I. — DISPOSITIONS ptftR LBS CABLES DE PETITE L0N60EUR
Système de M. Siemens. —Toute la particularité de ce système consiste dans la disposition de la clef qui doit avoir pour fonction, comme nous Tavons dit, non-seulement d'effectuer les émissions de courant nécessaires
Fig. 128.
pour les transmissions, mais encore de faire suivre chaque émission du courant de ligne, par un courant contraire issu d'une pile spéciale. La disposition de cette clef est représentée, fig. 128.
L'une de ces pointes est mise dans le circuit .du câble, et Tautre dans le circuit d*un rhéostat présentant exactement la même résistance que le cible; quant à Tinternipteur qui sert à fermer les courants sur Tappareil électro-chimique, il est double, et se compose de deux interrupteurs Morse ordinaires, isolé» électriquement Tun de Tautre, mais réunis mécaniquement, de façon à produire dans les deux circuits des interruptions simultanées.
Lorsqu'on fait jouer ce double interrupteur, on voit que les traits formés par la pointe qui est dans le circuit du câble apparaissent plus tard, et durent plus longtemps que les traits qui émanent de Tautre circuit ; en outre, la coloration des premiers, claire tout d'abord, devient de plus en plus foncée par suite des variations de la tension, et diminue graduellement Jusqu'à ce que l'effet électrique devienne trop faible pour décomposer la solution sensible.
Cet appareil convient admirablement pour démontrer les effets que nous avons énoncés plus haut : toutefois, si Ton veut ne considérer que le retard de production et l'allongement des signaux, un appareil Morse à double molette et convenablement réglé, est bien suffisant. Les traits apparaissent alorv nettement tranchés, comme ceux que nous avons représentés plus haut.
Cet appareil n*est qu'une simple clef de Morse, dont le support E £ du levier, au lieu d'être fixe sur la planche, peut pivoter sur un axe vertical figuré en (. Ce support métallique est sollicité à tourner de gauche à droite par un ressort £ K, mais il se trouve maintenu contre une vis butoir M, qui établit la communication avec le récepteur. A son extrémité A, le levier* clef appuie sur un ressort H, muni à son extrémité libre d'une petite pièce de contact interposée entre le levier et un butoir rigide adapté sur une pièce O. Cette pièce, elle-même porte une lame de ressort R, qui, étant poussée par un appendice d'ivoire I, peut établir une communication entre O et le pôle négatif de la petite pile de décharge communi(7uant avec la vis N. £nfin, un butoir rigide placé en B, sous le levier-clef, et mis en communication avec le pôle positif de la seconde pile, est disposé de manière à être rencontré par ce levier toutes les fois qu'il est abaissé* Inutile de dire que le support E E est mis en communication avec la ligne.
Pour transmettre, avec cet instrument, l'employé doit attirer d'abord vers sa gauche le levier-clef, et le maintenir dans cette position tout le temps de la transmission, qui s'effectue d'ailleurs comme à Tordinaire. Or, voici ce qui se passe, suivant que le levier est soulevé ou abaissé :
Il est résulté d'abord du transport de la clef, vers la gauche, que la communication avec le récepteur du poste est coupée, et que la pièce 0 étant mise en contact en I N avec la pile de décharge, a provoqué l'envoi d'un courant négatif à travers la ligne par le ressort H et le contact A. Sous cette influence, l'armature du relais polarisé, à la station de réception, s'est portée sur le butoir qui ne doit pas réagir sur le récepteur. Mais quand le levier est abaissé, le contact de A avec O n'existe plus, et c'est le courant positif de la grande pile qui pénètre dans la ligne par le butoir B. Ce courant, en déterminant une action contraire de l'armature du relais, entraine le fonctionnement du récepteur, et par suite la production d'un signal.
Pour compléter son appareil, M. Siemens a placé sous le levierclef un butoir X destiné à empêcher son fonctionnement quand il ne se trouve pas poussé vers la gauche, et il a adapté au support E E un appendice J qui, en rencontrant un instant un butoir élastique porté par une pièce G, quand on tourne la clef, établit une communication momentanée entre la terre et la ligne, et décharge complètement celle-ci avant la transmission.
Système de M. C. Varley. — M. Varley, pour résoudre le môme problème qne M. Siemens, a imaginé la clef représentée fig. 429, p. 374 ; c'est une sorte d'inverseur à clef accompagné d'un commutateur qui doit être disposé d'une manière différente pour la transmission ou la réoeption, en raison de sa liaison avec le récepteur du poste.
L'axe qui porte le manche de cette clef est composé de deux parties métalliques isolées complètement Tune de l'autre, et séparées par un disque d'ivoire de plus grand diamètre, garni de deux joués métalliques, Ces joues sont en rapport avec les parties métalliques de Taxe qui leur correspondenty et le manche de la clef est fixé sur Tune de ces joues. Enfin.
