CHAPITRE VI
Nous avons vu que dans tout conducteur télégraphique, la production d*un signal peut être obtenue quand la dififérence de la tension électrique, à ses deux extrémités, est suffisante pour affecter le récepteur, quelque soit d'ailleurs la manière dont cette différence de tension est obtenue. D'un autre côté, il est facile de comprendre que la vitesses de transmission dépendra du nombre de fois que l'on pourra produire, dans un temps donné, cette différence de tension suffisante ; conséquemment, elle sera d'autant plus grande que ces différences do tension seront effectuées plus promptemeut et que l'appareil les exigera moins caractérisées.
Nous avons également vu que dans toute manifestation électrique du genre de celles qui affectent les conducteurs télégraphiques, soit câbles sous-marins» soit conducteurs aériens^ la courant n'atteint pas instantanément son énergie maximum, de même qu'il ne disparaît pas instantanément après la rupture de sa communidàtion avec la source électrique; et, si dans sa propagation il peut exercer son influence à Textérieur, il ne peut atteindre toute sa puissance que quand cette action d'influence est produite. C'est pour cette raison que les transmissions sur les lignes sous-marines sont plus lentes que sur les lignes terrestres. Or, il résulte de cette double action deux conséquences : d'abord qu'un mouvement électrique peut se propager dans un càble un peu long, quelques instants après que la source électrique n'est plus en contact avec lui, et en second lieu que des ondes électriques, de signes contraires, peuvent se succéder dans le mèoM cftble, si des émissions de courant de sens contraire se succèdent à des intervalles un peu rapprochés; mais comme chaque onde d'électricité contraire a pour effet, au premier moment, de neutraliser la charge qui la précède dans la partie du circuit où elle la rencontre, elle a pour résultat d'atténuer considérablement la 'durée du courant de décharge primitif, et cette durée peut être encore diminuée, si on met le cftble à la terre par ses
(() Nous devons à TobligeaDce de Mi francisque Michel, une partie des renseigne* msnts fournis dans oe chapitre.
deux bouts, après chaque émission de courant. Il en résulte que les trois traits fl, &, c qui représentent la leltie 0 et qui se confondi aient en une
seule ligne droite A B à la réception, par suite de toutes ces réactions, deviennent alors distincts et se présentent comme on le voit ci*dessou8 1).
Nous avons indiqué, tome I, page 104 de cet ouvrage, les divers moyens proposés pour obtenir, dans les meilleures conditions possibles et suivant retendue des lignes, ce déchargement plus ou moins complet des cûbles par renvoi de courants contraires ; mais sans revenir sur l'application de ces moyens, dont les plus compliqués ont été abondonnés depuis Tapplication des condensateurs aux lignes sous-marines de grande longueur, nous pourrions toujours dire qu'il est résulté de la pratique prolongée de la télégraphie sous- marine, queTeffetdu courant contraire doit être moins grand que celui du courant destiné à produire les signaux, et doit surtout varier siiivant les conditions particulières des lignes. Il en résulte qu'il est indispensable que ce courant contraire soit fourni par une pile spéciale. Or, pour arriver à obtenir, dans les transmissions, que chaque émission du courant de la grande pile soit suivie de l'envoi du courant inverse de la petite pile, il Csrilait un dispositif particulier qui permit au transmetteur d'effectuer lui-même cette double action sous l'influence de la manipulation ordinaire. On a résolu ce problème de plusieurs manièies, soit par une disposition particulière donnée à la clef, soit par Tadjonction d'un relais local faisant fonction de manipulateur auxiliaire. Le premier combiné par M. Siemens est souvent employé sur les lignes de petite longueur; mais le second, qui est le plus simple, a été appliqué avec le plus grand succès sur le câble Anglo-Hollandais. Ces moyens toutefois, comme nous le verrons plus tard, ne sont pas suffisants sur les longues lignes sous-marines, et, pour mettre de Tordre dans la description que nous devons foire de ces différents sys* tèmes, nous les répartirons en deux catégories distinctes.
[{) Pottr rendre ces effets sensibles et les reprodaire expérimentalement. Sir W. Tbomson emploie un enregistreur électro-chimique à deux pointes, traçant deux lignes parallèles sur une bande de papier sensibitJséA
3îâ TÊLÉÔftAPHÈd SOUS-MARINS.