimant dont l'armature en basculant devait produire cette élévation ou cet abaissement. Mais je ne vois aucune nécessité à cette discontinuité des traces laissées par le style écrivant, d'autant plus que pour robtenir il £aiudrait ajouter un troisième fil à la ligne. Nous n'entrerons donc dans aucun détail relativement à cette partie du problème.

Système I^eodo^er^FortinoreL — Pour obtenir le mouvement en tous sens du crayon d'un pantographe oi-dinaire, M. Leuduger- Fortmorel partde ce principe, qu'il sufQt de faire décrire aux points d'articulation des deux règles portant le crayon de cet appareil des arcs plus ou moins étendus, ayant pour centre l'angle du parallélogramme opposé à celui 011 est placé le crayon. Or, pour commander électriquement ces deux mouvements arqués, l'inventeur articule les deux branches portant le crayon» à deux roues placées Tune au-dessous de l'autre et ayant leur centre corres" pondant à celui des arcs qui doivent être décrits par ces brancheSé Chaque roue a des divisions gouvernées par un échappement électro-magnétique qui réagit lui-même sur un commutateur destiné à la transmission, et chacun de ces commutateurs, suivant le mouvement du pantographe transmetteur^ à gauche ou adroite, de haut en bas, fait fonctionner soit l'une, soit Tautre des deux roues de l'appareil correspondant, ou provoque le mouvement de celles-ci soit dans un sens, soit dans Tautrc. Il en résulte que la ligne télé^» graphique en rapport avec les appareils est obligée de se composer de deux fils, et que Ton est forcé d'employer des électro-aimants à armatures aimantées afin d'obtenir quatre fonctions différentes de la part des organes qui sont en jeu.

368 TÉLÉGRAPHES AUTOGRÀPHIQUES.

Système de IH. Gapceau. — Le système de M. Garceau, qui a été longuement décrit dans les Annakjt télégraphiques, tome II, page 215, et qui a précédé celui que nons venons de décrire, lui est tout à fait analogue quant au principe ; seulement les roues commandant le mouvement des branches mobiles du pantographe, au lieu d^ètre placées Tune au-dessus de l'autre, & Tangte du parallélogramme opposé à celui qui porte le crayon, sont placées à distance et ne réagissent sur le pantographe quô par ^inte^

Fig. 127.

médiaire de deux arcs dentés adaptés aux branches libres de cet appareil comme on le voit dans la figure 127 ci-dessus.

Système de IH. Bienaymé. — Le système de M. Bienaymé est une, conception ^plutôt théorique que réalisable, mais qui par suite de combinaisons ingénieuses permet de n'employer qu'un seul fil à la ligne. Nous avons publié dans la deuxième édition de cet ouvrage, tome IV, p. 247, la note un peu longue, que nous avait envoyée à son sujet M. Bienaymé; mais comme nous sommes obligé aujourd'hui de passer un peu vite sur les inventions qui ne sont pas mises en pratique, nous nous contenterons de dire que, théoriquement, ce système télégraphique peut être représenté par deux pièces cylindriques appuyées aux deux stations sur une feuille de papier, et susceptibles d'accomplir elles-mêmes des mouvements de même nature, obéissant, Tune à la main de l'employé qui la conduit à la station de transmission, l'autre à des mécanismes d'horlogerie combinësad hoek son ititérieur. Ces mécanismes sont mis en action sous une influence

TÉLÉ6tlAt>HeS AtJTOGftAfUlQtËS. 369

électrique, et cette influence électrique est déterminée^ elle-même par des riiéotdmes disposés à l'intérieur du cylindre transmetteur et fonctionnant différemment, suivant le sens du mouvement accompli par celui-ci.

Le cylindre récepteur, dans ce système, est donc par le fait une pièce mécanique, qui se meut en quelque sorte comme une poupée mécanique, guidée seulement par une action électrique.

Si un tel système était réalisable, et M. Bienaymé indique les moyens qu'il faut employer pour y arriver, il suffirait, à la station de transmission, d'écrire la dépèche avec le crayon qui traverse le cylindre transmetteur, pour que cette dépèche fi\t écrite en même tmeps par le crayon du cylindre de la station de réception. LesfiguresiO, il, 12, PI. II, représentent le dispositif indiqué par M. Bienaymé. On voit que les cylindres en ques* tion portent des roulettes dentées sur le côté, qui, suivant que Tune ou Tautre est mise en action, peut faire accomplir à la pièce des mouvements sinueux, comme une locomobilo dont les deux roues motrices ne seraient pas solidaires Tune de l'autre, et recevraient altwnativement le mouvement du moteur.

Nousne dirons riendusystème deM. Hasler, dont Fauteur apublié le principe dans le Journal TéUgraphiqtàe de Berne, du 25 oct 1873, car il est exactement semblable à ceux dont nous avons parlé précédenunent et qui avaient été décrits dans notre exposé*des applications de Télectricité (2* édition, tomes IV et V, p. 243 et 362), dans notre Traité de iéligraphie, dans celui de M. Blavier, et dans les Annales Ulégraphiqws. Il est d'ailleurs inutile d'insister sur ces sortes d'appareils qui, comme on le compraMl aisément, sont complètement irréalisables, et qui ne promettent, même théoriquement, que la reproduction de lettres tremblées, que les moindres défauts dans la transmission déformeraient même complètement, et qui exigeraient pour être lisibles, des roues à dents tellement fines, qu'une lettre pourrai nécessiter 20 ou 30 émissions de courant.

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