Fi' 129.
deux ressorts, en rapport avec les boutons d'attache des pôles de la pile appuient sur deux appendices adaptés aux deux bouts isolés de Taxe; et un troisième ressort, en rapport avec la ligne, appuie sur la circonférence du disque, qui est disposé de manière à mettre ce ressort en contact avec Tune ou l'autre des joues métalliques, pour chaque moitié de l'arc qui leur fait
décrire le mouvement de la clef, l^i^- ^30. mouvement qui est limité par
deux butoirs d'arrêt à vis de réglage. Un ressort, placé audessous du disque d'ivoire et qui présente un contact avec la ligne, permet ladécharge en terre quand la clef est abaissée.
Le commutateur pour la réception ou la transmission se voit en avant de la figure, et il doit être tourné d'une manière inverse dans les deux cas.
Avec la disposition ordinaire des courants dans cet appareil, on envoie des courants négatifs quand la clef est soulevée; ils deviennent positifs vers le milieu de la course de cette clef quand on l'abaisse, et la communication de la ligne avec la lerre ne s'établit à travers le commutateur que quand elle est tout à fait abaissée.
Il senit trop long et, du reste, très-inutile, de décrire la marche des courants à travers cet ap4>areil; on pourra s'en fuire une idée très-exacte en consultant le brevet de M. Varley, pris en 1854. Cet appareil est très-bien construit par M. Warden, constructeur à Liondres (Westminster).
La clef que nous représentons, Ûg. 130, ci-contre, est encore un transmetteur pour la télégraphie sous-marine, appelé à réaliser les mêmes effets que ceux que nous venons d'étudier, il est &cile» par Tinspectionde la figure, de concevoir la manière dont il fonctionne. Il est également dii à M. Varley.
SystèBie de M. il.-^. Fahie. — On a varié beaucoup la disposition des appareils de transmission sur les lignes sous-marines, et l'un de ceux qui ont le plus attiré, dans ces derniers tempe, Tattention des hommes du métier, est celui qui- a été présenté, en mars 1874, à la Société des ingénieur& télégraphistes, par M. J.-J. Fahîe. Ot appareil, en apparence, ressemble beaucoup à une clef de Morse ordinaire et se manœuvre de la même manière; seulement les contacts sont doubles, et il existe en outre un contact latéral qu produit des fermetures de circuit passagères au milieu de la course du levier. Le bout de ce levier, qui ordinairement appuie sur un contact de repos, se termine ici par une petite languette à rassort, articulée à frottement dur sur le levier, et qui oscille par conséquent entre les deux pièces forjiant le double contact dont nous avons parlé, tout en se maintenant, par rapport au levier, dans les dernières positions prises. Les communications électriques sont établies delà maniera suivante : La ligne communique à l'axe du levier de la clef; le contact ordinaire de rapos au pôle zinc dtine premièra pile, et le contact du dessus au pôle cuivre d'une seconde pile d'égale puissance. Le contact ordinaire de travail, placé de l'autre côté de la clef, est mis en rapport avec la terra ; celui du dessus avec le ralais ou Tapparail du poste, et le contact latéral, constitué par une lame de rassort munie d'une goutte métallique, avec la languette mobile terminant le levier. 11 résulte de cette disposition que le contact réel de repos dans ce^ apparail, se trouve ètro, précisément, dans une position inverse de celle des autres appareils. Or, voici ce qui arrive quand on transmet :
Au moment où Ton abaisse la clef, la languette mobile du levier ^ qui était sur le contact zinc, se porte immédiatement sur le contact cui vra, et prasqa'au même moment^ le levier de la clef, frottant contra le contact latéral, lance un courant positif à travera la ligne. Mais ce courant ne dura pas, et quand la clef est arrivée au bas de sa courae, une com*iiiunication est établie entre la ligne et la terre par le contact dudQssous; ô,'oh il résulte un commencement de décharge de la ligne. Quand la clef '^e relève sous rinfluence du fort ressort qui la sollicite, un courant négati/est envoyé au
moment de son passage devant le contact latéral, et la décharge de la ligne devient complète. Ce système a produit, parattpil, de bons résultats sur les c&bles de la mer rouge ; mais il ne peut agir efficacement que sur des circuits ne dépassant pas 680 miles. (Voir le Télégraphie, Journal, t. II, p. 151).
Avec tous ces systèmes, on emploie, comme récepteurs^ des relais polarisés et des télégraphes Morse, dont la construction varie suivant les administrations qui les emploient. Le manipulateur de M. Siemens, dont nous avons parlé en premier lieu, s'emploie avec le relais polarisé que nous avons décrit en principe, t ii, p. 8, et avec le modèle télégraphique décrit p. 113.
Hystème A relal« de décharf^. — Ce système, que nous représentons fig. 131, est universellement employé en Angleterre pour des
Fig. 131.
Éec^fNé^
cft.^les de longueur moyenne. 11 était très-facile d'imaginer des dispositions plus' simples, mais elles n'auraient pas permis de couper la correspondance, c'est-tVdire de prévenir au milieu de la transmission, lorsque la réception davienC illisible pour un motif quelconque. Ce système est connu en Angleterre soiis le nom de melleur au zinc; nous rappellerons ici système à relais de cUcharge.
Il se compose essentiellement d'un relais polarisé ordinaire R, du système Siemens, par* e^^emple, dont le levier L oscille entre les deux vis de oontact
a et a': ces vis sont suffisamment écartées pour laisser au levier L une amplitude d'oscillation relativement considérable, et ce levier porte, en outre, un ressort convenablement disposé pour avoir une tendance à être maintenu en contact avec la vis a, c'est-à-dire en communication avec la pile P' (pile de décharge). Les bobines du relais de décharge, en question, ont une résistance au moins égale à celle du circuit entier, c'est-à*dire à celle de la ligne et du relais de réception à l'autre station.
Les autres pièces qui complètent le système sont un relais de ligne R', un manipulateur (clef) M, une pile de ligne P et une pile de décharge P'.
Les communications étant établies comme Tindique la flg. 131, si on abaisse le manipulateur M, le courant positif de la pile P, se divise entre la ligne et les bobines du relais de décharge R ; le levier L quitte alors la vis a' contre laquelle Tavait porté le courant qui avait précédé pour venir buter contre la vis a, et le contact du repos b du manipulateur se trouve, par suite, mis en communication avec le pôle négatif de la pile de décharge.
Lorsqu'on abandonne à lui-même le manipulateur M en cessant d'exercer une pression sur le manche de la clef, la communication du pôle positif de la pile P avec la ligne est coupée, et le courant négatif de la pile de décharge se divise à son tour en deux parties, une qui sert à décharger la ligne, l'autre qui fût revenir le levier L sur le butoir a' dans la position nécessaire pour que la station puisse recevoir des signaux du poste correspondant. Le levier L du relais de décharge doit être réglé de façon à être paresseux, c'est-à-dire de manière à ne pas se mouvoir sous l'influence d'un courant lancé de la station correspondante. £n outre, il doit adhérer très-légèrement contre le fer du relais lorsqu'il bute sur la vis a, de façon que, pendant un certain temps et par suite du magnétisme rémanent, le contact en a persiste après que le manipulateur est relevé, sans quoi, le courant négatif de la pile P' n'aurait pas le temps de s'échapper à travers la ligne. Les dérivations à la terre contribuent aussi, et dans une large proportion, à décharger la ligne.
Le relais R' n'a d'autre fonction à remplir que de réagir sur le récepteur de la station à laquelle il appartient, et alors que celle-ci devient station de réception ; le courant de ligne transmis trouve bien, il est vrai, en o deux chemins pour se dériver» l'un par le relais R, l'autre par les contacts b et a qui le conduisent à travers le relais R', mais il n'y a d'effective que Faction exercée sur ce dernier relais, car le sens du courant à travers l'autre relais maintient son armature dans la position que lui avait donnée le courant de décharge de la pile F.
Quand on emploie ce système, il est nécessaire que les lignes aériennes
ainsi que Ias appareils reliés au c&ble soient le moins résistants (possible, car Taddition de résistance aux deux extrémités d*uii câble a pour effet de retarder et d'affaiblir les signaux (i).
Bisposltioii du télégraphe Haf^hes poor fonctionaar sor les elpoalto soas-mariiis. — Pour obtenir, après chaque émission de courant, i^envoi d*un courant contraire et la mise de la ligne à la terre, M. Hughes a disposé le chariot transmetteur de son appareil de manière à en foire un inverseur. La fig. 132, ci*dessous, représente le dispositif qu'il a imaginé à cet effet D'abord la lèvre a du chariot est divisée en deux parties, isolées
Tune de l'autre. La première est en contact avec Taxe, et par conséquent avec le massif de l'appareil. La seconde, qui est plus liasse que la première, suit cette dernière, et, quand elle vient à passer sur le goujon déjà touché, elle soulève, un peu plus haut qu'elle ne l'était, la partie mobile du chariot, qui peut, dès lors, mettre en contact un ressort vertical d qu'elle porte avec une vis v fixée sur un manchon de cuivre c. Comme ce manchon est isolé de Taxe du chariot et mis en contact avec le pôle négatif de la pile de décharge par un ressort firotteur r, il arrive qu'aussitôt le signal transmis par la première moitié de la lèvre du chariot un courant contraire est envoyé par la seconde partie, et celui-ci se trouve à son tour suivi de la mise en contact de la ligne avec la terre par le con» tact des deux pièces a et 6 du chariot, contact qui s'effectue aussitôt après que le goujon a échappé.